
Chapitre Un : La Capture
Juliette prenait son temps, l'écriture de ce fichu essai était vraiment ardu et nécessitait beaucoup plus de travail que d'habitude. Elle se demandait de plus en plus pourquoi elle avait choisi des études littéraires, elle qui était tellement bonne en mathématiques
Mais la vie en avait décidée autrement et c'est dans le but de devenir journaliste qu'elle s'était engagée dans cette voie malgré certaines difficultés bien présentes
Comme celle qui se situait juste devant ses yeux
Un essai ! Ce qu'elle arborait le plus au monde, comment pouvait-on écrire autant sur un sujet si peu intéressant ?
Elle se leva, n'en pouvant plus de rester assise, et s'étira. Elle avait la bouche pâteuse et ses yeux papillonnaient de fatigue mais elle avait encore du pain sur la planche. Elle se dirigea vers le frigo pour prendre une quelconque sucrerie (il faudra qu'elle fasse attention à sa ligne tout de même
) lorsque un énorme BAM la fit sursauter. Son cœur se mit à battre à très grande vitesse, ses nerfs étaient à fleur de peau, et ce qui arrive toujours dans ce genre de situation
arriva. Le frigo qui était juste devant ses yeux bascula à la limite de l'équilibre, prêt à tomber.
Non, non non !! Elle coura vers le frigo et poussa de toutes ses forces pour qu'il ne tombe pas et reprenne un équilibre stable. Mais le frigo était lourd et elle pas bien musclée, il commença à balancer dangereusement jusqu'à ce qu'il
reprenne sa place originelle, comme s'il avait été poussé d'un seul coup par une très grande force.
Juliette glissa le long du frigo et se retrouva assise par terre, sur le carrelage froid de la cuisine, pleine de sueurs. Elle se rendait compte qu'elle faisait des 'trucs' de plus en plus étrange, qu'elle n'arrivait pas toujours à contrôler. Elle leva la tête et fit une grimace au plafond, comme si elle s'adressait au voisin du dessus.
« Non, mais ! On n'a pas idée de me faire des peurs pareilles ! Vous ne pouvez pas garder vos objets dans des endroits où ils ne peuvent pas tomber ?! Vous ne pouvez pas penser aux pauvres voisins du dessous ?». C'était déjà la troisième fois dans la semaine qu'un bruit de ce type la faisait sursauter et donc c'était la troisième fois dans la semaine qu'elle passait à côté d'une catastrophe : la première fois c'était son armoire, la deuxième fois sa bibliothèque et la troisième ce maudit frigo. Or depuis que ses étranges 'pouvoirs' avaient fait leur apparition il y a trois mois environ, il valait mieux éviter de la surprendre. Elle soupira et se releva. C'était bien beau tout ça mais elle avait un essai à terminer. Elle se dirigea de nouveau vers son bureau et se remit au travail, tant bien que mal.
Tard dans la soirée, elle alla se coucher et s'endormit aussitôt, les émotions et le travail la rendait toujours somnolente.
Le lendemain matin, lorsque son réveil sonna elle se sentait bizarre, c'était souvent le cas lorsqu'elle avait utilisé ses 'pouvoirs' la veille, comme si elle se trouvait dans du coton. Elle se leva et alla prendre sa douche, froide cette fois-ci, il fallait la sortir de sa torpeur. Elle y resta un certain temps avant d'aller s'habiller, puis de se préparer un bon petit déjeuner. Elle était de nature très timide, du coup elle se voyait mal devoir s'excuser auprès de son professeur, si elle arrivait en retard. C'était la principale raison de son réveil si matinale. Une fois fini de manger elle fit sa petite vaisselle, et alors qu'elle était prête à partir elle entendit des bruits étranges dans l'escalier. Plusieurs bruits de pas, mais qui se voulaient discrets. Elle trouvait étrange que tant de monde rentre dans un immeuble à cette heure-ci et qu'en plus ils essayent de faire le moins de bruit possible. Elle prit son sac et s'avança vers la porte d'entrée juste avant qu'elle ne vibre sous les coups répétés d'un homme à la voix tonitruante :
- Mademoiselle Woolen, ouvrez votre porte s'il vous plaît, nous savons que vous êtes chez vous.
Juliette recula mais était comme paralysée. Depuis un certain temps dès qu'elle sortait elle se sentait suivie et observée et ces hommes dans l'escalier ne présageaient rien de bon. Elle courut vers la fenêtre et l'ouvrit. Elle qui avait le vertige
Elle n'était qu'au premier étage mais c'était suffisamment haut pour qu'elle puisse se casser quelque chose en sautant.
Mais lorsque elle entendit que l'homme qui avait parlé quelques secondes plus tôt essayait de défoncer la porte, elle n'hésita pas et sauta. Elle retomba à peu près sur ses pieds mais sa cheville lui faisait très mal. Elle se releva tant bien que mal et entreprit de sauter à cloche pied tout en se tenant au mur. Elle avançait lentement et ne savait même pas où aller pourtant, elle sentait qu'elle devait semer ces hommes. Elle entendit un cri et leva la tête. Ils avaient défoncé la porte et un d'eux l'avait repéré en regardant par la fenêtre. Elle essaya d'aller plus vite mais c'était assez dur, surtout que son autre jambe commençait à fatiguer.
Au bout d'une minute, ils étaient tous dehors et étaient en train de la rattraper. Lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur ils l'attrapèrent et la plaquèrent contre le mur, c'était la fin
.
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La panique prit le dessus et comme à chaque fois que des émotions fortes apparaissaient, elle faisait des choses étranges. Cette fois-ci c'est la benne à ordures qui bougea et à une rapidité fulgurante ! Elle fonça droit vers l'agent qui tenait Juliette fermement contre le mur et le propulsa loin sur le côté. Les autres agents réagirent rapidement et Juliette fut menottée en un rien de temps. De plus un morceau de tissu banda ses yeux, l'empêchant de voir quoi que ce soit et donc d'utiliser ses 'pouvoirs'.
Elle sentit qu'on la fit asseoir dans une voiture, qui démarra peu après. Sa cheville lui faisait toujours autant mal et les hommes qui la poussaient n'y avaient pas fait attention. Ils roulèrent un bon quart d'heure avant d'arriver à destination. Toujours menottée et avec un bandeau sur les yeux ils la poussèrent à sa grande douleur, jusque dans un bâtiment où beaucoup d'agitation régnait. Ils prirent un ascenseur et parcoururent une petite distance avant de s'arrêter. Une voix onctueuse s'éleva.
Mason Eckhart- Laissez-moi seul avec elle.
Agent- Mais, monsieur, elle
ME- Obéissez.
A- Bien, monsieur
Juliette sentait la peur dans la voix de l'agent qui l'avait amené jusqu'ici et lorsqu'il la lâcha et disparu, elle se demandait qu'elle genre d'homme elle devait avoir en face, certainement pas quelqu'un de gentil et serviable en tout cas...
ME- Alors, miss Woolen ? Vous avez envoyé un de mes agents à l'hôpital ?
Juliette : Pas fait exprès, grogna-t-elle. Mais si je l'avais fait exprès je n'aurai pas fait autrement, rajouta-t-elle sur un ton de défit. Elle qui se savait si timide était surprise elle-même par son comportement. Mais, elle se disait qu'elle n'avait rien à perdre
Au point où elle en était
Le silence de son interlocuteur la déstabilisa et elle prit à nouveau la parole.
J- Que voulez-vous de moi ?
ME- Hmmm hmmm. Elle sentait le souffle de son interlocuteur tout proche d'elle. Il l'observait.
Je désire que vous intégriez mon équipe.
J-Et dans quel but ?
ME- Capturer des gens comme vous.
J- Pourquoi je ferai ça ? Sa voix tremblait de peur mais aussi d'une curiosité naissante : il y avait donc des gens comme elle ?
ME- Parce que c'est ça ou devenir un de mes sujets d'expérience.
J- Je n'ai rien de spécial, il m'arrive de bouger des objets quand je suis en colère, c'est tout. Alors pourquoi vous voulez absolument m'engager ?
ME- Parce que vous avez des origines très intéressantes et que votre pouvoir peut aussi l'être à condition de le contrôler.
Il claqua des doigts. De nouveaux larbins entrèrent dans la pièce.
Emmenez-la dans le labo et mettez la sous notre contrôle, je vous rejoindrai.
Elle fut à nouveau poussée et entraînée (elle marchait tant bien que mal malgré sa cheville) dans un ascenseur et marcha encore un peu avant qu'on ne la fasse asseoir et qu'elle ressentit une grosse douleur dans la nuque. Peu après ils enlevèrent son bandeau et ses menottes.
Elle passa une main dans sa nuque et sentit un objet en plastique collé à sa peau. Elle fit une grimace, cela ne présageait rien de bon. L'homme avait dit que cela la mettrait sous leur contrôle, elle ne pourrait donc même pas essayer de s'échapper ?
Elle se leva difficilement et regarda autour d'elle, un véritable laboratoire ambulant avec beaucoup de monde en blouse blanche et, lorsqu'elle s'approcha de la vitre, elle vit des espèces de tombeaux à vitres disposés en cercle. Des gens étaient dedans, le crâne rasé. Juliette comprenait ce qu'avait voulu dire l'homme par 'sujet d'expérience' et n'aimait pas trop le concept
.
Elle se retourna et découvrit un homme aux cheveux blancs qui l'observait. Cela devait être l'homme de tout à l'heure.
ME- Alors vous avez fait votre choix ?
J- Ai-je vraiment le choix ? répondit-elle avec une pointe d'ironie.
ME- Bien, dans ce cas nous allons commencer tout de suite, je vous laisse avec le chef de votre future équipe.
Il se détourna et sortit de la pièce, puis s'adressa à un homme au physique musclé. Juliette se concentra et essaya de percevoir ce qu'il lui disait.
ME- Aucune confrontation
.mutant x mais je veux
. il voit
elle fait
pourrait être
.échange.
Elle fronça les sourcils, mutant x ? Voilà un nom bien étrange ! Qui oserait se qualifier ouvertement de 'mutant' ? En y réfléchissant bien, c'était peut-être ce qu'elle était, après tout
Un mutant
Rien de bien charmeur que cette qualification ! Elle se retourna lorsque l'homme musclé au visage buriné entra dans la pièce.
Joice- Nous avons du travail mademoiselle. Il regarda la cheville de Juliette et leva un sourcil puis reprit la parole. On va soigner votre cheville et ensuite vous allez devoir apprendre à utiliser vos pouvoirs. Suivez-moi.
Elle obéit sans discuter et se mit en marche tant bien que mal, mais elle se demandait vraiment ce qu'elle avait de si spécial pour que l'homme aux cheveux blancs veuille tant qu'elle intègre l'une de ses équipes et qu'elle sache utiliser ses pouvoirs. Au final il ne faisait que lui rendre service, elle avait une nouvelle vie, plus intéressante qui lui permettait d'utiliser à son avantage ses capacités qu'elle considérait plus comme un problème auparavant. Sur la base de ses réflexions, elle commença de bon cœur un entraînement intensif autant physique que mental.