
Disclaimer ! On a juste inventé le prénom de Lorcan pour Aphrodite, le reste est à Kurumada.
Rating : +18 ans (scènes de viol)
Résumé : Fic alternative, Un jugement, une prison, un dragon qui fait la loi… Et si tout n’était pas aussi simple ? (comme d’habitude, toujours aussi nulle dans les résumés donc lisez et vous verrez bien) Idée tirée du manga UGH.
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L’Italien était parti depuis deux jours maintenant et n’était toujours pas réapparu. Hyoga était occupé dans la bibliothèque quand un homme l’interpella pour un conseil. Vu sa beauté androgyne et la description qu’il en avait entendue, ça ne pouvait être qu’Aphrodite. Il était arrivé peu avant lui dans la prison mais ne l’avait jamais croisé jusqu’à présent. Tous les détenus le désiraient, mais sous ses airs de demoiselle c’était un véritable tueur. ‘Le tueur à la rose’ l’avaient surnommé les gardes.
« Je te vois enfin de près Archange. » fit ce dernier d’une voix douce.
« Je peux dire de même Aphrodite » répondit le Russe nullement impressionné.
Le Suédois eut un petit sourire amusé et, d’un geste sensuel, repoussa ses longs cheveux aigue marine derrière son épaule tout en plongeant son regard froid dans celui tout aussi glacial du Russe.
« Je crois que Masque ne reviendra pas avant quelques jours. D’ici là, fais attention à toi, il y a un Dragon qui n’est pas de bonne humeur du tout. Il paraîtrait qu’il se terre dans sa tanière, délaissant même son jouet attitré. » lui dit Aphrodite sur le ton de la discussion tout en passant ses doigts sur la tranche des livres qui couraient sur les étagères, faisant mine d’en choisir un.
« Pourquoi me dis tu tout ça ? » demanda Hyoga soupçonneux.
Celui que l’on surnommait le ‘tueur à la rose’ arrêta son doigt sur un volume qu’il sortit de son emplacement.
« Je vais prendre le Seigneur des Anneaux. » se décida t-il avec un sourire mystérieux sur ses lèvres légèrement rosées avant de tourner les talons avec un petit geste de la main en direction du Russe.
Ce dernier le regarda s’éloigner d’un air songeur. C’est vrai qu’en y réfléchissant, depuis que Masque avait été appelé, il n’avait pas aperçu une seule fois Kanon. Ce pourrait-il qu’il y ait un lien entre eux, autre que cette prison ?
Hyoga chassa cette pensée. Ca ne le regardait pas, il avait bien assez à faire avec ses propres soucis de toute façon. Il rangea encore quelques livres avant de retourner dans sa cellule où il eut la surprise d’y retrouver l’Italien, afféré à réunir quelques affaires.
« Masque ! Où étais tu pendant ces deux jours ? »
« Je n’ai pas le temps de t’expliquer en détail mais il y a une chance pour que mon procès soit réexaminé et je ne vais pas la laisser passer. »
« Hey mais c’est super ! » s’exclama le Russe, sincèrement content pour son ami.
« Attends, ne t’emballes pas ! Pour le moment ce n’est qu’une audience qui statuera si oui ou non, les nouveaux éléments apportés sont suffisants pour rouvrir mon dossier. En attendant, je suis momentanément transféré dans une prison de moins haute sécurité proche du tribunal. »
Voyant une lueur de tristesse traverser les yeux clairs du jeune homme, Masque le prit tendrement dans ses bras.
« Ne t’inquiètes pas, je ne serais absent que quelques jours. Quelqu’un de confiance va venir ici le temps que je revienne, prends soin de toi ! »
Il l’embrassa furtivement sur les lèvres et, avant que le Russe ne puisse rétorquer, s’en alla.
Kanon, qui était dans son couloir sombre, avait vu toute la scène sans être vu et fulminait de rage. Masque partait ? Très bien, il allait en profiter ! Ses pensées s’arrêtèrent là quand il vit le nouveau colloc d’Archange : Aphrodite.
« Et merde ! » jura le dragon avant de s’enfoncer un peu plus dans son couloir.
Si le blond était surpris par son nouveau co-détenu, il n’en laissa rien paraître. Il s’assit sur une chaise et le regarda s’installer. Au bout d’un moment, le Suédois s’avança vers lui, son regard planté dans le sien.
« Lorcan » se présenta-t-il en lui tendant la main avec un grand sourire.
« Hyoga » répondit l’autre en attrapant la main après une imperceptible hésitation.
Lorcan garda sa main un peu plus que nécessaire dans la sienne sans le quitter des yeux. Bien qu’un peu mal à l’aise devant un regard aussi pur que le sien, il le soutint d’un air légèrement innocent.
« Je crois qu’on va bien s’entendre tous les deux, Masque avait raison finalement. » finit par lâcher Aphrodite tout en lui rendant sa main, un sourire franc se peignant sur son visage.
Décontenancé, Hyoga ne lui rendit pas tout de suite son sourire.
« Tu veux dire que c’est Masque qui t’a envoyé ici ?! » demanda-t’il confirmation.
« Bien sur ! Mais ne t’en fais pas, tu n’as rien à craindre de moi, je suis uniquement un passif. » répondit Lorcan avec un clin d’œil.
Le Russe le fixa, un instant interloqué, avant d’éclater franchement de rire.
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Au bout de quelques jours, une amitié profonde s’était créée entre les deux hommes.
Hyoga remarqua que personne n’osait se frotter à Lorcan, dit Aphrodite à cause de sa très grande beauté et de son physique féminin mais sous lequel se cachait un être sans pitié qui n’hésitait pas à anéantir ceux qui se dressaient sur son chemin.
Il apprit qu’il avait été condamné à la réclusion à perpétuité pour avoir assassiné sans état d’âme en tant que tueur à gage.
Cela faisait maintenant deux semaines que Masque était parti et alors qu’ils évoquaient leur ami commun, Lorcan scruta soudainement Hyoga avec insistance.
« Quoi ? » fit ce dernier, surpris.
« Il ne t’a rien dit pas vrai ? Des raisons pour lesquelles il s’est retrouvé ici ? »
« Non et je n’ai jamais cherché à savoir, mais je sais qu’il y a quelque chose entre lui et Kanon. » répondit le Russe.
« Effectivement. Angelo est amoureux du frère jumeau de Kanon. » lui confia Lorcan.
Hyoga accusa le coup, il ne s’était pas attendu à ça.
« Mais alors pourquoi Kanon est-il là lui aussi ? » ne comprenant pas.
« Le frère de Kanon, Saga, a été drogué, tabassé et violé par des membres de la mafia japonaise. Ils se sont tellement acharnés sur lui, qu’il est dans le coma depuis presque 8 mois. Angelo était en voyage d’affaire et quand il est rentré c’est lui qui l’a découvert dans leur sous sol. »
« C’est pas vrai ! » s’écria le Russe en imaginant le choc que cela avait du être pour l’Italien.
« Quand Kanon l’a appris, il a pété les plombs et a réussi à retrouver ceux qui avaient torturé son frère. Il a emmené Angelo avec lui et ils leur sont tombés dessus par surprise. Ils ont réussi à les maîtriser et les ont livrés à la police. L’enquête a fini par prouver qu’il y avait eu des témoins, ses voisins, mais que ceux-ci n’étaient pas intervenus. Ce qu’Angelo ne savait pas en se rendant chez eux avec Kanon, c’est qu’ils appartenaient eux aussi à
« C’était donc un accident ! Masque n’a pas de raison d’être ici ! » s’exclama Hyoga.
« Ce n’est pas si simple. L’homme qui est mort était le fils d’un politicien véreux et il a fait en sorte qu’Angelo soit condamné pour meurtre et Kanon pour complicité de meurtre avec circonstances aggravantes. De plus, l’arme n’a jamais été retrouvée, il est donc impossible de prouver qui a tirer et comme Angelo était couvert du sang de la victime, tout était contre lui. »
Hyoga n’en revenait pas. L’homme qu’il aimait était dans le coma et Masque était enfermé loin de lui pour un meurtre qu’il n’avait pas commis.
« Pourquoi Masque et Kanon se haïssent-ils ? » demanda t-il une dernière fois à Lorcan.
« En fait, Saga était sensé partir avec son amant, mais ils ont eu une violente dispute et Angelo est finalement parti seul. Kanon lui reproche ce qui est arrivé à son frère et Angelo souffre de voir le visage de Kanon tous les jours qui lui rappelle trop celui de Saga. »
Le silence s’installa dans la cellule, l’un comme l’autre éprouvait de la peine pour leur ami et Hyoga commençait à voir Kanon d’un autre œil, comprenant un peu mieux l’attitude de celui-ci à son égard.
« Et bien, quelles têtes vous faites ! Quelqu’un est mort ? »
Les deux détenus relevèrent la tête pour découvrir l’Italien qui se tenait à l’entrée de la cellule, son éternel sourire ironique plaqué sur ses lèvres.
« Masque ! »
« Angelo ! »
Tous deux lui sautèrent en même temps au cou, heureux de le revoir.
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Alors que Lorcan réintégrait son ancienne cellule, Masque s’approcha de Hyoga et le serra fort dans ses bras.
Le Russe lui rendit son accolade de bon cœur et, mu par une envie soudaine, colla ses lèvres à celle de l’Italien. Ils échangèrent un long baiser profond, se délectant de la saveur de l’autre. Quand ils se séparèrent, Hyoga put lire la surprise dans le regard de Masque.
« Ne cherche pas, j’en avais envie c’est tout. » lui fit-il avec un clin d’œil.
L’Italien lui avait manqué. Il se sentait en sécurité avec lui et, bien qu’il n’éprouvait aucune attirance d’ordre sexuelle pour un autre homme, il devait s’avouer qu’il avait pris goût aux marques d’affection que lui prodiguait son co-détenu, même si celles-ci étaient un peu poussées.
« Rappelles toi ce que je t’ai dit, Hyoga, si j’en ai l’occasion, je te prendrai sans hésitation. » rétorqua Masque d’une voix sourde que démentait la lueur moqueuse qui dansait dans ses yeux.
« Je sais que tu ne le feras pas. » répondit le Russe après un instant de réflexion.
« Et peut-on savoir ce qui te rend si sur ? »
L’Italien le regardait, amusé, son regard avait tout du chasseur prêt à fondre sur sa proie.
« Parce que Lorcan m’a tout raconté et que je sais que tu aimes déjà quelqu’un. » avoua le blond doucement, guettant sa réaction.
Le visage d’Angelo devint blême, il tituba jusqu’à son lit et se laissa tomber assis dessus, la douleur se lisait dans ses prunelles.
« Je suis désolé, Masque, je ne voulais pas… » s’excusa le jeune homme en se traitant d’idiot.
« Ce n’est rien… c’est juste que… »
Il ne put finir sa phrase, des larmes coulaient sur ses joues, il se cacha le visage dans ses mains, honteux de se laisser aller en présence de quelqu’un. Hyoga vint s’asseoir près de lui et le prit tendrement sans ses bras, lui caressant doucement les cheveux pour l’apaiser. Quand il se fut repris, Masque se détacha légèrement de Hyoga mais resta dans ses bras.
« Saga était flic, il était infiltré dans
Masque serra les poings de colère au souvenir de la vision qu’il avait alors eu de son amant.
« Ils l’ont drogué pendant des jours, le torturant, le violant, l’humiliant ! Quand Kanon l’a appris, je n’ai pas pu le retenir. Il a réussi à les retrouver et il m’a appelé pour que je le rejoigne. Nous avons réussi à les maîtriser à deux et les avons arrêté. Mais quand nous avons appris pour mon voisin et que nous sommes allé le voir pour obtenir des explications, ça a mal tourné et il est mort. »
Hyoga était écoeuré. Il resserra son étreinte autour des épaules de son ami.
« Je connais la suite, Lorcan m’a tout expliqué. » lui confia t-il.
« Mais ils vont payer ! Deux collègues des jumeaux n’ont pas lâché l’affaire et, depuis 8 mois, ils cherchent à les faire tomber et tentent de nous sortir de là. Mon avocat m’a appris qu’ils avaient de nouvelles preuves m’innocentant et surtout qu’ils avaient tout ce qu’il fallait pour épingler la bande. Ca a été dur de trouver un juge qui accepte de se charger du dossier mais notre procès va être révisé. » fit Masque d’une voix où pointait à présent une colère froide.
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Ils étaient assis tous les deux sur la couchette de Masque. Après les révélations de l’Italien, ils s’étaient rendus au réfectoire pour dîner et nombre de détenus avaient manifesté leur joie de retrouver le rital. Hyoga avait aperçu le Dragon qui les observait de loin d’un air indéfinissable et au lieu de lui renvoyer un regard glacial, comme il en avait l’habitude, il ne put s’empêcher de ressentir de la compassion pour Kanon. Celui-ci perçut le changement et afficha une mine surprise avant de se reprendre et de partir.
Les portes des cellules s’étaient refermées pour la nuit, les lumières étaient éteintes, seule la lueur des veilleuses du couloir leur procurait un faible éclairage.
Angelo, comme à son habitude, caressait distraitement la cuisse du Russe quand celui-ci sentit la main glisser vers une zone plus intime. Etonné, il tourna ses yeux vers l’Italien qui l’embrassa légèrement avant de lui murmurer quelques mots à l’oreille. Hyoga se recula légèrement, immobilisant la main baladeuse.
« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, tu le regretterais et je ne suis pas prêt pour ce genre de chose. » lui dit-il gentiment.
« Cela fait huit mois que je tiens le coup et que je n’ai jamais faibli, mais toi tu es différent. Je me suis confié à toi, tu m’as vu pleurer… Hyoga… je ne te demande pas de me donner ta virginité… j’ai juste besoin de toi ce soir… »
Le regard de Masque était si sincère que Hyoga le crut. Et puis après tout, ils s’étaient déjà touchés et ce serait plus excitant d’avoir une autre main que la sienne sur son membre pour le mener au plaisir.
Sentant l’acceptation du Russe, l’Italien le renversa tendrement sur le lit et, tout en le caressant, lui retira ses vêtements. Il laissa le jeune homme faire de même avec lui avant de revenir contre lui et de prendre ses lèvres en un baiser doux et sensuel.
Hyoga laissa la langue de Masque se frayer un passage et envahir sa bouche, trouvant rapidement une compagne pour entamer une danse des plus érotiques, mêlant leur salive et partant à la découverte de la saveur de l’autre.
Excité par ce baiser langoureux, Angelo laissa courir ses doigts sur la peau hâlée du Russe, redessinant les contours de chaque muscle, trouvant les points sensibles, provoquant de légers spasmes de désir chez son partenaire.
Hyoga, étonné et grisé par les sensations qui parcouraient son corps, laissa, à son tour, sa main glisser sur le corps bronzé de l’Italien, appréciant de sentir les muscles puissants rouler sous ses doigts, descendant toujours plus bas, vers l’objet qui demandait son attention. Il referma sa main hésitante sur le membre dressé au moment même où il sentit son propre sexe enserré dans une poigne chaude et douce. Il poussa un petit gémissement lorsque Angelo entama de longs mouvements de va et vient et s’appliqua lui aussi à les reproduire à son tour.
Enivrés par le plaisir qu’ils sentaient tous deux monter en eux par vagues de plus en plus puissantes, ils accélérèrent leurs mouvements sur le membre gonflé de désir de l’autre, haletant de plus en plus, cherchant à étouffer leurs gémissements contre leurs lèvres qui ne se quittaient plus. De la lave coulait à présent dans leur veine. Le risque d’être surpris par un surveillant, la gêne que les autres détenus ne les entendent, le lieu même où ils se trouvaient, tout s’accordait pour aiguiser leurs sens et donner une sensation d’urgence à leur besoin de jouissance.
Leurs langues se cherchaient, se trouvaient, puis se quittaient avant de revenir encore et encore telles deux papillons attirés par une source de lumière. Des frissons leur parcourraient le corps tout entier, ils avaient chaud, la moindre caresse les électrisaient, leurs mouvements se faisaient plus erratiques, leurs souffles se mêlaient. Quand l’ultime plaisir les faucha tous les deux au même moment, il étouffèrent leur cri dans le cou de l’autre tout en se serrant plus fort encore, répandant leur semence sur leurs deux ventres rapprochés.
Ils restèrent le regard plongé dans celui de l’autre, reprenant lentement leur souffle, étonné d’avoir pu ressentir une telle volupté.
Quand Masque releva sa main et qu’il goûta à la substance qu’il avait sur les doigts, Hyoga le regarda d’un air effaré, le faisant éclater de rire. Lentement, il remonta la main du Russe et la porta à ses lèvres. D’abord réticent, celui-ci finit par goûter à son tour avant que l’Italien ne prenne les doigts du blond dans sa bouche tout en lui mettant les siens dans la sienne.
« Goûtes toi, tu es délicieux. » lui fit-il d’un air taquin.
Hyoga referma ses lèvres sur les doigts d’Angelo et les taquina avec sa langue tout en lui lançant un regard affectueux. Ce dernier retira doucement sa main et caressa la joue du blond.
« Tu as aimé ? » lui demanda t-il, une pointe d’inquiétude dans la voix.
« Je ne pensais pas le dire un jour mais oui. Certainement parce que c’était toi et… aussi parce que je savais que je pouvais te faire confiance. »
Masque sourit et se pencha sur le Russe pour effleurer ses lèvres d’un chaste baiser.
« Tu sais, Kanon, ce n’est pas le mauvais gars mais méfie toi quand même de lui, s’il te veux c’est uniquement parce que tu es avec moi et qu’il croit qu’il me blessera s’il te domine. Ne le laisse pas faire. »
« Je n’ai pas l’intention de me laisser faire. » lui répondit Hyoga d’une voix ensommeillée avant de mieux se blottir dans le creux de l’épaule de l’Italien et de se laisser envahir par le sommeil.
Masque avait les yeux grands ouverts, machinalement il caressait la chevelure blonde mais son esprit était ailleurs. Il savait ce que Kanon avait en tête en voulant absolument Hyoga pour lui et en le défiant aussi ouvertement, mais il ne le laisserait pas faire, pas comme ça, pas pour de mauvaises raisons.
Il connaissait le frère de l’homme qu’il aimait mieux que personne et était passé maître dans l’art d’interpréter ses moindres réactions. Il avait su lire dans le regard que Kanon portait sur le Russe et, intérieurement, il avait été heureux de constater qu’il n’avait pas définitivement sombré dans son isolement volontaire, porté par la douleur qu’il ressentait pour son jumeau et par son désir de vengeance qu’il ne cessait de ressasser.
Cependant, il savait aussi que ce dernier lui vouait une rancœur tenace, le rendant responsable de ce qui était arrivé à Saga et, qu’aveuglé par ce sentiment, il n’arriverait pas à faire la part des choses s’il lui laissait avoir Hyoga. Il souffrirait encore plus, entraînant certainement le jeune homme dans sa descente aux enfers. Et ça, il ne pouvait le laisser arriver, autant pour l’un que pour l’autre.
Il s’était immédiatement pris d’affection pour le Russe qui lui rappelait Kanon par certains côtés et avait décidé de le prendre sous son aile. Il s’amusait de le voir embarrassé face à l’homosexualité masculine, dissimulant son trouble sous un masque froid et mordant. Il avait vite deviné que c’était un hétéro et prenait plaisir à le taquiner gentiment en le poussant dans ses retranchements.
Masque repensa à ce qu’il s’était passé ce soir. Comment en étaient-ils arrivés là ? Stress ? Manque ? Frustration ? Affection pour le blond ? Certainement un peu de tout ça.
Il avait vécu sur les nerfs depuis huit mois, sentant ses espoirs de revoir Saga diminuer chaque jour un peu plus. Quand son avocat lui avait appris que de nouveaux éléments apportés au dossier permettraient d’obtenir la révision de son procès et que le juge avait accepté, il avait à peine réagit, se laissant porter par les évènements qui se bousculaient. Puis, de retour à sa cellule, quand Hyoga lui avait sauté dans les bras, il avait enfin réalisé et ses nerfs avaient lâché.
En tout cas, ce soir il avait appris une chose importante que le Russe ignorait encore lui-même. Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Masque en pensant que sa première intuition ne l’avait pas trompé à propos de son co-détenu.
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Une semaine plus tard, Masque s’absenta de nouveau, appelé par son avocat. Aussitôt, Aphrodite revint s’installer dans la cellule.
« Prends soins de lui Aphro…. » lui avait-il dit tout bas à l’oreille pendant qu’il le serrait amicalement.
« Comptes sur moi ! »
Il avait aussi pris Hyoga dans ses bras.
« On se voit bientôt ! » lui avait-il promis.
Après le repas, Hyoga se rendit à son poste de travail à la bibliothèque. Alors qu’il se trouvait dans une pièce, servant de réserve, où les nouveaux livres qui arrivaient étaient stockés avant d’être répertoriés puis mis sur les étagères de la salle principale, il se sentit brusquement bizarre, il avait beaucoup trop chaud, il transpirait à grosses gouttes, sa vue s’embrumait. Il fît quelques pas avec l’intention de se rendre à l’infirmerie mais avant même d’atteindre la sortie, il s’écroula.
« A nous de jouer maintenant. » dit une voix qu’il connaissait.
Il sentit qu’on le relevait et qu’on le bloquait, tandis qu’une autre personne s’affairait à lui arracher ses vêtements, le laissant en boxer. Il tenta de se défendre, sans grand succès, il n’avait plus de force. Un de ses agresseurs le cala plus fermement contre son torse. Hyoga émit une faible plainte et une main lui couvrit aussitôt la bouche alors qu’il tentait vainement de se débattre plus fort quand il sentit des mains baladeuses qui s’acharnaient sans douceur sur son corps. Il hurlait de rage intérieurement. Il se sentait de plus en plus faible, confus, son esprit était comme anesthésié et c’est à peine s’il réagit quand on tenta de lui écarter les cuisses.
Il avait envie de vomir, ces mains sur sa peau provoquaient en lui un profond dégoût mais il ne pouvait bouger, tel un pantin passif laissé à la merci de ses tortionnaires qui le touchaient rudement.
Puis soudain, plus rien, plus de prises, plus de toucher désagréable, juste le sol froid sous lui et la sensation de ténèbres qui se referment autour de sa conscience.
« Archange, respire ! RESPIRE ! »
« Merde, il est en état de choc ! »
Ces voix là aussi lui étaient familières, pourtant celles là il les trouvait chaudes puis ce fût le trou noir.
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Hyoga se réveilla, il avait la tête lourde, il ne reconnaissait pas sa cellule. Il avait la vue un peu brouillée et penchant la tête sur le côté, aperçut une forme humaine dont il ne distingua pas les traits.
« Tu te sens comment ? »
Kanon ! Il aurait reconnu cette voix entre mille. Paniqué, il se redressa sur le lit tant bien que mal et referma un instant les yeux tant la tête lui tournait. Quand il les rouvrit il distingua mieux le Grec qui l’observait avec intérêt.
« Je suis où ? » articula t-il d’une voix qui lui semblait pâteuse à l’attention du Dragon.
Celui-ci n’eut pas le loisir de répondre, Aphro entra en trombe dans la pièce en le poussant et se posta près de l’agressé.
« Tu es enfin réveillé, on s’est beaucoup inquiété ! »
Il le prit dans ses bras et le réconforta comme son grand frère le faisait. Il eut un nœud dans la gorge et des larmes coulèrent le long de ses joues. Kanon s’approcha lentement et, à la plus grande surprise de Hyoga, lui prit la main en guise de soutien. Le Blond finit par s’endormir entouré de ses deux protecteurs.
Lorsqu’il se réveilla pour la deuxième fois, il vit que Kanon n’avait pas quitté son chevet et quand il croisa le regard océan, celui-ci s’encra au sien, les doigts du Dragon lui caressant tendrement la joue.
« Pour répondre à ta question, Archange, tu es dans mon antre. » lui murmura t-il d’une voix grave aux intonations chaudes.
« Je croyais que ça devait être de gré ou de force,… inconscient n’était pas inclus dans le contrat. » ajouta t-il en plaisantant.
Lorcan, que Hyoga n’avait même pas remarqué, endormi à ses côtés, manifesta soudain sa présence en s’étirant.
« Il est quelle heure ? » demanda-t-il la voix ensommeillée
« 18h » lui répondit Kanon sans quitter le Russe des yeux.
Le Suédois se tourna vers Hyoga, soucieux de savoir s’il allait mieux.
« Comment te sens tu ? »
Le blond du faire un énorme effort pour éviter de se noyer dans les prunelles du Dragon et se tourner à son tour vers Lorcan.
« Beaucoup mieux … mais que s’est-il passé ? »
Ses idées s’embrouillaient encore, il se revoyait dans la réserve, il avait cru se sentir mal, des mains qui le touchent avidement… Il secoua la tête à ce souvenir, une sensation de dégoût lui souleva le cœur et il se retint de vomir.
« Tu as été drogué. Kanon et moi sommes arrivés à temps. » lui répondit le Suédois en faisant court pour ne pas provoquer de gêne chez le Russe.
Mais celui-ci releva soudain la tête, une lueur furieuse dans le regard.
« Ces voix ! Je les connais ! Il va me le payer cher ! » se fit-il à lui-même en serrant ses poings de rage.
« On va se casser la croûte ?? » dit Aphrodite dans l’espoir de relâcher un peu la tension qui s’était brusquement installée dans la pièce.
Ils se rendirent tous les trois au réfectoire, créant la surprise et l’envie chez nombres de détenus et prirent place à une table après avoir rempli leur plateau.
Quand Rhadamanthe fît son entrée suivi de ses sbires, Hyoga voulu se lever mais en fût empêché par la main rassurante mais ferme de Kanon sur son épaule. Le Russe lui lança un regard noir avant de le reporter sur son agresseur et de s’apercevoir qu’il avait déjà eu son compte.
Près de lui, Lorcan lui assura qu’il n’était pas nécessaire de se rabaisser à se salir les mains pour de la vermine pareille.
« En plus, il ressemble à une balayette à chiotte avec son gros sourcil unique! » rajouta t-il avec une expression de dégoût sur le visage qui fit rire Hyoga.
Lorcan capta le regard de Kanon d’un air entendu avant de se pencher à nouveau sur le contenu de son assiette.
Tous les regards se tournèrent vers l’entrée, curieux, détaillant le nouveau sous toutes les coutures.
Lorcan avait le souffle coupé devant cet être magnifique à la démarche majestueuse. Il n’arrivait pas à décrocher son regard du nouveau venu. Kanon eut un petit sourire face à la réaction de son ami alors que Hyoga avalait d’une traite son verre d’eau avant de replonger le nez dans son assiette.
« Aphro, tu as un nouveau co-détenu ! » ordonna le garde qui accompagnait le nouveau prisonnier avant de faire demi tour.
Lorcan se leva, comme hypnotisé, et se dirigea vers l’homme qui était resté planté au même endroit, droit et fier malgré sa tenue d’incarcéré.
« Salut, moi c’est Aphrodite. »
« Camus. » répondit l’autre au bout d’un moment en relevant la tête et en plantant un regard glacial dans les yeux du Suédois qui en resta sans voix.
Se ressaisissant rapidement, il se drapa dans son rôle de tueur solitaire et sans âme et rendit son regard au Français avant de lui ordonner de le suivre. Lorsqu’ils passèrent près de la table où se trouvaient Hyoga et Kanon, Camus eut un léger sursaut de surprise mais se reprit et suivit le Suédois comme si de rien était.
Mais le geste n’avait pas échappé au Dragon qui observa le Russe à la dérobée alors que le visage de celui-ci reflétait un mélange de joie et de tristesse. Que cachait-il ?
Plus tard, alors qu’il avait laissé le Suédois partir seul à la douche, Hyoga se rendit dans la cellule du Français.
« Gabriel ? Mais qu’est ce que tu fais là ? » fit-il avant de se jeter dans ses bras, en pleurs.
Kanon, qui avait suivi le blond, se tenait adossé contre le mur, caché et ne perdait rien de leur conversation. Ainsi donc, son intuition était bonne, ils se connaissaient et même très bien vu la façon dont Hyoga s’était jeté dans les bras du nouveau.
« Tout comme toi, je ne suis plus en sécurité là-haut ! » répondit Camus en serrant le jeune homme contre lui.
« Mais t’es malade d’être venu ici ! Pourquoi tu n’es pas allé en Sibérie ? Et pourquoi, toi tu n’es pas en sécurité dehors ? Ils ne savent pas que tu es mon frère, on ne porte même pas le même nom !! » continua de le questionner le Russe alors qu’il détaillait son grand frère avec amour, heureux de pouvoir le serrer dans ses bras.
Kanon était inexplicablement rassuré, il n’y avait rien entre ces deux là, hormis des liens génétiques. Il était assez content de ce fait et se souriait à lui même.
« Hyoga, maintenant, il le savent. » reprit l’aîné d’une voix grave.
« Oh, non, c’est pas possible ! Et pourquoi t’ont-ils envoyé ici toi aussi ? Ils auraient pu t’envoyer ailleurs. Ce n’est pas un endroit pour toi… »
Hyoga se remémorait se qu’il venait de vivre et se prenait brusquement à avoir peur pour son grand frère, même s’il le savait suffisamment fort pour se défendre et mettre sérieusement à mal ses adversaires ; après tout, c’était Gabriel qui lui avait appris à se battre.
« Ecoutes moi Hyoga, ils m’ont retrouvé là-haut et, d’après ce que m’ont dit les types chargés de ma surveillance, cela n’aurait pas du être possible à moins d’avoir une source de renseignement dans leurs propres services. Ils ont donc fait croire à ma mort et m’ont envoyé te rejoindre. Ils m’ont aussi dit qu’ils avaient introduit un de leurs hommes ici pour veiller sur toi, comme ça on sera deux à le faire. » termina le Français avec un petit clin d’œil.
Hyoga eut un sourire à faire damner un Saint, ce qui rendit Kanon jaloux, il se jura qu’un jour l’Archange lui offrirait un aussi magnifique sourire. En attendant, il en avait assez entendu et une discussion avec Aphrodite s’imposait d’urgence.
Quand il avait vu le Suédois débarquer à la prison quelques semaines plus tôt, il avait été très surpris. Qu’avait-il donc fait pour se retrouver avec eux ? Lui qui passait pour être un modèle de professionnalisme et d’intégrité. Kanon lui avait aussitôt posé la question mais n’avait pas obtenu de réponse autre que celle qu’il servait à tout le monde, ce en quoi il ne croyait pas une seule seconde. Il avait finit par en déduire qu’il était ici pour quelqu’un… et il venait de découvrir qui et pourquoi.
« Au fait, Hyoga, pourquoi on doit passer ce couloir sombre avant d’accéder à cette cellule ? » questionna soudain Gabriel.
« Tout ce que je sais, c’est qu’on est dans l’antre du Dragon… »
« C’est quoi cette histoire ? »
« J’en sais rien du tout. » lui avoua Hyoga tout en se disant à lui-même qu’il aurait bien aimé que Masque soit là pour lui présenter son frère.
Le jeune Russe avait tellement d’affection pour l’Italien qu’il avait finit par le considérer comme son second grand frère. Il serait tellement content quand il pourrait enfin le lui présenter.