Où la pelouse de Bulma subit les conséquences de la bêtise d’un jeune prince

Oui, me revoilà. Je vous le dis, on ne m’arrête plus. Celle-ci me trotte dans la tête depuis cet été, c’est vous dire !

C’est en fait la suite de « Elle s’appelait Pan », mais dans un registre beaucoup plus léger.

Donc, si vous ne comprenez pas pourquoi Pan a plus de vingt ans, ainsi que certaines réflexions et interactions des personnages, c’est normalement expliqué dans cette première fic. Mais l’histoire est globalement indépendante sinon.

 

Rendons à César… :

 

L’idée de base vient de Chroniques de l’Autre Monde, une fic superbe que j’ai trouvée sur le site manga.org, et qui est la suite de la meilleure fic que j’aie jamais lue (si si) : Un Prince nommé Végéta. Tout simplement magnifique. Bref, une scène, non développée par l’auteur, m’a donné la petite étincelle d’inspiration sur laquelle j’ai bondi sauvagement.

 

Le titre est outrageusement emprunté à Aldous Huxley, bien évidemment. Mais le point d’interrogation est de moi, na !

 

Oui, tous les titres de chapitres seront aussi longs que celui-là. J’adore cela, je le dois à la lecture assidue d’Alexandre Dumas.

 

Un grand merci à Tamia et Mitsukoo pour leurs avis éclairés.

Un gros bisou à Wence pour sa relecture !

 

Ah, et je tiens à vous prévenir tout de suite, n’attendez pas un chapitre par semaine, vous seriez fort déçus…

 

Voilà, j’en ai fini avec le blabla. En espérant que cette fic vous plaira.

 

 

 

 

 

 

 

 

Douze ans plus tôt…

 

-             Vos deux souhaits ont été réalisés. Je repars. À bientôt.

 

La voix caverneuse de Shenron raisonna un instant, puis l’immense dragon s’évanouit dans un craquement d’éclairs. Les nuages sombres qui s’étaient amoncelés se dispersèrent avec un grondement sourd avant que, dans un dernier éclat de lumière, les sept Boules de Cristal ne disparaissent à nouveau, éparpillées au quatre coins de la Terre.

 

Les deux jeunes garçons restèrent encore quelques instants immobiles, fascinés par ce spectacle toujours magique.

 

Goten s’assit enfin en soupirant sur le sol rocailleux du désert :

 

-             Bon, ben voilà.

 

Un immense sourire naquit sur les traits de son meilleur ami et Trunks leva le poing en signe de victoire :

 

-             Ouai, c’est trop fort !

 

Ils se regardèrent et échangèrent un large sourire complice. Le fils de Goku redemanda pour la énième fois :

 

-             T’es bien sûr que…

-             Certain je te dis ! J’ai pensé à tout, j’y réfléchis depuis des semaines ! l’interrompit Trunks avec un air supérieur, mains sur les hanches.

 

Ils restèrent quelques secondes immobiles, semblant attendre quelque chose. Rien ne vint. Le fils de Son Goku s’allongea sur le dos, doigts croisés derrière la nuque, ses grands yeux noirs innocents levés vers les cieux limpides. Trunks, au bout de plusieurs minutes, se mit à taper du pied sur le sol, sa bottine jaune soulevant un très léger nuage de poussière.

Goten redressa finalement la tête, observa le garçon de douze ans dont il sentait monter l’agacement, hésita, puis demanda :

 

-             Bon, et maintenant ?

 

Trunks ne répondit pas, sourcils froncés. Son ami insista :

 

-             Comment on sait si ça a marché ?

 

Les joues du fils de Bulma s’empourprèrent légèrement. Il grinça des dents… ouvrit la bouche… et avoua dans un grognement :

 

-             Ben… Je n’y avais pas pensé.

-             Hein ? s’écria Goten.

-             Ben oui quoi ! On a utilisé les deux vœux, de toutes façons on ne pouvait pas faire autrement, et maintenant... et maintenant je ne sais plus !

-             Mais c’est nul ! renchérit Goten les yeux écarquillés.

 

Trunks, furieux d’être pris en défaut par son meilleur ami, pointa un doigt accusateur vers lui :

 

-             Attends, t’étais d’accord qu’elle était géniale mon idée !

-             Oui, mais je pensais qu’il se passerait quelque chose !

-             Mais il ne pouvait rien se passer tout de suite, imbécile ! cria Trunks.

-             Eh oh, c’est ton idée ! Alors c’est toi l’imbécile ! s’exclama Goten en bondissant sur ses pieds.

-             Quoi ? C’est moi que tu traites d’imbécile ?

-             Oui ! Même mon père il n’aurait jamais fait une bêtise pareille !

-             Tu vas voir !

Ils bondirent l’un vers l’autre, furieux. Mais, au bout de quelques minutes d’un combat éreintant, c’est en riant que les deux garçons tombèrent assis au sol, couverts de poussière et de traces de coups. Ils se relevèrent et Trunks haussa les épaules :

 

-             Bah, tant pis. Ce n’est pas grave. On verra bien.

-             Oui, t’as raison. Dis, ta grand-mère ne préparait pas des cookies quand on est partis ?

-             Si ! s’écria Trunks. Viens, ils doivent être prêts, allons goûter.

-             Super ! hurla Goten.

 

Les yeux brillants de convoitise à l’idée du délicieux repas qui les attendait à la Corp, les deux enfants s’élevèrent dans le ciel et s’élancèrent à toute allure vers la Capitale.

 

Douze ans plus tard…

 

****************************

 

Jouissif.

Purement jouissif.

C’était mal. Elle doutait de pouvoir un jour remonter sur le nuage magique. Tant pis. Elle savait voler, après tout ! Si sa grand-mère avait su, elle lui aurait longuement fait la leçon. Sa mère aurait secoué la tête en levant les yeux au ciel. Bra la comprenait parfaitement, elle. C’était le genre de chose que Bra Brief comprenait d’instinct, depuis toujours. C’était le genre de choses qu’elle-même découvrait depuis quelques mois à peine avec… pure délectation.

 

Bras croisés, appuyée contre la cloison de l’ascenseur de verre qui s’élevait à toute allure sans un bruit, elle regardait s’égrainer les chiffres : 45, 46, 47…

 

Elle aurait pu voler, tiens, pour y aller. Non. Ce serait… tellement moins amusant. Alors que là, son être frissonnait déjà du plaisir des quelques instants de jouissance que lui promettaient les chiffes rouges sur l’écran de contrôle.

 

88, 89….

Légère décélération…

90.

 

L’ascenseur s’arrêta et les hautes parois de verre glissèrent devant elle, révélant l’immense salle bruissante. Elle sortit d’un pas léger, s’efforçant de garder une expression relativement  détachée.

 

Instantanément tous les visages féminins se tournèrent vers elle, se figeant dans un même sourire glacé.

 

Ces filles ne comprenaient pas, elle le savait parfaitement. Elles étaient toutes là, pomponnées, en tailleur serré, avec leur petit chemisier bien repassé. Ravissantes pour certaines. Féminines, charmantes, délicates.

 

Elle enfonça un peu plus les mains dans les poches de son jean et releva la tête. Elle ne se maquillait pour ainsi dire jamais ; elle ne se sentait à l’aise que dans les pulls les plus amples. Sa seule coquetterie était son épaisse chevelure d’un noir de jais qui flottait derrière elle alors qu’elle avançait d’un pas souple et conquérant.

 

Elle traversa toute la salle. Elle répondit par un sourire aux coups d’œil haineux de toutes celles qui auraient voulu pouvoir la tuer là, tout de suite, au quatre-vingt dixième étage de Capsule Corporation.

 

Mais elle était intouchable.

Parce qu’elle était la petite fille de Satan.

Parce qu’elle était une experte en arts martiaux.

Parce qu’elle était une amie d’enfance des Brief.

 

Et, surtout, pour la raison qui se trouvait à quelques mètres, derrière ces amples portes de bois précieux. Son cœur se mit à battre plus vite, plus fort. Comme à chaque fois, immuablement. C’était irrépressible, une émotion toujours si divinement intacte après tous ces mois.

 

Elle suspendit son pas un instant devant l’immense bureau de l’assistante du Vice Président. Celle-ci, une femme d’un certain âge que la situation semblait plutôt amuser, sourit à la jeune fille :

 

-             Bonjour Mademoiselle Son.

-             Bonjour… il est disponible ?

-             Oui. Je suppose que je ne vous annonce pas ?

 

Cette fois, elle ne put contenir le sourire radieux qui illumina ses traits :

 

-             Non, merci.

 

Profitant de chacun de ces instants magiques, elle s’avança devant les battants qui s’ouvrirent automatiquement. Elle marchait, se délectant de la brûlure dans son dos de tous les regards envieux qui la suivaient. Les portes se refermèrent et elle continua, ses baskets crissant à peine sur le magnifique parquet sombre. D’autres portes, qui à nouveau s’effacèrent devant elle, et elle pénétra dans le bureau.

 

La pièce l’émerveillait à chaque fois par sa magnificence épurée : des baies vitrées tout autour ouvraient l’espace sur le ciel et, plus bas, bien plus bas, sur la Capitale ; un gigantesque bureau en wengé ; dans un coin, quelques canapés tendus d’un tissu rouge sombre et une table basse. La surface métallique du mur de gauche semblait un miroir parfaitement lisse mais, par une simple pression sur quelques boutons, pouvait s’effacer pour faire place à un bar et à toutes sortes de gadgets de très haute technologie, allant de l’écran de projection holographique à la table de massage.

Quand on pensait que ce n’était que le bureau du Vice Président… Celui de Bulma, dix étages plus haut, s’étalait lui sur la superficie d’un seul étage. Du délire.

 

Mais pour le moment, l’attention de la jeune femme était entièrement tournée vers celui qui, debout devant la baie vitrée, faisait les cent pas tout en parlant à voix haute :

 

-             … ainsi nous éviterions toute possibilité de rachat de la société par ce consortium et récupèrerions l’intégralité des parts, dont le laboratoire.

 

Une voix d’homme s’éleva de hauts parleurs invisibles :

 

-             C’est en effet une possibilité à étudier de très près.

-             Il est de toutes façons inenvisageable que ce laboratoire, qui a été l’un des premiers de la Corp, tombe entre leurs mains.

 

Il ne l’avait pas sentie arriver, elle y avait veillé. Concentré sur sa conversation, il ne l’avait pas vue non plus. Elle profita de ces quelques instants pour l’observer, encore. Toujours.

Il était vêtu d’un costume gris anthracite dont la veste reposait sur un fauteuil. Il avait relevé les manches de sa chemise blanche et faisait craquer ses doigts tout en marchant. Il émanait de sa carrure sportive, de l’élégance de ses mouvements, de son port de tête altier, une puissance rassurante. Ses traits d’une extrême finesse trahissaient sa concentration. Ses cheveux mauves glissaient sur ses joues au rythme de sa démarche.

 

Le sourire de la jeune fille s’élargit. Il était tel que le présentaient les centaines d’articles de journaux qui étaient parus sur lui depuis le tournoi et, surtout, depuis qu’il avait pris la vice-présidence de la Corp : riche, mystérieux et terriblement séduisant.

Trunks Brief, le jeune milliardaire promis à une brillante carrière à la tête de la plus puissante multinationale au monde. Le petit ami de la petite-fille de Satan lui-même : au lendemain du tournoi, toute la presse avait titré sur le désespoir de toutes les jeunes femmes célibataires de la planète.

 

Mais il était tellement plus que cela.

Un saiyen, comme elle. Le meilleur ami de Goten, le frère de Bra. Le fils du dernier Prince d’une planète disparue et d’un génie. Un guerrier hors du commun. Un jeune homme brillant, timide, caractériel, orgueilleux et adorable, avec un appétit d’ogre… et une sacrée tendance à ronfler.

 

-             … prenez toutes les mesures nécessaires et mettez-y le prix. Je veux être informé de la progression de cette affaire.

-             Très bien.

À cet instant, le jeune homme releva la tête… et un sourire illumina son visage.

 

Et il était à elle, corps et âme.

Ce sourire de Trunks donnait envie à la jeune fille de hurler son bonheur au monde entier.

 

Il jeta un coup d’œil à sa montre et posa ses mains sur la surface de son bureau :

 

-             Bien. Rappelez-moi quand vous aurez du nouveau. En cas d’extrême urgence vous savez où me joindre.

-             Merci, mais lundi suffira. Bon week-end Monsieur Brief.

-             Merci, bon week-end à vous aussi.

 

D’une pression du doigt sur une commande il mit fin à la conversation et regarda la jeune femme s’avancer vers lui. Elle contourna le bureau et vint se couler contre son torse, passant ses bras fins autour de la taille de son amant. Trunks la prit dans ses bras et, fermant les yeux, enfouit son visage dans l’ample chevelure noire de la jeune femme. Il murmura :

 

-             Pan… Tu m’as manqué.

 

Elle laissa les mots glisser en elle, réchauffer tout son être de leur douceur, et répondit, le visage blotti dans le cou de Trunks :

 

-             Cela ne fait que cinq jours…

-             Cinq jours… répéta-t-il avec un soupir à fendre l’âme.

 

Ils rirent tous deux, se reculant légèrement, s’observant un instant, puis scellèrent enfin leurs lèvres dans un profond baiser. Après de longues secondes, ils se séparèrent, le souffle court. Pan avisa les papiers étalés sur le bureau et demanda :

 

-             C’est bon, tu es sûr d’avoir fini ?

-             Certain. Je t’avais dit de venir me chercher à quinze heures, j’ai pris mes dispositions pour avoir tout terminé.

 

Elle fronça les sourcils :

 

-             Cela ne sera peut-être pas toujours comme ça. Quand tu seras président…

 

Il la fit taire par un baiser et plongea dans le regard noir de Pan :

 

-             Ma mère et mon grand-père ont très bien su s’entourer. Ce n’est pas pour rien qu’ils disposent de tout ce temps libre à la maison et que moi-même je peux décider de partir à quinze heures ce vendredi ! En ce moment je me mets au courant, je reprends les dossiers… Mais Capsule Corporation n’a jamais été et ne sera jamais la priorité de ma famille, ou la mienne.

-             Et quelle est ta priorité ? demanda-t-elle avec une lueur dans le regard.

 

Le sourire de Trunks se fit plus machiavélique et, se penchant, il murmura à l’oreille de la jeune fille :

 

-             Rentrons, je vais t’expliquer.

-             Et pourquoi pas là, maintenant, ici ?

-             Ah non, hein, tu ne vas pas recommencer avec ton fantasme du bureau ! Si un des assistants entrait sans…

-             Justement, c’est là tout l’intérêt, répondit Pan en mordillant doucement le cou de son amant.

 

Trunks se recula, rougissant légèrement, et leva les yeux au ciel d’un air blasé alors que Pan éclatait de rire. Passant son doigt sur un écran, il fit sortir du mur un tiroir translucide, se saisit du contenu et se tourna vers Pan :

 

-             Je me change et j’arrive.

-             Tu veux de l’aide ? demanda-t-elle d’un air taquin en le regardant s’éloigner vers la porte de luxueux cabinet de toilette qui jouxtait la pièce.

 

Trunks lui jeta un regard amusé par-dessus son épaule :

 

-             Fais la maligne… Tu ne perds rien pour attendre.

 

Cette promesse la fit frissonner de plaisir alors qu’elle s’installait dans le sublime fauteuil du Vice Président de Capsule Corporation. Quelques instants plus tard, le jeune homme réapparut, vêtu d’un jean et d’un t-shirt noir à manches longues :

 

-             Je n’ai pas envie de repasser par les bureaux… On prend la voie des airs ?

-             Comme vous voulez… mon prince.

 

Avec un sourire il appuya à nouveau sur un bouton :

 

-             Janice, je pars. À lundi, passez un bon week-end !

-             Merci Monsieur Brief, bon week-end à vous aussi, répondit son assistante.

-             Euh… Vous pourrez refermer la fenêtre de mon bureau ?

-             Tout à fait Monsieur !

-             Merci !

 

L’intonation amusée dans la voix de Janice était perceptible. Mini réacteur ou pas, elle avait quand même le seul patron qui quittait son bureau en s’envolant par la fenêtre…

 

L’instant d’après, les deux jeunes gens s’élancèrent avec bonheur dans le ciel de la Capitale.

 

*************************

 

Deux heures plus tard, Trunks se laissa tomber allongé à côté de Pan, tentant vainement de reprendre son souffle. Elle-même fixait le plafond en souriant, les joues roses, la respiration rapide. Le jeune homme se passa la main dans ses cheveux mauves trempés de sueur et murmura en fermant les yeux :

 

-             Qu’est-ce que c’est bon…

 

Pan rit doucement :

 

-             C’est même de mieux en mieux.

-             C’est vrai, tu fais des progrès, répondit Trunks avec une pointe d’ironie dans la voix.

-             Eh ! s’exclama sa compagne, vexée.

 

Il étouffa un cri quand le coude de Pan l’atteignit dans les côtes mais ne cessa pas de sourire. Il se redressa lentement, s’asseyant près d’elle, respirant toujours profondément. Il regarda une fois de plus la jeune femme allongée à côté de lui et son sourire s’élargit encore. Elle fronça les sourcils :

 

-             Quoi ?

-             Rien. Tu es juste… tellement belle.

 

Pan rougit et s’assit à son tour. Trunks se mit debout en grimaçant et, lui tendant la main, l’aida à se relever. Puis, alors qu’elle s’étirait gracieusement, faisant jouer ses muscles endoloris, il alla éteindre la gravité artificielle.

 

Autour d’eux, le bruissement du moteur s’arrêta et la porte de la salle d’entraînement de Capsule Corporation s’ouvrit sur le couloir. Ils sortirent et Pan, baissant la tête, jeta un coup d’œil à son débardeur : l’une des larges bretelles étaient quasiment déchirée et dessous sa brassière ne tenait plus elle aussi que par quelques fils. Elle soupira :

 

-             Et voilà, encore un de fichu ! Enfin, je pourrai peut-être demander à grand-mère de…

 

Mais à cet instant Trunks glissa un doigt entre les quelques fibres restantes et la peau de Pan, et tira d’un coup sec. La bretelle se rompit totalement et la jeune fille retint de justesse le tissu qui couvrait sa poitrine. Elle leva un regard où se mêlaient colère et amusement :

 

-             Ça te fait rire ?!

 

Un sourire carnassier passa sur les lèvres de Trunks alors que son regard bleu s’immisçait dans la large encolure du débardeur déchiré :

 

-             Allez, ne fais pas cette tête là, ce n’est qu’un débardeur… et puis tu es bien mieux sans !

 

Ils se toisèrent un instant et la jeune fille demanda non sans ironie :

 

-             Je te croyais épuisé ?

-             Tout est question de motivation… répondit le jeune saiyen.

 

Il s’était approché d’elle et, glissant la main dans la nuque de Pan, tira doucement sur l’élastique qui retenait son épaisse chevelure sombre. Celle-ci retomba avec souplesse sur les épaules de la jeune fille qui retint son souffle sous l’intensité soudaine du regard de son compagnon. Ses grands yeux bleus plongés dans ceux de Pan, il approcha lentement son visage de celui de la jeune femme avant de finalement glisser vers son cou pâle. Elle frissonna à la sensation de son souffle sur elle et exhala un gémissement quand les lèvres de Trunk se posèrent enfin sur sa peau. Ses genoux se mirent à trembler mais le saiyen, ses doigts toujours glissés dans la chevelure de la jeune femme, posa son autre main sur la taille de Pan et la repoussa doucement contre le mur du couloir avant de se coller à elle dans un mouvement suggestif. Elle murmura :

 

-             Trunks… nous sommes chez toi je te rappelle…

-             Justement, répondit-il alors que sa main remontait à présent de la taille vers le buste de sa compagne, entraînant le tissu du débardeur.

-             Oui, mais nous sommes dans le couloir, là.

-             Nous n’avons croisé personne. Je suppose que ma mère est avec grand-père au labo, que Bra doit être sortie avec ma grand-mère, et si la salle de gravité était libre c’est que mon père doit s’entraîner avec Goku.

 

Pan ne parvenait même pas à comprendre comment il arrivait à tenir encore un raisonnement valable quand elle-même sentait son cerveau glisser dans une douce torpeur au rythme de ses caresses sur elle. Elle émit un léger rire qui se finit dans un gémissement quand les doigts de Trunks atteignirent le galbe de sa poitrine, soulevant sans ménagement le coton de la brassière. La jeune femme parvint néanmoins à articuler :

 

-             On pourrait au moins aller dans ta chambre, non ?

-             La maison est trop grande… ma chambre est trop loin… grogna-t-il contre le cou gracile de la jeune fille.

-             Mais si Végéta…

-             Mes obsédés de parents seraient vraiment gonflés de me faire la moindre remarque sur le sujet !

 

Pan gloussa et vaincue non par les arguments fallacieux de Trunks, mais par le désir qui l’envahissait sous ses mains expertes, se mit à l’embrasser avec passion en glissant à son tour ses doigts dans sa chevelure mauve. Elle se colla davantage au corps du jeune homme, basculant son bassin contre le sien et lui arrachant ainsi un râle de plaisir.

 

Le silence de la maison n’était plus troublé que par leurs souffles saccadés, haletants, impatients. Trunks relâcha la nuque de sa compagne et passa sa main sous sa cuisse fuselée, la remontant contre lui, incitant Pan à enrouler ses longues jambes autour de sa taille dans une prière tactile à laquelle la saiyenne s’empressa d'accéder. Elle parvint à glisser ses doigts sous le débardeur de Trunks, le passant au-dessus de sa tête dans un geste quasi fébrile avant de parcourir du bout des doigts son torse aux muscles saillants.

 

Dégageant soudain sa hanche, Pan mit un pied à terre, arrachant à son partenaire un grognement de frustration cependant bien vite remplacé par un gémissement quand il sentit la paume de la jeune femme glisser vers son bas-ventre. Elle sourit contre ses lèvres en le sentant vibrer contre elle, d’envie et d’impatience. Relâchant alors la hanche de Pan, Trunks entreprit de défaire fiévreusement le pantalon de combat de sa compagne alors qu’elle-même s’attaquait à présent à la ceinture du saiyen.

 

Elle s’arrêta net.

 

Ses lèvres toujours rivées à celles de Trunks, Pan ouvrit soudain les yeux. Dans les prunelles bleues du jeune homme se lisait la plus parfaite stupéfaction.

 

Ils se séparèrent instantanément et froncèrent les sourcils. Il demanda :

 

-             Tu l’as senti toi aussi ?

-             Oui. Des forces, peu puissantes mais nombreuses.

-             Et elles viennent par ici.

 

D’un même geste ils s’élancèrent dans le couloir et, quelques instants plus tard, firent irruption dans le jardin de la Corp.

 

Ils se protégèrent un instant le visage du gigantesque déplacement d’air qui manqua de les basculer au sol. Rouvrant péniblement les paupières, les oreilles vrillées par un intense grondement, ils levèrent les yeux vers le ciel et se figèrent de stupéfaction.

 

Une gigantesque masse de métal sombre descendait lentement vers le parc de la propriété, se posant sur le sol dans un vrombissement qui fit trembler la pelouse désormais carbonisée.  Rien ne se passa pendant quelques instants et les deux jeunes gens, bouche bée, observaient l’énorme vaisseau. L’appareil était de forme plutôt sphérique mais évasé à la base, là où se trouvaient manifestement les dizaines de propulseurs d’où s’échappait encore une intense fumée noire.

 

Un grincement se fit entendre ; Trunks et Pan échangèrent un regard inquiet. Mais déjà une porte apparaissait dans la surface encore brûlante du vaisseau, s’ouvrait dans un jet de vapeur et s’abaissait au sol en une rampe métallique de plusieurs mètres de large. Les jeunes gens tâchèrent d’apercevoir quelque chose par l’ouverture sombre mais, avant que leurs yeux eussent pu distinguer quoique ce soit dans l’épaisse vapeur qui entourait toujours l’engin, une clameur et des bruits de pas se firent entendre, couvrant peu à peu le sifflement de l’air brûlant.

 

L’instant suivant, des hommes par dizaines jaillirent de l’ouverture et descendirent en un flot ininterrompu pour bientôt se répandre sur ce qui avait été la magnifique pelouse des Brief. Ils se placèrent en quelques secondes en formation sur plusieurs lignes, alors qu’un dernier étranger venait de placer devant eux, face à Trunks et Pan qui tombèrent immédiatement en garde.

 

La voix de la jeune femme s’éleva aux oreilles de son compagnon :

 

-             Mais ce sont…

 

Il serra les mâchoires et grinça :

 

-             Ce n’est pas possible. Simplement pas possible.

 

Pourtant leurs yeux effarés restaient braqués sur les dizaines de soldats qui les fixaient froidement ; sur leur uniforme blanc aux larges épaulettes, sur leurs cheveux sombres et indisciplinés, sur l’écran translucide qui leur couvrait un œil et, surtout, sur la queue de fourrure brune qui entourait leur taille.

 

Le guerrier plus grand qui s’était placé devant les autres s’avança et jeta un regard agressif aux deux jeunes gens. Il aboya :

 

-             Où est-il ?

-             Hein ? Mais… Qui ? balbutia Trunks sans relâcher sa garde.

 

L’autre ouvrit la bouche pour répondre mais, à cet instant, tourna intuitivement la tête vers la source d’énergie qui venait vers eux. Une énergie d’une fabuleuse puissance et d’une aura bien connue du jeune couple.

Dans un éclair de lumière, Végéta se posa devant son fils auquel il n’accorda pas un coup d’œil. Sourcils froncés, il passa un regard stupéfait sur la scène qui se déroulait devant ses yeux. Il cessa de respirer en découvrant les intrus puis grogna dans un mélange de colère et d'incrédulité :

 

-             Mais qu’est-ce qui se passe ici ?!

 

Un même étonnement se peignit simultanément sur les traits de tous les intrus qui dévisagèrent quelques secondes le nouveau venu.

 

Tous restèrent parfaitement figés de longues, de très longues secondes.

 

Puis l’homme qui s’était avancé précédemment se redressa et hurla soudain à l’adresse de tous les soldats :

 

-             Saiyens, à genoux devant votre souverain !

 

Alors, dans un ensemble parfait, les dizaines de guerriers mirent un genou à terre et, baissant humblement la tête, s’exclamèrent d’une seule voix vibrante d’admiration :

 

-             Gloire au roi Végéta !

 

Trunks et Pan échangèrent un regard ahuri.

 

Devant eux Végéta, parfaitement immobile, recevait sans comprendre cet hommage des Saiyens à leur roi.

 


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