Retour
Chapitre 5
Retour

Puis, soudain, plus rien. Seul le vent continuait de me torturer les tympans. Un noir intense remplaçait la falaise, le ciel chargé de nuages gris, la silouettes lontaine d'Agathe. Un rien béant, aussi mystérieux et attirant que l'imcompréhensible. Aussi puissant que le silence. Et lentement, un décor se redessina. Il y eut d'abord l'ouïe : des vivas, des éclats de rires, des bavardages. Des grattements de stylos, des bruissements de feuilles, des chocs mettaliques de matériaux scolaires. La vue seconda : une salle remplie de bureaux alignés, auquels s'ajoutaient des chaises, et dessus des élèves. En troisième vint le toucher : le contact dur de la table, la chaise sous mes fesses, mes cheveux carressant ma nuque... L'odorat, plus subtil, me révéla le doux parfum aux inombrables arômes du printemps. Et, enfin, ma bouche avait le goût rare et fier de la victoire. En face de moi se tenait M. Combernoux, avec ma copie. Un formidable et époustouflant 20 se casait sagement dans le cartouche. Dommage, il n'y avait pas trace de chocolat... Mon extase perdit de son ampleur lorsque je remarquai la place vide à ma gauche. Je me retournai brusquement. Océane, une autre amie, jubilait devant sa copie excellente. Son sourire se cripsa quand elle m'aperçut aussi inquiète et perdue.
« Où est Agathe ?! », demandai-je en l'agressant à moitié.
« Je n'sais pas, moi !! », se défendit-elle en reculant. Puis, en avisant la chaise vide derrière celle d'Agathe, elle ajouta : « Peut-être que le bus de Levis a eu un accident... »

Dans ma stupeur, je n'avais pas remarqué l'abscence de Marine, qui habitait à deux maisons d'Agathe. L'hypothèse du bus ne me rassura pas pour autant, et quand, enfin, la sonnerie retentit, je me ruai vers la sortie.

« N'empêche, on dirait une sonnerie de gare... Hé! Louise! Tu vas louper ton train ?! », s'exclama Océane en s'effaçant pour me laisser passer.

Lorsque, cinq minutes plus tard, elle descendit dans la cour en supportant avec peine son sac et le mien (dans ma précipitation, je l'avais oublié), je pianotai sur la cabine téléphonique. Elle m'y rejoignit en soupirant, ignora mes yeux effarés, et s'interéssa à ma discussion.

« T'appelles qui ? », questionna-t-elle.
« Tais-toi... Euh oui, bonjour, je peux parler à Marine s'il te plaît ? »

Silence. Stupéfaction. Bredouillages incohérents. Au revoir et merci.
Je lâchai le combinet, et m'écroulai par terre. Je ne parvenais pas à me réjouir de mon retour sur ma bonne vieille Terre, dans ma brave et fidèle France, avec mes gentils et normaux camarades. Je m'inquiétais pour Agathe. Je ne voulais pas chercher à comprendre ce voyage spatio temporelle, seulement que ma vie continue comme si de rien n'était. Et si ma meilleure amie est condamnée pour le restant de ces jours à devenir ninja et à vivre sans Tokio Hotel, ma vie changerait complètement.

« Lou, ça va ? Qu'est ce qui se passe ? », s'inquiéta Océane.
« Oh, rien, soupirai-je, Marine n'est pas chez elle. Sa mère ne pige rien et dit qu'elle l'a emmenée au collège, elle et Agathe, en voiture ce matin. Elle va appeler l'intendance. »
« Hein ? Elles sèchent sans nous, ces traitresses ?!! », s'ingurgita-t-elle.

Puis elle orienta la discussion sur mon nouveau sac. Elle voudrait le même. Qu'elle se l'achète. Je l'écoutai d'une oreille distraite, essayant vainement de rassembler mes pensées qui fusaient ça et là dans mon esprit. Au bout d'un moment relativement long, je tiltai enfin :

« Mon sac ? Quel sac ? », réagis-je un peu en retard.
« Euh... Je te parlai du contrôle de français, là... »

Effarée, je cherchai mon sac des yeux. Celui qu'Agathe m'avait offert l'année dernière, noir uni, au rabat déchiré. Celui customisé par ennui en cours de maths, lorsque le théorème de Pythagore se transformait en berceuse-charabia, où des collines du film « Le Merveilleux Noël de M. Jack'' cotoyaient des Beatles, où des Aaron Lewis chantaient dans le micro de Breaking Benjamin, où des mots remplis de tendresse devenaient baveux car il avait plu sur un blanco tout frais, où... Bref. De toutes façons, la besace sous mes fesses arborait un bleu électrique zébré de rouge, l'ancienne de ma grande soeur, avec la fermeture éclair pétée.

« Et merde ! Ma besace est restée sur la falaise ! Pourvue qu'Agathe pense à la prendre ! », m'écriai-je.
« Kékiya ?, lâcha Océ, Quelle falaise ? Agathe tente l'escalade ? Elle qui préfèrerait mettre les habits de Tom pour ne pas pouvoir grimper n'importe quel mur ?! »
« Aaaaaaaaah, hurlai-je en me rendant compte de la plus importante des gaffes du siècle, Et si Sasuke trouve les ''Naruto'', il va dire quoi ?? J'imagine déjà sa tête... »
« C'est sûr, ce serait marrant... Pourquoi, t'écris une fanfic sur Naruto ? », déduis Océ.

Je ne vis pas le reste de la journée défiler. Plusieurs professeurs s'inquiétèrent de mo hibernation, mais tous avec humour. Sauf Mme Olivier, bien sûr, qui m'envoya dormir à l'infirmerie après avoir inscrit un zéro en oral dans sa chère et célèbre grille de comportement. Trois bruits successifs me sortir de ma torpeur. Un ding, un autre, puis un dong. La sonnerie de 17 heures. Déjà ?! Je traînai les pieds d'une démarche en zigzag, sur le chemin que je connaissais si bien, qui me ramènerai devant chez moi... jusqu'à ma chambre. Je n'avaias pas hâte d'en arriver là. Ces dix minutes me paraissaient bien trop courtes.

« Hé! Louise! », m'appella une voix essouflée.

Je me retournai : Jennifer accourait à ma rencontre.

« Ah, salut Jenny ! », l'acueillai-je dans l'ombre d'un sourire.
« Encore deux mois de cours ! C'est horrible ! Je ne tiendrai pas jusque là ! », souria-t-elle en mimant une fatigue excessive.
« C... Comment ?, m'étonnai-je, On est le combien, là ? »
« Been... le 12 avril, je crois. », répondit-elle.

Je la plantai là, et reprit mon chemin, complètement abasourdie. Mon départ remontait à
mi-mars, et seulement deux jours étaient passée à Yuukan. A ce rythme là, je vais rapidement devenir vieille ! J'accelerai le pas, les yeux baissée et les cheveux dans la figure. Noyée dans un brouillard de pensées confuses, je me détachai peu à peu de la réalité. J'oubliai que je marchai dans la rue, sur un trottoir, quelque part en France. Alors quand mes pieds se décalèrent vers la droite, je continuai sans prêter attentions aux hurlements de deux passants. Le klaxon m'apparut à trvers une brume épaisse, un élément insignifiant et sans importance. Les crissements de pneus non plus ne purent m'avertir, mais la lumière aveuglante des phares m'éblouit tellement que, d'un coup, je comprit la situation. Bien trop tard.


Ce chapitre provient de Les fanfictions (fanfic ou fanfiction) de Fanfic FR
http://www.fanfic-fr.net

L'URL de ce chapitre est:
http://www.fanfic-fr.net/fanfics/Animes-Mangas/N/Naruto/Celles-pour-qui-les-frontières-n-existent-pas/15300/77639.html