L'orage

Chapitre 4

 

 

 

 

L’orage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Premier juillet deux mille trois cent quatre-vingt sept au petit matin, Marcello du Cancer montait dans un avion privé de la fondation Kido (toujours liée financièrement avec le Sanctuaire grâce aux relation de Kara) et s’envolait vers la Sicile afin de gagner le droit de porter l’armure d’or du Cancer.

Alors que le petit avion s’envolait vers l’Ouest, de lourds nuages d’orage assombrissaient le sud de l’horizon, résultat de l’accumulation de chaleur des dernières semaines. L’atmosphère était déjà bien lourde quand Hidy prit son petit déjeuner à sept heures du matin avant de se rendre au Palais. Le jeune homme se réjouissait à l’avance de sa journée, car il allait réceptionner l’arrivage de nouveaux ordinateurs pour son bureau et celui de Galec.

Kara était déjà levée aussi, elle travaillait dans la salle qui leur servait de bureau à la villa, elle pianotait sur l’ordinateur en pleine discutions avec Katsumi, la femme qu’elle avait mit au poste de directrice de son musée. Kara avait dût se résoudre à abandonner ses fonctions, non sans tristesse, mais elle restait toujours l’héritière de la Fondation Kido et la grande patronne.

Enceinte depuis quatre mois, Kara savait qu’elle attendait des jumeaux, un garçon et une fille, Thomas et elle avaient même déjà choisi leur prénom : Féristice pour le garçon et Félicitée pour la fille, Kara adorait ces deux prénoms.

La salle où travaillait Kara comportait une grande baie vitrée, de là où elle se trouvait, la jeune fille pouvait voir Itsuya se reposer dans une chaise longue, son ventre bien arrondie de sept mois de grossesse et cela se passait bien, pas de complication à l’horizon, ni pour elle, ni pour Kara et ni pour Diane.

Au loin, direction le sud, Kara voyait les nuages d’orages s’amasser pesamment, des éclaires de chaleurs dansaient à l’intérieur.

Il n’allait pas tarder à pleuvoir, songea-t-elle.

Dans sa chaise longue, Itsuya avait sa main droite posée sur son ventre et sa main gauche tenait un verre de jus d’orange, elle observait les nuages noirs arriver vers eux.

-Ca va être un gros orage ! S’exclama-t-elle à l’intention de Kara.

-On en a besoin ! Il a fait très chaud ces derniers temps.

Itsuya senti soudain un petit coup bref sous sa main.

-Lauryn me donne des coups de pieds ! Fit-elle dans un rire.

Lauryn, malgré un prénom aux connotations féminines (prononcer Lauryne), allait être un garçon. Ce prénom avait été l’idée de Hidy et Itsuya s’y était opposée au début : on donnait des prénoms de garçons aux garçons et des prénoms de filles aux filles !

Hidy lui avait rétorqué que Cécile pouvait être aussi bien un prénom de fille que de garçon et il lui signala que Diane allait appeler son garçon Daniel alors que ce prénom aussi pouvait se porter pour une fille.

-Oui mais Lauryn n’est pas commun ! Lui avait-elle argumenté alors que tous deux regardaient les clichés en 3D de l’échographie un jour de juin.

-Tu ne trouves pas ça mignon Lauryn ?

-Pour une fille Hidy.

Le jeune homme lui avait alors demandé comment elle voulait l’appeler.

-Aubin !

-Aubin ? ! Mais c’est un nom de vin français ça ! Tu ne va pas appeler notre fils avec un millésime français ? !

-Pourquoi pas ? S’était-elle renfrognée.

-Autant l’appeler Lauryn ?

Itsuya avait fait la moue.

-D’accord ! On va l’appeler Aubin-Lauryn ! Avait-elle déclamée.

Hidy avait fait une drôle de grimace partagée entre l’amusement et le dégoût.

-C’est franchement pas joli.

-C’est vrai, tu as raison.

Le menton dans le creux de sa main, Itsuya regardait toujours le cliché de son futur enfant.

-Tu me laisse réfléchir ? Lui avait-elle demandé.

-Tu as tout ton temps ma chérie. Lui avait doucement dit Hidy en l’embrassant sur la joue.

Alors, pendant trois jours, Itsuya s’était entraînée à réciter des phrases en incluant l’un où l’autre prénom, arpentant la terrasse en parlant à son ventre rond sous l’œil amusé de Hidy.

-Pauvre gamin, même pas encore né et il a déjà un souci d’identité. Avait dit Tom un après-midi en regardant Itsuya parler toute seule. Pourquoi tu ne fais pas la même chose ? Avait-il demandé à Hidy.

-Parce que c’est moi l’homme !

Cette réflexion eue le don de le faire éclater de rire, il en ria même jusqu’au soir pendant le dîner.

Finalement, elle dût admettre que Lauryn sonnait bien plus agréablement à ses oreilles que Aubin.

-C’est vrai, il bouge ? Kara s’était tournée pour la regarder.

-Oui…Coucou Lauryn…Itsuya faisait glisser sa main sur son ventre, un autre petit coup de pied.

Kara la rejoignit et se pencha vers elle, il vit le ventre de son amie faire une ondulation sous le tissu fin de sa robe.

-Tu vois ?

-Il s’en donne à cœur joie.

Un grondement sourd roula au loin, la moiteur de cette matinée faisait transpirer les peaux.

-Tu sais qu’ils vont être les futurs chevaliers sacrés d’Athéna. Fit soudain Kara.

Le sourire d’Itsuya s’éteignit progressivement sur son visage.

-Je sais oui, ses yeux bleus-marines partirent sur les nuages noirs qui montaient du Sud, c’est pour cela que nous sommes sur cette Terre, n’est ce pas ?

-Entre autre oui.

Itsuya garda un moment le silence, il y eu un autre grondement à l’horizon, on pouvait voir que de la pluie tombait déjà sur les terres au loin, un rideau bleu-gris cachait les premières montagnes de Grèce.

-Certaines fois, j’ai envie de partir, d’emmener mon enfant loin d’ici, de le faire échapper à son destin…Je pense alors à mon ancêtre Shiryu et ce pourquoi il s’est battu en son temps et ce qu’il attend de moi, de nous, car là où il se trouve en ce moment, je sais qu’il nous regarde, qu’il a conscience des sacrifices que nous allons devoir faire et que nous n’avons pas le choix. Comme lui-même n’a souvent pas eu le choix. 

Kara mit sa main sur celle de sa sœur.

-Toutes deux, nous le savions depuis toujours, nos parents on fait en sorte de nous y préparer le peu de temps qu’ils aient été avec nous (Itsuya savait tout cela, elle hocha la tête), nous avons toujours été très conscientes de notre destin et de ce qui allait advenir de nos enfants.

Itsuya alla pour répondre, quand Diane apparut dans l’encadrement de la porte du bureau.

-Je vais me balader, quelqu’un veut venir avec moi ?

-Non, c’est gentil, moi je vais rester ici, lui répondit Kara.

-Itsuya ?

-Je préfère me reposer sur la terrasse.

-Très bien, je serais de retour pour le déjeuner.

-Fait attention à toi, la pluie risque de tomber à tout moment.

-Je serais rentrée avant. Leur dit-elle avec un clin d’œil. Puis elle disparut dans le vestibule, les deux jeunes filles entendirent la porte d’entrée se refermer.

 

Thomas, bien qu’au début il n’ait pas bien compris, ni bien accepté le faite d’être obligé de rester au Sanctuaire, fut quand même obligé de se trouver un travail et comme ses capacités professionnelles se limitaient à savoir réparer des canalisations d’eau ou bien gérer une chaîne thermale et bien que le compte en banque du frère et de la sœur soit tout de même bien garni, Thomas fut embauché par le vieux plombier du village, celui-ci allait bientôt partir à la retraite.

En cette matinée orageuse, sur le coup des dix heures du matin, il rencontra sa sœur dans une ruelle de Rodorio, Diane montait vers le Nord du sanctuaire et Thomas descendait vers le Sud.

Ils s’embrassèrent en se voyant.

-Où vas-tu comme cela frangine ?

-Je pars marcher un peu, flâner et toi ?Lui demanda-t-elle en apercevant sur son épaule le sac en toile gris qu’il baladait avec lui quand il était dans l’exercice de ses fonctions.

-Je vais au domicile de Mésarthim, il m’a appelé pour une fuite d’eau dans sa salle de bain. Je ne t’ai pas vu ce matin ?

-Je me suis levée tard.

-Fais attention à toi sœurette. Lui dit-il avec tendresse en déposant un baiser sur son front.

Elle lui sourit en retour et s’éloigna sans un mot.

Tom la regarda marcher au milieu de la ruelle, légère dans sa robe verte-pastel à fleurs et à manches vaporeuses. Puis il continua son chemin, il avait un travail à faire chez un très bon ami.

Au loin, l’orage grondait, un orage qui n’arrivait pas à se décider à éclater vraiment, une fraîcheur commençait à s’installer dans les vastes espaces de la Grèce.

 

Diane n’arrêtait pas de penser à Milan, chaque jour, chaque seconde, son cœur était lourd de chagrin de l’avoir encore perdu mais elle se consolait en sachant qu’elle portait une partie de lui en son ventre, un petit être qui grandissait un peu plus jour après jour. Elle savait que cela allait être un garçon, son petit Daniel allait devenir le plus grand chevalier de bronze de toutes les générations de chevaliers passées, même Seiya n’arriverait pas à sa cheville.

Lorsqu’il s’agissait de son futur enfant, Diane était devenue très orgueilleuse, Daniel aura tout ce qu’il désir, il aura le meilleur entraîneur du Sanctuaire et logiquement, il naîtra le vingt-six janvier prochain, il sera donc Verseau et Diane tenait absolument à ce que se soit le chevalier d’or du verseau qui l’entraîne pour être le futur chevalier de bronze du Cygne. Contrairement à ses deux amies, Diane avait hâte qu’il vienne au monde, qu’il grandisse et qu’il ait l’âge requis pour commencer son entraînement. Elle allait le chérire, l’adorer, lui apprendre la vie et à se battre pour elle. Elle lui inculquerait d’aimer son prochain, de se battre pour la bonne cause.

En réfléchissant au futur de son enfant, Diane se dirigeait volontairement vers la frontière Nord, là où se cachait le petit sentier sous les friches, elle avait envie de retourner dans la bergerie abandonnée, s’allonger dans la paille qui avait accueillit leurs deux corps enlacés, fiévreux d’amour.

Elle allait sûrement pleurer…Après-tout, cela soulage l’âme de pleurer sur un amour perdu.

« Non, il n’est pas perdu, je le retrouverais, Milan reviendra… »  

Quittant la rue des marchants, Diane, perdue dans ses pensées, ne vit pas l’homme vêtu d’un long vêtement sombre l’épiée depuis l’ombre d’un mur à quelques mètres de là. L’homme vit la jeune fille se faufiler sur un sentier quasiment invisible, la sentinelle non loin de là tournait le dos à ce sentier et la jeune fille semblait très bien savoir où elle allait.

L’homme en noir glissa comme une ombre vers ce sentier, les ordres étaient très stricts : on ne lui fait aucun mal, l’opération doit se dérouler comme un trou noir pour elle et on la ramène là où elle a été trouvée.

L’homme vit la jeune fille parcourir un vaste champ rempli de fleurs multicolores et entrer dans une vieille cabane abandonnée, c’est à ce moment là que la pluie se décida à tomber, les premières gouttes éclaboussèrent le chemin poussiéreux et une odeur de terre mouillée monta dans l’air ambiant.

Un puissant coup de tonnerre éclata au-dessus du Sanctuaire, Thomas, alors chez Mésarthim, se cogna la tête sous la baignoire en sursautant sous l’effet du grondement, à la villa, Itsuya était rentrée à l’intérieur et regardait par la baie vitrée les éclaires zébrer le ciel en s’inquiétant de savoir son amie Diane dehors.

Un vent effroyable malmenait la végétation environnante et la pluie s’abattit sans pitié sur les terres de Grèce.

Hidy de son coté, décida d’attendre avant de brancher les nouveaux ordinateurs, l’orage était violent et jamais il n’avait vu un ciel si noir, des gouttes de pluies énormes venaient se fracasser contre les carreaux de la vaste fenêtre de son bureau au Palais.

L’homme en noir traversa le champ de fleurs, se pliant contre les intempéries, son visage fouetté par la pluie et le vent, son vêtement volant derrière lui.

Aiolos, debout devant la fenêtre de son bureau principal, laissait les éclaires foudroyer son visage de flashs bleuté, ses pensées vagabondaient dans son passé, un passé où il vivait encore avec son petit frère Aiolia qu’il entraînait pour qu’il devienne un chevalier d’or à son tour, un passé auquel il ne cessait de penser, Aiolia lui manquait. Le Pope se retourna vers son bureau et s’empara d’une photo encadrée, on pouvait y voir Aiolos et son petit frère Aiolia tout sourire. Les couleurs de la photo avaient ternies et le papier derrière son verre était déchiré à certains endroits, mais on y lisait encore le bonheur de ce moment volé au passé. Aiolos savait l’âme de son frère damnée à tout jamais dans une macabre stèle de marbre, mais il savait aussi qu’Aiolia avait été un valeureux et noble chevalier d’or et pour cela, Aiolia était fière de lui, fière d’être son frère.

Ses yeux bleus brillant de larmes, il reposa la photo sur son bureau et se retourna vers la fenêtre, s’efforçant de reprendre le dessus sur ses émotions.

 

La petite bergerie abandonnée était secouée par ce vent orageux, les planches hurlaient leurs douleurs, mais Diane n’y prenait pas garde, elle ne pensait qu’à Milan et à son enfant, son petit Daniel qui grandissait en elle. La jeune fille s’était allongée dans la paille, une paille encore chaude et partie dans ses songes.

Elle s’endormit rapidement, l’orage hurlant sa violence au-dessus d’elle. Dehors, les éléments se déchaînaient et l’homme s’apprêtait à ouvrire la porte de la bergerie, tenant dans sa main droite un étrange pistolet avec un embout rond.

Il devait lui administrer un puissant anesthésiant pour qu’elle reste assez longtemps endormi, le temps du voyage.

Profondément endormit, un doux sourire aux lèvres, Diane ne s’aperçut de rien, pas même de la pluie qui entra subitement par la porte d’entrée. L’homme s’approcha d’elle, dans la pénombre du lieu, son visage, découvert part la capuche, semblait sculpté dans la terre glaise tant celui-ci était recouvert de cicatrices, ses yeux noirs scrutaient l’endroit puis se posèrent sur la jeune fille endormie.

En douceur, là était le plus important, il s’approcha de Diane allongée sur le coté, s’agenouilla en silence à coté d’elle, pointa délicatement le bout rond de son pistolet dans le creux de la gorge de la jeune fille, celle-ci émit un petit gémissement et l’homme arrêta subitement son geste, les sens en alerte et attendit un instant.

Il y eut ensuite un étrange bruit de succion lorsque l’homme appuya sur la petite gâchette de son gadget et ce fut tout, Diane ne s’aperçut de rien.

L’homme sorti une grande couverture d’une besace qu’il portait sous sa cape, étala le tissu sur la paille et entreprit d’y allonger délicatement la jeune fille.

Le corps de diane parut tel un pantin désarticulé dans ses bras, il rabattit la couverture entièrement sur elle, l’enroula à l’intérieur et bascula le corps sur son épaule comme un sac de linge.

Il se devait de rejoindre au plus vite sa voiture qu’il avait garée de l’autre coté de la forêt, il sortit de la bergerie, l’orage grondait toujours autant et la pluie s’était transformée en une pluie fine et cinglante. L’homme repéra les lieux et contourna la cabane, il finit de monter la côte derrière la bergerie, le corps de la pauvre Diane sur son épaule et disparut dans la forêt.

 

C’est avec une anxiété grandissante que Tom regardait les derniers nuages d’orage s’éloigner vers le Nord sur le coup des quinze heures de l’après-midi.

-Je n’en peux plus ! Il faut agir, ce n’est pas normal !! S’écria-t-il soudain en se retournant vers ses amis.

-Elle n’est pas chez Electra et Oleg, j’en viens, ils ne l’ont pas vu. Fit Hidy en entrant dans la villa.

Prévenu du non-retour de Diane, il avait quitté le Palais en urgence.

-Demandons de l’aide au grand-Pope ? Proposa Itsuya.

-Bonne idée ! Hidy, ne peux-tu pas demander à Galec de nous mener au pope ?

-Galec n’est pas au Domaine aujourd’hui.

Il y eut un silence pesant, chacun réfléchissant à une solution.

-On s’inquiète pour rien, qu’est-ce qui pourrait bien lui arriver dans l’enceinte du Sanctuaire ? Demanda Hidy.

-N’importe quoi ! Un accident, qu’elle tombe d’une falaise, l’endroit en ai plein ! Qu’elle ce soit perdue ! Le Sanctuaire ne peut pas nous protéger de ce genre d’accident Hidy !

Le jeune homme dût se rendre à l’évidence et l’orage avait été violent.

-Nous n’aurions jamais dût la laisser partir. Fit pitoyablement Itsuya.

-Le chevalier d’or du Bélier ? ! Avança soudain Kara. Tom, c’est ton ami, il peut peut-être nous mener au Grand-Pope ?

-Lumineuse idée ma chérie ! Lui dit-il en l’embrassant fougueusement. Hidy et moi allons chez lui, les filles, vous restez ici au cas où Diane rentrerait.

Les deux jeunes filles hochèrent vigoureusement la tête et Tom et Hidy sortir en trombe.

 

C’était trop long, beaucoup trop long, il aurait déjà dût la ramener là où il l’avait trouvée sans que personne ne s’aperçoive de sa disparition.

Galec tambourinait le bord du bar de ses doigts nerveux, jetant des regards fébriles à sa montre toutes les secondes, quinze heures passée et aucune nouvelle de son homme.

L’opération s’était-elle bien déroulée ?

Galec senti son portable vibrer dans sa poche de veston, d’un geste tremblant il le sortit de sa poche et ausculta ses messages :

« La belle au bois dormant s’est réveillée

Opération impossible

Nouvelles instructions ? »

Nouvelles instructions ?

Galec sorti un mouchoir de son autre poche et essuya la transpiration qui suintait à grosses gouttes sur son visage.

-Vous-voulez une aut’bière ? Lui demanda soudainement le barman derrière son comptoir.

Galec rangea précipitamment son portable dans sa poche, manqua de le laisser tomber tant ses doigts tremblaient.

-Monsieur ça va ? S’enquit le barman lorsqu’il vit la transpiration perler sur le visage de Galec.

-C’est…Euh…Les orages, je n’aime pas ça.

Il jeta de la monnaie sur le bar pour payer sa bière et sorti vite fait de l’établissement.

Sur le trottoir, il rejoignit rapidement sa voiture.

Qu’avait-il fait ?

Galec ne savait plus très bien où il en était.

Si Diane s’était réveillée, alors elle a très bien peut comprendre qu’on l’avait enlevée, mais elle pouvait aussi être encore un peu dans les vapes et ne pas s’apercevoir où elle se trouvait et pourquoi elle y était.

Galec envoya un message à son homme afin de s’enquiers de l’état de la jeune fille, ce qu’il reçut en réponse lui fit encore moins plaisir :

« Nerveuse, pose beaucoup de questions

Attachée au lit

Tension très haute

Le bébé pourrait en souffrire

Dois-je l’endormir de nouveau ? »

Quelle question !

Bien sûre qu’il devait l’endormir de nouveau !

Mais pas question de la ramener là où il l’avait trouvée, Diane en savait trop.

Il envoya son message à son homme et entrepris de penser à un plan de rechange.

 

An Sanctuaire, Mésarthim accueillit un Tom en proie à une panique certaine.

-Une audience auprès du Pope ? Je ne sais pas si c’est possible. Fit le jeune homme en réfléchissant.

-C’est un état d’urgence Mésarthim ! Ma sœur à disparut depuis ce matin !

-Seul je ne suis pas sûre que les gardes me laissent rentrer (le visage de Tom se décomposa) Mais trois chevaliers d’or pourraient appuyer ta demande (Tom retrouva un peu d’espoir) Paladin et Santorin n’habitent pas très loin, allons les chercher.

Tom et Hidy suivirent le jeune chevalier d’or du Bélier se diriger vers un lotissement de maisonnettes aux volets bleus et aux murs blancs. Mésarthim alla frapper à l’une d’elle et ce fut un jeune homme au visage avenant et aux cheveux bruns qui vint leurs ouvrire. Ses yeux bruns-verts s’étonnèrent de voir son ami accompagné de deux jeunes civiles.

-Bonjour Paladin. Je tiens à m’excuser de venir t’importuner en cet après-midi, mais mon ami Thomas Kido est très inquiet pour sa sœur, elle n’est pas rentrée depuis ce matin et il voudrait une audience auprès du Pope afin qu’il la retrouve. Serait-il possible que nous accompagner ?

Paladin ne dit mots au début, posant un regard presque hautain sur Hidy et Tom, puis il s’approcha de Tom.

-Thomas Kido ? Fit-il d’une voix charmante. Le descendant du chevalier sacré Ikki du Phénix ?

« C’est vraiment pas le moment de faire de l’Histoire ! » Songea Tom  avec agacement.

-C’est moi oui…Peux-tu nous aider ?

-Si nous arrivons en force le Pope nous recevra. Fit Paladin en se tournant vers Mésarthim. A qui d’autre as-tu pensé ?

-Santorin du Scorpion, il habite la maison en bas. Fit Mésarthim en pointant son doigt vers une autre maisonnette en contre-bas semblable à celle de Paladin.

-Je ne sais pas s’il est chez lui, tu sais qu’il aime bien traîner avec Marcello à ses heures perdu.

Justement, une silhouette remontait la pente, un jeune homme d’une carrure non négligeable marchait vers eux.

-Tiens, le voilà.

Paladin ferma sa porte derrière lui et le petit groupe se dirigea vers le nouveau venu qui s’apprêtait à rentrer chez lui. Hidy vit un jeune homme brun, à la peau couleur caramel et d’une beauté rayonnante, son physique faisait sûrement frémir plus d’une jeune demoiselle.

Mésarthim alla lui serrer la main et raconta la même histoire.

-Que pensez-vous que notre Grand-Pope fera pour vous ? Demanda-t-il à Tom et à Hidy de ses yeux bruns où brillait une certaine noblesse.

-Le Pope à des pouvoirs, il peut voir au-delà des éléments, il pourra nous dire où elle se trouve. Expliqua Hidy.

-Il serait sage de nous hâter, le chemin vers le Palais est long. Suggéra Paladin. Viens-tu avec nous Santorin ?

-Je vous suis mes amis.

Hidy fut soudain très impressionnée d’être entouré par ces trois chevaliers d’or venant à leur aide, leur façon d’être, de parler, de s’habiller, leurs manières, il émanait d’eux une chaleur, un bien-être. Ils étaient grands, d’un autre temps et pourtant si présent, si protecteurs, une lumière douce et apaisante irradiait de leur corps.

Hidy jeta un regard vers Tom, celui-ci était beaucoup trop inquiet pour sa sœur pour voir tout cela…et puis après-tout, il l’avait déjà vécue cette sensation lorsqu’il avait rencontré pour la première fois Mésarthim.

Les trois chevaliers d’or, Tom et Hidy prirent donc la direction du Palais.

 

Dans un quartier sombre de la ville d’Athènes, dans un immeuble désaffecté, Diane se mit à gémir de peur, dans le noir, attachée à un lit, elle sentait des gouttes d’eau tomber sur ses jambes et son ventre.

Que lui arrivait-il ?

Pourquoi l’avait-on enlevée ?

De l’autre coté de la porte fermée, elle entendait l’homme qui l’avait enlevé parler, il lui semblait qu’il parlait avec quelqu’un au téléphone.

Diane sentie la terreur la gagner.

« Tom va venir…Il va venir me sauver…Tom…Dépêche-toi…Je t’en supplie…Dépêche-toi. »

La porte s’ouvrit soudain et l’homme apparut dans l’encadrement, un pistolet à la main et Diane hurla à pleins poumons. 

       

 


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