Episode 28 – Olympe (2/2)
Noir.
Ce mot désigne depuis une époque lointaine le nom du destin.
Les deux vierges règnent sur la mort.
Les mains noires protègent la paix des nouveaux nés.
Chapitre 1 : Deuxième vie
Une ambulance du SAMU arriva devant l'hôpital de l'Hôtel Dieu toutes sirènes hurlantes. Les brancardiers accoururent immédiatement vers le véhicule, un médecin à leur côté.
" - Vite docteur !
- Comment est-elle ?
- Inconsciente. Etat stationnaire. Pouls filant à 140. Tension à 4. Saturation à 80 %. Elle a perdu beaucoup de sang et souffre de multiples contusions avec possibilité d'hémorragie intrapéritonéale.
- Alors ne perdons pas une minute ! Et faites lui une perf de O négatif !"
La course contre la montre de l'inéluctabilité commença. A travers les couloirs, le brancard et sa passagère à l'agonie furent conduit dans la salle de radiologie d'urgence. Les clichés furent pris en un temps record et directement envoyés au service de traumatologie aiguë, et on ressortit la blessée. Les couloirs défilèrent à nouveau autour du brancard sur lequel reposait la malheureuse, les portes se succédèrent, jusqu'à l'arrivé dans l'ascenseur. Deux étages plus haut, le défilement des couloirs reprit de plus belle, puis après un dernier virage et un sas, la salle d'opération où l'équipe de chirurgie traumatique attendait déjà.
" - On vous la laisse.
- Quelqu'un a prévenu sa famille ?
- On n'a pas retrouvé de papiers sur elle.
- Bon. On verra après l'opération… si elle y survit."
L'anesthésiste fit rapidement ses injections, puis le chirurgien se mit en place et commença, guidé par les images de radiologie et assistés par son équipe. Il commença par arrêter l'hémorragie interne, puis s'attaqua aux causes d'hémorragies externes, et enfin réduisit les fractures et les divers traumatismes. Il avait les gants et la blouse couverts de sang quand il finit, et consulta sa montre.
" - Plus d'une heure et demi sur le billard. Et elle est encore vivante. Maintenant c'est à elle de se battre. Nous ne pouvons plus rien faire d'autre.
- Vous avez été admirable docteur.
- Espérons pour cette jeune fille que ça n'aura pas été en vain."
On l'amena au service de réanimation, où on la mit sous monitoring et sous surveillance étroite. Au même instant, à l'entrée de l'Hôtel Dieu, une femme brune aux teint hâlé et aux yeux verts, habillée en tailleur et portant un petit sac à main, et dont la cuisse droite portait un bandage la recouvrant intégralement, s'adressait à l'accueil avec un air désespéré.
" - … oui ma sœur. On a dû vous l'amener il y a très peu de temps ! Elle était dans cet hôtel où il y a eu la fuite de gaz au moment où… excusez-moi."
Elle se mit à sangloter quelques instants.
" - Ne pleurez pas mademoiselle. Attendez que je consulte le registre… ha oui. Une blessée grave admise en traumatologie il y a moins de deux heures. On vous en dira plus là-bas. Pour y aller, vous prenez ce couloir, montez eu second par l'ascenseur, puis vous filez droit devant, et enfin vous tournez au niveau du panneau indiquant le service que vous recherchez.
- Ho merci. C'est qu'elle est tout ce qu'il me reste."
La femme se retourna et sourit avec un air machiavélique.
" - Mireille… je ne sais pas comment tu en as réchappé, mais cette fois-ci, tu n'auras pas autant cette chance !"
A l'entrée réservée aux ambulance, une jeune fille aux cheveux bruns et courts et aux yeux mélancoliques, esquivait la surveillance des infirmiers et s'introduisait dans le bâtiment. Elle avait un Beretta M1934 (7chargeur 1chambre) et un Walther P-99 (16chargeur 1chambre) à la ceinture, dissimulés sous son les replis de son pull. Elle était couvertes de bleus et d'égratignures, et le côté droit de la poitrine la faisait terriblement souffrir, mais elle se mit malgré tout à courir à travers les couloirs.
La femme aux yeux verts sortit de l'ascenseur. Elle traversa le couloir jusqu'à ce qu'elle voit le fameux panneau, puis tourna sur la gauche et tomba sur le chirurgien qui sortait de la zone stérile. Elle se remit à sangloter.
" - Ho ! Docteur ! C'était elle ?
- Qui ça mademoiselle ?
- Ma sœur. La jeune fille blonde qu'on a sorti des décombres de cet hôtel maudit…
- Vous êtes sa sœur ?
- Alors c'était bien elle !? Comment elle va ? Est-ce qu'elle est…
- Non, elle a survécu à l'opération, mais elle n'est pas encore tirée d'affaire je vous avoue. Elle a été transférée en réanimation. De l'autre côté de cet étage.
- Ho merci docteur ! Et merci pour tout ce que vous avez fait pour elle.
- Je n'ai fait que mon métier. Le reste dépend d'elle."
Elle fit demi-tour et se dirigea vers le service de réanimation, un sourire triomphant au coin des lèvres. Elle poussa la porte du service, s'enquit du lieu où se trouvait Mireille, et, discuta un peu avec l'anesthésiste-réanimateur devant la chambre dans laquelle on lui interdit d'entrer. Elle attendit qu'il s'éloigne, vérifia que personne ne prêtait attention à elle, puis entra. Elle s'approcha de la malheureuse et la regarda avec satisfaction : de sa jambe gauche ressortaient des broches métalliques, son bras gauche était dans le plâtre, sous sa chemise de malade entrouverte on distinguait les pansements qui recouvraient la récente incision, et surtout, son visage était à moitié embobiné de bandages qui contournaient autour de la bouche le tuyau qui la reliait au ventilateur, palliant l'inactivité de ses poumons. Elle plongea la main droite dans son sac et en sortit un petit poignard à le lame étincelante. Elle sourit, leva la main au dessus de la gorge de la comateuse, et l'abaissa. Un cliquetis métallique retentit en même temps que la lame déviait totalement de sa trajectoire et se fichait dans l'oreiller. La femme aux yeux verts, Athena, se redressa avec fureur : Kirika avait interposer le canon de son arme entre la lame du couteau et le cou de Mireille, et pointait maintenant son Beretta sur elle. Athena sera les dents et lui jeta un regard plein de fureur.
" - Toi ! Tu es vivante aussi ! Mais combien de fois devra-t-on vous tuer !?"
Elle se saisit d'un autre couteau qu'elle décocha sur la jeune japonaise, qui dévia le projectile de la même façon qu'elle l'avait faite pour sauver Mireille, avec son pistolet, et, ne laissant pas le temps à Athena de réagir, fit feu sur elle. La détonation retentit dans tout le service. Athena, les yeux fixes et le visage horrifié, vit du sang lui couler dans les yeux, alors que le mort la prenait. La grecque s'effondra sur le plancher, morte. Lorsque les infirmier entrèrent dans la chambre en catastrophe, Kirika n'y était plus, mais le cadavre encore chaud, si. Mireille s'agita alors et ouvrit faiblement les yeux.
" - Vous allez bien mademoiselle ! On ne vous a pas fait de mal ?
- Mmm… non."
Elle sourit, referma les yeux, et s'endormit paisiblement.