
Ice Dance
Titre : Ice Dance ou Grand Finale (au choix !)
Auteur : Mikado
Catégorie : One-shot (étonnant…), romance et death-fic ! Sortez les mouchoirs, les violons et les feux de camp, ya de la guimauve au dîner !
Rating : AP (pour être sûre), ya juste un bisou ^_^ et un chouilla de sang et un mort…
Note particulière : Écrite en écoutant Ice Dance et Grand Finale de l'OST d'"Edward aux mains d'argent", et "Mondschein Sonate" de L. von Beethoven, ce qui donne un one-shot/death-fic. Personnage surprise (c'est pour ça que c'est un peu lourd, parfois… Je retravaillerai dessus dès que j'aurais le temps).
Un grand champ enneigé emprisonné par de hautes montagnes, couvertes de toutes sortes de conifères, derrière lesquelles se lève lentement le soleil. L'astre de jour, timide derrière les quelques nuages, jette ses rayons blafards sur le sol cotonneux, le faisant davantage ressembler à un linceul.
Pas un seul bruit ne vient troubler la quiétude du lieu, pas même celui du vent ou de quelque animal de la forêt ; un silence parfait, presque inquiétant. Puis…
Des corbeaux, principalement, prennent leur envol depuis leur nid haut perché, effrayé par un bruit sourd provenant de la terre. Ils se dirigent sur des arbres à l'opposée lorsqu'une douzaine de silhouettes sort de la dense forêt d'épicéas, demeures des volatiles. Ou plutôt, deux personnes en sortent sans se soucier de l'épais manteau neigeux tandis que le reste les poursuit, armes à la main. Quelques uns de ces outils mortels sont lancés à une vitesse impressionnante mais la silhouette masculine aux vêtements partiellement orangés exécute un signe avec ses deux mains et un clone apparaît. Une partie des armes affûtées est renvoyée à son propriétaire tandis que l'autre se fiche dans son corps et il disparaît dans un nuage de fumée. Le jeune homme recommence ses signes, mais crée cette fois une bonne dizaine de clones qui se lance dans le bataille, à mains nues ou kunais au poing. Deux des répliques restent en retrait un petit instant avant de se jeter sur les assaillants, Rasengan au creux de la paume. La tactique est efficace : en face, deux de leurs adversaires ont de graves blessures et ne mettront pas longtemps à y succomber, d'autant plus que leurs "camarades" ne les remarquent même pas.
Les deux personnes sont blessées mais font vaillamment face à leurs agresseurs. Celui aux cheveux blonds, sur lesquels commence à se refléter le soleil naissant, attrape un double kunai dans son étui et se campe sur ses pieds, à moitié accroupi, tel un animal prêt à bondir.
Dans son dos, la seconde personne a de longs cheveux d'ébène qui ressortent sur le sol immaculé mais ses yeux ont la même couleur que celui-ci. Elle se tient droite et tend son bras droit devant elle, paume vers les adversaires. Ceux-là, sous l'ordre du chef, se rapprochent dangereusement et la personne brune dit.
- Naruto, occupe-toi de leur chef. Ils vont goûter au Hakke… Byakugan !
Le blond se retourne à peine et acquiesce de la tête, sachant parfaitement que l'autre peut le voir grâce à ses yeux. Il se redresse, repère la tête pensante du groupe d'assaillants avant de lui lancer un shuriken plus petit que la moyenne sur lequel est accroché un petit bout de parchemin. Ce dernier ne fait que le dévier et l'arme retombe à plat sur la neige, un peu derrière lui.
- Hiraishin no Jutsu [1], murmure Naruto, exécutant les signes correspondants.
Le chef de troupe ne comprend pas comment le blondinet disparaît et il ne sent qu'un coup de vent lorsque le ninja se retrouve derrière lui et l'égorge. Les autres combattants sont surpris une petite seconde, deux au maximum, mais c'est assez pour le second shinobi qui se précipite vers le plus proche et lance sa technique dévastatrice. Les coups de poings pleuvent de partout, infiltrant du chakra dans tous les pores, tel un venin.
Évidemment, ses adversaires sont tués, ou bien amochés. Mais l'un d'entre eux a disparu pendant le massacre et sort du sol dans son dos. Trop rapide, sa victime n'a que le temps de se retourner au quart.
Un coup de kunai bien placé.
Un cri presque bestial.
La neige, souillée par un liquide carmin, fond légèrement sous sa chaleur.
Naruto qui lui brise la nuque de rage.
Le corps tombe, désarticulé.
Puis un autre, qu'il se dépêche de rattraper…
Le soleil émerge enfin des hautes montagnes et ses rayons se reflètent sur les cristaux de neige, baignant davantage le sol immaculé de lumière.
Cheveux noirs éparpillés sur le manteau blanc tâché de vermillon, l'autre shinobi regarde l'ange penché au-dessus. Ange qui lui crie de ne pas se laisser aller, que tout se passera bien et toute autre parole réconfortante mais purement futile.
Évidemment que tout se passera bien, la Mort est la seule chose qui se déroule bien, sans anicroche ; aucun besoin de se fatiguer, le résultat est le même, quoique plus ou moins rapide.
Le blond appuie sur un petit bouton sur l'écouteur qu'il porte et un grésillement se fait entendre. Une voix masculine répond à peine, coupée par le jeune homme inquiet.
- Ici Team Uzumaki, médic demandé, blessure type Alpha [2].
- La Team Hatake est la plus proche, je te l'envoie. Position ?
Naruto, pendant la réponse, attrape un petit pot dans sa sacoche dorsale et l'ouvre, tremblant légèrement malgré qu'il se veuille rassurant.
- Fais-moi voir ton égratignure ; tu m'as dit que c'était efficace, ce machin…
- Position ? insiste la voix dans l'écouteur.
- Quatre kilomètres sud-est du hameau. On est dans la cuvette qu'on a contournée à l'aller.
- La Team Hatake sera sur place dans sept minutes. On vous rejoint après. Terminé.
Rassuré de les savoir aussi près, Naruto soupire ; mais il est angoissé car la blessure est plutôt sérieuse et l'onguent dans le pot ne servira à rien tant qu'un médic n'est pas passé. Intérieurement, il prie pour que ses comparses arrivent au plus vite.
- Naruto, j'ai un truc à te dire…, dit l'autre, blêmissant de plus en plus.
- Tu me diras plus tard que tu m'aimes, une fois que tu seras plus dans cet état, ironise-t-il. On est pas dans un film pour nanas, là. Même si j'en ai les attitudes !
Comme tout un chacun dans ce genre de situation, le blond fait de l'humour, plutôt mauvais, pour cacher son anxiété ; il installe la tête brune sur ses genoux en plantant son regard trop bleu dans celui se confondant avec la neige.
- Plus tard, je pourrai pas, Naruto. Ça fait un bout de temps que j'ai ça sur le cœur et ça me ronge, je vais pas louper l'occasion, sinon, je vais m'en mordre les doigts. Je me connais…
Naruto, malgré lui, est intrigué et sonde les deux perles, plus impressionné depuis longtemps ; il y voit quelque chose mais avant qu'il n'ait le temps de mettre un nom dessus, il sent une main fraîche sur sa nuque et se sent attiré vers l'autre, qui a difficilement réussi à se redresser de quelques centimètres. Des lèvres douces mais trop tièdes se posent sur les siennes ; d'abord étonné, il rattrape l'autre qui fatigue et approfondit le baiser au goût légèrement métallique à cause du sang. À bout de souffle, il rouvre les yeux et voit l'ange de neige et d'ébène allongé au-dessous de lui ; une larme s'échappe des cils et tombe sur le visage de son ange.
- Baka ! Maintenant, si tu pars, je vais être encore plus malheureux…
- J'espère que j'aurais la couleur des yeux de ma mère… D'un bleu azur, comme les tiens. Tu sais, quand un membre de ma famille meurt, ses yeux reprennent la même couleur qu'à sa naissance…
- On le verra dans plusieurs années, ok ?
Dans ses bras, l'autre pâlit de plus en plus et sa température corporelle chute, Naruto frotte ses joues pour les faire rosir, sans aucun effet. Depuis qu'il a vu l'ampleur de la blessure, il sait qu'il ne peut rien faire, alors, il sert le corps contre lui pour le réchauffer, prie, écoute le silence avec anxiété. Normalement, les autres devraient arriver d'ici trois minutes. Encore trois minutes à tenir, trois minutes à ne pas se laisser aller…
- Promets-moi de me ramener… Je veux retourner chez moi…
Les mots, a priori banals, attirent franchement les larmes du blondinet et tombent sur le visage aux quelques contusions de l'autre, qui lève la main pour les essuyer.
Le soleil se cache de plus en plus derrière les nuages et ceux-ci commencent à répandre leurs flocons, comme si le sol souillé devait à nouveau être d'un blanc pur. Les corbeaux reviennent également vers leurs nids pour reprendre leur place, comme si rien ne s'était passé. Et pourtant, beaucoup de choses tues ont enfin été dévoilées…
- Naruto…
Un murmure plein de douceur.
… Pas par des mots…
Un baiser chaste.
Mais… Si tard…
Une main qui retombe lourdement.
… Tellement tard.
De nombreuses larmes rapidement essuyées du revers.
La Team Hatake, composée de Kakashi, Sakura et Lee arrive enfin, mais trop tard. Essoufflée et blessée, Sakura examine le corps, toujours tenu par Naruto, mais ne peut qu'affirmer ce qu'ils savent tous, larmes aux yeux.
La mort d'un membre de l'équipe.
L'autre groupe arrive sur les lieux et tous regardent avec douleur le corps inanimé reposant sur le linceul de neige et le visage couvert de flocons. Ironiquement, sa couleur était le blanc.
Une main légère et tremblante se pose sur l'épaule du blond… Il ne réagit pas tout de suite, mais lorsqu'il entend des sanglots soutenus et son nom entre deux hoquets, il tourne doucement la tête. La culpabilité s'ancre sur ses traits et surtout dans ses yeux et, après un silence de près de dix secondes, il s'adresse à la personne.
- Désolé, je n'ai pas réussi à le sauver, Hinata-chan…
La mort d'un ami.
- Neji… Moi aussi…, répond-il à la confession silencieuse.
La mort d'un amour.
Fin
[1] Technique du Yondaime, je ne me souviens plus du tout comment elle est appelée en français… Bref, le kunai balisé et le déplacement instantané (XD Je savais pas que Yondaime était disciple de Goku).
[2] Blessure mortelle ; terme non présent dans le manga.
Voilà, plutôt rapide (écrit entre 2h07 et 4h34 du mat', le 26.04.08) et pas très fluide (répétitions pour ne pas dévoiler l'identité du mystérieux "autre"), mais j'avais envie de l'écrire…
Alors, je suppose que vous aviez pensé à Hinata mais en fait, c'était Neji ^^
Comment ça je suis tordue ? Je suis découverte…
Neji OoC ? Nope, ou presque pas XD
Bref, écouter la bande originale d'Edward aux Mains d'Argent ne me va pas… Ni manger des Mikado au chocolat blanc en même temps, d'ailleurs.
Ciao et au prochain coup de folie ;)
Mikado