
On pouvait dire ce que qu’on voulait, mais être un Chevalier d’Athéna avait parfois du bon. C’est ce que se disaient Sean et Axel quelques heures plus tôt. Un A320-E spécial, conçu sur les mêmes bases technologiques que feu le concorde français et tout spécialement affrété par le sanctuaire, les avait conduit en Grèce en seulement deux heures et demi de vol. A bord, hôtesses stylées et compétentes, service de bord irréprochable, en bref, la grande vie. Bon, c’est vrai, ce n’était pas tous les jours pareil, la plupart du temps les Chevaliers voyageant en classe éco, avec la consigne d’être le plus discret possible. Et à l’exception notable de Najilla du verseau, de Nathalie du cancer, et de Leïla du Lotus, Chevaliers dont les fortunes personnelles permettaient pas mal d’excès, la règle était globalement respectée. Mais visiblement, les agressions subies par Sean et la capture de deux prisonnières inconnues avaient changé la donne. Néanmoins, pas mal de coup de fil avaient du être nécessaires, et le mauvais caractère du Chevalier du Cerbère avait bien failli causer une hécatombe à l’aéroport JFK. Lorsque deux militaires avaient eu la bonne idée de retenir le Chevalier du Loup pour vérifications diverses, les bonnes manières de son comparse avaient fondu comme neige au soleil, et seule l’idée de ne pas aggraver son cas auprès d’Huriis avait empêché Sean d’envoyer tout ce joli monde dans un monde meilleur … ou du moins à l’hôpital pour quelques jours. Axel en rigolait encore, ce qui n’était pas du tout fait pour améliorer l’humeur de l’irascible américain, qui pestait contre ses propres compatriotes comme s’ils eurent été de simples demeurés … A dire vrai, Sean pestait contre le reste du monde, et plus particulièrement contre les Américains effectivement, mais aussi contre certains français un peu trop portés sur l’humour pour leur propre santé. En fait, dans les circonstances, Sean Ribbson était en pétard contre l’humanité tout entière qui semblait vouloir lui rendre la vie la plus compliquée possible. Là, il marchait sous un soleil radieux, le Chevalier de bronze à son coté, avançant tout droit vers le hall de réception où, lui avait-on dit, les attendait le Chevalier d’or du Capricorne. Et on pouvait voir la cadence des deux acolytes diminuer au fur et à mesure qu’ils approchaient du bâtiment. Dès l’arrivée à Athènes, des gardes en civil accompagnés de Marine étaient venus réceptionner les prisonnières, qui s’étaient réveillées durant le voyage. La deuxième, moins durement touchée, avait bien essayé de se libérer, mais fâcher le Chevalier du Loup dans un avion à plus de dix milles mètres du sol était décidément une idée détestable. Quelques marques sur son visage en témoignaient particulièrement. Ensuite, les choses furent bien plus simples, mais une fois entrés au Sanctuaire, le chevalier d’argent de l’aigle avait simplement averti ses deux congénères de l’insistance du Chevalier d’or à les recevoir dans les plus brefs délais. Ce qui revenait plus ou moins à dire « immédiatement à leur retour ». En entrant dans le hall, Sean prit les devants, et avança vers le bureau d’accueil où s’était installé son supérieur. Huriis les fixait depuis leur entrée, et ils pouvaient sentir le poids écrasant de son cosmos braqué sur eux. Axel se flattait d’être l’un des êtres les plus forts de cette planète. Mais face à la titanesque puissance du Capricorne, il se sentait aussi insignifiant qu’une petite souris face à grand fauve. Il enviait parfois le gigantesque pouvoir des Chevaliers d’or, mais celui d’Huriis lui inspirait une crainte proche de la vénération. Sean n’en menait pas large non plus, bien qu’encore plus puissant qu’Axel. Tous deux avaient cruellement conscience de n’être que du menu fretin pour celui que l’on considérait comme l’un des plus terribles Chevaliers d’or ayant un jour foulé le sol du sanctuaire d’Athéna. Seul Kanon dégageait un cosmos plus puissant que celui du gardien de la dixième maison. Quelques années auparavant, le jeune Ribbson avait surpris une conversation entre Kirhümalia et le général Sorenthe de Poséidon. Ce dernier avait alors admis n’avoir jamais imaginé que l’ancien général du serpent des mers, ainsi que le successeur de Shura pouvaient devenir si puissants. Et maintenant, les deux chevaliers s’avançaient vers lui. Arrivés face au bureau, leur supérieur leur fit un signe afin qu’ils prennent place sur les deux sièges de style ancien, ce qu’ils firent avec retenue.
- Je ne vais pas vous retenir trop longtemps, commença Huriis.
Soulagement des deux autres.
- Votre gestion des problèmes à New York et Mexico n’a pas été des plus adéquate, continua-t-il. Mais, dit-il en haussant le ton voyant que Sean se préparait à se défendre, je ne peux pas totalement vous considérer comme responsables. Et le fait que vous ayez pu faire deux prisonnières ajoute à votre crédit.
Les deux comparses eurent, inconsciemment, le même soupir de soulagement.
- Néanmoins Sean, ajouta le Capricorne avec un sourire, j’aimerais beaucoup savoir comment cette femme, qu’Axel a battu, a bien pu faire pour te mettre en mauvaise posture.
Sean commença a rougir furieusement. Ce Chevalier d’or avait le don de lui poser les questions dérangeantes aux plus mauvais moments.
- Bref, tu m’expliqueras ça en privé, sur l’aire d’entrainement demain.
Consternation de l’Américain.
- En attendant, Andréas et Fiona reviennent de Beyrouth dans l’après midi. Suzume et Jabu restent sur place. Un problème grave à priori. Kensial doit les recevoir dans la demeure de Marine, et il a demandé votre présence, je suppose que les explications vous seront fournies à ce moment là. Kirhümalia aussi sera là. Pour ma part, j’ai d’autres obligations auprès du Pope, je compte donc sur vous pour être irréprochable.
- Vous pouvez compter sur nous maître, répondirent en cœur les deux Chevaliers.
- Je l’espère bien. Ma réputation ne souffrira pas de rumeur d’inconvenances, de ma part, ou de celle d’aucun chevalier vivant sous mes ordres.
Le mot vivant fut suffisamment appuyé pour faire déglutir ses deux subalternes. D’un geste, il les invita à prendre congé, ce qu’ils firent précipitamment, mais avec dignité remarqua Huriis. Une fois les deux Chevaliers sortis, un petit rire cristallin résonna de derrière une colonne. Le Chevalier d’or se tourna pour voir Elissandre des poissons apparaître, majestueuse dans sa robe blanche et or. Ses cheveux tressés étaient noués en un assemblage de boucles compliquées, et un fin diadème de perles complétait sa Chevelure. Magnifique et dangereuse, pensa le Chevalier du Capricorne en la regardant.
- Tu malmènes tes chevaliers, et ensuite tu t’inquiètes au moindre problème, commença Elissandre. Ils savent que tu les couves ?
- Ne commence pas, lorsque Sean et Axel seront suffisamment puissants pour se protéger totalement par eux-mêmes …
- Arrêtes, railla la femme. Sean est pratiquement capable d’affronter l’un de nous pendant quelques instants. Que veux-tu qu’il lui arrive ? Bon effectivement, sauf lorsqu’il est complètement sous hormones ajouta-t-elle pensivement.
- A ce propos, quand comptes-tu céder à ses avances ? Ricana Huriis.
Fronçant les sourcils, l’Egyptienne passa sur le coté de son égal, puis, le toisant avec un sourire :
- Une fois que tu auras cédé aux miennes ? Dit-elle mielleuse.
- Je suis marié, tu sais cela, répondit Huriis.
- Elle peut participer, fit malicieusement Elissandre. Je ne suis pas exclusive.
- Elle si, termina le Chevalier d’or du Capricorne, avant de prendre congé d’un signe.
Le regardant partir, Elissandre des poissons soupira. Décidément, ce Huriis était pire que les plaies d’Egypte. Aussi ennuyeux tout du moins. Mais vraiment … séduisant. Elle se retourna vers l’issue menant au chemin des douze maisons. Une rose blanche se matérialisant dans sa main, elle sortie du bâtiment en fredonnant.
***
- On est vivant ? S’étonna joyeusement Axel.
- Ouais … on est vivant, lui confirma Sean. Mais j’arriverai jamais à comprendre comment il fait.
- Pour ?
- Pour faire en sorte que chaque fois que je le rencontre, je sente ma dernière heure arrivée. Et puis tout d’un coup, il relâche la pression, et je me retrouve comme un con.
- Pareil pour moi. Cela dit, je sais pas pourquoi, mais je crois que ça l’amuse en fait.
Sean grommela une vague réponse où il était question de certains chevaliers d’or un peu trop arrogants.
- Bon, je crois que je vais passer faire un brin de toilette, et me changer, déclara Axel.
- Je crois que je vais en profiter pour faire de même. J’en ai assez des jeans et tee-shirt, ajouta Sean, à la grande surprise de son compère.
- Pardon ? Ai-je bien entendu ?
- Regardes ça, qui voudrait porter un truc pareil ?
- Huriis Hakantis, sors de ce corps tout de suite, plaisanta le Loup.
Sean lui répondit d’un sourire, et pris congé, s’engageant sur le sentier de sa demeure.
Aeisis et Meiya se faisaient faces dans l'une des geôles sous le casernement des gardes du sanctuaire. La première regardait la seconde d'un air maussade. Après l'attaque désastreuse sur le chevalier d'argent du cerbère, les deux n'avaient pas échangé un mot. Elles se contentaient de se fixer l'une l'autre, échangeant regards, mouvement de sourcils, mais rien. Aucunes paroles. Sur le devant de la geôle, un homme à la peau noire regardait les prisonnières de son regard d'obsidienne. Il avait posé une simple question : Qui êtes vous ! Mais aucune des deux n'avait répondu. L'homme entra alors dans la prison, et posa sa cape blanche sur le tabouret près de la porte. Les yeux verts des deux femmes le suivirent alors qu'il prenait soin de plier le tissu avec une extrême délicatesse.
– Je suis désolé de vous déranger dans vos réflexions, commença-t-il d'une voix posée. Mais le pope m'a expressément demandé de venir vous interroger. Il tient vraiment à comprendre pourquoi vous vous êtes attaquées à l'un de nos chevalier.
– Nous n'avons rien à te dire, répondit Aeisis. Et tu vas pouvoir nous tuer.
– Exact, fit l'autre femme. Inutile de perdre ton temps chevalier. Tu devrais plutôt le consacrer à prier, ajouta-t-elle avec un sourire.
– Je ne prie jamais, répondit l'homme sans l'ombre d'une émotion.
– Et bien peut être devrais-tu commencer, ricana Aeisis.
– Si vous le dites. Néanmoins, je suis forcé de vous interroger. Cela peut être déplaisant ou non, mais je dois vous prévenir : J'obtiendrai des réponses.
– C'est ça. Essaies toujours beau blond, fit Meiya.
– Soit.
***
Quelques instants plus tard, les deux femmes étaient recroquevillées, tremblantes de souffrance dans un coin de leur cellule. La pièce était emplie d'une atmosphère où les larmes, la sueur, le sang et les effluves d'urine témoignaient de la torture effroyable à l'œuvre. L'homme sombre s'essuyait tranquillement les mains dans une serviette éponge noire comme la suie. Il jeta un regard d'acier vers les deux cibles de son attention.
– Je vous laisse réfléchir un instant. Je suis certain de que vous comprenez maintenant qu’il est inutile de résister. Le ton de sa voix était glacial comme la mort. Je peux continuer de la sorte jusqu’à ce que votre esprit se disloque de douleur, jusqu’à ce que seuls vos souvenirs restent. Vous ne serez plus que pantins de chair, les sens monstrueusement modifiés. D’ailleurs, il se peut qu’Amaranth, Chevalier de bronze du faucon apprécie de vous avoir comme jouets dociles, termina-t-il sur un ton léger.
Il laissa la porte de la geôle entrouverte, et les deux femmes purent le voir grimper le petit escalier de bois. Une fois l'homme parti, Aeisis se rapprocha de sa sœur en tremblant, éprouvant une douleur qu'elle n'avait jamais imaginée ressentir un jour. Son corps entier était parcouru d'ondes douloureuses, et Meiya ne semblait pas aller beaucoup mieux. Il était évident qu'elles craqueraient, si ce traitement leur était infligé à nouveau. Il fallait que la taupe intervienne, et vite, surtout avant que cet homme redoutable ne revienne. Qui était-il ? Elles n'avaient aucunes données sur lui. Mais l'homme était un chevalier, c'était évident. Il employait son cosmos pour faire souffrir comme personne. Meiya se tenait, les genoux pliés et les jambes contre son corps, ses vêtements déchirés marqués de diverses taches rouges de sang. Elle avait cru mourir lorsque le doigt de l'homme s'était enfoncé sans difficultés dans sa poitrine, tel une aiguille chauffée au rouge. Mais le tortionnaire ne faisait aucune erreur. Aucun coup n'était fatal, d'ailleurs si la jeune femme ne se trompait pas, si elle parlait maintenant, il n'y aurait aucunes séquelles. Et peut-être pourrait-elle avoir la vie sauve ?
Aeisis percevait le trouble de sa compagne, mais elle ne pourrait pas la laisser trahir. Elles avaient été faites prisonnières contre toutes vraisemblances, et si le traitre introduit au sanctuaire n'intervenait pas bientôt, elle serait sans doute obligée de tuer sa sœur d'arme, avant de se suicider. Les larmes aux yeux, elle pensa avec amertume à sa chambre d'émeraude au palais des ténèbres d'Ithis, et à Nöt, son esclave de plaisir. Comment avaient-elles pu en arriver là ? Les ordres stipulaient la mort d'un Chevalier d'argent, et trois ombres d'émeraudes étaient parties. Comment ? Mais comment pouvaient-elles avoir échoué ? Et Nataya ? Où était-elle ? Pourquoi ne pas avoir attaqué à New York ? Mais elle se reprit tout à coup. Dans les ombres, elle pouvait sentir plusieurs guerrier de sa caste. Ils étaient proches du sanctuaire. Avec de la chance, ils réussiraient à distraire les Chevaliers le temps pour leur allié à l'intérieur puisse venir les libérer. Ils ne pourraient jamais arriver jusqu'à elles. Pas avec les chevaliers d'ors présents, et même si des ombres de rubis prenaient part au combat, les défenseurs d'Athéna emporteraient la victoire. La diversion était sa seule chance, et elle espérait qu'elle n'aurait pas à tuer Meiya avant d'avoir une chance de pouvoir s'enfuir. Elle espérait aussi que personne parmi ses compagnons ne mourrait en tentant de les libérer.
Samyel observait le petit muret de bois avec une certaine excitation. Derrière cette barrière, plus symbolique qu'autre chose, s'étendaient les terres du sanctuaire d'Athéna. Depuis qu'il avait passé son armure de rubis des années auparavant, il avait espéré pouvoir se mesurer à l'un d'eux. Et si possible à un Chevalier d'or. Mais aujourd'hui, il n'était là que pour faire une victime, peu importe laquelle. Ses compagnons avaient besoin d’une diversion, et il fallait que ça fasse du bruit. Il avait entendu la rumeur parmi les gardes selon laquelle les Chevaliers d'or ne sortaient pas du sanctuaire, ce qui allait à l’opposé du but fixé par Shanys. Bien entendu, à l’instar des autres membres de la caste, il ne comprenait pas bien pourquoi les troupes n’attaquaient pas directement le sanctuaire. Au milieu de la bataille, il serait aisé de pénétrer dans la chambre sacrée d’Athéna. Ces Chevaliers étaient très puissants, il en convenait volontiers, mais tout de même …
Il soupira d’ennui, et pris une posture plus confortable dans les ombres du bosquet où il s’était réfugié. Et après quelques instants, il aperçut sa victime.
***
Lars, Chevalier de bronze du lynx de son état, se sentait un peu mal à l’aise, cette fois il avait vraiment dépassé les bornes. Non content de se faire rappeler régulièrement à l’ordre par ses supérieurs, il avait totalement pété les plombs dans ce bar, pas loin de la place d’Apollon, lorsqu’un soiffard avait prétendu qu’Athéna n’était qu’une catin qui avait provoqué la plupart des maux de l’histoire. La salle commune avait volé en éclat, ledit soiffard y avait laissé ses deux yeux, et récolté quelques blessures pas spécialement anodines. Il savait pertinemment que son tempérament lui causerait des ennuis un jour. Et bien voilà, nous y étions. Shyna elle-même était venue lui annoncer sa punition : la justice grecque tolérait le fait que le Chevalier de bronze du lynx soit cloitré au sanctuaire pendant le temps imparti par la justice. Soit 5 ans … 5 ans à se farcir les tournées de garde dans les zones les moins agréables. 5 ans à se faire le trajet jusqu’à la presqu’île du Cap Sunion. 5 ans à bouffer des rations de soldats, sans avoir la certitude d’un weekend libérateur. En plus, le Chevalier du serpent lui avait précisé que Kensial du Lion s’était porté garant du respect de la peine par son subordonné. Inutile de dire que s’il mettait un quart d’orteil à l’extérieur, la foudre lui tomberait dessus et l’anéantirait avant qu’il ait le temps de dire « merde ». Bon, il devait le reconnaître, il le méritait sans doutes. Mais l’autre salopard irrespectueux aussi quoi, insulter Athéna … et tout ça au nom de la sacro sainte liberté de parole. Liberté mon cul oui, si Huriis avait été présent, la moitié de la ville serait à feu et à sang maintenant. Mais lui, on lui pardonnerait …
- Bonjour monsieur le président grec, je m’appelle Huriis Hakantis et je vous emmerde … lança-t-il pour lui-même, tentant sans succès de parodier le ton courtois du Chevalier du Capricorne. Pourquoi je vous emmerde ? Parce que je peux faire sauter la planète en pétant un coup si je veux, alors allez vous faire foutre … justice ouais … putain de justice.
Sur ces bonnes paroles, il avisa sa gourde à la ceinture. Vide …
- Putain pour une journée de merde, c’est vraiment une saloperie de journée de merde ….
A peine eut-il finit de penser cela qu’il ressentit un cosmos tout près. Un cosmos désagréable, mauvais … en position de garde, il tenta de localiser la source de cette énergie surgie de nulle part. Mais rien. Pas un mouvement. Jetant un œil vers la butte derrière lui, il estima rapidement ses chances d’atteindre une zone peuplée de sanctuaire avant une quelconque attaque. Minces … Soudain, une voix mielleuse d’éleva dans son dos.
- Désolé Chevalier, il semble que tu n’as décidément pas de chance.
- Que …
Lars se retourna avec une vitesse étourdissante, mais ce ne fut que pour prendre un coup de poing sur la poitrine. L’impact pulvérisa son plastron, et un cri de douleur s’étouffa dans sa gorge. L’homme face à lui, portant une armure rutilante couleur de sang, lui avait broyé les cordes vocales de son autre main. Dans un effort désespéré, il lança son poing chargé de toute la puissance dont il disposait encore vers le visage de son agresseur, mais celui ci esquiva le coup, et avec une vitesse effarante, l’homme à l’armure de rubis se retrouva derrière lui, l’une de ses mains lui agrippant toujours le cou, l’autre se posant sur son épaule.
- Il restera quelque chose à enterrer, fit l’homme d’une voix sinistre.
Ce furent les dernières paroles qu’entendirent Lars de son vivant, avant que l’ombre de rubis fasse pression sur son cou, et d’un mouvement brusque, lui brise la nuque ainsi que le reste, décapitant le Chevalier de bronze d’une horrible manière. L’instant qui suivit, il fit éclater son énergie cosmique, martela le corps de sa victime afin d’augmenter l’impact visuel de son meurtre, puis disparu sans laisser de trace.