
Je suis né dans une famille aisée. je devrais même dire dans une des familles les plus riches du Japon. Mon père était un jeune chef d'entreprise, héritier d'une multinationale, qui rapportait plusieurs millions de dollars par an. Ma mère, elle, fut la victime d'un mariage arrangé, dans le but de sauver les affaires de sa propre famille. Il paraît que ça se faisait beaucoup à l'époque, n'empêche que ma mère dû se résoudre à se marier à 17 ans avec un type qu'elle ne supportait pas et qui le lui rendait bien. Ils ont quand même dû se parler une fois, puisque je suis né. Mon enfance? J'ai été élevé par une succession de nourrice, toutes plus strictes que la précédente. Aucune n'est resté suffisamment longtemps pour que je m'attache à elle. Ma mère semblait décider à me faire payer l'enfer qu'elle vivait, même si je pense qu'elle n'avait pas trop à se plaindre. Elle passait la plupart de son temps dans des réceptions, ou en Angleterre, dans la résidence secondaire de sa tante. Je la voyais assez rarement, en général, pour les grandes réunions de famille, où sa présence était exigée par mon père. Mon père, lui, était toujours en voyage, entre New York, Chicago, Tokyo, Madrid... ses rares apparitions au Japon étaient plus chez ses maîtresses qu'auprès de son fils.
C'est vrai que tout ceci n'est pas très réjouissant. Avec une enfance pareille, on est bon pour la prison ou l'asile. Mais heureusement j'ai été sauvé par un homme: Mikami. Mon père l'avait rencontré lors d'un de ses séjours en Italie. C'était un ancien pro du football qui, après la mort de sa femme, avait tout plaqué pour entraîner une équipe de jeunes en Italie. Mon père avait remarqué que j'avais un certain don pour le foot, ce qui est assez bizarre puisqu'il n'était jamais à la maison, il engagea donc cet homme pour faire de moi un petit prodige du foot, espérant que mon sale caractère passerait.
Manque de chance, ce fut tout le contraire. Certes, je devins très vite une véritable star du foot dans la région mais mon caractère ne s'améliora pas, bien au contraire. Mais le plus important, est que j'avais enfin trouvé un moyen de m'évader de toute cette pression familiale, et j'avais enfin réussi à me faire respecter des autres! J'avais enfin l'impression d'être vivant! Ce sentiment fut renforcé par ma rencontre avec Tsubasa. Grâce à lui, j'ai redécouvert le football, j'ai appris que le plus important dans une équipe, c'était l'équipe et non pas les joueurs .j'ai enfin réussi à me faire des amis, et je peux dire que ces amis ne m'ont jamais laché, quelque soit les épreuves et le moments, heureux comme malheureux, que j'ai traversé dans ma vie.
A cette époque, le plus beau jour de ma vie, fut le jour où je suivis Mikami en Allemagne, à Hambourg, pour être précis. Je fuyais enfin cette famille dans laquelle j'étais tombé et qui ne m'avait jamais aimé. Je suis resté dix ans à Hambourg, de mes douze ans à mes vingt deux ans. J'ai appris le foot européen, je me suis familiarisé avec certains joueurs, comme Karl Heinz Schneider, un sacré bon joueur. Nous serons liés pendant près de quinze ans, jusqu'à ce que je parte pour l'Espagne, et le Réal Madrid. C'est vrai je n'ai pas connu beaucoup de clubs européens, seulement Hambourg, le Bayern et le Réal où j'ai terminé ma carrière.
Que dire de ma vie sportive à part que j'ai tout gagné? J'ai remporté dix championnats d'Allemagne, quatre championnats d'Espagne, trois ligues des champions, quatre championnats asiatique et une coupe du monde. J'ai été sacré meilleur gardien pendant neuf années de suite. Je crois que le jour où j'ai brandis mon premier trophé, j'ai senti que j'avais enfin pris ma revanche sur mes parents. Eux qui ne m'avaient jamais encouragé à faire quoi que ce soit, eux qui ne s'étaient jamais intéressé à leur fils, me voyaient aujourd'hui sur le toit du monde du football, et j'étais arrivé là par la seule force de mon travail et de ma persévérance. Je ne devais mes victoires qu'à moi seul et à personne d'autre. C'est ce que je pensais à l'époque, maintenant j'ai enfin compris que je me suis trompé et que la lecon que m'avait donné Tsubasa ne devait pas uniquement s'appliquer au foot, mais à ma vie en général.
Comment ça se passait avec les filles? Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours plu aux filles. Peut être que ça leur plait les mecs qui passent leur journées à transpirer, j'en sais rien, j'ai jamais réussi à les comprendre. Je me suis mis assez tard à fréquenter les femmes je devais avoir dix-sept, dix-huit ans. Je crois qu'elle s 'appelait Marika. Oui c'est ça Marika, elle était très grande, brune avec toujours une longue tresse. On avait à peu près le même age, elle était plutôt sympa pour une fille mais elle n'y connaissait vraiment rien en foot! C'est pour ça que ça n'a pas duré entre nous, elle ne comprenait pas ma passion. Ensuite ce sont succèdes les Célia, Lara, Ingrid, Julia, Marie...... je ne me souviens pas de tout les noms. Tout ce que je sais, c'est que j'ai connu beaucoup de femmes, j'en ai aimé peu. En fait je n'en ai aimé que trois: Alex, Zoé et Maya. On dit qu'on ne connaît qu'un seul grand amour dans sa vie, j'ai eu le privilège d'en avoir trois.
Alex a illuminé ma vie pendant près de huit ans. Ma plus longue histoire. Je l'ai rencontré, elle était une petite étudiante de psycho, elle habitait à deux rues de chez moi. Je ne sais pas ce qui lui a plu chez moi, mais on s'est aimé au premier regard. Elle m'a assagis. Pendant huit ans, mon cœur battait au rythme du sien, pendant huit ans, il ne se passait pas une heure sans que je ne la voie ou ne l'entende. Pendant huit ans, il ne se passa pas un jour sans que je ne lui dise « je t'aime »...... mais Alex partit, emportée par cette terrible maladie qu'on appelle l'alcool. Un chauffard ivre mort la percuta un matin alors qu'elle se rendait au stade... pour me voir...comme elle le faisait tous les jours.
Je ne m'en suis jamais remis, malgré la présence de mes amis, je ne parvins jamais à oublier cette femme, qui fut le premier amour de ma vie. Je me souviens d'une anecdote au sujet d'Alex, c'était le jour de l'enterrement de ma mère. Il y avait peu de monde, ma mère s'était efforcé de faire le vide autour d'elle, et personne n'avait l'air spécialement triste. J'avais posé mon regard sur le cercueil qui renfermait cette femme, que je connaissais si peu et dont sa mort ne m'attristait pas le moins du monde. Puis Alex posa sa main sur mon épaule me disant que, qu'elle que soit le monstre que fut ma mère, elle la remercierait éternellement de m'avoir mis au monde. Mon regard se posa alors sur cette femme, que j'aimais tant, me disant que c'était elle la clé de ma réussite et que j'étais surement l'homme le plus heureux qui existe. Zoé était là, déjà présente dans ma vie. Elle était assise sous l'arbre Sakura et regardait les gens autour serrant une poupée dans ses petites mains. Maya aussi était là, mais dans le plus belle endroit du monde : le ventre d'Alex.
Ce jour là, j'enterra la femme qui avait gaché mon enfance en présence des trois femmes qui faisaient le bonheur de mes jours. A la mort d'Alex, j'ai tout arreté. Je n'avais plus le gout à rien, seulement à m'occuper de mes deux amours. La vie était trop précieuse pour que je passe un instant de plus loin d'elles. Bizarrement, je ne pleura pas sa mort. Nous avions vécu trop de choses ensemble, trop de moments magnifiques pour que je la pleure. Elle était le rayon de soleil de ma vie, la motivation pour les grands match, ma raison de vivre et d'espérer. Je savais que, quoi qu'il pouvait se passer, je ne la perdrais jamais. Je la retrouve tous les jours à travers les filles. Elles lui ressemblent tellement! Elle sont ma plus grande fierté!je leur ai donné tout ce que je n'avais jamais eu. Mais le temps passe trop vite, je m'en rend compte. Je pensais avoir du temps pour ma carrière, et ensuite profiter de mon temps libre mais quand je regarde Zoé, je me rend compte que je ne dispose pas de ce temps. L'été dernier, elle a eu un bébé, une magnifique petite fille, une petite blonde aux yeux verts.... Alex....
Il m'a fallu des années pour comprendre que rien n'est définit et définitif dans la vie. Un jour, tu as tout, le lendemain tu n'as plus rien. Ma vie à plutôt mal commencé, mais grâce à toutes les rencontres que j'ai fais, j'ai eu la plus belle et la plus heureuse qu'un homme puisse souhaiter. J'ai connu des drames mais je ne regrette rien. Je ne regretterais jamais rien. Maintenant, les filles n'ont plus besoin de moi. Mes amis connaissent les mêmes sentiments. on les laisse partir en se disant qu'on ne leur sert plus à rien. Et on essaye de réaliser tout ce qu'on n'a pas eu le temps de faire. J'ai fais tout ce que je voulais. Je peux donc partir tranquille..... Rejoindre mon Alex... la revoir une dernière fois........