On the road to Raccoon City

Resident Evil : Alternative Nightmare


1. On the road to Raccoon City


Je me nomme Matthew Gorgoth, mais tout le monde m’appelle Matt. Je suis un ancien SAS, mais j’ai du abandonner ma carrière militaire, suite à une blessure de guerre qui a lésé ma jambe droite et qui me fait boiter depuis. Autant dire que je ne suis pas une petite nature. Mais ce matin du 27 septembre 1998, je ne me doutais pas que ma vie allait connaître des horreurs pire encore que les Malouines, le Golfe et la Bosnie. Laisser-moi vous comptez ces horreurs qui ont définitivement bouleversé ma vie.


27 septembre 1998, 6h02, route 122 à 105 km au nord de Raccoon City.

Je roulais cheveux au vent à bord de ma décapotable, une virile automobile typiquement américaine des années 70, en destination de Raccoon City où une société pharmaceutique m’avait convoqué pour un poste de responsable de la sécurité.

J’aurai du avoir des soupçons dès que j’ai vu l’annonce quelques jours plus tôt dans le journal : « Cherche homme avec solide expérience militaire pour poste chef sécurité chez Umbrella. Salaire intéressant. Appeler M. Birkin 1211-744-3333 ». Sans emploi depuis mon arrivée aux USA, j’appelais donc ce monsieur William Birkin avec le mince espoir de correspondre à son profil. D’abord assez froid, son ton devint très enthousiaste lorsque je lui parla de mon expérience dans les SAS avec l’armée britannique. Il me donna donc rendez-vous pour le 27 septembre à Raccoon City, située à six heures de route de mon domicile. Une industrie pharmaceutique, fut-elle mondialement connue comme Umbrella, ne devrait normalement pas avoir besoin de spécialistes de mon genre.

Mais cette réflexion, je ne me la fis que bien plus tard… bien trop tard.

A la radio, j’écoutais une horripilante musique country sur le seul canal voulant bien fonctionner quand les programmes s’interrompirent, à mon grand soulagement sur le coup. Un journaliste au ton assez peu rassuré pris la parole. Je me souviens très bien ce qu’il dit.

« - Mesdames et messieurs, nous interrompons nos programmes pour un flash spécial. La malheureuse ville de Raccoon City, où des centaines de meurtres ont été proférés rien que ces dernières vingt-quatre heures… »

Sans plus faire attention à ce que disais le journaliste, je me crispais, mort d’angoisse, quittant presque la route et manquant de justesse de m’écraser contre un poids lourd qui venait en sens inverse.

« - Des centaines de meurtres… mais qu’est-ce qu’il se passe dans cette ville ! »

J’avais l’esprit assez troublé par cette déclaration qui avait value une interruption de programmes. Mais je n’étais pas homme à fuir devant le danger, et une telle situation expliquait dans un sens mieux le mirobolant salaire évoqué par M. Birkin au téléphone : « on ne gagne pas dix mille dollars par mois en se tournant les pouces ! », pensais-je sur le moment.

Si seulement j’avais su ce que j’y trouverai, j’aurai fait demi-tour sans demander mon reste…

Le moteur hurlait ses chevaux alors que les kilomètres défilaient à une vitesse folle, mais qui me paraissait malgré tout être d’une lenteur indolente. La route étant peu fréquentée en cette heure matinale, je ne voyais pas obligé de restreindre mon allure, d’autant plus que je détestais – et déteste toujours – me traîner en voiture. A l’approche de la ville, trois-quarts d’heure plus tard, j’entendit monter peu à peu l’intensité de volume de nombreuses sirènes.

Je me posais mes premières questions lorsque j’entendis le hurlement des sirènes de Raccoon City, que le vent portait à plusieurs kilomètres, s’éteindre brutalement alors que leur éclats sonores n’avaient cessés de s’amplifier à l’approche de la ville. Si seulement j’avais su…

Ce brusque silence éveilla en moi des instincts depuis longtemps endormis. Comme si mon inconscient avait détecté un danger imminent à mon entrée dans la bourgade, ma main droite chercha le contact rassurant pour le soldat que j’étais : la crosse de mon puissant SIG Sauer P226 .45 ACP. Dès le contact établit, mes doigts fouillèrent dans la boîte à gant pour trouver et sortir sur le siège passager les deux chargeurs de sept balles et la boîte de munitions. Tout était bien en place, et bien que mon stress grimpait au fur et à mesure que j’avançais dans les faubourgs déserts de la ville, je me sentais un peu sécurisé. L’esprit trop occupé, je ne fis pas attention à l’approche d’un carrefour, où une voiture fonçait en zigzag sur la route perpendiculaire à la mienne… un coup de klaxon, des crissements de pneus, un choc terrible, puis le noir absolu.

Si seulement j’avais su…


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