Rassemblement

Rassemblement

 

Tokyo, embarquement pour le vol Tokyo/Osaka, durée du trajet : 2heures.

- Conan, dépêches-toi ! cria Ran au milieu des voyageurs.

Elle, Conan et Sonoko se trouvaient à l'aéroport de Tokyo. Billets en main, ils se rendaient à Osaka pour y passer la golden week. Kazuha les avait invité tôt le matin, après avoir vu Heiji partir sur sa moto. La jeune fille se sentait affreusement mal depuis son départ, elle réclamait donc un peu de compagnie. Le trio tokyoïte, qui n'avait rien prévu de particulier durant cette semaine, avait accepté cette invitation avec grand plaisir.

Ran était coincée entre deux groupes de touristes anglais, qui venaient d'atterrir. L'adolescente peinait à retrouver Conan au milieu de cette cohue. La plupart de ses appels étaient couverts par les sonneries de portables, ou par de multiples questions :

" Where can I take a bus ? Or a taxi ? "

Ran retrouva enfin le petit garçon sous le panneau d'affichage.

- Regarde, lui dit-il en accompagnant ses parole d'un geste du doigt vers les numéros des vols, Tokyo/Osaka, vol 1637, c'est celui que nous devons prendre ?

La lycéenne regarda à son tour, pour constater avec horreur qu'il ne restait que cinq minutes avant l'embarquement. Elle attrapa d'une main le bras de Conan, raffermit son emprise sur son sac de voyage, qu'elle portait en travers de l‘épaule, puis poussa en avant Sonoko, qui sympathisait avec un irlandais.

- Sonoko ! Tu dragueras une prochaine fois, lui ordonna-t-elle alors qu'elle exhortait à avancer. Nous sommes pressés.

Ran ne sut comment, mais tous trois parvinrent à monter dans l'avion avant qu'il ne décolle. Bien qu'ils durent traverser la moitié de l'aéroport, revenir en arrière pour ramasser la valise, que Conan avait égarée par mégarde, tirer Sonoko des griffes d'un jeune touriste, ils furent néanmoins installés sur leurs sièges respectifs au moment où l'appareil décollait.

Ran s'adossa confortablement à son siège, exténuée. Heureusement qu'elle n'avait pas eu à prendre soin de son père également ! Bien qu'elle l'ait supplié de profiter de son absence pour passer ses vacances avec Eri, sa femme, le détective avait refusé. Il avait prétexté des affaires plus urgentes : le concert de Yoko, sa chanteuse préférée, devait en effet, avoir lieu quelques jours plus tard. Au diable les réconciliations, s'il pouvait à la place regarder la jeune chanteuse se trémousser sur scène.

Conan était assis une rangée plus en avant que celle des deux adolescentes. Sonoko avait insisté pour être à côté de son amie. Elle avait prétexté que les hôtesses s'occuperaient très bien du gamin, et qu'elles avaient beaucoup plus de choses à se dire entre elles qu'avec un enfant.

Conan ruminait dans son coin. Il détestait être considéré comme un enfant, alors qu'en réalité il avait plus de seize ans. " S'il s'avait qui je suis, songea-t-il après qu'une employée lui aie proposé une limonade, ils me considèreraient avec d'avantage d'égard. Après tout, je suis Shinichi Kudo, le célèbre détective lycéen ! "

Derrière lui, Ran regardait à travers le hublot, d'où on apercevait le sommet des hauts immeubles de la capitale, qui perçait ça et là les nuages. Son visage était pensif. Bien qu'elle fût très heureuse de retrouver ses amis d'Osaka, Ran ne pouvait s'empêcher d'être inquiète. En effet, la voix de Kazuha lui avait semblé éteinte au téléphone, comme si la jeune fille était angoissée face à un problème.

Sonoko la sortit de sa rêverie.

- Appelle-le, lui intima-t-elle en sortant son téléphone portable de son sac à main.

Ran cligna des yeux : elle ne comprenait pas.

- Sonoko, de qui parles-tu ? s'enquit-elle.

- De qui d'autres, sinon du détective de tes rêves, Shinichi. Il peut bien prendre une semaine de repos entre deux enquêtes pour passer un minimum de temps avec sa petite amie. Sans oublier que ton père ne sera pas du voyage. Qui sait ce qui pourrait arriver...

- Sonoko, la gronda une Ran cramoisie - la chaleur était insupportable dans cet avion ! - tu racontes des sottises. Je ne suis pas la... petite ami de Shinichi, lui murmura-t-elle en prenant le combiné de ses mains. Il est très occupé, il n'a aucun compte à me rendre en plus. Il n'a vraiment aucune raison de se déplacer, n'est-ce pas ?

Sonoko observa, un instant, son amie, avec un air des plus sérieux qu'on ne lui connaissait pas. Puis, elle reprit le portables des mains de Ran, pour y afficher le numéro du lycéen.

- Ran, écoute-moi, lui ordonna-t-elle d'un ton franc. Tu penses toujours à tout, et à tout le monde : ton père, sa relation conflictuelle avec ta mère, tu prends soin du gamin assis devant nous également. Tu te préoccupes tellement de nous, que tu en viens à oublier de construire ta propre vie. Sois égoïste pour une fois. Shinichi te manque terriblement, tu veux le voir. Très bien, appelle-le dans ce cas !

Ran baissa les yeux. Pendant une poignée de secondes, sa meilleure amie la vit hésiter devant le numéro qui s'affichait sur l'écran. Cependant, Ran prit son courage à deux mains. Devant l'air satisfait de Sonoko, elle appuya sur la touche appel.

Conan, qui n'avait rien raté de la scène, resta un moment paralysé. Si Ran découvrait le portable dans son sac, sa double identité allait être sévèrement remise en question. Ran avait eu de sérieux doute sur son identité par le passé. Il ne pouvait se permettre de lui donner d'avantage matière à réfléchir. La tonalité résonna deux coups, avant de s'éteindre précipitamment pour laisser place à une messagerie électronique. L'adolescente eut un soupir de déception. L'espace d'une seconde, elle s'était sentie capable de faire revenir son ami d'enfance, non pour un meurtre dont elle serait le témoin, mais seulement pour elle, pour qu'ils se revoient. Le désappointement perçait dans sa voix lorsqu'elle informa Sonoko :

- Il ne répond pas. Il doit être occupé. C'est idiot de le déranger pour si peu. Il a mieux à faire.

Malgré son sourire de façade, Conan, tout comme Sonoko, comprirent à quel point elle était blessée. Mais en bonne amie, elle refusa d'évoquer sa peine. Après tout, ils étaient partis en vacance, elle n'allait pas les ennuyer avec ses peines de coeur ! En avait-elle le droit ?

Une place plus en avant, dissimulé derrière le dossier de son siège, Conan culpabilisait. Dès que la sonnerie avait commencé à retentir, le détective s'était précipité sur son appareil pour l'éteindre. Il se reprocha sa conduite face à sa réaction. C'était dans ces moments-là qu'il mourrait d'envie d'arrêter les mensonges, de tout avouer à l'adolescente afin qu'il n'y aie plus de malentendus. Malheureusement, il savait bien que cela était impossible. Malgré toute la peine qu'elle éprouvait, au moins, elle était en sécurité. " Combien de temps le resterait-elle, songea-t-il avec angoisse alors qu'il contemplait son mobile, combien de temps serais-je en mesure de la protéger si elle venait à être plus impliquée encore avec l'organisation ? " Quand bien même, la douleur qu'il lui infligeait au quotidien était insupportable, Conan ne concevait aucune autre alternative.

Il s'apprêtait à ranger le téléphone, quand, tout à coup, une main s'en empara. Conan, pétrifié, se retourna lentement. Ses traits étaient exsangues. Il déglutit avec difficulté quand il vit une Sonoko, toute fière d'elle même, brandir son portable.

- Je le reconnais ! s'écria-t-elle à l'adresse de Ran. C'est celui de Shinichi, n'est-ce pas ?

Son amie approuva d'un bref hochement de tête, avant de s'en emparer avec délicatesse. Tenir l'objet lui donnait la sensation d'être à nouveau dans le même monde que Shinichi. Comme si ce téléphone était un lien mystérieux entre elle et le détective de son coeur. Elle leva ses yeux vers Conan, son visage était perplexe.

- Conan, pourquoi as-tu le portable de Shinichi en ta possession ?

Bien qu'au fond d'elle-même, elle ne désirait aucune réponse de sa part. Car en réalité, à la vue de l'appareil, un millier de détails concernant la ressemblance Conan/ Shinichi, venait d'affluer de sa mémoire, et ne la rendait que plus suspicieuse encore. Elle souhaitait que Conan se taise, qu'il la laisse dans sa rêverie. Après tout, même si l'idée que le petit garçon, qui la fixait avec de grands yeux inquiets derrière ces lunettes rondes, puisse être en réalité dix ans plus vieux, relevait de la science-fiction, Ran y croyait de tout son coeur. Cette fantaisie l'empêchait d'être constamment désemparée face à son absence. Parce que depuis le départ de Shinichi, Conan, lui ne l'avait jamais quittée.

Conan fit taire ses espoirs :

- Shinichi m'a prêté son portable, mentit-il effrontément. Il me l'avait promis car il a téléchargé un jeu de foot que le professeur Agasa n'a pas dans sa bibliothèque de logiciels.

En guise de preuve, il se pencha au dessus de son siège, effectua une série de manipulations sur le clavier. Il finit par désigner, dans la rubrique jeux, une petit icône nommée World Cup. Ran avoua sa défaite.

- Ce n'est pas une raison pour emprunter les affaires de ton senpai (aîné), déclara Sonoko. Quant à monsieur-le-détective-lycéen-le-plus-réputé-de-Tokyo, s'il a le temps de prêter son téléphone, il devra faire l'effort d'aller le quémander auprès de Ran.

Elle le glissa alors dans le sac de sa voisine.

- Voilà, conclut l'héritière. Ainsi il n'aura aucune excuse pour t'éviter. Il devra bien venir te rendre visite tôt ou tard.

Le reste du voyage se passa sans anicroche. Ran et Sonoko parlèrent mode, tandis que Conan, affalé sur sa place, peinait à reprendre son souffle. De grosses gouttes de sueur coulaient sur son front. Cette fois, il avait vraiment évité le pire. Il se félicita pour son esprit d'initiative, même s'il avait dû, une fois de plus, mentir à Ran.

Ils arrivèrent au terminal d'Osaka à midi. Une grosse horloge de verre, pendue au dessus des guichets automatiques, sonna la pause pour les employés. L'estomac de Conan grogna. Il ne s'en préoccupa pas, trop occupé à ruminer ses pensées. Il était furieux. Une Sonoko affamée s'était ruée sur son goûter, alors que sa meilleure amie cherchait Kazuha des yeux. Ils la trouvèrent près de l'entrée, à côté d'un panneau de bienvenue.

- Oide yasu (bienvenue), les salua-t-elle. Je suis contente que vous ayez pu vous libérer.

Les adolescentes se saluèrent chacune leur tour. Pendant ce temps, Conan, étonné, furetait autour d'elle.

- Qu'as-tu Conan ? s'étonna Ran, qui en sa qualité de nourrice attitrée, ne quittait jamais l'enfant des yeux.

- Heiji, où est Heiji ? demanda-t-il après l'avoir cherché en vain.

Kazuha parut mal à l'aise.

- Je ne l'aie pas mentionné au téléphone, admit-elle, mais Heiji ne passera pas la golden week avec nous. Il a été demandé ailleurs.

Les trois invités n'en crurent pas leurs oreilles. Depuis leur première rencontre, ils n'avaient jamais vu les deux lycéens d'Osaka l'un sans l'autre. Conan fut le plus intrigué du groupe. Heiji et lui partageaient énormément, étant donné que le garçon du Kansai était au courant de son petit problème de croissance. Ils s'étaient confiés l'un à l'autre, tant sur l'organisation des hommes en noirs, que sur des problèmes, autrement plus personnels. Ainsi, Conan n'ignorait en rien l'amour qu'il portait à Kazuha. Il ne parvenait pas à comprendre les motivations qui l'avaient poussé à abandonner la jeune fille. A moins qu'il ne s'agisse d'une affaire délicate. A cette pensée, sa curiosité n'en fut que plus attisée.

Ran, tout comme Sonoko, était étonnée de son absence, mais l'acceptèrent sans poser de questions. En général, Heiji était toujours pris dans une enquête. Et quand il était libre, il ne leur parlait que très peu, préférant converser à voix basse avec Conan. Les jeunes filles avaient tissé des liens beaucoup plus fort avec Kazuha, de leur côté.

L'estomac de Sonoko grogna soudainement, et ramena toute la troupe à la réalité.

- Je manque à tous mes devoirs, s'excusa Kazuha en se frappant le front du plat de la main. Allons manger, je connais un izakaya (pub japonais où se réunissent étudiants et collègues de bureaux) bon marché. Je vous expliquerai tout durant le repas, leur promit-elle.

Elle avait naturellement anticipé la réaction de Conan, déçu par l'absence de son coéquipier.

Ils commandèrent une série de plats qu'ils mirent en commun. Kazuha leur fit goûter les spécialités de sa ville. Bien que les filles s'entendaient bien, elle ne pouvait s'empêcher d'entretenir cette concurrence omniprésente entre Osaka et Tokyo. Présenter les traditions culinaires de sa ville, était une façon de rappeler à ses invités que, quand bien même Osaka n'était pas la capitale, elle rayonnait tout autant que Tokyo, grâce à sa richesse culturelle. Ils portèrent un toast, puis goûtèrent les mets que la lycéenne leur soumettait. Ran apprécia tout particulièrement le udon-suki, des nouilles et des fruits de mer dans un bouillon. Conan dévora son okonomiyaki en silence, alors que Sonoko restait hésitante devant un hansuke-nabe, ou soupe d'anguilles.

Ce fut lors du dessert, au milieu des tasses de thé fumantes, que Kazuha se décida à évoquer sa situation. Elle était déboussolée par l'apparition d'une étrangère au côté d'Heiji, surtout que cette femme avait pu l'accompagner, alors qu'elle même avait essuyé un refus. Elle n'avait pas pris de temps pour se reposer depuis le matin. Son teint avait encore blanchi, et Ran lui soupçonnait d'avoir une faible fièvre. C'est l'inquiétude qu'elle éprouvait pour le lycéen qui rendait Kazuha malade. La jeune fille ignorait pratiquement tout de l'affaire qu'il menait. Elle était toujours sans nouvelle.

- Il ne t'a laissé aucun message ? s'étonna Sonoko. A sa place, je t'aurais donné de mes nouvelles, pour me faire pardonner de t'avoir quittée sans un au revoir.

Kazuha sortit le téléphone de son sac. Il y était indiqué un appel d'Heiji en absence.

- Heiji a tenté de me contacter, constata-t-elle avec plaisir - au moins son ami n'avait pas complètement oublié son existence...- je devrais le rappeler.

- Excellente idée, approuva Ran. Profites-en pour le questionner sur l'identité de cette femme. La situation sera clarifié une bonne fois pour toute...

- Surtout pas, la coupa Sonoko avec hargne.

Devant le regard ahuri de son auditoire, elle se sentit obligé de développer ce qui pour elle, relevait d'une logique enfantine.

- Un homme sait mentir au téléphone, affirma-t-elle avec aplomb tel un reflet de ses propres expériences amoureuses. C'est tellement plus simple de nous raconter des bobards tant qu'on ne leur fait pas face, qu'aucun ne se gêne pour. Regarde Ran, désigna-t-elle à Kazuha en guise d'exemple : qui sait où est Shinichi à l'heure qu'il est. Il se cache derrière deux ou trois coups de fil, et il se sent quitte.

Ran se sentit tout à coup beaucoup plus maussade, puis fit grise mine. Conan, qui avait été à deux doigts de s'étouffer avec sa paille suite à son discours, se promit de lui réserver un sort dès qu'il aurait retrouvé sa vraie taille. Sonoko n'avait rien remarqué de leur changement d'humeur. Elle poursuivit sa diatribe :

- Laisse tomber cet Heiji, lui conseilla-t-elle avec ferveur. Aucun détective n'est bon à prendre en ce monde. Il ne t'apportera que des déceptions amoureuses.

A cet instant, Ran ne put contenir un léger rire. Sonoko eut un froncement de sourcil.

- En général, c'est plus toi qui rompt avec les garçons et leur apporte des déceptions amoureuses, que l'inverse, remarqua-t-elle d'un ton sarcastique. En revanche si tu leur laissais une chance...

- Pour qu'il me laisse tomber, s'insurgea Sonoko. Jamais !

- Euh, pardon, intervint Kazuha. On s'éloigne du problème. Que puis-je faire dans le cas présent ?

Il y eut une minute de silence autour de la table. Sonoko tapait du bout de ses doigts sur le bois verni, Ran avait plongé ses beaux yeux bridés vers le fond de sa tasse, comme si les feuilles de thé étaient en mesure de lui apporter un début de réponse. Kazuha attendait nerveusement leur verdict.

De son côté, Conan était au bord de la crise de nerfs. Il en avait assez de ces jérémiades, typiquement féminines, alors qu'à quelques kilomètres à peine, Heiji enquêtait en paix. Il aurait aimé rejoindre le détective au lieu d'être traîné d'un bout à l'autre de l'île, en sa qualité d'enfant de sept ans qu'on ne peut pas laisser sans surveillance à la maison.

Sonoko vint briser le silence. Un sourire insolent s'était dessiné sur son visage.

- Puisque tu veux des réponses, pourquoi ne pas les lui poser directement, proposa-t-elle avec malice. Ce village n'est pas si loin, à peine une heure de trajet. On peut passer outre son interdiction et aller s'amuser à la montagne !

- Bravo Sonoko, applaudit Ran.

Puis s'adressant à Kazuha.

- Elle a parfaitement raison : c'est le meilleur moyen d'être fixée. De plus, je suis déjà venue à Osaka, mais je n'ai en revanche, jamais visité la périphérie. Je suis sûr que les alentours doivent être magnifiques. Qu'en penses-tu Conan ?

- Je veux aller à Tamba Sasayama, entonna-t-il comme un refrain.

Il était prêt à tout pour rejoindre Heiji, et se mêler à son enquête. Kazuha opina à son tour.

- Je dois d'abord avertir mes parents, les prévint-elle alors qu'ils sortaient du magasin. Nous pourrons nous y rendre dès demain matin.

L'assemblée était d'accord. Conan dut néanmoins supporter une après-midi entière consacrée au shopping. Elles dévalisèrent les magasins de l'avenue Mido-suji, elle essayèrent plusieurs tenues, en achetèrent quelques-unes, admirèrent les grandes marques au dessus de leurs moyens. Elles finirent par mettre à contribution le garçon, qui dut porter plusieurs sacs, sous prétexte qu'il n'avait rien à acheter.

Cependant la perspective du départ, le lendemain, lui fit accepter n'importe quoi sans rechigner. Il avait craint de s'ennuyer durant ces vacances. Kogoro l'endormi n'avait reçu aucune affaire digne d'intérêt depuis plusieurs semaines. Le petit détective était en manque d'action. Mais il le sentait bien : les affaires reprenaient enfin...

 


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