Voilà le deuxième chapitre, n’hésitez pas à commenter cette fic =)

Et sinon, voici un petit dessin de Max et de Miroir :

 http://img522.imageshack.us/img522/7306/maxlesfleuvesdedenqw8.jpg

 

Seconde crue : L’Innocence Miroir

 

Max claqua la porte derrière lui et s’empressa d’aller ouvrir la boite aux lettres à l’entrée de sa maison. Cela faisait un peu plus d’un mois que le jeune garçon avait quitté L’empire ottoman pour rejoindre sa mère en Finlande, laissant son père aux soins des ottomans. Ce dernier n’avait pu être déplacé car, l’armoire des ruines s’étant écroulé sur lui, il avait été gravement blessé. Max était rentré il y a quelques jours et sa mère, qui avait tout appris par lettres, l’avait accueillit avec une affection cachant de l’inquiétude. Son ventre avait grossit depuis que le fils s’était séparé de sa chère mère et elle était plus faible que d’habitude. Ainsi, Le jeune garçon aidait du mieux qu’il pouvait sa mère. Il avait gardé le miroir avec lui, ayant l’impression qu’il ne devait s’en séparer. Avec son apparition, une voix lui parlait dans ses rêves, lui disant qu’elle voulait communiquer, qu’elle voulait pouvoir parler avec lui comme elle l’avait déjà fait avec d’autres…Max ne savait pas ce que cela voulait dire mais il sentait que c’était important.

 

Il ouvrit la boite aux lettres, attendant de bonnes nouvelles sur son père, comme en attendait aussi sa mère. La boite était vide, le moral de Max en pri un coup. Il regarda autour de lui avec l’infime espérance que la personne apportant les lettres était en retard. Personne. Juste l’étendue blanche de la neige cachant le sol et la brume grise du matin, il neigeait aussi. Max en avait l’habitude. On ne pouvait même plus voir les maisons du village. Car la maison dans laquelle vivait le jeune garçon était un peu à l’écart du village.

Max éternua, un frisson le parcouru et il se mit à greloter. Malgré le manteau de fourrure qu’il avait revêtu, l’enfant commença à avoir froid. Il songea à rentrer.

 

Max referma doucement la porte sur l’ambiance glaciale qui régnait dehors. Il s’attarda dans l’entrée de la maison afin d’y déposer son manteau puis pénétra dans le salon où se trouvait sa mère, en train de lire. La mine triste, Max annonça brièvement qu’ils n’avaient reçu aucunes nouvelles de son père puis indiqua à sa mère qu’il allait dans sa chambre, celle-ci hocha doucement la tête.

 

Une fois dans sa chambre, Max s’assit sur son lit, il ne savait que faire. Le fait qu'il n'ait pas reçu de nouvelles le rendait anxieux…était-il arrivé quelque chose à son père ? Max se mit à faire les cent pas dans sa chambre quand une voix retentit.

 

-Eh bien…tu n’as pas l’air dans ton assiette…

 

Max se tourna dans tous les sens, essayant de voir d’où provenait cette étrange voix. Elle était aiguë et un peu grinçante, le jeune garçon se dit qu’elle n’appartenait pas à un humain mais à un autre « être »…Max apparenta cette voix à celles des farfadets qui apparaissaient dans les contes que lui lisait sa mère.

La peur s’était emparé des chevilles de Max, le clouant sur place, il attendait que la voix revienne pour vraiment y croire. Sinon, il se dirait que celle-ci n’était que le fruit de son imagination…

 

-Tiens…tu as l’air de m’entendre…

 

Max ne voulu pas y croire mais ses oreilles avaient bien perçu une voix. La peur qu’il ressentait monta d’un cran et il sentit quelques gouttes de sueur perler sur son front. Il devait trouver d’où venait cette voix. La seule chose que parvint à articuler le jeune garçon fut un « Qui…qui êtes vous ? »

 

-Ouvre le tiroir…

 

C’est la seule réponse qu’obtint Max qui se retourna brusquement vers sa table de chevet, le seul objet que contenait celle-ci était…un miroir. Non, pas un miroir, le miroir. Celui que Max avait trouvé dans les ruines du palais. Le jeune garçon se mit à trembler, qu’allait-il se passer si Max en venait à ouvrir le tiroir ? Mille et une possibilités passèrent à travers le jeune esprit du garçon, toutes pires les unes que les autres. La dernière fois qu’il avait touché le miroir son père avait été emporté dans la douleur, depuis ce moment Max avait fait attention à ce qu’il n’entre plus en contact direct avec l’objet. Qui se ferait blesser si le contact se reproduisait ?

 

-Ne t’inquiète pas…La même chose n’arrivera pas ici…

 

Arrivait-il à lire dans ses pensés ? Max se dit que cette parole n’était qu’une coïncidence. Le jeune garçon s’approcha de sa table de chevet, ne songeant même pas au fait que le miroir-car il était sûr que c’était sa voix à présent- puisse mentir tellement le ton qu’il avait employé rayonnait de sincérité.

Il ouvrit très doucement le tiroir, comme si un horrible insecte aurait put jaillir de celui-ci. Puis, voyant que le miroir restait immobile au fond de ce tiroir, Max le saisit avec délicatesse et se mit à fixer la citrouille qui servait de « tête » à l’objet. Malgré que les deux yeux fussent représentés par des accents circonflexes, le fait que les pointes de ceux-ci bougeaient indiqua à Max que le regard du miroir se déplaçait. L’enfant ne fut qu’à peine surpris que le miroir soit capable d’expression, il semblait déjà l’avoir vu sous diverses humeurs dans les ruines. Le miroir s’adressa à Max.

 

-Bonjour…Il semblerait que la même situation se reproduise une nouvelle fois pour moi. Tu peux m’entendre, tu peux communiquer avec moi…Je serais donc là pour te servir, tu pourras profiter de mon expérience et je te ferais profiter de mes conseils…

 

Max tressaillit, le miroir avait dit ces mots avec solennité, le regard sévère…ce miroir le servirait donc. Le garçon mit un peu de temps à assimiler les paroles de l’objet, il était allé un peu vite dans sa tirade. Max se demanda pourquoi le servirait-il…Est-ce que le jeune garçon était alors une sorte d’élu ? Il voulait lui poser tant de questions, mais aucune ne franchissait ses lèvres. Face à ce silence lié à la peur de Max –le miroir l’avait bien compris-, l’objet reprit la parole.

 

-Mon ancien propriétaire m’appelait Miroir, tu peux garder ce nom s’il te convient…Il me semble que ton nom est Max, je me trompe ?

-Oui…c’est ça. Dit Max, la tête baissée.

 

Un certain malaise s’installa. Max repensait à la découverte de l’objet. Le moment où son père avait faillit perdre la vie…à moins qu’il ne la perde à l’hôpital. Max, contrairement à ce qu’aurait fait un enfant de son âge, ne se voilait pas la face. Il entendait sa mère pleurer la nuit, il savait que son père n’avait que d’infimes chances de s’en sortir. Et il sentait que c’était en partie la faute du miroir, mais aussi la sienne. Il n’avait pas respecté les consignes que lui avait indiqué son père. S’il n’avait pas touché le miroir, rien de cela ne serait arrivé.

Puis, rassemblant son courage, Max réussit à prononcer la question qui s’était installée dans son esprit…

 

-Est-ce que c’est toi qui as tué…je veux dire qui a blessé mon père ?

-En quelque sorte…oui. Les traits de Miroir indiquaient que celui-ci était en grande réflexion tandis que Max se figeait, serrant un peu plus le manche du miroir. A vrai dire…Il semblerait que, après que le palais dans lequel je vivais se soit écroulé, ma présence eu servit de protection à cette chambre dans laquelle on m’avait rangé…Le fait que tu m’aies touché a peut-être crée une rupture dans le lien qui m’unissait à cette pièce et donc…on pourrait dire que Dieu a reprit ses droits…

-Alors…alors c’est de ma faute…si mon père viendrait à mourir…ce serait de ma faute…

 

Les larmes avaient commencé à couler alors que Max lâchait Miroir qui se cogna contre le sol en y atterrissant. Le pauvre objet, qui jonchait à présent le sol, ne savait que répondre. Les poings de Max s’étaient crispés et le jeune enfant laissait couler ses larmes en sanglotant.

 

 

Les prochains jours se passèrent à nouveau dans l’attente d’une lettre qui n’arrivait pas. Max n’avait pas révélé à sa mère la faculté du miroir car celui-ci avait jugé qu’en ce temps de gestation, il valait mieux ne pas lui révéler des choses aussi peu banales. Malgré cela, il arrivait à Max et Mimi –surnom affectif donné par Max à l’objet bavard- de converser le soir avant de s’endormir.

Ce fut un matin, alors que Max ouvrait une nouvelle fois la boite aux lettres, qu’une personne étrangement habillée vint à sa rencontre.

 

-Bonjour jeune garçon, je suis bien chez les Raïkkönen ?

 

Max se retourna, la personne était une femme aux cheveux blonds qui s’était légèrement baissée pour mieux voir Max. La moitié gauche de son visage était recouverte de ces mèches blondes et une balafre se dessinait sur sa figure. Elle avait un sourire bienveillant. Elle était vêtue d’une espèce d’uniforme noir et blanc, fait dans ce qui semblait être du cuir.

Comme la neige commençait à se tasser sur les cheveux et les épaules de la dame, Max l’invita à entrer. Après que le garçon ait appelé sa mère pour lui dire que quelqu’un voulait la voir, il emmena l’inconnue dans le salon où la mère de Max s’était installée.

 

-Bonjour, je suis le maréchal Cloud Nine, au service de la Congrégation de l’Ombre…

-Bonjour…répondit la mère d’une voix froide, comme si elle savait que cette personne s’autoproclamant maréchal n’apporterait rien de bon.

-Je n’irais pas par quatre chemins, la Congrégation est un organisme du Vatican formant des jeunes exorcistes à combattre des choses maléfiques appelées « akuma ». Etre exorciste ne s’apprend pas, c’est…un don de naissance, si je peux appeler ça un don…

-Où voulez-vous en venir ? L’interrompit la mère. Nous n’avons pas d’Exorcistes chez nous…

-Vous vous trompez…

 

Le maréchal Cloud avait dit ça d’une voix grave, comme si elle accusait la mère d’une grave erreur, celle-ci sembla pétrifiée tandis que Max secouait son bras, la suppliant de lui expliquer ce qu’il se passait. Cloud, quant à elle, devait encore une fois annoncer la chose qui avait fait pleurer tant de familles.

 

-Madame, dit-elle en s’adressant une nouvelle fois à la mère. Il se trouve que votre fils est un exorciste…Je vais donc l’emmener avec moi…

 

La mère de Max se mit à pleurer, s’agrippant au maréchal Cloud en la suppliant de ne pas emporter son fils. Max était perdu, il ne savait plus quoi penser. Allait-il vraiment partir ? Cette femme allait-elle l’emmener ? Et surtout, qu’était-ce un exorciste ? La seule chose dont Max était sûr, c’était que tout cela était relié au miroir qui s’agitait en ce moment dans sa poche. Max sortit l’étrange objet. La mère dirigea son regard vers le miroir, un regard embué de larmes mais sans aucune surprise. Max mit son visage devant la glace du miroir. Miroir s’adressa à l’inconnu maréchal.

 

-Cloud Nine, c’est bien ça ?

-En effet, et je suppose que tu dois être l’Innocence ? La congrégation m’avait prévenue que tu pourrais être un cas étrange mais je ne m’imaginais pas un second cas d’innocence parlante…

-Une Innocence vous dites ? C’est ce que je dois être…Max veux-tu bien me retourner vers la charmante personne à qui je parle ? Max s’exécuta. A vrai dire…je me suis toujours interrogé sur ma nature, par définition, je suis un objet…mais n'importe lequel
 des humains sait bien qu'un objet n'est pas doué de parole…Ainsi, les humains ont choisi différents termes aux cours des âges pour me définir…de puissances divines à objets du démon…j’en ai connu beaucoup mais jamais aucun ne m’avait autant intrigué que le terme d’Innocence…Aussi, j’aimerais des explications sur ce qu’est une Innocence…

-Ce que je vais dire maintenant pourra paraître cruel mais…vous n’aurez que les réponses que vous attendez si vous me suivez…

-Je…je vais donc devoir quitter mère ? Dit Max qui avait enfin trouvé le courage de poser cette question, la mère tressaillit tandis que la femme maréchal s’accroupissait devant Max pour lui parler.

-Oui, je suis désolée mais tu vas devoir quitter ta mère…tu pourras peut-être la revoir…mais vraiment peu souvent…

 

Des larmes apparurent aux coins des yeux du garçon qui renifla bruyamment alors que Miroir interrompit le maréchal, à la surprise générale.

 

-Non, le garçon restera avec sa mère…Tous les regards se pointèrent sur Miroir, la surprise sur les visages. Il n’a pas besoin de venir, il a une famille et surtout…lui n’est pas l’étrange chose que vous cherchez. Je peux ressentir les émotions des personnes à qui j’appartiens et je sens en Max une grande tristesse…Vous n’avez pas besoin de lui…alors emmenez-moi…

-Il y a quelque chose que tu n’as pas vu en moi…Max s’essuya le nez avant de continuer. Je veux rester avec toi parce que…….parce que je veux savoir pourquoi mon père…va mourir…

 

La mère enlaça son fils en pleurant de plus belle. Cloud, observant la scène, se dit que ce serait sûrement mieux que Max décide de les suivre par lui-même car, sans le savoir…il était compatible.

 

 

Max ouvrit les yeux…la lumière avait pénétré dans la chambre dans laquelle il séjournait…On toqua…

 

-Max…je crois que c’est le grand jour…

 

 


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