A l'aube

Note de l’auteur : J’espère que vous ne serez pas découragés par la longueur du chapitre, j’ai essayé d’introduire l’histoire pour ne pas avoir de problèmes pour la développer ensuite ;)

 

Bonne lecture à tous

Et si le cœur vous en dis, que vous ayez aimé ou non… un petit commentaire fait toujours plaisir :)

 

-Ngl

 

 

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Absolution

 

Chapitre 1 : A l’aube

 

 

Elle avait eut désespérément froid ce soir.

Ses couvertures semblaient glacer sa peau aussi sûrement que son cœur se contractait douloureusement à la pensée qu’il dormait à quelques mètres d’elle. Elle passa une main fatiguée et fébrile sur son visage puis se redressa, finissant par fixer la ciel sombre à travers la fenêtre entrouverte. Elle se laissa happer une seconde par l’immensité qui s’étendait bien au delà puis secoua la tête, comme pour chasser des pensées étranges. Elle ne sut pas exactement comment elle était sortit de son lit, avait posé le pied à terre, traversé la pièce d’une démarche incertaine… mais elle était finalement arrivée devant une porte. La porte qui séparait leurs deux chambres, et qu’elle hésitait à franchir. Elle posa la main sur la poignée, incapable de donner une raison à ses actes comme si elle vivait un rêve éveillé, puis la tourna lentement. La porte s’ouvrit sans un bruit.

 

La vérité était tellement simple… elle ne pouvait pas supporter une nuit de plus sans le sentir avec elle, contre elle, et oublier tout ce qui n’était pas lui. Trop longtemps qu’ils jouaient, trop longtemps qu’ils n’avaient pas le courage de se regarder en face, l’égoïsme de ne penser qu’à eux, la force d’oublier le passé.

Lorsqu’elle releva les yeux, une mine surprise se peignit sur son visage alors qu’il se tenait devant elle, la main levée comme si il s’apprêtait à ouvrir la porte, une seconde à peine après elle. Elle n’eut pas la force de se poser de questions, ni de se demander si ce qu’elle allait était moral ou non. Dans le même mouvement d’attirance, ils se rapprochèrent l’un de l’autre et se lièrent dans un baiser passionné. Elle avait l’impression de revivre, de sentir un souffle brûlant parcourir ses veines et faire battre son cœur plus fort. Se sentir si réelle, si vivante… lui seul pouvait lui faire ressentir ça, elle le savait.

Enlacés, caressant déjà le corps de l’autre comme si ils allaient devoir se séparer dans la seconde, ils se déplacèrent jusqu’au lit et bientôt elle sentit le tissu rugueux d’un drap froissé contre son dos.

 

Comment pouvait-on désirer quelqu’un au point de trahir tous ceux qui comptaient réellement ? Comment pouvait-on embrasser un assassin, un monstre ? Comment pouvait-on se ficher éperdument de tout, une fois ses lèvres prises ?

Il fit glisser les rares vêtements qu’elle portait, embrassant chaque parcelle de sa peau avec ardeur. Lentement, il passa sa main dans les cheveux de la jeune femme et en retira un bandeau bleu sombre, qu’il lança ensuite à terre. Elle rouvrit les yeux et le regarda, dans la semi obscurité, d’un air étrange où se mêlaient des sentiments contradictoires. A son tour, elle retira le bandeau qui bardait son front et le laissa tomber à terre. Leur identité effacée pour quelques heures, ils reprirent leurs caresses, peut être plus désespérées à présent qu’ils savaient la réalité proche.

Ils restèrent l’un contre l’autre bien après leur étreinte, jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Ouvrant doucement les yeux, elle sentit une délicieuse chaleur parcourir son corps à la pensée de la nuit précédente, et au contact du corps avec qui elle était enlacée. Les draps cachaient partiellement leurs corps, et l’empêchaient accessoirement de bouger. Une main sur le torse de son amant, elle regarda son visage avec tristesse, et une larme s’échappa de ses yeux qu’elle ferma aussitôt.

 

Malgré toutes les bonnes résolutions, malgré les arguments indéniables qui l’éloignaient de cet être, elle n’eut pas le courage de faire le moindre geste pour s’en aller. Alors que tellement de choses l’attendaient au dehors, elle n’arrivait à se résigner à le quitter. Lorsque enfin, prenant une grande inspiration, les yeux toujours clos, elle se redressa, une main se glissa dans son dos pour la retenir. Elle ne résista pas et se laissa aller à son étreinte. Il ouvrit les yeux et tourna la tête vers la fenêtre où le soleil avait commencé d’apparaître, encore rougeoyant.

 

_ Déjà, dit-il simplement, une lueur de regret dans ses yeux, d’un dur rouge sombre.

 

Elle acquiesça en silence, et bientôt il sentit des larmes brûlantes mouiller son torse à l’endroit où elle avait reposé sa tête. Il ramena sa main, auparavant logée dans le creux des reins découverts de la jeune femme, jusque dans ses cheveux qu’il caressa tendrement.

 

_ Tu n’es pas heureuse d’être libre ? , demanda t-il d’une voix à peine audible, à laquelle elle répondit par un murmure tout aussi étranglé.

 

_ Pourquoi le serais-je ?

 

_ Ta vie est là bas… toute tracée… parfaite, répondit-il pensivement sans arrêter ses caresses rassurantes.

 

_ Si tout est comme il faut, alors pourquoi… pourquoi est-ce que je veux mourir ?

 

Vieille habitude tenace de toujours dire ce qu’elle pensait, sans jamais tergiverser, particulièrement lorsqu’il s’agissait de ses sentiments. Il fronçant imperceptiblement les sourcils et réfléchit quelques secondes. Inconsciemment, elle s’était plus encore blottie contre lui.

 

_ Tu es perdue, c’est tout.

_ Non.

_ Avec le temps, tu oublieras.

_ Non, répéta t-elle plus fort, avec cette voix déterminée qu’il lui connaissait si bien.

_ Cesses de me contredire.

_ Alors cesses de dires des idioties.

 

Il sourit. Un sourire à peine visible qu’elle sentit, et qui se dessina sur ses propres lèvres.

 

_ A notre prochaine rencontre, nous serons peut être ennemis, murmura t-elle lentement, détachant les syllabes du dernier mot avec douleur, espérant qu’il la contredirait.

_ Sans doute.

_ Alors je veux savoir une chose…

 

Elle le fixa, aussi désespérée que pouvait l’être une femme dont on retirait sadiquement le bonheur dès qu’elle s’en approchait.

 

_ …Est-ce que tu m’avais embrassé ?

 

Combien de fois lui avait-elle posé cette question, avec hargne, passion, rage parfois ? Il n’en savait rien, mais la vision de tous ces moments lui revint en mémoire subitement et effaça la réalité un court instant. Il fit mine de réfléchir, puis se dit qu’il était peut être temps de lui donner la réponse qu’elle attendait, stoppant ainsi le jeu qui les avait conduit jusqu’ici.

 

 

Un an plus tôt :

 

Le dernier des Ushiha, Sasuke, était revenu depuis bientôt deux mois dans le paisible village de Konoha. Il avait tué Oroshimaru mais laissé la vengeance de son frère en suspens, lassé de ne trouver aucune trace de lui nul part. Même si sa haine n’était pas apaisée, il savait que des années pouvaient s’écouler avant qu’il ne retrouve Itachi, et il lui fallait exploiter le pouvoir qu’il avait obtenu auprès du serpent dans la tranquillité. Bien sûr, jamais il n’avouerait que l’affection l’avait ramené ici plus sûrement que son désir de perfection.

 

Mais cinq ans s’étaient écoulés depuis son départ, et tout avait beaucoup changé. Excepté Naruto bien sûr… qui ne mis que quelques minutes à le pardonner, avant de proposer une tournée générale de ramens. En échange d’informations précieuses sur leurs ennemis, Tsunade le pardonna à moitié et lui fournit une habitation modeste un peu à l’écart du village, acceptant son retour. Sasuke n’avait revu Sakura que quelques jours plus tard, lorsqu’elle rentra d’une mission. Le moment des retrouvailles était resté gravé en lui, avec autant de dureté que le regard de son ancienne coéquipière.

 

 

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Assis près de l’entrée, Sasuke avait vue une forme se détacher de la forêt et avancer difficilement vers le village. Il s’était levé, prêt à apporter son aide si besoin était. Il se rapprocha, mais s’arrêta brusquement en comprenant l’identité de l’inconnu. Inconnue dont le regard fatigué se durcit avec rage dès qu’elle l’aperçut.

 

Sakura paraissait mal en point, à bout de force même, mais cela ne l’empêcha pas de se tenir droite et fière devant l’Ushiha qui lui inspirait rancœur et rage. Elle avait porté sa main droite à son épaule d’où filtrait une blessure qu’il devinait douloureuse, probablement due à un kunaï. Son visage présentait divers hématomes plus ou moins graves, sa lèvre saignait, et elle avait boité de la jambe droite en arrivant jusque là. De sa main libre, elle tenait encore un fin kunaï ensanglanté. Ainsi stoïque, désespérément fière, elle le fixa avant de briser le silence d’une voix monocorde.

 

_ Si Naruto ne m’avait pas prévenu avant, j’aurais presque été étonnée.

_ Je suis revenu, mais pas définitivement, crut bon de préciser Sasuke.

 

Elle haussa les épaules, grimaça faiblement en ravivant la douleur de sa plaie, et recommença à marcher.

 

_ Quelle importance, souffla t-elle en passant près de lui, d’une voix glaciale.

 

Etonnement, regret peut être, passés, il se retourna et attrapa son bras pour qu’elle s’arrête. Ce qu’elle fit, avant de tourner la tête sur le côté, pour lui signifier qu’elle écoutait.

 

_ Tu veux de l’aide ?

_ …Tu me fais mal.

 

Abasourdi, il relâcha sa faible prise et elle repartit aussi dignement qu’elle était venue. Il l’observa alors qu’elle atteignait les portes de Konoha, sans bouger, le regard inexpressif. Elle avait laissé pousser ses cheveux, qui descendaient à présent en cascade jusqu’à ses reins, et son corps s’était nettement transformé, affiné. Mais ce regard… ce regard là il ne lui avait jamais vu, n’aurait jamais pu l’imaginer. Elle lui en voulait d’être parti, certainement. Parce qu’elle l’aimait et qu’il l’avait abandonné… et l’aimait t-elle encore ? Où étaient les « sasuke-kun » à tout va si c’était le cas ?

 

 

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Remise de ses blessures, dues à une embuscade de renégats, comme l’apprit plus tard Sasuke, Sakura resta longtemps discrète, pratiquement introuvable dans le village. Elle partait s’entraîner dans la forêt et ne revenait que tard le soir, mangeait rapidement et disparaissait à nouveau le lendemain, avant l’aube parfois.

Naruto, avec qui elle vivait depuis un an déjà, s’était d’abord tut face au comportement de son amie. Mais un matin, alors qu’elle s’en allait discrètement, il la retint, se mettant entre elle et la porte de l’appartement.

 

_ Il faut qu’on parle.

 

D’abord surprise par cette attitude plus qu’étrange de la part du blond, Sakura avant froncé les sourcils puis déposé calmement le sac qu’elle avait prit, signe qu’elle l’écoutait.

 

_ A propos ?

 

Naruto lui fit signe de s’asseoir, avec un sérieux qu’il n’avait que rarement ; elle s’exécuta, pourtant sur la défensive.

Dehors, Sasuke avait pensé venir rendre visite à son ancien coéquipier… visite de courtoisie dirons nous, puisqu’il avait inconsciemment espéré réussir à arriver avant le départ de la fleur de cerisier. Il allait frapper à la porte lorsqu’il entendit des voix, qu’il identifia rapidement. Sans savoir pourquoi, il ne signala pas sa présence et écouta plus attentivement. Le sec « A propos ? » de Sakura lui parvint distinctement mais il s’approcha un peu plus, pour s’assurer d’entendre la suite.

 

_ Ça fait un mois qu’on ne te voit pratiquement plus… et curieusement, ça correspond avec le retour de Sasuke.

_ Vraiment ?

_ Arrête de faire l’innocente. C’est lui que tu évites ?

_ Je n’ai pas de comptes à te rendre blondinet.

 

Il n’était pas difficile d’imaginer Sakura lui sourire pour le décontenancer, et lui essayer de garder son sérieux. Ce dernier soupira et vint s’asseoir sur la chaise à côté de la ninja.

 

_ Si tu me disais ce qu’il y a, on pourrait…

_ Puisque je te dis qu’il n’y a rien !

_ Je te connais… le retour de Sasuke t’as touché plus que tu ne veux le montrer.

_ Tsunade n’aurait jamais dû lui pardonner. C’est un traître, déclara t-elle d’une voix dure.

_ Tu lui en veut tellement d’être parti ?

 

Un long silence s’en suivit, et la voix de la jeune femme trembla légèrement lorsqu’elle lui répondit finalement.

 

_ Je lui en veux de n’avoir rien éprouvé lorsqu’il l’a fait.

 

Naruto posa une main sur le bras de la jeune femme, qu’elle retira brutalement avant de lui lancer un regard lourd de reproches qui le surprit.

 

_ Et toi, tu l’as pardonné sans hésitation. Il a fui pendant trois ans, sans penser une seule seconde à ce qui pouvait nous arriver ! Qui sait quelles horreurs il a pu perpétrer au nom de sa sacro sainte vengeance ! Et aujourd’hui, il revient, non pas pour nous, mais pour s’entraîner ! Si tu ne l’as pas vu, c’est que tu es aveugle.

 

Sa voix devint moins forte, plus amère.

 

_ Il est loin d’avoir abandonné sa quête du meurtre de son frère, bien au contraire. Il se fiche de nous, ce que qu’on peux ressentir… je le hais. Si Tsunade ne l’avait pas pardonné, si elle avait ordonné son exécution, j’aurais été la première à lui porter le coup mortel.

 

Il écouta ses explications sans intervenir, sachant que derrière la colère se cachait une tristesse qu’elle contenait depuis maintenant trois ans.

Après le départ de Sasuke, pas une fois elle n’avait pleuré, hurlé, montré sa détresse ou son amertume. Lorsqu’elle s’était réveillée sur le banc après le départ de Sasuke, elle s’était fait la dure promesse de ne plus jamais verser une larme pour un Ushiha, de devenir plus forte… et de ne jamais plus laisser personne lui faire du mal.

 

A présent, Naruto la regardait étrangement. Partagé entre la peine et la déception de la voir céder à la colère, il prit cette fois sa main sans la sienne, doucement. Elle ne le repoussa pas, mais détourna le regard.

 

_ Il avait toujours vécu seul, sans attache. Faire parti d’une équipe a dû plus le remuer que tu ne le crois. La seule chose qui a réussi à le faire tenir toutes ces années et ne pas sombrer, c’était de venger le meurtre de sa famille. Et même si il a fait une erreur en projetant toute sa haine sur son frère, c’est ce qui l’a gardé en vie. Lui demander de renoncer à ça, c’était le condamner. Détrompes toi, moi aussi je lui en ai voulu, mais toi comme moi nous n’avons aucune idée de ce qu’il a vécu.

 

Elle leva les yeux, et vit face à elle un jeune homme qui avait mûri soudainement. Il n’était plus le petit blond surexcité, mais le futur Hokage. Cette pensée, curieusement, lui mit du baume au cœur. Au moins l’un d’entre eux s’en sortirait.

De l’autre côté de la porte, Sasuke ne montrait aucun sentiment, mais sa main se contractait pour former un poing et son regard se durcit douloureusement.

 

_ Et lui, est-ce qu’il a une idée ce que NOUS avons vécu ?

_ Sakura…

 

L’inflexion douce et apaisante de la voix de Naruto sembla faire flancher la jeune femme un instant, qui se reprit pourtant.

 

_ Tsunade-sama m’a proposé une mission… une longue mission. Un village isolé a besoin d’une medic-nin pour une durée indéterminée. Je vais accepter.

_ Pour t’éloigner de lui ?

_ Pour me rendre utile.

_ Arrête d’être aussi buté !

_ Alors arrête d’être aussi naïf !

 

Elle se releva brutalement et prit rapidement ses affaires sans lui lancer un regard, furieuse. Mais arrivée près de la porte, elle s’arrêta brusquement, comme si elle avait reçu un coup. Elle revint sur ses pas, jusqu’à Naruto, et le prit doucement dans ses bras. Sur le coup de la surprise, celui-ci ne réagit pas de tout de suite, mais il comprit bientôt qu’elle partirait sans lui dire au revoir.

 

_ Naruto…

 

Sa voix n’était qu’un souffle douloureux qu’il entendit à peine, mais qui lui réchauffa le cœur, au moins autant que les paroles qui suivirent.

 

_ Merci d’avoir été là… tout ce temps.

 

Le temps qu’il comprenne que ce n’était pas un rêve, elle avait disparu. Il se rendit compte alors, sans qu’elle ait eut besoin de lui dire, qu’elle partirait le jour même. Pour s’éloigner, oublier… guérir peut être.

 

 

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Note de fin : J’espère pouvoir rapidement poster la suite, mais j’espère que ce petit début vous a plu et qu’il était compréhensible.

 

Amicalement

-Ngl

 

 


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