le magasin
Le Nain alla examiner le couloir et en ramena divers objets. Il n’y avait aucun piège, ce qui attira à l’Elfe un commentaire ironique de la part du Voleur. Shiguré prit la main de sa dulcinée et jugea bon de changer de sujet.

- Et il n’y a rien d’autre dans ce couloir ?
- Y a une porte au fond, répondit le Nain.
- Quel genre de porte ? demanda le Ranger.
- Une grosse porte noire avec une serrure et un crâne en bronze.
- C’est moche ! fit le Ranger.
- C’est affreux ! fit l’Elfe, dont Shiguré entoura les épaules d’un bras pour la réconforter (tout en prenant garde de ne pas se transformer) tandis que de l’autre il serrait sa main un peu plus fort.
- C’est abominable ! renchérit la Magicienne.
- C’est ignoble ! fit le Voleur.
- J’ai soif, coupa le Barbare.
- Je propose d’avancer et d’ouvrir cette porte, fit le Ranger.
- Moi, je reste ici, j’ai besoin de récupérer, se risqua le Voleur.
- C’est sans doute le choc opératoire ! ironisa la Magicienne.

Ayamé jusqu’ici ne s’était pas mêlé à la conversation, préoccupé qu’il était par l’état d’Hatori. Il réagit enfin à ces mots :

- Je pense qu’Hatori ferait mieux de rester avec toi, ô noble compagnon dont la cape qui t’enveloppe entièrement dissimule habilement tes traits j’en suis sûr sculpturaux…
- Ayamé je n’ai pas besoin de nounou ! s’emporta Hatori.
- Mais c’est pour que toi, en tant que médecin, tu veilles sur ce convalescent ! répliqua Ayamé d’un air innocent.

Hatori le toisa d’un air sévère mais accepta de rester en arrière pendant que les autres allaient examiner l’horrible porte couverte de runes. Le Voleur en voyant la Magicienne sortir un de ses innombrables livres pour les traduire ne put s’empêcher de se rapprocher de la compagnie pour lui rendre son commentaire ironique, Hatori voulut le suivre mais ses jambes flanchèrent et il dut s’appuyer à un mur.

- Ca ne va pas ?? s’inquiéta l’Elfe.
- Si, si, ça va passer… Un malaise passager… répondit faiblement Hatori, essayant d’écarter d’une main la brume qui lui obscurcissait la vue.
- Attends je vais te reprendre sur mes épaules, fit Shiguré, se donnant le beau rôle face à sa belle.

Il transporta Hatori ainsi jusqu’à la porte dont la Magicienne avait entretemps traduit l’inscription : « Le magasin est ouvert tous les jours jusqu’à 19h. Sonnez et attendez »

- Ils nous prennent pour des cons ?! s’insurgea le Ranger.
- Ca sent l’arnaque, grogna le Barbare.

A ce moment là la sonnerie retentit.

- Et merde qui a sonné ? s’énerva le Ranger.
- Eh bien moi ! C’est le seul moyen de savoir si c’est un piège, non ? expliqua Ayamé avec un sourire aussi éclatant que sa logique était implacable.
- C’est stupide ! fit le Ranger.
- On voit bien que tu n’as pas pris de flèche dans le dos, toi ! lâcha le Voleur.
- Je ne crains rien, avec de gros bras tels que ceux du Barbare pour me protéger… sourit Ayamé.

L’Ogre s’avança en brandissant sa massue.

- Il dit que tu as vraiment des idées géniales, et que lui aussi est prêt à te protéger, traduisit la Magicienne en pouffant.
- Merci, fit Ayamé en reculant lorsque la porte du magasin s’ouvrit enfin.
- Bonjour, fit la Vendeuse.
- Euh… Bonjour, balbutia le Ranger, stupéfié par la beauté de la demoiselle.
- Vous voulez acheter des armes et des objets magiques ?
- Oui ! s’écria Shiguré en la dévorant des yeux, s’éloignant de l’Elfe pour s’avancer vers la belle inconnue.
- Vous avez de l’argent ?
- Non ! On a pas d’argent ! coupa le Nain !
- Revenez quand vous en aurez !

La Vendeuse leur claqua la porte au nez. Après avoir tancé le Nain, la compagnie tenta à nouveau sa chance. Cette fois-ci, Shiguré ne laissa le temps à personne de parler : il fit un baisemain à la charmante créature et après forces louanges et compliments elle finit par leur ouvrir ses portes. Aussitôt Shiguré l’entraîna dans un coin, tout en poursuivant son boniment, tandis que les autres s’intéressaient au contenu du magasin. La Magicienne trouva une relique pour sorciers, la robe de l’archimage Tholsadum, ainsi que deux curieux objets à faire examiner par un sage, l’Ogre trouva la réserve de bière, Ayamé et l’Elfe se partagèrent les vêtements, le Barbare choisit une grosse épée et un casque, le Ranger des bottes magiques et un gantelet d’agilité, le Voleur une dague et une excellente cape, Hatori se munit de quelques potions de soin, et le Nain trouva un coffre sous une table que le Voleur ouvrit avec la clef des Orcs. Il fallut demander celle-ci au Nain, ce qui ne fut pas sans mal (« Donne la clef » « Non ! AÏE » « Donne la clef » « Non ! AÏE » « Donne la clef ! » « Tiens, la voilà ») et quand enfin on put ouvrir le coffre, il se révéla contenir une boule de feu ainsi qu’un deuxième coffret.

- Putain, ma barbe a brûlé ! râla le Nain.
- J’ai perdu au moins deux points de vie ! geignit le Voleur.
- Moi aussi ! se lamenta l’Elfe.
- Moi j’ai rien du tout ! Grâce à la robe de l’archimage, je… commença la Magicienne avec entrain.
- Ta gueule ! l’interrompirent les autres.

Ayamé (que la chance n’avait jamais abandonné selon les dires de tous, puisqu’au moment de la boule de feu il essayait justement une robe pare-flammes alors que, ayant essayé tous les vêtements du magasin, il aurait pu être revêtu de celle qui chatouillait toute autre personne que son propriétaire, par exemple), Ayamé donc fut invité à ouvrir le deuxième coffret, contenant un message moqueur de Zangdar.

- Il va me le payer ! grogna le Nain.
- Eh ben on va dévaliser son magasin ! proposa le Ranger.
- Ouaiiis !
- On va écrire des gros mots sur les murs !
- Ouaiis !
- On va égorger la Vendeuse !
- Ouais !

Il fallut arracher la Vendeuse des bras de Shiguré qui protesta avec véhémence, les joues en feu, les cheveux en bataille et les vêtements en désordre. La Vendeuse, elle, n’en avait plus du tout.

- Mais pourquoi tu lui as enlevé ses vêtements ? demanda l’Elfe ingénument.
- Euh… Pour trouver des objets… mentit Shiguré.
- Oh la belle paire de… ! s’exclama le Ranger, maintenant la jeune femme qui se débattait. Qui oserait porter la main sur une telle splendeur ?
- Je veux bien me sacrifier, fit le Nain d’un air concupiscent.
- Moi aussi ! intervint le Barbare.
- Attendez-moi ! s’écria le Voleur. J’arrive !

Alors qu’ils entouraient la Vendeuse, chacun arborant le même sourire qui ne présageait rien de bon, Shiguré capta le regard paniqué que la belle lui jetait désespérément et, toujours chevaleresque avec les dames, se jeta sur ses agresseurs et, créant une pagaille phénoménale qui lui permit de s’échapper (ce qui était le but).

- Bah, elle ira pas loin, à poil dans un donjon, fit le Nain lorsque la mêlée se fut un peu calmée et qu’on se rendit compte de sa disparition.
- Imbécile ! Elle va sonner l’alerte ! siffla le Ranger, fusillant Shiguré du regard. Celui-ci rajustait ses vêtements, l’air très digne.

La compagnie, consternée, mit un peu de temps à reprendre ses esprits.

- Eh bien, on dirait que ce donjon va être plus coriace que prévu, lança Ayamé, jetant un regard inquiet à Hatori qui depuis la boule de feu s’était traîné jusqu’au mur le plus proche, s’y était adossé et depuis restait assis là sans bouger, les yeux fermés et la mâchoire crispée.






Ce chapitre provient de Les fanfictions (fanfic ou fanfiction) de Fanfic FR
http://www.fanfic-fr.net

L'URL de ce chapitre est:
http://www.fanfic-fr.net/fanfics/Defis/NULL/0/FB-Naheulbeuk/1897/29259.html