
Comme un morceau de viande qui changeait de couleur... L'arbre avait écrasé l'annulaire et l'auriculaire droits de Raxah. Le reste de sans main baignait dans le sang. Elle avait été coupée net en son milieu, laissant apparaître sa chair et ses os.
Makaya se retint de pleurer devant la main en broyée de son ami. Elle respira profondément et commença à lui faire un bandage – Sous les cris de douleurs réfrénés de Raxah, qui se retenait à grand’ peine de hurler. Les deux amis avaient une couleur rouge sang, synonyme d'une douleur atroce.
Après de longues minutes de douleurs, morales pour Makaya et physiques pour Raxah, l'attelle fut enfin prête. Une larme perla dans l'œil du garçon, tant la douleur était forte. Makaya leva lentement ses doigts tremblants vers la joue de Raxah et l'essuya.
-Ca va ?
-… Oui, enfin, non. Disons que j'ai connu des jours meilleurs, comme celui où je t'ai embrassé... Répondit le jeune Kolopp.
Makaya sourit. Dieu qu'elle aimait ce garçon ! Même dans cette situation grave et douloureuse, il trouvait le moyen de faire de l'humour. Elle tourna rose, et il le devint aussi, en se perdant dans ces grands yeux violets.
-On s'embrassera encore, je te le promets Raxah. Je… je t'aime.
Raxah sourit. Il savait que Makaya n'était pas une de ces personnes qui expriment leurs sentiments facilement. Au contraire, même, et le fait qu'elle ait osé lui avouer ça lui réchauffa le cœur d'une manière extrêmement plaisante.
-Je t'aime aussi Maka d'amour.
Ils se regardèrent et leurs visages se rapprochèrent, doucement. Tous deux savouraient cet instant de calme et de pur bonheur. Leurs lèvres se frôlèrent puis s'ouvrirent et leurs langues commencèrent un ballet langoureux, dans lequel ils s'abandonnèrent complètement.
Ils étaient dans les bois, allongés dans l'herbe, plus roses que jamais, entourés de fleurs et de lucioles qui passaient de temps en temps, rendant là encore plus magnifique l'instant de satisfaction des amoureux.
Mais le manque de nourriture consistante se faisait gravement sentir et ils s’endormirent l’un contre l’autre, le sourire aux lèvres.
Et ils se réveillèrent plusieurs heures plus tard.
-Makaya, je t'aime, je t'aime !
-Raxah, moi aussi !
Malgré son atèle sur sa main qui le lançait, Raxah repris Pallillah sur le dos et réfléchit à un moyen de quitter la forêt. Sa couleur redevint blanche, comme à l'accoutumée. Raxah avait toujours caché l’étrange fait par lequel la nature lui avait donné une peau de couleur blanche. C'était un fait très rare, car les Kolopps étaient bleus ou verts normalement. Mais il était né avec cette différence, et il vivait avec ; il n’était pas différent des autres. Le blanc, qui exprimait communément le coma ou la possession, était pour lui le sentiment commun de tous les jours.
Makaya était, elle aussi, redevenue de couleur normale. Ca leur faisait du bien à tous les deux de se sentir calmes, pour une fois. Un vert printanier s'étala sur son visage alors qu'ils commencèrent le chemin de retour côte à côte.