
Deux mois s’étaient écoulés depuis sa sortie de l’hôpital. Mû s’éveilla et s’étira comme un chat, il étendit le bras pour tomber sur un corps chaud et doux. Le jeune homme ne résista pas à l’envie de se retourner pour embrasser l’épaule de son amant et se blottir contre lui. Bientôt trois semaines, que l’atlante avait choisit en son âme et conscience l’homme de sa vie et pas une seconde ne s’écoulait depuis sans qu’il se félicite de son choix. Quand il se trouvait dans ses bras ou lui dans les siens, Mû ressentait une joie incommensurable. Le simple contact de sa peau devenait une jouissance à part entière. Mû était amoureux, amoureux fou et il avait mis bien longtemps à le comprendre… et encore plus à l’avouer à l’homme de son cœur. Son introspection avait durée longtemps, et Mû s’en souvint avec nostalgie, comme on regarde un vieux film apprécié dont on connaît la fin, mais dont on savoure chaque instant.
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Après l’épisode du baiser de Shaka, Mû se sentait mal à l’aise avec Aldébaran. Bien que son ami ne lui ait soufflé mot de cette affaire, l’atlante se doutait de l’inconfort du Taureau. Cela le mettait dans une situation qu’il détestait et Mû opta pour la fuite. Il se rendit à Jamir pour soi disant pour mettre de l‘ordre dans le château avant la grande bataille. Personne n’était dupe… surtout pas ses deux meilleurs amis. C’était un comble, le bélier avait tout fait pour sortir de son isolement et retrouver ceux qu’il considérait comme son unique famille et là, à cause d’un simple baiser, il se claquemurait à Jamir volontairement. Oui, c’était vraiment un comble ! Au bout d’un mois, le jeune homme fut contacté d’urgence par Shaka, lui-même.
- Mû, nous avons eu un souci au sanctuaire il serait judicieux que tu revienne assurer la sécurité de ton temple.
Tel fut le message téléphatique de la Vierge, et pourtant, Mû perçut derrière ces paroles bénignes, un sens caché qui lui donna froid dans le dos. Le jeune homme prépara sur le champ ses bagages pour retourner au sanctuaire. Moins de deux heures plus tard, Mû inspectait son temple. Emphate, il sentit la trace d’un cosmos étranger qui s’était permis de franchir l’enceinte de sa demeure. Une angoisse sourde lui broya le cœur, créant un nœud dans son ventre. Il remonta un peu plus loin, jusqu’à la demeure du taureau pour lui signifier son retour. Là, sur le seuil de la maison de son ami, l’atlante ressentit des traces de trois cosmos. Un seul lui était familier, celui d’Aldébaran.
- Aldé ?….. Je suis de retour. Aldé ?…. AL DE BA RAN !!
Milo apparut descendant à sa rencontre.
- bonjour Mû ! Ne crie pas comme ça. Il ne peut pas t’entendre il n’est pas là !
- ah, bon ! Et où est-il ?
- et bien, comme Shaka te l’a dit, nous avons été attaqué par un des guerriers d’Asgard, c’est une contrée qui se trouve..
- C’est bon, je suis où cela se trouve, coupa Mû, stressé.
Milo soupira mais poursuivit
- Aldébaran fut le premier qu’il rencontra. Il a combattu mais s’est retrouvé gravement blessé. Ne t’inquiéte pas il n’est pas mortellement blessé. Il va beaucoup mieux, c’est Marine, tu sais, la belle rousse qui sort avec Aïolia, qui le soigne et…
Et Milo finit son discours seul, car l’atlante se téléporta rapidement dans la petite maison où logeait Marine. Il trouva Aldébaran et la jeune femme en train de discuter.
À son grand soulagement, bien que bandé de toute part, le brésilien avait l’air en forme, bien que soucieux. Mû s’annonca d’une flambée de cosmos et entra.
- bonjour, Marine.
- bonjour, Mû. Écoute Aldébaran, je vous laisse tout les deux. Je vais immédiatement partir à Asgard pour prévenir Seiya de ce que tu viens de me révéler mais avant je passe le dire au Vieux Maître.
Une fois le chevalier d’Argent partit.
- Puis-je savoir de quoi il s’agit ?
Et Aldébaran expliqua à l’atlante son point du vue sur l’attaque du guerrier divin.
- Mû, crois moi, je ne suis pas fier au point de renier m’être fait battre mais je suis sûr et certain que le coup venait de derrière. J’ai beau retourner les choses dans ma tête, je ne vois pas d’autres explications. Tu me crois, n’est pas ?
- Oui, je te crois pourquoi douterais-je de toi, mon ami ? Je te connais suffisamment pour savoir que tu es sincère et que tu ne mens jamais.
Marine revint au bout d’une heure, porteuse de nouvelles.
- Le Vieux Maître m’a autorisée à partir prévenir les bronzes, mais…
- Ne t’inquiète de rien, je prend le relais. Je veillerai sur Aldébaran, jusqu’à sa complète guérison qui ne saurait tarder.
La jeune femme s’en alla, apaisée que ce soit l’atlante qui s’occupe du taureau.
Mû observa le taureau à la dérobée tout en préparant le repas de midi. Aldébaran, était bâti comme un dieu grec, il était herculéen. Sa musculature puissante mais proportionnée, se contractait à chaque mouvement et ondulait sous sa peau tannée par le soleil. Chaque muscle comme sculpté d’une main de maître sur son large torse donnait une impression de puissance considérable. Et pourtant, celui qui connaissait Aldé, comme lui, était surpris de trouver autant de douceur et de délicatesse dans cette grande carcasse à l’apparence de brute. Aldébaran était fait d’un fabuleux mélange de force et de douceur, et quant on discutait avec lui, sa culture étonnait, ses yeux noisette pétillaient de malice. Son rire communicatif rendait les gens heureux autour de lui. Nul ne pouvait rester de marbre face au taureau. Un si savoureux mélange… offrant sans condition sa protection et son affection à ceux qu’il aimait….Le jeune atlante se mit à rêver, et se secoua mentalement, s’apercevant que ses songes n’avaient plus rien de chaste !
Le taureau releva la tête, les narines frémissantes, humant avec délice l’odeur de viande grillée. Dans le four cuisait tranquillement les frites que Mû avait trouvé dans le congélateur de Marine.
Il mit la table, mais déjeuner en tête à tête avec le taureau, dans l’état d’esprit dans lequel il se trouvait, ne l’enchantait guère. Pris entre deux feux, le jeune homme ne savait vers quel saint se vouer et opta pour l‘indifférence forcée. Il se composa par habitude un masque doux, poli mais froid.
- tu peux te lever et venir à table où tu préfères que je t’apporte un plateau dans ton lit ?
- non, non, ne te donne pas cette peine, Mû. J’arrive.
Le taureau se leva, ses muscles saillants roulant sous le satin de sa peau. Mû détourna le regard et se concentra sur la table où il déposa ses plats chauds. Quand il releva la tête, ce fut pour constater qu’Aldé avait passé un tee shirt, et Mû soupira d’aise. Ce serait plus facile s’il n’avait pas le corps parfait de son ami sous les yeux. Les deux jeunes gens commencèrent à manger. Au café, Aldébaran rompit le silence.
- Mû, je te demande pardon pour l’autre jour, mais je suis parti parce que….. Je ne voulais vous déranger, toi et Shaka.
- Tu ne nous aurais pas déranger tu sais. Tu…tu n’es pas choqué… je veux dire… pour mes … préférences.
Aldébaran lui offrit un large sourire dont lui seul avait le secret.
- non, au sanctuaire, tu sais… j’en ai vu d’autres…….. Et puis, je ne suis pas contre la chose moi non plus.
Sous l’effet de la surprise, Mû faillit s’étranglé avec sa gorgée de café. Voyant le jeune homme devenir rouge pivoine, Aldébaran se leva, fit rapidement le tour de la table et tapota doucement le dos de son ami. Mû reprenant une couleur normale, leva des yeux encore larmoyants, vers Aldé. Le regard noisette s’accrocha au regard émeraude, laissant passer une myriade de sentiments. Certains, laissant Mû, pantois.
- tu vas mieux ?
- oui, merci
La réponse de Mû n’était qu’un souffle, son trouble devenait perceptible, un étrange fourmillement vint lui chatouiller les reins. Il se leva pour débarrasser la table, espérant échapper à la proximité du taureau. Mais celui-ci le rattrapa par le poignet et l’obligea à se retourner.
- Mû, je……………..
- oui, Aldé ? Murmura Mû le souffle soudain court.
Le taureau poussa un profond soupir.
- non, rien….. Je voulais te remercier pour tout ce que tu fais pour moi. Merci, mon ami.
- De rien, lui sourit l’atlante légèrement déçu, de rien.
Une fois la vaisselle faite, Mû demanda à voir les blessures du taureau. Ils défirent les bandages avec précaution. Mû augmenta légèrement son cosmos et passa sa main auréolée d’or sur les diverses plaies les faisant cicatrisées plus vite. Le jeune homme sentait le brésilien se contracter et frémir chaque fois que ses mains entraient en contact sa peau. Le jeune homme ne savait comment interpréter cette réaction. Les soins terminés, Aldébaran n’eut pas besoin de remettre ses pansements.
- tu es doué, j’ai l’impression d’être une armure remise à neuf !
Mû éclata de rire, et le regard d’Aldébaran coula sur lui comme une caresse.
- Aldé, tu n’es pas une armure, voyons. Mais cela fait longtemps que je sais aussi soigné les hommes.
Les deux hommes se sourirent, complices et ils remirent tout en place chez leur hôtesse. Puis se séparant, ils partirent chacun dans leur temple respectif, méditant sur cet échange riche en enseignement.
Le lendemain, la nouvelle de la victoire des bronzes à Asgard et la disparition d’Athéna firent sensation au sein de la chevalerie rassemblée au treizième temple. Mais le Vieux Maître leur confia par transmission de pensée que la lutte des jeunes gens contre l’empereur des Mers, le grand Poséidon avait commencée.
Il fit parvenir son armure au jeune disciple de Mû, afin que l’enfant fasse la navette entre les piliers des sept mers confiant ainsi les armes nécessaires à leurs destructions. Télépathiquement, Mû donna des conseils à son apprenti, sentant malgré tout son cœur se serrer gonflé d’appréhension. C’était la première mission importante de l’enfant, et tel un père aimant, le jeune homme ne pouvait s’empêcher de craindre quelques périls pour cet insouciant qu‘était son élève. Il sentit une main chaude mais discrète se poser sur son épaule, le rassurant et il croisa le regard bleu turquoise de Shaka, serein. Ce dernier savait toujours apaiser Mû par son attitude posée et réfléchie. Les chevaliers d’or se séparèrent, Shaka interpella l’atlante :
- Bonjour, Mû. Comment vas-tu ?
- Bonjour Shaka, je vais bien, je te remercie.
- Allons ne me joue pas cette comédie, tu es inquiet… cela se voit.
- c’est normal, tu ne crois pas ?
- Mû c’est le destin de cet enfant. Quoi qu’il puisse arriver, il est promis, comme nous, à se battre pour Athéna.
Mû soupira et regarda son homologue droit dans les yeux que Shaka gardait toujours ouvert avec lui.
- je sais, mais j’espérais que ce soit le plus tard possible.
Shaka ne répondit pas immédiatement, leur pas les avaient mené jusqu’au temple de la vierge. Sur le parvis du temple, l’indou demanda
- tu veux un thé ? Au jasmin ?
Mû rit, laissant Shaka subjugué par la beauté que l’atlante dégageait
- avec plaisir, merci. Tu te souviens bien de mes goûts. Le thé au jasmin… irrésistible.
Shaka lui rendit son sourire.
- A plus tard vous deux !! Leur fit une voix visiblement pressée traversant le temple à toute vitesse.
- A plus tard Aldé, répondit Mû au taureau déjà loin qui ne l’entendit sans doute pas.
Shaka introduit Mû dans le salon et se dirigea vers la cuisine pour le thé. Il en ressort quelques instants plus tard, découvrant que l’atlante n’avait pas bougé d’un iota.
- tu peux t’asseoir, ce n’est pas interdit.
- Il se dégage une telle sérénité de cette pièce.
- Oui, je médite ici de temps en temps, c’est drôle d’ailleurs, à l’endroit exact où tu te trouves. Viens assieds toi là.
La vierge désigna un fauteuil tout proche du sien. Mû prit place et commença à siroter son thé.
- délicieux.
- comme toi.
- Shaka, s’il te plait. Ce n’est pas le moment de flirter. Nous allons bientôt entrer en guerre contre Hadès. Le sceau d’Athéna arrive au terme de sa résistance et…
- Je sais tout cela, mais justement, là ou tu te trompes, Mû, c’est que je crois que c’est peut être le moment où jamais. Car je pense que notre mort sera inéluctable dans cette guerre. Alors pourquoi ne pas profiter des instants qui nous sont offerts ?
Mû resta silencieux, jouant avec sa tasse. Puis il prit la parole sachant pertinemment qu’il blesserait le chevalier de la Vierge.
- je ne me sens pas prêt à passer le cap, Shaka.
- ……….
- ………
- Pourtant il me semblait que tu l’avais passé, le cap, avec notre cher scorpion,…
Cette affirmation fit l’effet d’une douche froide à Mû. Ainsi, il savait. Mal à l’aise, le jeune homme se leva.
- pardonnes moi, Shaka. Je pense qu’il faut que je m’en aille. Je ne veux pas te blesser j’ai trop… d’affection pour toi… mais…
Shaka se radoucit, comprenant les doutes de son ami.
- Bien que le temps nous soit compté, je ne veux pas t’obliger à faire un choix que tu regretterais peut être… je saurais attendre que tu sois près à te décider pour l‘un de nous.
Mû sentit son cœur se gonfler d’amour pour cet homme si compréhensif, si doux. L’atlante s’approcha de l’indou, qui, naturellement le prit dans ses bras. Mû se lova contre le corps parfait du jeune homme, nichant sa tête dans le cou de son compagnon. Puis, saisit d’une impulsion, le tibétain posa chastement ses lèvres sur celles de son homologue. Mais Shaka ne l’entendait pas ainsi, faisant glisser une de ses mains de la taille de l’atlante derrière la nuque de ce dernier, il approfondit le baiser qui devint vite passionné. Mû rompit le contact, cherchant son souffle, le désir envahissant chaque parcelle de son être et irradiait ses reins d‘une chaleur soutenue. Leurs regards s’accrochèrent, fusionnant. Shaka se défit de l’étreinte, lentement comme à regret, le souffle court.
- si tu veux réfléchir encore, il vaut mieux que nous en restions là… sinon je ne réponds plus de rien, Mû. Je me contrôle mais je ne suis pas de marbre.
- Shaka, je veux….
- coucou vous deux !! Désolé de vous déranger mais je cherche Aïolia ? Vous l’avez vu passer ?
- Bonjour Milo, pour répondre à ta question, non, nous ne l’avons pas vu dernièrement, répondit Shaka d’un air las.
La magie de l’instant rompue, Mû reprit ses esprits et s‘écarta de l‘indou.
- Je dois partir… Si tu veux, Milo, je t’aide à le chercher. Il ne doit pas être loin… Merci Shaka. A bientôt je passerais te voir. Promis.
Mû hésita une fraction de seconde puis posa rapidement ses lèvres sur la joue de l’indou. Il fila ensuite en compagnie du dérangement scorpion. Shaka soupira, maudissant intérieurement cette maudite Arachné de l’avoir interrompu mais ce n’était que parti remise.
- ainsi, Shaka et toi, vous êtes déjà ensemble ?
- pourquoi déjà, demanda Mû, intrigué. Et puis, ça ne te regarde pas.
- tu vois, je savais qu’il avait des vues sur toi mais je ne pensais pas que tu lui céderais. Comme quoi on peut se tromper.
Mû surpris par le déroutant discours du scorpion s’arrêta net dans le temple des gémeaux.
- Dis moi, Milo. N’aurais-tu pas fait exprès de nous déranger ?
Milo eut un sourire goguenard et haussa les épaules, l’air faussement innocent.
- mais nonnnnnnn
- c’est ça à d’autres, tu ne cherchais pas Aïolia.
Milo baissa la tête.
- mais plus sérieusement Milo, je te demande à l’avenir de ne pas te mêler de ma vie privée. Nous avons couché ensemble c’est un fait, Shaka est au courant d’ailleurs, et je me demande bien comment il le sait.
D’un geste, Mû empêcha le grec de se justifier.
- le problème n’est pas là Milo, donc je reprend : nous sommes devenus amants mais cela ne te donne aucun droit sur moi,… compris ?
Milo poussa un profond soupir et s’assit sur les marches de l’entrée du temple de Saga. Mû fit de même, observant le soleil descendant sur l’horizon. Puis, le scorpion confia la raison de son intervention.
- tu sais, Mû, j’ai connu pas mal d’aventures dans ma vie. Mais si tu veux savoir je les ai toutes plus ou moins regrettées à un moment précis de ma vie.
- mais pourquoi ?
- Mû, dis moi franchement : pourquoi m’as-tu choisis, moi, plutôt que Shaka ou Aldé pour ta première fois ?
- Mais…mais…. Comment… enfin…
Milo rit de bon cœur devant la teinte rouge sang des joues de l’atlante bégayant.
- comment je sais pour eux deux ? Pas difficile. Et puis, maintenant, en attendant la guerre contre Hadès, je m’amuse à observer les gens. Camus me disait souvent qu’observer les gens c’est apprendre à les connaître. Il savait de quoi il parlait, c’était l’espion du Sanctuaire. Personne ne le connaissait comme moi, c’était mon meilleur ami.
Milo soupira à fendre l’âme et Mû compris que la phase de l’amitié entre le scorpion et le verseau était dépassée depuis for longtemps. Le jeune homme se tut et attendit la suite.
- En bref, Mû, je ne veux pas que tu ais à souffrir d’une réputation quelconque. C’est douloureux de constater que la personne que vous aimer plus que votre vie, se refuse à vous sous prétexte que votre vie sexuelle est, on va dire, trop intense à son goût. Que j’ai eu trop de partenaires, hommes ou femmes, que je ne saurais jamais me contenter d’une seule personne…. S’il savait…..
Les yeux bleus de Milo s’emplirent de larmes, que le jeune homme contint difficilement. Mû comprit le message qu’essayait de lui faire passer le scorpion. L’atlante se rapprocha de Milo et prit le grec dans ses bras, le berçant doucement. Milo laissa couler ses larmes contre cette épaule amie.
- Je l’aimais tellement et je l’aime encore, malgré son absence qui me crève le cœur. Tous les jours, les premiers temps, j’allais dans son temple avec l’espoir vain de le voir surgir. C’est idiot mais maintenant je n’espère plus qu’une chose. Le rejoindre où qu’il soit.
- Milo voyons, ne parle pas comme cela. Je ne connaissais pas bien Camus mais je suis sûr qu’il n’apprécierait pas que tu te laisses aller de la sorte. Secoue toi, Athéna a besoin de tous ses chevaliers. Et tu es parmi les plus puissants.
Milo se redressa et regarda le ciel, laissant les larmes se tarirent d’elles mêmes. Il sourit et se tourna vers Mû.
- tu vois, je voulais t’empêcher de faire une bêtise avec la vierge et finalement, tu es là, à me consoler de la perte de Camus. Mais tu as de bons arguments, mon ami. Je ne me laisserai pas vaincre facilement, pour Athéna, et pour Camus.
- Parfait, allez il commence à se faire tard. Je vais passer chez Aldé pour voir comment il va et dodo… toi aussi d’ailleurs.
- bonne soirée, Mû, sois sage.
L’atlante éclata de rire, rejoint par son homologue.
- Milo… merci pour ce conseil avisé.
- Pas de quoi.
Les deux hommes se séparent, vacant chacun à leurs activités.
Moins de deux semaines plus tard, après la victoire des bronzes sur Poséidon, la guerre contre Hadès débuta avec la rupture du sceau qui maintenait les âmes des spectres en léthargie.
Pour Mû ce fut le début d’un cauchemar, comme une chute au fond de soi-même dont on ne voit pas la fin ni même le but. Si Mû avait pensé atteindre les limites de la souffrance avec la mort de Shion, il découvrit qu’il n’en était rien. La douleur peut prendre toutes formes, et il le vécut à ses dépends.
Le jeune homme se retrouva confronter à l’homme qu’il chérissait le plus… son cher Maître. Bien qu’il se douta de quelque chose, il se trouva prit entre deux feux puissants… son amour pour sa Déesse… et son amour pour son Maître. Expédiant Pégase au loin, le chevalier du bélier lutta contre DeathMask et Aphrodite qu‘il renvoya au trépas sous le coup de la colère. Puis, il fut pris à parti par trois renégats : Saga, être honni, Shura et Camus. Mû ne put s’empêcher d’avoir une pensée pour Milo à la vue de ce dernier. Ce n’est quand les voyant pleurer des larmes de sang que le jeune homme comprit la supercherie, trop tard…. Le Vieux Maître le libéra de l’emprise de Shion, lui ordonnant de rattraper les renégats qui couraient à la rencontre d’Athéna dans le but de lui donner la mort. Mû fila, passant le cœur brisé devant son Maître. Il ne se retourna que lorsqu’une explosion de cosmos dévasta son temple emportant lui sembla-t-il, Shion et Dokkho.
Mû arriva devant le temple du taureau, s’avança vers son ami en l’interpellant. Ses yeux s’écarquillèrent d’horreur, son cœur, son âme hurlaient au supplice, Aldébaran était là, mort, debout en position de combat. Une douleur sourde s’empara de l’atlante, douleur qui relégua au fond de lui-même pour affronter celui qui tua le taureau. Un homme déjà mort foudroyé par l’attaque d’Aldébaran, mais qui, sans l’avertissement silencieux de ce dernier serait venu à bout de l’atlante. Le cœur ravagé par la douleur, Mû recueillit dans sa main, la dernière étincelle de celui qui fut son meilleur ami à défaut d’autre chose. Les larmes coulaient sur ses joues, indifférent le jeune homme pria Aldébaran de les protéger de là où il était, laissant la petite étincelle monter vers le ciel et prendre place dans sa constellation.
Mû s’élança à la suite des spectres et des renégats. Son combat contre Papillon se passa comme dans un mauvais rêve d’où il sortit tout de même vainqueur. Le plus dur l’attendait, et il ne s’en doutait pas.
Arrivé devant le temple de la Vierge, Mû reçut l’ordre télépathique de son ami de ne pas intervenir quoi qu’il se passe. Interloqué mais craignant le pire, le jeune homme franchit les immenses colonnes de pierre et se retrouva devant les portes fermées du jardin de Shaka. Quatre puissants cosmos se battaient derrière la barrière des lourdes portes. Mais Mû tint bon et malgré les invectives du lion, le jeune homme ne rompit pas sa promesse mais à l’instant même de la mort de la Vierge, son cœur se fit cendre. Plus de douleurs, plus de peine, tout cela était largement dépassé. Le jeune homme n’avait plus de cœur, la guerre venait de le piétiner, ravageant son âme. Mû ne vivait maintenant que pour un seul but : sauver Athéna. Aider celle à qui il donnerait sa vie. Mû participa à l’Athéna Exclamation se rendant par cela même pariât aux yeux du reste de la chevalerie. Mais cette constatation glissa sur lui sans toucher une corde sensible, tout lui était indifférent. Il avait tout perdu, tous ceux qu’il avait aimés ou qu’il aimait.
Le reste de la bataille, le jeune homme la vécut comme extérieur à lui-même. Sa défaite contre le Wyrren, son plongeon dans le Cocyte, mais sa foi en sa Déesse fit qu’il revint vivant parmi les morts. Une étincelle cependant, sembla subsistée dans son cœur, ce moment béni où il revit Shaka devant le mur des Lamentations. Non, ce qui faisait de lui un être humain n’était finalement pas définitivement mort, son essence, son âme subsistait, terrée mais vivante, dans la noirceur du calvaire de ces dernières heures. Mû s’en rendit compte quand un bonheur immense envahit son cœur à la vue de tous ses confrères. Tous unis pour la première fois autour d’un même but, ils donnèrent leur vie pour que d’autres vivent en paix sur la Terre, accomplissant ainsi le but de leurs existences.
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Mû se tortilla pour s’écarter de son amant. Il essuya discrètement les larmes venues s’échouer sur ses joues. Toujours aussi douloureuse cette période. Deux bras s’enroulèrent autour de sa taille, et le ramenèrent à sa place initiale, blottit contre le torse de son aimé. Puis une bouche gourmande se fraya un passage dans son cou pour remonter vers ses lèvres. Mû sourit et déposa un baiser sur les lèvres de son ami, forçant le barrage, il goûta à cette douce saveur dont il ne se lassait pas. Leurs langues jouèrent ensemble, complices, puis passionnées, les laissant à bout de souffle.
- A quoi penses-tu, mon ange ?
- A toi, je t’aime.
- moi aussi, plus que ma vie.
Leurs mains se firent baladeuses, entrant en scène avec douceur et détermination.
- il faut……. que ………. Qu’on se lève… Oh, oui !
- hummm………. Pas tout de suite, Mû…….., tu ne vas pas t’en tirer à si bon compte !
Mû éclata de rire, décidant finalement qu’ils avaient encore le temps pour le câlin du matin.
A suivre….
J’espère que ce chapitre vous a plu. Vos commentaires sont toujours attendus avec plaisir, bon ou mauvais. Merci à bientôt.