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Bonsoir, bonjour ! Anno est de retour avec ce chapitre quatorze, tout frais. Mille excuses pour le retard. Je sais que l’on est en vacances et que surtout (c’est ça le pire) j’ai énormément de temps pour écrire mais le seul problème est que… pendant certains jours (ou certains mois, ça arrive) eh bien vous n’en avez plus l’envie. Lorsque vous vous forcez à écrire, le travail n’en devient que bâclé, fade et sans saveur… Je ne voulais donc pas vous offrir un chapitre dans ces teintes là. La fin arrive bientôt (plus que deux ou trois chapitres me semble-t-il), je vais essayer de m’activer et de poster tout cela très vite avant la fatidique reprise des cours. Voilà voilà *fut fut*. Enjoy the read et à la prochaine !
Chapitre 14, Jalousie…
- « Quoi ??? Mais tu te fous de moi là ou quoi !?
- Bien sûr que non banane ! Regarde, ils sont même là ! »
Fièrement, l’intéressée brandit la fine liasse des billets platine qui se trouvaient dispersée sur son bureau en délire. Une bouffée de chaleur monta en Alizée, qui se sentit toute frivole et surexcitée à la fois rien qu’à la vue de ces billets illuminés par les rayons du soleil baignant la chambre…Par réflexe, une main vint couvrir sa bouche grande ouverte d’étonnement tandis que Marine souriait malicieusement sous ses airs de fierté qu’elle venait de prendre en se ventilant à l’aide des billets. Là, pour avoir rendu Alizée jalouse à souhait, elle en était plutôt contente. Alizée se rassit sur le lit de l’adolescente, où elle tentait d’assimiler et d’encrer définitivement la nouvelle que son amie venait de lui apprendre. La Golden Party… Quelle chance ! Quel coup de bol !
- « Alors ? La Golden Party française hein…
- Tu crois que je pourrais y aller à la place de Yohan !? s’exclama Alizée en se relevant violemment, faisant ainsi voltiger ses cheveux roux.
- Euh… C’est vrai qu’il n’est pas très réjouit à l’idée d’y aller. Je pourrais lui demander.
- N’empêche… quel bol. Aussi c’est dans notre ville… Le monde qu’il va y avoir ! C’est ouf ! Rien que d’imaginer tous ses cris à l’entrée ! Waaah !
- Tout à fait. J’en ai d’la chance hein ? se vanta Marine.
- Arrête de te la péter… c’est assez énervant comme ça.
- Elle a raison Pupuce. »
Les deux adolescentes retournèrent la tête et découvrirent alors un Yohan tout souriant, adossé à la porte grande ouverte. N’attendant même pas que Marine piquât une colère contre son demi-frère, Alizée se rua dans ses bras en criant son prénom, telle une fan hystérique d’une star de la chanson, le déséquilibrant. Le choc fut violent. Yohan se retrouvait donc au sol, Alizée assise sur son ventre, ne se rendant même pas compte que leur position était plutôt gênante. Marine ne put lâcher qu’un rire discret. Voir son demi-frère rougir comme jamais et tenter de calmer la crise d’excitation d’Alizée était plutôt drôle. L’adolescente reposa la liasse de billet sur son bureau toujours en délire, entassa quelques affaires sur un côté, écarta soigneusement son ordinateur portable et prit place sur l’espace libéré de son bureau, regardant avec amusement Alizée secouer le littéraire par le col afin de satisfaire son vœu le plus cher.
- « Alizée, lâche-moi et relève-toi d’abord s’il te plaît ! Tu vois pas que…
- Non ! s’écria-t-elle. Laisse-moi ta place s’il te plaît !
- Mais lâche-moi ! Je vais finir par mourir étouffer ! se plaignit le jeune homme, n’osant même pas toucher à Alizée, de peur de lui faire mal.
- S’il te plaîîîîît ! Je ferai tout ce que tu voudras ! s’exclama la roussette en le regardant avec des yeux de chiens battus.
- On ne contredit pas une femme, très cher, glissa narquoisement Marine. »
Yohan la regarda en un coup d’éclair. Cela suffisait à lui faire comprendre qu’il n’appréciait guère sa remarque, surtout dans ce moment là. Le jeune homme céda finalement et accepta la proposition d’Alizée avec joie : elle ferait tout ce qu’il voudrait après tout. C’était bien cela qu’elle avait dit ? Oui. La roussette fut toute heureuse et tapa avec entrain dans la main de Marine qui elle aussi, était contente. Le jeune homme s’épousseta les manches de son sweat, les yeux clos, intérieurement vexé, de s’être fait agresser ainsi par une fille, et surtout par Alizée et encore plus devant les yeux de Marine.
- « Bon c’est parfait, tu feras tout ce que je veux hein Ali ? lui rappela Yohan, une fois dépoussiéré.
- Oui ! répondit l’intéressée en hochant la tête et en lui offrant un énorme sourire.
- Lui demande pas n’importe quoi aussi… renchérit Marine en baillant.
- Elle m’a dit qu’elle ferait tout ce que je voudrais ! Elle pourrait donc coucher avec moi…
- Quoi !? s’étouffèrent en chœur les deux adolescentes. »
Le littéraire retint son fou rire et tenta tant bien que mal de paraître le plus sérieux possible sous les réprimandes des deux filles. Toujours adossé à la porte, les mains dans les poches, l’air de rien, il attendit une réponse de la part d’Alizée qui continuait toujours de l’insulter et de trouver autre chose d’un peu plus sérieux. Surtout qu’elle ne le croyait pas… Mais le jeune homme remarqua bien les rougeurs présentes sur les joues de son amie. Elle était anciennement – et peut-être encore – amoureuse de lui et comptait bien en profiter.
- « C’est à prendre ou à laisser. En plus, je suis sérieux. Je me sens un peu seul en ce moment… soupira Yohan en passant une main légère derrière son crâne.
- Tu dis n’importe quoi ! s’emporta une fois de plus Marine. Alizée, ne crois pas à ses conneries. Il a un harem de sept femmes donc il est pas seul.
- Hey Pupuce ! Tu devrais aussi arrêter de dire n’importe quoi !
- Eh ben au lieu de raconter n’importe quoi, t’as qu’à dire simplement que tu veux y aller. Point barre ! s’énerva Marine en le sondant méchamment. On a l’air ridicule comme ça. »
Alizée était présente en tant que spectatrice désormais. Elle avait l’impression d’assister à un match de tennis sans fin, où aucun des deux adversaires ne fléchissait et qui se contentaient de renvoyer avec le plus de force possible la balle dans le camp adversaire en tentant de trouver la faille. Se sentant alors un peu de trop, et à la fois gênée d’avoir autant insister pour obtenir le billet platine d’entrée de la part de Yohan – et de l’avoir martyriser par la même occasion –, elle entreprit de s’éclipser en douce.
- « Hep ! Tu vas où Alizée ? l’interpella Marine en la rattrapant dans l’escalier. Pars pas !
- Je dois y aller. Ma mère m’attend. Je vais te laisser seule à seul avec Yohan.
- Mais non ! Reste encore un peu. Je suis désolée… s’excusa-t-elle, confuse.
- Non, c’est très amusant. Mais on m’attend. Bonnes vacances ! Bye. »
Une mèche rebelle tomba alors devant l’œil gauche de l’adolescente. De l’autre œil donc, elle observa son amie descendre paisiblement les marches de l’escalier, ouvrir la porte, la saluer une dernière fois et fermer la porte derrière elle. Là, l’adolescente se laissa alors tomber sur la marche où se trouvaient ses pieds en poussant un énorme soupir. Elle remit alors d’une main morne la mèche rebelle qui couvrait une petite partie de son visage et regarda dans le vide, la tête déposée au creux de sa main droite. Alizée devait en avoir ras la tasse de devoir supporter ses disputes avec son demi-frère pour des choses aussi futiles et bêtes à chaque fois qu’elle venait lui rendre visite. Mais surtout, Yohan ne sortait plus autant qu’avant les après-midi des vacances et privilégiait surtout les sorties nocturnes. Il lui tapait sérieusement sur le système ! Mais la roussette pensait aussi qu’il fallait qu’elle conclût avec lui... Rah !
Le jeune homme, qui était resté dans la chambre de sa demi-sœur, ne voulait plus en sortir. Il se sentit vraiment idiot en cet instant précis mais à chaque fois, c’était plus fort que lui… Dès que l’occasion se présentait, il fallait qu’il fût présent pour embêter sa demi-sœur. Yohan soupira une énième fois, passa une main moite sur son front et s’allongea sur le lit moelleux de l’adolescente. Un bras posé sur son front, il se mit à réfléchir… A réfléchir sur les véritables sentiments de sa demi-sœur. Plutôt stupide de sa part, se dit-il mais il fallait bien car il doutait un peu…Si cela se trouvait, elle ne l’aimait pas, ou juste en tant que « demi-frère » attitré. Elle se laissait juste attendrir lorsqu’il s’emportait dans ses discours romantiques mais retournait en mode « réalité » dès lorsque ça passait. C’était plutôt ça, le scénario qui se découlait de tout ce qui s’était passé récemment. Bof… peut-être que oui, peut-être que non. Ce n’était pas le moment de se laisser déprimer juste à cause d’une dispute aussi bête ! Ce soir, il allait faire la fête, rire et se tuer à l’alcool avec ses amis. Pas de temps à perdre à essayer de comprendre l’esprit compliqué de Marine !
- « Qu’est ce que tu fais là, toi ? »
Yohan sursauta légèrement. Il était évident que sa demi-soeur n’allait pas rester planter dans l’escalier tout le reste de l’après-midi. Il se releva alors et, les jambes croisées, sourit gentiment à la demoiselle qui le regardait toujours sceptique. A la vue de son sourire, celle-ci s’étonna alors. Mais finalement, elle lui répondit aussi par un sourire.
- « J’ai une envie de sushi, pas toi ? lui confia subitement le littéraire en prenant ses aises sur le lit et en tapotant une petite place à côté de lui sur le lit.
- Euh… de sushi ? Maintenant ? T’es zarb’ toi… souffla-t-elle en accédant à sa requête.
- Pour ce soir ! Je kifferais bien manger japonais !
- Kiffer !? s’exclama l’adolescente en le regardant abasourdie. Oh mais t’as vu comment tu parles maintenant ? C’est quoi ça !? Un littéraire est censé avoir un langage un peu plus correct…
- Tu t’emportes pour rien, je te l’assure ! la rassura-t-il en riant. Et ton prétexte est bidon ! C’est pas parce que je vais passer un bac L que je vais me mettre à parler comme Molière !
- Pourquoi pas ? J’aimerais bien voir ça, ça pourrait être marrant. Bon alors je vais appeler ma mère pour qu’elle nous apporte des tas de sushi ce soir, déclara alors Marine en se levant. »
L’adolescente se dirigea alors vers son bureau où traînait son téléphone portable qu’elle prit d’une main légère comme à son habitude. Elle chercha alors dans sa liste de contacts le numéro de sa mère et lorsqu’elle l’eut trouvé, appuya doucement sur le bouton vert et porta le combiné à son oreille droite couverte par ses cheveux châtain. Elle s’appuya sur son bureau, regardant par la fenêtre, attendant patiemment que sa mère ne décrochât. Quant à Yohan, les pensées qu’il avait eu juste avant qu’elle ne rentrât dans la chambre se confirmèrent petit à petit. Cette toute petite discussion avec Marine lui avait laissé un drôle de goût dans la gorge… Il se recroquevilla alors. Les jambes contre son torse, il cacha son visage sur ses genoux. Tout d’un coup, une envie de dormir l’assaillit…
Pendant une poignée de minutes, Marine discuta jovialement avec sa mère, mais aux derniers instants, avant de raccrocher, son regard passa tel un jet de lampe sur son demi-frère. Elle remarqua alors que son demi-frère était étalé sur son lit, les yeux clos, semblant dormir comme un bienheureux. Faisait-il semblant juste pour pouvoir l’effrayer lorsqu’elle s’approcherait de lui ? Lançant un « au revoir » à sa mère, elle raccrocha alors, laissa choir le téléphone sur son bureau et s’approcha de son lit, s’agenouillant juste en face du visage ensommeillé du jeune homme. Elle esquissa alors un petit sourire. Ca pour une surprise, c’était une surprise. Il y a cinq minutes il était pleinement réveillé et là, il était endormi. Cela n’était pas une farce… La jeune fille soupira alors et contempla encore un peu ce visage d’ange. Ses lèvres, son nez… On ne pouvait nier que Yohan possédait un très beau visage. Une forte envie de le caresser l’envahit. Elle avait envie de caresser cette peau douce au toucher, qui lui procurait un doux sentiment de bonheur. Elle se secoua la tête violemment. Elle allait pas se laisser aller comme ça juste parce qu’il était mignon endormi ! Mais la tentation était plutôt forte. Surtout qu’il ne se rendrait compte de rien… Elle leva alors une main : une main, dont les doigts étaient agités de frisson, qui planait frugalement au dessus de la joue du jeune homme. Marine se mordillait nerveusement la lèvre inférieure, tremblante comme une feuille. Le faire ? Ne pas le faire ? Oh et puis zut ! se dit-elle intérieurement. Elle retira alors sa main, se leva et quitta la chambre sans même prendre le temps d’accorder un dernier regard au jeune homme sur son lit.
C’est pas le moment d’être romantique ! J’suis pas le personnage principal d’une histoire à l’eau de rose quand même !
Vers vingt heures et des poussières, l’adolescente se trouvait à lézarder sur le long canapé du salon, se laissant emporter par les sons et les images que lui renvoyaient l’écran télévisé juste en face d’elle. La tête posée sur un oreiller, elle n’entendit même pas le bruit des clés s’insérer dans la serrure de la porte d’entrée et l’ouvrir. Ce fut Tristan qui apparut sur le seuil, tout joyeux en lançant un très joyeux « Coucou c’est moi ! » qui ne trouva hélas, aucune réponse. Seul le bruit de la télévision lui parvint aux oreilles. Heureusement car cette maison lui semblait être un cimetière. Il avança alors et pénétrant dans le salon, découvrit une Marine flemmarde.
- « Eh bien Marine, tu n’as pas autre chose à faire ? lança Tristan, espérant cette fois-ci avoir un peu plus de succès. »
Un peu plus tard, les deux gens se retrouvèrent dans la cuisine en train de discuter de leur journée respective. Ce fut Tristan qui anima le plus la discussion, sa coupe de champagne à la main, sa journée ayant été plus palpitante que celle de Marine. Celle-ci lui avait fait aussi un bref résumé de sa journée, en omettant toutefois le « petit » différent avec son demi-frère. Yohan vint troubler cette discussion des plus intéressantes en pénétrant avec lassitude dans la cuisine, en grommelant des phrases toute aussi incompréhensibles les unes que les autres.
- « Eh bien Fiston, tu t’es endormi ? s’exclama joyeusement son père à la vue de son visage dont les brumes du sommeil se lisaient encore.
- Ouais… ça craint, répondit le jeune homme en se gratouillant le cuir chevelu. Nathalie n’est toujours pas arrivée ?
- Non… on va manger en retard… se plaignit le chef de maison.
- Elle va nous ramener des sushi, l’informa Marine en jouant avec son verre de jus d’oranges à moitié vide.
- Des sushi ? Quelle horreur… Pourquoi elle a eut une idée pareille !?
- Ton fils en veut, dit-elle toujours avec son indifférence.
- Son fils il a un nom, mademoiselle, lui rappela Yohan, plutôt vexé.
- Je suis rentrée ! »
Ouf. Madame Datrin tombait à pique. Marine fut plutôt contente. Elle n’aurait pas à se disputer une fois de plus avec son demi-frère, même si c’était plus fort qu’elle. Tristan se jeta littéralement sur son amante qu’il embrassa fougueusement devant les deux adolescents, dont un fut plutôt gêné. L’autre s’en moquait. Nathalie lui dit de faire attention à cause de la marchandise qu’elle avait dans les mains. Après les formules de politesse et l’éternel résumé de sa journée, les sushi furent enfin disposés ainsi que les bols de riz sur la table, prêts à être dégusté. Tristan n’en mangerait pas, il détestait plus que tout la cuisine japonaise.
Essayant de trouver la technique pour tenir correctement ses baguettes, Marine écouta les quelques anecdotes que lui racontait sa mère aux fourneaux, préparant des œufs au plat pour son chéri qui lui, buvait encore son champagne en regardant tendrement sa future fiancée. Yohan, quant à lui, avait déjà attaqué les sushi qui lui donnaient drôlement envie. Il n’en mangeait pas tous les jours. Son père le sermonna sans faire trop de zèle alors que le jeune homme avait un sushi à moitié mâché dans sa bouche qui était bien plus important que les réprimandes de son père. Après tout, il était adulte désormais ! Ah les parents…
- « Ehh ! Espèce de gourmand ! Laisse-en un peu pour les autres ! se plaignit Marine, énervée. »
Les deux adultes rirent doucement. Yohan avait un sacré appétit. Il accéda à la requête de la demoiselle et se calma alors. Toute la petite famille fut réunie à table, autour de leur repas et des odeurs de friture et de poisson tournoyant autour d’eux, Tristan dégustant ses œufs au plat et les trois autres se délectant du repas japonais fraîchement préparé dans une ambiance reposante.
Entre deux bouchées de poisson cru, Nathalie se remémora d’une chose importante qu’elle en informa sa fille. La femme partit alors dans le salon et revint aussitôt, un magazine en main. Nathalie reprit sa place au côté de son chéri, écartant son bol de riz et son assiette de sushi, déposant le magazine sur la table en s’emballant. A la vue du mannequin posant dessus, le sang de Marine ne fit qu’un tour et son cœur manqua une fois de plus un battement. Yohan, finissant un sushi, ses deux baguettes collées sur sa lèvre inférieure, jeta un coup d’œil au « type » posant sur le magazine qui avait littéralement envoûté sa demi-sœur mais ne s’en fit pas. Cela devait juste être une star quelconque…
- « Tu as vu ça ma chérie !? Mattheo ! Il est super beau ! s’écria la femme.
- Mattheo ? Qui c’est ? demanda Tristan en fronçant un sourcil. Une star ?
- C’est l’ex de Marine. Son rêve était de devenir mannequin ! Et il a réussi. »
Tristan n’y crut pas vraiment et demanda confirmation à sa belle-fille qui lui répondit d’un hochement de tête, les joues rouges. Yohan, lui, en était resté stupéfait. Ce beau gosse blond, sur la couverture de ce magazine, qui était mannequin, était auparavant l’ex de sa demi-sœur !? Impossible… Pourtant, Nathalie s’en donnait à cœur joie en racontant cette petite idylle si parfaite qu’avait vécue sa fille avec Mattheo pendant deux longues années.
- « Dis-moi, il sera là Mattheo à la Golden Party ? lui demanda sa mère, taquine.
- Euh !? Hein ? s’hébéta Marine, la bouche grande ouverte et les yeux ronds.
- Voyons, j’ai vu que tu avais son numéro dans ton téléphone. Alors ?
- Bah… je sais pas, je lui ai pas demandé, souffla-t-elle.
- Je suis plutôt étonné. Je ne savais pas que Pupuce avait eu un n’amoureux, ironisa le jeune homme, leur rappelant sa présence. »
Les vacances d’Avril s’écoulèrent paisiblement, jour après jour, sans plus qu’aucune dispute pour une stupidité n’eut venu troubler la quiétude qui pesait sur la demeure des Meyer et des Datrin depuis la révélation de Mattheo au littéraire. Les deux demi-frères ne se parlaient plus vraiment. En fait, c’était plutôt Yohan qui ne voulait plus parler à Marine. Elle, cela ne la dérangeait pas mais à chaque fois, il fallait qu’il l’ignorât. Ce comportement suspect avait interloqué Nathalie qui s’eut empressée de se ruer sur sa fille afin de lui demander quelque explication. Mais celle-ci n’en savait pas plus qu’elle d’après ses propos. Bien évidemment, c’était faux. Il s’agissait tout simplement d’un sentiment de jalousie – infondé – de la part du jeune homme. Un comportement bête, voilà. Marine n’avait aucun compte à lui rendre et n’allait pas tenter de se jeter sur lui afin de lui faire comprendre quoi que ce soit. A près tout, c’était bien lui qui l’ignorait sans cesse.
Un jour de vacances tranquille, où la température et la météo étaient agréables à souhait, Marine s’alimentait de cookies au chocolat faits maisons dans le jardin, assise à la table de bois abrité par le parasol, en compagnie d’Emma qui sirotait son jus d’oranges pressées. Elle avait préparé les cookies spécialement pour elle. Les deux meilleures amies ne se voyaient que très rarement et lorsque Marine passait chez la jolie blonde, elle n’était jamais présente. Du coup, elle avait laissé tomber et voilà qu’en ce jour-là, Emma réapparaissait comme par magie. C’était plutôt étrange…
- « Mais t’aurais dû me le dire plus tôt… J’aurais bien aimé savoir moi tu sais ! se plaignit Marine en mordant dans un cookie. »
Emma rit alors l’espace de quelques secondes, reporta la paille de son verre à ses lèvres et sirota doucement le liquide sous les yeux admiratifs de sa meilleure amie qui l’observaient avec attention. Elle croqua alors dans son cookie à moitié mangé tout en se disant qu’elle était devenue énigmatique ! La blonde déposa son verre sur la table, remit en place une de ses mèches de cheveux et sourit à son amie.
- « Yohan ne m’a rien dit ainsi que Julien. Ils ont tous gardé pour eux ces méchants !
- Oh mais c’est pas grave, comme l’été approche, je vais pouvoir vivre une nouvelle histoire d’amour. Julien c’est du passé maintenant ! se réjouit Emma.
- Je suis contente de te voir aussi heureuse. J’espère que ça durera longtemps pour toi comme ça.
- Et toi alors, t’es toujours célibataire ? s’enquit-elle.»
Marine finit son cookie puis sourit mystérieusement à la jeune fille en déposant sa tête au creux de sa main droite. Une petite rafale de vent passa et les cheveux châtain de l’adolescente dansèrent, cachant à moitié son visage, ce qui la rendit secrète que jamais. La blonde en eut alors des étoiles plein les yeux. Ah ! Depuis le temps qu’elle attendait cela ! D’entendre à nouveau sa meilleure amie répondre positivement à cette question !
- « C’est Yohan ? Dis !»
L’adolescente rit alors face à autant d’excitation. Voilà qu’elle retrouvait enfin la Emma d’avant. Elle trépignait d’impatience, serrant ses deux poings posés sur ses genoux, se mordillant les lèvres, les yeux étoilés avec son sourire d’impatience. C’était elle. Elle piocha alors un autre cookie se trouvant sur le plateau d’argent qu’elle avait apporté, le tendit à sa meilleure amie qui l’accepta volontiers. Mordant devant, elle engloutit le petit morceau très lentement, faisant durer le suspense qui devait insupportable. Marine reprit alors son regard et son sourire mystérieux et le planta dans celui d’Emma, qui allait finir par mourir de cette attente.
- « Je me dois de te dire la vérité… Alors voilà… »
La rentrée arriva alors, et la course au baccalauréat reprit. Les jours qui s’en suivirent, Yohan apparaissait et disparaissait dans la maison tel un fantôme. Restant enfermé dans sa chambre et ne pointant le bout de son nez que pour les repas. Par contre, le vendredi et le samedi soir, le jeune adulte sortait avec ses amis et revenait à l’aube, à moitié mort. Cela en devenait presque inquiétant. Mais Marine ne s’inquiétait toujours pas pour le jeune homme. Par contre, ils se reparlaient un petit peu plus, même si le sujet de conversation restait dans le domaine scolaire…
Yohan n’avait plus envie d’aller à la Golden Party finalement – qui approchait à grands pas. Le soir de la fête, il sortirait avec ses potes, comme d’habitude, chaque samedi soir. Il avait alors céder sa place à Alizée qui avait manqué de l’étouffer lorsqu’il lui annonça la nouvelle. En cet après-midi là, à cinq jours de la fête, il avait une forte envie de sortir. Il avait fait un peu trop de zèle sur ses révisions ces derniers jours et aurait préféré une petite balade en solitaire au soleil que de rester le nez planté dans ses livres. Hélas, le vent frais et les nuages chargés d’eau en dehors des murs de son habitat qui se manifestaient en dehors ne l’encourageaient pas vraiment à sortir. Tant pis, il se ferait un goûter et passerait l’après-midi à regarder des films. D’un pas las, il descendit les marches de l’escalier. Déposant un pied sur la dernière marche, la sonnette de la maison retentit. Sans doute Marine qui rentrait de sa petite excursion avec Alizée. Il s’en alla ouvrir la porte, toujours de son pas las. Et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il la découvrit alors, toute souriante, en compagnie du « type blond » qu’il avait vu l’autre jour en couverture sur le magazine qu’avait acheté sa belle-mère.
- « Ah, t’es toujours vivant toi ! s’exclama-t-elle joyeusement. »
Il s’écarta alors de la porte afin de laisser entrer sa demi-sœur ainsi que son invité surprise. Ce dernier le salua alors, innocemment. Il ne répondit pas et se contenta de refermer la porte. Il y avait comme une impression de froid, non dû au vent glacial qui était entré dans la maison lorsqu’il ouvrit la porte, mais plutôt à l’autre présence masculine qui habitait cette maison désormais. Marine se débarrassa de sa veste qu’elle jeta vulgairement sur le canapé et attendit que Yohan ne se décidât enfin à regarder autre chose que la porte afin de faire les présentations.
- « Elle est aussi belle que ça, la porte ? demanda-t-elle, vexée de l’impolitesse de son demi-frère. »
Le jeune homme se retourna alors, tenant toujours fermement la poignée de la porte, et jaugea rapidement la demoiselle du regard. Elle était énervée, bien sûr et il fallait encore qu’en présence de quelqu’un, elle ne glissât un commentaire désagréable juste pour se moquer de lui. Il soupira alors, retira sa main de la poignée, s’approcha de sa demi-sœur et planta son regard dans le sien, attendant qu’elle ne commençât son discours qu’elle tenait tant à faire.
- « Mattheo, je te présente Yohan. Mon… demi-frère. Yohan, voici Mattheo. Tu l’as déjà vu sur la couverture du magazine l’autre fois.
- Enchanté Yohan. Je suis content d’enfin te rencontrer, lui dit amicalement le mannequin en lui tendant sa main et en lui offrant un large sourire. »
Cette main que lui tendit le jeune homme, il l’examina attentivement tout en pensant à ses paroles. « Enfin » ? Il avait dit « enfin » ? Marine lui avait alors parler de lui… mais cela était-ce bien ou en mal ? Mais n’ayant le temps de se poser des questions et ne pouvant se résigner à être impoli, il la serra alors, marmonnant un « enchanté » feintant son mécontentement. Mais c’était juste par principe. N’étant évidemment pas très enchanté de faire la connaissance de ce garçon. Marine sourit malgré tout.
- « Tu as dis « enfin », ma très chère demi-sœur t’aurait alors parler de moi.
- Si on veut, lui répondit le blond en lâchant sa main puis se retournant vers Marine, j’espère qu’Emma ne viendra pas par surprise. Je voudrais pas me faire gronder. »
Naquit alors quelques rires et plaisanteries à propos du « vieux temps ». Marine semblait bien s’entendre avec son ex, un peu trop même. Il voyait bien cette petite étincelle qui illuminait ses prunelles - qu’il aurait voulu imaginaire. Il baissa alors la tête, de tristesse, mais en entendant quelques bribes de leur conversation à forte tonalité, il la releva. Le mannequin était apparemment venu pour rendre une petite visite à madame Datrin. Yohan fronça un sourcil, curieux. Puis voyant que les deux jeunes gens allaient vers la cuisine pour se désaltérer un peu, il les interpella par le biais d’une question qui lui brûlait les lèvres.
- « Vous sortez à nouveau ensemble ? »
Cette question, il l’avait posé le plus calmement possible, avec même un petit sourire, les mains dans les poches, l’air décontracté. Marine se retourna alors et le sonda dubitativement. Le jeune homme l'oppressait littéralement rien que par son regard perçant néanmoins couvert d’une voile de jalousie abusive qu’il ne put voir la vérité qui se lisait parfaitement dans les yeux chocolat de sa demi-sœur. Un mot glacial, un seul qu’il entendit du mouvement des lèvres de l’adolescente détruisit son royaume. Un « oui »…