Chapitre 5 : La chute des dieux
Hadès.
Ce nom est celui du dieu des âmes mortes et des enfers.
Sa main emporte les vivants dans l’au-delà.
Nul n’a jamais pu lui échapper.
" - Arès !
- Tu étais le meilleur d'entre nous Hadès. Celui qui apportait la mort. L'as tu déjà oublié ? Ce nom est le tien.
- …
- Tu ne dis rien n'est-ce pas ?
- Mon nom est Rhigas Zélos.
- Très bien… Hadès. Meurs !
- … Mireille. Kirika. Partez.
- Hein !? Mais…
- Vas-t'en Mireille !"
Kirika prit le bras de Mireille et l'entraîna, tandis que Rhigas évitait une série de balles en bougeant avec une agilité et un esthétisme qui auraient pu faire penser à une chorégraphie apprise par cœur. Se rétablissant sur une pierre de taille depuis longtemps tombée de son emplacement d'origine, il riposta sur Arès avec son SIG Sauer P226, qui bien que situé à plus de cinquante mètres, dû lui aussi bouger pour ne pas être atteint.
" - Pas mal Hadès. Je comprends maintenant pourquoi Zeus t'avait choisi comme bras droit !
- Tu parles trop Arès !"
Kirika et Mireille était sorties de l'amphithéâtre et se dirigeaient vers le rocher surmonté par le manoir. Un groupe d'homme surgit devant elles alors qu'elles étaient à moins de cinquante mètres de l'immense escalier servant à grimper jusqu'à la demeure perchée sur le pic de roche de plus de trente mètres de haut. Ils se mirent à tirer sur les deux jeunes filles avec un acharnement proche de la rage. Côte à côte dans leur course, elles se séparèrent en sautant chacune d'un côté. Roulant sur elle-même au beau milieu des salves, Mireille saisit le SIG Sauer P226 qu'elle avait subtilisé et fit feu sans s'arrêter de rouler, faisant montre d'une précision remarquable. Plus vive qu'un cabri, Kirika bondissait et tournoyait tout en faisant fuser les balles avec son Beretta, faisant mouche à chaque fois. Lorsqu'elles s'immobilisèrent, sept cadavres jonchaient le sol. Mireille se releva et en fouilal un pour récupérer des munitions, tandis que Kirika rangeait son Beretta vide à la ceinture et prenait deux P226 qu'elle garnit de munitions. Elles se regardèrent, et sans un mot, d'un commun accord, gagnèrent les escaliers qu'elles se mirent à gravir en courant.
La balle lui frôla la joue et y laissa une petite plaie sanguinolente. Il finit son dérapage sur le côté en se stabilisant sur un genoux, et tira à son tour, transperçant jusqu'à la veste de son adversaire qui semblait flotter dans les airs, mais sans parvenir à le toucher lui. Il toucha sa joue et remarqua le sang sur ses doigts.
" - Alors Hadès, il semblerait que ta réputation soit surfaite, non ? Et si tu te laissais tuer gentiment ? Ta jolie petite blonde et son amie te rejoindraient bien vite en Enfer.
- Tu ne la toucheras pas !"
Rhigas s'élança vers Arès tout en faisant feu comme un enragé, mais son ennemi évita en plongeant en arrière, se retrouvant sur le dos, et riposta.
Mireille et Kirika arrivèrent sur une espèce d'espace dégagé à mi hauteur, où de nombreux gardes les attendaient, armés de pistolets-mitrailleurs MP5. Dès qu'ils les virent, ils se mirent à faire feu sur elles. Mireille se plaqua contre un aspérité rocheuse qui la protégea des balles, tandis que Kirika faisait un salto arrière et se retrouvait à genoux un peu plus bas dans les escaliers, hors de porté. Les balles fusaient et ricochaient sur la roche, faisant jaillir des étincelles à chaque impact. D'un regard, elles se mirent d'accord. Mireille attendit qu'ils s'arrêtent pour recharger leurs armes pour jaillir de son abri et tirer sur les hommes d'Olympe, les obligeant à se mettre tant bien que mal à couvert ou à tomber sous ses balles, puis quant elle dû à son tour recharger et que les gardes allaient profiter du fait qu'elle était à découvert, Kirika surgit d'un bond en tirant et avant qu'elle ai touché le sol, tous les hommes que Mireille n'avait pas tué lors de son attaque étaient morts à leur tour. Sans mot dire, elles rechargèrent leurs armes et reprirent leur course dans le second escalier situé au-delà du petit plateau rocheux.
Il étaient au bord du précipice bloquant le domaine d'Olympe de l'autre côté de sa route d'accès, marquant à la fois la fin du bois et du vaste plateau sur lequel leur repère était implanté. Rhigas était dos au vide, Arès le tenant en joug. Il ne restait plus qu'une seule balle au renégat.
" - Tu ne peux plus t'échapper Hadès ! Toi mort, je prendrai ton titre !"
Arès leva son arme et fit feu sur Rhigas en plein cœur. Celui que l'on avait appelé Hadès porta sa main gauche à sa poitrine, sans lâcher son pistolet. Ses yeux s'ouvrirent grand et ses pupilles se dilatèrent, et il bascula dans le vide.
" - Ha ha ha ! Tu n'étais qu'une petite frappe au final ! "Le tueur connus comme le dieu de la mort", tu parles !"
Adès s'avança vers le gouffre et se pencha par dessus, bien que ne pouvant pas voir le fond du ravin dans l'obscurité, comme pour admirer son œuvre. Il tourna le dos avec dédain et se dirigea prestement vers le piton rocheux couronné par le manoir et qui surplombait le plateau.
La porte principale de la bâtisse s'ouvrit brusquement, et les gardes postés derrières furent abattus avant d'avoir pu réagir. Mireille et Kirika entrèrent dans le hall et prirent sans hésiter l'escalier central. Postés derrières les balustrades de l'étage supérieur, des hommes en profitèrent pour surgir et faire feu sur les deux tueuses avec leurs MP5. Réagissant en une fraction de secondes, elles bondirent en avant tout en ripostant avec leurs P228, croisant leurs sauts, atterrissant sur le plancher, entourées de cadavres.
" - On y va ensemble.
- Mmm. Oui.
- On va leur montrer ce qu'il en coûte de s'en prendre à Noir !"
Elles s'engouffrèrent dans le large couloir en face des escaliers, tirant à travers les portes de bois fermées, tuant les gardes sensés les prendre en embuscade avant même qu'ils ne puisse réagir. Certains en mourant s'effondraient en ouvrant les portes, mais ni Mireille ni Kirika ne s'en souciait. Elle arrivèrent devant la grande porte du fond, en bois massif et à double battant. Elle se regardèrent, acquiescèrent de la tête et jaillirent en même temps dans la pièce. Derrière un vaste bureau, leur tournant le dos, un homme aux cheveux grisonnants semblait rire avec cynisme. La française et la japonaise braquèrent de concert leurs P228 sur lui.
" - Ainsi vous êtes parvenu jusqu'ici. C'est impressionnant, bien que prévisible de la part du redoutable Noir.
- Vous êtes Zeus ? Que nous voulez-vous ?
- Ho mais cela n'a rien de personnel. Il s'agit ni plus ni moins que d'un contrat sur Noir.
- Un contrat !"
Mireille ouvrit grand les yeux de surprise, tandis que Kirika fronçait des sourcils.
" - Alors le contrat sur vous…
- Il n'a servit qu'à vous attirer dans nos griffes. C'était dans le plan de notre client.
- Qui ?
- Allons. Vous savez en tant que professionnelles que je ne répondrai pas à cette question.
- Alors vous ne nous servez plus à rien."
Mireille pressa la détente mais son arme vola de sa main avec violence : quelqu'un avait tiré plus vite qu'elle. Elle regarda en direction du coup de feu, vers la fenêtre. Un carreau était percé d'un petit trou, et une ombre se tenait à l'extérieur, son arme pointé vers elle. Kirika roula sur le côté et voulu faire feu avec ses deux P228, mais deux couteaux lui percèrent les mains, lui faisant lâcher ses armes avec un cri de douleur : Zeus leur montrait maintenant son visage, et était encore dans la position typique que tout professionnel a juste après un lancé de lame. Mireille se précipita auprès de Kirika dont les mains ensanglantées étaient traversées par une lame de poignard chacune. Zeus les regarda quelques instants avant d'éclater d'un rire cruel.
" - Ha ha ha ! Vous êtes faites comme des rats ! Vous avez eu tord de croire que vous pourriez vaincre Olympe ! Arès ! Entre !"
L'ombre à la fenêtre bougea et donna un coup de pied au milieu des battants, les faisant s'ouvrir avec fracas, puis sauta à l'intérieur. Mireille et Kirika reconnurent la veste blanche de celui que Rhigas avait appelé Arès, le dieu grec de la guerre. La jeune française compris alors et des larmes de chagrin et de rage lui montèrent aux yeux, troublant son regard d'acier.
" - Rhigas !
- Ha ha ha ! Ne pleure pas jolie petite blonde, tu ne vas pas tarder à le rejoindre dans les abîmes de l'enfer !
- Non !"
Mireille tomba à genoux, ne retenant plus ses larmes. Même si elle avait déjà vu son regard, son attitude, sa prévenance, elle ne réalisa qu'à cet instant à quel point elle aimait le beau grec aux yeux verts. Elle tenait toujours à bout de bras les poignets de Kirika, restée debout, et au visage déformé par la douleur. Zeus savoura ce moment avant de faire signe à Arès.
" - Tues-les."
Mireille et Kirika fermèrent les yeux avec résignation et attendirent l'ultime balle qui mettrait fin à leur existence. Il y eu un déclic net et un coup de feu, mais aucune d'elle ne sentit sa chair perforée ni sa conscience s'envoler. Elles ouvrirent les yeux juste à temps pour voir Arès basculer par la fenêtre. Une voix familière s'éleva de l'embrasure de la porte.
" - Mireille ! Kirika ! Vous allez bien ?"
Elle se retournèrent pour voir Rhigas dans l'encadrement, son P226 à la main. Zeus fit un mouvement qu'il interrompit lorsque son ancien bras droit pointa vivement son arme sur lui, tout en rejoignant les deux jeunes filles.
" - Hadès ! Mais… tu devrais être mort !"
Ce n'est qu'à ce moment là que les deux tueuses remarquèrent à travers la chemise se soie le trou sanguinolent que le jeune grec portait au côté gauche de la poitrine, en plein cœur. Rhigas leur sourit furtivement avant réorienter son attention sur Zeus.
" - Tu sais absolument tout de moi Niklos Targas. Tu as même su avant moi que j'aimais Mireille Bouquet. Mais ignorais-tu que j'avais une malformation de naissance qui fait que mon cœur est à droite ?"
L'assistance resta complètement abasourdie de stupeur à cette annonce.
" - Maintenant je vais te régler ton compte."
Zeus fronça des sourcils et commença un ample geste du bras gauche dans la manche duquel on pouvait deviner une lame, tandis que Rhigas donnais un coup de pied dans le P228 de Mireille, le faisant ainsi monter jusqu'à sa main gauche - comme s'il avait été tiré par un fil de Nylon invisible - et s'en saisit. La française et la japonaise suivaient la scène du regard, comprenant ce qui était en train de se passer. Rhigas tira sur Zeus juste avant que Mireille qui s'était élancée ne se blottisse contre lui pour faire rempart au couteau de jet. Kirika n'avait pas pu la retenir et ferma les yeux avec force pour ne pas assister à la scène, mais un cliquetis métallique lui fit rouvrir les yeux. Vif comme l'éclair, Rhigas avait interposé son P226 entre la tranchante lame d'acier et la fine peau de Mireille. Au même instant, le bruit sourd du corps de Niklos Targas tombant au sol se fit entendre. Il avait un petit trou rouge en plein milieu du front. Mireille ouvrit des yeux ronds comme des billes de surprise, ne s'attendant pas à ce que le poignard la manque. Mais bientôt une autre sensation l'envahit. Contre sa poitrine, elle sentait le cœur de Rhigas qui battait, tout contre le sien, et - par hasard ou par signe du destin elle n'aurait su le dire - à l'unisson. Elle aurait voulu rester une éternité entière comme ça, serrée contre le beau grec, mais celui-ci la ramena rapidement à la réalité, bien que cela fut à contre cœur pour lui aussi. Après avoir mis les deux P228 de Kirika à sa ceinture, et sans lâcher celui de Mireille, il prit cette dernière par le bras ainsi que la japonaise, et, sans écouter leurs protestations, les entraîna hors de la salle à toutes jambes.
" - Rhigas !? Mais qu'est-ce qui se passe ?
- Le bâtiment est piégé ! A l'instant où Zeus meurt, une bombe à retardement est amorcée pour détruire l'Olympe ! On a cinq minutes pour s'éloigner autant que possible !
- Quoi !?
- Il ne voulait pas que l'on puisse lui survivre…
- Exactement Kirika !"
Sans ralentir la cadence, ils traversèrent le couloir et descendirent les escaliers sans s'arrêter, passèrent dans le hall si vite qu'elles s'en rendirent à peine compte. Mais à peine furent ils dehors que des gardes arrivaient en masse pour leur barrer la route. Kirika ne pouvant plus tenir d'arme, Rhigas envoya un des P228 à Mireille tandis qu'il prenait les deux autres en main. Laissant sur place les deux jeunes femmes, il fonça sur les gardes comme un lion fondant sur des proies trop insouciantes. A la fois surpris et déstabilisés de voir un de leur chef leur donné l'assaut, il restèrent quelques instants indécis, instants qui coûtèrent la vie à la moitié d'entre eux. Sans s'arrêter d'avancer et ayant troqué ses P228 contre deux MP5 pris à des hommes au moment de leur mort, il cria à Mireille et Kirika de le suivre. Sidérées par son attaque, les deux jeunes filles n'avaient fait que regarder Rhigas à l'œuvre, sans même réaliser ce qui se passait, mais son appel leur fit reprendre leurs esprits et elles le rattrapèrent bientôt. Les gardes arrivaient toujours plus nombreux à leur rencontre, faisant tout pour leur barrer la route. Mireille se mit alors à faire usage de son arme avant de rapidement se saisir à son tour d'un pistolet-mitrailleur. Kirika, malgré ses blessures, retira les lames de ses mains et saisit deux MP5 avec lesquels elle se mit à faire feu. Devant ces trois mortels tireurs, aucun garde n'avait le temps d'utiliser son arme, et bientôt ils s'enfuirent à leur approche, leur laissant le champs totalement libre, ce qui leur permit de reprendre leur course effrénée. Las, il ne leur restait même plus trente secondes lorsqu'ils arrivèrent au plateau à mi hauteur du piton.
" - On y arrivera pas comme ça !
- …
- Que fait-on alors ?
- Je sais !"
Rhigas tira dans un coin de la paroi rocheuse, et un câble épais s'en détacha. C'était le câble alimentant le domaine en électricité, que Kirika et Mireille n'avaient pas vu à l'aller à cause de l'obscurité. Rhigas tira sur l'extrémité ainsi coupé et se la noua fermement autour de la taille.
" - Mais que fais-tu ?
- Accrochez-vous !"
Joignant l'acte à la parole, il agrippa avec force Mireille avec le bras droit et Kirika avec le gauche, puis s'élança dans la vide. A peine avaient-ils quitté la plate-forme que le manoir fut soufflé par une violente explosion, et que le piton se mit à se désagréger et à éclater en partant du haut vers le bas à la suite d'une série de déflagrations suivant la première. Accompagnés par un nuage de feu de pierres et de poussières, les trois trompe-la-mort furent un moment comme en lévitation dans les airs, avant de se mettre à chuter rapidement, leur poids combiné à leur vitesse croissante faisant céder une à une les attaches du câble sur tout son long.
" - Hya !
- Ha !
- Tenez bon !"
Ils arrivaient à la cime des arbres les plus proches du piton. Rhigas réussit à se retourner pour faire barrage entre ses deux protégées et tout se qui se présenterai, et c'est ainsi qu'ils traversèrent les branches d'un grand sapin avec violence, les brisant à leur passage, avant de tomber lourdement - bien que très ralentis par le câble et l'arbre - sur le sol. Sous le choc, Mireille et Kirika furent projetées, la japonaise heurtant rudement le tronc d'un résineux voisin et s'assommant, alors que la française était amortie par un buisson. Rhigas avait quant à lui perdu connaissance sur le coup. Mireille se releva toute endolorie, mais sans encombre malgré la chute. Elle se précipita immédiatement auprès de Kirika et de Rhigas, constatant avec un certain soulagement qu'ils vivaient encore, mais sans être totalement rassurée pour autant. Elle aperçu alors près du grec un MP5 qui avait fait la chute avec eux, et pensant soudainement qu'il pouvait rester du danger, elle s'en saisit. Alors qu'elle vérifiait qu'il restait des munitions, une voix s'éleva de nulle part, la faisant sursauter.
" - Hu… alors petite garce… tu t'en es sorti finalement. Et ces deux là aussi… il va encore falloir que je remédies à ce problème."
Elle reconnue immédiatement la voix, avant de voir une silhouette l'air mal en point se dessiner entre les arbres, la lune dans son dos.
" - Arès !
- Oui. Ce fichu Hadès m'a bien eu. Le cœur à droite… et en plus lui ne m'a pas fait de cadeau… Il a visé entre les jointures… des plaques de mon gilet pare-balles. Il m'a touché une artère…
- Mais comment as-tu survécu !?
- Je m'étais assuré avec une corde… je ne suis pas du genre à jouer… les funambules à trente mètres du sol."
Mireille braqua vivement son arme vers lui, mais il fut encore plus vif à la braquer sur elle, lui faisant comprendre que même mortellement blessé il était encore dangereux.
" - Comme je suis mourant… et que c'est un peu à cause de toi… je vais te proposer un choix… je n'ai le temps de tirer... qu'une seule balle avant… que tu m'abattes. Mais… c'est toi qui va choisir… ma cible. La petite fille… ou le beau gosse ? Mais si tu te décides trop tard… c'est toi… qui mourra, suivie par eux deux !"
Mireille ne trouva pas la force de répliquer à l'ultimatum et avait rabaissé son MP5. Elle se mit seulement à passer du regard de Kirika à Rhigas, et de Rhigas à Kirika, avant de se recentrer sur Arès. Choisir entre eux, entre celui dont elle était tombé amoureuse et celle qui était sa seule famille, elle ne le pouvais pas. Elle ferma les yeux, serra les dents et crispa son poing sur son arme.
" - Alors tu as décidé ?"
Mireille avait pris sa décision. Elle ouvrit les yeux et braqua son arme sur Arès sans prononcer un mot, les yeux en larme. Il comprit immédiatement ce qu'elle avait choisi et tira au même moment qu'elle. Mireille sentit plus qu'elle ne vit une masse chaude se jeter sur elle au moment de la déflagration des armes, puis le déséquilibre la fit tomber et sa tête heurta une pierre au sol, lui faisant perdre connaissance.
" - … eille. Mireille !"
Mireille ouvrit les yeux et cligna un moment, aveuglée par le soleil. Elle était allongée sur de l'herbe fraîche et moelleuse. Elle tourna la tête et vit le visage souriant de Kirika penché sur elle, son collier pendillant de son cou.
" - Kirika… où sommes-nous ? Mais… Et Arès ? Et Rhigas ? Dis-moi !"
Le regard de Kirika se fit plus sombre et son sourire s'effaça.
" - Je ne sais pas Mireille. A mon réveil, toi et moi étions allongés ici, avec nos armes, près de cette voiture. Mes mains étaient pansées, et tu avais ce bandage sur la tête. Mais aucun trace d'une autre personne."
Mireille se rendit seulement compte à cet instant du mal de crâne qu'elle avait, et du bandage qui la serrait. Elle regarda Kirika, dont les mains étaient enrobées par des linges de pansement similaires. La jeune française sourit alors à la japonaise, et la serra dans ses bras en pleurant.
" - Mireille…
- Kirika. Je suis si heureuse que tu sois vivante… mais…
- Je comprends."
Mireille pleura quelques minutes avant de se calmer, de sécher ses larmes et de se lever.
" - Mireille ? Ça va ?
- Oui. Il est temps de retourner à Paris. Ici il n'y a que des mauvais souvenirs."