Ma vie, par Pallillah.

Cela faisait plus de quatre heures que Pallillah courrait à perdre haleine dans la forêt. Elle n'était même pas essoufflée. C'était normal, après tout : Elle était habituée à courir longtemps sans s'arrêter. Elle faisait partie du club de sport à l'école, et c'était l'une des meilleures de sa classe.

         Elle ralentit le pas et réfléchit. A sa vie, à ses amis, à sa famille…

         Elle… elle était fille unique ; chose que les autres trouvaient très enviable, mais elle n'était pas d'accord. Etre fille unique avait des avantages peut-être oui, mais aussi des inconvénients. Elle aurait donné n'importe quoi pour avoir un petit frère ou une petite sœur. Makaya, elle, avait trois frères et trois sœurs. Autant dire qu'elle était issue d'une famille nombreuse !

         Tout d'abord, Fasso, le plus vieux ; Il avait environ vingt-quatre ans et n'était pas énormément présent à la Samar. Puis Dling et Dlang, les deux jumeaux ; Ils avaient tous les deux seize ans, l'age de Makaya, Raxah et Pallillah. Pallillah, qui, depuis quelques temps déjà avait craqué sur Dlang, le plus petit des deux. Malheureusement, apparemment, celui-ci ne la calculait même pas ! Pauvre Pallillah… Ensuite, et aussi étonnant que cela puisse paraître, les trois autres sœurs étaient, elles aussi, jumelles ! Malloah, Fraz et Yannak ; Trois petites pestes d'une dizaine d'années, une blonde, une rousse et une violette. Ensemble, toute la Samar se réunissait habituellement une fois par mois et tout le monde faisait la fête. Madame Fterr, la mère de tout ce petit monde, était une charmante dame, et tout le monde l'aimait beaucoup à Koloppia. Elle invitait ainsi la moitié du village à chacune de ses fêtes, tout le monde s'amusait énormément avec la musique, et l'ambiance bon enfant régnait en maître.

         Pallillah soupira en repensant à Dlang. C'était un beau Kolopp, pensa-t-elle. Très beau même, et super sympa aussi. Mais il n'avait d'yeux que pour cette satanée Kellya ! Une super Kolopp avec de longs cheveux dorés comme les blés, des formes parfaites et une super intelligence… Bref, tout le contraire de Pallillah – du moins le pensait-elle...

         C’est vrai, non ? Pallillah avait la peau verte et des cheveux noirs, attachés en queue de cheval. Elle aurait tant aimé être grande, bien faite et aimée ou, au moins, remarquée par Dlang !

         Posséder des pouvoir, c'était ça son plus grand rêve. Pouvoir faire ce qu'elle voulait ! Comme ça, c'était sûr, Dlang se jetterait à ses pieds ! Allallah ! Qu'elle n'avait pas été sa surprise en découvrant ce livre, à la bibliothèque !

         Ainsi, elle s'était décidée, elle irait chercher ces pouvoirs et Dlang la remarquerait enfin ! Et puis, il n'y avait pas que ça ! Pouvoir être belle en un clac de doigt, faire obéir tout le monde ! Elle en rêvait tant !

         Alors, le matin même, elle était partie, l'air de rien, de sa Samar où il ne se passait rien et où elle ne se sentait pas bien, elle était partie à l'aventure ; Seule. Pour devenir enfin ce qu'elle rêvait : Sorcière ou magicienne, les deux lui plaisaient tout autant.

         Pallillah, aussi, n'était pas comme les autres. Il y avait plusieurs sortes de « races » à Koloppia. Pour commencer, les Kolopps, qui s'étaient établis là pour fuir les ogres de la ville. Ils étaient tous grands, et avaient des oreilles en pointe ainsi qu'une queue de belle taille. Bientôt, ils étaient rejoins par les Lamas, de drôles de créatures étranges qui ne sortaient que la nuit. Des humanoïdes tout de noir vêtu qui pratiquaient – paraissait-il – la magie noire. Pallillah aurait beaucoup aimé être une Lamas. Comme ça, pensait-elle, elle aurait eu des pouvoirs, au moins ! Et enfin, les Mohas, le peuple de Pallillah, sans queue et sans oreilles en pointe. Tous frappés par le même métabolisme de changer de couleur en fonction de l'humeur, dû à la forêt, prétendue maudite…

         Tout ce petit monde vivait ensemble, dans une grande joie et sans accros. L'école rassemblait de toutes les sortes, et même parfois, des enfants issus de mariages entre deux peuples.

         Pallillah recommença à courir. Elle voulait fuir ce passé qui ne lui plaisait pas, elle voulait fuir ce monde où elle n'était que « Palli », la petite Mohas, l'amie de Makaya.

         Soudain, elle arriva devant une grande pyramide toute en or, et décorée de… roses noires. Elle regarda un moment autour d'elle puis, doucement, s'approcha dans le bâtiment en pensant à Makaya et à Raxah. Son esprit passa aussi sur Dlang et elle ressentit un pincement au cœur en l'imaginant avec cette satanée de bien foutue de Kellya !

  -Je me vengerais! Murmura-t-elle.

         Deux petites larmes coulèrent sur ses joues quand elle entra dans la pyramide, tandis que sa couleur devenait, petit à petit, noire… Elle mourrait de jalousie et de colère.

         Soudain, une main lui pris le bras et la retint.

  -Tu ne devrais pas aller par-là, c'est dangereux. Dit l'homme…

         Surprise, Pallillah ne pu retenir un cri d'effroi et elle se retourna brusquement pour se retrouver face à…


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