Blâme

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Blâme

 

 

 

         Le cours de Monsieur Yui se déroula comme l’avait prédit Kojirô : avec une interro des cinq dernières minutes à la clé ! Un coup d’œil furtif sur le bureau d’à côté et la copie du voisin et Anna Lou fut ravie du résultat de ses explications. A elle, maintenant, de cartonner sur son interro de japonais…

 

         Après cinq minutes, la sonnerie invita les retardataires à bâcler leur copie tandis que Monsieur Yui pressait le mouvement.

 

- Allez ! Allez ! Je veux voir les stylos tête en haut !! Saeko, veuillez ramasser les copies, je vous prie.

 

         Quand le professeur eut récupéré tous les devoirs de ses élèves, il les salua et quitta la classe au pas de course après leur avoir rappelé de bien étudier les nouveaux mots d’orthographe pour le cours du jeudi suivant.

 

         Ken et Takeshi s’approchèrent du bureau de Kojirô et Anna Lou, un grand sourire scindant leur visage en deux.

 

- Anna Lou, dit Takeshi, grâce à toi, je vais enfin avoir une note dépassant le seuil peu honorable de mon médiocre niveau ! C’est la pause de dix heures : laisse-moi t’offrir un café pour te remercier !

 

- Je n’y suis pour rien si tu as réussi ton interro : tu as fait tout le boulot en restant concentré et attentif aux explications.

 

- Modeste avec ça… fit remarquer Ken.

 

- Grouillez-vous ! lança Kojirô. Les autres doivent nous attendre !

 

         Tous les quatre abandonnèrent la classe et filèrent rejoindre « les autres » le temps de la pause.

 

         Hiroshi, Kazuki, Tsuneo et Hideto les attendaient près du distributeur de boissons, chacun un verre fumant à la main.

 

- Eh ! Salut Anna Lou ! se réjouit Hiroshi en la gratifiant d’un baiser sur la joue. Alors ces trois là se sont enfin décidés à t’emmener avec eux !!

 

- Bonjour tout le monde ! dit-elle en repoussant gentiment Hiroshi du plat de la main. Ne les chambrez pas trop : ils viennent de fournir un gros effort intellectuel et ils ne méritent pas d’être houspillés par les copains !!

 

- Ah ?! s’intéressa Kazuki. Quel genre, le gros effort intellectuel ? Si je ne m’abuse, vous sortez du cours de français qui n’est pas votre matière de prédilection cette année…

 

- Alors ! coupa Takeshi. Qu’est-ce que tu veux Anna Lou ? Café noir ? Long sucré ? Court sans sucre ?

 

- Euh… Si ça t’ennuie pas, j’aime autant un thé court sucré…

 

- No problem !

 

         Il lui tendit le verre et elle en apprécia le nectar édulcoré tandis qu’un silence s’était installé entre eux.

 

- Mademoiselle Bonnamy !

 

         Anna Lou et les garçons pivotèrent presque simultanément vers le propriétaire de la voix au ton sec et peu aimable.

 

- Oui ?

 

- Suivez-moi je vous prie, exigea le surveillant général.

 

         Elle lança un regard interdit aux sept garçons et suivit Monsieur Shiki.

 

- Qu’est-ce qu’il lui veut le Shiki ? interrogea Hiroshi en jetant avec nervosité son verre vide à la poubelle.

 

- A tous les coups, c’est Saeko ! pesta Ken.

 

- Saeko ? s’étonnèrent à l’unisson Kazuki, Hiroshi, Tsuneo et Hideto.

 

         Takeshi raconta l’épisode de la gifle. Les manifestations d’indignation ne se firent pas attendre au sein du petit groupe mais la sonnerie retentit à nouveau pour regagner les classes.

 

         Quand Kojirô, Ken et Takeshi passèrent le pas de la porte de leur classe, Anna Lou était assise à sa place. Tous les autres aussi, d’ailleurs.

 

- Dépêchez-vous ! somma Monsieur Nakada. Nous avons déjà perdu assez de temps ! Sortez vos livres page 57 ! Aujourd’hui, nous entamons un nouveau chapitre : la littérature du Japon moderne. Durant les prochains cours, nous étudierons l’œuvre de trois auteurs précurseurs de ce mouvement : Tsubouchi Shoyo, Futabatei Shimei et Mori Ogai.

 

         Kojirô jeta un coup d’œil furtif sur sa voisine : le nez plongé dans son livre de littérature, elle semblait à des kilomètres de là. Son visage d’habitude si expressif et enthousiaste restait hermétique et fermé.

 

- Alors ? demanda-t-il à mi voix avec détachement. Qu’est-ce qu’il te voulait Shiki ?

 

- Rien d’important.

 

         Kojirô leva le nez vers Ken et Takeshi qui attendaient un signe avec impatience et leur adressa une moue significative quant à son ignorance.

 

         Le cours se passa dans l’impatience qu’il se termine et lorsque midi sonna, un brouhaha immédiat de chaises traduisit le grand intérêt des élèves pour la littérature japonaise. Les garçons se pressèrent de ranger leurs affaires et se hâtèrent de rejoindre Lou qui les avait devancés. Ils allaient enfin pouvoir la questionner et tirer cette affaire au clair.

 

- Aujourd’hui, on déjeune sur l’herbe, Anna Lou ! l’informa Ken alors qu’elle prenait la direction de la salle de repos.

 

- C’est bien ! Allez-y ! répondit-elle en continuant son chemin.

 

         Non contents de cette réponse expéditive, Ken et Takeshi s’élancèrent au devant d’elle et l’entravèrent dans son élan.

 

- EH ! Mais qu’est-ce qui vous prend ?!

 

- Tu es dans la mauvaise direction, là… dit Takeshi.

 

- Ecoutez, je sais ce que vous cherchez à faire mais aujourd’hui je ne serai pas d’une compagnie agréable. Alors soyez sympas et laissez-moi passer !

 

         Bougonnant un charabia inaudible, Kojirô s’approcha d’eux d’un pas déterminé, prit le poignet d’Anna Lou avec impatience et l’entraîna avec lui sans faire grand cas de ses protestations.

 

- On va pas y passer la nuit ! lança-t-il. Tu viens avec nous et tu ne fais pas d’histoires !

 

- T’es malade ou quoi ?! Lâches-moi illico ou je te jure que dans trois minutes tu n’auras plus aucun espoir d’assurer ta descendance !!!

 

- Mais oui ! C’est ça ! J’y penserai ! sourit Kojirô sans lâcher prise.

 

         Pour la énième fois, Ken se posa des questions sur le comportement de son capitaine. Un jour, il ne la supportait pas, le jour suivant, il semblait très lié… Tout en restant fidèle à son tempérament autoritaire et distant… S’il ne l’était pas encore, Kojirô ne tarderait pas à s’attacher à Anna Lou par des liens bien plus sérieux que l’amitié ou la sympathie. Ken hocha vivement la tête : s’il voyait juste, cela créerait des tensions entre eux parce que lui-même… Lui-même éprouvait déjà des sentiments bien plus forts que l’amitié ou la sympathie pour Anna Lou !

 

         Ils arrivèrent tous les quatre auprès des autres dans le chahut des menaces d’Anna Lou et des répliques de Kojirô.

 

- Vous voilà enfin ! critiqua Hiroshi. Qu’est-ce que vous foutiez ?!

 

         Kojirô lâcha l’adolescente furibonde.

 

- Kaeru s’est mutinée ! Il a fallut employer la manière forte. Elle a braillé tout le long du chemin ! Une vraie corne de brume !

 

- Toi, s’énerva-t-elle en tambourinant le torse de Kojirô d’un doigt énergique et menaçant, tu dois être né avec une cacahuète à la place de la cervelle, ma parole !!! C’est pour ça que tu as un caractère de babouin !! (Elle s’arrêta net tout d’un coup et son visage arbora une expression de soudaine compréhension :) J’y suis… Cela fait des jours que je me demande quel est ce « gling-gling » qui retentit quand tu secoues la tête et je viens enfin de comprendre : c’est la cacahuète qui percute les parois de ton crâne de primate attardé !!!

 

- Manges, maintenant ! ordonna Kojirô en s’installant sur l’herbe. Ça me reposera les tympans !!

 

         Anna Lou s’assit entre Ken et Hiroshi et commença à chercher dans son cartable.

 

- Pourquoi il voulait te voir, le Shiki, ce matin ? demanda Tsuneo.

 

- Rien d’important, répondit-elle en vidant le contenu de son cartable sur l’herbe.

 

- T’as fini ton cirque ?! Qu’est-ce que tu fabriques maintenant ? râla Kojirô.

 

- Parle à ma main : ma tête est aux abonnés absents !!! lui lança-t-elle en lui exposant sa main devant la figure sans lever les yeux sur lui.

 

         Anna Lou passa en revue toutes ses affaires sous le regard interloqué du groupe.

 

- Mais qu’est-ce que tu cherches ? interrogea Ken.

 

- Mon déjeuner… OH ! La misérable « sacripouille » !! explosa-t-elle. Il a oublié mon déjeuner !! J’y crois pas ! Non seulement il m’oublie, moi, à la maison mais en plus il oublie mon déjeuner !!! Je vais le saigner comme une lamproie et le faire macérer dans les sécrétions anales d’une meute de putois !!!!!!!

 

         Le groupe éclata de rire : pour ça, elle ne mâchait pas ses mots, la p’tite française !

 

- Y a-t-il une cabine téléphonique dans ce bahut ? lança-t-elle en se levant précipitamment.

 

- Attends ! dit Hiroshi. Y a pas l’feu au lac ! On va partager avec toi…

 

- Là, il m’a vraiment mise en pétard ! Il faut que je vide mon sac maint’nant ou tout le monde va en prendre plein la tête ! Il va m’entendre, le Nico !! Je vais lui faire passer un sale quart d’heure ! Je vais le presser comme un citron jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus que la peau et les pépins !! Quand j’en aurai fini avec lui, il implorera ma pitié !!! (Elle s’interrompit soudain en constatant tous les regards amusés braqués sur elle puis lança d’un ton pressant :) Bon ! Cette cabine ! Ça vient ?!!

 

- Contre le bâtiment administratif, dit Takeshi.

 

         Anna Lou se précipita et disparut bientôt.

 

- Eh bien ! Elle est légèrement énervée ! releva Tsuneo. Elle n’a même pas pris le temps de ranger son bazar !

 

- Hideto n’est pas là ? fit brusquement remarquer Takeshi.

 

- Il ne va pas tarder, répondit Tsuneo. Ce matin, il a oublié ses crampons dans les vestiaires après l’entraîne...

 

- Bon appétit les gars !

 

         Les garçons levèrent la tête d’une mouvement quasi synchrone : Saeko et ses potiches s’avançaient vers eux.

 

- Tiens ! Saeko ! lâcha Ken. T’as pas un article à écrire à l’autre bout du lycée ?!

 

- Kojirô ! lança-t-elle sans se formaliser des propos du goal. Je te signale que le bal a lieu dans moins de deux semaines… T’attends quoi pour m’inviter ?!?

 

- Tu sais quoi, Saeko, répondit-il, quand tu m’annonceras que tu as vu des bourricots exécuter un kabuki (*) endiablé un pétard aux naseaux, alors je consentirai à envisager de t’inviter…

 

         Le groupe rit aux éclats. Saeko fit triste mine mais son œil étincela soudain :

 

- Au fait ! La nouvelle, elle n’est pas avec vous ?

 

- Saeko, barre-toi ! grogna Hiroshi. Si j’étais toi, après la baffe de ce matin, je la mettrais en veilleuses !!!

 

- Est-ce qu’elle vous a appris la bonne nouvelle, au moins ? continua Saeko.

 

- Bonne nouvelle ? s’étonnèrent-ils tous à l’unisson.

 

- Elle ne vous a rien dit ? Oooooh… Je suis surprise… Vraiment…

 

         Les deux potiches gloussèrent. Les garçons s’impatientèrent.

 

- Tu vas accoucher, oui ?! fulmina Kazuki.

 

- Ce matin, Monsieur Shiki lui a fait cadeau d’un joli petit blâme !! Et de un !!!

 

- Et tout ça grâce à toi, je présume… condamna Ken avec mépris.

 

- Disons que j’avais une histoire très intéressante à raconter et le soutien des trois quarts de la classe… Mais faites-moi confiance : le deuxième blâme est pour trèèèèès bientôt !!!!

 

         Saeko s’extasiait d’admiration pour son remarquable sens de la camaraderie, avec toute l’outrecuidance due à sa popularité. De leur côté, les garçons luttaient pour garder leur calme.

 

- Vous voulez savoir le fond de ma pen…

 

- Non ! coupa Ken. Cassez-vous toutes les trois ! Maintenant !!

 

- Très bien, consentit-elle avec dédain. (Elle s’apprêtait à partir, suivie de ses potiches, mais se ravisa, le temps de formuler une dernière exigence :) Trois terminales m’ont déjà invitée mais c’est toi que je veux, Kojirô ! Toi et moi sommes les étudiants les plus populaires de ce lycée et il est inconcevable de se pointer à ce bal l’un sans l’autre ! Crois-moi : je te veux et je t’aurais !

 

- Les bourricots ! dit-il avec un sourire narquois en coin. N’oublis pas les bourricots, alors !!!

 

         Les trois adolescentes déguerpirent, vexées du manque évident de considération de la part de ces messieurs pour leur estimée petite personne.

 

- EH ! LES GARS !

 

         Hideto déboulait au pas de course. Il prit place au sein du groupe et déballa son bento.

 

- J’ai vu l’entraîneur, dit-il. Exceptionnellement, il y a entraînement ce soir à la place de demain soir. Et à partir de jeudi, il y aura un entraînement de trois heures tous les soirs après les cours pour préparer la finale des éliminatoires du championnat national inter lycée.

 

- Trois heures tous les soirs en plus des entraînements du matin !!! Il veut nous achever avant le match ou quoi ?! râla Hiroshi.

 

- Non : il supprime les entraînements du matin, expliqua Hideto.

 

- Ah ! Bon ! C’est plus raisonnable… se consola Hiroshi.

 

- Catwoman ne mange pas avec nous ? s’étonna subitement Hideto.

 

         Les autres lui rapportèrent l’histoire du déjeuner oublié puis celle du blâme et la parade arrogante de Saeko.

 

- Ouhaa ! On dirait que c’est pas son jour aujourd’hui ! constata-t-il entre deux bouchées.

 

         Au bout d’un quart d’heure, Anna Lou revint plus décontractée, les mains encombrées.

 

- Te voilà enfin ! s’exclama Hiroshi. Tiens ! Je t’ai gardé la moitié de mon déjeuner.

 

- C’est sympa mais regarde ! (Elle laissa tomber ce qu’elle avait en main tandis qu’elle s’asseyait à sa place.) En revenant, je suis passée par le distributeur de cochonneries. J’ai ramené de quoi faire un bon régime hypercalorique : que du sucre et du sel !!! Si avec ça je ne tombe pas en hypercholestérolémie…

 

- Quand comptais-tu nous parler du blâme ?! coupa Ken.

 

- Hein ? Mais comment vous faites pour toujours être au courant de tout ?!!!

 

- Question de relations… dit Takeshi avec nonchalance.

 

- Alors ? relança Ken.

 

- Quoi « alors » ?! Je me suis pris un blâme, point. On va pas lâcher un vol de colombes pour ça, non ?!

 

- Tu n’as pas expliqué à Shiki que Saeko t’avait tartée la première ? demanda Hiroshi. C’était de la légitime défense !!!

 

- Qu’est ce que tu lui as raconté exactement pour te prendre un blâme et pas Saeko ? renchérit Ken.

 

- Peu importe ce que j’ai dit ou non ; peu importe ce que j’ai fait ou non. On se fout du pourquoi du comment ! Ce qui compte en réalité, c’est la conséquence ! Un blâme c’est cher payé pour avoir rendu la monnaie de sa pièce à Saeko mais si c’était à refaire demain, je n’hésiterais pas une seconde ! Cette pintade endimanchée n’a de populaire que l’insolence et l’antipathie qu’elle manifeste avec aisance auprès des lycéens impopulaires ou à la personnalité vulnérable. Elle croit peut-être que ce blâme va m’obliger à tempérer ma conduite envers elle lors de nos différends mais c’est mal me connaître ! Chacune de ses attaques verbales ou physiques donneront lieu à une riposte miroir ! (Elle reprit son souffle après son long laïus et ajouta avec injonction :) Le sujet est définitivement clos ! Maintenant, si vous le permettez : j’ai faim !!

 

- OK… Faut pas t’énerver comme ça, dit Hiroshi. Nous, on est de ton côté, tu sais…

 

- Fais quand même très attention à Saeko, Anna Lou, recommanda Takeshi. Il y a une chose que tu ne sais pas sur elle : c’est qu’elle est la fille du proviseur…

 

- Génial ! articula l’adolescente. J’ai pas fini d’avoir des problèmes… (Elle lâcha un soupir et sourit à Takeshi :) Mais peu importe ! Elle pourrait être Bouddha en personne que ça ne m’impressionnerait pas !

 

- Sinon ? lança Hiroshi d’un air vif pour changer de sujet. Ce soir, on a entraînement : ça te dirait d’y assister ?

 

- Hiroshi, je t’ai dit que je n’aimais pas le foot !

 

- Quoi ? s’étonna Takeshi. C’est vrai ? A te voir sur la touche hier, on aurait pourtant cru le contraire !!

 

- Oh ! S’il te plaît Takeshi ! intervint Kojirô. Elle a passé son temps à croasser comme une corneille à la recherche de son rassemblement migratoire !!!

 

- EH ! Le boute en train de la bande à Picsou ! Recommence pas ou je t’arrache la langue et je la donne en pâture à Saeko !! …Elle saura très bien quoi en faire… ajouta-t-elle d’un ton mielleux.

 

- C’est à toi qu’il faudrait arracher la langue : tu jacasses comme une pie !

 

- L’entraîneur veut te voir, intervint Ken.

 

- Quoi ? Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Je vous préviens : deux blâmes en une seule journée, ça va pas l’faire !!

 

- T’affole pas comme ça, la rassura Kazuki. Il a dit que tu étais notre leitmotiv et que, si tu le voulais, tu étais la bienvenue aux entraînements.

 

- Votre leitmotiv ?... s’étonna Anna Lou. Eh ben ça alors…

 

- C’est d’accord alors ? demanda Tsuneo. Tu viens nous voir ce soir ?

 

- Je n’sais pas… On verra…

 

         La cloche retentit. Ils s’empressèrent de remballer leurs affaires et rejoignirent leurs classes.

 

         Sur le chemin de sa classe, Anna Lou ne pouvait s’empêcher de s’interroger quant à la tournure des évènements : elle avait tout fait pour fuir les terrains de foot après l’overdose forcée de son enfance et voilà que la vie l’aiguillait à nouveau vers ce milieu aux rebondissements extatiques où règne, entre acteurs directs (les joueurs) et indirects (les supporters) une atmosphère de liesse enviable entre toutes.

 

« Décidément, depuis que je suis au Japon, il ne se passe pas un jour qui ne m’étonne… »

 

 

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(*) Kabuki : danse traditionnelle japonaise qui tire son originalité dans son penchant au travestissement, aux costumes extravagants et au maquillage démesuré.

 

 

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