... et révélations

 

... et révélations

 

 

    Au même instant dans une petite maison du Surrey, un jeune garçon semblait avoir un sommeil agité. Il était emprisonné dans son drap, mais cela ne l'empêchait pas de continuer à se tourner et se retourner dans tous les sens. Il voyait encore et toujours l'homme qui était son mentor tomber dans le vide sans qu'il ne puisse faire quoique ce soit.

 

Alors que son cauchemar se poursuivait, un "crac" sonore se fit entendre et une pression s'exerça au bout de son lit. Machinalement, Harry libéra son bras pour attraper la baguette qu'il gardait toujours à côté de lui.

 

 

-         Tu sais que tu peux blesser quelqu'un avec ça, dit une voix féminine alors que le morceau de bois magique échappait de la main du jeune homme.

 

 

    Cet acte réveilla Harry qui jusque là était encore à moitié endormi. Il se redressa sur ses coudes et commença à dire :

 

 

-         Si vous voulez me tuer c'est maintenant. Mais juste avant, laissez-moi vous dire : bravo, quelle bravoure, s'emparer de l'arme de son opposant pour le laisser sans défense...

 

 

    La jeune femme qui se trouvait au bout de son lit se mit à rire ce qui eût pour effet d'énerver encore plus l'Elu.

 

 

-         C'est ça, moquez-vous de moi, histoire d'humilier encore plus quelqu'un qui va mourir.

-         Excuse-moi, lâcha la jeune femme entre deux hoquets de rire, c'est juste que ton heure n'est pas encore venue Harry.

-         Comment ça ?

-         Je ne suis pas là pour te tuer, affirma-t-elle avant de lui rendre sa baguette en signe de sa bonne foi.

-         Mais ?

 

 

    Le jeune homme resta interdit devant le geste de son interlocutrice. Il ne savait pas s'il devait la tenir en joug avec sa baguette ou lui donner un semblant de confiance.

 

Dans la pénombre, il ne voyait que le profil de celle qui se tenait en face de lui. La première chose qui le frappa fut le nez de la jeune femme. Il lui rappelait celui de quelqu'un, mais il était incapable de dire qui.

 

 

-         Mais ? Reprit la jeune femme.

-         Votre nez.

-         Quoi mon nez ? Demanda-t-elle en touchant la partie de son visage désignée.

-         Je suis sûr de l'avoir déjà vu quelque part, mais je me trompe sûrement, laissez tomber.

-         On m'a souvent dit que j'avais le nez de grand-père...

-         Et qui était votre grand-père ? La questionna Harry.

-         Albus Dumbledore, quelle question...

 

 

    Harry eût l'impression de recevoir une enclume sur la tête. Son directeur et mentor avait donc une famille ? Décidément, il ne le connaissait pas tant que ça et cette pensée resserra son coeur.

 

 

-         Si j'en crois ton silence, poursuivit Charlie, tu ne dois pas être au courant de mon existence.

-         Non...

-         Grand-père, lança la jeune femme, si jamais je croise ton portrait, je lui dirais ma façon de penser ! Je suis désolée... Je pensais qu'il aurait été assez fier de sa petite-fille pour parler d'elle à son élève préféré, mais après tout, je me trompais sûrement sur ce fait...

 

 

    Le ton mélancolique qu'avait soudainement prit la jeune femme fit prendre conscience à Harry que bien qu'il ait pensé que Dumbledore ne lui faisait pas assez confiance pour lui parler de ses proches, sa petite-fille pouvait elle aussi le prendre comme tel.

 

 

-         Je suis sûr qu'il t'aimait beaucoup, la rassura Harry qui optait maintenant pour le tutoiement.

-         Merci... Au fait, dit-elle en tendant sa main, je m'appelle Charlie.

-         Harry, mais je suppose que tu le sais déjà.

-         Grand-père parlait beaucoup de toi à la maison, il t'appréciait énormément.

 

 

    Un nouveau silence s'installa entre les deux jeunes gens. Le jeune sorcier en profita pour chercher ses lunettes qui normalement devait se trouver sur sa table de nuit. Cependant, même après avoir tâté plus que l'endroit où elles devaient être, il dût se rendre à l'évidence : elles n'étaient plus à leur place initiale. C'est alors qu'il se tourna vers Charlie qui semblait jouer avec quelque chose.

 

 

-         Tu peux me rendre mes lunettes s'il te plaît ?

-         Oh pardon... C'est juste qu'un jour pour pouvoir me vanter un jour d'avoir tenu les célèbres lunettes rondes de Harry Potter.

-         Et te vanter d'avoir rencontré le célèbre Harry Potter par la même occasion, se raidit-il.

-         Non, tes lunettes sont plus célèbres que toi, ne te fais pas plus important que tu n'es.

 

 

    Même si le caractère de la jeune fille était radicalement différent de celui de son grand-père, elle le lui rappelait tout de même à Harry. Il n'avait pas la preuve qu'elle était bien la petite-fille de Dumbledore, mais quelque chose au fond de lui en était persuadé.

 

 

-         Grand-père m'a envoyé pour t'aider à combattre Voldemort, reprit-elle un peu plus sérieuse.

-         Co... Comment ? Enfin...

-         Comment savait-il que tu aurais besoin de moi ? C'est grand-père, il sait tout avant même que les concernés en prennent conscience.

-         Pourquoi toi ? Ne put s'empêcher de demander Harry.

-         Parce que je sais beaucoup de choses sur Tom.

 

 

    Sur ces paroles, Charlie lui tendit la lettre que lui avait fait parvenir son grand-père par l'intermédiaire de Fumseck.

 

 

-         Je n'ai pas besoin de ton aide, dit Harry après avoir lu la lettre.

-         Tu avais confiance en mon grand-père n'est-ce pas ?

-         Oui, mais là n'est pas la question.

-         C'est lui qui m'envoie, ça ne m'enchante pas plus que toi, j'aurais voulu finir ma scolarité, retrouver mes amis à la rentrée, mais mon grand-père m'a demandé de t'aider et j'obéirai à sa dernière volonté et ce même contre ton gré.

 

 

    Les paroles de Hermione en ce qui concerne les filles refirent surface dans l'esprit de Harry. Après avoir vu Charlie mélancolique puis heureuse, elle était maintenant énervée et contre lui, ce qui était sûrement l'élément le plus dangereux de sa colère.

 

 

-         Les gens vont se poser des questions.

-         Et j'y répondrai, comme je réponds aux tiennes actuellement et comme je ferai pour toutes celles que tu te poseras plus tard.

-         J'aurais dix-sept ans dans une semaine, finit-il par lâcher.

-         Je sais...

-         Et je partirai de cette maison de fou.

-         Je m'en doute...

-         J'irai chez les Weasley et j'assisterai au mariage de Bill et de Fleur.

-         Et je t'y suivrai.

-         Et après ? Tu feras quoi ? Tu t'incrusteras dans un endroit que tu ne connais pas avec de parfaits inconnus ?

-         Je suis prête à prendre ce risque.

 

 

    Elle avait l'air parfaitement décidé et ce que femme veut, femme l'obtient. Dans une moue résignée, Harry finit par accepter l'aide de la jeune femme. Il n'avait pas vraiment le choix dans le fond, mais si Dumbledore le voulait, c'est qu'il y avait une raison et peut-être pourrait-elle lui être utile.

 

 

-         Il faut que je prévienne les Weasley que j'aurais une invitée avec moi.

-         Il est trois heures du matin Harry... Attends au moins que le jour se lève et par pitié, ne dit pas qui je suis... Laisse-moi le faire.

-         Hmm... Si tu veux, répondit-il dans un bâillement.

-         Maintenant dodo.

-         Tu vas dormir où ?

-         Dans ton lit, quelle question, puis sous le regard inquiet de Harry elle fit apparaître un futon dans la chambre puis ajouta avec un grand sourire, et voilà où toi tu dormiras jusqu'à la semaine prochaine.


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