Colère, ambition, volupté et plaisir : l’Ocean Pearl entre en jeu…

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Masami Kuramada et l'univers de "Love Mode" à  Yuki Shimizu.

Rating : M

Genre : Romance/Amitié/Suspens

Spoiler : Univers Alternatif. Fic écrite en collaboration avec Scorpio-no-caro. Nous avons placé les personnages de Saint Seiya dans l'univers de "Love Mode". Amour, complot, trahison, amitié, chacun a son histoire qui se recoupe avec celles des autres. Il y aura de nombreux couples inattendus. Nous espérons que vous aimerez.

 

ATTENTION : Il y est question de prostitution masculine puisque que "Love Mode" se déroule dans ce milieu.

 

Notes : Pour celles et ceux qui ne connaissent pas ou peu "Love Mode", c'est un manga Yaoi. Vous trouverez des informations sur le site de http://mimiyuy.free.fr dans la rubrique "Scantrad"

 

Notes 2 : Voici le début de la deuxième partie de notre fic. Nous espérons que vous apprécierez et que nous ne vous avons pas fait trop attendre. Nous reprendrons la mise à jour, un peu plus tard, après nos congés. Merci pour votre compréhension, votre fidélité… et vos reviews !

 

 

Chapitre 12 : Colère, ambition, volupté et plaisir : l’Ocean Pearl entre en jeu…

 

 

Mercredi 2 mai 2007, Kingston, Canada

 

La télévision était calée sur la chaîne de sport qui diffusait en direct un match de hockey sur glace. Du trente-deuxième étage, la vue sur le lac Huron était imprenable. Tournant le dos à la baie vitrée, le jeune homme assis devant l'écran de son ordinateur ne prêtait qu'une oreille distraite aux commentaires du match. Dehors, les températures s'adoucissaient avec l'arrivée d'un printemps timide, mais à l'heure. Les rues de Kingston étaient parfaitement dégagées, alors que sur les rives du lac et des forêts qui l'entouraient, la neige étendait son épaisse couverture cotonneuse d'un blanc éblouissant.

Bian Seahorse tourna les yeux vers la télévision juste à temps pour voir un but marquer par l'un de ses anciens co-équipiers. Un soupir souleva sa poitrine et un éclat mélancolique passa dans son regard vert pétillant. Il revint à son ordinateur quand un tintement lui annonça qu'il avait reçu un e-mail. Il l'ouvrit immédiatement et fronça les sourcils en avisant le nom de l'expéditeur : Kassa Salamango. Qu'est-ce qu'il voulait encore celui là ? Il prit connaissance du contenu du message et à mesure qu'il lisait, son visage prit une teinte livide. Il répondit d'un bref "Merci pour l'information." puis se leva pour se poster devant la vitre. Il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon à pince couleur chocolat au lait assorti à sa chemise en flanelle. La colère lui fit plisser les yeux alors qu'il se demandait comment il allait bien pouvoir annoncer ça à son patron. Julian serait furieux.

- Bian, je dois m'absenter quelques jours, fit justement celui-ci en entrant dans le bureau de son collaborateur sans frapper.

Le jeune homme ne se retourna pas.

- Tu vas où ?

- Bian ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

Julian Solo s'approcha de lui et le regarda. Il regarda à son tour à l'extérieur, le point imaginaire que semblait fixer Bian et revint à son bras droit, sans vraiment comprendre ce qui le mettait dans cet état de rêverie.

- J'ai reçu un mail de Salamango. Mauvaise nouvelle.

- Oh… C'est ça ? demanda Julian en montrant l'écran du doigt.

- Lis-le.

- Effectivement… Je comprends pourquoi tu sembles contrarié.

- Parce que toi, ça t'fait rien ? On perd notre plus gros client et tu restes là sans rien dire ? s'emporta Seahorse en se tournant vers son patron, le regard flamboyant de colère et de frustration. Il a presque dix jours de retard pour sa cotisation et je doute qu'on la reçoive !

- Et qu'est-ce que tu voudrais que je fasse ? claqua la voix de Solo, plus glaciale que jamais. Que je le supplie de rester à l'Ocean Pearl ? A genoux ?

- C'est pas à ça qu'je pensais figure-toi ?

- Tu as une idée à me proposer pour que Kouros redevienne l'un de nos membres ?

- En fait… commença Bian en faisant quelque pas dans son bureau, je me disais que Pandore est peut-être derrière tout ça. L'un de nos clients l'a vu à la réception Sakashita, il y a quelques jours, à laquelle il était invité.

- Ce client n'a pas fait appel à nous ?

- Non, il était avec son épouse. Mais il a déjà fait appel aux services de Pandore et du Giudecca's Pleasures. Elle accompagnait Kouros et l'un de ses collaborateurs.

- Wyvern ?

- Oui. Et depuis, il ne fait plus appel à nous alors que c'est un très gros consommateur d'hôtes chez nous, si je puis m'exprimer ainsi.

- Tu peux, c'est la vérité. Trouve-moi les noms des invités à cette réception, fit Julian en se levant pour partir.

- D'accord. Tu pars où ?

- Hein ? Ah oui… Je vais à Cancun. Scylla m'a dit qu'il avait vu un hôte du Sanctuaire dans un hôtel du Groupe Kido.

- Coïncidence ?

- J'en sais rien, c'est pour ça que j'y vais. Il ne l'a vu qu'une fois et n'a pas pu prendre de photo

- Tu reviens quand ?

- Je fais juste l'aller retour. Trouve-moi cette liste et à mon retour, on verra comment on peut exploiter ça.

- Ok ! N'oublie pas ton portable !

- Mon téléphone ?

- Non, ton pc. Dessus, t'as un fichier avec toutes les photos qu'on a pu réunir des hôtes de la Balance. Montre-les à Io, il reconnaîtra sûrement celui qu'il a vu.

- Tu devrais arrêter de regarder ces matchs, tu t'fais du mal pour rien.

- Je sais, murmura-t-il en détournant le regard. Mais j'adore ce sport, tu l'sais.

- Oui, je sais, mais tu t'fais du mal quand même…

Julian sortit avec un éclat de compassion dans les yeux. Il n'avait pas oublié le jour où il avait rencontré Bian. C'était lors du tournage d'un spot publicitaire pour la Seven Seas, sa société de commerce maritime. Le jeune homme terminait une publicité pour des vêtements de sport. Il avait dix-neuf ans à l'époque, et il venait de se blesser gravement au genou. Pour lui, le hockey c'était terminé alors qu'il était le plus grand espoir de l'équipe nationale canadienne. Un virtuose du patin et du palet, naturellement doué. Julian avait senti beaucoup de maturité et de bon sens chez lui. Plus tard, il avait demandé ses coordonnées au patron des studios où les spots avaient été tournés et les avait obtenues, moyennant finances. Il avait contacté le jeune homme et lui avait proposé de travailler pour lui. Il lui expliqua ce qu'était l'Ocean Pearl et que dans ce milieu, il était connu sous le nom de Poséidon.

Après quelque temps de réflexion, Seahorse accepta, ce dont Solo n'avait jamais douté. Ils travaillaient ensemble depuis un peu plus de deux ans et tous les jours Julian remerciait le destin et le hasard d'avoir placé cet homme sur sa route. Bian était l'homologue de Shion au Sanctuaire. Il succédait à l'oncle de Julian décédé prématurément dans un accident de jet-ski. Les deux organismes ne se faisaient pas de cadeau. Chacun avait des parts de marché que l'autre tentait de lui prendre et ils défendaient leurs territoires farouchement. Et pour Poséidon, perdre un client comme Kouros au profit de la Balance était un affront qu'il ne pouvait pas laisser passer.

Le jeune homme se rassit derrière son bureau et prit le téléphone.

- Thétis ? C'est Bian. Tu peux passer me voir en fin d'après-midi ? J'ai un contrat pour toi.

- Vers cinq heures, ça te va ?

- Parfait.

- Est-ce que Julian est là ? Il faut que je lui parle.

- Non. Il part dans une heure pour Cancun. C'est important ?

-  Non, ça peut attendre son retour.

- On se voit tout à l'heure.

Et il raccrocha sans même entendre la dernière phrase de la jeune femme. Il connaissait bien Thétis et d'ordinaire, elle qui était toujours prête à râler sur tout le monde et en particulier sur Julian Solo, s'était montré bien calme. Même le ton de sa voix lui avait parut résigné, presque fataliste. Ce n'était pas dans son caractère. Thétis Nielsen était une jeune femme plutôt enjouée, volubile, très belle et sûre d'elle-même. Mais là, Bian avait nettement perçu que quelque chose n'allait pas. Il en saurait un peu plus lorsqu'elle viendrait plus tard.

Il ouvrit un fichier nommé "Isaak Krakeniev" et prit connaissance de l'emploi du temps de son hôte. Le jeune Russe devait terminer sa mission dans la journée et passer le voir dans la soirée. Il les avait rejoints quelques mois auparavant et il avait rapidement vu sa côte grimper de façon vertigineuse. Pas de là à menacer Flavio Scylla, le numéro un, mais il s'était hissé à la deuxième place. Isaak était fasciné par son boulot, passionné même. Et Bian se demandait ce qui pouvait pousser le jeune homme à s'investir autant, à multiplier les missions. Il les acceptait pratiquement toutes et ses évaluations étaient plus élogieuses les unes que les autres. Pour son prochain contrat, il devait accompagner un riche philanthrope Américain à une soirée à l'ambassade Russe à Paris. Le milliardaire ne voulait personne d'autre qu'Isaak.

Bian se laissa aller dans son fauteuil et regarda sans la voir la photo du jeune Russe sur l'écran de son ordinateur. Il était souriant, un de ces sourires qui vous charme immédiatement, qui vous dit : "Regarde-moi, ne suis-je pas sympathique ? Allons, fais-moi confiance, on va bien s'amuser ! Tu ne seras pas déçu !" Isaak était quelqu'un de sûr de lui, charismatique et séducteur. Il n'avait pas le charme subtil de Io, mais il avait quelque chose auquel peu d'homme résistaient et encore moins les femmes. Mais ces dernières ne l'intéressait que très moyennement pour ne pas dire pas du tout.

Pourtant l'ex joueur de hockey avait décelé une ombre dans le regard d'Isaak. Il savait que le jeune Russe avait un secret lié à son désir de travailler pour Poséidon. Faisait-il cela parce qu'il avait perdu un pari ? Ou gagné ? Faisait-il cela à défaut d'autre chose ? Par envie ? Pas par besoin parce que Bian savait que son hôte n'était pas dans la misère, qu'il avait une fortune personnelle qu'il semblait parfaitement gérer. Alors pourquoi ? Quel était ce secret ? Il finirait bien par le savoir mais sa curiosité était piquée et il n'aimait pas ignorer quoique se soit des hôtes de l'Ocean Pearl. Pas pour s'en servir contre eux mais juste pour savoir à qui il avait à faire et choisir les clients adaptés pour que les missions se déroulent le mieux possible pour tout le monde. La sonnerie de son téléphone mobile le sortit de ses réflexions.

- Allo ?

- Vous êtes Poséidon ?

- Je suis son bras droit. Que puis-je pour vous ?

- Je suis Alejandro Montoya. Votre hôte, Isaak Krakeniev a été parfait. C'était exactement la personne qu'il me fallait.

­- Vous m'en voyez ravi monsieur Montoya.

- Si je devais le noter sur dix, je lui donnerais onze !

- Je vois, sourit Bian. Je lui ferai part de votre évaluation dès que je le verrai.

- Il vient de partir et il me manque déjà. Soyez certain que je referai appel à l'Ocean Pearl et à… Isaak.

- Et nous serons très heureux de vous satisfaire.

- Au revoir.

- J'espère à très bientôt.

Bian coupa la communication et eut un sourire de satisfaction qui lui faisait trois fois le tour de la tête. Il était presque treize heures et son estomac lui rappela bruyamment que son petit-déjeuner était loin. Kingston ne manquait pas de restaurants et il décida de manger hawaïen.

 

Il regagna son bureau vers quatorze heures trente et ne fut que moyennement surpris de trouver Thétis en train de l'attendre, faisant les cent pas dans le couloir alors qu'elle ne devait venir qu'à dix-sept heures.

- Pourquoi ne m'as-tu pas téléphoné ? lui demanda-t-il en l'embrassant sur la joue qu'elle lui tendait. Je t'aurais invité à déjeuner avec moi.

- Je viens d'arriver. J'ai juste eu le temps de passer chez moi pour prendre une douche et me changer, lui répondit la jeune femme, ce qui avait bien dû lui prendre au moins deux heures.

Il avait ouvert la porte, la suivit et la regarda s'asseoir avec grâce et féminité sur le canapé. Cette femme était vraiment très belle et Bian était très sensible à sa beauté, à son charme. Il lui offrit un gin tonic et se servit un bourbon.

- Alors, commença-t-il en s'asseyant à l'autre bout du sofa, qu'est-ce que tu lui veux à Julian ?

- Je voulais faire le point avec lui sur ma dette, expliqua-t-elle en portant son verre à ses lèvres écarlates. Mais je peux tout aussi bien le faire avec toi.

- Tout à fait. Que veux-tu savoir ?

- Où j'en suis, combien je dois encore rembourser ?

- Tu es venue demander ça, il y a presque six mois. Tu crois vraiment que depuis le temps, tu aurais remboursé ce que tu dois ? Allons Thétis, sois réaliste !

- Je veux juste savoir, insista la jeune femme en balançant nonchalamment sa jambe gauche croisée sur la droite.

Le mouvement n'avait pas échappé à Bian qui la détailla du regard sans vergogne. Elle portait un tailleur bleu pastel qui faisait ressortir sa blondeur dont les longues mèches étaient retenues dans un savant chignon. La jupe s'arrêtait juste au dessus du genou et la veste mettait en valeur son buste généreux et sculptural. Ses escarpins à talons aiguilles et son sac à main étaient assortis à son ensemble et un manteau en fausse fourrure de vison complétait le tableau. Le portait parfait de la femme fatale. Le tout était agrémenté de quelques bijoux fins et d'une élégance folle. Les moindres détails étaient étudiés pour mettre en valeur la beauté de la jeune femme.

- Alors, c'est qui ce contrat dont tu m'as parlé ? demanda-t-elle parfaitement consciente du regard de son interlocuteur.

- Une femme. Elle est vice-présidente d'un grand groupe sidérurgique. Elle doit passer trois jours à Seattle et elle t'a choisi pour l'accompagner.

- Je dois passer mes nuits avec elle ?

- Bien sûr, si elle en manifeste le désir. J'ignore qu'elle est son orientation. Il se peut qu'elle préfère simplement la discrétion et le calme d'une femme à la virilité et à l'aspect dominateur d'un homme. C'est une femme de pouvoir.

- Très bien. Combien ça me rapporte ?

- Tu pars demain pour Seattle, elle arrive dans la soirée. Trois fois vingt quatre heures, neuf mille dollars.

- Pandore me paierait le double ! cracha-t-elle avec mépris.

- Peut-être, mais ce n'est pas à elle que tu dois encore presque huit cent mille dollars. Alors quand t'auras épongée ton ardoise, tu pourras aller travailler pour elle si le cœur t'en dit. En attendant, t'as pas le choix !

Bian se faisait un plaisir de rabaisser la superbe de Thétis en lui rappelant sans cesse qu'elle n'était pas libre de quitter l'Ocean Pearl ni de fixer ses tarifs.

- Et si je me montrais très… très gentille avec toi, rétorqua-t-elle sur un tout autre ton, ne pourrais-tu réduire un peu plus cette… ardoise ?

- Faut voir jusqu'où va ta gentillesse…

Le jeune homme s'attendait à quelque chose de ce genre. A chaque fois qu'elle lui faisait le coup, il enlevait mille dollars à la somme qu'elle devait encore. Julian était parfaitement au courant de la manœuvre et en riait avec son bras droit.

- Profites-en, lui avait-il dit. Ce qu'elle me doit ne me manque pas. Et toi tu n'as pas besoin d'aller draguer dans les bars pour tirer un coup !

Thétis se leva, posa son verre sur le coin du bureau en acajou et se retourna vers Bian. Avec une lenteur toute calculée, elle défit un a un les quatre boutons de la veste de son tailleur et la laissa glisser lentement sur ses bras, jusqu'au sol. Le jeune homme se mordit la lèvre à la vue de ce corps magnifique dont il allait bientôt profiter. Sans le quitter des yeux, elle s'approcha de lui, se pencha et entreprit de desserrer sa cravate puis de déboutonner sa chemise. Elle appréciait beaucoup le physique de l'ancien hockeyeur. Il était puissant, ses muscles entretenus se dessinaient sous la peau mate qui trahissait ses origines indiennes.

Elle releva sa jupe jusqu'à ses hanches et s'assit à califourchon sur ses genoux pour l'embrasser. De la pointe de la langue, elle quémanda l'entrée de sa bouche qui s'ouvrit immédiatement pour happer ses lèvres en un baiser profond qui commença à échauffer leur sens. A travers leurs vêtements, la jeune femme sentait le désir de son amant se faire de plus en plus présent. Elle déboucla la ceinture, descendit la fermeture éclair et aventura une main à l'intérieur du sous-vêtement. Bian sursauta violemment à ce contact en laissant échapper un gémissement. Elle recommença à l'embrasser puis délaissa sa bouche pour s'occuper de sa poitrine, de son ventre pour venir engloutir son membre dressé et palpitant d'un seul coup. Le jeune homme se mordit la lèvre et ferma les yeux.

Il sentait la bouche chaude et humide l'envelopper sur toute sa longueur. Parfois, Thétis taquinait les testicules pour revenir lécher son sexe gonflé et douloureux. Mais il la laissait faire, il savait où elle voulait en venir. Elle allait l'amener aux frontières de folie douce pour qu'il laisse ensuite exploser son désir et la prenne brutalement. Entre eux c'était ainsi, violent. Aucun sentiment, juste du sexe ! Il sentit qu'elle caressait son intimité et elle leva les yeux vers lui.

- T'aime quand on passe par là, hein ? le provoqua-t-elle, une lueur lubrique dans le regard.

- Ouais, mais t'as…nnh… t'es pas équipé pour…aah !

Une plainte lascive sortit de sa bouche lorsqu'elle introduit deux doigts en lui tout en poursuivant ses caresses buccales. Elle le soumit à cette délicieuse torture pendant un long moment, se délectant de le voir se tordre de plaisir. Il était nu et elle portait encore sa jupe, son string et son soutien-gorge. Mais c'était sans compter sur l'éclair de lucidité qui le traversa, alors qu'il se laissait balloter dans un océan de volupté, tel un esquif à la dérive. Il attrapa ses bras pour la relever et la jeta sur le canapé après lui avoir arraché sa lingerie qui capitula dans un craquement sinistre. Assis sur elle pour ne pas quelle bouge, il fit jaillir ses seins de leur enveloppe de dentelle. Il les caressa sans douceur, roulant les tétons entre ses doigts, les pinçant douloureusement parfois. Thétis gémissait, ondulait sous lui. Ses mains trouvèrent à nouveau le sexe raide contre son ventre et le caressèrent.

Bian se positionna de manière à être à la bonne hauteur pour glisser son membre entre les seins de la jeune femme. Il les rapprocha l'un de l'autre et fit des mouvements de va et vient.

- Tiens-les, lui ordonna-t-il.

Elle obéit docilement. Elle aimait la façon dont tournaient leurs ébats, elle adorait ça en fait. Jamais elle ne l'aurait avoué, même sous la torture, mais Bian était le seul, avec Julian, à réussir à lui faire atteindre l'orgasme. Le seul. Pourtant elle n'était pas amoureuse de lui, elle aimait juste son corps et ce qu'il lui faisait avec.

Il avait les mains libres et pouvait la caresser à son tour. Il en glissa une dans derrière lui et trouva aisément ce qu'il cherchait. Il caressa l'intimité de la jeune femme qui écarta les jambes d'instinct. Une humidité chaude et liquoreuse tapissait tous les recoins et replis du sexe de Thétis. Il glissa deux doigts en elle et accorda ses mouvements avec ceux des hanches.

Tous deux haletaient leur désir, gémissaient leur plaisir. Puis il délaissa son sexe pour s'aventurer un peu plus bas. Il la sentit se raidir.

- Non Bian, pas là !

- Pourquoi ? Sais-tu au moins de quel plaisir tu te prives en refusant ?

- J'veux pas l'savoir !

- Alors tant pis pour ta dette ! T'auras fait tout ça pour rien !

- Je dirais à Julian ce que tu fais ! le menaça-t-elle, pensant l'effrayer.

- Julian ? Mais il est parfaitement au courant de ce que toi tu fais pour réduire ta dette, mon trésor. Là, c'est cinq mille dollars que j'efface. Intéressant, non ?

- Tu n'es qu'une pourriture !

- Peut-être, mais je suis le seul qui te baise comme tu aimes ! Et là, crois-moi, tu vas adorer !

Elle cria lorsqu'il introduit un doigt en elle et comprit que Bian était très sérieux. Elle n'y couperait pas.

- Met au moins un préservatif !

- Pour qui tu me prends ? Un sauvage ?

- T'es indien, non ?

- A moitié, et nous nous sommes civilisés au contact des visages pâles ! rétorqua-t-il, sarcastique.

Avec brusquerie, il se leva et mit Thétis à genoux par terre, le corps couché sur le canapé. Elle le vit fouiller dans son sac à main et en sortir un tube qu'elle emportait toujours. Il posa un peu de gel sur l'étroit orifice et commença à le masser, à le détendre, tout doucement avec beaucoup de délicatesse.

- Je ne veux pas te faire mal, lui murmura-t-il à l'oreille, mais la douleur sera inévitable, surtout la première fois.

- Ne sois pas brutal, fit-elle, suppliante.

- Ne t'inquiète pas, je n'ai jamais été brusque pour cette pratique et jamais aucun de mes partenaires ne s'est plaint de mes manières. Et puis, je ne voudrais pas te dégoûter à jamais de ce plaisir.

- Bian… j'ai jamais…

- Chut ! Détend-toi…, murmura-t-il à son oreille d'une voix sensuelle et chaude. Détend-toi… voilà… c'est mieux…

Elle cria et se crispa lorsqu'il entra en elle. Malgré toute la délicatesse et la lenteur dont il fit preuve, la jeune femme ne put retenir des larmes de douleur. Mais sous les caresses, les baisers et les mots rassurants de son amant, elle se relaxa et tenta d'apprécier cette étreinte. Elle ne réalisa même pas qu'elle était en train de gémir de plaisir lorsqu'une main perverse caressa son intimité tandis qu'elle se sentait comme pourfendue par une lance d'acier chauffée à blanc. Un "oui" lascif et rauque sortit de sa gorge alors qu'elle atteignait l'orgasme sous les puissants coups de rein de Bian qui jouit à son tour.

Alors qu'elle se rhabillait, le jeune homme en caleçon, vautré sur le divan, la regardait. Il se demandait jusqu'où elle était prête à aller pour éponger la dette qu'elle avait à l'égard de Julian.

- Maintenant que je sais ce que c'est, la prochaine fois, je me montrerai plus… active, lui dit-elle en effleurant ses lèvres des doigts.

- Tu crois que j'vais enlever cinq mille dollars à ta dette à chaque fois ? Tu rêves !

- Pourquoi pas ? J'peux très bien intégrer cette pratique à nos ébats !

- Les cinq mille c'était pour ton dépucelage, ma chérie, et ça les valait largement. Désormais ce sera deux mille si tu te montres aussi… docile ! Mais tu sais, si tu permets à tes clients de profiter de ton… nouveau talent, ta côte augmentera et tu rembourseras Julian plus vite.

- C'est une idée, mais j'attendrai d'avoir un peu plus d'expérience et de… pratique, rétorqua-t-elle à sa grande surprise. Tu voudras bien que je m'exerce avec toi ?

- Quand tu veux ma belle ! Je suis à ta disposition si t'as besoin de… cours particuliers !

Il la regarda sortir mais ne rata pas le regard meurtrier qu'elle lui lança avant de refermer la porte du bureau. Qu'importe ! Cette fille était une vraie bombe ! Il suffisait juste de trouver le détonateur pour qu'elle explose ou pour la désamorcer. Il prit une douche rapide dans le cabinet de toilette adjacent à son bureau et se remit au travail. Il lui fallait trouver la liste des invités à la soirée Sakashita comme Julian le lui avait demandé.

 

Thétis essuya d'une main rageuse les larmes de colère sur ses joues. Oh, elle n'était pas en colère contre Bian, mais contre elle-même. Elle était tombée bien bas pour se débarrasser de cette dette qui lui pourrissait la vie. Mais, elle se vengerait un jour ou l'autre. Elle mettrait Julian à ses genoux, à ses pieds même. Elle lui arracherait le cœur comme il était en train de lui arracher le sien. Depuis qu'il avait remboursé ce qu'elle devait à ce Casino de Monté Carlo, elle travaillait pour lui comme hôtesse de l'Ocean Pearl. Il prélevait une partie des revenus de ses contrats, mais rembourser environ deux millions de dollars prend du temps, beaucoup de temps. Et depuis trois longues années, elle lui donnait presque la moitié de ses revenus.

Malheureusement, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Si elle n'avait pas été habitée par le démon du jeu, elle n'en serait pas là. Mais elle avait baigné dans ce milieu depuis sa naissance. Son père était croupier dans un Casino de Copenhague au Danemark, et à la suite de la faillite de l'établissement, il partit pour Las Vegas avec sa fille ou un ami lui avait trouvé une place. Un an plus tard, il épousait une hôtesse du Casino et Thétis vivait dans ce monde. Malgré de brillantes études en biologie marine, elle attrapa très vite le vice du jeu. D'abord sur internet, puis elle commença à organiser des soirées "poker" avec des amis de lycée et de fac. Mais ce démon ne la lâchait pas. Elle commença à écumer les Casinos de la ville puis un jour, dans le cadre de son cursus universitaire, elle partit faire un stage au Musée Océanographique de Monaco. Monte Carlo n'était pas loin. Elle cumula une grosse dette, mais ne désespérait pas de la rembourser. Et lorsque qu'elle voulut en régler une petite partie, elle s'entendit dire par le directeur de l'établissement qu'elle ne devait plus rien. C'est ainsi qu'elle fit la connaissance de Julian Solo, son nouveau créancier. Au premier regard, elle en tomba amoureuse, éperdument. C'était à lui qu'elle devait maintenant, près de deux millions et demi de dollars ou bien c'était la prison. Elle accepta donc de travailler pour lui.

Julian avait remarqué la jeune femme dès qu'il s'était assis à la table de jeu. Intrigué par son expérience pour quelqu'un de si jeune, il s'était renseigné et avait tout de suite voulu qu'elle travaille pour lui. Quelle aubaine ! Elle venait de signer une reconnaissance de dette au Casino. Il l'avait séduite, mise dans son lit, à plusieurs reprises même, et lui avait froidement annoncé quel serait désormais son boulot si elle voulait rester libre. Elle aurait voulu le haïr, mais c'était trop tard. Elle l'aimait… à en crever ! Hormis ses ébats avec Bian et ses contrats d'hôtesse, Thétis n'en continuait pas moins à jouer et les trois quart de ce qu'elle gagnait, elle le donnait à Julian. En trois ans, elle avait réussi à passer sous la barre du million de dollar.

Encore un peu de patience, et de chance, et elle pourrait l'envoyer se faire voir, lui, Bian et leur si précieuse Ocean Pearl. Elle serait libre… de refaire les mêmes erreurs ? Elle savait depuis longtemps qu'elle n'avait aucune chance de séduire Julian, mais si elle pouvait compter parmi ses maîtresses et amants, elle s'en contenterait. Ça lui suffirait de le voir de temps en temps, qu'il la tienne dans ses bras, qu'il lui fasse l'amour sans qu'il n'y ait plus entre eux tout cet argent. En même temps qu'elle pensait cela, elle s'engueulait mentalement d'être aussi naïve. Une fois la dette épongée, ciao bambino ! Elle mettrait les voiles, loin, très loin. Elle partirait sans se retourner.

 

Dans un bar chic, quelque part à Kingston…

 

- Regarde celui là, là-bas, il a tout du touriste !

- Mouais ! Un vrai pigeon ! On y va ?

Les deux jeunes femmes assises au bar n'arrêtaient de lancer des œillades enflammées au jeune homme seul, installé à une table un peu plus loin. Elles étaient tout à fait charmantes et attiraient tous les regards masculins de la salle. Tous, sauf le sien. Lui, ne leur avait accordé aucune attention. Il buvait tranquillement une bière, les yeux rivés sur le lac Huron. Quelques bateaux glissaient paresseusement à la surface de l'eau, des oiseaux passaient dans le ciel, pas très haut. Le soleil faisait miroiter les vaguelettes en milliers de virgules d'argent poussées par une légère brise.

N'ayant rien à perdre, elles décidèrent de s'inviter à sa table. Adoptant une attitude un peu aguicheuse, elles s'assirent face à lui. Il tourna son regard vert et glacial vers elles et les dévisagea d'un air ennuyé, presque méprisant.

- Bonjour, on peut vous offrir une autre bière ? fit la première pas le moins intimidée par cette tentative de découragement.

- Non, merci.

- On ne vous dérange pas au moins ! minauda la seconde avec un sourire d'une rare hypocrisie.

- Je ne voudrais pas être impoli, mais puisque vous le demandez… oui, vous me dérangez !

- On peut se faire pardonner si vous voulez, reprit la première en coulant un regard incendiaire entre ses longs cils maquillés.

- J'crois pas non.

- Eh bien ! C'est pas l'amabilité qui vous étouffe ! rétorqua la première jeune femme d'un air vexé.

- Ni vous, la subtilité. Si vous voulez bien m'excuser, j'aimerais finir ma bière seul.

- Oh ! Allez ! Ne soyez pas si timide, on pourrait s'amuser tous les trois…

Le jeune homme la déshabilla du regard, un sourire goguenard aux lèvres. Son regard était si insolent que la jolie rouquine rougit légèrement et perdit de son assurance.

- Et à quoi pourrait-on bien s'amuser ?

- Eh bien… commença-t-elle en frôlant sa jambe de son pied, à des jeux auxquels seuls des adultes consentants jouent…

- Suggèreriez-vous que nous allions dans une chambre d'hôtel et que nous ayons des rapports sexuels ?

Les deux jeunes femmes se regardèrent plutôt surprises par ça façon de parler, directe et châtiée.

- Euh… oui… passer du bon temps ensemble… traduisit la blonde autant pour elle que pour son amie.

 Il termina sa bière d'un trait et reposa le verre sur la table. Il chassa une poussière imaginaire d'un revers de main élégant sur sa veste et leva les yeux vers ses deux interlocutrices.

- Je ne fais ce genre de chose qu'avec des personnes qui ont les moyens de payer. Et je crains que mes tarifs ne soient trop élevés pour votre porte-monnaie. Vous vouliez me payer un verre tout à l'heure ? Je vous laisse régler ma bière. Merci. Au revoir.

Il se leva et sortit du bar sous les regards abasourdis des deux jeunes femmes. Elles en furent quittes pour payer cette bière.

Le jeune homme mit ses lunettes de soleil et leva la tête. Il sentit la chaleur et le vent balayer son visage. Il se sentait bien, il était heureux, il était beau, riche et… anonyme. Il se mit à marcher vers le centre ville, sans se soucier des regards qui se retournaient sur son passage. Il ne passait pas inaperçu. Il avait la prestance des hommes sûrs d'eux, de leur physique, de leurs vêtements, de leur culture. Lorsqu'il se retrouva dans l'ascenseur de l'immeuble, le même sourire de bien être étirait toujours ses lèvres. Au trente-deuxième étage, il frappa à une porte et entra sans y être invité.

- Isaak ! Enfin ! fit Bian en se levant pour accueillir le numéro deux de l'Ocean Pearl. Comment vas-tu ? Assied-toi, tu veux boire quelque chose ?

- Non merci. J'vais bien et toi ?

- Ça va. Ton client a appelé pour ton évaluation.

- Et alors ?

- Rien, parfait, comme d'habitude.

- Tant mieux. T'as une autre mission pour moi.

- C'est possible, commença Seahorse en prenant dans le fauteuil face à Isaak. Mais avant, j'aimerais… j'aimerais en savoir un peu plus sur toi.

Aussitôt Krakeniev baissa les yeux comme s'il avait peur de ce que son regard pourrait bien révéler sur lui.

- Ne te méprend pas. C'est juste que j'aimerais comprendre pourquoi tu travailles pour Poséidon.

- Pourquoi ?

- Eh bien, je pense que ça me permettrais de mieux cibler ta clientèle.

- Ton excuse est bidon. Tu veux connaître ma vie pour assouvir ta curiosité.

- Si tu veux. Tu ne refuses jamais une mission mais je sais aussi que tu n'as pas besoin de travailler pour subvenir à tes besoins. Alors j'me pose des questions.

- J'aime le sexe, le luxe et l'argent. C'est aussi simple que ça.

- Isaak, fit Bian en s'enfonçant dans son fauteuil, je suis peut-être jeune et je manque probablement d'expérience dans certains domaines, mais je sais reconnaître quelqu'un qui me cache des choses. Et tu ne me dis pas tout.

- Dans mon contrat, c'est marqué nulle part que je dois raconter ma vie. Et quand bien même ça le serait, c'est à Julian que j'en parlerais, pas à toi.

- T'as pas confiance en moi ? demanda Bian dont la soudaine tristesse n'échappa pas à Isaak.

Celui-ci en fut gêné. Il aimait bien Bian et bien sûr qu'il avait confiance en lui. Mais comment lui avouer les raisons de son choix de carrière ?

- Si, j'te fais entièrement confiance… mais je suis pas sûr que connaître les détails de ma vie passée t'apporterais quoique se soit de plus que tu ne sais maintenant. Même pour choisir mes clients.

- Non, t'as pas confiance en moi et ça me désole. Je connais la vie et le passé de tous mes hôtes sauf en ce qui te concerne. Je le regrette, crois-moi.

Isaak se tortilla sur le fauteuil. Il voyait bien que Seahorse était déçu. Après tout, il pouvait quand même lui dire certaines choses.

- Qu'est-ce tu veux savoir ?

- Tout ce que tu voudras bien me dire…

Le jeune homme poussa un profond soupir.

- Krakeniev n'est pas mon vrai nom, et je ne te dirai rien. Je suis le fils d'un homme qui a de très grandes responsabilités en Russie, c'est pour ça que j'utilise pas son nom. J'ai pas connue ma mère, j'ai reçu la meilleure éducation dont on puisse rêver. J'ai gardé des contacts avec des amis, là-bas, ce qui me permet d'avoir des nouvelles de mon père. Il semble qu'il aille très bien.

- Tu l'appelles pas de temps en temps ?

- Non. On est… en froid !

- Tu ne me diras pas pourquoi.

- Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il m'a profondément déçu et que si j'fais ce job, c'est pour… je vais dire pour me venger, à défaut de trouver le terme exact.

- J'peux te demander des détails ?

- Eh bien, il s'est vu offrir un hôte en guise de pot de vin. Je le croyais honnête et intègre, ce sont des valeurs qu'il s'est évertué à m'inculquer et un jour j'ai appris qu'il s'était laissé corrompre et qu'en plus, il était avec un autre homme. Je vénérais mon père, il était comme… comme un dieu pour moi… Alors j'ai décidé de partir de chez moi après avoir pris possession de l'héritage que ma mère m'avait légué. C'est vrai que j'ai pas besoin de travailler, mais il faut que je m'occupe. Et ce job est des plus agréables.

Un lourd silence s'installe entre les deux hommes pendant quelques secondes avant que Bian réalise qu'il n'en saurait pas plus. Il avait un regard compatissant et se disait que ce n'était pas juste qu'Isaak s'inflige cette vie pour une erreur commise par son père.

- Ton père, il sait que t'es hôte à l'Ocean Pearl ?

- Non. Mais s'il l'apprenait, ça m'dérangerait pas.

- T'en es sûr ?

- Certain. Alors, si tu me parlais de cette prochaine mission ?

- Tu pars pour Paris. Tu vas accompagner un très riche philanthrope Américain à une soirée culturelle à l'ambassade de Russie. Il veut lâcher quelques millions de dollars pour la construction d'un musée je n'sais où et tenter de faire valoir le savoir faire des architectes français dans ce domaine.

- C'est pas Io qui s'occupe de ce genre client d'ordinaire ?

- Si, mais tu mérites, toi aussi, d'entrer dans ce monde très fermé. De plus, il a déjà un contrat pour cette période.

- C'est pour quand ?

- Tu pars le 18, la soirée à lieu le 19 et tu rentres le 21. Ce type à déjà fait appel à nous. Krishna c'est déjà occupé de lui à deux reprises. Il était dans sa période… exotique. Il laisse de généreuses primes alors j'ai décidé de nous l'attacher d'avantage et c'est pour ça que je veux que tu te charges de lui.

- Y pas d'problème ! Combien ?

- Vingt mille pour toi !

- Cool ! Et toi, tu vas plus trop sur le terrain. T'as plus envie ?

- Si, mais j'ai pas mal de boulot, j'ai moins de temps.

- Tu dois prendre le temps de te détendre et de t'amuser.

Disant cela, Isaak c'était levé et avait fait le tour du fauteuil de Bian. Il posa ses mains sur ses épaules et les massa.

- Mmm… c'est génial… t'arrêtes pas…

- Tes muscles sont noués. Pour un sportif, tu devrais savoir que c'est pas bon.

- Mouais, je sais, mais j'ai pas eu le temps de faire venir le kiné et ça fait plusieurs jours que j'ai pas été à la salle de sport.

- Tu veux faire du sport ?

Ce n'était qu'un murmure porté par un souffle chaud qui lui caressa délicieusement l'oreille. Bian frissonna violemment, ce qui n'échappa pas à Isaak.

- Thétis sort d'ici, grimaça-t-il alors que son tortionnaire venait de dénouer un muscle.

- Je vois… Et…

- Elle est vraiment prête à tout pour rembourser Julian le plus vite possible.

- Qu'est-ce qu'elle t'a fait cette fois.

- Elle m'a offert son pucelage anal !

- Waouw ! Ça c'est un beau cadeau ! J'espère qu'elle a apprécié !

- Tu m'connais, j'suis pas brutal. Un peu à gauche… là… ici…

- T'es doux comme un agneau, je sais. C'est c'que j'aime chez toi…

D'un geste doux mais ferme, Isaak renversa la tête de Bian et l'embrassa à pleine bouche. Seahorse ne se fit pas prier et répondit voracement à ce baiser.

- Tu l'as prise elle, murmura Isaak en embrassant le cou chaud et doux, et j'vais te prendre toi… Quelle journée, mon ange…

Ces simples mots enflammèrent les sens de Bian qui gémit sous les lèvres qui dévoraient les siennes. En quelques secondes, les deux hommes s'étaient débarrassés de leurs vêtements, en les jetant loin d'eux. Isaak s'agenouilla et prit dans sa bouche le sexe palpitant de son amant. Bian poussa un râle de plaisir et se laissa aller à ce plaisir indicible qui explosa dans son corps. Il haleta en sentant des doigts caresser son intimité.

- Tu es si excité que je pourrais te prendre sans préparation, chuchota Krakeniev avec un sourire et un regard lubriques.

- Alors fais-le… Prend-moi…

Seahorse s'allongea sur le ventre à même le tapis et souleva ses hanches. Isaak se mordit les lèvres à la vue de ses reins qui s'offraient à lui et posa ses mains dessus. Il embrassa, lécha la peau avec gourmandise et glissa sa langue jusqu'à l'étroit orifice. Bian gémit encore et se cambra d'avantage.

- Viens… maintenant…, le supplia-t-il

Isaak entra en lui, doucement, attentif à ses réactions, mais l'ex hockeyeur envoya brutalement ses hanches vers lui et s'empala d'un coup. Tous deux crièrent de plaisir et leurs corps se mirent en mouvements sans qu'ils le décident vraiment. Krakeniev s'allongea sur le dos aux muscles puissants. Il parsema la nuque et les épaules de baisers humides, soupira son plaisir dans le creux de l'oreille. Sa main s'égara sur le ventre où il titilla le nombril avant de se refermer lentement sur le sexe tendu.

Longtemps, Isaak fit l'amour à Bian de cette manière. Lentement, avec des gestes doux et précis. Chacun se délectait des bruits de leur union, les soupirs, les plaintes, les gémissements qui accompagnaient chacun de leurs mouvements. Il y avait du respect entre eux, de la sensualité. Et même s'il ne s'agissait pas d'amour, ils avaient une réelle affection l'un pour l'autre.

- Bian… souffla Isaak, j'tiens plus…

- Moi non plus… aanh… continue… caresse-moi…

- Bian… je… j'vais jouir…, c'est bon…

- Reste en moi… viens en moi… ouiiiii !

Leurs corps se tendirent sous le plaisir qui les submergea. Leurs cris finirent en râles rauque et leur respiration était sifflante. Ils s'affalèrent l'un sur l'autre, restant ainsi plusieurs minutes, savourant le contact de leur peau pendant que les dernières vagues de leur orgasme s'estompaient doucement.

- J'ai envie de prendre une douche, murmura Bian, tu viens avec moi ?

- D'accord…

 

Le même après-midi…

 

Le jet privé de Poséidon avait atterri sur l'aéroport international de Cancun et avait roulé jusqu'à un petit hangar privé. Aussitôt, une équipe de techniciens avaient entrepris de contrôler le bon état de l'appareil. Julian Solo en descendit pour se dégourdir les jambes et pendant qu'il marchait, il appela son hôte, Flavio Scylla. Celui-ci était dans un taxi pour le rejoindre. Vingt minutes plus tard, il entrait dans le hangar par une petite porte aménagée dans la grande, qui fermait le bâtiment.

- Comment vas-tu ? demanda Poséidon en serrant la main de son numéro un.

- Très bien. Je suis surpris, j'croyais pas que tu viendrais si vite.

- Viens, on va boire un verre.

Ils montèrent dans le jet et s'installèrent dans le salon pendant que le steward leur servait un rafraîchissement.

- Alors, raconte ! fit Julian en sirotant sa Margherita.

- Je sortais de l'hôtel où j'avais raccompagné mon client quand j'ai vu ces deux hommes dans le hall.

- Et tu penses que se sont des hôtes du Sanctuaire ?

- Eh bien s'ils ne le sont pas, ils en ont l'air. Très séduisants, des fringues de grandes marques et très bien portées, une attitude conquérante.

- Je vois… Tiens regarde. Ce sont des photos des hôtes de la Balance qu'on a pu réunir. Dis-moi si tu les reconnais ?

Io fit défiler les photos mais aucune ne retint son attention.

- Non, aucun d'eux. Mais attend ! T'as des photos des employés du Groupe Kido ?

- Pourquoi ?

- Une idée…

Julian ouvrit un autre fichier et montra encore des photos.

- C'est eux !

- L'avocat du Groupe et le secrétaire particulier de Dohko Kido ! éclata de rire Solo. Tu parles d'hôtes !

- Ben quoi ? Ça aurait pu être des employés du Sanctuaire !

- C'est vrai qu'ils sont très séduisants. Ta méprise est pardonnable et pardonnée.

- Je préfère t'avoir fait venir pour rien.

- Moi aussi. Dans le cas contraire, ça voudrais dire que la Balance étend son champ d'influence et je prendrais ça comme une déclaration de guerre.

- Le Sanctuaire n'existe qu'au Japon, le reste du monde est à toi.

- Très juste et j'entends que ça continue comme ça…

L'amertume dans la voix de Julian n'avait pas échappé à Io. Il regarda son patron par-dessus son verre pour le voir complètement ailleurs plongé dans ses pensées. Un pli de contrariété barrait son front au dessus de ses sourcils froncés.

- Qu'est-ce qui s'passe ?

- Kouros nous a lâchés pour le Sanctuaire !

- Kouros ? Et ses collaborateurs ?

- Eux j'en sais rien, mais quand le patron pisse, ils lui essuient la goutte, alors…

- Merde ! Et on sait pourquoi ?

- Pas encore. J'ai chargé Bian d'enquêter, j'espère qu'il va trouver quelque chose. Mais une chose est sûr, y a du Pandore là-dessous !

- Cette garce ? Elle peut pas se mêler de ses affaires ? Le Giudecca's lui suffit pas, faut qu'elle fourre son nez partout !

- Faut croire que ça occupe ses soirées solitaires ! Je m'occuperai d'elle en tant voulu. Bon, rien d'alarmant alors. Il doit s'agir d'une affaire interne au Groupe Kido, rien à voir avec la Balance. Tu rentres avec moi à Kingston ?

- Tu prends les clandos ?

- Pourquoi ?

- J'ai pas passé la douane et mes bagages sont dans le taxi dehors !

- Alors vas-y, charge tes sacs, on part dans une heure.

 

Jeudi 3 mai 2007…

 

Cet après-midi là, Bian et Flavio s'était réunis dans le bureau de Julian. Pendant leur vol de retour, Solo avait eu une idée mais voulait d'abord en parler à son bras droit et son numéro un.

- Alors, ton idée, c'est quoi ? lui demanda Bian en se rasseyant après leur avoir servi des boissons.

- J'ai songé à ancrer l'Ocean Pearl.

- Ancrer ? Comment ça ? s'enquit Io à son tour.

- Eh bien toute l'activité de l'Ocean Pearl est basée sur les bateaux de croisières. Nous emmenons nos clients où ils le désirent dans le monde mais nous n'avons pas un lieu fixe comme le Sanctuaire.

- Si seulement on savait où il est, on pourrait comprendre comment ils font pour être au même niveau que nous en ne restant qu'au Japon ! grommela Bian.

- Le Sanctuaire ne reste pas qu'au Japon, reprit Solo. Ses hôtes voyagent à travers le monde en fonction des souhaits des clients. Ils sont juste moins mobiles que nous. Nos yachts de luxe nous permettent d'offrir une gamme de services plus étendus. Si nous avions un point fixe, nous aurons encore plus de clients.

- Si c'est ça ton idée et que ça marche, il va falloir que t'embauche de nouveaux hôtes !

- Je sais Bian, et c'est toi qui te chargeras du recrutement. De plus tu pourrais retourner sur le terrain plus souvent en attendant que tout soit en place.

- Et tu compte mettre qui à la tête de cette… antenne fixe de l'Ocean Pearl ?

- C'est une bonne question. J'ai bien sûr pensé à toi, Io, tu as suffisamment d'expérience pour ça. Mais ça t'obligerait à réduire ton activité d'hôte.

- C'est pas bien grave, je prendrais ça comme une promotion. Et quand on aura de nouveaux employés, je pourrai toujours faire une mission de temps à autre, juste pour le plaisir.

- J'en conclu que vous êtes favorable à cette idée, fit Julian en souriant largement.

- J'ai encore une question, intervint Bian en levant un index interrogateur. Où comptes-tu installer ton Ocean Pearl numéro deux ?

- Là où le climat est presque toujours le même été comme hiver, pas loin des grandes capitales du luxe… les îles Canaries !

- Effectivement, c'est une idée, acquiesça Bian. Madrid, Lisbonne, Paris, Rome, Berlin, Londres sont à quoi ? Deux heures, trois heures d'avion ? La Méditerranée s'ouvre à nous par Gibraltar, ça peut marcher.

- Et ça marchera ! s'exclama Julian en se levant. Les Baléares sont là, plus loin il y a les Cyclades et bien sur, la Riviera. Monté Carlo sera irrésistible pour nos clients.

Io et Bian échangèrent un regard amusé de voir leur patron joyeux comme un écolier qui sait qu'il va faire une bonne blague.

- Le Sanctuaire ne s'en remettra pas. Maintenant passons à autre chose. Bian, ton enquête sur la soirée Sakashita ?

- Rien de très extraordinaire. Des invités triés sur le volet comme d'habitude et des noms qui reviennent comme toujours dans ce genre de manifestations.

- Comme qui ?

- Il y avait Pandore bien sûr, le ministre de l'industrie et du commerce japonais, le consul de Chine et tous ceux qui traînent derrière eux. Quelques hommes d'affaires de moindre importance. Dohko Kido y était aussi avec deux… gardes du corps. Des jumeaux grecs. Il a fait ses études avec Ikki Sakashita et ils ont gardé d'excellents rapports. Et bien sûr, Andréas Kouros et son bras droit, Radamanthe Wyvern. Rien qui ne puisse être vraiment exploité.

- Tu es sûr ?

- Oui, pourquoi ?

Julian Solo se perdit dans la contemplation du Lac Huron. Pourquoi cette petite alarme clignotait-elle dans tête ? Il sentait qu'il y avait là quelque chose d'étrange mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Pourtant, c'est comme s'il avait un mot sur le bout de la langue sans parvenir à le prononcer. Qu'est-ce que ça pouvait bien être pour être aussi insistant dans son esprit. Il se détourna de la baie vitrée et regarda ses deux collaborateurs.

- Je vais commencer à réfléchir à tout ça. Au fait, tu as eu l'évaluation d'Isaak ?

- Parfait, comme d'habitude.

- Io, ce gars va finir numéro un si tu fais pas gaffe ! Il a les dents longues !

- Tant mieux ! Comme ça je m'installerai aux Canaries sans avoir l'impression de t'lâcher !

Les trois ho