
Mû, assis à quelques centimètres du chevalier, ramena ses jambes contre son torse et serra ses genoux dans ses bras. Ainsi installé, il se laissa aller à contempler les étoiles, suivant du regard les étoiles filantes. Il connaissait le nom de toutes les constellations et se les remémorait, attendant en silence que son compagnon lui parle. Après tout, c’était lui qui l’avait retenu. Mû ne demandait pas à être ici. Car ce n’est pas qu’il n’appréciait pas l’homme assis à ses côtés, non, il le détestait voire le haïssait.
Peu fier de ce sentiment, l’atlante calma les battements de son cœur emballé par cette bouffée de haine. Il frissonna d’anticipation, que lui voulait-il donc ? Mais Mû, patient, resta silencieux, les lèvres pincées, la mine farouche. Son homologue l’observait, le cœur broyé.
- Tu me hais donc à ce point. Soupira-t-il
Ce n’était pas une question mais une simple et douloureuse constatation.
- ………….
- Mû, ce n’est pas facile pour moi. J’y pense depuis que je sais que tu es réveillé. Et je ne sais pas comment aborder la chose. Je voudrais te trouver une explication à mes actes, mais je n’en vois aucune qui soit satisfaisante.
- Je ne te demande rien, …nous n’avons pas besoin de nous apprécier pour vivre.
Saga fit abstraction de la remarque blessante du bélier et continua sa tirade.
- Tu sais maintenant ce qui s’est passé…. Je n’étais pas moi-même. Je sais que cela n’effacera pas la souffrance que je t’ai fait endurer mais..
- tu as raison, cela n’efface rien.
Pour la première fois depuis longtemps, Mû parla sans réfléchir, une sorte de cri du cœur.
- je suppose que tu veux une absolution de ma part ?
- ………
- n’est-ce pas ?
- oui…. Tu es quelqu un de sage et de généreux, Mû, et je ferais n’importe quoi pour que tu m’accordes ton pardon.
Saga baissa la tête, il se rendait compte qu’il demandait beaucoup au jeune homme, beaucoup trop peut être. Mais après avoir mûrement réfléchit, ressassé ses actions, il n’y avait que le pardon de Mû qui lui manquait, celui d’Athéna lui étant acquis. L’atlante l’impressionnait. Sa prestence lors de la guerre contre Hadès. Le chevalier d’or du bélier les défiant de traverser son temple, seul contre tous. Une habitude sans doute. Il avait balayé d’un revers Deathmask et Aphrodite, les renvoyant dans le Cocyte. Puis, dressé contre trois autres chevaliers d’or, il ne plia l’échine que contraint et forcé par son propre Maître.
Inconsciemment, Saga avait ressenti la peine que Shion avait à maltraiter son élève. Comme l’ex Grand Pope avait souffert à ce moment, découvrant Mû épuisé par ses combats successifs. Il exigea une dernière faveur, celle d’achever de sa main cet enfant qu’il avait vu grandir. Faveur qui fut accordée à l’unanimité, aucun des « renégats » ne voulaient donner la mort à ce chevalier si fier et sans reproche. Ce fut la dernière fois, avant l’explosion de cosmos finale, que Saga revit Mû.
- n’importe quoi ? Ramène moi Shion, efface ces années d‘exil….
- je voudrais bien mais je n’ai pas ce pouvoir.
- oui, tu n’as eu que le pouvoir de lui oter la vie… comme un traite. Ne me dis pas le contraire, Saga. Malgré son âge, jamais mon Maître ne se serait laissé tuer en combat singulier !
La gène de Saga, son mal être devenait perceptible. Il se doutait que la confrontation serait dure mais à ce point… Il regrettait presque d’avoir provoquer cette explication.
- Je l’ai tué par surprise, en effet.
Mû sentit qu’il perdait le contrôle de ses nerfs. Le simple fait d’avoir Saga à ses cotés devenait difficile à supporter. Mais l’entendre avouer de sa bouche son crime, devenait insoutenable. Soudain debout, le corps tremblant, les poings serrés, Mû se tourna et regarda son vis-à-vis, la rage déformant ses traits délicats.
- Non seulement tu es un traite mais une ordure de la pire espèce !!
Saga sembla se ratatiner sous l’injure. Il observa l’atlante qui le dominait de toute sa hauteur, et reçu une flambée de cosmos agressif. Voilà qui n’augurait rien de bon, la colère avait ravivé le cosmos perdu du jeune homme. Mû s’en rendant compte, s’apaisa d’un coup. Il se rassit et plongea dans la contemplation de ses chaussures, dans une pathétique tentative de retour au calme. Saga agissait sur un terrain miné, mais il prit le risque.
- Mû, je n’ai pas partagé beaucoup de temps avec Shion, nous avions une mission. Mais crois-moi, je t’en prie. Il m’a pardonné mon geste à son égard.
Mû ne tourna pas la tête. Il percevait le cosmos de Saga. Ce dernier lui laissait lire dans son aura de son plein grè, et Mû sut que le gémeau disait vrai. Ainsi, son Maître lui avait pardonné. Il pardonnait à son assassin. Mais, lui, Mû, arriverait-il à faire de même avec Saga ? Il ignorait lui-même la réponse, c’était une vrai question de conscience et le jeune homme ne se sentait pas le courage de chercher en lui les réponses. Oh, comme Shaka et sa sagesse lui manquait, en ce moment. Saga se détendit légèrement. Il voyait Mû en plein conflit intérieur quand soudain il vit l’atlante se raidir.
- Mon Maître t’a pardonné, la belle affaire !! Le pire c’est que je te crois. Mais la liste de tes forfaitures ne s’arrête pas là. Tu as osé mentir, me faire passer pour un traitre aux yeux de mes meilleurs amis et les retourner contre moi !!! Ça vois-tu je ne peux pas passer au dessus.
Ainsi, la faille du cœur du jeune atlante était là. Oui, il avait convaincu Shaka et Aldébaran de la félonie de Mû. Oh, ce fut subtil, un vrai travail de fond, il savait à l’époque que ni l’un ni l’autre aurait accepté tout de suite l’idée de la trahison de l’atlante. Saga releva la tête, inspira fortement et plongea son regard dans deux yeux au dur reflet émeraude où il pouvait lire la colère, la rancœur et la haine. Non, ce n’était pas gagné et peu être que cela ne le serait jamais.
- je n’ignore rien de ce que j’ai fait, j’étais là, comme prisonnier de mon propre corps, assistant sans force à tout cela. Mais je ne te demande pas une réponse Mû, ni ton pardon immédiat. Je te supplie d’y penser… de reconsidérer ma demande.
- Shaka et Adébaran étaient mes plus proches amis. A part eux, je n’avais personne et je n’étais pas suffisamment lié aux autres chevaliers d’or. Tu m’as séparé d’eux, de mon Maître. Diviser pour mieux régner. Je n’oublie pas que tu as envoyé Aldé à Jamir pour tester ma fidélité. Quels ordres avait-il ? Ceux de me combattre ?
Mû eut un sourire sans joie.
- tu penses que je me serais défendu ou que je me serais laisser tuer ? Que pouvais-je faire face à lui ? Tu as poussé l’ironie très loin, Saga.
- ………
Un silence pesant s’installa. Saga observait son interlocuteur à la dérobée. Les étoiles et la lune brillaient, rendant la peau de l’atlante diaphane, le faisant paraître plus fragile qu’il n’était réellement. L’atlante symbolisait le courage pour Saga, Oh Déesse, qu’il espérait son pardon. Pas son amitié, ni même une reconnaissante quelconque, juste quelques mots pour apaiser son cœur douloureux. Il ne le méritait sans doute pas, mais l’espoir de se voir absolu par cet être l’étreignait tout de même. De son coté, malgré sa colère, Mû tenta de reprendre le contrôle de la situation, et de ses émotions. En bon tacticien, il opta pour une trêve.
- Mais, en mémoire de mon Maître, qui fait preuve d’une telle indulgence. Je…. Je te promets d’y penser. Ne m’en demande pas plus.
Mû se leva et disparut sans un regard pour Saga. Le gémeaux, frappé en plein cœur, ne put retenir ses larmes. Deux bras puissants virent le serrer et Saga se laissa aller contre le torse large de son jumeau.
- j’étais là mon frère. Allez, courage. Mû est encore sous le coup de la colère. Pas aussi flegmatique qu’il en a l’air le bélier.
- Je lui ai fait du mal…….. Beaucoup de mal…… je le comprends. Je ressens ses émotions. Si seul…. Si triste…. Après tout … si cela l’apaise de me haïr.
- ne dis pas de sottises, Saga. Ca ne changera rien, mais ça te fera souffrir et lui aussi à terme. Sois patient… Mû est sage, doux et compréhensif. Laisse-lui le temps de se retrouver lui-même.
Kanon observa son frère. Il ne comprenait pas le besoin qu’éprouvait Saga de se faire absoudre de ses fautes par l’atlante. Certes, le bélier avait souffert, mais sans doute pas plus que beaucoup d’autres sous le règne despotique de son frère.
En soupirant, Kanon se leva entraînant son frère à sa suite. Tant pis, Saga avait besoin de lui, c’était un sentiment nouveau qui l’emplissait de joie. Une joie discrète en égard au chagrin qui envahissait son jumeau, mais une joie tout de même de se sentir utile auprès de lui.
Arrivé dans sa chambre, Mû se dévêtit rageusement. Comme osait-il lui demander cela ? Le jeune homme tenta de se calmer en s’asseyant en lotus au centre de son lit, et en pratiquant quelques exercices respiratoires de base pour ramener un peu de calme dans son esprit surchauffé. Puis il s’installa correctement et commenca une méditation. Pour la première fois depuis son retour à la vie, il chercha dans ses souvenirs, sans les subir.
*******
Il faisait froid, bien plus froid que d’ordinaire à la même époque. Un froid piquant qui vous glace jusqu’à la moelle épiniaire. Prévoyant, Mû avait décidé d’aller chercher du bois, s’approvisionnant suffisamment pour ne pas en manquer durant la saison hivernale. Derrière lui, transit, Kiki attendait puis empilait les bûches sur le traineau pour les ramener vers le château. Bientôt deux ans que l’enfant partageait le quotidien de Mû. Les deux atlantes travaillèrent dur et vers quatre heures de l’après midi, Mû décida de partir. La nuit tombait brutalement dans les montagnes et le jeune homme ne pouvait se permettre de se laisser piéger avec un enfant de cinq ans.
Ils arrivèrent à temps à destination.
Mû releva la tête et fronça ces points de vie.
- Que se passe-t-il, Maître ?
- Rien … pour le moment. Rentre le bois par télékinésie, cela t’entraînera, et reste dans le château. N’en sors sous aucun prétexte. Je t’ai appris à dissimuler ton cosmos… fais le.
Mû se retourna pour regarder l’enfant droit dans les yeux.
- tu m’as bien compris Kiki. Un visiteur se présente et il a put franchir toutes les barrières que j’avais installées. Il est potentiellement dangereux. Tant que je ne sais pas de quoi il retourne, cache-toi.
- mais Maître…
L’inquiétude se lisait sur le visage du petit garçon. Mû s’attendrit et calma la sourde angoisse qu’il voyait poindre dans le regard du petit.
- ne t’inquiète pas, Kiki. Tout se passera bien. Je ne risque rien et toi non plus… Allez va, fais ce que je te demande, nous avons bien une demi heure devant nous.
Mû se doucha rapidement. Laissant couler l’eau fraîche sur son corps, il réfléchit. Ce cosmos n’était pas hostile de prime abord et Mû pensait le reconnaître. Mais est-ce bien lui ? Si oui, dans quel état d’esprit se trouvait-il ?
L’atlante s’habilla avec soin et sortit attendre son invité surprise. De tout son cœur, il espérait que ce soit lui. Depuis combien d’années ne s’étaient-ils pas vu ? Une éternité selon Mû. Il calma les battements désordonnés de son cœur. Là bas sur le pont suspendu, une silhouette se dessinait. Mû se sentait nerveux, inconsciemment il serra et desserra les poings à plusieurs reprises. Puis il prit trois grandes inspirations et se força à afficher un visage calme et placide. Il s’assit sur une immense pierre qui lui servait de banc, ferma les yeux un court instant et attendit. Son attente fut courte.
Il rouvrit les yeux et les posa sur un homme d’une carrure impressionnante.
- Bonsoir Aldébaran. Tu es bien loin de chez toi…….. Mon ami.
- Bonsoir Mû. En effet. Tu te doutes bien de ce qui m’ammène, n’est-ce pas.
La voix du brésilien était grave, profonde mais douce malgré tout. Aucune marque d’agressivité. Bien que sur le qui-vive, Mû se laissa aller à la joie de revoir son ami d’enfance.
- Oui, sourit-il, je sais. Je suppose que le « Grand Pope » t’a ordonné de voir si je lui suis ouvertement opposé ou pas ? J’ai vu juste ?
- Bien sûr, tu es téléphate. Ce n’est pas difficile pour toi de deviner.
- serait-ce un reproche ? Pourtant, Aldé, je peux te jurer que je n’utilise pas mes pouvoirs pour lire dans les pensées des gens. Ce serait violé leur intimité et cela va à l‘encontre de mes principes.
Mû avait levé la tête vers Aldébaran et plongea son regard dans les doux yeux noisettes de celui-ci. Non, décidément aucune duplicité dans ce regard, un vague reproche sans doute, mais pas d’animosité.
Mû prit sa décision, tant pis s’il devait le regretter.
- veux-tu rentrer prendre quelque chose de chaud. Les nuits sont froides ici… même pour un chevalier d’or.
- avec plaisir.
- ne t’inquiète pas, mais il n’y a pas de porte chez moi. C’est une demeure atlante, nous nous télé portons.
Mû avançât vers son ami et lui prit la main. Aucune crainte n’émanait du géant. Il se concentra quelques secondes et ils furent à l’interieur, dans la salle principale où le jeune homme avait prit soin d’allumer un feu.
- Que veux tu thé ou café ?
- un café, s’il te plait.
- je vais aux cuisines, tu peux visiter si tu veux.
- merci.
Mû disparut. Une fois dans la cuisine, il sourit satisfait. Kiki ne laissait pas transparaître son cosmos, c’était parfait. Il fallait qu’il sache exactement quels étaient les ordres d’Aldébaran. Tout en préparant deux tasses de café, Mû sourit. Oh Déesse, que c’était bon de le revoir. Il ne l’aurait pas laissé voir mais son cœur débordait d’allégresse à la vue de son vieil ami. Il prit un plateau, posa les tasses fumantes, du sucre et des biscuits. Aldé était gourmand, enfant, l’était-il encore ? Saisissant les anses, il rejoignit le brésilien qu’il trouva assis sur le canapé, plongé dans une captivante lecture. A l’entrée de Mû, il posa son livre à regret sur l’étagère et s’approcha de la table où il s’installa. Mû, déjà assis, observa son ami. Malgré sa carrure pour le moins impressionnante, la démarche du taureau n’était pas pesante, il évoluait avec assurance. Débarrassé de son armure, son pull laissait deviner une musculature imposante. Se secouant mentalement, Mû lui tendit sa boisson et ils commencèrent à boire silence. Un silence apprécié par les deux parties, en aucun cas pesant, plutôt une connivence longtemps oubliée qui revient d’elle-même s’installer entre les deux amis. Mais pouvaient-ils encore se prévaloir de ce titre ? Mû posa sa tasse.
- Aldé, je dois savoir. Que t’as-t-on dit sur mon départ du sanctuaire ?
Aldébaran reposa sa tasse et regarda le reste de café comme fasciné.
- pas grand-chose en fait. Quand je suis revenu du Brésil avec mon armure, j’étais persuadé que tu te trouvais encore au sanctuaire. Mais les choses changent, ….les gens aussi.
Le taureau releva la tête et regarda Mû droit dans les yeux.
- il y a beaucoup de choses qui ont été dites. Certaines que j’ai refusé de croire, complètement inadmissible. Il y a deux jours quand le Grand Pope a demandé un volontaire pour venir te voir, j’ai postulé. Je veux savoir ce qui s’est passé, Mû.
- tu veux vraiment savoir…. Ou le Grand Pope se demande ce que je pense et… ce que je sais.
- …………………….
- Peu importe.
Et Mû commença son récit, à aucun moment Aldébaran ne l’interrompit. Au bout d’une heure, Mû pensa n’avoir rien oublier et clôtura sa version des faits. Aldé poussa un long soupir.
- Mû, tu te souviens quand nous nous sommes rencontré ? Nous nous étions juré que les évenements de la vie ne nous sépareraient pas.
- Oui, oui, dit Mû, ému aux larmes. Je me souviens de tout, bien sûr.
- Je ne reviendrais jamais sur cette promesse.
Aldébaran le regarda, les yeux brillants.
- Jamais, tu m’entends, Mû. Mais je ne peux pas cautionner le récit que tu viens de me faire, mon ami. Je ne peux pas admettre que depuis tout ce temps, nous chevaliers d’or, nous servons un imposteur. Ecoutes, Mû, franchement, Shaka est le conseiller du Grand Pope. Sensible comme il est, il aurait deviné s’il y avait quelques choses de louche.
Mû soupira, les épaules basses, le dos arrondi, comme portant le poids du monde sur ses épaules.
- Je savais que je n’arriverai pas à te convaincre. Je te demande juste une faveur, Aldé. Penses-y. Ne rejette pas en globalité ce que je viens de te révéler, s’il te plait.
Aldébaran posa sa grande main douce sur la main fine et blanche de son vis-à-vis.
- Aldé….. Et Shaka ? Que pense-t-il de tout cela ?
Aldébaran détourna la tête, honteux de ce qu’il allait avouer à son ami.
- Il pense comme le Grand Pope, que tu formentes un plan avec le Maître des Cinq Pics pour nuire au sanctuaire.
Mû serra les dents et les yeux pour s’empêcher de pleurer. Ainsi, il avait perdu l’amitié de la Vierge. Son cœur saignait, sa souffrance atteignait des sommets, comme pour Shion.
- Aldé, souffla-t-il, la voix soudain peu assurée. Ne me retire pas ton amitié.
Le brésilien se leva et obligea l’atlante à faire de même et avec une infinie délicatesse que son immense carcasse ne laissait pas présager, il serra Mû contre lui. Il lui caressa doucement les cheveux et Mû se pressa plus étroitement contre lui.
- Tu es et tu resteras toujours mon ami, Mû. Sois en sûr.
Du bout du doigt, il leva le menton de l’atlante et lui offrit un large sourire.
- Nous allons oublier nos différents. Mû, je veux te demander une faveur.
- Oui, tout ce que tu voudras.
- ne déclare pas ouvertement ton hostilité au Grand Pope. Moi, je refuserai toujours de t’affronter mais, Deathmask, Aphrodite et Milo sont devenus les assassins du sanctuaire.
Voyant le sourire cynique de Mû, Adébaran ajouta.
- Oui, je sais ce n’est pas très orthodoxe comme méthode pour un Grand Pope. Mais bon, eux n’hésiteront pas une seconde à venir ici pour se débarrasser de toi.
- ………..
- Mû, s’il te plait.
- D’accord. Je vais te faire un courrier que tu lui donneras de ma part. Je ne refuse pas de réparer les armures pour le sanctuaire et je vais lui déclarer que j’ai un apprenti pour l’armure d’or du Bélier.
Sous le coup de la stupeur, Aldébaran prit les épaules de Mû et le repoussa. L’atlante se décolla à regret de l’étreinte du taureau.
- Oui, je te le présenterai demain. Je vais te préparer une chambre, il est largement l’heure d’aller se coucher.
Aldébaran resta une semaine pendant laquelle Mû se sentit revivre. Il fit la connaissance de Kiki avec qui il s’entendit immédiatement. Puis il retourna au sanctuaire. Faisant fi des recommandations de son supérieur et de Shaka, il revint régulièrement visité son ami de toujours.
*******
Mû sortit lentement de son état méditatif. Il étira soigneusement ses muscles pour constater que la nuit était très avancée. Il s’allongea sur son lit et réfléchit. Aldébaran se moquait des interdits, son amitié était plus forte que les rumeurs, mais il n’en allait pas de même pour Shaka. Le silence et le mépris de l’Indou avaient profondément blessé Mû. Et tout cela était de la faute de Saga, entièrement de sa faute. Mû épuisé, se laissa aller dans une sorte de demi-sommeil. Lentement une douce chaleur le parcourut, douce et caressante. Il voulut se réveiller mais impossible d’échapper à cette torpeur. Contre son gré, il se laissa malgré tout aller. Une voix douce l’appellait.
- Mû, … Mû, ….. Écoutes moi.
Cette voix, le jeune homme l’aurait reconnue entre un million. Son cœur battit plus fort, chaque cellule de son corps fut envahit par l’énergie d’Amour qui émanait de cette présence.
- Mû…. J’ai quelque chose d’important à te dire………
A suivre……
Merci de me laisser vos commentaires, bon ou mauvais, ils font toujours plaisir et m’encourage.