
Chroniques de la haine ordinaire
Je hais l'humain, dès lors qu'il naît,
Je hais ce monde que l'on connait,
Je hais l'espoir : il crée l'envie,
Et il fait continuer la vie.
Cherchez un bonheur sans souffrance,
Cherchez, jusqu'à ce que l'errance
Epuise la force de vos pas ;
Vous verrez qu'il n'existe pas.
Voyez ces enfants solitaires
Dont les yeux rougis reflèrent l'âme.
Ecoutez leur douce prière
Lorsqu'ils pleurent la dernière larme.
Ils représentent notre futur,
On leur fait croire en l'avenir,
On les jette dans cette aventure :
Ils finiront un jour par fuir.
Je hais l'humain, quoi qu'il ait fait,
Qu'il désire la guerre ou la paix,
Car qu'il prône le mal ou le bien,
Il restera toujours humain.