Chapitre 6

Note de l'Auteur :

Bonjour !

Désolée pour ceux qui ont vu ce chapitre disparaître soudainement : j'ai tenu à le retirer le temps de faire une bonne correction. Vous l'avez sûrement réalisé, je ne suis pas très douée côté fautes d'orthographes et grammaire, et je m'en excuse très sincèrement, je sais que ça peut être très dérangeant. Je tenterai donc de vous offrir des histoires corrigées à mon maximum, mais ne m'en voulez pas s'il reste quelques fautes. Je ne suis qu'une petite québécoise écervelée qui n'a jamais prêté attention à ses professeurs de français.

C'est la première fois que j'écris en haut de mon histoire, mais je tenais à le faire pour vous remercier tous de vos beaux mots ! Vos commentaires mon sont très précieux et me donnent beaucoup de motivation !

Voilà donc les remerciements, pour tout ceux qui ont commentés sur ff-fr.net : Tenshi, la toute première, Lady Hope qui me laisse toujours un petit message, Ellie-Nawack, Arahi, Kojiro 'qui par ses questions m'aide à m'améliorer, Serpencia, Meumeu- qui me laisse toujours des messages colorés qui me font longuement rire, Clairette ' qui sait combien je l'admire et qui me rend heureuse en aimant mon travail en retour (merci pour ton surnom sur MSN, en passant !), Deb, Lolu, Anioul qui est d'une grande honnêteté, Ciçouille, Lied ' à qui je dois cette nouvelle politique de correction -, Noami, Leslie, Luciole, Marie et finalement Squall812. Merci à tous, et à ceux qui me lisent aussi sur mon site, qui restent des admirateurs secret mais que j'aime tout de même. Un merci spécial à Athéna pour son petit mot.

Un bisous pour Riany, mon inspiration, et pour Nawafya, qui sans le savoir me pousse à écrire de mieux en mieux parce que je veux que quand elle lise cette histoire, elle soit submergée par la culpabilité de ne pas l'avoir fait plus tôt.  

Voilà en gros, et je jure de ne pas le faire à tous les chapitres. Seulement je commençais à me sentir coupable de ne rien dire alors que vous étiez tous si gentils.

Bonne lecture !

-xxxx-

 

 

Chapitre 6 : Noël, prise deux. Action.

 

C'était la première fois que je voyais ma mère pleurer.

 

- Au revoir, Heaven… reviens vite nous voir, souffla-t-elle en embrassant le front de la petite, qui semblait tout aussi triste à l'idée de quitter la Chine.

- Nous allons revenir pour le nouvel an chinois, promis Sakura, les larmes aux yeux. Merci beaucoup de m'avoir accueillit chez vous…

- Ça m'a fait plaisir, Sakura. Malgré tout, tu sais que je t'aime très fort, souffla Yelan en l'enlaçant. Mais la prochaine fois, si tu veux me faire plaisir, reviens donc mariée à Lionel.

Lionel éclata de rire puis embrassa ses sœurs.

- On doit y aller, dit-il finalement. Notre avion va bientôt décoller, et on nous attend pour un autre Noël.

- Saluez les Kinomoto pour moi ! Lança Yelan.

Lionel et Sakura les saluèrent une dernière fois avant de monter à bord de l'appareil. Ils s'installèrent et placèrent Eva près du hublot, curieux de voir si elle regarderait dehors et aimerait la vue. Ce n'est qu'après dix minutes de vol que Sakura fondit en larmes.

- Sakura ? Fit Lionel, surpris, en passant un bras autour de ses épaules. Sakura, qu'est-ce que tu as, mon ange ? Souffla-t-il en l'embrassant sur la tempe. Hey…

Il la pressa contre lui en lui caressant les cheveux.

- C'était tellement un beau Noël, sanglotait Sakura. Je n'arrive pas à y croire.

- Hey il ne faut pas pleurer pour ça, rigola Lionel en lui frottant le dos.

- Je sais, mais je suis juste… complètement submergée par mes émotions, rigola Sakura en se mouchant dans le mouchoir qu'il lui tendait. Il y a un an, j'aurais pu parié tout ce que j'avais que plus jamais je ne serais heureuse, et voilà que je viens de passer une soirée tellement magique… je suis tellement heureuse !

- Mais il ne faut pas pleurer alors, s'exclama Lionel en riant.

- C'est idiot, rigola Sakura. Excuse-moi. C'est juste beaucoup d'émotions en si peu de temps. C'était un beau réveillon, hein ?

- Superbe…

- Je ne sais pas du tout où je vais mettre tout les cadeaux qu'Eva a reçu, il va falloir que je m'achète une nouvelle maison juste pour tout stocker.

- Il n'y a pas à dire, elle a été choyée ! Rigola Lionel en jetant un coup d'œil à sa fille, qui regardait le ciel par la fenêtre, tétant sa suce avec bruit. Cette fille va être très gâtée, faudra faire attention pour qu'elle ne devienne pas trop snob.

Sakura posa sa tête contre son épaule et il l'embrassa sur le front. Elle glissa sa main dans la sienne et ils entrelacèrent leurs doigts.

- Je suis contente que tu sois là, Lionel.

- Moi aussi je suis contente d'être avec toi.

- Tu es vraiment important pour moi. Tu sais, je crois qu'on se goure en pensant qu'il n'y a que trois catégories.

- Trois catégories de quoi, mon cœur ?

- De relation. Y'a amitié : tu peux être ami, bon ami, meilleur ami. Et y'a l'amour, où tu peux avoir un faible pour quelqu'un, tu peux être amoureux, fiancé, marié, âme sœur. Et finalement y'a les relations familiales, avec tes proches, mais aussi avec ceux que tu considères comme faisant partie de ta famille. Mais nous, notre relation… ce que je ressens pour toi, ça ne convient à absolument rien de tout cela. Tiffany et Anthony non plus, ils ne conviennent à aucune définition. Bien des gens ressentent autre chose, quelque chose de plus fort que tout ça ensemble… je pense qu'il manque une catégorie. Il manque un mot, il manque une définition. C'est quelque chose d'autre, c'est puissant, c'est grand… c'est rare, et c'est unique.

- C'est peut-être pour ça qu'il n'y  pas de nom, murmura Lionel, qui commençait à s'endormir. Peut-être qu'il faut que ça reste secret. Je pense que c'est le seul sentiment pur, le seul vrai de vrai, et que parce que personne ne sait comment ça s'appelle ni ce que c'est vraiment, ça reste pur. Personne ne peut abuser de son nom. Ã?me sœur, c'est puissant, mais ça tout perdu de sa valeur, parce que les gens l'utilisent beaucoup trop, et à tort. C'est rendu un mot commun, qu'on associe à n'importe qui n'importe quand. C'est pour ça que l'Autre relation, elle ne se nomme pas. Elle se ressent tout simplement, pour uniquement ceux qui la méritent vraiment.

- … est-ce qu'un jour tu vas mettre toutes tes théories en un seul bouquin ? Parce que je te jure qu'il deviendrait plus important que le dictionnaire lui-même. Tu es un génie, Lionel.

- C'est sur que comparé à ton petit écrivain…

Sakura le frappa dans le ventre et il rigola en fermant les yeux.

 

- Thomas !

Sakura fit une vraie course et sauta au cou de son grand frère, qui l'attrapa et la serra contre lui.

- Hey petite sœur ! Joyeux Noël !

Lionel approcha, Eva dans les bras, et Thomas eu un grand sourire.

- Eva ! Bonjour ma chérie !

Il la prit avant de donner une poignée de main très énergique à Lionel.

- Hey mec, comment ça va ?

- Super, toi ?

- Super, surtout depuis que ma filleule est là ! Et mon petit monstre aussi. Alors, comment était la Chine ?

- Parfait, répondit Sakura. On va débarquer tout notre stock et on va vous retrouver à l'intérieur, proposa-t-elle.

- Vous en avez tant que ça ?

- Voyagez avec Eva revient à se louer un camion de déménagement, tu ne peux même pas imaginer tout ce dont elle a besoin, soupira Sakura.

- Hey hey, regardez-moi cette beauté, si j'étais une fille je te sauterais dessus ! S'exclama Thomas en voyant Tiffany descendre de la familiale.

- C'est une honte que nous ne soyons pas hétéro, approuva Tiffany en allant l'embrasser. Nous aurions fait un couple d'enfer.

Thomas lui fit un clin d'œil avant d'aller à l'intérieur pour qu'Eva puisse voir son grand-père. Lui et Tiffany avaient développé une belle complicité au cours des années, au grand bonheur de Sakura. Ils débarquèrent les paquets à l'intérieur, où ils saluèrent Dominique, Suzanne et François, le petit ami de Thomas. Eva était dans les bras de la mère de Tiffany, qui ne pouvait plus arrêter de piailler de bonheur.

- Mon dieu, qu'est-ce que se sera quand j'aurai le mien, rigola Tiffany en s'asseyant près d'Anthony, qui posa une main sur sa cuisse.

- Je ne la lâcherai pas, répondit Suzanne en riant avant de redonner Eva à Dominique, qui la reprit avec joie.

- Ta famille devait être heureuse de rencontrer Eva, non ? Demanda François à Lionel, souriant alors que Dominique lui tendait la petite pour qu'il puisse la tenir un moment.

- Et comment, ma mère était complètement gaga, répondit Lionel, alors qu'à l'ordinaire, elle est hyper sérieuse. C'était très drôle à voir.

- J'aimerais bien avoir un bébé moi aussi, fit François en mettant Eva debout sur ses jambes. Tu crois qu'on pourrait en adopter un ? Demanda-t-il à Thomas.

- Aucune idée, mais ça serait bien, répondit-il, souriant.

Sakura sourit, émue. Lorsqu'elle avait fait disparaître Yué, Matthieu avait disparu avec lui. Mais Thomas s'en était vite remit, et était depuis plusieurs années avec François, un type extraordinaire.

- C'est moi la prochaine à en avoir un, déclara Tiffany en serrant les poings, déterminée.

- Ce qui est drôle c'est que Sakura et Lionel se ressemblent physiquement beaucoup, et toi et Anthony aussi, alors ça donne des bébés prévisibles, rigola Suzanne.

- Je n'ai qu'à le faire avec un autre alors, grimaça Tiffany. Je pourrais m'essayer avec pleins de types, comme ça, ça serait une vraie surprise !

Anthony lui jeta un regard menaçant et ils éclatèrent de rire. Eva poussa un cri excité en remarquant la pile de cadeaux sous le sapin et Lionel rigola.

- Elle adore les emballages, pour elle c'est le jeu le plus merveilleux, expliqua Sakura. Hier elle a déchiqueté tous nos cadeaux !

- Avoir su je lui en aurais acheté, ça ne coûte pratiquement rien au magasin un dollar, ricana Thomas. Mais quel parrain j'aurais fait, à offrir que ça !

- Dit donc papa, elle est superbe ta table, remarqua Sakura en voyant une table posée près de la bibliothèque, sur lequel était gravé des inscriptions anciennes.

- N'est-ce pas ? C'est Lionel qui me l'a offerte pour ma fête !

Sakura se tourna vers Lionel, qui avait rougit et regarda ailleurs.

- Pour ta fête ? Répéta Sakura, surprise, en se tournant vers lui. Quand est-ce que tu lui as donné ça ?

-… J'étais venu le lendemain, répondit Lionel.

- … ah bon ?! Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit, on serait venu ensemble !

- On ne se parlait plus beaucoup dans ce temps-là, je ne savais pas trop comment agir alors je suis venu seul, expliqua Lionel, gêné. Je voulais offrir un cadeau de fête à ton père, parce que même si on n'est plus ensemble il est… enfin, il fait un peu partie de ma vie aussi, c'est sur, c'est le grand-père d'Eva… Je suis désolé, je ne voulais pas te mettre en colère.

- Oh non, non je ne suis pas en colère, protesta Sakura en agitant les mains. Je suis juste surprise. Mais c'est vraiment très gentil à toi d'avoir penser à la fête de papa. Hey, Eva ! Attends un peu ! S'exclama-t-elle soudainement alors qu'Eva attrapait un cadeau.

Dominique éclata de rire.

- Non, laisse-la. Elle a raison : il est temps d'ouvrir les cadeaux !

 

Sakura somnolait dans la voiture, la tête posée sur l'épaule de Lionel.

- C'était vraiment un beau Noël, lança Tiffany. Eva était trop mignonne. Je crois que j'ai du passer deux cassettes juste à la filmer !

- Elle est vraiment jolie, approuva Anthony. J'ai hâte d'être père, moi aussi.

Tiffany sourit tendrement avant de l'embrasser sur la joue.

- On dirait que tes deux femmes sont épuisées, Lionel ! Lança Anthony en jetant un rapide coup d'œil à son rétroviseur, les mains sur le volant.

- Tu parles, j'aurais du les prendre plus fortes ! Rigola-t-il. Disons que c'était beaucoup d'événements en peu de jours, on n'a pas vraiment eu l'occasion de bien dormir.

- Ce soir, qu'est-ce qui se passe ? Demanda Tiffany. Tu vas dormir chez Sakura, ou tu vas rentrer chez toi ?

- Je vais dormir sur le canapé de Sakura, répondit-il. Mon coloc fête chez moi avec des amis, ça risque d'être un vrai champ de bataille. Et j'ai vraiment besoin de dormir.

- Profites-en donc pour violer Sakura dans son sommeil.

- Quoi ? !

- Une Eva ce n'est pas assez, faut produire en série ! Lança Tiffany.

- Tu es folle, rigola Lionel. Non, je te laisse le prochain bébé. Anthony, à toi de jouer mon vieux, qu'est-ce que t'attends ?

- Rien ne me ferait plus plaisir, mec, mais ça ne ce fait pas en un coup !

- Et bien alors je vous oblige à rester dans votre chambre jusqu'à ce que Tiff soit grosse, tu m'entends ?

Tiffany éclata de rire et Anthony sourit. Il profita d'une lumière rouge pour se pencher et embrasser Tiffany tendrement.

- Je ferai de mon mieux, souffla-t-il.

Lionel sourit puis regarda Sakura, qui bougea dans ses bras. Il la coucha sur lui et mit sa tête sur sa cuisse.

- D'accord, lança Anthony. Moi je fais mon boulot et je mets Tiffany enceinte. Et toi de ton côté, fais le tien et reprends Sakura.

Lionel sourit en caressant les cheveux de Sakura.

- Je ferai de mon mieux.

 

Lorsqu'ils s'arrêtèrent devant la maison de Sakura, elle dormait profondément sur la cuisse de Lionel, tout comme Eva, qui était complètement écrasée dans son siège. Anthony jeta un regard amusé à son meilleur ami.

- Tu as le courage de les réveiller ?

- Non, je vais les transporter jusque dans leur lit.

- D'après moi y'en a une qui risque d'être un peu plus lourde.

- Qu'empêche. Je ne veux pas la réveiller, on n'a presque pas dormit depuis deux jours. Tu peux m'aider à monter les trucs d'Eva pendant que je transporte mes deux endormies ?

Il prit d'abord Eva, qu'il monta sans problème et coucha dans son petit lit, puis Sakura, qui finalement ne pesait pratiquement rien dans ses bras. Il alla la déposer dans son lit où elle se roula en boule comme une gamine. Il sourit en allant chercher tout les paquets, salua ses amis puis retourna dans la maison. Il rangea les choses, déshabilla Eva pour la mettre en pyjama, la borda, puis entra sur la pointe des pieds dans la chambre de Sakura pour aller chercher des draps dans la penderie, histoire de se faire un lit sur le canapé. Il prit les draps en silence puis trotta jusqu'au grand lit pour couvrir Sakura avec ses couvertures. Il se pencha et l'embrassa sur le front, murmura un ''bonne nuit '' puis prit le chemin du canapé.

- Hein ? Mais où tu vas ? demanda Sakura d'une voix pâteuse, le faisant sursauter.

- Tu ne dormais pas ?

- Non, je me suis réveillée quand tu me transportais. Où tu vas ?

- Dormir.

- Sur le canapé ? Lionel, tu n'as pas eu assez de sommeil ces derniers jours, il est hors de question que je te laisse dormir sur le canapé. Viens te coucher, fais pas le con, bâilla-t-elle en rejetant les couvertures pour lui faire une place.

Lionel regarda la place puis posa ses draps avant de la rejoindre dans le grand lit, retirant ses vêtements.

- Daniel ne risque pas de rentrer en pleine nuit, hein ? Je veux pas qu'il pense que…

- Na na na… revient juste la semaine prochaine… dodo…

Lionel s'étendit à côté d'elle et replaça les couvertures. Sakura se tourna vers lui et lui sourit faiblement, toute endormie.

- C'était des belles fêtes, hein, Lionel ?

- C'était génial. On fait quoi pour le nouvel an ?

- Tiffany… son chalet. Ça va être bien aussi.

- Mais Daniel va être là.

-… détail.

Elle glissa sa main dans la sienne et ferma les yeux.

- Je suis contente que tu sois là…

- Je suis content d'être là, mon ange. Dors maintenant. Bonne nuit.

- 'nuit.

 

Lionel se réveilla, et la première chose qu'il réalisa fut que Sakura était dans ses bras. Ils s'étaient entremêlés durant la nuit, et elle dormait blottit contre lui. Il grogna et se déprit lentement de son corps, se sentant incroyablement coupable d'être si près d'elle. Il réussit à se dégager à contrecœur, et Sakura grogna en le repoussant.

- Pourquoi tu me pousses comme ça ? demanda-t-elle, les yeux fermés.

- J'étais un peu trop proche de toi. Tu étais réveillée ?

- Depuis longtemps, et j'étais bien jusqu'à ce que tu te débarrasses de moi, pleurnicha-t-elle.

- On était un peu trop près, répondit-il, mal à l'aise. Quelle heure il est ?

- Onze heures.

- Quoi ? Et Eva, elle doit être réveillée !

- Elle est très bien, ne t'en fais pas, répondit Sakura en bâillant, elle s'est réveillée vers huit heures, je me suis occupée d'elle et elle a fini par se rendormir vers dix heures. Je crois que le voyage l'a épuisé, elle aussi. Lionel… pardonne-moi.

- Pour quoi, Sakura ? demanda-t-il, surpris.

- Je… je suis désolée, j'agis vraiment pas correctement avec toi, tu as raison de me remettre à ma place. Je suis désolée, Lionel la dernière chose que je veux, c'est de jouer les aguicheuses, vraiment. Je… je m'excuse, c'est juste que des fois je deviens trop confortable avec toi et je dépasse les limites de ce qui est convenable, mais c'est pas parce que je veux jouer les femmes fatales je te le jure, c'est juste qu'on a été tellement ensemble que dans ma tête c'est pratiquement absurde d'être loin de toi. Je veux vraiment pas causer d'ennuis ou pire tromper Daniel, je te le jure…

- Calme-toi, Sakura, rigola Lionel. Je sais très bien ce que tu veux dire, et euh c'est à double sens, moi aussi j'ai beaucoup de difficulté à discerner la ligne à ne pas franchir… On a été fichtrement proche l'un de l'autre après tout, pendant longtemps… c'est normal, je crois. Et ce n'est pas si grave, pas vrai ? Quand Daniel n'est pas là. …Pas que je veuille jouer dans son dos, s'exclama-t-il en rougissant. Mais que, euh…

Sakura éclata de rire et se jeta sur lui, l'étreignant.

- Je comprend, rigola-t-elle. Et je t'adore, Lionel. Tu sais, malgré toute la merde de la dernière année, sincèrement, tu restes la personne la plus importante dans ma vie. Tu es merveilleux.

Lionel sourit fièrement et la serrant contre lui lorsque les pleurs d'Eva leur parvirent.

- Tiens, on dirait que la belle au bois dormant vient de se réveiller. Ton prince arrive, ma chérie ! S'exclama Lionel en s'empressant d'aller chercher sa fille dans la pièce d'à côté, faisant rire Sakura.

 

- Vas-y Eva ! S'écria Sakura en applaudissant. Tu es capable !

La petite regardait sa mère d'un air apeuré alors que Lionel la tenait par les mains et la maintenait en position debout. Elle leva son pied et le posa devant elle, suivant les mouvements de son père, faisant crier de joie les deux parents. Eva franchit quelques centimètres en répétant le manège, et son visage prit un air beaucoup plus heureux alors qu'elle découvrait le plaisir de la marche. Elle se mit à faire les mouvements de plus en plus vite, ratant souvent, mais heureusement Lionel la maintenait fermement alors qu'ils allaient vers Sakura, qui était assise à l'autre bout de l'appartement. Lionel déposa sa fille dans les bras de sa mère, qui la couvrit de baiser.

- Bravo Eva ! Bravo !

- Ce qu'elle marche vite ! S'écria Sakura, excitée. Tu as vu ce qu'elle est bonne ?

- Que oui ! Bon, d'accord, je la tenais et sans moi, elle n'aurait pas tenu debout, mais c'est un très bon début !

- J'ai tellement hâte qu'elle marche pour vrai. Et qu'elle parle !

- Moi aussi ! Je me demande ce que sera son premier mot, souffla Lionel en prenant sa fille, qui se tortillait pour aller dans ses bras.

- Sûrement papa. Elle est folle de toi.

- Et tant mieux parce que moi je suis fou d'elle, ma petite Eva à moi, grogna-t-il en embrassant sa fille dans le cou, la faisant éclater de rire.

- Tu es complètement gaga ! Rigola Sakura en se levant pour aller au salon.

- Je sais, admit Lionel en la rejoignant, la petite dans les bras. C'est plus fort que moi, dès que je suis avec elle je perds tous mes moyens. Et sa ravissante mère ne m'aide pas à garder toute ma tête, souffla-t-il en lui faisant un clin d'œil. Bon, prend Eva, je vais aller voir si le souper est prêt.

Sakura prit sa file avec soin et Lionel s'empressa de filer à la cuisine pour surveiller son poulet.

- C'est prêt !

Sakura installa Eva dans sa chaise et alla lui chercher une compote alors que Lionel servait leur repas. Sakura ouvrit une bouteille de vin et ils s'assirent à table. Elle sourit lorsqu'il posa son assiette devant elle. Eva poussa un cri de joie et se mit à frapper sur sa tablette en balançant les pieds.

- Dit donc, y'en a une qui a faim, rigola Lionel. Viens-là, je vais te faire goûter les patates pilées. C'est bien la seule chose que tu peux manger, tu n'as même pas de dents.

Eva prit la bouchée et se la mit sur le visage avant de pousser un petit cri parce que c'était plutôt chaud. Lionel s'empressa de l'essuyer, mais Eva se mit à pleurer.

- Ce n'est pas grave. Moi aussi j'ai fais ça la première fois. Tu vas t'habituer. Tiens, dans la bouche cette fois.

Il réussit à bien viser et Eva referma sa bouche sur les patates. Elle les mâchouilla avec la langue quelques temps, surprise du nouveau goût qui s'offrait à elle, sous le regard curieux de ses parents. Elle en mangea la moitié avant de laisser le rester couler sur sa bavette en souriant.

- … pas mal quand même, rigola Lionel. Je crois qu'on va en rester à la compote.

- Sage décision, approuva Sakura. Ton repas est délicieux, Lionel !

- C'est une recette secrète que je sers à toutes mes conquêtes. Je cache des trucs aphrodisiaques dedans, c'est ce qui fait l'arrière-goût, souffla-t-il sur un ton de confidence.

- Tu as l'intention de me violer cette nuit ?

- Non, c'est la magie de la chose : c'est toi qui va me sauter dessus !

Sakura éclata de rire en voyant l'air pervers de Lionel.

- Non, sans blague, le secret c'est que j'enrobe le poulet de moutarde, rien de plus facile, mais c'est délicieux. Et toi, jolie demoiselle, ta compote est-elle délicieuse ? On dirait bien, tu te goinfres !

Sakura éclata de rire. Eva agrippait la cuillère qu'elle tenait et s'assurait de bien avaler chaque petite goutte de compote qu'elle pouvait y trouver, sortant la langue. Lionel regardait Sakura et sa fille avec un sourire attendri. Sakura le remarqua et eu un petit sourire amusé à son tour. Elle glissa son pied contre la jambe de Lionel, attirant son attention.

- T'es heureux, mon loup ?

- Très, pourquoi tu le demandes ?

- Parce que tu as l'air heureux. Tu souris bêtement.

- Je me disais juste que ce soir, c'est une soirée vraiment belle. C'est simple, mais d'être assit avec toi et Eva pour manger… c'est ce que je voudrais vivre, pour le restant de mes jours. Des scènes aussi banales que ça.

- C'est vrai… si la vie pouvait être comme ça tous les jours, on serait vachement bien, hein ? Ça serait parfait…

- C'est qu'une question de temps, pas vrai, Sakura ? On le trouvera notre bonheur. Après la pluie vient le beau temps, non ?

- Que oui. On va être heureux, enfin. On l'a bien mérité. À nous ! Lança-t-elle en levant son verre.

- À nous ! Répondit Lionel avec assurance.

 

Je suis resté quatre jours chez Sakura, et chacun d'eux étaient fabuleux. Je découvrais petit à petit des millions de choses sur mes deux femmes.

Malgré leurs quelques vingt ans de différence, Sakura et Eva se ressemblaient déjà en plusieurs points.

Par exemple, toutes deux avaient une drôle de fascination pour mes pieds.

Quand j'étais avec Sakura, elle pouvait passer de longues minutes à comparer la grandeur de nos pieds. Dès qu'elle se trouvait couchée Ã  côté de moi, elle sortait nos pieds des couvertures et s'amusait à les regarder. Elle parlait de combien ses orteils étaient petits, de comment les miens étaient poilus ' pur mensonge d'ailleurs ' et combien elle se sentait petite, et ensuite elle finissait par comparer chacune des parties de notre corps que l'on pouvait avoir en commun.

Eva, de son côté, n'avait pas encor compris tout à fait le monde des proportions. Elle aimait mes pieds à sa façon.

Elle se les mettait dans la bouche.

Je ne sais pas si l'odeur était si alléchante ' en fait je doute fort qu'elle l'était ' mais dès que j'enlevais mes souliers et que ma position me le permettait, elle rampait et se fourrait mes orteils dans la bouche. Elle pouvait mâchouiller mes bas pendant des dizaines de minutes sans se tanner, y mettant même concentration et effort.

Et pour une raison encore plus bizarre que celle qui attirait Eva vers mes chaussettes, la sensation de la bave d'Eva sur mes pieds était merveilleuse. Même ses couches sales étaient un plaisir pour moi, parce qu'en fait, c'était la preuve d'une chose extraordinaire : j'étais père, et c'était ma fille.

Eva semblait avoir tout à fait compris qui j'étais. Elle me collait autant que Sakura, et allait jusqu'à me demander lorsqu'elle avait besoin de quelque chose. Et le son de sa petite voix qui me réclamait (j'avais bien sur été rebaptisé, vu ses petits moyens de paroles. Je m'appelais désormais wada) était une énorme fierté. Dès qu'elle ouvrait la bouche, mon cœur se serrait soudainement d'une excitation incroyablement idiote, et je me mettais à espérer que se soit moi qu'elle appelle, moi et personne d'autre. De savoir qu'elle avait besoin de moi était fabuleux.  Je me soudainement comme un super héros, l'homme le plus important de la terre, celui dont on ne pouvait possiblement pas se passer et sans quoi l'humanité ne survivrait pas.

 

Bien sur quand on y pense, essuyer les fesses d'un bébé n'a rien d'héroïque. C'est même un peu dégoûtant.

Quoi que,  parfois, on se dit qu'il faut être surhumain pour supporter cette odeur.

 


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