Aussi fort que le corail

Chapitre 3 : Aussi fort que le corail



" - Ha ! Athènes ! Ça faisait longtemps que je rêvais d'y aller. Et quel beau soleil, tu ne trouves pas Kirika ?
  - Mmm. Oui. C'est une belle ville.
  - Quel dommage que nous n'ayons pas le temps de la visiter.
  - Tu crois que nous allons réussir ?
  - Bien évidemment ! Et puis nous n'avons pas le choix. C'est Olympe ou Noir, mais l'un des deux doit disparaître.
  - C'est vrai.
  - Allé viens, on va prendre le taxi jusqu'au centre puis finir le trajet en marchant jusqu'à l'hôtel. Il est prêt du quartier de l'Acropole."

A la sortie de l'aéroport, Mireille prit Kirika par le bras et héla un taxi qui s'arrêta. Le chauffeur, un petit brun basané, mit leurs bagages dans le coffre de sa vieille Mercedes et les fit monter, puis parti dans la direction indiquée par la française. Kirika passa la durée du trajet à regarder avidement par la vitre de la portière, tandis que le regard de Mireille, souriante, demeurait invisible derrière ses opaques lunettes de soleil. Après une demi-heure, le taxi s'arrêta en plein centre ville. Mireille descendit les bagages et paya le chauffeur en liquide, puis se saisit d'une valise, Kirika prenant l'autre.

" - Il y a un peu plus d'un kilomètre entre ici et l'hôtel d'après le plan. On va y aller tranquillement, histoire de profiter de l'architecture de la ville et de repérer un peu les lieux.
  - D'accord.
  - Mais avant toute chose, on va s'arrêter dans cette boutique, ils ont l'air d'avoir de belles choses."

Mireille entra dans une boutique de souvenirs remplie de babioles en tous genres, foulards colorés, bijoux fantaisies, petites statuettes et autres objets représentants les aspects les plus typiques de la vie et de l'histoire du pays. Alors que la française était en admiration devant un collier de perles de verre multicolores, le regard de Kirika tomba en arrêt dans une petite statue de plâtre. Elle resta figé, lâchant sa valise et faisant se retourner vivement Mireille, la main dans son sac à main.

" - Kirika !? Kirika ? Qu'est-ce que…
  - Mireille… c'est comme… son tatouage."

Mireille resta muette et regarda ce qui avait capté l'attention de la jeune japonaise : une statue représentant le dieu Hadès. Ainsi chaque membre important de l'organisation Olympe avait sur la main gauche le tatouage de la divinité grecque dont il portait le nom. Mireille fronça les sourcils et se tourna vers le vendeur.

" - Dites-moi, auriez-vous un document mentionnant les principaux dieux de la Grèce antique ?
  - Oui mademoiselle. Sur ce poster.
  - Combien ?
  - Cinq euros.
  - D'accord, tenez. Kirika. Kirika ?
  - Heu… j'arrive.
  - Attends, qu'est-ce que tu regardais ? Ce collier ? Il te plaît ?
  - Mmm. Oui.
  - Combien pour ce collier ?
  - Celui en argent avec un fragment de corail rouge ? C'est cent euros mademoiselle.
  - Je le prends aussi."

Mireille paya en liquide, sortit de la boutique avec Kirika, et elles allèrent jusqu'à la place voisine dominée par une magnifique fontaine sculptée. Elle posa ensuite sa valise près du bord de la fontaine et prit la petite boîte en carton dans laquelle se trouvait le collier.

" - Ne bouge pas Kirika."

Mireille prit la valise de son amie et la posa au sol, puis ouvrit la boîte et en sortit le collier qu'elle dégrafa et passa autour du cou de la japonaise, puis elle referma le clip et s'éloigna d'un pas en souriant.

" - Il te va à ravir avec ta jolie robe blanche.
  - Merci Mireille.
  - Allons ce n'est rien. Ça me fait plaisir. Considère que c'est pour te remercier.
  - Me remercier ?
  - D'être là, avec moi."

Kirika prit le fragment de corail dans le creux de ses mains et le serra contre sa frêle poitrine, souriant un peu timidement. Mireille lui avait certes déjà offert diverses choses : vêtements, cahiers à dessin, fusains, peintures… mais pour Kirika, ce collier fut le premier véritable cadeau de Mireille en tant qu'amie et sœur d'âme. C'était le premier objet vraiment inutile en soit qu'elle lui offrait, et dont le sens n'était pas seulement "pour te faire plaisir", mais aussi "je t'aime petite sœur".

" - On dit que certains récifs de coraux sont millénaires. Notre lien sera aussi fort que ces récifs.
  - Kirika.
  - Merci Mireille."

Les larmes aux yeux, la jeune japonaise se jeta au cou de la française, la serrant dans ses bras comme elle ne l'avait jamais fait.

" - Allons petite idiote."

Kirika relâcha Mireille qui lui souriait, et sourit à son tour. Tout à coup, le visage de la française changea brusquement du souriant à l'étonnement.

" - Ha zut ! J'ai oublié mon porte-monnaie dans le magasin, tu m'attends, j'en ai pour une minute.
  - Mmm. Oui."

Mireille partit en courant jusqu'au magasin, laissant Kirika avec les valises sur le rebord de la fontaine.

" - Ha mademoiselle, vous aviez oublié ça ! C'était tombé par terre.
  - Ho vous l'avez garder en pensant que je reviendrai le chercher? Merci.
  - De rien. Bonne journée."

La jeune française retourna ensuite sur la place, mais lorsqu'elle arriva là où la japonaise l'avait attendue, elle ne trouva plus que leurs valises. Nulle trace de Kirika. Mireille sentit d'instinct qu'il s'était passé quelque chose, et se mit à courir en criant, dans un état proche de la panique.

" - Kirika ! Kirika où es-tu !? Réponds-moi ! Et vous ! vous n'avez pas vu une jeune fille brune en robe blanche portant un collier de corail ?"

Personne sur la place ne lui répondit, comme si l'épée de Damoclès lui-même planait à ce moment même au-dessus de la tête de chacune et chacun.


Ce chapitre provient de Les fanfictions (fanfic ou fanfiction) de Fanfic FR
http://www.fanfic-fr.net

L'URL de ce chapitre est:
http://www.fanfic-fr.net/fanfics/Animes-Mangas/N/Noir/Noir-²---Episode-28---Olympe--2-2-/1452/6352.html