
Suite à leur glorieuse réussite, le chevalier des Poissons décida d’aller fêter ça. Il força donc Angelo à l’accompagner dans une boîte branché d’Athènes, où Aphro but sans soif et dansait sensuellement, s’attirant le regard charmé de femmes et d’hommes. Certains s’en arrêtait juste au regard, n’osant aller plus loin en voyant la face de tueur enragé d’un italien. D’autres avait l’audace et le courage inconscient de vouloir danser où se frotter trop près du suédois. Ceux là étaient illico entraînés dehors et n’oserai plus sortir avant un long moment tellement la peur les submergerai. Quand Aphro s’en rendit compte, il regarda Angelo avec mécontentement :
« Aphro : C’est quoi ton problème ? Laisse les bon sang.
Angelo : Ca te plait d’être prisé par tout le monde. T’es un chevalier d’or, alors un peu de dignité bon sang.
Aphro : T’es jaloux…
Angelo : QUOI ?
Aphro : parce que j’ai du succès et pas toi.
Angelo (coi devant cette remarque) : Pff, m’en fiche que personne s’intéresse à moi.
Aphro : Mais, à moi tu m’intéresse. Allez viens danser joli rital. »
Angelo se fit tirer à contrecœur sur la piste de danse et pas de chance encore pour l’italien, le DJ lançait un des rares mais réels slow. Aphrodite était aux anges et s’empressa d’attraper Angelo par le cou et de se coller à lui. Le cancer rougit et sentait déjà son corps réagir. Il n’arrivait pas à croire qu’il était dans les bras du plus beau des chevaliers. Heureusement qu’Aphro avait l’alcoolémie à un taux sévère et qu’il n’apercevait plus trop ce qui se passait. Car sinon, il aurait entendu les palpitations d’Angelo, de la sueur sur son visage et son dos, des frissons au moindre mini mouvement d’Aphro, en plus de la masse dure qui pressait contre la cuisse du poisson. Poisson qui d’ailleurs se sentait bien et en sécurité dans les bras d’Angelo. Jamais il n’avait ressenti cette impression de bien-être et de sécurité, comme les enfants avec leurs parents. Mais le suédois n’avait pas connu sa mère et son père, il n’osait même pas y penser. Cette douce sensation ajoutée à la musique douce le fit s’assoupir dans les bras du Cancer, la tête posée sur son épaule. Ce dernier s’en rendit compte quand il sentit tout le poids d’Aphro sur ses bras. Il était plus de quatre heures du matin et en plus demain fallait se lever pour l’entraînement. Sans faire attention aux drôles de regard, Angelo prit Aphro dans ses bras et quitta la discothèque. Lui était en pleine forme et ne voulait pas que ce moment se termine. Il entreprit donc de rentrer à pied au sanctuaire, monta toutes les marches jusqu’au dernier temple avec le poisson paisiblement endormi. Au niveau du temple du lion, il entendit comme des rires et des gémissements. Finalement tout se passait pour le mieux. Au moment où il allait quitter le temple, Aiolia arriva par derrière en robe de chambre :
« Aiolia : Bonsoir.
Angelo (qui n’avait pas digéré l’ingratitude du lion) : Salut.
Aiolia : Vous revenez de boîte ?
Angelo : Qu’est-ce ça peut te faire ?
Aiolia : Ca va ! Je me suis juste dit que demain, je me porterai garant de votre retard à l’entraînement. Après ce que t’a fait pour moi, enfin pour nous.
Angelo : De rien mec. Ok pour demain, t’es un pote.
Aiolia : Ce n’est rien. Bonne nuit. »
Angelo continua sa montée l’esprit plus léger. Lui il s’en fichait mais cela lui aurait fait mal au cœur qu’Aphro dusse se lever alors qu’il avait peu dormi, et arriver cerné et avec une mine épouvantable à l’entraînement.
Il posa délicatement le poisson dans son lit et le borda. Il trouva qu’il était vraiment beau endormi Au moment où il allait sortir, il entendit :
« Aphro (qui rêve) : Père, vous me faîtes mal. Non, je ne veux pas faire ça.
Angelo : Aphro… »
En se rapprochant, le poisson semblait de nouveau calme mais il voyait comme des larmes sortir de ses yeux clos. Il les essuya avec douceur et s’en alla le cœur lourd. Arrivé chez lui, il frappa à nouveau sur sa table qui cette fois céda :
« Angelo : Ce %$£&}, il n’a quand même pas… »
Angelo ne trouva pas le sommeil. Il alla donc à la plage pour se baigner dans l’eau froide de la nuit, histoire de calmer sa rage et ses envies.
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Le lendemain, Aphrodite et Angelo arrivèrent donc en retard à l’entraînement. Aphro rayonnant et Angelo complètement nase et pour cause, quand enfin vers huit heures il avait réussi à s’endormir, il fut réveillé par un poisson suédois sautant sur son lit.
Le pauvre Cancer, en plus de ça, à peine avait-il fait un pas dans l’arène qu’Aiolia le provoqua. Et cette fois, le lion eut largement le dessus, ne laissant à Angelo d’autres choix que celui de capituler.
Le lion et le cancer remontèrent dans les estrades et descendirent Shura et Aldébaran. A ce moment là, Shion arriva dans un éclat doré et comme la veille, Dohko de la balance se raidit et baissa la tête. L’ex-bélier passa à côté de lui sans un regard, ce qui accentua a face triste du chinois.
Le pope venait juste voir Aiolos pour savoir si cela s’était bien passé avec la petite Eliona. Ce dernier répondit positivement et informa même qu’il reviendrait la voir dans l’après-midi. Le sagittaire semblait plus léger depuis que son frère allait mieux. Aphro constata que Saga semblait intéressé mais rien de plus pour le moment. Le poisson retourna son attention sur la balance, toujours tête baissée puis lança un regard entendu à Angelo.
Shion salua tous ses collègues et repassa à côté de Dohko sans un regard ou une parole. Eux qui pourtant étaient de très vieux amis. Dès qu’il eut disparu, la balance se leva, s’excusa et s’enfuit de l’arène sous l’œil incompréhensif des autres, sauf bien sûr de notre duo du Styx.
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Plus tard chez Aphro, après un repas préparé par Angelo, les deux signes d’eau étaient comme au premier jour de leur mission assis devant un café :
« Aphro : Je suppose que nous sommes d’accord tous les deux pour s’occuper de nos doyens Shion et Dohko.
Angelo : Doyen, c’est peu de le dire. Ces types sont la preuve même que les dinosaures ont existé.
Aphro : Angie, n’exagère pas voyons. Et puis cessons de les traiter comme des vieux croûtons. Leur corps redevenus jeunes sont vraiment sexy.
Angelo : Ouais, dans le doute j’en ai quand même commandé du viagra.
Aphro : Bonne initiative mais je persiste à dire que c’est inutile.
Angelo : Comment tu peux en être si sûr ?
Aphro : Parce que je l’ai vu.
Angelo (recrache son café) : Quoi ? Où ? Ne me dis pas que tu mates le Pope en secret aux thermes.
Aphro : Ah tiens j’y avais pas pensé.
Angelo (s’emporte) : MAIS CA VA PAS NON !
Aphro : mais pourquoi tu t’emportes comme ça ? Qu’est-ce que ça peut te faire ?
Angelo (boude) : Rien… Mais bon, c’est vrai que tu l’as vu ?
Aphro : Juste de derrière en fait. Tu savais toi que sous son imposante toge, le Pope ne porte absolument rien.
Angelo : Comment tu sais ça toi ?
Aphro : L’avantage d’ouvrir un peu les yeux. Quand le Pope remonte les marches de ce temple au palais, le vent n’est pas toujours en sa faveur, laissant parfois entrapercevoir une belle paire de fesses blanche bien ferme. Si tentante qu’on aurait envie…
Angelo (le coupe) : Mais t’es pas bien. Ca va pas de fantasmer sur un ancêtre.
Aphro : Je ne faisais qu’exposer mon point de vue. Donc tu peux ranger ton viagra, on en aura pas besoin à mon avis.
Angelo : Ouais. Donc comment faire pour caser notre supérieur à celui qui pendant des décennies a patiemment attendu devant une cascade. Purée, moi au bout de cinq minute, j’en aurai eu marre.
Aphro : Ne compare pas vos patiences. Faudrait voir ce qu’ils font de leur journée.
Angelo : Pas compliqué, le mouton a la tête plongée dans ses dossiers et le chintoque passe son temps à faire le ménage. Pff, revivre pour jouer les astiqueuses, pitoyable.
Aphro : Il tient à rester cloîtré dans son temple en dehors des entraînements, et pour tuer le temps, il a trouvé ça.
Angelo : Il doit vraiment manquer d’imagination le vieux débris. Avec tout ce qui existe de nos jours, faudrait qu’il se mette à la page. Faire le ménage, sérieux, je vais lui demander de le faire chez moi si ça l’amuse tant.
Aphro (une ampoule au-dessus de la tête) : J’ai trouvé. Il n’y a pas que toi qui es un génie, mais je reconnais que tu m’as guidé sur la voie.
Angelo : Et c’est quoi ton idée ? Qu’on puisse rigoler un bon coup.
Aphro : N’oublie pas que tu es chez moi. La leçon ne t’a pas suffi ?
Angelo : Tu me crois assez idiot pour tomber deux fois dans le même piège. »
En une fraction de seconde, Aphrodite était dans son jardin et constata avec étonnement que ses roses étaient bien là. Ne comprenant pas, il tenta de les appeler mais elles ne bougèrent pas :
« Aphro (pas content du tout) : Qu’as-tu fait à mes chéris ?
Angelo : Oh rien de méchant, j’ai envoyé leur âmes au puit des enfers.
Aphro (perplexe) : Ca a une âme une rose ?
Angelo : Ben c’est un végétal donc un être vivant. Faut croire que oui.
Aphro : Ramène les immédiatement.
Angelo : Que nenni, pas tant que je serai là. Et puis vois le bon coté des choses, cela donne une petite touche de douceur aux êtres qui s’en vont pour ne plus revenir.
Aphro (fait le moue) : Hum bon, ça va pour cette fois. Mais la prochaine fois, je les protègerai.
Angelo : Ouais c’est ça. Bon alors c’est quoi ton idée ?
Aphro (se rassied) : Et bien puisque notre pèse-personne sur patte se plait à nettoyer, je vais le faire astiquer moi. Il pourrait soulager les domestiques en faisant… Les thermes par exemple.
Angelo : Ah ça y est, je vois où tu veux en venir.
Aphro : Le tout c’est de le convaincre. Je m’en charge. Toi tu pourrais te renseigner auprès des servantes pour savoir à quelle heure notre cher et vénéré Pope prend ses bains quotidiens.
Angelo (tout content) : Quelle bonne idée, comme ça j’en chope une au passage et ce soir…
Aphro : Angie !
Angelo : Ben quoi, qu’est-ce que j’ai dit cette fois ?
Aphro : Je t’ai dit d’aller te renseigner, pas de draguer.
Angelo : J’ai le droit d’y ajouter ma sauce comme toi pour Aiolia et Marine.
Aphro (fulminant de colère) : Moi c’était différent, c’était pour aider Marine. Mais là il s’agit que de ton intérêt personnel.
Angelo : Si on a pas le droit à un lot de consolation avec ce boulot de $£&#%.
Aphro (toujours furieux) : Oh et puis fais comme tu veux, je ne suis pas ton amant après tout. Je me fiche bien de ce que tu fais de tes fesses. »
Aphrodite alla laver les tasses et s’en alla vers le temple de la balance sans un mot au Cancer. Angelo s’en voulut, il ne pensait pas vraiment qu’il allait se faire une servante. Il n’en avait même pas envie. Il avait dit ça pour voir la réaction du poisson mais il ne voulait pas le blesser ainsi. Quand Aphro devient muet, c’est qu’il est vraiment furax. Le mieux qu’il pouvait faire pour le moment, c’était de mettre le plan en marche. C’est pourquoi il se leva pour aller vers le treizième temple, non sans se promettre de se faire excuser auprès du beau suédois par une technique dont seuls des génies comme lui, italiens de surcroît, avaient le secret.
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Aphrodite dégagea avec rage une larme qui coulait le long de sa joue. Pourquoi il réagissait de la sorte ? Après tout, qu’est-ce que ça pouvait lui faire qu’Angelo se fasse toutes les femmes du Sanctuaire ? Oui, il s’en fichait comme de l’an quarante. Mais par Athéna, pourquoi ce besoin systématique de vouloir sentir sa présence à ses côtés ? Pourquoi quand il le quittait, il lui tardait de le revoir ? Ce désir brûlant qui naissait en lui quand à peine une parcelle de son corps entrait en contact avec le sien ? Et pourquoi, quand il le regardait, pensait-il qu’il était le meilleur des hommes alors qu’il n’était qu’une brute cynique et impolie ? :
« Aphro : Crétin de Cancer, abruti d’italien, tu es en train de me faire devenir chèvre. »
Ce n’était pas dans les habitudes du jovial poisson de réagir de la sorte. Il se ressaisit et se calma au fur et à mesure qu’il descendait les marches en passant par les temples : du Verseau où Camus repassait avec délicatesse son linge ; Du Capricorne où Shura était concentré dans un bouquin d’apprentissage de la langue italienne ; Du sagittaire qui était vide, son occupant était parti voir la petite Eliona ; Et du Scorpion où Milo faisait la sieste, l’air profondément endormi avec sur sa poitrine un livre de Freud (quoi de plus soporifique).
Arrivé enfin à destination, Aphro tenta de cacher son trouble actuel et de faire comme il faisait d’habitude, c’est-à-dire s’inviter sans prévenir, avec sa joie de vivre que tout le monde connaissait :
« Aphro : Dohko, mon ami.
Dohko (qui faisait la poussière sur le buffet) : Aphrodite, que fais-tu là ?
Aphro (sourire enjôleur) : Et bien j’ai eu une envie soudaine de ton superbe thé chinois. Tu serais un chou si tu m’en faisais une théière. Oh mais tu es occupé peut-être ?
Dohko (qui comme les autres ne résiste pas à ce sourire) : Mais non, je ne fais rien de spécial. Installe-toi, je te le prépare.
Aphro : Merci. »
Aphrodite s’installa donc à genoux devant la table basse et regarda autour de lui. Les appartements de la balance étaient d’une propreté impeccable. Le ménage était fait à fond tous les jours. Cela en devenait suspect mais personne n’avait fait la moindre remarque. De toute façon, chacun était trop préoccupé par ses propres soucis pour s’intéresser à son voisin.
Dohko revint donc portant un plateau avec une théière fumante et deux tasses :
« Aphro : Merci mon chou. De tout le sanctuaire, ton thé est le meilleur.
Dohko : Il n’a rien d’extraordinaire. Le thé vert de Shion est bien meilleur.
Aphro : Tu l’as déjà goûté ?
Dohko : Il y longtemps. Très longtemps.
Aphro : Oui, c’est vrai qu’il devait être occupé, avec l’entraînement de Mü, puis après sa mort… »
Aphro constata que Dohko gardait la tête baissée et qu’il s’était davantage raidi dès qu’il entendit parler de la mort tragique du généreux Shion par Saga :
« Aphro (confus) : Je suis désolé…
Dohko : Ce n’est rien. Ca a été très dur mais c’est passé. Et puis il est revenu maintenant alors je n’ai plus à m’en faire pour lui.
Aphro : Il était ton meilleur ami ?
Dohko : Mon meilleur ami… Oui, c’est ça, mon très vieil ami. Comment oublier quelqu’un comme lui ?
Aphro : Si vous êtes de si bon amis que ça, pourquoi vous ne vous êtres pas vu depuis notre résurrection ?
Dohko : Il est très occupé…
Aphro (le coupe) : Ce n’est pas une excuse. Une amitié de plus deux cents ans négligée par quelques papiers, je n’y crois pas.
Dohko : Je ne tiens pas à me justifier.
Aphro : Bon, comme tu voudras. Je suis venu pour le thé mais aussi pour autre chose. J’ai quelque chose à te proposer.
Dohko : Je t’écoute.
Aphro : Tu sembles bien aimer le ménage ?
Dohko : Je m’ennuie un peu quand je suis pas de garde. Alors je m’occupe.
Aphro : Oui mais ici c’est nickel de chez nickel. Alors j’ai pensé que peut-être tu pourrais aider les domestiques au palais. C’est un peu la pénurie en ce moment.
Dohko : Les aider, mais pour quoi ?
Aphro : Et bien elles m’ont dit que c’était pas toujours facile pour elle de faire le ménage aux thermes. Elles sont débordées. Comme t’aimes bien cet endroit, je me suis dit que ça t’intéresserai.
Dohko : faut que j’y réfléchisse.
Aphro : Mais je leur ai déjà promis que tu les aiderais.
Dohko : Quoi ?
Aphro (petite voix convaincante) : Tu verrais comme elles sont débordées. Tu ne vas pas faillir à la promesse que je leur ai faite, elles seraient tellement déçues.
Dohko : Aphro ! »
L’ex vieux maître regarda le poisson avec mécontentement mais se radoucit en voyant la mine désolée et suppliante du jeune suédois. C’est vrai qu’il avait un joli minois et il était difficile de résister à quoi que ce soit. Cela n’aurai en aucun cas dérangé la balance, toujours prêt à rendre service. Mais se savoir au treizième et donc géographiquement près de Shion le rendait mal à l’aise. Il n’osait même pas imaginer sa réaction s’il avait le malheur de le croiser.
Dohko savait, il savait depuis si longtemps qu’il aimait son pair. Depuis la dernière guerre sainte. Mais jeune, il était si timide et Shion avait du succès autant auprès des hommes que des femmes. Puis la mission donnée par Athéna, le mésopéthaménos (j’espère que je me trompe pas). Cela lui permit de s’éloigner de l’objet de son cœur, mais tout en gardant contact avec lui grâce à la télépathie. Cela lui convient, pendant des décennies, il enfouie son amour au plus profond de lui, essayant au moins de ne pas briser cette amitié qui lui était chère. C’était ça ou rien.
Cependant, Dohko crut qu’il allait tout déballer, sa jalousie l’emportant presque quand, il y a une vingtaine d’année, Shion annonça fièrement qu’il avait une relation avec une femme, et qu’il se sentait en forme malgré son âge avancé. Dohko fulminait mais se retint. Il ne voulait pas couper ce fil fragile qui le reliait encore à Shion. Tout sembla s’arranger quand l’ex-bélier lui appris la mort tragique de la femme en question.
Puis avec l’arrivée de Mü dans sa vie, Shion consacrait moins de temps à son ami de toujours. Jusqu’à ce que ce dernier vienne le solliciter pour des conseils. Dohko avait trouvé un bébé par là, mais il ne savait pas du tout s’en occuper et ignorait même le sexe de l’enfant. Le bélier vint à sa rescousse, lui maintenant habitué après s’être occupé de Mü. Le bébé en question était une petite fille, et donc Dohko lui donna le nom de sa défunte mère dont il n’avait qu’un vague souvenir : Shunreï. Pendant deux jours à jouer les apprentis nounous, ce fut un grand moment de plaisir et de fous rires entre les deux vieux amis. Une complicité retrouvée qui fit chaud au cœur du chinois. Leur allure n’était pus vraiment à désirer, mais la balance trouvait toujours Shion magnifique avec ses longs cheveux gris et ses yeux violets. Un long regard puis il s’en alla, promettant de revenir bientôt puisqu’il avait l’intention de léguer la place de Pope à un des deux nouveaux chevaliers d’or des gémeaux ou du sagittaire, respectivement Saga ou Aiolos. Il le laissa partir le cœur léger, plein d’espoir de le revoir très vite… Mais il ne le revit plus. Dès l’instant où il sentit son cosmos disparaître, il hurla son chagrin, son cri surpassant le bruit de la cascade et réveillant Shunreï. Il se ressaisit grâce à cette petite mais aussi parce qu’il recueillit le jeune Mü le temps qu’il finalise son entraînement. Pour Shion, il se promit de veiller sur ce jeune garçon qui semblait si précieux aux yeux du bélier.
Puis l’autre bataille contre Hadès, il était revenu. Il était jeune et beau. Il lui en voulu d’être passé du mauvais coté puis il s’en voulut à lui-même de ne pas avoir eu foi en lui. De ne pas avoir vu ses réelles intentions. Il aimait Shion comme un fou, mais sans doute pas assez pour avoir douté de la sorte. Il ne le méritait pas. Il avait pleuré sa mort une deuxième fois et sa dernière pensée devant le mur des lamentations fut pour lui et non pour Athéna.
A leur résurrection, Shion était allé voir Mü. Normal, lui était allé voir Shiryu. Il attendait qu’il vienne le voir. Lui n’oserait pas faire un pas vers lui. Il s’en voulait encore de son comportement, d’avoir douté de lui. Alors il attendait qu’il vienne, mais il ne vint pas. Il devait lui en vouloir et il avait raison. Il ne le méritait pas. Souffrir serait son châtiment. Sur ce coup là, il avait été aussi aveugle que son disciple.
Dohko fut tiré de ses souvenirs par Aphro qui le relançait :
« Aphro : Alors ?
Dohko : Hein euh… Quoi ?
Aphro : Il me faut une réponse.
Dohko : Une réponse ne résout pas la difficulté mais en fait naître mille autres.
Aphro : Hein ! C’est quoi ça ?
Dohko : Un proverbe chinois. Sinon c’est d’accord, je ne fais rien d’autre de spécial de toute façon.
Aphro (content) : super. Je vais les informer et te communiquer l’heure où tu pourras y aller.
Dohko : Merci Aphro, peut-être que ça me fera du bien de sortir d’ici.
Aphro : Et comment ! Merci à toi pour le thé. Je file me renseigner et je te retrouve après. Ciao. »
Dohko était fasciné par l’entrain du suédois. Mais il avait beau n’être pas au mieux de sa forme, il avait senti comme quelque chose qui n’allait pas chez cette explosion de vie qu’était le chevalier d’or des poissons. Décidément, que devient le sanctuaire !
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En arrivant au palais, Angelo eut la vue assaillie par un certain nombre de domestiques qui s’activaient à leur tache. Sans avoir de quelconque envie, Angelo en profita quand même pour se rincer l’œil et mater les petites fesses avec travers le tissus de leur robe blanche, se plaisant à deviner leurs mensurations. Certaines l’ignoraient, d’autres lui lançait un regard qui voulait dire « Je te plait mon beau chevalier ? ». Mais Angelo n’y fit guerre plus attention et demanda de façon très poli à une servante :
« Angelo : Eh bobonne. Elle est où ta chef, faut que je lui cause.
Servante (toute tremblante) : là-bas.
Angelo : Merci, et tremble pas comme ça, %£$&#, je ne vais pas te manger.
Servante : Oui monsieur.
Angelo : Woh, qui c’est que t’appelle monsieur. Ca sonne faux.
Servante (tremble) : Pardonnez-moi chevalier.
Angelo : Allez, astique moi ce carrelage et que ça brille.
Voix : Angelo du Cancer, ce n’est pas ainsi qu’on parle à une dame. Excuse-toi. »
Le dit Angelo se retourna vers celui qui avait osé lui faire une leçon de politesse. Une voix masculine, grave, et étrangement familière. Il se retrouva nez à nez, ou plutôt nez à ventre avec Aldébaran du Taureau… Qui portait un tablier blanc et une serpillière :
« Angelo (écroulé de rire) : HAHAHAHAHA. Ho mec, cette dégaine.
Aldé : Ca ne me dérange pas en ce qui me concerne mais fais des excuses à la dame qui travaille dur juste pour un toit et de quoi manger, pendant que toi tu te pavanes la moitié du temps.
Angelo : Ouais bon allez pardon. C’est mon jour de bonté.
Aldé : Tu voulais voir la chef ? Pourquoi ?
Angelo : Ca te regarde ? J’ai un truc à lui demander.
Aldé (soupçonneux) : Bon, je vais te la chercher. Mais ne sois pas impoli avec elle, sinon tu auras à faire à moi.
Angelo : Ouais, bon Ok.
Aldé : J’y vais.
Angelo : Et sérieux, tu pourrais te présenter à miss boniche, t’es à craquer. HAHAHAHA. »
Le calme Aldébaran ne releva pas, connaissant pertinemment la réputation d’homme cynique du Cancer. Il alla chercher la chef qui se présenta devant Angelo, un magnifique sourire dessiné sur ses lèvres. Un visage de poupée qu’Angelo connaissait bien :
« Angelo : %$£&@, Scylia ! C’est toi la chef ?
Aldé : Pas d’injure devant la gente féminine. Je te prie.
Angelo : Oh toi, lâche moi les pinces, tu veux.
Scylia (très calme) : De quoi vouliez-vous me parler chevalier du Cancer ?
Angelo : Eh, pas tant de révérence. On se connaît maintenant, après tout ce qu’on a vécu.
Scylia : Je n’ai pas le souvenir d’avoir partagé quelconque histoire avec vous.
Angelo (l’attrape par la taille) : Ne sois pas intimidée devant ce colosse ma belle. »
Aldé enviait Angelo de son aisance et de la proximité qu’il pouvait avoir avec la belle grecque rousse. Blessé que lui ne soit considéré que comme un chevalier, et non comme un ancien amant comme cela semblait être le cas avec le cancer, il s’enfuit du palais, jetant au passage son balai et tablier.
Scylia repoussa doucement ce vil tentateur et eut de la peine quand elle vit le chevalier du Taureau s’en aller. Elle n’était pas du tout du genre à s’énerver mais elle devait se l’avouer, le cancer l’agaçait :
« Scylia : Angelo du Cancer, dites-moi ce que vous voulez ou allez-vous en.
Angelo : Bon, je suis venu te proposer le service supplémentaire du chevalier de la balance qui se plairait à nettoyer les thermes.
Scylia (surprise) : Le chevalier de la Balance ? Il n’y a pas de problème mais…
Angelo (la coupe) : Alors dis-moi à quel heure le Pope prend son bain.
Scylia : Vers dix-huit heure. Nous faisons le ménage après son passage. Il y reste environ une heure. A vingt heures c’est sûr que c’est bon.
Angelo : Ok merci poupée.
Scylia : Je m’appelle Scylia.
Angelo : Ouais ouais Scylia. »
Angelo était encore outré de l’attitude de cette petite à son égard. Comment pouvait-elle préférer Aldébaran à lui ? Il s’apprêtait à rejoindre le temple des poissons quand il se souvint sa dispute avec son propriétaire. Il eut alors une idée. Une idée génialissime comme il se plaisait à le penser qui aurait un intérêt et pour lui, et pour la mission.
Il changea de direction et alla trouver le bureau de Shion. Tous les chevaliers avaient le doit de s’y rendre n’importe quand. Il frappa donc et alla s’incliner devant son supérieur.
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Pendant ce temps, dans une plaine près de Rodorio, Aiolos se plaisait à jouer les acrobates pour impressionner la petite Eliona qui était aux anges. Caché pas loin de là et dissimulant son cosmos, Saga des gémeaux fut soulagé de constater que la Eliona, dont parlait le Pope et le sagittaire ce matin, n’était en fait qu’une gamine qui à première vue semblait malade.
Rassuré, il regagna le temple des gémeaux où son frère l’attendait. C’est lui qui lui avait conseillé d’espionner le sagittaire et il avait eut raison de l’écouter, il se sentait plus léger.
Il monta les escalier et passa par les temples : du Bélier où Mü méditait en compagnie de Kiki qui trouvait ça franchement ennuyeux ; Du taureau qui était vide mais Saga croisa le propriétaire dans les escaliers. Aldébaran passa à coté de lui sans le saluer, il avait l’air triste… Comme tout le monde ici-bas.
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Angelo se rendit donc dans le bureau de Shion où ce dernier semblait travailler derrière une pile importante de dossier. L’italien constata cependant que depuis un mois, le niveau des dossiers était exactement le même. Coïncidence ou est-ce que le Pope travaillait vraiment ? Toujours est-il qu’Angelo s’inclina respectueusement devant lui :
« Angelo : Altesse, je suis venu vous demander une permission.
Shion : Je t’écoute chevalier du Cancer.
Angelo : Pourrais-je cueillir quelques fleurs dans votre jardin ?
Shion (étonné) : Et bien, cela ne me dérange pas, mais je suis curieux de savoir pourquoi.
Angelo : Pour ne rien vous cacher altesse, je me suis disputé avec Aphrodite des Poissons qui est l’un de mes meilleurs amis. Je suis conscient que c’est de ma faute et je ne supporte pas cette situation.
Shion : Je comprends.
Angelo : Par ailleurs, cela ne me plait pas trop qu’il traîne chez Dohko de la Balance. »
L’effet sur le Pope fut immédiat. Shion se raidit à l’entente du nom de son vieil ami. Il alla jusqu’à scruter les deux cosmos et constata que Dohko était bel et bien en compagnie d’Aphrodite. Angelo constata aussi que le stylo dans sa main tremblait. Le cancer avait tiré dans le mille :
« Shion (troublé) : Je te comprend parfaitement Angelo du Cancer. Cueille tout ce que tu veux. Et un conseil, fais aussi un petit poème, cela plaira sans doute au chevalier des Poissons.
Angelo : Merci Altesse.
Shion : Encore une chose. Comme les autres je veux que tu m’appelles par mon nom.
Angelo : Très bien Shion. Avant de vous laisser, laissez moi juste vous faire une remarque.
Shion : quoi donc ?
Angelo : Faîtes ce que je dis mais pas ce que je fais.
Shion : Que veux-tu dire ?
Angelo : Et bien je ne comprend pas le tension et la distance qu’il peut y avoir entre Dohko et vous. Pourtant vous étiez de bons amis autrefois.
Shion (se raidit à nouveau) : Cette histoire ne regarde que moi. C’est bien plus compliqué que tu ne le penses.
Angelo : Fort bien, je ne voulais pas vous importuner. Bonne fin de journée. »
Angelo sortit satisfait de son entrevue avec le Pope. Il alla donc à son jardin histoire de cueillir quelques fleurs et réfléchir à trois rimes. Bon sang, mais pourquoi se démenait-il ainsi pour se faire pardonner ? C’était vrai que cette situation l’insupportait d’être en froid avec le poisson. Et pire encore il s’en voulait à mort de l’avoir blessé :
« Angelo : Santa Maria, je suis en train de devenir fou. »
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Dans son bureau, Shion, Grand Pope du Sanctuaire, représentant de la divinité Athéna sur terre, était à l’heure actuelle qu’un pauvre homme banal réduit à l’état de tristesse. Un chevalier doit faire abstraction de ses sentiments. Mais ils étaient des hommes et non des robots. Et si Shion avait su pendant tant d’année se faire une raison, là il ne pouvait plus. La tête entre ses bras et son corps secoué de sanglots, Shion se remémorait ses plus de deux siècles et demi de vie. Il avait aimé jeune et cet amour ne s’est jamais tari. Dohko, chevalier d’or de la balance, s’était présenté à lui comme une divinité, comme l’être le plus beau et plus pur qui puisse exister. Il gagna facilement son amitié mais le chemin vers son amour semblait inaccessible. Dohko semblait ne pas partager ce même sentiment à son égard, restant toujours distant. Shion avait des aventures, mais sans lendemain, car tout le monde il avait des envies. A chaque fois qu’il congédiait la femme, il culpabilisait comme jamais et s’agenouillait devant la statut d’Athéna pour se faire pardonner.
Les années passèrent, lui au Sanctuaire et Dohko en Chine. Ils se parlaient par télépathie et plus le temps passait, plus le courage lui manquait. Alors il se fit une raison, et continuant à avoir des aventures sans lendemain. Sauf une, la dernière il y a une vingtaine d’année. Ce qui devait comme les autres rester une aventure dura presque un an. Mais ce cas était différend. Il avait espéré que Dohko se ramène et lui hurle son mécontentement mais il n’avait rien fait. Puis Mü est arrivé dans sa vie. Cela lui a permis d’un peu penser à autre chose. Puis Athéna et le Sanctuaire à gérer avec les nouveaux apprentis. Shunreï fut l’occasion idéale de passer un peu de temps avec son vieil ami et amour. Il avait vu dans le regard de Dohko un signe plein d’espoir. Et malgré la fait qu’il ne ressemblait plus qu’à un vieux petit nain violet, Shion le voyait encore comme ce puissant chevalier d’or. Il lui promit de revenir après qu’il eut désigné son successeur. Mais le destin en choisit autrement. Il savait qu’il ne tiendrait pas sa promesse quand il sentit le cosmos de Saga derrière lui sur Star Hill. Il eut une pensée pour Dohko et pour Mü avant de se rendre dans l’autre monde.
Treize ans plus tard il revint… Mais pas du bon coté. Pour Athéna à qui il avait juré fidélité, il renonçait à son amour pour Dohko. Car il savait bien qu’en acceptant cette mission, bien que ce fût dans le bon sens, la Balance ne lui pardonnerai jamais. Il crut que son cœur allait exploser quand il revit Dohko dans la fleur de ses dix-huit ans.
Enfin à leur résurrection, il espérait que tout allait s’arranger. En plus les Dieux leur offrait une seconde jeunesse, l’occasion peut-être de vivre cet amour qui lui avait échappé. Mais comment se présenter devant lui après ce qu’il avait fait ? Non, il ne pourrait pas alors il attendrait que lui vienne… Mais il n’était pas venu et semblait l’ignorer. Il lui en voulait, voilà tout :
« Shion : Dohko… »
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Angelo entra dans le temple des Poissons. Aphrodite était de retour mais s’était assoupi sur le canapé. L’occasion pour lui de préparer l’ambiance. Alors qu’il mettait les fleurs dans un vase, Aphro parla à nouveau dans son sommeil :
« Aphro (endormi) : Père, Niels a été sage aujourd’hui.
Angelo : Qui c’est ce Niels ? »
Aphro bougea et tomba du canapé, ce qui le réveilla. Angelo se précipita vers lui pour l’aider à se rasseoir :
« Aphro : Ouille, merci.
Angelo (tend le vase avec le bouquet) : Tiens c’est pour toi.
Aphro (perplexe) : Merci mais pourquoi ?
Angelo (rouge) : Hum hum. Accepte ces fleurs que j’ai cueillies ; Je n’ai été qu’un abruti ; Je n’ai pas voulu te blesser ; J’aime pas quand t’es fâché ; Acceptes-tu mon pardon ; Toi Aphrodite des Poissons.
Aphro (mega surpris) : Angelo… Tu te sens bien ? T’as pas de fièvre ?
Angelo (ton sec) : Je vais bien merci. Donne moi une réponse, je sens que je vais exploser.
Aphro (saute au cou d’Angelo) : Angie, c’est trop mignon. Je ne savais pas que tu savais faire des poèmes.
Angelo (étouffé) : C’est la première fois. Et compte pas sur moi pour recommencer de si tôt.
Aphro : Tu es tout pardonné.
Angelo : … Aphro, qui est Niels ?
Aphro (troublé une seconde puis sourit) : Alors c’est bon pour que Dohko aille faire les thermes ? Moi il est d’accord pour y aller.
Angelo : Ouais, le Pope prend son bain vers dix-huit heures et ils y font le ménage après.
Aphro : Ok, je vais de ce pas dire à Dohko d’y aller vers dix-sept heure trente.
Angelo : Et ne t’attarde pas chez lui.
Aphro (lui envoie un bisous) : Oui mon chou.
Angelo : Beark, dégueu. »
Angelo sentit un poids en moins. Aphro semblait assez facile à pardonner. Faut dire qu’il est pas du genre rancunier et tant mieux. Il arrivait pas à croire ce qu’il avait fait. Si quelques années plus tôt, on lui aurai dit qu’il irai jusqu’à cueillir des fleurs et se creuser la tête à faire des rimes, il aurait rigolé à la tête de ce quelqu’un avant de la lui prendre pour son décor mural.
Quelque chose le troublait encore. Qui était Niels et pourquoi Aphro avait détourné la conversation ?
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Donc vers dix-huit heures, Dohko, le fier chevalier d’or de la Balance, était en train de nettoyer les thermes de fond en comble. Il s’était dit que c’était le lieu de détente de son bien-aimé, alors il ferait tout pour qu’il ait la possibilité de passer un bon moment.
Et planqué derrière une colonne, Aphrodite des poissons et Angelo du Cancer épiaient, dans leur toute nouvelle habitude. Il fallait qu’ils fassent le moins de bruit possible… pas évident avec Angelo qui ne tenait pas en place ; et dissimuler leur cosmos… pas évident avec Aphro qui avait du mal à se concentrer du fait de la température. Lui suédois et entraîné eu Groenland suffoquait rapidement dans une telle chaleur. Heureusement pour eux, Dohko était tellement occupé à sa tache et tellement perturbé ces derniers temps qu’il ne faisait attention à rien qui l’entourait. La balance semblait bien fatigué ces derniers temps et la chaleur ne l’aidait pas vraiment.
Des bruits se firent entendre du vestiaire. Aphro jugea que c’était le bon moment pour apporter un petit coup de pouce au destin. Il dégagea un délicieux parfum qui atteignit les narines de Dohko. Ce dernier se sentit instantanément bien. Ce bien-être soudain lui fit baisser la tension accumulée depuis des jours et retomber la fatigue. Il était au bord du bassin et sentit ses jambes flancher pour finalement tomber, se cogner au bord du bassin et atterrir dans l’eau, buvant la tasse et coulant au fond. Shion qui avait entendu du bruit, se précipita dans les thermes avec juste uns serviette nouée autour de la taille. Aphro en profita pour se rincer l’œil et Angelo râla qu’il ne devait pas se gêner.
Donc Shion s’approcha du bassin et vit avec horreur une silhouette au fond de l’eau. Il la sortit de là et son cœur manqua un battement en apercevant Dohko de la Balance, son amour de toujours, celui qui malgré son âge en était toujours au feu de la passion. Complètement paniqué, il examina rapidement le chinois. Il était inconscient, avait un pouls mais ne respirait plus. Le pope tremblait de tous ses membres, il était bien formé aux gestes d’urgence, il avait à de nombreuses reprises faites du bouche-à-bouche à un inconnu. Mais là il tremblait comme le premier baiser d’une adolescente. Il fallait qu’il le sauve. Alors il effectua le bouche-à-bouche, son corps frissonnant violemment à chaque fois qu’il posait ses lèvres sur les siennes. Il résistait incroyablement à l’envie de faire pénétrer sa langue dans sa bouche entrouverte :
« Aphro (super motivé) : Allez, pourvu qu’il se réveille au moment il a ses lèvres posées sur les siennes. Je suis trop fort d’avoir pensé à ça sérieux.
Angelo (au bord de la nausées) : %$£&@, qu’il se réveille parce que là je me sens pas bien.
Aphro : Petite nature va. »
A ce moment-là, Dohko eut un réflexe de toux et recracha l’eau. La respiration ample, il reprenait peu à peu ses esprits. Il sentait une main dans la sienne, apaisante mais tremblante. Il se sentait bien là, avec cette main dans la sienne. Il ouvrit ses yeux verts et croisa les belles prunelles violettes de Shion. Par réflexe, il se dégagea instantanément, retirant sa main. Shion était devant lui, à peine vêtu, ce qui excita la balance de ce désir contenu depuis plus de deux siècles. Shion, qui jusque là avait un regard anxieux se détendit :
« Shion : Tu m’as fait une de ces peurs. Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
Dohko (confus) : Je ne sais pas. Je faisais le ménage ici et tout à coup, je me suis senti partir.
Shion : Heureusement que j’étais là.
Dohko (hausse les épaules) : Tu aurais très bien pu me laisser crever. Qu’est-ce que je m’en fiche ? »
Les larmes au bord des yeux, n’en supportant pas davantage, Shion s’approcha de Dohko et le gifla. Encore plus confus, Dohko posa sa main sur sa joue rougie et se mit à pleurer. Il était en proie à une véritable crise de larme, laissant exploser au grand jour sa peine, sa colère, sa frustration. Shion pleurait aussi mais silencieusement. Il prit Dohko dans ses bras et le berça, lui suppliant de se calmer :
« Dohko (s’accroche à Shion comme à une bouée) : Pardon pardon…
Shion (resserre son étreinte) : Pour quoi ?
Dohko : Pour ne pas avoir compris, pour avoir douté de toi et de ta loyauté envers Athéna.
Shion (étonné) : Dohko…
Dohko : Je ne suis qu’un idiot et tu as le droit m’en vouloir. J’en souffre de cette tension entre nous mais tu sais ce qu’on dit. Le malheur n’entre guère que par la porte qu’on lui a ouverte.
Aphro (toujours planqué) : Je le crois pas, même dans des moments pareils, il arrive à sortir des proverbes chinois.
Angelo : Ca me gonfle là, ça manque d’action. Qu’ils arrêtent de chialer %$£@é&. »
Shion resserra encore son étreinte autour du corps secoué de sanglots de la balance. Cette révélation lui pesa sur le cœur. Il comprenait à présent pourquoi il n’était pas venu vers lui après leur résurrection. Aucun des deux n’osant aller vers l’autre de peur de subir les représailles. Et un stupide malentendu les avait fait inutilement souffrir durant un mois. Shion ne savait pas si Dohko éprouvait quoique ce soit pour lui mais le savoir là, dans ses bras, éveilla ses hormones endormies depuis trop longtemps. Il ne résista pas longtemps et posa ses lèvres sur la nuque du chinois. Ce dernier frissonna violemment, il redressa sa tête inondée de larme et fixa sans comprendre son vieil ami. Le pope était un signe de feu, donc de fougue et de passion, et voyant que la balance ne le repoussait pas vraiment, il n’écouta plus que ses pulsions et embrassa fougueusement Dohko. Ce dernier encore sous le choc mit quelques secondes avant de comprendre, pleura cette fois-ci de joie et répondit au baiser avec la même ardeur. Un moment intense qui, après près de deux siècles et demi d’attente, s’éternisait, faisant monter l’envie chez les deux voyeurs de service :
« Shion : Dohko… Depuis si longtemps…
Dohko : Si longtemps ! Je n’avais pourtant pas l’air de t’intéresser, toi et ton succès tombant.
Shion : Ce n’était que des aventures. Je pensais que tu ne t’intéressais pas à moi. Alors j’assouvissais mes envies autrement. Pas toi ?
Dohko : Non, les balances sont des êtres romantiques qui n’agissent pas que sur des pulsions comme les béliers.
Shion : Attend, ne me dis pas que tu es…
Dohko : Si et même fier d’avoir attendu si longtemps l’homme de ma vie. Moque-toi si ça te chante, moi je ne me reproche rien.
Shion : Oh Dohko, si j’avais su… Nous avons perdu tant d’années.
Dohko : Là n’est pas le problème, les Dieux nous ont accordé une nouvelle vie, alors autant recommencer à zéro.
Shion : Quels idiots avons-nous été pendant un mois. Jamais je n’aurai pensé que tu t’en voulais.
Dohko : Alors pourquoi n’es-tu as venu ?
Shion : Parce que j’avais peur… Peur que tu ne me reproches mon pacte avec Hadès. Même encore aujourd’hui, je m’en veux.
Dohko : Ne dis pas de bêtises, c’était pour Athéna. Si les Dieux nous ont accordé une seconde chance, cela prouve que les Dieux eux-mêmes t’ont pardonné.
Shion : Je ne suis qu’un idiot, je ne mérite pas le titre qu’Athéna m’a donné.
Dohko (en bon philosophe) : Il faut être bien sage ou bien borné pour ne rien changer à ses pensées.
Shion : Parfois je me dis que les Dieux ont du faire une erreur. Je n’aurai pas du revenir. »
Cette fois, ce fut Dohko qui gifla Shion. Ce dernier regarda la balance avec tristesse, balance qui se jeta sur lui et le renversa sur le sol pour l’embrasser puis taper avec rage de son poing sur sa poitrine, laissant glisser les larmes sur ses joues :
« Angelo : Woh si c’est pas l’un c’est l’autre. Sérieux, dans la famille Dépressifs je veux les grands pères.
Aphro (coup de coude à Angelo) : Tais-toi, ça commence à devenir intéressant.
Dohko : Stupide bélier, têtu, bourricot, ne dis pas des choses pareilles. Je ne veux pas te perdre.
Shion (perplexe) : Dohko…
Dohko : Wo aï ni (je ne sais pas comment ça s’écrit) »
Shion enlaça Dohko de toutes ses forces, comme s’il avait peur qu’il ne disparaisse. L’émotion le submergea, il venait d’entendre ce qu’il avait tant attendu. Par amour, il avait appris à parler le chinois. Wo aï ni voulait dire Je t’aime. La dernière ombre de doute qui pouvait encore rester dans son esprit disparut :
« Shion : Par Athéna, Dohko, moi aussi je t’aime. Depuis le début, depuis que nous sommes des chevaliers.
Dohko : Ah oui ! Depuis tout ce temps. Et cette femme il y a une vingtaine d’années, tu avais l’air de tenir à elle.
Shion : Elle c’était différent. Ca devait aussi être une aventure mais le destin en a choisi autrement.
Dohko (ne comprend pas) : Que veux-tu d… (Réalisant soudain) Non, ne me dis pas que…
Shion (hoche la tête sans répondre) :…
Dohko : Après une faute, ne pas se corriger, c’est la vraie faute.
Shion (rit malgré lui) : Mon Dohko, tu as le don de sortir tes proverbes comme il faut et quand il faut. J’ai vraiment essayé de faire au mieux pour compenser ma faute.
Dohko : Et tu t’en ai très bien sorti. Je ne connais pas les détails de l’histoire mais pour le moment, je crois qu’il y a mieux à faire.
Angelo (qui comprend plus rien) : Mais de quoi ils parlent ?
Aphro : On s’en fiche, c’est sans doute un truc entre eux. L’important c’est ce qui va se passer maintenant.
Angelo : Attend, ils vont pas le faire ? Là maintenant.
Aphro : Ca fait presque deux cent cinquante ans qu’ils attendent. Ils attendront pas une minute de plus à mon avis. »
Effectivement, Shion embrassa Dohko et dans un mouvement précis, retourna leurs positions. Le bélier se retrouva à califourchon et nu sur la balance, la serviette ayant chuté de ses hanches. Il passa ses doigts sous la tunique chinoise de Dohko et ce dernier l’aida à la lui retirer. Shion s’attaquait à toute les parcelles du torse de Dohko, lui promettant d’y aller doucement pour lui était qui toujours vierge. Dohko gémissait, rigolait lorsque Shion passa sur ses flancs chatouilleux, et caressait le torse du bélier, ne voulant pas rester inactif :
Angelo (se tient le ventre) : Qu’on épargne ça à mon système digestif.
Aphro : Chochotte, petite nature.
Angelo (prépare son poing) : Répète pour voir.
Aphro : Ce n’est qu’avec les yeux des autres qu’on voit ses défauts.
Angelo : ù%$£+&, voilà que toi aussi tu t’y met à débiter des proverbes de chintoque. »
Les gémissements des deux nouveaux amants firent monter la chaleur chez le suédois. Tout cela ajouté à la température élevée de l’atmosphère des thermes et à la proximité du cancer, le poisson se sentit comme partir et fit un malaise vagal, tombant dans les bras du dit Cancer qui le rattrapa, soudain inquiet :
« Angelo (agite sa main pour lui faire de l’air) : Aphro, %ù£$&èà, réveille-toi. Qu’est-ce qui t’arrive ? »
Shion arrêta tous ses mouvements et regarda Dohko. Le nouveau couple, pas vraiment content d’être dérangé ainsi alors qu’ils concrétisaient enfin leur amour, se lança un regard entendu. Angelo était tellement occupé à tenter de récupérer le suédois qu’il n’avait pas remarqué la montée de cosmos du Pope :
« Shion : STARLIGHT EXTINCTION.
Angelo : Aphro révei… AAAAH (disparaît en tenant Aphrodite dans ses bras).
Shion : Espèce de… Attendez-vous à des sanctions.
Dohko : Laisse mon amour, je suis en train de me demander si tout cela n’était pas un coup monté. Ca m’étonnait qu’Aphrodite me demande de nettoyer les thermes.
Shion (se rallonge sur Dohko) : Maintenant tu auras moins de temps pour ton ménage.
Dohko : En effet, j’ai autre chose à astiquer. Mais dis-moi, qu’as-tu fait d’Angelo et Aphro ?
Shion : Je les ai envoyé prendre un peu l’air. »
Le Pope s’empara à nouveau des lèvres de son amour, pouvant continuer là où ils s’étaient arrêtés.
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Revenons à notre duo du Styx, qui après une chute libre de dix mètres, atterrirent dans la mer tiède et claire de l’été. Angelo tentait de garder à la surface la tête d’Aphro encore à demi-inconscient. Mü, qui était assis sur la plage et surveillait son disciple en train de se baigner, entraperçut ce qu’il croyait être quelqu’un en train de se noyer. Il utilisa donc ses pouvoirs psycho kinésiques et ramena Angelo et Aphro sur la plage :
« Angelo (une fois au sol) : Je déteste ça.
Mü : Angelo ! Mais qu’est-ce que tu faisais dans l’eau et avec Aphro à moitié dans les vapes ?
Angelo (ne fait pas attention à Mü) : Espèce de Pope de mes deux, il a failli nous tuer.
Mü (mode bélier pas content) : Qu’est-ce que tu racontes sur mon Maître ?
Angelo : Commence pas à m’échauffer toi. Ton Maître adoré m’a mis en pétard et je n’aimerai pas avoir à me défouler sur toi. Aide-moi plutôt à réveiller Aphro.
Mü : Met ses jambes en l’air, ça aide le sang à remonter au cœur. Et met quelque chose de frais sur son front.
Angelo (super concentré): Ouais. Aphro me lâche pas.
Aphro (Reprend ses esprits) : Angie…
Mü (surpris) : Angie ?
Kiki (plié de rire) : HAHAHA Angie.
Angelo (prend la main d’Aphro) : Je suis là, ça va aller.
Aphro : La rose n’a d’épines que pour ceux qui veulent la cueillir.
Angelo : Hein !
Aphro : Il faut faire vite ce qui ne presse pas pour pouvoir faire lentement ce qui presse.
Angelo : Qu’est-ce que tu chantes ?
Mü : Ce sont des proverbes chinois.
Aphro : Celui qui pose une question risque cinq minutes d’avoir l’air bête. Celui qui ne pose pas de question restera bête toute sa vie.
Angelo : %1&#$...
Kiki : %1&#$.
Mü (mode bélier pas content) : Kiki, qu’est-ce que c’est que ces mots ! Eloigne toi tu veux.
Angelo : J’ai du lui laisser trop longtemps la tête sous l’eau. Il a du faire une anoxie cérébrale et il restera débile toute sa vie.
Mü : Mais non, on dirai qu’il souffre du syndrome de Dohko.
Angelo : Du quoi ?
Mü : Tous ce qui côtoient ne serai-ce qu’un peu Dohko de la Balance se mette à sortir tous les proverbes chinois qu’ils connaissent. J’en ai eu la malheureuse expérience. C’est un cap à passer avec le chevalier de la balance.
Aphro : Savoir se contenter de ce que l’on a, c’est être riche.
Angelo : Et ça va durer longtemps ?
Mü : Non, ramène-le chez lui et reposez-vous. Demain, ça lui aura passé.
Angelo (prend Aphro dans ses bras comme la veille) : Ouais, ils sont tous zarbis ici. Enfin, l’important c’est d’avoir réussi. Allez ciao Mü, à la prochaine. »
Angelo s’en alla vers son temple, non sans se retourner et d’observer Mü assis sur la plage. Il ne l’avait même pas remercié, alors qu’il l’avait aidé à sortir de l’eau avec Aphro. Il se dit qu’en guise récompense, ils s’occuperaient de lui ensuite.
Ayant la flemme de monter jusqu’au dernier temple, il s’arrêta au sien, s’occupant d’Aphro comme jamais, lui faisant à manger, lui faisant couler un bain, et alla même jusqu’à le border dans sa chambre d’amis. Il attendit un peu au chevet du suédois, voir s’il parlerait à nouveau dans son sommeil, s’il en saurait un peu plus sur ce Niels où autre chose mais rien, pas cette fois. Il se résigna et alla se coucher. Une fois dans son lit, il se demanda pourquoi il avait fait tout ça pour le poisson, alors qu’il ne l’avait jamais fait pour personne auparavant.
Conclusion : Le malentendu entre hommes et femmes s’accroît quand ils ne savent pas qu’ils s’aiment (Frédéric Beigbeder)
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Voilà pour nos doyens… Euh je veux dire Pope et chevalier de la balance. Encore deux de casés. Les nerfs du Cancer semblent tenir pour le moment. J’espère que ça n’a pas été trop barbant. Donnez-moi votre avis et n’oubliez pas que certains détails sont à retenir… mais pour plus tard.
A la prochaine