Voilà le retour des répliques en italique! ^^ Juste un petit coup de téléphone ^^ Désolé si je suis passé un peu vite sur certain événement.

 

  Bonne lecture à tous!

 

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Tout commença ce soir là

 

Chapitre 5

 

  Zenlong marchait d’un pas rapide pour se rendre dans le quartier de sa sœur, Guihu. C’était à peine s’il courait pour pouvoir s’y rendre. Ce n’était pas qu’il était particulièrement pressé en cette belle matinée ensoleillée, mais il voulait à tout prix voir sa petite sœur le plus vite possible. Il devait tout de même faire attention à ne pas abimer son costume, ni se décoiffer afin d’être présentable devant n’importe qui, n’importe quand. Il devait impérativement être impeccable au départ et à l’arrivée au domaine Li. Sa belle-mère était une femme très pointilleuse quand il s’agissait de faire de bonne impression. Mais il était vrai qu’il ne se changerait qu’une fois arrivé à l’hôtel pour la soirée de ce soir. Cette fois-ci, il devrait partir au Japon avec sa sœur. Oui, au Japon. Il en venait même à se demander s’il rêvait ou pas. Pourtant, c’était bien la réalité. Et dire que Guihu allait prendre l’avion, ce qui serait inimaginable pour elle, et pour lui aussi. Sa belle-mère était quand même très gentille malgré ses apparences dure, sévère et froide, même si elle est très à cheval sur les traditions et le comportement devant autrui et surtout, devant elle. Bref, de n’était pas le moment de penser à elle mais à sa sœur. Non seulement elle allait sortir du domaine mais en plus de ça, elle allait sortir du pays. Incroyable! Ce qu’il était impatient de le lui annoncer de vive voix. S’il croyait la conversation qui s’était déroulé il y a environ un mois de cela, la jeune fille serait peut-être déjà très impatiente de sortir du domaine Li qui la retenait prisonnière. Mais au grand jamais elle n’aurai cru un jour qu’elle allait sortir du pays, il en était sûr à 100%. C’était déjà un rêve inimaginable que de sortir du domaine alors sortir du pays… Il allait sûrement la surprendre et la voir étonnée. Il ne voulait pas rater une seule déformation, un seul pli sur son visage impassible. Pleurerait-elle de nouveau tellement elle serait émue arrivé au Japon? Afficherait-elle une autre émotion qu’il ne connaissait pas? Y verrait-il une petite étincelle de vie dans ses yeux vide et absent? Seul le moment venu, elle lui donnera la réponse tant attendu.

 

  Il arriva enfin dans le hall d’entrée et annonça se présence en toquant à la porte. Il ne prit pas la peine d’attendre une réponse et entra à l’intérieur, comme à son habitude. Il se dirigea ensuite vers sa sœur qui était à la même place qu’à l’ordinaire. Aujourd’hui, Guihu n’avait exceptionnellement pas cours afin de se préparer pour la soirée. Quand il arriva près d’elle, elle ne leva pas le nez de son livre et continua sa lecture. Cette fois-ci, elle lisait un roman européen et elle était très concentrée.

 

Zenlong: Tu es très concentrée aujourd’hui. C’est bien.

 

  Guihu fit comme à son habitude et salua son frère. Ayant l’habitude de ce stupide petit «rituel» quotidien, Zenlong ne disait rien, même si cette altitude l’exaspéré de temps en temps. Il pourrait lui demander d’arrêter mais la dernière fois ça s’était mal passé et il ne voulait plus recommencer cette douloureuse expérience. Sa sœur avait tendance à oublier ce qui se passait quand elle était dans un état second.

 

  Cette fois, il alla s’asseoir directement à côté de sa sœur, sur le canapé, et la prit dans ses bras. C’était la première fois qu’il faisait ça. D’habitude, c’était quand il était à bout qu’il n’en pouvait plus qu’il la prenait dans ses bras. Pourquoi avait-il tant changé en si peu de temps? Ce n’était pas qu’elle était contre tous ces changements positifs mais…mais ce n’était…pas habituel. Et elle avait peur de ce qui était inhabituel.

 

  Il avait passé un bras autour de ses épaules et avait posé sa tête sur son épaule. C’était…étrange… Elle se sentait bien, en sécurité dans ses bras… Pourquoi? Jamais encore son frère n’avait dégagé une telle sensation aussi agréable, aussi douce. Il avait vraiment changé en l’espace de quelque mois. Pourquoi un tel changement? Peut-être était-ce l’arrivé de son bébé qui le rendait ainsi. Son instinct paternel se réveillait sans doute petit à petit.

 

  Il lui parlait d’une voix si douce et si chaleureuse. Ce n’était plus cette voix trompeuse qu’il empruntait pour lui parler mais bien sa vraie voix. Oui, sa véritable voix, celle qui venait de son cœur, celle d’un grand frère qui parlait à sa sœur. Pourquoi n’était-il pas comme ça avant? Pourquoi? Qu’est-ce qui l’avait fait changer en si peu de temps?

 

Zenlong: Ce soir… Non…je devrais plutôt dire…dans quelque heure, peut-être même moins, tu sortiras d’ici. Mais en plus de tout cela, tu prendras l’avion et on quittera ce pays pour le Japon pour une nuit. Même si ce n’est que pour une seule et simple nuit, tu sortiras enfin de Hong-Kong pour le Japon, le pays du soleil levant. Ca sera…ta première sortie en avion. La première d’une longue série qui suivra encore plus tard. Fait-moi confiance… Durant les mois suivants, tu vivras comme dans un rêve magnifique, non tu vivras enfin après tout ce temps, même si ce n’est que pour ces soirées bien ennuyeuse. Je te le promets Xiaohu. Ce sera dans aucun doute, les moments les plus heureux de ta vie. Tu vivras enfin paisiblement, sans avoir peur de qui que ce soit. Et très bientôt, j’en suis certain, tu te réveilleras enfin de ce long cauchemar qui dur depuis dix ans pour le monde qui t’attend de l’autre côté de la grande porte qui t’a toujours semblé si infranchissable. Je serai avec toi lorsque tu te réveilleras de ce long sommeil.

 

  Quitter…le pays? Pour une nuit? Au Japon? Elle n’avait pas rêvé? Il disait vrai? C’était…au-delà de toutes ses folles espérances. Elle allait…sortir du pays… Elle allait…découvrir le monde extérieur. Même si elle ne comprenait pas très bien le sens des paroles énigmatique de son frère, elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance. S’il disait qu’elle allait être heureuse, alors elle le croyait de toutes ces forces. Il avait si confiance en l’avenir. Elle le devait aussi.

 

  Inconsciemment, Guihu prit la main de son frère qui était sur son épaule dans la sienne et ferma les yeux. Elle sentait sa chaleur. Sa douce chaleur qui se dégageait du jeune homme à ses côtés. Elle ne pouvait pas encore y croire, non, pas encore. Cette vérité… C’était sans doute un rêve. Oui, un rêve des plus fous. Elle allait sortir du pays pour une nuit… Elle allait se réveiller et réaliser que tout cela n’était qu’un rêve. Même si elle allait être heureuse à l’avenir comme le disait son frère, sortir du pays était si…si incroyable que s’en était devenue irréelle.

 

  Zenlong observait sa sœur. Elle avait fermé ses yeux verts vitreux de couleur jade terne. Elle ressemblait, ainsi, à une jeune fille tout à fait normale vue de l’extérieur, comme si elle dormait profondément, faisant les plus beaux rêves qui soi au monde. Elle semblait si paisible, si calme, sans aucun souci dans sa vie. C’était comme si tous les poids qu’elle avait accumulé durant toutes ces années de souffrances sur son dos s’était envolée d’un seul coup, la rendant plus légère que jamais auparavant. Aucune personne extérieure n’aurait jamais imaginé que Guihu puisse n’avoir aucun sentiment en la voyant ainsi. On aurait tout simplement dit qu’elle dormait paisiblement. Mais il connaissait la véritable raison de cet acte. C’était sa petite sœur après tout et il était le grand frère. Après avoir été aveugle et égoïste pendant plus de dix longues années, il commençait enfin à penser à la raison de chaque action que sa sœur faisait. Il connaissait maintenant certaine de ces petites manies. Si elle inclinait toujours sa tête vers le sol, c’était pour ne pas affronter les regards posés sur elle. Si elle ne prononçait pas le moindre mot, c’était pour ne pas dire une chose qu’elle ne devrait pas. Et puis… Si elle fermait ses yeux… C’était sans doute qu’elle voulait vérifier si ce qu’il disait était un rêve, une réalité, ou pas.

 

Zenlong: Ce n’est pas un rêve Xiaohu. C’est bien la réalité, tu ne rêve pas. Tu vas quitter le pays pour la première fois en dix ans. Même si tu ne fais que remplacer Shefa à ces soirées ennuyeuses, je suis heureux que tu puisses enfin sortir d’ici. Tu te rends compte? Tu passeras environ une demi-année à voyager à travers le monde entier, passant de pays en pays. Tu découvriras plein de choses plus intéressantes les unes que les autres, tu feras plein de nouvelle connaissance. J’ai à présent la clef pour te faire retrouver tes sentiments.

 

  Il regardait droit devant lui, le regard dans le vide. Il n’osait plus regarder le visage de sa sœur les yeux fermés encore longtemps. Cette clef… Cette fameuse clef… C’était quelque chose de si évident cette clef. C’était pourtant si simple à trouver. C’était tellement facile que s’en était presque irréel. La réalité était donc si simple? Alors pourquoi est-ce que les humains se compliquaient toujours la vie quand c’était aussi simple que cela? Il se moquait de lui-même tellement c’était une évidence. Il avait était bien aveugle durant cette décennie.

 

Zenlong: Tu t’en rends compte? Je l’ai longtemps cherché cette clef mais je l’ai finalement trouvé. Je détiens enfin la clef dans ma main. (En serrant la main de Guihu) Dire que c’était une chose si simple, si insignifiante pour moi mais qui compte énormément pour toi.

 

  Il se maudissait ne pas avoir pu saisir cette clef plutôt. Peut-être que les choses aurait été bien plus simple, bien plus facile que maintenant. Peut-être même qu’il aurait pu éviter à sa sœur de souffrir ainsi. Il était si en colère contre lui-même.

 

Zenlong: Cette clef était sous mon nez depuis tout ce temps et je n’ai rien vu. Quel frère indigne je fais! Je me déteste d’avoir été aussi aveugle et égoïste durant toutes ces années. Je suis sûr que tu as dû me traiter d’imbécile plus d’une fois tellement la réponse que je cherchais était évidente.

 

  Le jeune homme se calma soudainement et respira un bon coup. Ca ne servait à rien de s’énerver tout seul comme ça après tout ce temps perdu, surtout quand il était en présence de sa petite sœur. Il ne voulait pas qu’elle ait peur de lui. Il ne fallait surtout pas. Il prit l’autre main de sa sœur qui était sur ses cuisses. Il se mit à caresser avec douceur les petites mains qui étaient logées dans les siennes. Depuis quand est-ce que ces mains étaient aussi grandes et fines? Ces mains qui avaient bien grandi depuis tout ce temps. Et dire qu’auparavant, elles étaient si petites, si petites qu’il n’osait même pas les toucher. Elles semblaient si fragiles comparés aux siennes qui étaient si grosses et fortes. Ils avaient toujours eu peur de les briser sous une trop forte pression de ces mains. Et dire qu’elle était si calme, si tranquille. Elle n’avait pas eu un seul tremblement durant tout son discours, ou plutôt monologue. Peut-être qu’elle dormait vraiment, mais c’était assez improbable à vrai dire. Elle n’était pas du genre à s’endormir en pleine journée. Il soupira.

 

  Il se sentit tout à coup si triste en pensant à un avenir très probable, un avenir sans lui…sans elle, chacun construisant une vie de son côté avec quelqu'un d’autre. C’était un avenir si triste et si joyeux en même temps… Oui, il était si triste de ne pas être lui-même une de ces clefs qui fera sortir Guihu de sa léthargie émotionnelle. Mais si joyeux d’apprendre qu’elle vivra pleinement chaque jour. Il aurait tant voulu être cette clef principale et non pas cette clef secondaire. Mais c’était impossible de changer cela. Il le savait parfaitement bien depuis un mois. Il ne serait pas toujours là pour elle. Et elle, elle ne serait pas éternellement à ses côtés, toujours assise sur cette chaise, à la même place, à l’attendre tous les soirs, entrain de lire un livre. Il le savait. Il avait eu sa chance, une infinité de chance pendant dix ans. Malheureusement pour lui, il ne l’avait pas saisit à temps. Il s’en ai rendu compte trop tard. La place de cette clef n’était plus du tout dans ses mains mais dans celle de la personne qui sera très bientôt sa personne la plus chère au monde. Il le savait. Il allait la perdre un jour ou l’autre. Mais il allait la retrouver encore plus vivante que jamais, et ça, seulement s’il la laissé voler de ses propres ailes, avec ses propres forces, par ses propres moyens. Oui, bien plus vivante que s’il tentait l’impossible pour la retrouver comme autrefois. Ce n’était pas à lui de réveiller ses sentiments enfoui en elle mais à cette personne encore inconnue. Enfin…peut-être pas si inconnue que ça. Si c’était vraiment «lui» la clef alors il ne s’y opposerait pas. Il espérait de tout cœur que cette personne…prendrait le temps qu’il lui faudra pour aider sa sœur car ce n’était sûrement pas du jour au lendemain qu’il aura des résultats concluant.

 

  Tout cela le rendait si triste. Il se sentait tout à coup…si vieux, si fatigué. Il se sentait aussi…si inutile. Comme ces dernières années auprès d’elle… Il n’avait rien pu faire pour empêcher la destruction des sentiments extérieur. Il avait été si faible… Si faible devant sa détresse.

 

Zenlong: Un jour peut-être, je devrais me séparer de cette clef pour ton véritable bonheur. Je demanderai à la personne qui te sera la plus chère au monde de prendre soin de toi et de cette clef. J’espère…qu’il prendra soin de toi et de cette clef si…difficile à saisir mais si facile à trouver. Tu vas enfin pouvoir accéder au bonheur qui t’ait dû. Plus jamais, oui, plus jamais personne ne t’en privera. J’ai fait tout ce que j’ai pu. Désolé d’être si faible. Maintenant, il ne me reste plus qu’à trouver cette personne pour toi et te voir grandir encore et encore…

 

  Guihu se redressa et rouvrit ses yeux vides et ternes quand elle sentit comme de l’eau tomber et s’écraser sur sa main. Elle releva sa tête vers le visage de son frère et vit qu’il avait laissé une larme s’échapper de son œil gauche. Une seule et unique larme chargé de tant de tristesse et d’impuissance à son égard. Lui qui était habituellement si fort devant elle. Il semblait tout à coup si fragile, si vulnérable. Elle aurait tant voulu le réconforter comme il le faisait si bien avec elle mais comment? Elle ne pouvait malheureusement plus se débarrasser de son air absent, pas après tout ce temps passé, pas après tant d’effort pour tout effacer. Pourtant, elle aurait tant voulu rassurer son frère avec un sourire comme il le faisait si bien rien que pour elle et elle seule. Mais comment faire un sourire? Elle ne se souvenait plus comment faire. Son visage ne s’en souvenait plus. Elle avait beau en voir jour après jour, encore et encore, à chaque fois plus différent les uns que les autres, dégageant une sensation différente, elle n’arrivait plus à faire bouger le moindre muscle de son visage. Elle n’avait plus aucun contrôle dessus. C’était devenu pour elle impossible à réaliser.

 

  Après tous ces discours, ce voyage d’une nuit à «l’extérieur», dans ce pays appelé Japon, ce n’était pas un rêve. Non, pas du tout. Elle en était sûre à présent. C’était bien la réalité. La réalité que son frère lui offrait de vivre. Elle ne devait pas le décevoir, surtout pas. Le rêve de son frère…était de la voir revivre. Elle allait tout faire pour ça, mais comment? Elle ne pouvait plus faire le moindre mouvement avec son visage impassible. Elle ne pouvait plus faire un seul pli, une seule déformation. Son visage était comme devenu de la glace. De la glace impossible à faire fondre. Comment réaliser ce qui était impossible?

 

  Mais…pourquoi son frère voulait-il se séparer d’elle? Elle ne comprenait pas le sens de ses mots. Il ne l’aimait plus? Peut-être que…qu’il serait trop occupé à éduquer son enfant au lieu d’elle. Oui, sans doute. C’était l’arrivé du bébé qui le mettait dans cette état. Mais qui était la fameuse personne la plus chère au monde pour elle? Elle n’en avait pas mis à par son frère, alors de quoi parlait-il? Le connaissait-il? Pourquoi était-il si énigmatique?

 

  Zenlong essuya rapidement sa joue pour effacer la trace d’une quelconque larme qui aurait coulé de son œil et regarda sa sœur. Elle avait l’air encore plus perdu que d’habitude. Bien sûr, pour quelqu'un «d’extérieur» qui ne la connaissait pas n’aurait pas pu voir cette différence mais lui, lui, la voyait, cette petite différence. Cette différence si insignifiante. Serait-ce un nouveau miracle qu’il avait la chance de voir avant sa séparation? Sans doute. Chaque jour le rapprochait d’une future séparation. Il essaya de rassurer sa sœur, pour ne plus qu’elle s’inquiète. Elle devait se demander pourquoi il lui disait tout ça. Pour elle, tout cela était si incompréhensible. Même si elle avait toujours était là pour lui, elle ne le comprendrait sûrement pas cette fois ci. Lui seul connaissait la vérité. Il avait parlé de séparation, elle allait penser que c’était de sa faute alors que ce n’était pas vrai. Il devait vraiment se ressaisir à tout prix et redevenir le grand frère fort et bienveillant qu’il était. Pour son bien et son avenir, il ne devait pas la faire perdre dans la réflexion inutile.

 

Zenlong: Je sais bien que…pour l’instant, mes paroles te semblent bien incompréhensibles…mais…je suis sûr que tu les comprendras un jour. Tu comprendras tout le jour où tu le trouveras. Pour l’instant, contente-toi seulement de ne jamais oublier ces nouveaux sentiments qui sont nés en toi. N’oublie jamais à qu’elle point tu as été émue lorsque tu as fait ton premier pas à l’extérieur du domaine. N’oublie pas non plus cette irrésistible envie de revoir cette personne que tu as rencontrée sur ce balcon. N’oublie pas tout ce qu’il t’a fait découvrir. Dans les moments les plus difficiles et les plus douloureux, souviens-t-en. D’accord? Ca t’aidera sûrement à tenir le coup quand la pression sera trop forte sur tes épaules. Tu as compris?

Guihu: Oui.

Zenlong: Bien. On va bientôt partir alors prends quelque affaire avec toi et surtout n’oublie pas ta robe de ce soir. Juste après la soirée, on reprendra tout de suite l’avion. Je te laisse, je reviendrai te chercher plus tard.

 

  Zenlong embrassa sa sœur sur le front et se leva. Il rencontra une domestique dans la cour et lui demanda de préparer les affaires de mademoiselle. Il sortit ensuite pour aller préparer ses propres affaires et dire au revoir à sa chère femme.

 

  Vers midi, dans une cour de récré, plusieurs garçons étaient cachés quelque part pour échapper à certaines personnes. Ils semblaient être cachés derrière un buisson et chuchotèrent afin de ne pas être repéré. Ils étaient tous, sans exception, sur le qui-vive, scrutant chaque coin de la cour, prêt à courir au moindre signe de vie de «l’ennemi».

 

Naruto: Sasuke…t’es sûr qu’on ne risque rien ici?

 

  Sasuke donna un coup derrière la tête de Naruto. Celui-ci gémit de douleur silencieusement. Il ne fallait pas signaler leur présence à «l’ennemi». Il devait être discret.

 

Sasuke: Imbécile! Si je savais qu’on ne risquerait rien, on ne serait pas sur nos gardes et caché dans un buisson à cet instant! Les filles…

Shikamaru: …Quelle galère!

Neji: Ca résume bien la situation.

Choji: Pourquoi moi aussi je dois me cacher? Elles ne me chercheront jamais, et Lee non plus. C’est le fan club de Sasuke après tout.

Lee en pleurant des larmes chaudes: Sakura…pourquoi es-tu une fan de Sasuke?

Gaara: Car si elles vous trouvent, elles vont vous obliger à leurs dire où nous sommes.

Shino: Exact, et à ce moment là, on aura plus aucune intimité.

Kankuro: Surtout que deux d’entre elles sont ninja. Je parle bien sûr de Sakura Haruno et d’Ino Yamanaka. Mais bon, c’est vrai que Tenten poursuit de temps en temps Neji, qu’Hinata n’ose pas aller vers son cousin inconnu et qui essaye de rendre Akamaru, qui a retrouver la taille d’un chien normal, à Kiba et que Temari passe encore tout son temps à se disputer avec Shikamaru mais…bref. Ca doit être un peu dur d’échapper aux filles qu’on aime… Enfin…je veux dire que vous aimez. Je ne suis pas dans le même cas que vous à part ma sœur qui ne se souvient même pas que je suis son petit frère mais…

Voix: Yo les jeunes!

 

  Les garçons sursautèrent et se retournèrent d’un coup pour voir Hatake Kakashi, leur professeur de français accroupie derrière eux avec sa tête d’épouvantail. Pourquoi était-il là d’ailleurs? Il était professeur alors pourquoi n’était-il pas dans la salle des professeurs? Pourquoi était-il dans les buissons avec eux?

 

Kakashi: Faite aussi une place pour Iruka, il arrive. Anko le pourchasse pour une raison que j’ignore.

Lee en pleurant des larmes chaudes: Même elles, elles ont perdu la mémoire. Pauvre sensei!

Sai en souriant: Oui. Anko-sensei est devenue encore plus folle qu’avant d’après Naruto, Shizune s’est plongée dans le travail et poursuit Kakashi-sensei avec des seringues, dont on ne peut identifier la taille, pour on ne sait quelle raison et pour finir Kurenai-sensei a été tellement choqué par la mort d’Asuma-sensei qu’elle est devenue très dépressive, enfin, au début, a tout oublié de son petit ami et se demande encore qui peut bien être le géniteur de son enfant.

Voix hystérique: Les voilà! Ils sont là! Kya!

Naruto effrayé: Non! Les voilà! Courrez! Chacun pour soi! On se retrouve en classe si on est vivant!

 

  Naruto se retourna pour voir ses coéquipiers et ne vit personne derrière lui. Il dirigea son regard plus loin et vit que les autres étaient déjà très loin devant, sauvant leurs peaux des griffes de ces furies qu’étaient les filles, le fan club de Sasuke. Ses amis avaient osé l’oublier, le laisser derrière, sauvant leur peau. Et la solidarité, il la connaissait? Enfin, ce n’était pas vraiment le moment. Le plus important été d’abord de sauver sa peau et les filles n’étaient plus très loin. Il fallait courir s’il voulait revenir vivant en cours. Il courut le plus vite possible tout en criant.

 

Naruto: Bande de traitre! Attendez-moi! Je ne veux pas mourir!

 

  Voilà une journée tout à fait normale pour les «beaux gosses» du lycée de Konoha. Il passait leur temps à courir pour fuir des furies et revenir en vie après les cours était devenu un quotidien des plus normales pour eux, même si c’était dangereux. Echapper aux filles était bien plus dangereux qu’une mission de rang S.

 

  Après une journée assez exténuante, Sasuke s’écroula sur le canapé du salon. Il avait à peine eu le temps de fermer les yeux que son frère Itachi le réveilla d’une façon assez brutale.

 

Itachi: Prépare-toi, on va bientôt partir Sasuke.

Sasuke: Pas envi. Je veux dormir.

Itachi un sourire en coin: Dans ce cas, je me vois mal dire à Guihu que tu n’as pas voulu la voir ce soir. Elle va croire que tout ce que t’as dit était du vent. Along vient de m’appeler. Il avait l’air assez énervé sur le fait que tu fréquentes sa sœur mais bon, j’ai quand même réussit à le calmer. Il y avait eu du progrès du côté de Guihu depuis votre rencontre mais si tu ne veux pas…

 

  Soudain, Sasuke se leva du canapé et fila à toute vitesse dans sa chambre pour se préparer à la soirée. Guihu… Avec tout ce qui c’était passé dans la journée, il l’avait complètement oublié! Il avait pensé à elle durant tout le mois. Il avait pensé à ce qu’il pouvait lui faire découvrir mais il avait complètement oublié qu’il la reverrait ce soir. Il avait attendu un mois. Quel idiot il faisait. Elle était devenue le sujet la plus importante de ses pensées mais il avait osé l’oublier ce soir. Justement ce soir, il était vraiment un imbécile.

 

  Une fois prêt, il monta dans la limousine avec son frère et soupira. Encore un peu et ils étaient en retard. Avec tout ça, il était encore plus fatigué de sa journée mais il allait tenir le coup et ça, grâce au chocolat qui lui apportera du sucre. Il ne savait pas pourquoi mais depuis le drame, il mangeait du chocolat. Bien sûr, chez les garçons, il y avait bien autres choses, mais toujours des sucreries…sauf Naruto toujours aussi fan de ramen.

 

Itachi en levant un sourcil: Qu’est-ce que tu fais?

Sasuke: Je reprends des forces, ça ne se voit pas? Je ne veux pas avoir l’air d’un mort vivant devant elle. Tu sais très bien que depuis qu’on est ici, je ne mange pratiquement que du chocolat.

Itachi: Ca ne va pas, non? Le chocolat, ça colle aux dents et après, tu pus du bec. Alors range moi ça tout de suite. Je ne veux pas avoir honte de toi. Déjà que t’es pas un cadeau…

Sasuke: Toi non plus tu n’es pas un cadeau. Et puis, pour la mauvaise haleine, parle pour toi, ce n’est pas mon cas. Dis ça aux filles qui me poursuivent toute la journée.

 

  Le reste du trajet se passa dans le plus grand silence qui soit. Non seulement ils avaient faillit partir en retard de chez eux, mais en plus, il y avait des embouteillages. Ils allaient vraiment arriver en retard à cette soirée. Et bien sûr, qui dit retard, dit excuse auprès des autres personnes présentes qui ont été invité là-bas. Résultat, Sasuke allait devoir attendre encore longtemps avant d’aller parler avec Guihu.

 

  Assise tout seule sur le balcon, une jeune fille sirotait tranquillement sa boisson depuis un moment déjà. Elle attendait depuis déjà plus d’une heure, assise sur ce banc, entrain d’observer la nuit se refléter dans le lac à travers les barreaux du balcon. Elle était là, à attendre toute seule ici que le temps passe, qu’une certaine personne vienne lui parler… Une heure déjà… Pourquoi semblait-elle si impatiente? Pourquoi attendait-elle? Elle le savait pourtant. Jamais personne ne souhaiterait la revoir alors qu’elle est dans cet état. Elle le savait mais elle attendait là quand même, toute seule sur ce balcon. Jamais une personne saine d’esprit ne s’intéresserait à elle, pas à une coquille vide qui semblait n’avoir aucune âme. Pourquoi espérait-elle que ce jeune homme lui apprenne plein d’autre chose sur le monde? Pourquoi voulait-elle tant entendre sa voix, le revoir? Jamais elle n’avait été dans cet état… Si… Si, une fois… Il y a déjà fort longtemps…à une époque lointaine… Elle l’avait attendu… Elle l’avait attendu jour après jour… Mais il n’était jamais revenu… Elle ne l’avait jamais revu… Et cette fois…c’était la même chose. La même chose que cette époque lointaine.

 

  Soudain, Guihu entendit comme un souffle très irrégulier derrière elle. Elle pouvait sentir sa présence. Cette personne était appuyée contre le mur pour retrouver son équilibre et son souffle. Elle ne saurait dire si c’était un homme ou une femme. Cette personne semblait vraiment très essoufflée, elle n’avait toujours pas récupéré. C’était comme si elle avait couru pour arriver jusqu’ici. Mais malgré tout, elle ne se retourna pas pour autant. C’était peut-être qu’un inconnu qui passait par là. Mais des bruits de pas se rapprochaient lentement vers elle, dans un rythme assez irrégulier. C’était pour elle que cette personne avait couru? Non…impossible…personne ne viendrait pour elle, comme cette fois là, comme ce jour lointain. Elle aura beau attendre, personne ne se déplacerait pour elle.

 

Voix: Excuse-moi du retard. Il y a eu un problème au niveau de la circulation. J’aurai voulu arriver plus tôt mais j’ai fait ce que j’ai pu.

 

  Guihu ne sourcilla même pas en entendant cette voix, les muscle de son visage refusait de bouger, comme d’habitude. Mais pourtant, à l’intérieur d’elle-même, elle était si surprise. Elle avait reconnu cette voix. C’était la même que celle de la dernière fois. Le seul qui était venu lui parler de tout, sauf des affaires et des relations entre famille, cherchant à trouver un fiancé dans un bon partie. Alors il était vraiment venu la voir? Pour elle? Il avait aussi couru jusqu’à s’en couper le souffle pour elle? Il s’excusait à elle? C’était si…improbable. Elle ne se retourna pourtant pas au son de cette voix et continua à siroter sa boisson comme précédemment. Elle sentit bientôt une présence à côté d’elle. Elle tourna la tête et vit Sasuke assit à côté d’elle.

 

  Il essayait toujours de reprendre son souffle pendant quelque minute. Il manquait vraiment d’exercice, tout ça à cause du manque de mission intéressante et d’entraînement. Son seul exercice de la journée se résumait à revenir vivant des cours en semant ses groupies. Ses entraînements… Ca ne servait plus à rien. Ca ne servait à rien dans ce monde. Même s’il continuait encore et encore, devenant de plus en plus fort, à quoi ça servait-il? Il n’avait plus de village à protéger.

 

  Une fois qu’il eut reprit une respiration normal, il n’osa pas remonter son regard vers la jeune fille en face. Pourquoi? Il avait peut-être peur d’affronter son regard vide et inexpressif…. Il avait peut-être peur de voir…qu’elle lui en voulait d’être en retard, qu’elle ne voulait plus jamais lui parler. C’était vrai que…il n’avait pas vraiment entendu le son de sa voix la dernière fois mais il savait une chose. Elle s’intéressait à lui quand il parlait du monde. C’était la première fille à vraiment s’intéresser à ce qu’il disait. Elle ne faisait pas semblant, du moins, c’était ce qu’il croyait. Mais après tout, de quoi avait-il peur? Il était un ninja… Il avait affronté des ennemies bien plus fortes que lui… Et avec tout ça, il avait peur de la réaction d’une jeune fille qu’il connaissait à peine… En fait…c’était avec ces yeux là, ces yeux inexpressifs, il ne pouvait pas savoir s’il avait une chance avec elle ou pas. Mais une chance à quoi? Surement celle de devenir son ami, mais pourquoi? Pourquoi tant de question lui torturait l’esprit?

 

Sasuke: Excuse-moi du retard. J’aurai vraiment voulu arriver plus tôt.

Guihu: Ce n’est rien.

 

  Le silence retomba sur le balcon. Sasuke ne savait pas comment engager la conversation. Pourtant, il y avait pensé à tout ce qu’il dirait durant tout le mois passé alors pourquoi était-il muet à l’heure venue? Il avait tout préparé dans sa tête mais rien ne lui vint à l’esprit à cet instant.

 

  Il osa enfin rencontrer ses yeux vert vitreux avec ses yeux noirs et sentit soudainement une petite bouffée de chaleur monter en lui, une légère petite rougeur sur ses joues. Mais rien de bien important d’après lui, juste une petite bouffée de chaleur dû au fait qu’il avait couru pour venir jusqu’ici. Elle avait les cheveux lâchés cette fois-ci, ainsi qu’une robe dans un style un peu européen de couleur bleu ciel. Elle avait des manches courtes et sa robe descendait jusqu’au cheville. Peu importait ce qu’elle portait, elle était magnifique.

 

  Soudain, il se souvint qu’il avait une tablette de chocolat entamé dans la poche et décida d’engager la discussion une bonne fois pour toute. Ce n’était pas qu’il ne voulait pas de ce silence, ni arrêter de la contempler mais il lui avait dis qu’il lui ferait découvrir plein de chose.

 

Sasuke: Tu as déjà mangé du chocolat?

Guihu: Non.

Sasuke: Alors je vais t’en faire gouter.

 

  Sasuke prit sa tablette qui était dans sa poche, en cassa un petit morceau et le donna à Guihu qui ne savait pas si elle le prenait ou pas. Elle n’avait pas bougé et fixa le morceau dans la main du brun.

 

Sasuke: Allez, c’est très bon, goûte. Moi, je ne peux plus m’en passer.

 

  Sasuke prit la main de Guihu dans la sienne, frissonnant un peu au passage, et lui mit le morceau de chocolat dans la main. Ensuite, il l’encouragea du regard et la jeune fille remonta sa main jusque devant sa bouche et l’arrêta juste avant d’atteindre la cible. Après un court instant d’hésitation, elle croqua et mangea le morceau de chocolat pendant que le ninja attendait le verdict. Elle ne devait pas manger grand-chose chez elle pour ne pas savoir ce qu’était le chocolat.

 

  Une fois avalée, Guihu ouvrit sa bouche pour donner sa réponse à Sasuke qui attendait toujours. Pourquoi attendait-il cette réponse avec autant d’impatience? Ce n’était que du chocolat après tout. Son chocolat préféré, c’était vrai, mais que du chocolat. Ca y est, elle allait prononcer un mot.

 

Guihu: Je ne déteste pas.

Sasuke en souriant: Tu vois. Moi, j’adore ça.

 

  Pourquoi disait-elle qu’elle ne détestait pas ça? Elle n’aimait pas vraiment ça mais elle ne détestait pas non plus. Elle était encore plus étrange qu’à leur dernière rencontre. Il fut soudain interrompu par une sonnerie.

 

Sasuke: Excuse-moi. Je réponds et je suis à toi. (Au téléphone) Allo?

Naruto excité: Sasuke! Ca y est! J’ai seize ans!

Sasuke irrité: Tu m’appelles juste pour ça? Ca ne pouvait pas attendre quelque heure?

Naruto: Non! Je n’arrivais pas à dormir tellement je suis excité.

Sasuke en levant un sourcil: Plus excité que d’habitude?

Naruto boudeur: C’est méchant Sasuke!

Sasuke: Je suis occupé là, alors on en reparlera plus tard.

Naruto coquin: T’es avec une fille?

Sasuke rouge: Naruto!

Naruto en riant: Bon, je m’excuse, voilà. On se revoit en cours.

Sasuke irrité: Ouais…

 

  Sasuke raccrocha son portable et le rangea dans la poche de sa veste. Il se retourna ensuite vers Guihu qui finissait sa boisson. Elle regardait le jardin, et en particulier, le lac qui reflétait le ciel. Heureusement qu’elle n’avait pas entendu la conversation qu’il avait eu avec Naruto, sinon, il aurait été très embarrassé. Qui aurait cru que Sasuke Uchiwa serait embarrait à cause d’une fille. Et justement, cette fille s’appelait Huang Guihu et elle était assise juste à côté de lui.

 

 

 

 

 

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