Chapitre 2CHAPITRE 2
Une ligne macabre de nuages noirs déchire le ciel, et un "Baoum !!" fait trembler la terre sous mes pieds. Des éclairs zèbrent le ciel aussitot après. La pluie, bien sûr, n'est pas longtemps en reste. En un clin d'oeil, mes vêtements s'imbibent d'eau, qui dégouline sur ma peau. Au début, je n'y prête pas attention, et Kisame non plus. Nous avisons un hotêl/restaurant sur le bord d'une route commerçante, où Kisame commande deux bières. Hey, je déteste ça ! Puis mon compagnon commence à me dévisager franchement trop intensément. Un peu génant. Et là, une petite lumière s'allume dans mon cerveau, ce qui provoque un 'tilt'. Mon tee-shirt épouse parfaitement mes formes. Et je suis une fille. Vous voyez... ? (C'est là que Kisame croit qu'Itachi est un travesti XP) Je me lève brusquement.
"Euh... Je vais me changer !", Je m'excuse d'une voix inquiète.
Puis je disparais dans l'escalier, qui mène à un couloir obscur, où je poiraute, perdue. Au bout de quelques minutes, je déniche enfin l'interupteur planqué derrière une plante verte (plutôt marronasse, quoi...), et un néont clignote faiblement, me dévoilant une série de portes toutes identiques.
"Mister Smith ?! Vous avez besoin de quelque chose ?!", M’interpelle un petit bonhomme rond et moustachu en uniforme de domestique.
Hein ? C'est à moi qu'il cause, le nain ?! Qui c'est, Mister Smith ?! Bon, il peut m'aider, alors je vais le laisser en vie... (C'est à force de se prendre pour un psycopate, ça entraine la skizophrénie) (petit clin d'oeil à Océ XP)
"Oui, mes clefs !", Je réponds en esquissant un sourire.
Mon sauveur m'ouvre, m'invite à rentrer (de toutes façons je ne vais pas rester comme une conne dans le couloir ^^), puis s'éclipse discrètement. Je ressors pour mémoriser le numéro de la chambre. 11. A savoir. Je claque la porte.
Bon. Même si c'est une chambre de mecs, je devrais bien trouver des habits à ma taille (esperons que mon frère adoré soit généreux... je sais, j'ai de l'espoir...). J'ouvre le premier placard, et commence à fouiller. Héhéhé... Je fouine dans les affaires du célèbre Itachi Uchiha ! Il n'y en a pas beaucoup qui sont encore là pour s'en vanter ! Même si ce n'est pas si palpitant que ça : un tas de tissus noirs, quoi, c'est tout... Faire du shopping ne doit pas être sa passion... dommage, ça lui irait bien...
"Oh !", Je fais en trouvant un sweet noir. C'est que, l'air de rien, il a du goût le ch'tit frère !
Qu'il est stylé ! Je le garde ! Je lui rendrai dans du papier cadeau, il ne va rien comprendre ! (et puis s'il cherche des empruntes digitales, il trouvera les siennes, comme ça il se prendra la tête et bon c'est marrant quoi...)
J'enfile le vêtement, pose mon propre haut sur le radiateur qu'une étiquette interdit de couvrir (s'il flambe ce n'est pas bien grave...), puis m'admire dans le miroir.
Mon prochain bonheur se trouve être un superbe et long manteau (plutôt effrayant, en fait...). Il pend au dos d'une chaise bancale, et dessus s'étalent des nuages rouges se dessinant sur un fond noir. Je me jette dessus, me l'approprie sans plus de manières, et jette un coup d'oeil à ma montre.
Soudain, je me fige. Comme un mauvais préssentiment. Mon corps (qui en sait plus que mon cerveau) se prétrifie d'effroi. Mon sang se glace, mon teint blêmi, mes mains deviennent moites et se mettent à trembler...
"Ah, Itachi ! T'en a mis du t... »
"T'ETAIS OU, IMBECILE ??!!!", Tonne une voix qui provoque des gouttes de sueur coulant le long de ma nuque. Au timbre identique au mien. C'est comme si je m'étais enregistrée, puis écoutée, sauf que je n'ai jamais dit ces paroles-là. Vraiment bizarre, comme sensation...
"Mais... Je n'ai pas bougé ! », Se défend le pauvre Kisame, complètement perdu.
"Ecoute Kisame, menace mon frère (oh comme ce simple mot prend d'un coup un sens tout à fait nouveau...) d'une voix vibrante de rage contenue, qui limite fait s’ébranler le bâtiment, Tu as disparu pendant une heure et demi... Tu vis ta vie, ok, mais... »
Je ne peux en écouter plus. Tais-toi !!! TAIS-TOI!!! Bizzarement, j'ai envie de descendre le saluer, juste pour le voir une fois dans ma vie. C’est vrai que je vis dans son ombre, dailleurs je suis comme tel. Ce serait interessant de le rencontrer juste une fois…
J’arrête de délirer, et cherche vite un échapatoire. J’aurais bien assez d’occasions de me faire tuer par fraticide involontaire (ben oui, il ne sait pas que je suis sa sœur…) au cours de ma vie palpitante.
Je tourne un moment dans la chambre comme un animal pris au piège, quand Kisame a un temps d’arrêt. Gros blanc dans la salle du rez de chaussée. Les cervelles, elles, pfuiiit !! Pas en mon avantage, si vous voyez ce que je veux dire…
Ca se corse !! Il faut vraiment que je sorte d’ici ! Mais, vu qu’inconsciemment je mets de la mauvaise volonté, je ne suis pas très efficace… Je me précipite sur la fenêtre. Trop haut, je vais me casser quelque chose.
Affolée, je tente de rassembler le peu de neurones qui me restent pour réfléchir, mais les battements de mon cœur m’en empêchent. Je ne peux pas descendre, ils vont me cueillir ! Pourtant c’est la seule porte de sortie ! Non, il y en a toujours d’autres en cas d’incendie.
Je sors dans le couloir, respirant difficilement. Toutes les portes sont fermées, et le couloir se termine en cul de sac. Ma panique s’acroisse. Alors je tente de me rassurer. De toutes façons, c’est tout frère, il ne doit pas être si terrible que ça… Ok, aucun rapport, oubliez.
« … Dans la chambre. », Finit Kisame.
Itachi se précipite dans l’escalier, aussi discret qu’un troupeau d’éléphant. J’ordonne à mes jambes de COURIR (et non pas se trainer comme une limace en grimaçant de douleur à cause de la lourdeur soudaine de mes muscles qui auraient pris un peu de vacances) vers la première porte. Ok. Clic ! Je la ferme à clef. Mais dommage, c’est la 11. Vraiment bête. Vraiment. Vraim...
Me cacher. Où ? OU ?!!!
Mais je n’ai plus de temps pour réagir. Lentement, je porte ma main à mon cœur, comme pour en calmer les battements franchement irréguliers. Furieux, Itachi, mon frère, avec lequel j’ai passé maximum neuf mois (oui, dans le ventre de notre mère), apparaît dans la chambranle de la porte. Evidemment parfaitement calme (comme à son habitude). Peut être qu’en apparence, mais en apparence quand même, et ça ne me rassure pas. Loin de là. Ma première pensée de mon cerveaunormalement identique au sien, est que j’avais pourtant fermé la porte à clef. La porte ? Laquelle ? Ah, le tas de débris, là ! Ma deuxième, surement un peu plus réveillée, était : ne chancèle pas ! Imite-le comme tu t’amuse si bien à le faire !! Ouais, ok. Pas gagné.
J’ai souvent imaginé notre rencontre, en belle gamine que je suis. Mais toujours dans l’hypothèse qu’il est au courant de notre lien fraternel. Il y a la version émouvante, l’indifférente, la longue qui s’éternise, la muette où la gène prend le dessus, etc, etc. Et la réaliste. La plus courte. Votez.
« Qui es-tu ?! », lâche-t-il après m’avoir détaillé.
« … » Belle réplique héroïque et légendaire, hein ?!
« Une métamorphose parfaite… Même un ninja du rang de Kisame ou le mien ne le perçoit pas… », examine-t-il.
Ah ouais, tiens, une métamorphose. Bonne idée. Je n’y avais pas pensé.
« Tu dois être puissant… », parviens-t-il à dire, cet abruti, alors que je ne suis pas THE modèle de sérénité, de calme, du mec-qui-maitrise-la-situation-tout-baigne-pas-de-problèmes. Un exemple parmis d’autres : rien que sa voix me donne des frissons, alors du coup le sens de ces paroles me vient au ralenti, une seconde plus tard. Très con, je sais.
Bon, tout se passe bien ! Grâce à mon frère adoré ! Moi je n’ai pas ouvert la bouche (enfin si, peut être, mais sans son quoi, comme un poisson hors de l’eau, faudrait que je pense à la refermer), et :
1. Une métamorphose, c’est génial, ça évite des questions familiales.
2. Moi, forte ? Puissante ? Okay, pas de problèmes, ça me convient.
« Je répète : Qui es-tu ? », répète-t-il sèchement, en détachant bien chaque mot d’un ton menaçant.
« Euh…, je parviens à articuler (c’est déjà un bon début), Mrs. Smith. »
Et ouais, j’ai de l’humour ! S’il prend un faux nom, moi aussi, tiens ! …Chtac ! Un truc gris. Enfin, peut être que j’hallucine, parce que c’était vachement rapide. Une goutte de sang coule le long de mon bras. Suivie d’autres. Ah bah non, c’était réel.
Bon, il ne partage pas mon humour. Première dispute fraternelle ! Il paraît que c’est fréquent entre frères et sœurs. Jalousie. Enfin, quand il s’agit d’un psyco contre une skizo, ça peut devenir un peu dangereux, certes. Conclusion : Filons ! Je sors de ma poche une bille orangée, en apparence innocente, objet hyper pratique de mon invention, et la jette aux pieds de mon frère sans une seconde d’hésitation.
La bombe version miniature explose dans un sifflement suraigu à vous arracher les tympans, et une épaisse fumée âcre se répend dans la pièce en moins temps qu’il ne faut pour le dire. Ca y est, on ne voit pas à dix centimètres. Pratique, vraiment.
Seulement, Itachi est rapide. Très. Je sens son manteau effleurer mon bras ensanglanté, et, paniquée, effectue un grand pas silencieux sur la droite.
Autre option de mon gadjet : à certains endroits, la fumée est plus épaisse, formant ainsi de vagues silouette (en plus, en la créant, je n’ai même pas fait exprès !). Itachi en voit une vers la fenêtre, et se précipite. Il se penche au balcon, et je devine à son juron qu’il me croit déjà loin.
Je me faufile par la porte, et me retrouve affolée dans ce couloir sobre. Kisame en bas, Itachi dans la chambre. Moi aussi je vous aime !!
Je cours au bout du couloir. Cul de sac, evidemment. Soudain une porte s’ouvre sur ma gauche, et la 11 une seconde plus tard.