
Mû caressa longuement la chevelure de l’être étendu à ses cotés. Il se décala légèrement sur la gauche afin de laisser plus de place dans l’étroit lit d’hôpital qu’il occupait. Cette présence le réconfortait toujours, lui donnant envie de donner le meilleur de lui-même. Le regard de Mû plongea dans un doux regard bleu clair rendu limpide par les larmes contenues. L’atlante sourit, se pencha et déposa un chaste baiser sur le front tendu vers lui.
- Maître…. Si vous saviez comme je suis heureux de vous revoir en vie.
- Merci Kiki, je suis moi-même ravi de te voir.
L’enfant se serra encore un peu plus contre lui et Mû se rendit compte qu’il avait grandit et forcit.
Puis son odorat capta une odeur de vanille. Le shampooing de l’enfant qui avait enfoui son visage dans le cou de son Maître. Finalement, Mû avait retrouvé tout ses sens.
Mais une question restée sans réponse, le taraudait.
- Kiki, combien de temps sommes-nous restés absents ?
- trois mois, Maître…. Vous savez j’ai été fort…. Comme vous me l’aviez demandé…. Je n’ai…..presque… pas pleuré.
Mû sourit, plus attendri qu’il n’aurait voulu l’admettre.
- je sais, mon enfant, je sais combien il est dur de survivre aux êtres qui comptent dans notre vie. Mais, tu es très fort et ne doute pas, je suis très fier de toi, tu feras sans doute un grand chevalier d’or du Bélier. Ne t’inquiètes pas, j’ai toujours eu toute confiance en toi, Kiki.
- Merci, Maître.
- Mais dis-moi, je voudrais savoir : depuis combien de temps, suis-je dans cet hôpital ?
- une semaine. Quand Athéna a demandé la résurrection de tous les chevaliers d’or, les Dieux n’ont pas voulus tout de suite. Et après, ils vous ont tous renvoyés en même temps, chacun dans son temple. Mais vu que vous étiez tous endormis, elle vous a fait conduire dans cet hôpital qui appartient à la Fondation Kido.
- bien…
- Maître, quand sortez-vous de cet hôpital ? Je n’aime pas vous voir là.
- bientôt, Kiki, bientôt…. En attendant, tu peux rester avec moi.
Mû laissa l’enfant profiter de sa présence tout comme lui-même goûtait avec bonheur à la sienne. Il laissa dériver son esprit, plongeant dans son passé commun avec le petit garçon.
*******
Mû descendait au village comme chaque mois depuis maintenant presque cinq ans pour faire les courses qui lui manquaient dans sa retraite. La viande, qu’il chassait ou piégeait lui faisait une bonne monnaie d’échange avec les habitants, contre du sucre, du thé, de la farine, etc.…
Le vieil homme, avec qui le chevalier faisait du troc d‘habitude, insista pour qu’il aille voir le docteur du village. Mû fut conduit pratiquement de force vers une vieille bâtisse, surnommée généreusement « hôpital ».
L’atlante fronça les narines. L’odeur, malgré la froideur du climat, était suffocante. Odeur de corps sales, de maladie mais aussi sensations de souffrance, mêlant douleur physique et douleur morale, pour Mû, télépathe et sensible, c’était tout bonnement intolérable. Une fois à l’intérieur, le jeune atlante put prendre toute conscience de l’ampleur de la misère humaine. Ici, se mêlaient toutes les souffrances des villages avoisinants, du simple bras cassé aux plaies purulentes d’accidents de travail, ou de chutes graves du haut des chemins escarpés entre les rochers abrupts que les paysans montaient avec leurs yacks. Le vieil homme le conduisit vers le docteur :
- bonjour, Monsieur. Venez voir… Hier, une jeune femme et un enfant de votre ethnie sont arrivés. La jeune femme est malheureusement morte dans la nuit de malnutrition et de froid. L’enfant ne vaut guère mieux mais il reste accroché au cadavre de sa mère. Il y a autour d’eux une espèce de…. Champ de force qui ne nous permet pas d’intervenir. Nous ne savons plus quoi faire. Peut-être que vous, qui… enfin … êtes de la même race. Il vous écoutera.
- conduisez moi à eux. Je verrais ce que je peux faire.
Mû suivit l’homme en silence. Il n’aimait pas qu’on lui renvoie sa différence en plein visage de la sorte. Il étendit son cosmos sur la foule bigarrée de l’hôpital et fut surpris de sentir un faible mais tenace cosmos. Le cosmos en question venait de l’endroit que le médecin lui indiqua. Mû s’approcha, craignant le pire vu la faiblesse du cosmos.
Là, étendue sur le dos, une jeune femme rousse à la peau diaphane était partie pour son dernier voyage. Un enfant d’environ trois ans, dormait contre son flanc, la peau toute aussi blanche que celui de sa mère mais vivant pour le moment. Mû usa de son pouvoir pour abattre le mur d’énergie. Puis il souleva avec précaution le corps de la jeune femme et le posa avec respect dans un lit voisin. Il s’étendit alors à sa place et prit l’enfant contre lui. Il augmenta doucement son cosmos pour ne pas le réveiller et l’effrayer et sonda l’âme du petit être.
Pas de doute possible, il se trouvait en présence du futur chevalier d’or du bélier.
Le cosmos doux et bienfaisant du chevalier d’or ramena un peu de couleur sur les joues de l’enfant qui enserra la taille du jeune homme. Profitant de ce repos forcé, Mû étendit son cosmos sur tout l’hôpital, sondant et aidant de son mieux ceux qui pouvaient être sauvés, soulageant la douleur des autres.
Au bout de deux heures, l’enfant s’éveilla en regardant autour de lui d’un air affolé. Il se mit à pleurer, laissant les larmes couler silencieusement sur ses joues. Il répétait inlassablement.
- Maman….
Mû ne savait plus que faire devant la détresse de l’enfant, alors il se mit à lui parler télépathiquement.
- bonjour, je m’appelle Mû de Jamir. Je suis atlante comme toi. Ta maman est morte, elle n’ouvrira plus jamais les yeux… tu es malheureusement seul au monde….. Comme moi……. Si tu veux bien, nous pourrions rester tout les deux. Je vais m’occuper de ta mère et lui donner une sépulture décente
Devant le regard de franche incompréhension de l’enfant, Mû réfléchit rapidement.
- je vais la mettre dans un endroit appelé cimetière et tu pourras aller la voir aussi souvent que tu le voudras. Elle veillera toujours sur toi, tu sais. D’accord ?
Pour toute réponse, l’enfant regarda Mû de ses grands yeux bleus noyés de larmes et se blottit contre le jeune homme, cherchant affection et protection.
Mû se leva, prenant l’enfant dans ses bras, il donna quelques ordres et de l’argent au médecin pour qu’une sépulture soit donnée cette jeune femme dont il ignorait tout. Dans son cœur, Mû lui était reconnaissant, elle lui avait fait le plus beau des présents : ce petit garçon lové dans son cou, qui entortillait ses cheveux dans ses doigts.
Les mois passant, Mû découvrit peu à peu le caractère enjoué et facétieux de l’enfant, qui retrouvait peu à peu des forces grâce aux bons soins du jeune homme. Mû apprit que l’enfant se prénommait Kiki. C’était sûrement un diminutif, mais le jeune atlante ne se soucia pas de lui donner un autre prénom pour le moment.
Chaque mois, quand ils descendaient, ils portaient des fleurs sur la tombe de la mère de Kiki.
Mû aimait cet enfant, qui lui rendait au centuple son affection. Un lien fort et indestructible se tissait au fil des ans entre les deux atlantes. Le petit garçon lui faisait confiance. Puis cette confiance céda le pas à l’affection qui à son tour céda la place à l’amour d’un fils à son père.
Bien que Kiki fût souvent séparé de son Maître par la force des choses, jamais l’enfant ne se détourna de cet homme qu’il considérait comme tout autrement que comme son Mentor.
*******
Kiki dormait profondément. Mais Mû n’en pouvait plus, il fallait qu’il sorte. Il secoua doucement l’épaule de son apprenti.
- Kiki, ……Kiki…. Allez debout, réveilles-toi…
- mmmmmmm
- Debout, garnement.
- vi, Maître.
Mû ne put retenir un petit rire devant la bouille à demie endormie de l’enfant.
- Kiki, je voudrais que tu te téléportes dans notre temple et que tu m’apportes des habits décents.
- mais pourquoi faire…….. Demanda l’enfant maintenant complètement réveillé, vous n’avez pas le droit de sortir de votre lit.
- tu vas voir si j’ai pas le droit… marmonna Mû. Allez, Kiki, s’il te plait, dépêches-toi. Je ne vais tout de même pas sortir de cette chambre avec ces horribles chemises de nuit !!
Devant l’air parfaitement buté de son Maître, le petit atlante dut se résigner, il le connaissait suffisamment pour savoir que Mû était têtu comme… un bélier. Il se leva et se téléporta dans le temple du chevalier d‘or, où tout du moins ce qu‘il en restait. Quelques instants plus tard, il revint avec le rechange pour son Maître.
Entre-temps, celui-ci s’était levé et il faisait les cents pas, assez incertains d’ailleurs jugea Kiki, dans la chambre. Aussitôt les affaires en main, Mû disparut dans la salle de bain et Kiki entendit l’eau couler.
Une fois sa douche prise, Mû s’habilla, ravi de sortir de cette demi torpeur qui l’envahissait si souvent. Il ouvrit la porte de la salle de bain pour tomber sur Kiki qui s’amusait à faire voler toutes sortes d’objets dans la chambre créant une joyeuse ribambelle.
- Kiki, arrêtes ça de suite. Tu vas m’accompagner dans la chambre des autres chevaliers.
Devant l’hésitation de l’enfant.
- Tout de suite.
- Oui, Maître, soupira Kiki. Qui voulez-vous voir en premier ?
Cruel dilemme, que celui-ci. Mû opta pour une tactique plus simple qui lui évitait de choisir.
- Le plus proche de ma chambre.
- d’accord.
Trois portes plus loin, Kiki s’arrêta, frappa et ouvrit sans attendre de réponses. Mû pénétra silencieusement et avisa le chevalier qui visiblement dormait.
- Tu peux y aller, Kiki, je n’ai plus besoin de toi, murmura Mû.
L’enfant, détestant les hôpitaux, ne se fit pas prier et disparut rapidement.
Mû s’installa sur une chaise qui servait à veiller le chevalier. Le jeune homme se doutait bien de qui venait voir le chevalier endormi. Mû le regarda et se remémora leur confrontation. Il savait que le Verseau avait énormément souffert de la mascarade qu’ils avaient servie à Hadès. Le visage détendu par le sommeil, Mû commençait à entrevoir ce qui rendait le Scorpion tellement amoureux. Camus alliait beauté et grâce maintenant que toute trace de froideur désertait ses traits au repos. L’atlante ne nourrissait aucune rancune vis-à-vis du Verseau, et c’est doucement qu’il s’éclipsa pour le laisser se reposer. Au sortir de la chambre, il décida de se diriger vers la droite.
- tiens, tiens, mais c’est notre séduisant bélier !!
Mû se retourna, un peu trop rapidement, la tête lui tourna et il manqua de tomber quant il sentit deux bras puissants le soutenir.
- Merci, Milo. Comment vas-tu, mon ami ?
- bien merci. Mais c’est à toi qu’il faut poser cette question.
Milo gardait le bélier étroitement serré contre lui.
- tu peux me lâcher, tu sais. Je ne vais pas m’effondrer comme cela. Et pour répondre à ta question, je me sens beaucoup mieux. J’espère pouvoir sortir bientôt de cet endroit.
- Pourquoi te lâcherai-je ?
Puis chuchotant à l’oreille de son prisonnier.
- cela me rappelle de bons souvenirs…. J’espère que tu n’as pas oublié ?
Le scorpion éclata de rire devant les joues cramoisies du bélier.
- visiblement, tu n’as pas oublié… moi non plus d’ailleurs, merveilleux moments.
- Milo…. Je t’interdis de…
Trop tard, Milo prit les lèvres de son otage qu’il caressa doucement des siennes. Mû se reprit et repoussa le scorpion.
- tu exagères !! Je croyais que tu étais amoureux de Camus et tu m’embrasses devant sa chambre !!
- ne sois pas fâché pour un tout petit bisou.
Milo baissa la tête et desserra l’étreinte de ses bras sur le corps de Mû.
- de toute façon, il ne m’aime pas et ne m’aimera jamais.
Mû oublia d’un coup toutes les remontrances qu’il voulait faire au scorpion. Le ton de celui-ci sonnait douloureusement aux oreilles de l’atlante. Milo était réellement malheureux, au bord du désespoir même.
- il y a bien une cafétéria dans ce bâtiment ?
Milo, distrait de sa douleur, répondit
- oui, bien sûr. Tu veux boire quelque chose ?
- je veux bien un thé, tu m’en offres un ? Nous pourrions discuter tranquillement.
- ….
- sans que tu me sautes dessus, rajouta Mû taquin.
Milo lui décrocha un sourire torve.
- hum, sait-on jamais….
- Milo !!! Il est pas vrai, celui-ci.
Le scorpion conduisit Mû au rez de chaussé, lui fit prendre place et alla chercher du thé au jasmin et un café serré pour lui.
Il se retourna et observa le jeune atlante, assis dans la grande salle, seul. Mû était d’une beauté rare et androgyne. Pas le genre beauté fatale, d’Aphrodite, mais la douceur des traits particuliers de Mû le rendait irrésistible.
D’ailleurs, Milo, quelques temps après la bataille du sanctuaire, avait goûté aux charmes exotiques du jeune atlante après une soirée plutôt arrosée chez le lion. Les sens en éveil, Milo avait sentit que le moment était bien choisi pour tenter une approche. Soutenant et serrant l’atlante plus que nécessaire pour le reconduire chez lui, Milo dragua Mû avec insistance, jusqu’à ce qu’à sa propre surprise, l’atlante lui cède son corps pour la nuit.
Milo eut un sourire d’autosatisfaction à ce souvenir sulfureux. Sourire que la jolie brune qui lui servait son café prit pour elle. Ce qui déclancha aussitôt les instincts de prédateur du scorpion. Malheureusement pour lui, Mû attendait son thé et avec un sourire charmeur, Milo dit un au revoir sensuel à la jeune fille rougissante.
- il est long ton thé, tu as été le chercher en Inde ou quoi ?
- Je ne te savais pas si impatient.
Mû tourna pensivement sa cuillère dans sa tasse.
- Milo,… que se passe-t-il avec Camus ?
- Mû….. Je n’ai pas envie d’en parler.
- Allons, tu sais bien que tu peux tout me dire. Nous sommes proches…enfin d’une certaine façon.
- Ah.. Que c’est pas beau de faire du chantage ! Rit le scorpion.
Milo plongea dans son café comme dans ses pensées après quelques instants de silence, il murmura :
- J’ai été l’un des premiers à me réveiller et j’ai pratiquement assisté aux les réveils de tous les autres. Tu te doutes que j’attendais celui de Camus avec impatience. Je voulais tellement lui parler et surtout m’excuser pour mon attitude. Enfin….. Tu comprends. Je ne lui ai pas laissé le temps de m’expliquer son plan. Je n’ai rien compris.
Milo était au bord des larmes et Mû tendit la main pour étreindre les doigts du jeune homme, l’invitant à poursuivre sa confession.
- Je l’ai veillé, jour et nuit. Quand il s’est réveillé, il n’avait, comme moi, que son sens du toucher. Je lui caressais la joue, les cheveux, je suis sûr qu’il appréciait. Mais quand sa vue s’est rétablie, je voyais qu’il reculait à chaque fois que je voulais le toucher.
Cette fois-ci, Milo pleurait silencieusement en parlant. Les larmes coulant toutes seules, sans que le jeune scorpion ne puisse rien y faire.
- je ne supporte pas son mépris. C’est sûr qu’il doit me haïr pour ce que je lui ai fait. Mais, il me connaît, non ? Il sait que j’agis d’abord et je réfléchis après... Oh Mû, je me sens si mal. Finalement, qu’il ne veuille pas de moi pour amant je l’accepte… mais je ne peux me passer de son amitié. Il ne me reste que cela… Je ne veux pas le perdre.
La douleur que ressentait Milo serrait le cœur de Mû. Bien qu’il ne soit pas amoureux du scorpion, ils étaient devenus de très proches amis après cette unique nuit. Et Mû ne laissait pas tomber ses amis.
- Écoute. Allons, s’il te plait, arrêtes, ne pleures plus…. Milo….. Écoutes-moi, je vais essayer d’aller lui parler, de le sonder.
- non surtout pas et s’il….
- Je t’ai dis de te taire et de m’écouter, ordonna Mû les points de vie froncés. Je reprends, je vais aller lui parler de cette guerre sainte et des conflits qu’elle a engendrés au sein de notre communauté. Je verrai bien ce qu’il en pense. Allez…. Fais moi confiance, je saurais comment lui parler.
Milo le regarda, essuya ses larmes.
- Merci, Mû.
- Bon… finissons nos boissons et je vais remonter dans ma chambre avant que tout l’hôpital soit au courant de ma disparition.
Milo lui accorda un franc sourire qui réjouit le cœur de Mû. Après une fraternelle accolade, Milo quitta l’atlante devant sa chambre pour rejoindre la chambre de Camus. Sur les conseils de Mû, Milo avait décidé de ne pas renoncer et à force, Camus lui parlerait bien ! Même si c’était pour le jeter dehors !
A peine, Mû eut-il poussé la porte de sa chambre, qu’il fut agressé par une furie en blouse blanche.
- Où étiez-vous passé ? Nous vous cherchons de partout depuis près d’une heure et nous avons averti votre Grand Pope. Où avez-vous trouvé ces vêtements ?
- on me les a apportés, ils m’appartiennent. Vous ne croyez tout de même pas que je vais sortir dehors avec vos chemises ouvertes dans le dos, non !
- Et pourquoi pas, il est plutôt mignon, la vue n’est pas désagréable !!
- PARDON ?!
- Quoi ? Je n’ai rien dis. Venez donc manger, le plateau va refroidir.
- Ouais, vachement mignon même, j’en ferai bien mon dessert moi !
Une fois la porte refermée sur l‘infirmière, Mû éclata de rire. Si cette jeune femme avait pu se douter qu’elle avait en face d’elle un télépathe en pleine possession de ses moyens. Et bien, elle aurait fait plus attention à ses pensées ! Les larmes aux yeux à cause de son hilarité, le jeune homme se calma et dîna en paix. Se déshabillant, il se coucha et ne put s’empêcher de songer à Milo.
Lors de cette fameuse soirée, Mû n’était aussi saoul qu’il le laissait croire mais avait bien voulu de la compagnie de Milo. Le scorpion avait proposé de le raccompagner et pendant le trajet, il lui fit son grand numéro de charme, qui ne laissa pas le jeune atlante de marbre. Arrivé à destination, les mains du scorpion se firent aventureuses et il ne les repoussa pas. Enhardi par cette légère victoire, Milo lui avait lentement et précautionneusement prit les lèvres et c’est Mû qui avait invité le scorpion à aller plus loin, désinhibé par l‘alcool. L’atmosphère devint rapidement torride. De caresses en baisers sensuels, l’atlante se laissait déshabillé par cet expert dans les jeux de l’amour. C’était d’ailleurs pour cela que Mû ne se refusait pas à lui. Il le voulait, lui Milo, pour apprendre à aimer un homme. Car, bien que le bélier ne soit pas novice dans ce doux combat avec les dames, il l’était en ce qui concernait les hommes.
Nu, sous les doigts experts de son partenaire, Mû se pâmait dans les bras vigoureux de Milo. Le grec le caressait de ses doigts, de ses lèvres, l’entraînant dans un monde de volupté masculine différente mais plaisante. Mû lui répondait avec douceur et enthousiasme, trouvant les gestes pour arracher des gémissements à son partenaire. Les sens chauffés à blanc, les deux hommes s’étaient livrés à un ballet sensuel. Puis lentement, Milo cloua Mû sur le lit et le prépara avec douceur et soin, à son intrusion. Les gestes tendres et les caresses de Milo, apaisaient et donnaient confiance au jeune homme qui se laissait faire avec un plaisir mêlé d’appréhension. Milo, de ses doigts, allait et venait à l’intérieur de son intimité, lui arrachant des gémissements de plaisir, une fois la douleur estompée.
Le scorpion se plaça entre les cuisses de l’atlante qui le regarda avec angoisse et avança lentement, faisant s’ouvrir sous la pression cet anneau de muscle inviolé pour l‘accueillir. Mu grimaça sous l’imposante intrusion, mais Milo, très doux, prit le sexe de l’atlante et exerça un lent va et viens. Pris entre deux sensations contradictoires, Mû opta pour se aller au plaisir, et se détendit complètement. Il s’abandonna aux bons soins de son amant, dont les coups de reins gagnaient en amplitude. L’orgasme les faucha à l’unisson, les laissant pantelant. Milo resta toute la nuit et ce qui donna à Mû l‘opportunité de tester ces nouvelles connaissances. Une nuit inoubliable pour les deux jeunes gens.
Ce souvenir donnait vraiment chaud au jeune atlante. Il décida de se lever et d’aller prendre l’air. Mû s’habilla et essaya de se téléporter En effet, ses dons pour la télépathie étant revenus, normalement il devait pouvoir se téléporter facilement. Prudent, il testa la chose pour sortir de sa chambre. Satisfait du résultat, il choisit le toit de l’hôpital, où il se trouva quelques secondes plus tard. La nuit était fraîche, c’était exactement ce qu’il fallait aux sens du jeune homme. Avançant jusqu’au bord du toit, il remarqua une silhouette. Ne voulant pas déranger, il fit demi-tour. Mais une main ferme le retint par le bras. Mû leva les yeux vers l‘homme.
- Oh, non pas lui !!! Il est pire qu’une douche froide question libido.
- J’allais partir, je ne veux pas t‘importuner.
- tu ne me déranges pas, Mû. Reste….s’il te plait. Je voudrais te parler.
Résigné, le jeune atlante s’assit aux côtés de son compagnon.
À suivre…
Voilà pour ce chapitre. S’il vous plait. Ne tapez pas, c’est la première fois que je fais ce genre de texte. Laissez moi vos coms, bon ou mauvais. Merci à bientôt.