Paridise

There she is

 

 

 

Paradise

 

Une pierre, suivie d’une autre, puis d’encore une autre, jusqu’à ce que toutes ces pierres créent un désert de désolation dans le salon de Shaolan. La pièce semblait encore plus misérable avec les feuilles de papier cachant les trous dans le verre de la fenêtre. Les rayons n’illuminaient même plus la pièce la rendant maussade et triste.

Des insultes et des graffitis décoraient la porte de notre Chinois.

« C’est un amour pervers ! Vous êtes des monstres ! Démons ! C’est un amour contre nature ! Puants ! Non ! Vous êtes mes héros ! Vous donnez l’exemple d’une nouvelle société ! »

Sakura regardait effrayée et dégoûtée ces dessins d’eux copulant de manière obscène. Elle n’osait pas déranger son très cher Shaolan bien qu’il lui avait donné rendez-vous chez lui à cette heure-ci.

La porte s’ouvrit sur un Shaolan fatigué. Il sourit faiblement à sa bien-aimée et referma la porte derrière lui.

« Shaolan, tout va bien ?

-Oui, mon amour, dit-il en déposant un léger baiser sur ses lèvres. Ne t’inquiète pas, Ca leur passera. Il faut tenir le coup, c’est tout.

-Oui ! Tu as raison !

-Viens ! Je vais te faire découvrir un nouveau café où ils font des thés au jasmin délicieux. »

Le jeune homme saisit la main de la jeune fille et la conduisit à l’endroit mentionné. Le couple prit place en badinant comme d’habitude. Sakura fut rassurée de voir que son amoureux semblait sourire plus franchement. La Japonaise s’épanouissait au contact de cette main chaude posée sur la sienne.

Le serveur interrompit leur conversation afin de prendre leur commande.

« Nous aimerions prendre deux thés au jasmins s’il vous plaît, commanda le jeune homme.

-…

-Il y a un problème, monsieur ? Vous n’avez pas entendu ma commande ?

-…

-Nous voudrions deux thés au jasmin, s’il vous, monsieur, articula lentement Shaolan, cherchant à conserver son calme devant l’impassibilité du serveur.

-Sortez !

-Pardon ?

-Vous êtes répugnants ! Veuillez immédiatement sortir de notre établissement.

-Attendez une minute… »

Un coup de poing magistral coupa le souffle du Chinois. Le coup fut si violent qu’il en tomba de sa chaise. Il n’eut pas le temps de se relever que deux serveurs le traînèrent pour le jeter hors du café. Complètement paniquée, Sakura suivit son bien-aimé dehors, s’assurant qu’il n’avait rien de cassé.

« Ne revenez plus ! » cria le serveur avant de refermer la porte.

  Sur la vitrine du café, on pouvait observer le panneau maudit illustrant un drapeau chinois et un drapeau japonais unis par un cœur et barré de l’interdiction.

La joue gonflant à vue d’œil, Shaolan se releva en rage. Il voulut entrer de nouveau dans le café mais Sakura le tira par le bras pour lui éviter de commettre une folie.

« Lâche-moi, Sakura ! Ce sont des enfoirés ! C’est comme ça que vous traitez tous vos clients ! De quel droit vous nous traitez de la sorte ! On s’aime et alors ? Connards ! Blaireaux ! Bande de cons ! »

La colère étant à son paroxysme, le jeune homme donna un coup de pied à la porte du bâtiment. Pourquoi tant de haine pour un simple amour ? Il resta à genoux un moment à marteler le sol. Pourquoi était-il si impuissant ?

Le Chinois sentit une douce caresse sur son épaule. Ses prunelles ambrées fixèrent d’incompréhension sa compagne. Celle-ci affichait un visage inquiet. Disparu le sourire candide. Disparu le rire cristallin. Disparu l’insouciance des premiers instants.

« Ce n’est rien, dit-il en lui baisant la main.

-Ta joue gonfle. Viens, on va s’asseoir sur ce banc un moment avant de repartir, dit-elle en désignant un endroit de l’autre côté de la rue. »

Sans un mot, le couple s’assit. Sakura caressa doucement la joue blessée. La Japonaise ne savait que faire. Son aimé était dans ces pensées néfastes. Il bouillait de l’intérieur. Spontanément, elle déposa un long baiser sur cette joue.

« Sakura ?

-C’est un bisous magique ! Pour que tu guérisses plus vite.

-Sakura, tu es vraiment trop mignonne, murmura le jeune homme en caressant le visage de sa compagne.

-Que faites-vous là ? » interpella une voix désagréable.

La couple porta son attention sur un petit vieillard à la mine mauvaise. Le vieil homme fusillait du regard les amants. Dans un geste protecteur, Shaolan mit son bras devant Sakura. Il n’aimait guère intervention du vieux. Ce dernier leva sa canne en direction du garçon d’un air menaçant.

« Tu es Chinois comme moi. Pourquoi traînes-tu avec cette garce ? Les Japonais sont fourbes et menteurs ! Tu ne devrais pas fricoter avec elle. Mais où as-tu donc la tête ? Nous ne sommes pas faits pour nous mélanger. Au contraire, ce serait l’anarchie. Vous allez arrêter immédiatement ce comportement décadent. Tu m’as compris ? insista-t-il en tambourinant le front de Shaolan du bout de sa canne.

-Ca suffit ! » hurla le jeune homme en saisissant brutalement la canne.

Le petit vieux, les gens qui les observaient, tous s’arrêtèrent de stupéfaction suite au geste de l’amant. De quel droit osait-il malmener ce gentil vieil homme ? Sans un mot, Shaolan se leva, entraînant sa compagne avec lui. Serrés l’un contre l’autre, le couple rentra chez lui sous les regards accusateurs du peuple.

 

 

« Nous vivons dans une société en paix ! Nous devons apprendre à nous aimer les uns les autres ! Nous sommes tous humains, peu importe notre nationalité ! Acceptons de nous mélanger ! A partir du moment que deux personnes s’aiment, leur amour est fantastique ! » haranguait sans discontinuer une voix amplifiée par un cône.

Quelques personnes s’étaient réunies grâce aux bons soins d’Eriol pour manifester contre cette loi stupide de séparer deux personnes s’aiment en prenant comme excuse leur nationalité différente. Eriol avait dessiné des tracts très gais où l’on voyait le drapeau chinois et japonais dans un cœur avec de très belles couleurs. L’homme bedonnant désirait prouver que cet amour n’était en aucun cas l’œuvre du démon.

Akira vint lui donner un coup de main, nourrissant le désir secret d’entreprendre une relation avec Meiling. Nokuro et Sûo le regardèrent d’un œil mauvais.

« Dépose cette affiche !

-Non ! Je veux que Sakura et Shaolan  soit heureux ensemble ! argumenta le Japonais amoureux.

-Te fous pas de nous, coupa Sûo. On sait tous que t’as craqué pour la Chinoise qui joue dans un groupe. Regardez, monsieur devient tout rouge.

-On s’en fiche ! Tu ferais mieux de déposer cette affiche si tu ne veux pas d’ennuis.

-Quels ennuis ?

-Tu n’as pas vu à la télévision ? Vous n’êtes pas les seuls à manifester. Ceux qui sont pour la lui n’arrêtent pas de clamer dans les rues l’infamie et la perversion chez Shaolan et Sakura. Ils n’ont pas été assez discrets et voilà le résultat.

-Nous les combattrons, un point c’est tout !

-Vous êtes dix, à tout casser. C’est gens-là sont au moins une cinquantaine et eux ne se contentent pas de brandir des panneaux : ils deviennent violents dans leur haine.

-Justement ! Je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour soutenir mes amis ! Si vous n’êtes pas d’accord, nos routes se séparent ici ! » cracha Akira en leur jetant un regard noir.

Les deux loubards suivirent du regard leur ami être accueilli par Eriol, brandissant fièrement le panneau de l’amour. Sans un mot, ils échangèrent un regard triste et inquiet…

 

 

« Regardez ! C’est elle ! C’est la putain ! » cria une voix haineuse.

Sakura, qui nourrissait son chaton devant chez elle, releva la tête de surprise. Courageuse et téméraire, elle s’apprêta à donner une bonne correction à cet incorrect. Elle n’était la putain de personne !

Elle arrêta son geste à l’arrivée d’une vingtaine d’autres personnes. Une foule littéralement en colère l’insultait, prêt à bondir sur elle pour la tabasser. Vive comme l’éclair, la jeune fille emmena son chaton dans ses bras et s’enfuit le plus vite possible loin de ses fous.

Furieux d’un tel traitement envers sa maîtresse, le chaton montra les dents et s’hérissa les poils. L’animal s’échappa des bras protecteurs pour se battre contre cette foule. Sakura stoppa sa course pour récupérer son petit chat. Trop tard ! Leurs poursuivants les rattrapèrent au même moment, déversant sans vergogne leur colère sur cette frêle jeune fille et son animal de compagnie.

 

 

Shaolan courut, courut vite, plus vite, encore plus vite. Ses pas résonnaient dans les couloirs aseptisés. Ses jambes ne bougeaient pas encore assez rapidement pour rejoindre cet ange. Sa course le propulsa contre la porte d’entrée tant il était incapable de contrôler son corps à cause de la vitesse. Oubliant même de respirer malgré cet effort physique, il chercha avidement des yeux la blessée.

Sakura était assise sur son lit, habillée de blanc, recouverte de blanc alors que son corps n’avait plus ce teint de pêche. Sa peau, si parfaite et éclatante, était couverte de bleus et de jaune sale. Un bandeau blanc tâché de rouge ornait sa tête. Son poignet droit était plâtré. Pourtant, la jeune fille sourirait, souriait à ce visiteur tant espéré, souriait de ce sourire candide qui lui allait si bien. Dans ses iris de jade, on pouvait lire le bonheur pétiller.

Tomoyo siégeait à ses côtés, prête à rassurer son amie et à lui soutirer des infos pour la venger plus tard. Shaolan s’approcha du lit tout en sentant les yeux des autres patients le dévisager. Certains le condamnaient par leur regard meurtrier.

Le jeune homme ne comprenait pas. Pourquoi ? Pourquoi avoir flétri une si belle fleur ? Pourquoi tant de mesquinerie pour leur amour ? Comment en est-on arrivé là ? Comment ? Il n’était pas là ! Il n’était pas présent pour la protéger ! Il était impuissant à protéger celle qu’il aime !

Shaolan se souvint de leur première rencontre, du jour où son cœur battit  pour la première fois pour la jeune fille. Il se remémora les rayons du soleil jouant dans la chevelure miel pour la rendre angélique. Sakura était si mignonne avec le chaton sur son épaule. Le jour de son anniversaire, la Japonaise avait sauté de joie en goûtant son gâteau. Et leur premier baiser, si doux, si fort, si tendre… Il aimait emprisonner ce corps fragile dans ses bras, sentir ce coeur innocent battre pour lui. Du moment qu’on le persécutait, lui, tout allait bien. Shaolan aurait souffert en silence du moment que cet être merveilleux ne souffre pas de l’intolérance.

 Pourquoi le monde ne voyait-il pas en Sakura ce qu’il voyait ? Le garçon était un être humain comme elle. Au nom de quoi devait-il renoncer à elle ? Arrêtez de juger cette fille si belle ! Arrêtez de dépouiller sa personne de toute sa bonté ! Pourquoi les gens les haïssaient-ils à ce point ? Pourquoi d’autres les prenaient-ils en exemple ? Sakura et Shaolan voulaient juste vivre heureux comme n’importe quel couple.

Rentré chez lui, Shaolan alla dans la salle de bain. Il avait besoin de se passer de l’eau sur le visage. Le Chinois se sentait malade ; il devait se contenir pour éviter d’agresser n’importe qui. La société était peuplée de porc ! Des sales porcs qui infectent les mentalités des hommes bons ! Le jeune homme releva la tête et rencontra son reflet. A cet autre lui-même, il ne pouvait se mentir. Shaolan fut un incapable, incapable de sauver cette jeune fleur. Elle fut souillée par sa faute, sa très grande faute ! Il savait parfaitement que la jeune fille jouait dehors parce qu’elle l’attendait du boulot. Et lui, l’idiot, fut en retard pour ce rendez-vous. S’il avait eu fini plus tôt…

Empli de remord, Shaolan fracassa le miroir. Les poings maculés de sang, l’amant martela le mur en pleurant sur leur destiné. Il savait parfaitement que ce genre d’incident recommencerait s’il restait aux côtés de cette merveilleuse jeune fille. Shaolan aimait Sakura, c’était indiscutable. Cependant, serait-il assez égoïste pour l’exposer ainsi au danger ? L’amant imagina déjà les répercussions sur son corps fragile, sur sa santé, le plus grave serait d’atteindre sa personnalité si bonne. Deviendrait-elle insensible, froide et égoïste ? Ou bien sa gentillesse la perdrait ?

En cet instant de lucidité à travers ses larmes, Shaolan su comment agir. Ce qu’il fit, il le fit pour le bien de Sakura, même si cela devait faire mal…

 

 

Le Chinois peignit sa porte d’entrée en gris afin de cacher tous les graffitis honteux qui ornaient sa porte. Tout en sautillant de bonheur d’être enfin libre, Sakura arriva pour embrasser son aimé. Toutefois, elle s’arrêta à un mètre de Shaolan, sentant instinctivement que quelque chose n’allait pas. Elle nota la couleur grise garnissant sa porte d’entrée, les vêtements sombres que portait son amoureux et sa mine blafarde ; ce qui la choqua davantage fut le panneau maudit cloué sur le bois du portail.

« Shaolan …? Appela timidement l’amante.

-Sakura, nous deux, c’est fini, informa implacablement le Chinois.

-Pourquoi… ?

-C’est comme ça. »

Sans un regard pour celle aimée, le Chinois s’enferma dans sa propriété. Affronté ces émeraudes embués de larmes, ces lèvres vermeilles faisant une moue implorante, c’était au-dessus de ses force. Sakura mit quelques minutes pour réaliser la situation. Elle resta là, devant ce panneau qui était la cause de tout son malheur, inapte à réagir à ces paroles dures prononcées par une voix aimée.

Tel un zombie, la jeune fille retourna dans son appartement. L’attendait son chaton gravement blessé. Kéro avait une patte cassée et des côtes fêlées. Le vétérinaire lui avait expliqué qu’il avait une hémorragie interne ; néanmoins, le médecin ne pouvait opérer à cause du jeune âge de l’animal. Son corps était bien trop petit et bien trop frêle pour supporter une intervention aussi lourde. La maîtresse devait espérer que le petit chat se remette de ses blessures sinon…

A genoux devant le félin blessé, Sakura l’observa haleter, impuissante à lui procurer un quelconque soulagement. Elle l’avait installée dans une boîte à chaussure tapissée par des couvertures moelleuses et bandé comme elle le pouvait son ventre. Qu’allait-elle devenir si le malheureux chaton l’abandonnait aussi ?

Prise de nostalgie, l’esseulée sortit deux billets d’avion de sa poche. Ceux-ci étaient un passe pour aller à Paradise. C’était un coin paisible et tolérant. Elle avait désiré monter ces billets à Shaolan pour lui en faire la surprise. Là-bas, ils auraient pu vivre comme un couple normal. Sakura imaginait déjà faire les courses avec Shaolan, lui tenant le bras sans que les gens les jugent. Une fois chez eux, elle lui aurait concocté  de bons petits plats tout en riant et en faisant des batailles de nourriture si l’occasion se présentait. A quoi bon ? Tout était fini à présent. Il ne restait qu’elle et ses deux billets.

A son insu, la Japonaise était espionnée par une âme protectrice. S’apercevant de la détresse de son amie, l’ombre quitta la fenêtre pour courir vers cet abruti qu’il avait osé l’abandonner. Nokuro rageait contre ce Chinois. Il avait laissé la jeune fille faire ses choix parce qu’il croyait en elle et à sa capacité de construire son bonheur. Shaolan lui avait semblé gentil et aimant envers celle qu’il chérissait en secret. Pourquoi ? Pourquoi des larmes devaient garnir ses joues magnifiques ?

Nokuro aperçut son rival dans la rue. Ce dernier sortait pour se changer les idées. Sans réfléchir, le loubard accéléra et cogna de toutes ses forces ce déchet sans crier garde. Sous le coup, Shaolan s’effondra à terre. Ce n’était pas que l’attaque fut particulièrement violente, c’était la surprise et son état de mélancolie qui avait aidé à le mettre en pièce. Nokuro le releva en le tirant par le col, le foudroyant de son regard le plus noir :

« Pourquoi t’abandonne Sakura ? Faut pas la laisser seule ! Tu sais ce qu’elle fait ? Tu sais ce qu’elle fait là ? Elle broie du noir devant son chaton mourrant ! Et toi, sale con, tu te permets de la laisser comme ça ! Tu ne vas même pas la consoler ? Réponds-moi ! Pourquoi tu ne dis rien ? Salop ! »

Shaolan l’affrontait même pas, il avait décidé de se laisser faire. Comment ce type qui vit au-dessus des lois pourrait comprendre sa souffrance lorsqu’il voyait ce beau visage abîmé par sa faute. Oui, Sakura souffrait. Oui, elle devait certainement pleurer. Pour tout ça, Shaolan devait payer et il était prêt à le faire grâce à cet homme. Au moins, celle qu’il aimait était indemne. Il n’y avait plus rien à ajouter.

Furieux par le manque de réaction de Shaolan, Nokuro s’apprêta à cogner une nouvelle fois ce pourri. Ce type n’avait aucun respect pour sa petite Sakura chérie ; il allait comprendre ce que signifie le mot souffrance.

« Regardez tout le monde ! Quelqu’un cherche à faire du mal à Shaolan ! »

Nokuro fut distrait par une troupe manifestant pour autoriser les liens intimes entre Chinois et Japonais. Pour cette foule, il était un raciste qui ne cherchait qu’à écraser le représentant de l’amour universel. Vite ! Il fallait déguerpir d’ici en vitesse avec l’autre idiot pour terminer cette « conversation ». Malheureusement, de l’autre côté, arrivaient les manifestant pour la loi interdisant ces relations de dépravés entre nationalités différentes.

Pris au piège, les deux hommes ne savaient dans quelle direction s’enfuir. Les partisans bousculèrent Nokuro qui se défendit immédiatement en giflant la personne derrière lui. Le loubard regretta tout de suite son geste en s’apercevant que c’était Akira qui avait reçu son coup. Pourquoi tant de violence ? Malgré tout, son ami l’aida à se battre contre d’autres agresseurs ; s’ensuivit une véritable bataille entre les deux groupes.

Qui était au centre de tout cela ? Shaolan ne faisait que recevoir les coups de tous…

 

 

Kéro était mort. Après plusieurs heures d’agonie, sa vie avait été soufflée comme la flamme d’une bougie. Sakura contempla ce corps sans vie à ses pieds. Elle tenait son ruban vert dans sa main, seul vestige de cette petite vie si courageuse.

Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que tout le monde s’en aille ? La tristesse gagnait son être la poussant à pleurer toutes les larmes de son corps. Pourquoi fallait-il que Kéro essaye de la défendre ? Pourquoi le monde était-il contre elle ? Non ! Elle n’acceptait pas cette perte ! Pourquoi tant de malheurs ?

« Non » cria-t-elle, le visage submergé de larmes.

Il fallait qu’elle téléphone à Shaolan, qu’elle se confie à lui. Cette voix chaude et rassurante pourrait certainement trouver les mots qui la réconforteraient un peu. Elle sonna, sonna et sonna. Un appel. Deux appels. Trois appels… Personne à l’autre bout du fil pour répondre à son S.O.S.

Comment aurait-elle pu savoir qu’à cet instant, le mobile de Shaolan était enfermé dans un tiroir du commissariat. Les policiers qui avaient arrêtés les manifestants avaient confisqué les effets personnels de leurs prisonniers. Shaolan et Nokuro se tenait côte à côte dans un mutisme haineux. Le Chinois se moquait de sa situation ; sans Sakura, plus rien ne comptait vraiment.

« Il ne répond pas ! Il ne répond pas ! Il ne veut plus me parler ! Pourquoi n’ai-je pas de réponse ? »

En plein désarroi, la jeune fille alla sur le balcon. Ce grand vide l’attira. Elle pourrait se jeter dans le vide ; elle ne manquerait à personne ; elle mettrait fin à cette horreur qui l’entoure. C’était une idée plaisante ; c’était une promesse de paix et de sérénité. Sakura monta sur la rambarde du balcon. Elle sentait le vent sur sa figure humide. La jeune fille s’imagina flottant dans ce grand vide avant de se fracasser contre le sol. Ce serait doux…

Un bruit aigu se fit entendre quelques mètres plus bas. Au lieu d’un corps disloqué d’une jeune fille, un portable se trouvait en miettes en bas de l’immeuble de la Japonaise. Désespérée de l’absence de réponse, elle avait fait glisser son bien entre ses doigts pour le voir tomber à sa place.

Sakura se changea pour des vêtements noirs, reflet de sa propre mentalité. Elle prit son passeport et sa valise. Sa main se referma sur les billets d’avion pour Paradise. Elle hésita un moment ; puis, lentement, elle prit le billet qui lui était destiné.

Tandis que la porte claquait, le billet restant trônait sur la table basse, comme s’il attendait que quelqu’un l’utilise à sa place…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lien de l’épisode :

http://fr.youtube.com/watch?v=etlmyI0G-Ro

 

 

Voilà ! C’est le dernier épisode pour le moment. J’écrirais la suite lorsque les auteurs de la série diffuseront le cinquième et tout dernier épisode de la série. Hé oui ! Comme vous l’aurez compris, le cinquième clôture cette histoire. Normalement, il sera diffusé dans deux mois. Merci de m’avoir lue et j’espère que vous laisserez des commentaires aux auteurs originaux.


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