
Chapitre Trois : Souvenirs Effacés
7 : 00 H
Le réveil sonne, déchirant le silence installé par la nuit.
Je me réveille en sursaut, comme tous les matins, puisque ce n'est qu'en me sortant violemment de mon sommeil que l'on peut réussir à me réveiller, d'où le réveil configuré au maximum.
Mon cœur cesse enfin de battre la chamade et je m'étire, tirant mes muscles de l'endolorissement de la nuit. J'adore sentir mes muscles se tendre et mes os légèrement craquer après une bonne nuit de sommeil : une onde de chaleur traverse tout mon corps et je me sens prête à affronter le journée. Je me lève et marche à tâtons à travers ma chambre, aidée par la lumière bleuâtre du réveil à cristaux liquides mais butant sur le fatras gisant pêle-mêle sur la moquette. J'atteins enfin l'interrupteur.
Je le pousse et la lumière envahit ma chambre.
Je ne peux empêcher le cri de surprise qui sort de ma gorge en voyant l'état de ma chambre.
Mais qu'est-ce que j'avais encore fait hier soir ?! Enfin « encore » n'est pas le mot approprié, je ne fais jamais rien le soir Par contre, je n'ai aucune idée de ce qui aurait pu se passer
Un bref coup d'œil à mon réveil m'indique qu'il ne faudrait pas que je traîne. Je chasse de mon esprit l'image de mon bureau envahi par des stylos tombés de leurs pots, l'armoire grande ouverte et les habits gisant en tas sur la moquette et prend au hasard des vêtements traînant par terre, les enfilant à la vitesse grand V.
Je passe dans la salle de bain pour me faire une toilette minimum et descend dans la cuisine pour prendre un petit déjeuner consistant, comme à mon habitude.
C'est seulement sur le chemin du lycée que je commence à me poser des questions : qu'est-ce qui a bien pu se passer hier soir pour mettre ma chambre dans cet état ? Et le pire, c'est qu'en cherchant bien dans ma mémoire je ne trouve aucune trace de ce que j'ai fait de ma soirée, il va falloir que je demande à mes parents
En arrivant au Lycée, Amélie se précipite sur moi, tout sourire et commence immédiatement à parler. Après cinq minutes de bavardage intensif, elle s'arrête enfin et me demande si justement :
- Ca va pas ?
- Si si, ça va.
- Tu mens, qu'est-ce que tu as ?
- Rien de bien important et rien qui ne puisse t'intéresser, maintenant on a cours et il ne faut pas qu'on traîne.
Je me détache d'Amélie qui avait pris mon bras à l'instant crucial de son monologue et me dirige d'un pas rapide vers le bâtiment A. J'avais décidé de ne rien dire à ma meilleure amie, en tout cas pas avant d'avoir tiré cette affaire au clair, elle était trop énigmatique et je savais très bien qu'Amélie s'y intéresserait d'un peu trop près.
Cette journée de cours fut éprouvante, je du contenir à grand peine les questions d'Amélie et me battre pour garder un visage impassible malgré que je boue d'une curiosité et d'un désir de comprendre impossible à cacher à ma meilleure amie.
Je rentre donc chez moi, éreintée, et prête à poser moult questions à mes parents lorsque la vision de l'Intouchable me cloue sur place. Il me rejoint et me sourit faiblement.
- Faut qu'j'te parle, marmonne-t-il.
A mon plus grand étonnement il me prend par le bras et me tire vers le petit parc en face de chez moi. Le petit parc Il me rappelait étrangement quelque chose Une image redondante, récente. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ?
-Hum, voilà C'est difficile à expliquer mais commençons par ce que tu comprendras. Tout d'abord ce que je vais te dire doit rester entre nous, ensuite tu ne me reverras certainement jamais, mais j'avoue n'ai jamais aimé leur technique, donc même si je n'en ai pas le droit, je vais t'aider un peu.
Sans me laisser le temps d'être étonnée, il continu sa litanie.
Tu ne te souviens de rien des évènements d'hier soir mais je suppose que tu dois commencer à te poser des questions quant au trou dans ta mémoire. En faite, on te met à l'épreuve, il va falloir que tu trouves par toi-même ce qui s'est réellement passé, que tu retrouves le morceau effacé de ta mémoire pour qu'ils t'acceptent. Cependant je te préviens : c'est un exercice physiquement très fatiguant, de plus personne ne sera là pour t'aider. J'entend par là que personne ne sera là pour te protéger puisque, si tu es déjà dans la période test, c'est que tu as déjà fait tes preuves au combat.
J'ouvre la bouche mais Théo me fait un geste pour me montrer qu'il n'a pas fini :
Ma mission est terminée et, sache que, même si elle ne te concernait pas, j'aurai voulu mieux te connaître. J'espère qu'un jour tu en sauras plus quant à ce qui s'est passé, j'ai moi-même au début eu énormément de mal à comprendre comment j'en étais arrivé là mais c'est ce qui m'a motivé et ils ont justement besoin de gens motivés.
Au plaisir de te revoir Lilou
Il me sourit et se retourne avant de disparaître dans la petite forêt dense. Je n'essaye même pas de le retenir, tout ce qu'il avait dit avait un sens caché mais qui me rappelait quelque chose, qui m'était étrangement familier.
Après quelques minutes pour m'imprégner de ses paroles et pour calmer les battements de mon cœur (l'avoir vu de si près !! De plus il connaissait mon nom !!), je me dirige chez moi. Je jette un dernier coup d'œil vers le petit parc, presque à regret, et pousse la porte de mon appartement.