L'éternelle Cité des Héros

Evangelion : H.I.F

 

Par Smog ShadowSeth

 

Genre : continuation.

 

Chapitre 4 / : L'éternelle cité des héros/Pilot Necropolis.

 

 

 

Une semaine s’était écoulée depuis le premier test de synchronisation, semaine durant laquelle Shinji dû en faire tellement d’autres qu’il ne les comptait plus. Mais à part ces tests et faire connaissance avec les membres de son clan, il n’avait pas grand-chose à faire ; il ne pouvait pas encore participer aux séances d’entraînement sur simulateur, son Eva n’étant pas encore tout à fait ajustée pour cette utilisation, étant donné que la        simulation se déroulait directement à partir des plugs des Eva.

 

Aujourd’hui, c’était un jour de repos, et Shinji en avait profité pour demander à Frederik de lui faire visiter un endroit spécial. Ce n’était pas encore l’heure ; et pour patienter, il faisait ce qu’il avait fait depuis une semaine lorsqu’il était seul : il observait et ré observait lentement sous tous les angles son vieil SDAT. Son lecteur faisait partie des affaires contenues dans la malle qui l’avait accompagné dans son voyage temporel.

 

A l’intérieur, Shinji y avait trouvé nombre de souvenirs de l’époque qu’il avait quitté, principalement des documents écrits comme une copie d’un journal qu’avait apparemment tenu Misato durant son séjour à la NERV, et des photos. Parmi ces dernières se trouvaient celles qu’ils avaient faites avec sa gardienne et ses camarades, mais plus surprenant encore, il y en avait une qui montrait son père, sa mère et lui, tout bébé. Cette photo lui avait d’ailleurs valu une demi journée complète de quasi aphasie tellement il en avait été ému. Son père lui avait pourtant affirmé qu’il avait tout brûlé…

Il n’avait pas exploré davantage le contenu de cette paperasse jaunie depuis qu’il y avait déniché son baladeur. Il avait bien tenté de le faire marcher avec les batteries qui étaient encore à l’intérieur, mais elles n’avaient pas survécu à deux siècles d’inactivité.

 

La sonnette retenti, et Shinji abandonna la contemplation de son vieux baladeur pour aller ouvrir. Il fût surpris de trouver Frederik sur le palier.

 

« Le boulot que j’avais prévu de faire avec Clara a été plus court que prévu. » expliqua-t-il au Third Child en entrant, « Alors en attendant de partir, je suis venu taper la causette… »

 

« On ne peut pas y aller tout de suite ? » demanda Shinji.

 

« T’es si pressé que ça d’y aller ? » répondit ironiquement le lieutenant du clan Océan, « En fait, Clara voudrait nous accompagner, mais comme elle a été appelée par certains membres pour des problèmes mineurs, elle ne sera pas dispo avant une bonne demi-heure au moins… »

 

Shinji invita Frederik à passer dans le petit salon, où se trouvait le SDAT, posé sur un fauteuil. Frederik ne manqua pas de le remarquer.

 

« C’était dans tes affaires ? » demanda-t-il en s’emparant délicatement de l’engin.

 

« Oui. Fait attention… » répondit Shinji, légèrement inquiet.

 

« ‘Tain, il a pas l’air d’être trop amoché malgré l’âge… » ajouta Frederik en observant la chose sous tous les angles, « Il marche pas encore, tout de même ? »

 

« Non… J’aimerais bien le faire réparer… »

 

« Le réparer ? Hum, je suis pas un spécialiste, mais je sais pas si ce sera possible… A moins que… »

 

« Que ? »

 

Frederik reposa le baladeur sur le fauteuil.

 

« Je t’ai déjà parlé du clan Kumo *, non ? »

 

« Oui… c’est celui qui est toujours derrière vous et RedStorm, c’est ça ? »

 

« Exact. Et arrête de dire « vous » quand tu parles des Océans, tu en fais partie maintenant. Bon, je t’ai déjà parlé de Minoru, le chef des Kumo ? »

 

« Vaguement… »

 

Frederik lui donna alors plus de précisions. Il avait un an de moins qu’eux et n’était pas très causant, mais il était sans conteste un excellent chef de clan, en plus d’avoir un petit faible pour les araignées et tout ce qui touchait au domaine informatique et électronique. S’ils allaient le voir, peut-être pourrait-il faire quelque chose pour le SDAT… Et cela donnerait l’occasion à Shinji de le connaître.

 

Ils sortirent donc de l’appartement du Third Child, ce dernier tenant délicatement le baladeur à cassette entre ses mains. Frederik le guida dans le complexe résidentiel jusqu'à l’habitation du chef des Kumo.

Frederik y sonna, et un jeune garçon faisant une bonne tête de moins que lui leur ouvrit. Le lieutenant des Océan le salua et lui exposa brièvement la raison de leur venue, tout en présentant Shinji.

 

« Alors c’est toi le fameux Third Child… » fit le dénommé Minoru d’un ton neutre en toisant Shinji de son regard sombre, avant de les inviter à entrer.

 

Extérieurement, ce garçon ne payait pas de mine. Petit car moins âgé qu’eux, des cheveux noirs épais et pas vraiment bien coiffés, plutôt frêle et doté d’une voix plutôt grave pour son âge qui s’accordait à la perfection à son regard pessimiste.

Shinji sursauta lorsqu’il remarqua un autre détail : une araignée grosse comme son poing était tranquillement posée sur l’épaule de Minoru, agitant mollement ses mandibules.

 

« Ah, elle ? » fit le chef des Kumo en tapotant du doigt l’abdomen de l’arachnide, « C’est Octo ; mon araignée apprivoisée. »

 

« Je t’avais bien dis qu’il était accro des araignées… » glissa discrètement Frederik à l’oreille de Shinji.

 

« A qui est-ce que tu présentes ton petit monstre, Minoru ? » demanda une voix masculine provenant du fond de l’appartement.

 

« Au Third Child, » répondit l’intéressé. « D’ailleurs tu pourrais venir te fendre d’un bonjour au lieu de rester cloîtré dans le labo. »

 

Le bruit de plusieurs objets  subitement renversés se fit entendre, suivit rapidement par l’apparition d’un second adolescent dans le couloir.

 

« Désolé… » fit celui-ci en se grattant le coin de la bouche. «  Je ne pensais pas que de modestes bricoleurs comme nous pourraient recevoir une visite de cette importance… »

 

Il se révélait au fur et à mesure qu’il avançait vers les trois autres garçons. De taille et de corpulence comparable à Frederik, il se démarquait par son allure décontractée et son regard direct. Sa tenue vestimentaire se composait de l’uniforme des pilotes teint d’un bleu criard, d’un bandeau rouge visible sur tout le pourtour de son crâne au milieu de sa chevelure noire et dense.

 

« Rey Azrael, lieutenant des Kumo pour te servir. » fit-il ironiquement en tendant la main à Shinji, que ce dernier serra après un moment d’hésitation.

 

« Pas la peine de faire cette tête, je mord pas ! » fit Rey amusé par l’attitude du Third, « Alors, qu’est ce qui t’amène ici ? »

 

« Ca. » lui répondit Minoru en lui présentant le SDAT, « Il voudrait le remettre en état de marche. »

 

Rey se mit à examiner l’engin en plaisantant sur sa vétusté. Puis, prenant un air un peu plus sérieux, il demanda à Shinji ce qu’il voulait exactement conserver.

 

« Parce que tu vois, » expliqua-t-il, « le lecteur, à supposer qu’il puisse encore marcher, vu son âge il risque de foutre en l’air le contenu de la bande pour peu que la tête de lecture aie morflée ; bref, y’a trop d’incertitudes pour pouvoir réparer le tout à 100%. Mais… »

 

« Mais ? »

 

« En revanche, on peut tenter sans trop de risque d’enregistrer le contenu de la cassette sur quelque chose d’un peu plus moderne. » acheva Rey en enclenchant délicatement le mécanisme d’ouverture du baladeur, qui libéra la cassette en question avec quelques réticences.

 

« Il te faudra une tête hypersensible par contre, vu l’âge de la bande… » fit remarquer Minoru.

 

« Pas besoin, si je m’y prend avec une méthode photomagnétique… »

 

S’en suivi une conversation entre les deux compères composée essentiellement de termes techniques incluant diverses méthodes de lectures de bande magnétiques que ni Shinji ni Frederik ne parvenaient à comprendre. Après les avoir laissé parler pendant dix bonnes minutes, le lieutenant du clan Océan les interrompit :

 

« Est-ce que vous pourriez nous faire la traduction ? Ou bien est ce qu’il serrai pas plus simple de dire à Shinji si c’est faisable, au lieu de nous faire perdre du temps. »

 

« Pourquoi ? T’es pressé ? » demanda Rey, « Y’a pas de tests de prévu il me semble. »

 

« C’est réalisable. » dit Minoru, ignorant complètement les remarques de Rey. « Mais il nous faudra un nouveau lecteur sur lequel mettre le contenu de la bande, puisque je pense que le but est de conserver ça pour un baladeur… »

 

« Oui… » confirma Shinji.

 

« Bon, » enchaîna Frederik, « faut qu’on trouve un autre lecteur et on revient te voir alors ? »

 

« Pour mettre les pistes sur le support du lecteur, oui. Pour enregistrer le contenu de la bande, on en a pas besoin, alors je vais garder la cassette et on te fera ça dès que possible. »

 

« Merci. » fit Shinji.

 

« Z’avez toujours pas répondu à ma question… » dit Rey, un rien frustré.

 

« Si je te dit que ma tendre fiancée nous attend quelque part depuis probablement quelques minutes, ça te convient ? » fit Frederik.

 

« C’est valable. » répondit Rey sur un ton faussement sérieux.

 

« Où devez vous aller ? » demanda Minoru.

 

« Hum… A la nécropole… » répondit le lieutenant du clan Océan, légèrement gêné.

 

« Je vous accompagne alors. J’ai quelque chose à y faire. »

 

« Laisse moi deviner : encore l’endeuillée de service ? »

 

« Ce n’est pas très charitable de l’appeler ainsi, mais c’est bien la cause de mon déplacement. » confirma Minoru.

 

 

* * *

 

« Je suis vraiment une idiote. »

 

« Ca, je veux bien te croire, mais ça me serai utile de savoir sur quoi tu te bases pour dire ça, quand même… »

 

« Je me suis trompée dans mon interprétation des rêves. J’ai confondu boire de la bière chaude avec manger du crocodile… »

 

« … Et alors ? »

 

« C’est de manger du crocodile qui signifie avoir des ennuis avec un fonctionnaire ; boire de la bière chaude veux dire qu’on va nous voler quelque chose. »

 

Assises quelque part dans l’immense complexe de terrasses implanté sur le « pied » de la base, Karla et Sethi tuaient le temps en discutant de choses et d’autres, et leur conversation avait pris les teneurs mystiques de Sethi lorsque cette dernière s’était rendu compte que son chef n’avait pas eu de visite d’un énième fonctionnaire visant à la sanctionner une fois de plus pour ses intrusions abusives dans la base de donnée du complexe militaire.

 

« Cherche pas pour le vol. » fit Karla en soupirant, « Ca a déjà eu lieu : le Third Child. »

 

« Je ne vois pas en quoi il nous "appartenait" spécifiquement. »

 

« On dirige un des rare clan à avoir à l’esprit même le combat des premiers pilotes, il aurai dû venir ici, point barre. Y’a rien à ajouter. »

 

« Mais bien sûr… » fit Sethi en soupirant à son tour.

 

« Et il n’est même pas venu à l’idée du Third de protester contre cette attribution forcée de clan… Il aurait eu le choix, je suis sûre qu’il aurait pris le nôtre… Bon, d’accord, il est un peu plus porté sur le second Child que sur lui, mais quand même, ils étaient compagnons de combat. On dit même qu’ils auraient été am… »

 

« Et tu prêtes considération à des idées farfelues tout droit sortit des cerveaux des pires fans existants ? » l’interrompit Sethi avant que sa collègue n’eu fini sa phrase.

 

« Bah pourquoi pas, » répondit ironiquement Karla, « Tu t’appuie bien sur des rêves pour tenter de lire l’avenir… »

 

« Sauf que pour moi, des faits réels ont pu appuyer lesdits rêves, tandis qu’il n’y a rien de concret quand à une hypothétique relation amoureuse entre ces deux pilotes… »

 

Karla répondit en faisant la moue :

 

« Mouais… T’as pas vraiment tord non plus ; même si c’est séduisant d’un coté, ça reste un phantasme de fanatique. »

 

« C’est l’Hôpital qui se fout de la Charité là, non ? » fit Sethi en jetant un regard insistant sur l’accoutrement écarlate clairement  dédié à l’idole de sa camarade que cette dernière arborait.

 

Le leader des RedStorm n’eu cependant pas le loisir de répliquer, car une alarme fit entendre son cri strident dans toute la base. Elle fut suivie d’une annonce :

 

« A tout le personnel de la base, passage en niveau d’alerte 3 ; un groupe d’assaut d’anges a franchi la première limite critique. Je répète, un groupe d’assaut d’Anges a franchi la première limite critique, la base passe en alerte niveau 3. Toute sortie en dehors du périmètre de la base est strictement interdite. »

 

Le reste du message indiquait aux personnels techniques responsables de la muraille de protection de gagner leur poste au plus vite, après quoi l’alarme se tût.

 

* * *

 

 

Bien qu’il fussent à l’extérieur du bâtiment de la base au moment où l’alerte fut déclenchée, Shinji, Frederik, Minoru et Clara, qui les avait entre-temps rejoints, entendirent le message par le biais des hauts parleurs placés régulièrement le long du chemin de bitume qu’ils empruntaient.

 

« C’est une attaque ? » demanda Shinji, soudainement tendu.

 

« Pas vraiment, » répondit Frederik, « mais ça en annonce une, en quelque sorte… »

 

Il lui expliqua alors les différents niveaux d’alertes. Ceux-ci étaient au nombre de 5 ; plus le niveau de l’alerte était élevé, plus grand était le danger d’attaque. Le passage d’un niveau à l’autre se fait par estimation de présence d’Anges dans un périmètre précis autour des territoires humains via observation satellite.

Car ils ne subissaient jamais d’attaque directement lancée contre eux ; la Seele avait engendré environ 150 groupes d’anges dont la taille pouvait varier d’une petite centaine à un millier dans les cas extrêmes. Et à chaque fois que l’un de ces groupes, livrés à eux-mêmes, au hasard de son parcours sur la planète, était détruit par sa rencontre avec la barrière de protection humaine, un nouveau apparaissait systématiquement, probablement recréé par la Seele.

Ainsi, le niveau d’alerte dépendait de la plus courte distance à laquelle se trouvait un groupe d’anges. Le premier niveau était atteint lorsqu’ils parvenaient à moins de 5000 Km de la barrière ; le second, à moins de 2500 Km ; le troisième, à moins de 1000 Km ; le quatrième, à moins de 450 Km ; et le dernier niveau, le cinquième, lorsque des Anges réussissaient à pénétrer les défenses. Un niveau qui toutefois, n’avait que très rarement été atteint. Il était également très rare de ne pas être au moins en niveau 1, vu la portée démesurée lui étant adjointe. D’ailleurs, depuis le début du séjour de Shinji à cette base côtière de la NERV, l’alerte n’était jamais descendue en dessous de 1 malgré le fait qu’aucune attaque n’était à déplorer.

 

Chemin faisant durant cette explication, ils avaient atteint une petite gare où ils prirent un train qui les emmena jusqu’au pied d’une sinistre colline dont les pentes étaient recouvertes de boue, de roches ternes et de végétaux sombres.

 

« La Nécropole des pilotes, » fit Minoru en désignant la colline, « nous y sommes. »

 

« Elle est creusée à l’intérieur. » ajouta Clara devant le regard interrogateur de Shinji.

 

Frederik pour sa part, entraîna le groupe vers un téléphérique qui visiblement les mènerait au sommet.

L’ascension dans la cabine se fit dans le plus grand silence. Deux des adolescents réfrénaient leur envie de poser une question qui aurai pu paraître fâcheuse à Shinji, réglementation oblige, tandis que l’autre se contentait de se demander comment il allait bien pouvoir ramener sa subordonnée à la base.

Quant à Shinji, il se remémorait les raisons de sa venue en ce lieu. Le seul esprit de "commémoration" qu’il n’ait jamais eu était plutôt d’ordre personnel, puisqu’il s’était limité dans sa "courte" vie à la visite de la tombe symbolique de sa mère. Ce n’était donc pas pour cela qu’il allait dans ce cimetière. C’était juste que malgré les siècles passés, il avait du mal à se faire à l’idée que tout son passé en était vraiment un ; l’organisation, les technologies et surtout la mentalité des gens ne différaient guère de son époque. Tant mieux d’un coté, il se faisait déjà assez remarquer par sa nature, s’il fallait en plus qu’il le soit par un comportement décalé par rapport à l’époque…

Quand il avait entendu parler de cette nécropole dont on disait que personne n’en ressortait insensible, il s’était dit que ça lui permettrait sûrement de constater les faits et de s’ancrer définitivement cette situation dans son esprit. Ce n’était pas comme si un alignement de tombes pouvait lui faire quelque chose, du moment que ce n’était pas en pleine nuit. Mais même si les morts ne parlent pas, leur nombre serait plus que démonstratif de la violence du conflit opposant l’humanité et cette Seele, et cela pourrai lui faire prendre conscience de l’ampleur de sa tâche de pilote. Car ici, il n’était plus question de piloter une Eva pour se faire reconnaître d’autrui, dans la mesure où de la reconnaissance, il en avait plus qu’il ne lui en fallait avec sa "réputation" historique. Mais c’était cette même réputation qui lui posait problème ; contrairement à "avant" où on lui demandait de faire de son mieux pour piloter, ici, on attendait de lui un haut niveau de maîtrise de sa "chose" de combat. Ayant gagné une certaine reconnaissance, même si elle était parfois difficile à supporter, il serait stupide de la perdre en décevant ses compagnons. Et il était le mieux placé pour savoir ce qui le motiverait le plus pour honorer leurs espoirs : avoir pleinement conscience de la situation et faire le tri dans sa tête. Le fantôme de Kaoru hantait encore ses cauchemars et laissait surtout en lui une incertitude de taille : les Anges était-ils vraiment ce que l’on disait d’eux ? Ou bien Kaoru était-il un cas à part parmi eux, le seul qui se soit un tant soit peu "humanisé" ?

Shinji savait pertinemment que se poser de telles questions serai néfaste au combat, et donc néfaste à sa reconnaissance. Il fallait impérativement qu’il retrouve une certaine foi du coté des "humains", foi qu’il avait perdu depuis son "arrivée" à cette époque, voire peut-être depuis que ses relations avec son père s’étaient aggravées.

La visite de ce cimetière, si tant est qu’il puisse mériter sa réputation, l’aiderait probablement en ce sens. Cela devenait d’autant plus urgent qu’une attaque d’Ange était, d’après Frederik, imminente…

Certes, sa conscience n’en serait pour autant pas totalement éclaircie, mais ça pourrait lui donner quelques repères de plus à quoi s’accrocher.

 

Le Third Child fut tiré de ses réflexions par un léger choc de la cabine, indiquant que celle-ci avait heurté le quai de sa destination.

Les quatre pilotes descendirent du téléphérique pour se retrouver devant une courte allée bétonnée qui s’enfonçait dans la colline, dont la limite se traduisait par la présence des portes de la nécropole.

 

« Elle est… à l’intérieur ? » s’étonna Shinji.

 

« Je vois qu’on m’écoute quand je parle, ça fait plaisir. » fit Clara sur un ton légèrement moqueur.

 

« Heu… Oui, je sais, tu l’as déjà dit mais… Je veux dire… Ca me semble un peut petit, on est presque au sommet et la surface couverte par ce cimetière n’a pas l’air bien grande par rapport à… »

 

Shinji n’arrivait pas à trouver les mots pour terminer sa phrase, mais Frederik le soulagea en achevant :

 

« Par rapport au nombre de morts que tu t’imaginais, n’est ce pas ? »

 

Son timide compagnon hocha affirmativement la tête.

 

« C’est normal. » continua Minoru, « Cette cité des morts n’a pas qu’un seul étage, mais plusieurs, qui s’enfoncent dans les bases de la colline. Elle est construite à l’intérieur en forme de pyramide, donc plus on va vers le fond, plus les étages sont grands. Le sommet de ce monument enterré renferme les plus anciens pilotes, tandis que les plus récents forment la base. C’est un moyen à la fois symbolique et pratique de préserver nos morts des Anges ; si jamais nous étions amenés à disparaître et que "quelqu’un" découvre un jour les restes de nos civilisations, cette nécropole fera sans doute partie des vestiges qu’ils trouveront et ils comprendront notre histoire… Tout du moins, c’est ce qu’en pensaient les huiles qui ont commencé à la bâtir il y a deux siècles. »

 

« Mais alors… Pourquoi cette cabine si le cimetière est plus bas dans la colline ? » demanda Shinji.

 

« Parce qu’a l’époque où les premiers éléments ont étés bâtis, il n’y avait que deux étages, l’un auquel on accède par cette porte et l’autre, au dessus de celui-là, spécialement réservé à… aux tout premiers pilotes. » acheva Clara.

 

« Le reste a été creusé au fur et à mesure et on a pas fait d’accès supplémentaires ; mais c’est vrai que le dernier étage actuellement en construction ne doit pas être bien loin du sol… » ajouta Frederik.

 

Shinji constata en regardant le paysage que la colline devait bien faire entre 500 et 600 mètres de haut… Ce qui faisait un paquet "d’occupants" à cette nécropole. Autant de morts en deux siècles… Il en avalât sa salive.

 

« On y va ? » demanda Minoru d’un ton neutre.

 

 

* * *

 

 

Le Docteur Masaki fronçât les sourcils. Certes, ce n’était pas la première surprise qu’elle et toute l’équipe d’analyse et de remise en état de l’unité 01 rencontrait, mais celle là, elle était de taille. Voire un peu trop grosse.

 

« Ca n’est pas possible » fit Hei en jetant sur son bureau le rapport concernant les fonctions d’alimentation de l’Eva, « Si je comprends bien, vous auriez repéré une seconde source d’énergie interne à laquelle il n’y a, à priori, aucun moyen d’accéder et encore moins de contrôle ? »

 

« C’est la seule solution envisageable. » lui répondit son interlocuteur, un scientifique d’une trentaine d’année avec de longs cheveux bruns attachés en queue de cheval dans son dos. « Nous avons vérifié plusieurs fois les nouvelles batteries que nous avons installées en croyant  à un disfonctionnement, mais il n’y avait rien d’anormal. »

 

« Toutefois, » objecta la scientifique, « vu la faiblesse de cette soi-disant source, il y a de fortes chances pour ce soit une anomalie dans les accus plus qu’autre chose… »

 

« C’est pourquoi nous avons d’abord cherché sur les nouvelles batteries, avant de constater que la source était bien trop constante pour que cela soit issu d’une anomalie quelconque. Nous aurions besoin de scanner l’unité 01 lors d’un test de synchro pour d’en savoir plus. »

 

« Pour localiser la "source" ? Vu sa puissance négligeable, ça sera difficile…»

 

« Pas si on se concentre sur les parties que nous avons estimé "suspectes" de l’unité, comme ce dôme noir sur son poitrail… »

 

« Soit. Si ça peut nous aider à y voir plus clair. »

 

L’épouse du commandant attrapa un gobelet de café posé sur son bureau et en but une gorgée tout en se détournant de son subordonné.

 

« Néanmoins, » ajouta-elle, « Il faudra attendre un autre moment, car c’est le jour hebdomadaire de repos des pilotes et que nous avons en plus cette alerte niveau 3 sur les bras… Dans l’immédiat, veillez à ce que l’unité 01 soit prête au combat. »

 

« Malgré tout ce qu’il reste à faire dessus ? » s’étonna le scientifique.

 

« A la guerre comme à la guerre. » répondit le Docteur, « Je suis certaine que le commandant ne fera pas d’exception pour elle et son pilote ; plus nous avons d’unité engagées, plus nous avons de chances de gagner. Même si une large partie de son armure reste à rénover, du moment qu’elle est opérationnelle… »

 

 

* * *

 

 

Impressionnant ? Non, ce n’était pas ce qui conviendrait… du moins pas pour Shinji. C’était sans doutes imposant mais de là à en être impressionné…

 

Les quatre jeunes pilotes avaient franchi les portes de la nécropole pour trouver face à eux une salle dont ils voyaient à peine les limites, et dont le sol de marbre était parsemé d’étroites allées de pierres tombales. Si l’on mettait de coté la hauteur inhabituelle de la salle, une vingtaine de mètres environ, et l’éclairage agressif des néons, ça n’avait rien "d’exceptionnel" pour un cimetière.

Minoru remarqua la mine dubitative du Third Child, mais préféra ne pas en demander la raison.

 

« C’est la partie consacré aux pilotes qui vous ont directement succédés. » commenta Frederik à voix basse.

 

« …Et… "nous" ? » demanda le Third, indécis.

 

« Vous ? » fit Clara.

 

« Eh bien… Nous les trois premiers… on était sensés être morts aussi… »

 

« Le premier étage. » dit Minoru, qui voyait où Shinji voulait en venir, « Au dessus. Il était exclusivement consacré à vous trois. Mais depuis ta "réapparition", on l’a fait fermer. On y a donc pas accès. »

 

Le jeune homme au regard pessimiste fit une pause avant de reprendre :

 

« Ici, ce sont des sépultures primaires, qui sont bien moins impressionnantes que celles des autres étages… »

 

« Celles des autres étages ? Qu’est-ce qu’elles ont ? » demanda Shinji.

 

Clara écrasa discrètement les orteils de son confrère chef de clan, mais ce dernier se contenta d’une grimace à peine visible avant de répondre :

 

« A toi de décider de le voir. Moi, en tout cas, je dois me rendre au dernier sous-sol. »

 

Minoru se détacha alors du groupe pour s’engager dans l’allée principale du mémorial, menant au mur opposé de la salle sur lequel on pouvait distinguer plusieurs portes d’ascenseur.

… Les autres étages étaient différents ? Tant qu’à faire autant suivre Minoru. C’est ce que fit Shinji une fois cette réflexion faite, sous les regards étonnés de ses deux confrères de clan. Après s’être remis à sa hauteur, suivi par sa fiancée, Frederik lui demanda s’il voulait vraiment y aller.

 

« Parce que c’est vraiment autre chose qu’ici, tu peux me croire… Et ça fait à peine une semaine que t’es à peu près remis, ça serai mauvais pour toi si tu voyais quelque chose qui pourrai te flinguer ta santé ment… ta stabilité, quoi. Déjà que j’étais pas très d’accord pour que tu viennes… »

 

C’était à ce point inquiétant ? Mais Shinji n’en eu cure sur le moment : il n’était plus à un choc près… Et il avait besoin de connaître l’ampleur réelle de cette catastrophe. Il y avait déjà plus de sépultures qu’il n’en avait imaginé pour cet unique étage, qu’en serai-t-il des autres ?

 

Le petit groupe d’Océan rejoignit donc Minoru à l’accès de l’ascenseur devant lequel le chef des Kumo s’était planté. Ce dernier ne s’étonna même pas de leur présence ; il prit juste la peine de préciser au Third :

 

« C’est un élévateur qui utilise les parois de la nécropole comme ligne directive, il descend donc en biais. »

 

Clara se surprit à se demander pourquoi il prenait la peine de préciser ce détail inutile, avant de se rappeler que c’était dans sa nature d’être aussi tatillon de temps à autres.

Les portes leur libérèrent l’accès à la cabine de l’ascenseur au bout petit moment de silence. Le groupe y entra et le chef des Kumo pressa le bouton du dernier sous-sol : le n°25.

Vingt-cinq. Vingt-cinq étages de sépultures dont la surface croissait progressivement lorsque l’on s’enfonçait dans le sol. Shinji avait évalué à un bon millier les tombes présentes sur l’étage qu’ils venaient de traverser ; et si la proportion était respectée dans les autres, ce mémorial n’avait guère besoin de se justifier de son appellation de nécropole.

La cabine les emporta dans les profondeurs de cette cité funéraire, les laissant entrapercevoir chaque étage à travers les portes de verre. Après trois bonnes minutes de descente, ils finirent par ralentir et s’arrêtèrent au dernier sous-sol.

Ils sortirent et se retrouvèrent dans l’intersection de trois allées. Contrairement au lieu par lequel ils étaient entrés, ces passages étaient des allées avec leurs propres murs, hauts de trois mètres environ. Murs quelques peu curieux au premier abord, car franchement concaves.

Les deux premières allées longeaient les bords de la nécropole, tandis que la dernière s’enfonçait devant eux, laissant à la vue des jeunes gens l’impression d’une allée sans fin jonchée régulièrement d’intersections semblables à celle-ci.

Shinji nota que la lumière des néons accrochés vingt mètres plus haut au plafond était réfléchie par la partie inférieure des murs incurvés, qui bizarrement semblait droite et non en arc de cercle, formant une sorte miroir divisé en rectangles sur toute la moitié basse du mur.

Le Third s’approcha de ces miroirs, pour constater avec stupeur que ce n’était des blocs de verre transparent posés dans une cavité rectangulaire couvrant toute la partie inférieure du mur concave. Et que dans ces blocs se trouvaient des corps habillés de plug-suits colorées. Des corps dont la tête était encagoulée de la même couleur que le vêtement funeste et dont le visage était recouvert d’un masque lisse, également de la même couleur. Les mains croisées sur le ventre, tous semblaient dormir, prêts à se réveiller au moindre bruit.

Shinji comprit. Les "rectangles" qui formaient avant ce "miroir" n’étaient autres que des tombes. C’était donc là des allées dont les murs étaient faits en partie de blocs de verre inclinés contenant les corps des braves, séparés par de fines cloisons de béton reprenant la forme concave du mur. Au dessus d’eux, sur la surface creuse montante du mur, était gravé dans du bronze leur nom, le clan auquel ils avaient appartenu, le nombre d’Anges qu’ils avaient tué ainsi que leur date de naissance et de mort. En promenant son regard à moitié figé de surprise et de terreur, Shinji vit que certaines tombes n’avaient qu’une simple plaque de métal cuivré à la place de la surface d’un bloc de verre. D’autres étaient également faits d’une plaque aux reflets pourpres, mais avec en leur centre une demi boule de verre au milieu de laquelle était figé une pierre précieuse bleue. Une barrière de fer forgé empêchait les visiteurs de trop s’approcher des défunts.

 

« Surpris ? »

 

La voix calme de Minoru fit sursauter le jeune homme, lui rappelant qu’il n’était pas seul.

 

« C’est… » commença-t-il, encore sous le choc, « c’est le moins… qu’on puisse dire… »

 

Qui avait eut cette idée farfelue ? Exposer ainsi les corps à la vue des visiteurs… C’était quelque peu intimidant. Voilà donc d’où cette cité des morts tenait sa réputation.

 

« Traitement spécial de conservation. » commenta le plus petit des adolescents, « On synthétise d'abord un sarcophage de diamant aux mensurations exactes du corps, avant de le sceller à l'intérieur. On coule ensuite autour de ce sarcophage un bloc de verre. Le temps n'est pas près de faire des ravages sur ce genre de cercueil... »

 

Il continua devant le regard à la fois inquiet et intrigué de Shinji.

 

« Les responsables de cette forme d'enterrement ont pensé ainsi faire passer un message plus fort auprès des visiteurs, auprès de ceux qui sont défendus par les Eva; ceux qui, retirés dans les terres, n'ont quasiment jamais vécu un affrontement avec des anges et qui ont commencé à prendre ça comme un élément banal dont on ne devait pas s'inquiéter plus que la probabilité d'un astéroïde venant percuter la planète. »

 

Une pause. Puis il reprit:

 

« Ceux qui n'ont pas la "chance" d'avoir un corps à mettre dans leur dernière demeure ont une tombe symbolique ici, couverte par une plaque de cuivre. Et ceux qui n'avaient que des restes pas très présentables ont été incinérés et leurs cendres transformées en un diamant bleu qui... »

 

« Minoru, ça suffit. » le coupa Clara, qui ajouta à son oreille: « Shinji a déjà beaucoup de cran pour venir ici alors qu’il n’est pas tout à fait remis, alors n'ajoute pas de détails qui pourraient le plomber à nouveau, ok? »

 

Le chef de clan s'apprêtait à protester mollement mais une série de pas lents l'en dissuada. A entendre cette démarche, ça ne pouvait être que le vieux concierge de la nécropole.

Un vieil homme au crâne luisant apparu effectivement à l'embranchement d'un couloir. Un seau d'eau en main et un balai sur son épaule, il se dirigea d'un pas fatigué vers les jeunes visiteurs. Shinji nota, en plus de ses vêtements hors d'âge, l'impressionnante balafre dont était décoré le haut de son crâne, comme si quelque chose avait tenté autrefois de le fendre ce vieil homme en deux. Et ce n'était pas peu dire.

 

Il salua les jeunes visiteurs d’une voix usée de laquelle n’émanait plus la moindre once de joie de vivre, sans leur accorder plus d’attention. Puis, au moment de les dépasser, il s’arrêta, tourna son regard sombre vers Minoru et lâcha :

« Si tu cherches Xéa, elle était en train d’errer quelque part dans l’allée f-06 lorsque je l’ai croisée. »

 

« Elle n’est pas devant la tombe de… ? » Minoru n’acheva pas sa phrase, voyant le vieillard lui faire un signe vague de la main avant de poursuivre son chemin jusqu'à l’ascenseur et d’y pénétrer.

 

« Toujours aussi expressif… » fit Clara, mécontente du manque de courtoisie du vieil homme qui n’avait même pas relevé la présence de Shinji.

 

« Franchement, il n’y a pas de quoi lui en vouloir. » rétorqua Minoru.

 

« Pourquoi ? » fit un Shinji intrigué, mais surtout désireux de détourner son esprit de la vision des pilotes inhumés à la vue de tous.

 

« D’après ce que j’en sais, » commença le chef des Kumo malgré le regard courroucé de Clara, « C’est un ancien pilote qui a eu un accident grave lors d’une bataille ; tu as vu sa cicatrice sur sa tête, non ? C’est de là qu’elle vient. Ce jour là, il a perdu deux choses : sa capacité à piloter et sa fiancée. La première à cause de l’endroit où son corps à été atteint ; une bonne partie de ses liaisons nerveuses on été sérieusement endommagées et il ne pouvait plus se synchroniser avec son Eva. Et la seconde est tombée au combat dans le même affrontement. Depuis cet évènement, il a demandé à devenir le responsable de la nécropole, et d’après les dires, il nettoie quotidiennement avec un soin drastique la tombe de sa bien aimée, encore aujourd’hui. Ca peut paraître étrange, mais pour moi, c’est juste de la fidélité envers son amie poussée au paroxysme. »

 

« En parlant de lui, qu’est ce qu’il foutait avec un seau et un balai ? » demanda Frederik, « Ce sont pas des robots qui assurent le nettoyage ? Je le vois mal se taper tout le ménage du mémorial, le pauvre vieux. Et en plus, c’est pas à ce niveau qu’est la tombe de sa copine. »

 

« Non, mais les robots ne peuvent pas être déployés en permanence après chaque passage d’un visiteur… » rétorqua Clara d’un ton un peu acide.

 

« Ah merde, c’est vrai… » fit Frederik en se tapant le front, puis devant le regard interrogateur de Shinji précisa : « On a quelqu’un qui vient régulièrement cracher sur la tombe d’un ancien pilote du clan qui était autrefois les RedStorms… Enfin autrefois, c’était y’a deux ans, hein, c’est pas si lointain. Et ça fait deux ans qu’on tente de choper celui qui fait ça avec des moyens ridicules, alors qu’il suffirait d’une analyse génétique de la salive pour l’attraper… Mais la NERV a visiblement d’autres priorités. »

 

 

* * *

 

 

Un coup d’œil à droite. Un autre à gauche. Personne. Bien.

Le technicien qui venait de faire cette constatation près de l’accès à la salle des machines d’une des rampes de catapultage de la base ouvrit rapidement l’accès en question, pénétra dans la pièce sombre et referma promptement la porte à clé.

Il détestait ces moments là. Non pas que la cause pour laquelle il se battait réellement lui déplaisait, ça non, mais c’était plutôt d’être obligé de faire ses rapports à son supérieur dans de tels endroits… Non, ce n’étant pas tant les lieux qui le dérangeait, mais plutôt l’ambiance qu’il y régnait une fois son supérieur présent. C’était quelqu’un d’assez glauque en fin de compte, et leur situation d’espions ralliés à la cause de la Sainte SEELE les obligeait à utiliser de tels coins sombres et discrets. Et ce n’était pas pour rassurer le pseudo technicien, qui non seulement n’aimait pas ce coté noir de son chef, mais qui en plus était assez sensible au fait que ce soit un gamin qui lui commande. Certes, il était pilote d’Eva et donc nécessairement jeune, mais merde, il aurait pu avoir un type un peu plus âgé que ce gosse nombriliste de seize ans.

L’homme soupira en espérant du fond du cœur que la Réunion promise par les maîtres serait pour bientôt, histoire d’écourter le temps qu’il devrait encore passer avec cet ado. Bon quelque part, le fait qu’il soit son chef était justifié par sa nature spécifique… Mais merde, il allait avoir droit au même traitement que lui lors de la Réunion, alors ce n’était pas une raison pour se comporter en être supérieur, simplement parce que ses gènes avaient été fusionnés avec ceux d’Anges.

 

« Tu es en avance. Comme d’habitude. »

 

Le technicien sursauta. Il aurait bien aimé rétorquer que, comme d’habitude également, ce gosse aimait le surprendre. Mais il se contenta d’une phrase plus diplomatique :

 

« Je n’aime jamais faire attendre, surtout dans ce genre de job assez contraignant en soi. Cependant, c’est gros risque pour moi ; nous sommes en alerte 3… »

 

Un silence. Puis il reprit la parole :

« Cette convocation exceptionnelle cache quelque chose de grave, je suppose ? »

 

« Tout juste. » répondit l’autre, « Un autre de nos membres a été capturé. Il ne répond plus à mes appels depuis deux semaines… »

 

« Qui ? »

 

« Un scientifique qui travaillait au Geofront. Celui qui devait aller sonder le central Dogma et récupérer des informations sur Mère. »

 

« Effectivement, c’est grave… »

 

« Tant que nous ne savons pas dans quel état est Mère précisément, la Réunion ne pourra pas avoir lieu… Je me demande comment il a pu échouer. Une idée ? »

 

« Peut-être ; deux semaines ça correspond à la date de sortie de l’unité 01. Comme toute information là-dessus était confidentielle, je dirai qu’il n’a pas eu de chance et s’est retrouvé nez à nez avec les équipes chargées de la remonter. »

 

« L’imbécile… » fit avec mépris le « gosse ». « Et nous n’avons plus personne là bas. Il va encore falloir patienter pendant au moins un an… »

 

Le technicien était d’accord. Encore un an, voire plus, avec lui, c’était l’enfer.

 

« Je pense cependant qu’on aura de quoi s’occuper d’ici là. » enchaîna-t-il, « à commencer par le cas du fils d’Ikari… »

 

Le « supérieur » ricana brièvement à l’évocation de Shinji par le technicien.

 

« Je ne sais pas à quoi pensait cette larve d’Ikari en envoyant son fils dans le futur, mais toujours est-il qu’il nous rend un grand service… »

 

« Pardon ?! » fit son subordonné, ne pouvant retenir une expression de surprise, « sauf votre respect, » corrigeât-il immédiatement, dieu qu’il détestait faire ça, « je pense qu’il y aurai plutôt intérêt à l’éliminer au plus vite… »

 

Malgré l’obscurité, il senti peser sur lui le regard méprisant et agressif du pilote, qui fini par dire :

« Abruti. Réfléchit deux secondes : De quoi a-t-on besoin pour la Réunion ? »

 

« De mère et de… Je n’y avais pas pensé. » avoua le technicien.

 

« Je ne peux pas vraiment t’en vouloir pour cette erreur. » fit l’adolescent sur un ton qui se voulait rassurant, mais n’en était que plus mauvais, « Il est vrai que ce rôle était dévolu à père, mais comme ce bâtard d’Ikari l’a réduit à néant, nous n’avons d’autre choix que d’utiliser sa plus proche réplique existante. Donc le fait qu’ils aient sortit l’unité 01 du central Dogma nous est bénéfique puisqu’elle n’est plus sous haute surveillance ni d’ailleurs dans l’incapacité de se déplacer… Nous avons au contraire intérêt à ce que le Third Child reste en vie jusqu’au jour tant attendu. S’il venait à périr, ils redescendraient l’unité dans le central Dogma, et il nous faudrait attendre encore pour pouvoir trouver un moyen de l’en faire sortir et de fusionner avec Mère… »

 

« Je vois… » fit l’adulte, frustré de ne pas y avoir pensé plus tôt.

 

Un moment de silence. Puis l’autre ricana de nouveau avant d’ajouter :

 

« J’ai hâte de voir la tête que vont faire les autres en découvrant la vraie nature des ancienne unités… Les leurs ne sont que des tas de barbaque en conserve à coté… »

 

« Vous parlez du combat à venir ? »

 

« Oui. Ils ne sont plus très loin, je les sens. Nous ne devrions plus tarder à passer en niveau 4 et mobiliser les pilotes… Tu ferais mieux de regagner ton poste. »

 

« Et que fait-on pour Mère ? »

 

« Prend contact au plus vite avec notre cadre infiltré ; il nous faut une mutation d’un de nos membres vers le central Dogma au plus vite… Voire plusieurs si jamais ce sont tous des imbéciles comme leur prédécesseur. »

 

 

* * *

 

 

Après avoir parlé de cette affaire de profanation, Shinji, Frederik et Clara étaient sortis de la nécropole à la demande du Third Child, qui avait du mal à ignorer les sépultures indiscrètes de cette cité mortuaire. Une cité qui, au vu de son mode d’inhumation, était bien partie pour défier le temps. L’éternelle cité des "héros"…

Dans la cabine qui les reconduisait au pied de la colline, Shinji se demanda au final ce que lui avait bien apporté cette visite, ci ce n’était la confirmation de l’ampleur des dégâts. Et la perspective de risquer un jour de finir en pièce d’exposition post-mortem n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour le motiver. Néanmoins, l’exemple du gardien de la nécropole l’interpellait.

 

De leur coté, les fiancés étaient occupé à discrètement s’engueuler, profitant de la plongée profonde de leur coéquipier dans ses pensées.

 

« Minoru en a déjà fait assez comme ça, c’était pas une raison pour en rajouter ! Qu’est ce qui t’as pris de continuer avec le détail du seau ? Tu m’a obligée à m’insérer dans la conversation pour ne pas paraître suspecte !» chuchota Clara.

 

« Ben… Quelque part, je pense que Minoru se dit que trop cacher de trucs a Shinji va le rendre méfiant à force ; tu le connais, il est trop franc pour mentir à qui que ce soit ou tenir sa langue. Et c’est plus ou moins ce que je pense aussi, donc j’ai un peu "aidé", mais j’ai aussi minimisé les dégâts en parlant de ce détail à la con, justement. Sinon, c’est vrai que ça aurai pu être pire.»

 

« Je vois mal comment ça pourrai être pire… Regarde le, il s’enferme à nouveau ! »

 

« Mais ça vaaaa, laisse le un peu ; tu sortirais avec un cœur de pierre d’un endroit pareil, toi ? »

 

Clara n’eu pas le loisir de poursuivre la joute verbale, car le hurlement sinistre des sirènes retentit, suivit simultanément d’une confirmation d’un passage en alerte 4 par les hauts parleurs de la cabine du téléphérique et par le bip strident et répétitif des bracelet du chef des Océans et de son lieutenant.

 

« Putain ! Déjà ?! » s’exclama Frederik.

 

 

 

 

A suivre…

 

 

 

Définitions :

 

Kumo : araignée en japonais.

 

 

Notes : *gros soupir de satisfaction*. Six mois. Soit le double de ce que je m’étais engagé à tenir comme délai entre deux chapitres… Bon c’est dit, la rapidité n’est pas mon fort, surtout quand viennent s’en mêler le syndrome de la page blanche et les études de plus en plus prenantes. Alors je fais quoi ? Je continue. Je ne vais pas placer de délais à respecter, car ce serait vous donner de faux espoirs si jamais je ne parvenais pas une fois de plus à les tenir. Le meilleur moyen de savoir pour quand est la suite ? Me contacter directement par mail ou bien sur les différents forums que je fréquente…

La suite, c’est de l’action ! Enfin ! Hein ? Dans combien de mois ? Mais qu’est ce que j’en sais, moi ?! XD.

 

 

 

Contact : Comme d’hab’, bien préciser le sujet avant de m’écrire si l’envie vous vient :

smog.shadowseth@gmail.com

 


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