L'ère des Anges/What Earth is Now

Evangelion : H.I.F

 

Par Smog ShadowSeth

 

Genre : continuation.

 

Chapitre 2 /: L'ère des anges/What earth is now.

 

 

 

Un couloir sombre. Très sombre. Uniquement éclairé par quelques lueurs rougeâtres occasionnelles, provenant de panneaux d'avertissements sur d'éventuels fouineurs un peu trop curieux. Malgré l'obscurité et les avertissements écrits, quelqu'un progressait à pas lents dans ce couloir.

 

Pas de bruit. Le moins de bruit possible. Il faillait qu'il reste le plus discret possible…

 

A la lueur d'une torche fluorescente en fin de vie, l'intrus se révélât momentanément.

Taille moyenne, silhouette très fine, cheveux courts et sombres, lunettes et blouse de laborantin. Il tenait fermement quelque chose au creux de sa main droite.

Trois ans… cela faisait trois années qu'il attendait ce moment… Trois ans pendant lesquels il avait du infiltrer la NERV avec la plus grande précaution, acquérir la confiance de ses supérieurs, obtenir des renseignements sur ce lieu mystérieux qu'était le central Dogma… Et surtout, un moyen de pouvoir y pénétrer. Aujourd'hui, ces objectifs étaient atteints. Il ne restait plus qu'à plonger au cœur de cet immense complexe secret de la NERV.

 

L'intrus cessa soudainement sa progression et se retourna vivement. Personne. Curieux… Il lui avait semblé percevoir des bruits de pas… Il écouta encore brièvement les alentours en quête du bruit perçu. Rien.

Il sortit un mouchoir de la poche de sa blouse et s'épongea le front. L'émotion, sans doute… Et il y avait de quoi. S'il réussissait, les informations récupérées seront d'une importance capitale pour sa confrérie. Les maîtres seraient satisfaits au-delà des espoirs qu'ils avaient placés en lui.

 

L'espion reprit sa marche silencieuse, jusqu'à ce qu'il se retrouve en face d'une porte verrouillée. Il lui fallait un passe spécial pour la franchir, mais le verrou électronique était également doté d'un port d'entrée de secours. Une faille qu'il allait utiliser sans remords.

 

Le faux laborantin ficha dans ce port l'objet qu'il tenait dans sa main. Il attendit quelques instants, puis, sortit sa carte d'accès d'une des poches de sa blouse, et la passa dans la fente du dispositif de fermeture.

Rien.

L'espion fronça les sourcils. Il repassa à nouveau la carte dans la fente. Aucune réaction. Les connecteurs du port étaient peut-être encrassés ?

Il retira le petit gadget électronique du port, tenta de le nettoyer plus ou moins avec la manche de sa blouse, puis reconnecta le gadget et retenta de passer sa carte.

Aucune réaction.

Mais que se passait-il ? Il avait les dernières mises à jour des codes sur son gadget… ou alors, la combinaison n'était pas celle qu'il avait privilégiée. Il retira à nouveau le dispositif du port d'entrée, puis commença à modifier les positions des pins situés en surface de son engin. Mais avant qu'il eu terminé sa tâche, une main froide s'abattit sur son épaule, suivi d'une voix grave :

 

« Tu veux un coup de main, l'ami ? »

 

L'intrus commença à se retourner tout en cherchant le plus rapidement possible son arme dans les poches de sa blouse. Mais il n'eu pas le temps de la saisir. A peine s'était il retourné complètement vers l'auteur de ses froides paroles qu'il reçu un coup de poing au visage. La violence du coup le fit s'affaler sur la console d'entrée de la porte blindée. A demi assommé, il voulu cependant refaire face à son adversaire. Il n'allait pas échouer ici, si près du but.

Un deuxième coup au visage interrompit le fil de ses pensées. L'intrus s'effondra sur le sol, et vit son arme tomber d'une de ses poches. Il s'en saisit rapidement, et tenta d'aligner son adversaire. Mais  le voile de sang qui commençait à lui couvrir le regard, ajouté à l'obscurité du lieu, ne firent que le faire tomber un peu plus dans la panique.

Un coup sec porté à son poignet le désarma, suivi de deux autres coups, l'un au visage, et l'autre dans l'estomac.

Le peu de forces qu'il restait à l'intrus le quitta alors, et il s'affala sur le sol en émettant de faibles plaintes rageuses. Il fini par s'évanouir quelques secondes plus tard.

 

« Un gringalet. » déclara alors la voix grave qui s'en était prise à l'espion. « Décidément, il ne savent plus quoi envoyer au casse pipe. »

 

Une torche s'éclaira et se braqua sur l'intrus, inconscient, les narines et la bouche ensanglantées.

 

« Il lui manquait peut-être juste un peu de force et il aurai pu réussir, qui sait… » déclara une voix féminine.

 

Une silhouette d'homme grand à la forte carrure se pencha sur le corps du laborantin.

 

« Un peu ? Sauf votre respect Docteur, je vous trouve optimiste. Il a des épaules de serpent et un cou de poulet. Il n'aurait même pas pu résister à un soldat débutant. »

 

« Est-il encore vivant, au moins ? » s'enquérit la femme.

 

L'homme posa sa main sur la carotide de l'espion.

 

« On dirai bien, oui… »

 

A ce moment, une série de pas précipités se fit entendre dans le couloir. Au loin, on pouvait apercevoir d'autres lampes torches progresser rapidement vers les lieux de la bagarre.

 

« Ah, bah quand même ! » déclara l'homme fortement bâti en se relevant. Il se tourna en direction des arrivants :

« Il faut que le géofront saute pour que vous vous décidiez à intervenir  ou quoi ? Ca va faire bientôt un quart d'heure qu'il a été repéré ! »

 

« Nous sommes désolés, capitaine… a-t-il réussi à… »

 

L'homme en tête de la troupe arrivante ne cacha pas son soulagement en voyant l'espion étendu à terre.

 

Le capitaine saisi ce dernier par le col de sa blouse et le projeta violement sur celui qui venait de lui parler. Ce dernier failli perdre l'équilibre, mais retint tout de même l'intrus inanimé.

 

« Pas d'excuses, » déclara le capitaine, « j'oublierait votre faute si vous parvenez à me faire sortir quelque chose de lui. Autrement, retenue sur salaire. Maintenant, débarrassez le plancher, j'ai à faire avec le Docteur Mazaki. »

 

« B… bien, capitaine. »

 

Quand les renforts disparurent dans le couloir en emportant l'intrus mal en point, le capitaine dit d'une voix empreinte de mécontentement :

 

« Depuis le temps que je dis que ces vigiles ne sont que des incompétents… La sécurité de la NERV est a peine assurée avec eux. »

 

« Les remplacer par des soldats comme vous le préconisiez n'est pas vraiment une bonne option… Nous devons faire avec. » déclara le Docteur.

 

« Peut-être, mais en tout cas, ils seraient moins longs à la détente, eux ! »

 

« Passons » dit le Docteur, « ce n'est pas l'ordre du jour. »

 

Hei Mazaki se dirigea vers le verrou électronique que l'espion avait tenté de forcer. Elle y passa sa carte et tapa rapidement un code sur le clavier. Un bip sonore se fit entendre, et la lourde porte commença à s'ouvrir, révélant un endroit encore plus sombre que le couloir. Le Docteur s'y engagea sans hésiter, suivie de l'officier qui l'accompagnait. La porte se referma lentement, et laissa tomber l'obscurité complète là où ils étaient entrés. Qui s'estompa bientôt par un filet de lumière filtrant à travers l'ouverture d'une seconde porte, qui était en train de libérer l'accès aux deux visiteurs.

 

Le spectacle qui était derrière cette seconde porte laissait muet pendant un bref instant le capitaine. Il s'agissait d'une petite pièce éclairée par ce qui semblait être des rubans métalliques lumineux. Ces rubans parcouraient les parois de la pièce de façon anarchique, avant de se retrouver au centre de celle-ci, formant un tube délimité par la structure en ADN qu'ils adoptaient sur cette partie.

 

« C'est un ascenseur. » commenta brièvement le Docteur au soldat.

 

Ce dernier se révélait d'ailleurs à la lumière de ces étranges rubans. Il dépassait d'au moins deux bonnes têtes le Docteur Mazaki, et la lumière ne mis que plus en valeur son impressionnante carrure. Ce colosse était également doté d'une mâchoire carrée et de petits yeux d'un marron très prononcé, qui lui donnaient un air légèrement patibulaire. Ses cheveux sombres et ras étaient partiellement à l'abri sous le béret rouge du gradé, auquel était assortit la veste rouge de l'uniforme des officier de la NERV. Les galons présents sur le béret et sur les épaulettes de la veste attestaient du grade de leur porteur.

C'était là les seuls vêtements militaires qu'il portait, sa tenue se complétant par un jean et une chemise blanche tout ce qu'il y a de plus civil.

 

« Ah. » répondit le capitaine, encore sous l'effet de surprise.

 

Il se contenta de suivre sans un mot de plus le Docteur dans ce qui semblait être la cabine de cet « ascenseur », qui était toute aussi lumineuse que l'hélice d'ADN qui faisait office de cage. La cabine se mit doucement en mouvement vers le bas lorsque ses portes se refermèrent.

 

« Pour en revenir à tout à l'heure, madame, avant que nous ne soyons interrompu par l'alerte qu'a déclenché cet espion… » commença le capitaine.

 

« Oui, capitaine Tsuno ? »

 

« Vous avez vraiment l'intention de la sortir d'ici ? »

 

Un bref silence. Puis, le Docteur répondit :

 

« Il me semble que c'est ce pour quoi nous sommes venus, capitaine. »

 

« Oui, bon, d'accord, » répondit le soldat, un peu embarrassé, « mais sauf votre respect, les quelques restes de mes leçons d'histoire m'ont toujours fait état d'échecs permanents avec elle… Vous pensez avoir plus de chance qu'il y a dix ans, par exemple ? »

 

« Nous avons désormais par ce qui est soit un caprice du destin, soit celui d'un  homme, soit les deux réunis, la seule personne qui pourrait y survire, et savoir la manier. »

 

« Même s'il a pris sa décision, je crois me souvenir que c'est le gouvernement qui peut seul décider ou non de la remise en service de cette unité… »

 

« Sa remise en service, oui, mais pour ce qui est des expérimentations susceptible de pouvoir se dérouler avec cette unité, la NERV a les pleins pouvoirs pour la sortir de son caisson cryogénique. »

 

« En clair, vous la sortez en anticipant l'accord de l'UMG ? Avec tout le respect que je vous dois, je vous trouve cependant audacieux, vous et votre mari… »

 

« C'est lui qui a visiblement une idée précise de l'utilité de cette unité. Personnellement, je me rangerais plutôt de votre coté, capitaine, l'antique unité 01 devrait rester ici, dans les sous-sols protégés du central Dogma. »

 

« Ainsi que la 02. » fit remarquer le capitaine Tsuno.

 

« Ainsi que la 02, » confirma le Docteur, « Nos prédécesseurs ont rencontré nombre de problèmes avec ces unités en tentant de leur trouver de nouveaux pilotes… »

 

« Le commandant ne vous a donc pas exposé clairement ses projets avec cette unité ? » demanda le colosse.

 

« Non. » répondit brièvement le Docteur.

 

Sur le moment, le capitaine Hiroto Tsuno trouva que le commandant Mazaki faisait un bien piètre mari, à ne faire qu'aussi peu de confidences à sa femme. Mais il se rappela tout aussitôt que n'étant pas marié lui-même, il était sans doute le plus mal placé pour savoir ce qu'était une vie de couple. Et si le Docteur connaissait réellement les intensions de son mari, elle le lui aurait clairement dit, sans toutefois en préciser le contenu s'il n'y avait pas lieu de le faire. Le capitaine connaissait bien l'attitude franche de cette femme. Il préféra donc s'abstenir de commentaire, et changer de sujet.

 

« En quoi ma présence à l'opération de décongélation est-elle nécessaire ? » demanda-t-il.

 

« En tant que chef des opérations tactiques, vous serez peut-être amené à diriger des batailles avec dans nos rangs l'unité 01, si le gouvernement donne son accord pour son utilisation en combat. Et comme il s'agit de l'un des modèles de test, il y a plusieurs choses dont vous devez être informé sur cette unité… et les sous-sols du central Dogma sont à l'abri de toute oreille indiscrète. »

 

« Je vois… »

 

 

                                                                                  * * *

 

 

Le commandant Mazaki s'alluma une cigarette, et consultât brièvement sa montre. Curieux. Deux minutes de retard. D'habitude, ils étaient on ne peut plus ponctuels…

Son regard parcourut pour la centième fois au moins la vaste pièce sombre dans laquelle il se trouvait assit, accoudé à une grande table circulaire faite d'un matériaux translucide coloré en noir comparable à du verre. Quelques rares spots de lumières plutôt discrets et faibles éclairaient cette table, la laissant à peine se distinguer dans l'obscurité. Sur le mur situé en face du commandant, se trouvait un grand et complexe symbole doré.

Il était composé principalement d'une étoile à cinq branches, avec en son centre un aigle déployant ses ailes, faisant toucher de ses dernières plumes les deux pointes des branches supérieures de l'étoile. Le tout était entouré d'une couronne de lauriers, et orné d'une inscription en lettres dorées suivant sur le haut la circonférence de la couronne :

United Mankind Governement.

 

« Le Gouvernement de l'Humanité Unie… » dit à voix basse le commandant alors qu'il relisait cette inscription.

Un titre symbolique que s'était donné le gouvernement des dernières régions du globe résistant depuis deux siècles aux assauts des anges. Car comparer les 250 millions d'âmes humaines encore en vie par rapport à ce qu'était autrefois l'humanité… Le même rapport pouvait se faire au niveau des régions encore contrôlées par les derniers humains, se résumant au Japon, à la Corée et à une vaste partie de la manchourie. Un pâle reflet de l'ère humaine… Dont les seules chances de survie étaient incarnées par la titanesque barrière entourant ces territoires, et par les Evangelions, sans qui les défenses de la muraille deviendraient inutiles.

 

Il y avait cependant une part de vérité dans la dénomination de ce gouvernement ; étant donné que la population survivante était composée de gens provenant de tous les horizons… Cependant, les majoritaires restaient les asiatiques, territoires natals oblige. La seconde majorité était celle des européens, qui avaient émigré en masse lorsque les dernières forteresses de la vielle Europe étaient tombées, il y a 25 ans. Les territoires fortifiés d'Amérique avaient disparu depuis 75 ans, et les survivants s'étaient réfugiés en Europe. A présent, on arrivait sur les derniers territoires humains à la moitié de la population étant d'origine asiatique, un tiers d'origine européenne, et la partie restante était composée des autres représentant ethniques de l'humanité. Leur petit nombre s'expliquait par la pauvreté des pays d'où ils provenaient, qui furent les premières victimes des anges, n'ayant pas les moyens de se défendre face à de telles créatures…

 

Les anges. Ces créatures gigantesques contre lesquelles se battait l'humanité n'étaient plus ce qu'il avaient été… Autrefois, du temps des débuts de la NERV, il s'agissait d'entités indépendantes, qui agissaient de la sorte pour des raisons qui restent encore floue pour une large partie de la population… Mais pas pour les membres haut placés du gouvernement ou de la NERV. Toutefois, c'était une question obsolète à cette époque, car les anges qui s'en prenaient à l'humanité n'étaient que des copies de ces anges originaux, manipulés par une bande de fou qui se désignait sous le nom de SEELE. Ils avaient à leurs ordres une armée de fanatiques prêt à les servir dans leur cause morbide : anéantir l'humanité. Pourquoi ? Mystère. Des rapports faisaient état d'une religion inspirée des récits Kabbalistiques, mais…

 

Les pensées du commandant furent interrompues par un bip sonore, suivi d'une voix féminine au timbre électronique :

 

« Monsieur, les membres du haut conseil de l'UMG sont en ligne. »

 

« Bien. » répondit ce dernier en écrasant sa cigarette consumée dans un cendrier, « Tu peux nous faire basculer en ligne également. »

 

Aussitôt, des hologrammes apparurent tout autour de la table, représentant une vingtaine d'hommes et de femmes de tous âges et de tout horizons. Tous portaient accroché qui à sa veste, qui à son pull, qui à sa chemise, une broche argentée formée du sigle de l'UMG. Un seul d'entre eux l'avait de couleur dorée, et il se tenait juste en face du commandant. Il était sensiblement du même âge que ce dernier, était vraisemblablement d'origine européenne avec ses cheveux blond et ses yeux d'un bleu profond, qui semblaient pénétrant à tout interlocuteur se tenant en face de lui.

Il s'adressa au commandant :

 

« Veuillez excuser ce léger retard, Mazaki, le ministre de la défense a eu un petit souci juste avant la réunion » dit-il en désignant d'un geste un homme d'origine africaine au regard sévère qui dépassait en hauteur tous les autres membres de cette réunion.

 

« Vous n'avez pas d'excuses à me fournir, monsieur le président. » rétorqua Mazaki en souriant. « Les affaires de l'état sont prioritaires dans notre situation actuelle… »

 

« …Et la NERV en fait partie, vous en souvenez vous ? » lui dit le président en lui renvoyant son sourire, « Alors commençons sans plus tarder cette séance. La priorité de sujet revient au ministre de la défense, et je suis tenté de dire, sans surprises, avec ce qu'il s'est passé récemment… »

 

« Effectivement, merci monsieur le président. » répondit le ministre d'un ton bourru en se tournant vers le commandant, « Commandant Mazaki, comme nous le savons tous ici, l'arrivée du Third Child ainsi que son approbation pour le combat en enchante plus d'un, à commencer par la population elle-même, à laquelle nous venons de révéler les faits. C'est une très bonne chose, et cela remonte le moral de nos troupes et de nos citoyens. Mais il y a quelque chose que je vous ai toujours reproché, c'est de toujours voir les choses en grand, et vous n'échappez pas à ce fait une fois encore… »

 

« Où voulez vous en venir ? » demanda le commandant, qui connaissait pertinemment la réponse.

 

« Ne faites pas le malin, » rétorqua le ministre d'un air médisant, « je parle de l'ordre de décongeler l'unité 01. »

 

A ces mots, une bonne partie des membres de cette réunion eut une réaction trahissant leur surprise.

 

« Vous êtes probablement dit, » continua le ministre sans en tenir compte, « que le pilote et l'unité faisaient paire dans le prestige ; ce que je ne conteste pas, mais ce prestige fait partie de l'histoire, et je ne suis pas prêt à prendre des risques pour tenter de le faire revivre d'une manière ou d'une autre. Cette chose est… un danger, vous devriez le savoir mieux que moi, non ? Combien de pilotes d'élite avons-nous sacrifié de par le passé afin de tenter de résoudre cette soi-disant « légende des premières EVA » ? Ils ont payé de leur vie une tentative de synchronisation avec cette unité ! Et vous voudriez y placer le Thrid Child, un symbole inespéré de combat ? »

 

« Effectivement. » affirma le commandant, « mais pas pour des questions de prestige. Pour des questions de victoire. »

Mazaki s'y attendait, le ministre de la défense avait une excellente intuition et avait anticipé sa manœuvre. D'un coté, ça lui évitait de devoir annoncer par lui-même la chose, il n'y avait plus qu'a rectifier quelques détails. Plus facile à dire qu'à faire, vu comment le ministre prenait la chose…

 

« De victoire ? Expliquez vous. »

 

Le commandant, ainsi que tous les membres de cette réunion furent surpris, s'attendant à entendre la voix du ministre de la défense, alors que celle qui venait de s'exprimer provenait d'une vielle femme toute rabougrie. Assise sur son siège, les mains s'appuyant sur une canne juste devant elle, cette petite femme sans âge fixait le commandant avec un regard interrogatif.

 

« Vous savez pertinemment que nous n'avons ni les moyens, ni le temps de préparer une quelconque offensive en dehors de nos territoires contrôlés, ce qui serai cependant indispensable pour une supposée victoire. Je suis étonnée que vous proposiez ce genre de chose avec autant d'assurance… »

 

« Vous voudriez l'écouter, madame le ministre de l'intérieur ? » s'étonna le ministre de la défense.

 

« Le commandant Mazaki n'est pas connu pour son originalité, comme vous voudriez bien le faire croire, » lui répondit d'un ton neutre la femme âgée. « Moi, je suis prête à l'écouter. Vous savez tout autant que nous, commandant, quels ont été les grands accidents, ou plutôt devrai-je dire, les catastrophes, qui ont suivit les tentatives de synchronisation de l'EVA 01 avec de nouveaux pilotes. Connaissant votre caractère et vos compétences indéniables en tant que dirigeant de la NERV, vous m'étonneriez beaucoup en proposant un projet digne de la SEELE. »

 

« Ridicule. » coupa le ministre de la défense, « Nous perdons du temps et il vaut mieux nous consacrer au renforcement de nos défenses… »

 

« Vous n'êtes pas seul à pouvoir lever le veto sur l'unité 01. » l'interrompit à son tour le ministre de l'intérieur, « Ceci se fait par vote, et tous les membres du présent conseil y participent. Alors laissez leur se faire une opinion des idées du commandant. »

 

Pour toute réponse, le ministre de la défense grommela. « Je persiste à croire que pour quelque raison que ce soit, sortir l'unité 01 de son caisson cryogénique est une erreur. Mon prédécesseur a payé de son poste l'approbation de sa sortie il y a dix ans, et vous savez tous comment cela a fini… »

 

« Pour l'instant, laissons donc le commandant s'exprimer. » dit le président. « Je me range du coté de madame le ministre de l'intérieur : écoutons avant tout. Nous tirerons des conclusions après. »

 

Intérieurement, le commandant sourit. Le plus dur était fait, trouver un créneau pour exposer ses idées. Et il n'avait même pas eu à intervenir. La chance lui souriait. D'habitude, il n'avait guère la parole…

 

 

 

                                                                                  * * *

 

 

 

Allongé sur son lit d'hôpital, Shinji observait le paysage à travers la fenêtre de sa chambre. Il avait légèrement redressé l'oreiller afin d'éviter de prendre un torticolis, comme il en avait beaucoup pris ces derniers jours, à trop regarder ce paysage, qui se situait sur le mur de droite de sa chambre.

L'expression de son visage était d'un calme inquiétant, que quelques légers spasmes nerveux secouaient de temps à autre. On eu dit une façade prête à s'écrouler au moindre coup de vent. Il était encore sous le choc, bien que la première visite de ce Docteur Mazaki datait d'à présent deux semaines. Depuis, il avait l'esprit en berne, et passait son temps à considérer et reconsidérer cette situation, celles qu'il avait vécues, et que regretter au final ; d'avoir quitté un monde où il commençait à avoir des repères, ou bien en avoir un totalement inconnu pour repartir de zéro ?

Enfin de zéro… Les expériences passées elles, n'avaient pas disparues de sa mémoire. Misato. Asuka. Ayanami… et son père. Son père. Qu'en penser ? Un bâtard froid et sans cœur, ou bien un être réservé, tout comme lui ? Ce qui était en train de lui arriver faisait plutôt pencher Shinji sur la première hypothèse. Même lui, dans ses moment de rage intense, ne soulevait que rarement l'idée de devoir blesser quelqu'un, de quelque façon que ce soit. Il ne s'était jamais vraiment attaché à cette situation à Tokyo-3, mais regrettait tout de même d'avoir dû quitter le seul endroit où il avait un tant soit peu de repères. Il avait même de trop vagues souvenirs sur un rêve dans lequel tous ceux qui le connaissaient le félicitaient. Le félicitaient pour quoi ? Sa mémoire refusait de répondre à cette question. Et plus le temps passait, plus cet étrange souvenir devenait vague.

 

Etrange souvenir… Etrange… Ce monde ci était aussi étrange. Du moins, le peu qu'il avait pu en voir. Il était visiblement à la NERV. Mais à en juger par le paysage qu'il observait alors, ce n'était pas la même NERV que celle qu'il avait connue. Les quelques fois où il avait du sortir de sa chambre, pour des examens médicaux ou des séances de rééducation, lui ont confirmé qu'il n'était pas à l'hôpital du Géo-front. Ou alors, beaucoup de choses avaient changé en deux siècles.

Et puis, il y avait eu cet homme… qui s'appelait Mazaki, également. Il avait essayé d'expliquer à Shinji la situation de cette époque, mais il était encore trop choqué pour avoir pu intégrer tout ce que cet homme lui a dit. Il se souvenait juste qu'a un moment, il lui avait demandé s'il désirait à nouveau piloter une EVA, et se battre contre les anges.

Une idée folle avait alors traversée Shinji à ce moment. Il avait prononcés ses premières paroles dans ce monde, en demandant à cet homme si l'EVA 01 existait toujours. Il se souvenait que son interlocuteur avait hésité avant de lui répondre par l'affirmative.

 

« Je ne piloterait à nouveau que si je me sert de l'EVA 01. » avait-il alors dit. Les gens qu'il connaissait n'avaient pas survécu au temps, ou aux anges, mais l'EVA 01 était toujours là. Et sa mère…

Shinji le savait. Il l'avait ressentit plusieurs fois. Sa mère. Dans l'EVA 01. Elle était toujours là.

Au moins, il n'avait pas perdu ça.

L'homme, à cette réponse lui avait assuré qu'il ferai son possible pour ce soit le cas, puis, s'était en allé.

Il y avait eu ces deux personnes de son âge, aussi… Clara et Frederik, si sa mémoire n'était pas encore défaillante. Eux aussi avaient tenté de lui expliquer la situation. Il avait tout de même retenu quelques points : les anges étaient toujours présents, et attaquaient désormais en grand nombre. Ils avaient rasé la quasi-totalité de la planète, et les seules régions épargnées étaient entourées d'une gigantesque muraille faite d'un seul tenant. Ce mur géant était défendu par des escadrons d'EVA à chaque assaut des anges. Les EVA étaient plus de 8000 à cette époque. 8000. Sa situation n'avait plus rien d'exceptionnel ici. Fallait-il s'en réjouir ? S'il n'était plus le seul dans cette situation… Quoique. Avant, les autres avaient commencé à lui accorder un peu d'attention parce qu'il était devenu pilote d'EVA.

En tout cas, il avait déjà droit à une certaine attention ici. Il n'était pas rare qu'il s'aperçoive que le personnel médical lui parlait avec beaucoup de respect. Il en était de même pour Frederik et Clara… Etait-ce simplement une habitude de l'époque, ou bien était-ce parce que c'était lui ? Il faudra qu'il se concentre plus lors de leur prochaine visite, histoire de ne rien rater cette fois. Curieusement, cet endroit et cette situation commençaient à l'intéresser malgré lui… Il savait également que le gouvernement était une « technocratie »… d'après ce qu'il avait comprit, c'était un état où les élites avaient le devoir de gouverner le peuple ; il y avait un système de renseignement très affiné pour dénicher les meilleurs penseurs de ce qu'il restait de l'humanité. Et ces gens là  étaient contraints de diriger les territoires libres, sans qu'une approbation de leur part soit attendue. C'était un devoir ici, en tant qu'élite, de mettre son intelligence au service de l'humanité. Il y avait des gens de tous horizons et de toute classe sociale, placés là où ils étaient les plus doués. Il n'en savait pas vraiment plus. Juste que ce n'était pas une dictature, mais plutôt un état démocratique ; avec cependant, l'impossibilité pour les gens standards d'accéder à des fonctions politiques, et d'élire leurs dirigeants. Par contre, il ne voyait pas l'intérêt d'un tel état. Shinji n'en savait peut-être pas encore assez… Et la politique en général ne l'intéressait que très peu.

Qu'avait-il retenu de plus ? Que les pilotes d'EVA étaient répartis en divisions de combats, que tout le monde ici désignait sous le terme moins pompeux de « clan ». Celui dans lequel il était amené à piloter est le clan Océan.

Et c'est tout. Tout ce qu'il avait pu retenir. Il en retiendra peut-être plus la prochaine fois…

 

Les paupières de Shinji se firent lourdes. Il avait beau avoir « dormi » pendant deux siècles, son conditionnement forcé l'avait énormément affaiblit. Il avait petit à petit repris quelques forces, mais il avait toujours besoin de dormir au moins pendant une dizaine d'heures tout au long de la journée, ce qui ne lui laissait pas beaucoup de temps pour tenter de faire autre chose, ou simplement discuter avec ses rares interlocuteurs. Encore que, discuter est un bien grand mot. Il leur adressait bien souvent des réponses et quelques questions plutôt somnolentes… Il était choqué d'avoir été « projeté » dans le futur contre son gré, mais il cherchait néanmoins à avoir un contact avec les gens d'ici, aussi inconnus leur soit-ils. Shinji ne se comprenait pas lui-même… Il fuyait auparavant tout contact, et maintenant, il voulait en engager ?

D'ailleurs, sur le « auparavant », quels étaient ses derniers souvenirs, mis à part ce rêve étrange ? Shinji essaya de se concentrer, malgré sa fatigue.

C'était après la mort de Kaoru, ça, pas de doutes. Cela l'avait d'ailleurs une fois de plus fait tombé dans un renfermement extrême. Il y avait de quoi, aussi. Tokyo-3 était rasée, Rei n'était plus la même, Asuka avait tenté de se suicider, ne supportant plus sa mise au banc depuis sa défaite contre le 15ème ange, et ses rares amis avaient dû quitter la ville… Misato était sur les nerfs, et Shinji la savait profondément éprouvée par la mort de Kaji. Curieusement, elle ne s'était pas vraiment plongé en deuil, mais avait plutôt tendance à travailler plus après cet évènement…

Voilà pour le décor. Maintenant, ses dernier souvenirs… Shinji voyait sa chambre, plongée dans l'obscurité. C'était un soir assez avancé, et Misato était encore à la NERV ce jour là. Il était occupé à ressasser dans son esprit les derniers évènements, en culpabilisant. Puis, il avait entendu quelque chose tomber, dans une pièce voisine, et le bruit l'avait tiré de sa torpeur. Mais juste après, le panneau de sa chambre avait rapidement été ouvert, et un objet dégageant de la fumée avait été jeté par l'ouverture. Shinji se souvint avoir respiré de cette fumée… Puis plus rien.

Shinji s'étonna lui-même lorsqu'il eu remis en place tous ces éléments. Quelques jours plus tôt, il était incapable de se souvenir de ses derniers moments datant de deux siècles. Un signe d'amélioration de son état ? Peut-être. En attendant, ce souvenir éveillait bien des questions, comme s'il n'en avait pas assez eu, en son fort intérieur. Mais pour l'heure, le sommeil gagnait du terrain, et Shinji décidât de remettre ces questions à plus tard. Peut-être que les gens d'ici connaissaient les conditions de sa mise en léthargie… Et pourraient lui apporter des réponses.

 

 

 

                                                                                  * * *

 

 

 

A la base du Géofront, le capitaine Tsuno observait d'un air tendu la face géante de démon métallique qui se tenait en face de lui. Celle de L'EVA 01, qui avait été décongelée, puis remontée en dehors du central Dogma. A présent, elle était fixée à son module de transport, solidement arrimé aux parois de la cage.

 

Les teintes violettes qui recouvraient autrefois son armure n'attestaient plus de leur ancienne présence que part quelques rares portions de métal encore recouvertes de cette couleur. Le gris du métal de l'armure était ponctionné de quelques tâches violacées, et les protections de plastique souple des bras étaient entièrement décolorées, ne laissant qu'une teinte blanchâtre bâtarde. L'armure était cabossée en certains endroits, et la corne monumentale de cette unité n'était plus tout à fait droite.

L'unité 01 avait une bien piètre allure… Les congélations successives et les expériences passées avaient détérioré peu à peu le modèle de test des EVA. Qui malgré tout, était toujours opérationnel.

 

C'était ce que trouvait étrange le capitaine. L'équipement et l'électronique de l'unité 01 avaient fait preuve d'une incroyable résistance au temps, le pire des ennemis, après les anges. Les quelques fois où on avait du la sortir, avec l'unité 02, le montrait d'ailleurs de façon flagrante ; là ou la 02, unité pourtant plus récente et plus accomplie, présentait de nombreux dégâts dus entre autres à la congélation, l'unité 01 ne présentait que des détériorations mineures, comme la peinture qui partait. L'antenne tordue et les dégâts sur son armure n'étaient dus qu'aux « accidents » qui avaient suivi une tentative d'insertion de nouveau pilote…

 

A présent, elle était de nouveau sortie de son caisson pour une tentative de synchronisation, mais avec son pilote originel. Le gradé trouvait cela tout de même très risqué et farfelu. Pourquoi vouloir remettre en état une EVA aussi vielle ? Celle qui a causé le plus de difficultés à la NERV dans le passé, qui plus est ? Elle était complètement dépassée… L'autonomie de ces vieux modèles était de cinq minutes, si les souvenirs  du colosse étaient bons, et ces EVA devaient se traîner un câble d'alimentation en combat, accroché dans leur dos… Alors qu'aujourd'hui, une EVA disposait de trente minutes d'autonomie, et son alimentation courante était assurée par des stations émettrices de micro-ondes, réparties sur la barrière de protection des territoires. Une alimentation sans fil, laissant bien plus de liberté aux unités de combat. De telles améliorations auraient d'ailleurs été possibles il y a deux siècles, et la NERV en avait les moyens. Nul ne savait pourquoi de telles limitations avaient été tolérées alors…

 

Un mystère de plus à mettre sur le dos de la SEELE et du commandant Ikari, qui tiraient les ficelles de la NERV à cette époque. L'un avait emporté le secret dans sa tombe, et les autres étaient maintenant le nouvel ennemi.

 

« Capitaine ? »

 

Le gradé sortit de ses pensées et se tourna vers la personne qui l'avait interpellé, une opératrice assise à une console de mesures.

 

« Les préparatifs de transport de l'unité 01 sont terminés. » ajouta-t-elle quand elle vit que le colosse lui avait accordé son attention. Son ton était globalement neutre, mais on y pouvait y déceler quelques intonations trahissant l'inquiétude de sa propriétaire.

 

« Bien. Je vais aller rejoindre le convoi. Catapultez-la en surface dès que possible. » répondit-il en se retournant vers la baie vitrée du poste de contrôle de la cage où il se trouvait. Il y observa une dernière fois le géant avant de se diriger vers la sortie de la pièce.

 

« Capitaine… » l'interpella l'opératrice juste avant qu'il ne sorte, « devons nous vraiment la faire sortir ? »

 

« C'est un ordre qui vient d'en haut. » lui répondit le colosse.

 

« Vous ne pouvez rien faire ? »

 

« Pour ? »

 

« Faire en sorte qu'elle ne quitte pas le central Dogma. »

 

« J'aimerai aussi qu'elle y reste… mais je ne suis pas le commandant Mazaki, et encore moins le gouvernement. Obéissons, point barre. »

 

L'opératrice eu un temps d'hésitation avant de répondre :

 

« Ma mère était scientifique pour le compte de la NERV il y a dix ans… Et elle a participé à l'expérience de synchronisation. Comme toutes les installations alentours, elle a été réduite en cendres. Je n'ai pas envie que… »

 

« Ce ne sera pas de notre faute si une autre catastrophe se déclenche ; inutile de culpabiliser. » coupa le capitaine. « Nous ne sommes que des exécutants. »

 

L'opératrice resta muette. Le capitaine en profita pour sortir de la pièce ; il n'avait pas vraiment envie d'être confronté à d'autres questions de ce style. Et ce n'était pas la première à les lui poser… depuis qu'il était remonté du central Dogma avec le Docteur Mazaki, les mêmes questions se répétaient dans la bouche de chaque employé de la NERV qu'il croisait. Autant le mythe des premiers pilotes avait la peau dure, autant la terrifiante réputation de l'unité 01 lui était équivalent ; une idée préconçue basée sur les constats passés. Mais quand les « constats » en questions sont des anéantissements purs et simples des constructions situés autour de cette EVA pendant les tests… Les réactions étaient prévisibles, et encore plus compréhensibles.

 

« J'espère qu'il sait ce qu'il fait. » marmonna le colosse en enfonçant son béret sur son crâne, tout en prenant le chemin de la surface.

 

 

 

                                                                                  * * *

 

 

 

Quelques heures plus tard, le Docteur Mazaki volait en direction de l'ancien Tokyo, là où était installé la plus importante base secondaire de la NERV ; là où Shinji était hospitalisé. Le VOLT qui la transportait passa à un moment au dessus d'une large autoroute ; tellement large qu'une cinquantaine de rangées de poids lourd auraient pu y circuler à l'aise. Sauf que le seul véhicule qui y circulait actuellement était une sorte de gigantesque traîneau sur lequel était couché une forme géante vaguement humanoïde, couverte par des bâches.  La vitesse du véhicule n'excédait pas les 50 Km/h, et l'engin volant eu vite fait de rattraper et dépasser ce convoi. Hei l'observa pensivement pendant qu'il était encore dans son champ de vision, puis détourna le regard vers l'avant de l'appareil. Elle pouvait voir en face d'elle, la base côtière de la NERV se rapprocher petit à petit à l'horizon ; et la large voie du convoi sillonnait à travers le paysage vers le même objectif.

 

Encore plongée dans ses pensées, le Docteur n'en fût tiré que par un brusque écart effectué par son transport. Le pilote de l'appareil se mis à lancer milles jurons dans sa radio à l'engin qu'il avait failli percuter. Hei se retourna pour identifier celui-ci, un hélicoptère de la presse. Des journalistes. Les « fouilles merde » comme les appelait si poétiquement le commandant. Toujours à la recherche d'un scoop ou de l'exclusivité d'une information concernant la NERV et ses actions. Avec l'annonce publique de la découverte du Third Child, cela allait empirer pensait Hei. Ceux-ci avaient du couper leur GSM* afin de passer au nez et à la barbe des appareils de surveillance…

Le Docteur détourna son regard de l'hélicoptère, que quelques VOLT de surveillance abordaient déjà. Elle soupira en repensant à une époque pas si lointaine, où c'était la vie privée des plus grands pilotes d'EVA qui animait les chroniques. L'UMG avait du prendre des mesures sévères à l'encontre de la presse qui avait été bien au-delà du raisonnable. Désormais, il en coûtait très cher à un journaliste de tenter de s'informer sur un pilote ; et rien que tenter d'en aborder un dans la rue peut lui valoir une très forte amende et le retrait de sa carte de presse durant un an. Malgré le type de gouvernement des derniers territoires libres, la liberté de penser et d'entreprendre n'était pas remise en cause… Et nombre de puissants organismes de presse se plaisaient à cracher régulièrement sur cet organe de pouvoir élitiste, ne prenant, selon eux, que peu en compte les « desideratas du peuple ». Des critiques qui parlaient sans rien dire, qui reprochaient sans savoir ; la plupart d'entre eux n'avaient jamais quitté la capitale et se complaisaient dans leur bureau à fumer de gros cigares. Nul d'entre eux ne savait ce qu'était réellement un ange… Et ils se permettaient de donner des leçons de stratégie à la NERV dans leurs articles. La critique est aisée mais l'art est difficile, disait le proverbe…

 Si la presse n'était guerre magnanime à propos de la NERV, c'était toutefois réciproque. Chaque employé, du haut responsable au balayeur, en passant par les pilotes, pensait plus ou moins la même chose de la presse que ce que venait d'en penser Hei.

 

Quelques minutes passèrent, durant lesquelles le Docteur se contenta d'observer ce qu'il restait de paysage entre elle et la base défiler, avant de s'apercevoir que le VOLT était passé en phase d'atterrissage sur l'une des nombreuses aires prévues à cet effet sur le toit de la base.

Elle ne fût pas surprise de constater, en descendant de l'appareil, que son mari l'attendait, une cigarette à la bouche et l'air visiblement très satisfait.

 

« Laisse moi deviner… » lui dit Hei avant qu'il n'aie pu ouvrir la bouche, « ils ont accepté ? »

 

« Tout juste. » lui répondit simplement le commandant en tirant une bouffée de fumée sur sa cigarette, « Ca a été beaucoup moins compliqué que prévu… Et de ton coté ? »

 

« L'EVA 01 est en route… Et j'ai du affronter l'incompréhension des employés de la NERV… »

 

Elle réajustât ses lunettes sur son visage avant de continuer :

 

« Tu peux me dire exactement ce que tu compte faire avec elle ? »

 

« Uniquement si tu me promet de ne pas en parler avant qu'on en aie une confirmation. »

 

« Tu fais bien des mystères… » soupira l'épouse du commandant, « mais j'accepte. »

 

Takeaki Mazaki fini de consumer sa cigarette avant d'inviter d'un geste sa femme à le suivre à l'intérieur de la base.

 

« Les murs ont des oreilles, ici… » dit-il

 

« Des oreilles, je ne sais pas, mais ce qu'il faudrait aux toit de la base, c'est des cendriers… tu devrait arrêter de fumer. » répliqua avec un léger sourire Hei.

 

« On verra ça quand les anges serons vaincus. » dit en retour le comandant, avec au large sourire.

 

 

A suivre…

 

 

Chapitre suivant : Intégration/Adam's Child awakening.

 

 

Notes de l'auteur : Hé bah, ce chapitre fut dur a écrire… Le temps est une denrée rare, et je n'en aie guère eu entre  le boulot et les divers plantages que tout ordinateur, le mien compris, se doit de faire régulièrement. Mais bon, on y est, le chapitre 2 est achevé. Chapitre qui sera sans doute le moins « vivant » de tous, car il a surtout pour but de présenter le contexte de manière détaillée. De l'action, il y en aura, ne vous en faites pas ; laissez lui juste le temps de venir XD. Oui, je sais, je suis long à venir au fait, mais les évènement tels qu'ils sont vous seraient très durs à appréhender si je vous les livrait bruts, sans explications… alors désolé pour ceux qui attendaient un peu plus d'action, mais c'est pour éviter des explications longues de trois pages au milieu de l'action, ce qui serai somme toute assez chiant. Enfin bon, l'histoire décollera au chapitre suivant, promis. Quoi ? Les batailles ? Hé, ho, minute, chaque chose en son temps…

 

Je remercie toujours les mêmes personnes de bien vouloir faire un peu de place dans leur emploi du temps pour pré lire mes chapitres : Dhafeuwst, Griz, et ricton. Pavel ne répondant plus depuis des lustres sur le forum, il ne participe plus…

 

Coin définitions :

GSM : système de localisation d'appareils aériens basé sur le GPS ; est destiné à remplacer l'obsolète et trop cher radar à terme. Est déjà en application dans des régions où les ondes radar passent difficilement, comme les montages de l'alaska. Fonctionne à partir d'un émetteur qui renseigne le contrôle sur sa position, mais également les autres appareils.

 

 

Contact : changement d'adresse mail ! Si vous voulez m'écrire, veuillez désormais écrire ici : smog.shadowseth@gmail.com

Et je vous demande toujours la même chose, à savoir bien spécifier votre sujet dans le mail.

 

Chapitre commencé le 2 août 2004, achevé le 15 octobre 2004, ultimes révisions apposées le 31 octobre 2004.


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