Bon, je n’ai fait qu’une partie de ce que je voulais dans ce chapitre mais bon, tant pis, ça sera pour le prochain ^^ Et oui, la vie est ainsi, j’ai donc décidé de…nan, je ne vais rien dire, lisez ^^
Bonne lecture à tous! ^^
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Tout commença ce soir là
Chapitre 16
Voilà maintenant une semaine que Guihu avait réussit à renouer ses liens avec Nadeshiko. Il fallait aussi dire qu'à présent, la rouquine ne lâchait plus son amie d'une seule semelle, de peur qu'elle ne l'oublie à nouveau. Elle ne voulait plus ressentir ce sentiment de rejet, de solitude, d’indifférence. Elle allait même jusqu’à chercher son amie tous les matins, devant sa porte à la même heure, prenant parfois le petit déjeuné ensemble au grand désespoir de Sasuke qui voulait être un peu seul, un peu plus intime avec sa fiancée. Une semaine qu’elles se sont retrouvés et les voilà coller, inséparable. Elle mangeait aussi avec elle au lycée. Elle lui faisait même des massages! Elle exagérait quand même beaucoup. Tous ceux qui l’avaient pleuré tout son désespoir ne comprenaient pas ce brusque retournement de situation. C’était comme si elle était devenue son esclave de son plein gré. C’était assez étrange à voir… Mais même avec tout ça, elle avait vraiment l'air plus heureuse de jamais depuis qu'elle avait retrouvé avec la joie la plus complète, l'amitié de sa première et seule meilleure amie de toujours.
La jeune fille aux yeux verts n'allait tout de même pas la détruire alors qu’elle était si heureuse avec une coquille vide à ses côtés. Elle allait recréer les mêmes liens qu’autrefois en progressant petit à petit, chaque jour un peu plus. C’était sans doute le vœu le plus chère de son grand frère qui avait veillé sur elle durant toutes ces années passées. Son frère… Comment allait ce jeune père aujourd’hui? C’était grâce à lui si elle avait pu vivre tant de chose à «l’extérieur». Comment était sa vie depuis qu’elle était partie? Elle n’avait eu aucune nouvelle avec sa famille depuis sa cohabitation. Maintenant que son fiancé avait, à lui seul, réveillé ses pensées, sa logique, son «moi» intérieur, elle relativisait plus de chose. Elle pensait beaucoup plus par elle-même sur certain sujet, même si elle ne le montrait pas. Elle progressait jour après jour, un petit peu plus qu’hier.
La rousse avait aussi prit l'habitude d'aller chez son amie d’enfance après les cours, ou pendant le week-end, comme s’était le cas aujourd’hui. Elle s'amusait comme une folle à chaque fois qu’elle fouillait dans le vieux carton. Elle retrouvait tant de souvenirs plus agréables les unes que les autres. Et à chaque fois, elles découvrirent ensemble de nouvelle chose encore plus étonnante que les précédentes. Et bien entendu, une petite boîte à bijoux, fait en bois d’olivier, ne passa pas, même avec ses efforts pour la dissimuler, inaperçue aux yeux de la petite fouineuse qu’était la rouquine. Enfin, encore faut-il qu’elle veuille vraiment le cacher à ses yeux. Nadeshiko s'empressa de l'ouvrir, beaucoup trop curieuse pour pouvoir attendre la permission de son amie. Elle y découvrit un magnifique collier, le seul objet dans cette boîte incrustée de petites pierres de jade. C'était une chaîne en argent avec deux petites feuilles en jade qui s’entrecroisaient au niveau de leur tige.
C’était devenu habituel pour elle de voir cette pierre partout. C’était non seulement en rapport avec son prénom mais aussi avec ses yeux verts. D’ailleurs… Pourquoi avait-on choisit ce prénom là pour elle? Elle était loin d’être aussi belle que cette pierre. Non, elle ne le savait pas. Etait-ce pour…la couleur de ses yeux? Dans ce cas, émeraude aussi pu fait l’affaire. C'était vraiment étrange maintenant qu’elle se souvenait de son passé, du moins, une partie de son passé. Ce collier…celui de cette personne là…celle de son rêve… Ce collier qu’elle n’avait plus jamais remis depuis ce jour-là. Il venait de réveiller un…un quelque chose en elle. Elle ne saurait l’expliquer. Encore quelque chose qu’elle devait découvrir d’elle-même.
Nadeshiko: Il est magnifique, où l'as tu eu?
Guihu: On me l'a offert.
Nadeshiko: Qui?
Guihu: Cette personne.
C'était devenu une habitude entre elles de parler de la troisième personne, qui avait été avec elles dans ce village, par "cette personne". La jeune fille aux cheveux noirs comme de l’ébène ne se rappelait plus comment il s'appelait. Elle n’arrivait pas à se rappeler de son nom. C’était lui, elle en était sûre, qui lui avait offert ce collier pour son départ vers la demeure Li, vers sa future prison, vers sa cage doré et vers ce qui allait la transformer pour toujours ainsi. Elle n’avait pas voulu pas l’oublier. Elle ne savait plus pourquoi mais elle avait commencé à effacer ses souvenirs de sa mémoire après sa décision. Si elle avait eu un meilleur choix, elle aurait de loin préférer tout garder en elle, tout comme son meilleur ami d'ailleurs… Mais son sort à lui avait été bien pire que pour cette personne. Tout comme cette personne, elle ne voyait que sa silhouette, mais tout cela s’arrêtait là. Elle ne voyait ni la couleur de cheveux, ni le son de sa voix, ni même de sa gentillesse avec elle. Elle n’arrivait même pas à se rappeler des moments passés avec lui… Elle distinguait à peine sa silhouette dans ses souvenirs. Elle devrait ressentir ou elle ressentait presque de la honte. Mais…quel est le sentiment de honte? Elle n’avait jamais eu à le ressentir. Il y avait encore tant de chose qu’elle devait découvrir. La rousse le savait pertinemment et elle ne disait rien. Elle connaissait les deux personnes de son passé mais elle voulait lui laisser le temps à sa mémoire. Il avait été convenu entre elles depuis un moment que la troisième personne était "cette personne" et le meilleur ami était "lui". Voilà tout ce qui les reliait au passé.
Le regard de Nadeshiko chargé de curiosité était à présent entrain de briller d’une lueur encore jamais vue. Elle demanda si elle pouvait emprunter le collier si magnifique à sa meilleure amie. Elle avait une idée derrière la tête. Bien sûr, comme elle l’avait prévu, Guihu n'émit aucune objection. Après tout, ce collier n'était plus qu'un simple souvenir du «rêve» qu’elle avait oublié. Il n'avait plus la même importance qu'il avait autrefois dans son cœur. Elle n’en avait plus besoin, de cet objet là. La rousse, contente de la réponse obtenue, mit le collier dans sa poche. Si cela marchait, elle allait sûrement voir un sourire sur les lèvres de celle qui était à ses côtés. Elle demanda à Guihu de fouiller un peu plus et elle y retrouva un ours peluche. Une peluche? D'où venait-elle? La rousse regarda par dessus son épaule et lui sourit, même si la jeune fille ne le voyait pas.
Nadeshiko: Elle appartient sûrement à lui. Je crois que c'était pour un cadeau d'adieu, si je me souviens bien. Enfin, c’est ce que tu m’avais dit quand je l’avais vu dans ta chambre. Tu dormais tous les soirs avec. Enfin peut-être que ma mémoire me joue des tours.
Guihu ne dit rien et continua d’observer l'ours en peluche dans ses mains. Il lui avait donné comme cadeau d’adieu? Cette phrase avec quelque chose de triste. Ce mot…adieu…lui faisait mal. Elle n’appréciait pas ce mot là. Rien que son sens, elle n’appréciait vraiment pas ça… Elle…le détestait… Un tel mot ne devrait pas exister… Si jamais elle devait l’entendre de la part de la personne chère à son cœur alors là, elle ne le supporterait sûrement pas.
A force de le regarder, elle éleva l’ours en peluche jusque dessus d’elle et pencha légèrement sa tête. C’était bien ainsi que faisait les personnes intriguées, non? Elle devait les observer et les imiter afin de progresser d’elle-même. Elle ne devait plus les décevoir. Après tout, son choix de quitter le domaine avait blessé son frère et son choix de resté l’avait aussi blessé. Elle devait apprendre à faire les bons choix au bon moment.
Profitant de cette occasion unique qui s’offrait à elle, Nadeshiko passa ses bras autour de sa taille et colla sa poitrine plutôt imposante contre son dos. Elle l’écrasait littéralement sur ce dos. De plus, elle lui soufflait un peu dans la nuque. Deux filles qui sont lycéennes et qui sont seules dans une pièce dans cette position…sans doute un fameux scénario pour…une certaine personne qu’elle connaissait. Un certain Jiraya aurait particulièrement apprécié cela, ainsi qu’un de ses fans, Kakashi. Enfin ce professeur ne cherche pas à mater les filles, lui.
Nadeshiko: J'ai été très jalouse, tu sais, quand je l’ai vu dans ta chambre là-bas. A moi, il n'avait jamais voulu me le donner, ni me la prêter d’ailleurs. C’est à ce moment là que j’ai souhaité te ressembler, afin d’attirer son attention sur moi. Regarde-nous aujourd’hui. On s’aime plus que tout. C’est grâce à toi si je suis si heureuse. Merci.
Elle ne réagissait pas face à cette révélation. «Là-bas» désignait cet horrible orphelinat dans lequel elle s’était fait un nom, le nom de «Inu» qui l’avait poursuivit partout où elle allait, dans lequel elle avait tant souffert. Lui… Comment était-il, son meilleur ami? Qui était cette personne? Elle voulait s'en souvenir maintenant qu'elle avait vraiment plongée dedans, mais en même temps, ça lui était interdit par sa belle-mère. Que faire? Elle ne voulait plus désobéir, et puis, ça remontait à si loin. Et pourtant, sa meilleure amie se rappelait de chaque détail. Devait-elle faire la même chose? Est-ce que ça lui était autorisé de se souvenir de son passé maintenant?
Elle sentit la jeune fille rousse se serrer un peu plus contre elle, écrasant sa poitrine un peu plus et remontrer ses mains vers la sienne qui n’avait rien à envier non plus. Pourquoi lui touchait-elle sa poitrine? Elle en avait une aussi alors pourquoi elle prenait la sienne? En plus de cela, elle les empoignait à pleine main et les massa un peu. Sans oublier qu’elle continuait à lui souffler dans la nuque. Que voulait-elle faire au juste? Elle sembla étonner, enfin, elle le devinait en entendait un petit bruit montrant sa surprise.
Nadeshiko: Dis donc, elle est grosse la tienne! Tu as mangé quoi ces dernières années? Moi, j’ai soufferts pour en avoir une pareille!
Elle ne répondit pas. Comment pouvait-elle le savoir? Qu'avait-elle mangé ces dernières années? Elle ne le savait pas. Elle n'avait jamais vraiment vécu dans le domaine, dans sa demeure mais plutôt survécue. Mais elle coupa court à ses «pensées» quand elle sentit que son amie n'avait toujours pas retiré ses mains de sa poitrine. Prenait-elle un certain plaisir à les toucher ainsi? Quand est-ce qu’elle allait les retirer? C’était plutôt désagréable pour elle.
Guihu: Tes mains…
Nadeshiko avec un sourire: Je sais.
Elle les retira enfin et se mit en face de sa meilleure amie. Ca faisait si longtemps qu'elle n'avait plus eu une occasion de la toucher. Elle se souvenait de cette dernière fois. Elles étaient encore si jeunes et sans aucune formes. Elle regrettait vraiment de ne pas l’avoir vu grandir. C’était étrange de dire ça mais elle voulait grandir en continuant à se comparer à elle. Elle était son idole. Elle l’avait toujours été. Qu’elle soit «Inu» ou Guihu, elle continuait à l’admirer et à l’aimer autant comme avant. La dernière fois qu’elle avait pu se comparer c'était…c'était devant le lac. Elles n'étaient pas du tout gêné par la présence de cette personne mais…
Nadeshiko: Tu sais, si tu te laisses faire comme ça, tu vas finir par te faire violer par Sasuke. C’est un homme après tout. Il a ses hormones qui le travaillent à cet âge-là.
Guihu: Il ne l'a jamais fait.
Nadeshiko horrifié: Quoi? Mais avec mon Gaara, on a déjà…
Gaara… C’est ça! Gaara! Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt? Elle était sûre qu’il s’en souvenait, lui. Dès le premier jour, il lui avait donné des signes mais elle n’avait rien vu. Quelle idiote! Quand ils ont dansé ensemble, quand il l’observait lors des soirées… Pourquoi est-ce qu’elle n’avait pas fait le rapprochement plutôt? Nadeshiko ne faisait que parler du passé, de Gaara et de son fiancé. Elle en parlait à chaque occasion. Elle n'arrêtait jamais de parler de lui et de lui dire à quel point il était formidable. Elle disait aussi à quel point Sasuke était insupportable et possessif. D’ailleurs…pourquoi est-ce qu’elle ne pouvait pas le supporter? Elle lui donnait beaucoup d’indices à chaque fois. Elle était vraiment lente.
Nadeshiko: Regarde comment il fait!
Joignant le geste à la parole, elle la renversa par terre et écarta ses jambes pour les mettre de chaque côté des siennes replié sur elle-même. Où voulait-elle en venir en faisait ça? Sa longue chevelure de couleur flamboyante retombait sur son visage. Ses mains étaient de chaque côté de sa tête. Son regard était si intense et profond à la fois. On aurait dit qu’elle lisait en elle comme dans un livre ouvert. Elle y mettait vraiment du cœur pour reproduire toute la scène mais est-ce qu’elle osera passer le cap? Elle ne réagissait toujours pas. Elle n’appréciait pas tellement cette position inconfortable mais…
Soudain, elle sentit une main remonter tout doucement jusqu’à sa poitrine, faisant d’autre caresse au passage sur son corps, avant de recommencer à faire ce qu’elle faisait plutôt. Et elle aurait pu continuer si…
Voix: Xiaohu, j’ai vu des chaussures à l’entrée et j’ai pensé que…
La porte venait de s’ouvrir en grand, laissant apparaître Sasuke Uchiwa, le fameux fiancé. Et là, il vit sa fiancée couché par terre avec Nadeshiko au dessus d’elle dans une position… Non, il devait chasser les idées tordues de sa tête. Même s’il était en manque, il ne devait pas se laisser faire. Peut-être qu’elles étaient tombées par terre… Mais dans ce cas, pourquoi la main de la rousse était sur sa poitrine? En plus, celle-ci souriait à pleine dent en le voyant arriver. Elle le faisait exprès? Il leva un sourcil devant cette scène plus…qu’inhabituelle et excitante. Même si elle l’avait fait exprès pour l’énerver, il restait tout de même un homme.
Sasuke: Je ne dérange pas?
Guihu: Non.
Nadeshiko en souriant: Je lui montrais ce que moi et Gaara faisions quand nous sommes seuls dans la même chambre!
Elle…lui montrait ce qu’elle faisait avec Gaara? Seuls dans une chambre? Mais pourquoi devait-elle aussi faire les gestes? Elle ne voyait pas qu’elle mettait SA fiancée dans le plus grand embarras que le monde entier avait connu jusqu’à ce jour ci en cette année de… Guihu n’osait même pas lui prendre la main. En plus, même lui, son fiancé, n’osait pas la toucher, alors pourquoi celle-ci aurait le droit de la toucher? Et elle…elle pourrait croire que…non, il pourrait croire que sa chère et tendre était entrain de se faire violer sur place par sa «meilleur amie» et sous ses yeux en plus! Il rageait. Elle était à lui! Il serait le premier dans son cœur et à prendre possession de son corps! Voilà qu’il divaguait vers des idées pas nettes. Il devait se…se concentrer et remettre ses idées en place. Il essaya de garder tout son sang-froid devant elles mais c’était…trop tard.
Sasuke: Qu’est-ce tu attends Nadeshiko pour … (En criant) Te pousser de là? Tu ne vois pas que tu l’étouffes et que tu…tu l’écrase avec ta poitrine démentielle?
Nadeshiko: Soit pas jaloux! Je peux vous montrer à tous les deux! Et pour ma poitrine! Avoue que tu veux toucher! Et bien hors de question! Il n’y a que mon Gaara qui peut! Dommage hein?
Sasuke rougit furieusement comme un gamin. Pourquoi voulait-il toucher sa…poitrine répugnante? Il n’y avait pas d’autre mot pour la désigner. Cette fille…l’énervait au plus au point! Elle faisait absolument tout pour le mettre mal à l’aise de puis une semaine. La seule fille qui l’intéressait c’était sa Guihu et personne d’autre. Il était sûr qu’elle le savait en plus alors…y avait-il une logique dans ses dire?
Il commença à se battre, verbalement bien sûr, avec Nadeshiko. C’était devenu une habitude, comme un petit rituel amical, qu’ils avaient prit depuis une semaine déjà. Pourquoi s’acharnait-il sur elle? Tout simplement parce que cette petite rousse à moitié allongé sur sa fiancée commençait sérieusement à se l’accaparer, sous son nez en plus. Bien sûr, il n’était rien d’autre qu’un simple et innocent jeune homme avec les hormones en ébullition depuis un certain temps déjà. En clair, il était jaloux d’être mis à l’écart par ces deux jeunes filles, ou plus précisément, par celle qui avait les yeux verts, car dans le cas de celle qui avait les cheveux roux, franchement, il s’en fichait complètement. De plus, si jamais ce genre de scène se passait encore devant ses yeux de façon plus fréquente, autant se donner la mort tout de suite plutôt que de sauter sur sa fiancée si fragile et délicate qu’il ne voulait pas offenser. Il avait déjà eu du mal à se contrôler l’autre jour… Il ne voulait pas ressembler à…à… Il chercha un mot pour le décrire… Un mot, ou plus précisément, un nom: Jiraya.
Pendant ce temps, Guihu se redressa pour s’asseoir et elle ramassa l’ours en peluche qu’elle avait fait tomber plus tôt. Elle se releva, se dirigea vers son lit et le posa près de son oreiller. Elle se fraya ensuite un petit chemin entre deux personnes qui bouchaient le passage par leur dispute. Puis, elle revint quelques minutes plus tard avec un sac en papier et y plaça l’ours. Si c’était ce qu’elle croyait être alors elle devait le lui rendre le plus rapidement possible. Et dire qu’il avait du attendre tout ce temps pour pouvoir le récupérer. Elle devait le respecter maintenant qu’elle s’en souvenait. Cette promesse là qu’ils avaient faite ce jour fatidique, le jour de son départ pour l’autre orphelinat. Elle ne savait pas pourquoi mais elle ne se rappelait que de cette promesse, de rien d’autre. Pourquoi n’y avait-il que ce triste passage là dans ses souvenirs d’enfant? N’y avait-il pas quelque chose de plus joyeux? Elle coupa court à ses pensées en voyant l’heure avancer. Ces deux là en avaient encore pour un petit moment. Elle alla ensuite dans la cuisine préparer le dîner en attendant que deux personnes veuillent bien se calmer et qu’ils daignent enfin descendre quand ils auront faim.
Le lendemain vers le milieu de la pause déjeunée, après avoir mangé leur repas, Guihu et Gaara se dirigèrent tous les deux, seuls, vers le toit de l’école, loin des petits curieux. Mais ils ne passèrent pas vraiment inaperçu puisque le rouquin était l’un des «beaux gosses» et la jeune fille était la petite amie d’un des «beaux gosses» depuis une semaine aujourd’hui. Déjà, pour la jeune fille aux yeux verts, Huang Guihu, cible de plusieurs fans club concernant les «beaux gosses» et des garçons fans de Nadeshiko. Elle avait raté les cours pendant deux jours après avoir blessé Nadeshiko, la nouvelle idole, emportant avec elle Sasuke Uchiwa pour revenir plus tard entant que petite amie. De plus, le brun était jaloux et possessif envers elle. Ensuite, il était extrêmement rare qu’un membre des «beaux gosses» se promène seul dans les couloirs. Ils étaient toujours par deux au minimum. Donc, les voir ensemble, Guihu et Gaara, étaient quelque chose d’exceptionnel.
Une fois arrivé, sain et sauf, sur le toit de l’école, ils se mirent l’un en face de l’autre. Il la regardait avec un regard perçant. Elle baissait ses yeux vers le sol. Est-ce que autrefois, c’était la même chose? Elle ne le savait pas. Elle n’avait vraiment…à son plus grand regret, plus aucun souvenir de cette période là. C’était le trou noir. Mais ne disait pas que l’on ne se souvient qu’à l’âge de quatre ans? A quatre ans, elle était déjà dans ce village qui l’avait surnommé «Inu».
Puis soudain, en prenant sur elle-même, elle tendit le sac en papier qu’elle avait dans les mains, avec sa tête toujours baissé vers le sol. Elle ne voulait pas le regarder en face. Elle avait osé oublier leur passé commun, leur promesse jusqu’à hier soir, son visage, son nom, sa silhouette. Lui, il s’en souvenait sûrement. Elle ne savait pas pourquoi, ni ce qu’elle ressentait en ce moment à ses côtés. Elle se sentait bizarre. Maintenant qu’elle savait qui il était réellement, elle ressentait quelque chose de très familier pour lui. C’était quelque chose qu’elle avait oublié avec le temps comme le reste d’ailleurs. Qu’est-ce que cela pouvait bien être? C’était assez proche de ce qu’elle ressentait quand elle était aux côtés de Sasuke avec une petite pointe de sentiment qu’elle ressentait envers Nadeshiko. C’était un étrange mélange. Elle ne savait pas ce que cela signifiait.
Guihu: Je te le rends.
Gaara la fixa sans bouger d’un pouce. Il se posait tout un tas de question. La première qui s’était imposée de tout son poids dans son esprit: est-ce qu’elle s’en était souvenue? Mais la réponse était évidemment sous ses yeux: bien sûr que oui. Sinon elle ne lui tendrait pas ce sac en papier avec cet ours en peluche à l’intérieur. Et puis, il était sûr et certain que c’était belle et bien cet ours en peluche à l’intérieur. Elle ne lui avait jamais rien emprunté et la seule chose était cet ours, il y avait dix ans. Depuis qu’il l’avait revue, il n’avait pensé qu’à cela. Il ne pensait à rien personne d’autre qu’à elle et leur souvenir commun de cette belle époque si innocente. Il avait tant espéré ce moment là. Son dernier souhait était de la revoir comme autrefois. Il y avait tant de chose qui les rapprochait et tant de chose qui les séparait en même temps. Il y avait tant de différence entre eux. Il y avait tant d’années qui s’étaient écoulé depuis la dernière fois qui avait vu son vrai «moi». Sa véritable personnalité était à présent enfouie au fond de son âme piétinée par ces barbares qui l’avaient transformée ainsi. Il devait le ressortir. S’il n’avait pas toujours était seul, c’était bien grâce à elle. Il lui devait bien tout ça. Elle avait comblé un vide, le vide de la nuit sombre et ténébreuse, presque…maléfique et impure.
Il baissa son regard et tendit son bras pour prendre le sac en papier. Il regarda le contenu et comme il s’y attendait, il voyait l’ours en peluche qu’il avait autrefois. C’était celui qu’il lui avait donné pour son départ précipité. Elle ne l’avait pas oublié. Elle venait de respecter sa promesse, leur promesse. Son cœur débordait de joie. Il venait de retrouver sa meilleure amie. De toute façon, elle lui avait aussi promis de se revoir, ce qu’elle avait respecté quelques mois plus tôt sans s’en rendre compte. Elle les avait toutes respectées. Toutes leurs promesses avaient été respectées. Il en était heureux.
Gaara: Merci.
Sa voix était remplie d’une gratitude infinie. Ce simple «merci» gonfla à bloc son petit cœur de jeune fille. Encore un autre qui la remerciait. Pourquoi tous ces remerciements? Elle n’avait rien fait. De plus, elle ne savait pas vraiment pourquoi mais le simple fait d’entendre la douce voix de Gaara résonner dans son cœur la faisait frissonner de toutes parts. C’était encore à lui qu’elle ressentait quelque chose de particulier. C’était différent de Sasuke. Pourtant, c’était bien l’Uchiwa son fiancé?
Un silence s’installa entre eux. Ils étaient seuls sur ce toit, sur cette terrasse. Plus bas, des voix bourdonnaient. Ils n’avaient pas changé de position depuis le début de la conversation. Que pouvaient-ils rajouter d’autre? Rien. Ils laissèrent leur esprit vagabonder au gré du vent qui venait de se lever. Puis, le rouquin se décida de briser le silence. Ce n’était pas vraiment qu’il ne le supportait pas mais il avait encore une chose à lui dire. Une chose qu’il n’avait pas pu faire autrefois. Il était beaucoup trop jeune à l’époque pour le savoir, mais aujourd’hui, alors qu’il était debout en face d’elle, sur ce toit isolé du bas monde, il connaissait enfin ses véritables sentiments à son égard. Ses sentiments n’ont jamais étaient aussi sincères qu’à cet instant.
Gaara: Il y a quelque chose que je voulais te dire avant ton départ il y a dix ans.
Guihu: Oui?
A ce moment là, une jeune fille rousse fit son apparition derrière la porte. Elle ne pouvait quand même pas les laisser seuls sur le toit de l’école. Même si elle avait confiance en lui, il était tout de même un homme et elle, une pauvre innocente pure comme un ange. Bon, c’était son fiancé et sa meilleure amie sur le toit et ils avaient des relations beaucoup plus profondes à cause de leur souvenir d’enfance mais il y avait quand même un tout petit doute et un petit peu de jalousie en elle. Soudain, une personne arriva derrière elle.
Voix: Je peux savoir ce que tu fais Nadeshiko?
Cette voix… Elle allait se faire repérer par un pauvre imbécile. Elle plaqua violemment sa main sur la bouche de la pauvre personne qui avait osé parler dans un moment pareil. Beau nombre de jeunes hommes auraient aimé cette position mais pas lui. C’était ce qu’elle pensait, Sasuke Uchiwa, le petit ami de Guihu depuis un peu plus d’une semaine maintenant. Il l’avait suivit elle ou bien sa fiancée jusqu’ici? Enfin, ce n’était pas ses affaires et tout ce qui comptait pour elle, c’était la scène sur le toit. Elle ne pouvait pas être tranquille deux toutes petites secondes pour espionner son amie d’enfance? Elle lui demanda le silence avec ses yeux. En retour, il lui lança un regard las et se tait pour qu’elle dégage sa main de sa bouche. Une fois sûr de son silence pour les prochaines minutes à suivre, elle se retourna, se cacha un peu plus et continua d’observer la situation quelque peu étrange qui se déroulait sous ses yeux. Et c’est ainsi qu’ils se retrouvèrent tous les deux à espionner leur amant dans le plus grand secret qui soit. On voyait bien qu’ils avaient une confiance absolue en leur moitié.
Gaara posa le sac en papier par terre et fit un pas pour se rapprocher de Guihu. Seul quelque centimètre les séparait l’un de l’autre. Ils étaient si proche l’un de l’autre. Un petit rien, un demi pas, et ils seraient dans les bras l’un à l’autre. Si proche et si loin. Quelle douce torture pour leur âme affolée. Il leva doucement son bras vers elle et lui releva, sans forcer, la tête pour pouvoir planter ses yeux verts dans les siens. Depuis combien de temps ne s’étaient-ils pas regardés dans le blanc des yeux? Elle ne pouvait pas se dire pourquoi, mais regarder les yeux de l’homme en face d’elle ne la gênée aucunement. Elle n’était pas du tout gênée avec lui, son meilleur ami, mais elle l’était avec son fiancé. Aucun des deux ne bougeait, hypnotisé par le regard de l’autre. C’était comme s’ils se faisaient aspirés. Une si douce torture et si savoureuse, si délicate et tranchante… Il n’y en avait pas un autre pour pouvoir le créer. Il brisa le silence afin de lui révéler ses sentiments.
Gaara: Je t’aime plus que tout au monde. Reste avec moi.
Il l’a prit dans ses bras et la serra de toutes ses forces. C’était une étreinte douce et forte. Elle lui répondit immédiatement à son étreinte et enfouie sa tête dans le creux de son cou. Elle n'avait jamais été aussi rapide pour répondre à une étreinte avec son propre fiancé. Pourquoi? Ils étaient si bien ainsi. Ils ne voulaient bouger pour rien au monde.
Un peu plus loin des deux enlacés, derrière la porte qui donnait accès à la terrasse du toit, Nadeshiko plaqua violemment sa main droite sur sa bouche pour ne pas faire de bruit. Elle étouffait ses sanglots du mieux qu’elle pouvait. Elle recula ensuite d’un pas, choquée par ce qu’elle venait d’entendre. Ce n’était pas possible. Gaara… Il ne pouvait pas aimer son amie à elle. C’était impossible. C’était elle sa fiancée et non la jeune fille aux yeux verts dans ses bras en ce moment là. C’était trop dur à supporter. Des larmes coulaient sur ses joues sans jamais s’arrêter. Elle chuchota d’une voix douloureuse et suffocante.
Nadeshiko: C’est…impossible…
Elle essayait de s’en convaincre. Il devait y avoir une raison à cela. Sinon…pourquoi lui aurait-il dit ces mots là? Mais elle l’avait entendu de ses propres oreilles. Il ne pouvait pas lui faire ça. Elle l'aimait tant. Elle ne supportait pas la vérité. Elle se retourna brusquement et courut le plus rapidement possible vers la cour en descendant les escaliers justes à côtés d’elle. Elle manqua même de tomber en bas si Sasuke ne l’avait pas rattrapé à temps. Elle s’en fichait maintenant. Elle pouvait tomber, ça lui était égal. Elle ne le remercia même pas et continua sa route. L’Uchiwa ne savait plus quoi faire. Vers qui devait-il se diriger? Vers celle qui avait le cœur brisé et pour qui il avait de l’inquiétude, ou bien vers sa fiancée qui était en ce moment dans les bras d’un autre que lui et qui était lui-même fiancé? Le choix était dur à prendre. C’était la première fois qu’il avait un choix si difficile. Finalement, après quelques petites secondes de réflexion, qui lui semblait être des minutes, il décida de faire confiance à sa fiancée, même s’il doutait fortement à présent, et il se mit à courir après la rouquine qui devait vraiment être très mal au point.
Pendant ce temps sur le toit, Gaara se détacha très lentement de Guihu. C’était si agréable de l’avoir dans ses bras. Il recula ensuite d’un pas pour retrouver sa place initiale en face d’elle. C’était exactement la même sensation qu’autrefois. Dire qu’il aurait tant voulu lui dire tout cela avant son départ il y a dix ans. Dix ans déjà… Le temps et la mémoire étaient vraiment très étranges parfois. Dix ans se sont écoulés, et pourtant, il avait vraiment cette impression de l’avoir quitté hier soir. Ils auraient grandis tout d’un coup, en une seule nuit, s’il n’y avait ces yeux là qui la trahissait. Ces yeux là qui était si expressif. Il avait toujours regretté de n’avait rien dit à ce sujet là. Il l’avait regretté quand il était devenu ce monstre sanguinaire et instable. Il n’avait jamais su ce qu’elle faisait dans cet autre village, dans le village de Konoha, si loin et si près de lui.
Gaara: Mais aujourd’hui, c’est Nadeshiko que j’aime plus que tout.
Guihu: Je comprends.
C’était compréhensible après tout puisqu’il était le fiancé de sa meilleure amie. Elle ne savait pas pourquoi il lui disait tout cela mais d’un côté, elle le comprenait. N’était-ce pas elle qui avait brisé ses barrières en première? Nadeshiko était une fille exceptionnelle. Elle méritait l’amour de Gaara bien plus qu’elle. Et elle, avait l’amour de quelque d’autre. Elle ne savait pas encore si elle le méritait mais elle ferait tout pour que ce soit le cas. Elle sortit de sa rêverie quand elle vit Gaara lui tendre le sac en papier. Il le lui rendait? Mais pourquoi?
Gaara: Je te le donne.
Guihu: Je devais…
Il savait déjà ce qu’elle allait dire et il lui coupa la parole. S’il lui avait donné cet ours, c’était dans un but précis: la revoir. Maintenant qu’il l’avait revu, il n’avait plus besoin d’espérer le retour de cet ours qui n’avait été qu’un simple prétexte pour la revoir en face de lui, pour la prendre à nouveau dans ses bras, pour lui révéler ses sentiments cachés depuis si longtemps. Il ferma ses yeux deux secondes et les rouvrit pour les planter dans les siens. Toujours cette sensation présente dans son être tout entier.
Gaara: Maintenant que je sais que tu te souviens de moi, je n’ai plus besoin d’espérer le retour de cet ours. En fait, ce n’était qu’un prétexte pour que l’on se revoie à nouveau. Comment aurait-on pu se reconnaître sans cette peluche? Voilà pourquoi, enfin en partie, je t’ai donné cet ours. Tu as respecté nos promesses dans leur intégralité. Je te le redonne en gage de notre, nouvelle, amitié naissante. Il est donc normal qu’il te revienne à nouveau.
Elle tendit ses deux bras et reprit le sac en papier avec à l’intérieur ce souvenir si précieux et cette promesse accomplie qui y avait dedans. Il passa d’une main à l’autre, d’un être à l’autre, de son ancien propriétaire à sa nouvelle maîtresse. Elle s’en souvenait, de peu de chose peut-être, mais elle s’en souvenait. Il était inutile d’essayer de le contredire. Cet ours en peluche représentait son passé. C’était son passé douloureux et solitaire, mais aussi joyeux et aimant qu’il représentait. C’était à elle qui revenait le droit de le posséder, à elle qui l’avait tiré des ténèbres de la nuit. Cet ours représentait son amour passé pour elle, quand ils n’étaient encore que des enfants agités et vivants. Il avait toujours espéré retrouver cet ours afin de pouvoir la retrouver, elle. Maintenant qu’il l’avait retrouvé, et qu’il avait finalement trouvé sa femme de sa vie, son véritable amour, il n’avait plus besoin de cet ours, source de tant d’espoir et d’attente.
Guihu: Merci.
Suite à ces révélations étonnantes, suite à toutes ces émotions troublantes, ils redescendirent de la terrasse du toit pour aller rejoindre leur classe respective. C’était le calme plat. Une nouvelle rumeur allait se former dans peu de temps. L’après-midi se passa sans encombre si on ne comptait pas l’absence de deux élèves de la classe: Takagi Nadeshiko et Uchiwa Sasuke. Il y avait quelque chose d’étrange dans leur absence. Quelque chose dérangeait les deux fiancés de la classe. Ils étaient tous là il y avait encore quelque minute. Pourquoi sont-ils partis sans rien leur dire? Et une personne dans la classe en plus ne savait pas. Ils étaient tout le ensemble, ou presque. Ils étaient devenus inséparables depuis ce jour-là. Et pourtant, Naruto ne savait pas où était passé son meilleur ami, son frère à lui. Pourquoi avaient-ils disparut? Les deux fiancés se le demandaient bien là devant leur bureau, en suivant le cours, ainsi qu’un blond assis à côté d’une rose. Lui, Naruto Uzumaki, celui qui avait toute la confiance de Sasuke, ne le savait pas non plus où était passé son meilleur ami. Pourquoi n’a-t-il rien dit à personne? Partir comme ça sans rien dire… Pourquoi les quitter sans prévenir? Ils avaient disparut depuis la pause déjeuné, et en plus de cela en même temps. Où étaient-ils passés le reste de la journée? Devaient-ils douter d’eux?
A la fin des cours, Gaara décida de raccompagner sa meilleure amie jusque chez elle et d’attendre des nouvelles avec elle. Il avait téléphoné à Temari, qui était rentré plus tôt, elle n’avait pas vu Nadeshiko rentrer à la maison. Elle le préviendrait si jamais la rousse rentrait, mais lui, il ne devait surtout pas laisser une jeune fille seule chez elle, surtout dans cet état-là, sans aucun réflexe, ni aucun sens du bien ou du mal autour d’elle, du moins, c’était l’impression qu’elle donnait à tout le monde. Guihu avait un visage qui ne permettait à personne de déceler ses sentiments et ses pensées. On ne savait jamais si on devait lui faire confiance sur certaine chose. Il y avait toujours un doute en voyant son visage. Personne n’était capable de lire dans son cœur. Personne.
Le rouquin venait de se rendre compte d’une chose. Il se dirigeait vers la maison de son tout premier amour, de son amour d’enfance, de jeunesse. Que devait-il faire une fois là-bas? Comment devait-il se comporter? Ils avaient tant changé. Depuis maintenant dix ans, ils ont refait leur vie, chacun de leur côté, enfouissant chacun de leurs souvenirs dans leur cœur. Il s’était senti étrange à ses côtés aujourd’hui. Il avait même senti qu’il trahissait un peu sa Nadeshiko. Etait-ce vraiment bien d’aller chez elle? Un jeune homme et une jeune femme, seuls dans une maison… Y avait-il un doute à avoir?
Soudain, Guihu s’arrêta à seulement quelque pas de sa porte d’entrée, réveillant ainsi par la même occasion Gaara qui était perdu dans ses pensées plus que profondes et philosophique. Elle ne fit plus aucun geste, raide comme un bâton. Il s’arrêta à temps avant de lui rentrer dedans de plein fouet et se demanda pourquoi elle s’était arrêtée. Il lâcha un légère soupire. Après tout, s’il l’avait renversé par terre, ils… Mais ce n’était pas le moment de penser à tout cela. C’était vrai qu’ils n’avaient pas vraiment parlé sur le trajet du retour. Il devait changer de pensée. Il semblait qu’elle n’avait jamais été bavarde d’elle-même et lui non plus d’ailleurs alors ce n’était pas un problème. Puis, il se souvint d’une chose. Depuis leur première rencontre, il ne l’avait jamais entendu dire qu’ils allaient être les meilleurs amis du monde. Non, dès leur toute première rencontre, ils se sont parlés silencieusement avec les yeux, autorisant la présence de l’autre à ses côtés. Ils ont toujours parlé avec des gestes avant de parler avec leur voix. Ils ont toujours été ainsi. Allaient-ils retrouver cette complexité à nouveau? Du temps, voilà, voilà ce qu’il leurs faut. Ils avaient besoin de temps pour se retrouver à nouveau, comme autrefois.
Gaara: Tu as perdu tes clés?
C’était une question stupide mais il devait parler. L’un d’eux devait se jeter à l’eau pour parler en premier. C’était obligé… Mais elle ne fit pas très attention à lui. En fait, elle aussi venait juste de se perdre dans ses pensées, un autre genre de pensée que celle de Gaara. Une des règles, qui lui avait été imposé lors de son éducation, venait de lui revenir en mémoire tout d’un coup. Elle se mit à chuchoter sans faire attention à son ami derrière elle et qui était intrigué par son altitude.
Guihu: Règle n°1 d’une parfaite épouse: Une jeune fille ne doit jamais faire entrer chez elle un homme étranger à sa famille ou à son futur mari. Règle n°…
Plus Gaara la regardait, plus il la trouvait changé depuis leur dernière rencontre en tant qu’amis, et non pas comme étant le Kazekage de Suna. Même si dix ans les avaient longuement séparés, même s’il s’était attendu à la voir plus mûre que jamais, plus changé physiquement, plus désirante que jamais, plus intelligente, à un plus grand contrôle de soi même pour faire des bêtises qui pourrait l’amuser…il ne s’était jamais attendu à un tel changement de sa part. Il était extrêmement étonné. Il n’a pas du la protéger comme il se l’était promis, une promesse d’enfant, une promesse en l’air mais une promesse quand même faite à lui-même. Elle qui, dans le temps, n’aurait pas hésité une seule seconde afin d’enfreindre la moindre petites règles, la retenant prisonnière, pour l’empêcher de pouvoir aller s’amuser un peu plus avec lui chaque jour, chaque nuit, pour écourter ses nuits si longues et ténébreuses, si seul. Et la voilà entrain de construire sa vie autour de règle. Il décida d’intervenir. Elle ne pouvait pas perdre sa dernière étincelle de vie. Il l’avait ressenti cette après-midi. Il y avait encore un espoir. Tout n’était pas encore perdu. Il pouvait encore la retrouver. Il pourrait retrouver celle qu’il avait tant aimée.
Il fit un petit pas vers elle. Il colla ensuite son torse contre son dos. Il posa sa tête sur son épaule et lui murmura à l’oreille. Il ne savait pas pourquoi il agissait ainsi avec elle, sa meilleure amie et pas avec Nadeshiko, sa fiancée, mais c’était plus fort que lui. Il se sentait comme obligé d’agir différemment. Peut-être restait-il encore quelque sentiment pour elle. Quelque…? Que ça? La réponse était…
Gaara: Je ne suis plus un homme étranger depuis longtemps puisque je suis ton meilleur ami. C’était il y a dix ans, c’est vrai, mais je reste toujours ton meilleur ami aujourd’hui. On a partagé tant de chose ensemble. On se connait tellement bien…que tu ne peux plus me considérer comme un étranger. Jamais. On a tout fait tous les deux. On ne sera jamais des étrangers quoi qu’il arrive dans nos vies.
Suite à ces paroles déconcertantes, il se détacha doucement d’elle, à son plus grand regret, en faisant un pas en arrière. Elle n’avait toujours pas bougé, toujours aussi droite que tout à l’heure. Puisque c’était ainsi, il prit le sac de son amie et chercha les clés de lui-même. Il n’avait pas se laissé faire par ses airs indifférents. Si elle ne bougeait pas aujourd’hui, et bien, c’était à lui de bouger aujourd’hui. Elle avait prit tant soin de lui quand ils n’étaient encore que des enfants innocents, c’était à son tour de prendre soin d’elle. Il lui devait bien ça.
Elle l’avait très bien entendu parler. Elle l’avait entendu dire ces choses qui résonnaient encore dans sa tête, comme quand elle avait entendu paroles de Sasuke. Mais elle hésitait à le faire rentrer à l’intérieur. Les règles étaient toujours présentent là dedans, dans son cœur, dans sa tête. Elle devait résister…tant bien que mal…à cet homme devant elle…mais c’était dur…
Il les trouva enfin, ces maudites clés cachées au fond du sac de la jeune fille. Il ouvrit la porte en grand et posa les clés sur le petit meuble devant l’entrée. Il se déchaussa et se retourna vers elle. Il était vraiment sans gène aujourd’hui, alors que tout cela était, en fait, contraire à ses habitudes. Il entra dans la maison pendant que Guihu restait sur place. Il soupira devant tant de différence et d’indifférence. C’était horrible à supporter comme situation. Depuis quand sa meilleure amie, qui lui était si précieuse et chère à son cœur, était-elle comme cela? Il ne la reconnaissait plus. Il pouvait faire abstraction pendant quelque temps mais pas indéfiniment. Elle n’était devenue plus que l’ombre d’elle-même. Pourquoi? Parce qu’il l’avait laissé partir. Il regrettait tant. Et c’était ce qu’il avait pensé quand il avait dansé avec elle la dernière fois, lors d’une soirée. Il comprenait maintenant pourquoi sa chère fiancée avait pleuré le jour où elle s’était jetée à l’eau pour l’aborder. La Guihu qu’ils avaient connu n’existait plus comme ils la connaissaient. Voilà pourquoi.
Son corps bougeait tout seul. Pourquoi agissait-il ainsi maintenant? Il ne le savait pas. Il prit doucement la main de la jeune fille aux yeux verts et la tira un peu plus fort vers l’intérieur pour qu’elles atterrissent dans ses bras. Il aimait la sentir contre lui. Il avait toujours aimé ça, avant et encore aujourd’hui. Oui, il avait toujours aimé ça. Quand il se souvenait de cette danse avec elle lors de sa dernière soirée, il ne l’oublierait jamais. Même si elle n’avait pas vraiment comme avant, elle resterait à jamais gravée dans sa mémoire. C’était un moment vraiment mémorable pour lui. Ce soir là, même Nadeshiko ne pouvait la surpasser. Ce soir là était vraiment exceptionnel. Il se souvenait de chaque détail. Il n’oublierait jamais le contact de sa peau si douce contre le sienne, la grâce qu’elle avait en dansant avec lui, dans ses bras, ce sentiment si doux quand elle était à ses côtés et qui se nommait bien-être, la jalousie de Sasuke qui l’avait bien amusé…sa peau si pâle teinté de légère rougeur du à son maquillage si parfait, les petites mèches qui retombait sur ses épaules si frêles, sa main sur sa taille si fine… Elle était si magnifique…si resplendissante ce soir-là malgré son indifférence au charme de la salle de bal. Oui, c’était sûrement ce soir-là que ses sentiments pour elle se sont ravivés. Il la serra, pour la deuxième fois aujourd’hui, tendrement et fermement, tout en fermant ses yeux pour apprécier le doux contact entre leur deux corps. Il devait en profiter. Il lui baisa doucement le front sans qu’elle ne fasse un seul mouvement pour l’en empêcher. Elle aussi était bien dans ses bras. C’était un sentiment qu’elle ne connaissait qu’avec lui. Gaara referma ensuite la porte avec son sable qui ne le quittait jamais. Il allait enfin faire ce qu’il voulait depuis tant d’années déjà: l’aimait un soir, juste un soir avec elle avant de revenir à la réalité.
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