
Chapitre 5
Les yeux exorbités de terreur, tremblante de tout son corps, Diane regarda l’homme arriver vers elle sans pouvoir bouger un membre, sa main droite tenait un étrange objet en forme de pistolet.
Diane songea soudain au seul être qu’elle devait protéger.
« Mon Bébé ! Je dois me calmer…Si je panique trop je peux le perdre…Il faut que je me calme ! »
Au-dessus d’elle, le visage de l’homme dans la pénombre, deux orbites sombre à la place de ses yeux lui fit froid dans le dos.
-Que me voulez-vous ? Pourquoi m’avoir enlevée ? Réussi à dire la jeune fille dans une voix aiguë et imperceptible.
-Du calme, je ne vous veux aucun mal.
Tout à coup, Diane compris.
-Mon bébé ? C’est mon bébé que vous-voulez ? !! Diane commença à se tortiller dans tous les sens.
L’homme tenta de l’immobiliser en se couchant à demi sur elle.
-Laissez-moi !!!!!! Ne le touchez pas !!!!!!!
-Allons tout doux. L’homme appuya son étrange gadget contre le cou de la jeune fille. Il est temps de retourner faire dodo.
-Naaann !!!
Il y eut encore ce son de succion et le corps de Diane se détendit tout doucement puis elle s’endormi de nouveau.
Accompagné de Mésarthim, Santorin et Paladin, Hidy et Tom arrivaient devant la porte de la salle du trône gardée par deux hauts gradés. Tom les reconnut, c’étaient les mêmes que le soir où ils étaient arrivés, il y a de cela plus d’un an déjà.
Les deux gardes posèrent leurs yeux sur les trois chevaliers d’or qui se présentèrent à eux.
Ce fut Paladin qui prit la parole :
- Je suis Paladin du Lion, Voici Mésarthim du Bélier et Santorin du Scorpion, nous escortons ces deux civiles désirant s’entretenir en urgence avec le Grand-Pope.
Les deux gardes gradés s’entre-regardèrent une seconde.
-Est-ce une demande non appréhendée ? Demanda l’un d’eux d’une voix autoritaire.
-C’est exact. Répondit Mésarthim calmement.
Les deux gradés se regardèrent encore une fois et celui de droite hocha la tête. Celui de gauche ouvrit la porte et disparut derrière et l’autre se posta au centre.
Tom était au comble de l’agacement, c’était trop long, il avait cette sensation pénible que Diane était vraiment en danger.
-Que se passe-t-il ? Demanda-t-il à Mésarthim.
Celui-ci se retourna vers lui :
-Le garde est allé référé notre demande au Grand-Pope, lui chuchota-t-il.
-Mais c’est trop long !
-Garde ton calme Tom, le Pope va nous recevoir, ne t’inquiète pas.
Le gradé revint un instant plus tard et les portes de la salle du trône s’ouvrirent pour eux et c’est dans un grand soulagement que le groupe y pénétra.
Une fois devant le Pope, les trois chevaliers d’or posèrent un genou à terre et saluèrent le Monarque une main sur le cœur.
-Mes chers chevaliers d’or, que me vaut votre venue ici ? Le Pope était assis sur son trône, le visage habillé de son heaume doré.
-Nous sommes ici sur la demande de ces deux civiles.
Aiolos posa son regard sur Hidy et Tom qui se trouvaient derrière les trois chevaliers.
-Hideaki ? Thomas ? Que se passe-t-il donc?
Tom n’hésita pas à se poster devant le Grand-Pope sous les yeux surpris des trois chevaliers.
-Diane, ma sœur, a disparut depuis ce matin ! Elle est partie se promener sur les coups des dix heures, avant que l’orage n’éclate et depuis, nous n’avons plus aucune nouvelle !
Le jeune homme respirait fort, son regard suppliait le Monarque.
-Ta sœur à disparut dis-tu ? Le grand-Pope s’était levé de son trône.
-Oui ! Je fais appel à vous pour la retrouver ! Je vous en pris !
Il y eut un instant de flottement où le Pope ne fit plus un geste.
Hidy s’était rapproché pour soutenir son ami, les trois chevaliers d’or s’étaient relevés attendant une réaction du Pope.
Celui-ci se rassit :
-Donnez-moi un moment. Fit-il simplement.
Ne voyant pas ce qui se passait derrière ce masque, les cinq jeunes gens ne virent pas Aiolos fermer ses yeux et entrer en méditation, ce fut Mésarthim qui le chuchota aux deux garçons.
Le Pope resta dans une immobilité de pierre pendant plusieurs dizaines de secondes, les autres retenant leurs souffles.
Une partie de l’esprit du Pope quitta la salle du trône et alla parcourir les terres du Domaine Sacré, allant fouiller les moindres recoins, s’introduisant dans les moindres grottes. Il se laissa aller, il se retrouva vers la frontière Nord, découvrit le sentier caché sous les friches, il vit Diane s’y introduire puis monter dans le champ tournant le dos à la sentinelle, il la vit entrer dans une vieille bergerie. Il vit aussi une ombre la suivre.
Il va l’enlever…
Ce qu’il vit alors, le nom qui s’introduisit dans son esprit l’attrista grandement.
Puis l’esprit du Pope entrevit l’enlèvement, cela le conduisit au-delà de la campagne grecque, il vit l’homme mettre le corps de la jeune fille dans sa voiture et rouler jusqu’à Athènes.
Le Pope vit une rue sombre de la ville, un immeuble insalubre, une chambre, des outils coupant, il vit Diane attachée à un lit.
Sans un mot, Aiolos se leva, se dirigea vers la droite, tira sur une corde ouvragée qui n’émit aucun tintement. Quelques secondes plus tard, une porte dérobée s’ouvrit, de là où ils étaient, le petit groupe vit deux hommes en costumes sombre en sortirent. Le Pope s’entretint avec eux un court moment, puis ils repartirent par la même porte.
Aiolos revint ensuite s’assoire sur son trône.
Tom attendait, les yeux grands ouverts.
Aiolos se devait de leur dire la vérité.
-Ta sœur à été enlevée.
Tom accusa le coup.
-Enlevée ? Mais comment ? Dans le Sanctuaire ?
-Diane n’était pas dans le Sanctuaire lorsque cela s’est produit.
Il y eut des exclamations de surprise.
-Diane est sortie du sanctuaire ? ! S’exclama Paladin avec étonnement.
-Comment cela a-t-il put arriver ? Questionna Hidy.
-Ce point sera éclaircit plus tard, ici, le plus important c’est que mes hommes la récupèrent saine et sauve, j’ai entrevu où on la retenait captive.
-Pourquoi l’avoir enlevée ?
-Ce point m’est caché Tom…Chevaliers d’or, raccompagnez ces deux jeunes hommes à leur domicile.
Les trois chevaliers saluèrent le Pope et incitèrent Hidy et Thomas à retourner vers la sortie.
-Non attendez ! S’écria Tom. Dites-moi si elle va bien !
Mais le Pope avait disparut derrière un rideau de velours rouge et Mésarthim tenait le jeune homme par le bras.
-Tom ! L’affaire est entre les mains du Grand-Pope maintenant ! Lui dit-il calmement, la voix voilée d’une douce autorité. (Tom posa un regard paniqué et triste sur le chevalier d’or) Tu vas la revoir, je t’en fais la promesse.
Son regard ne mentait pas, Tom le vit.
Au volant de sa voiture, fébrile, Galec reçut un autre message, mais celui-ci ne s’afficha pas sur son portable, mais directement dans sa tête.
Galec ! J’ai besoin de toi ici !
C’était le grand-Pope.
« Il sait… » Pensa-t-il la peur au ventre.
Mais que savait-il exactement ?
Qu’avait-il vu vraiment ?
Il se gara sur le bas de la route et pianota sur son portable :
« Ils arrivent
Opération fichue
Mais il était trop tard, les hommes que le Grand-Pope avait envoyé arrivaient déjà à destination.
L’homme qui avait enlevé Diane s’apprêtait à découper son ventre avec un scalpel quand son portale sonna.
Il n’était pas question de renoncer à cette mission, il avait pour habitude de finir ce qu’il avait commencé, la suite des évènements ne le concernait pas. Mais c’était sans compter sur la puissance du Domaine Sacré.
L’homme lut le message de son correspondant quand la porte s’ouvrit avec fracas.
Deux hommes corpulents habillés de costume noir fondirent sur lui.
Maîtrisant un sang froid hors norme, le kidnappeur se mit sur ses gardes, le scalpel en avant, il n’eut le temps que de fendre l’air avec sa petite arme, un des deux hommes bondi et s’envole au-dessus de lui pour se retrouver derrière lui et l’enserrer de ses bras comme dans un étau.
Incapable de se mouvoir, l’homme reçut un violent coup sur la tête et ce fut le trou noir.
Le soleil avait entamé sa descente vers l’Ouest, des voiliers blancs sillonnaient la Méditerranée, au Palais, dans l’aile accueillant l’hôpital du Domaine, Diane dormait paisiblement et Tom la veillait, assis sur une chaise à coté du lit.
Il attendait des nouvelles du médecin.
Il la savait sortie d’affaire, c’était de son bébé qu’il s’agissait, l’embryon risquait de ce détacher.
Le médecin entra en silence dans la chambre et demanda à Tom de sortir avec lui dans le couloir.
-Alors ? Comment va son bébé ?
-L’embryon à l’air de tenir le coup, le choc traumatique que votre sœur à subit aurait put être plus grave, mais il semblerait que son bébé s’en sorte.
Tom poussa un grand soupir soulagement.
-Je vais la garder en observation encore pendant vingt-quatre heures.
-Merci Docteur.
-Rentrez chez vous maintenant, de toute façon, elle va dormir jusqu’à demain matin.
Tom écouta les conseils du Médecin et rentra à la villa.
Dans le bureau du Pope, Aiolos transperçait son Premier-Ministre du regard, celui-ci tentait de rester de marbre devant lui.
-Pourquoi avoir fait cela Galec ? ! Pourquoi avoir fomenter une chose aussi abject ?
Aiolos ne put réprimer une immense déception envers son ami.
Son Premier Ministre se tenait devant lui essayant de ne perdre aucune contenance.
-Il m’avait semblé comprendre que tu ne voulais pas que cet enfant vienne au monde ?
-Ais-je souhaité une telle abomination ? ! S’exclama le Grand Pope les deux mains à plat sur son bureau, ses yeux bleus fixant intensément Galec. (Celui-ci se tordait les mains, la sueur perlant ses tempes grisonnantes.) Ais-je voulu que tu organise l’enlèvement de cette jeune fille ? Avons-nous eu un entretien tous deux où j’ai prononcé les mots « avortement » ou « enlèvement organisé » ?
-Non…Fit Galec baissant honteusement les yeux vers le sol. Mais tu as dit que tu soupçonnais que cet enfant ne soit pas naturel, que tu craignais que son âme soit souillée.
-Mais pour le moment je n’en suis aucunement certain ! Tu as agis sans preuve Galec, avec extrapolation ! Tu as agis sous des pulsions malsaines, sans réfléchir, sans sobriété ! Tu as outre-passé le droit de liberté d’agir que je t’ai légué au début de notre relation ! Ce qui c’est passé est grave et je ne sais pas comment je vais pouvoir réparer ton erreur !
Galec se sentait piteux, sale et fatigué.
Aiolos fit une chose que Galec redoutait entre toutes, il lui tourna le dos.
Son cœur en bondit dans sa poitrine.
-Retourne dans tes appartements Galec et n’en sors que lorsque je t’aurais convoqué afin de t’annoncer ma décision te concernant.
-Aiolos…Pardonne-moi…
-Gardes ! (Deux sentinelles entrèrent dans le bureau) Conduisez Galec dans ses appartements et gardez la porte.
Les deux sentinelles sortirent en emportant un Galec secoué de tremblements.
Il avait la sensation d’avoir un bourdon dans la tête qui se cognait en permanence contre les parois de son crâne. Le Kidnappeur revenait peu à peu à lui.
Dieu qu’il faisait chaud ici et comme s’était silencieux.
L’homme ouvrit lentement les yeux et fut ébloui par la lumière environnante. Quand sa vue s’accommoda à cette luminosité, il poussa une exclamation de surprise.
Il était couché sur une terre aride, sèche, rêche, du sable venait lui caresser les joues.
Assis en tailleur, il regarda autour de lui d’un air abruti et abasourdi.
-Où suis-je ?
Rien autour de lui, que du sable, du soleil et de la chaleur.
Il s’ausculta, il portait ses vêtements qu’il avait pour l’enlèvement avec une chose en plus : une gourde d’eau et un papier épinglé dessus.
Il s’empara du papier et le lut :
« Bienvenu dans votre enfer. Vous êtes en plein désert du Sahara à des centaines de kilomètres de la civilisation dans toutes les directions. A vous de choisir de quel coté vous-voulez repartir en sachant que votre gourde d’eau ne vous sauvera de la soif que pendant trois jours. Ne remettez plus jamais les pieds en Grèce ou bien je serais obligé de vous punir plus sévèrement. Bonne chance pour votre nouvelle vie. »
Pas de signature.
L’homme jeta de nouveau des regards fébriles aux alentours.
-Je vais pas crever dans ce putain de désert !
L’homme commença alors sa longue marche vers sa rédemption.
Le lendemain matin, c’est une Diane reposée mais encore un peu sous le choc qui se réveilla, elle appris par le Docteur que son enfant allait très bien et qu’elle allait très bien aussi. La jeune fille eue la visite de ses amis, ils restèrent longtemps à discuter avec elle, lui disant combien ils étaient heureux de la voir en bonne santé.
Elle eut aussi la visite d’un étrange jeune homme.
Dans l’après-midi, trois coups retentir à sa porte, Diane lisait un livre.
-Entrez ?
Diane vit alors le plus bel être qu’elle ait jamais vu entrer dans sa chambre, le jeune homme avait les cheveux bruns courts et ils partaient un peu dans tous les sens, mais ça lui allait bien, ses yeux bruns-verts illuminèrent ceux de la jeune fille. Son visage anguleux portait des courbes charmantes qui le rendait très séduisant.
-Pardonnez-moi, j’espère que je ne vous dérange pas ?
Et en plus il avait un timbre de voix absolument divin, grave et doux à la fois.
Diane cligna un instant des yeux, ce jeune homme était habillé d’un jean tout simple, d’un t-shirt rouge et d’une veste en cuire marron.
-Euh…Non, bien sûre que non. A qui ais-je l’honneur ?
Elle lui tendit sa main, le jeune homme la prit et la baisa.
-Paladin, chevalier d’or du Lion, à votre service Mademoiselle.
Rougissante jusqu’aux oreilles, Diane en balbutia une phrase inintelligible.
-Je m’inquiétais pour votre santé, je venais voir si tout allait bien.
-Je vais bien merci, c’est gentil de vous en inquiéter…Mais comment savez-vous ?
-J’ai fait parti des trois chevaliers d’or qui ont escorté votre frère et votre ami chez le Pope hier après-midi.
-Vraiment ? Mais prenez une chaise !
-Je vous remercie.
Les deux jeunes gens commencèrent alors à faire connaissance sans savoir que par la suite, ils seront inséparables.
Par la suite, le sentier caché dans les friches à la frontière Nord du Sanctuaire fut découvert, ensevelit et la garde renforcé.