Fallait seulement qu'elle respire.

Voici donc le 5ème chapitre de Dernière Danse. Nous avons donc dépassé la moitié de l’histoire., Merci à tous ceux qui me soutiennent. Merci à Clairette pour son aide précieuse.

 

 

Vap: la vie est ainsi...triste. Est-ce un reflet de ce que je pense. C'est fort possible. Merci pour ton commentaire, j'espère que la suite te plaira tout autant, même si, effectivement, le scénario est prévisible. Mais c'est ce qui fait son originalité.

 

Daidalos: Je voulais à tout pris répondre à ton commentaire... Il m'a marqué...surtout à propos du foot et de la coupe du monde. Tout d'abord c'est vrai que ce chapitre a été écris il y a fort longtemps (mais pas dans un monde fort lointain, je te rassure XDD). Je n'ai donc pas tenue compte du tout des groupes de poule de la coupe du monde 2006 qui s’est achevée il y a peu. Il me fallait trois équipe à mettre en avant. Les trois équipes qui font intervenir des protagonistes dont j'ai besoin dans cette fic ou dans l'une des deux autres. Ces équipes étant L'Allemagne, le Brésil (omniprésent pour son jeu) et le Japon.

Pour ce qui est des autres équipe, la Croatie a été excellente en 1998 mais déjà en 2004 au Portugal elle n'était plus que l'ombre d'elle-même et cela s'est confirmé il y a quelques semaines.

Quant à l'Australie... je ne sais même pas ce qu'elle a fait en 8ème de finale. J'ai détesté son match contre le Japon qui a dominé toute la partie mais où les australiens ont mis 3 buts dans les 15 dernières minutes. C'est presque un hold up...j'ai pas digéré et je ne mettrait donc pas l'Australie dans cette histoire, c'est un abus de pouvoir de la part de l'auteur je sais ^^.

Et puis pourquoi la demi finale et pas le quart...ma foi il fallais montrer la dualité de l'équipe. Ou du moins ce qu'il en reste. Ils sont motivés pour la mémoire de Tsubi et pour Koji qui peut pas jouer mais finalement ils n'y arrivent pas... Ils devaient aller assez loin pour montrer qu'ils ne manquait pas de ténacité. Enfin moi aussi je fais beaucoup de blabla pour pas grand chose, mais ton commentaire méritait une réponse conséquente. Merci aussi pour tout le reste...le rythme (qui risque de passer en 3ème) et les compliments qui font toujours plaisir ^^.

 

Genzô_Wakabayashi: Le rapprochement...et bien il était annoncé...il se pourrai que ce soit plus tôt que prévu. Qui sait?

 

Mimikaze: Ma jumelle adorée....^^ Voici ce chapitre posté spécialement pour toi plus rapidement que prévu parce que tu part demain..."Un cercle vicieux"? J'adore, c'est exactement ce que je cherche! Je suis donc sur la bonne voie, c'est bon à savoir. Merci pour ce que tu dis de mes "talents" notamment à propos de l'expressions des sentiments et des impressions. La terreur des gradins est de retour et pas à moitié...voici le chapitre 5 ^^ et puis pour le concours tu sais ce que j'en pense ^^

 

Laura: "Triste mais excellent"...Merci...C'est gentil.

 

Miku: Mon nounours adoré...le premier à avoir commenté le dernier chapitre...bravo ^^ et Merci. Pour la maman de Sanae on va la laisser vivre encore un peu si tu veux bien mais c'est une idée ^^

Merci de dire que j'écris bien, ça me fait très plaisir. Allez, je te laisse savourer la suite. Gros bisous nounours et porte-toi bien ^^.

 

Merci encore à tous, n’hésitez pas à me laisser votre avis. (Allez, s’il vous plait !!!!!!!!!!!), bonne lecture et à bientôt.

 

Celebrìan

 

 

 

 

 

 

 

 

Fallait seulement qu’elle respire.

 

 

 

 

Ce cimetière. Le même où j’ai enterré les cendres de Tsubasa. A force de m’y rendre, je connais par cœur les allées de ce dédale. Je ne pensais pourtant pas revêtir de sitôt le yukata blanc du deuil. Mais ce sont des choses que nous ne sommes pas amenées à prévoir j’imagine.

Je me tiens légèrement en retrait de ma mère. Elle pleure en silence. Un silence lourd de reproches. Je n’ai pas daigné verser de larmes bien que je doive la vie à cet homme. Mon père. J’ai toujours eu du mal à me sentir proche de lui, il ne laissait jamais paraître ses sentiments. C’est de lui que je dois tenir mon côté froid. Cette carapace que je ne pensais pas avoir mais qui s’est dévoilée au jour en un rien de temps. Le temps d’un flash info en vérité.

Nous ne sommes pas loin de la parcelle où repose ce qui reste de mon fiancé. Ce lieu semble vouloir être ma nouvelle demeure. Me laisserai-je faire ?

 

Je reconnais quelques visages. Les parents de Tsubasa sont là, ils ont l’air peiné. Pour moi ? Les Hyuga sont là au grand complet. Même la mère de famille qui a pris un jour de congé. Dissimulé parmi les collègues de mon père je crois distinguer Ryô Ishizaki.

La pierre est posée. Viennent les condoléances. Les gens défilent devant ma mère et moi. Hyuga est le dernier. Tous les autres se sont éloignés. Il a l’air mal à l’aise face à moi. Après les formules rituelles je m’éloigne un peu, il est seul avec ma mère cependant je peux distinctement l’entendre. Elle. Ma génitrice. Celle qui m’a élevée. Comment peut-elle dire de telles horreurs ? Cette femme si gentille d’ordinaire, je ne la reconnais pas. Est-ce la douleur qui lui fait perdre la raison ? Comme moi en fin de compte…

 

-Eloignez-vous de ma fille. C’est de votre faute tout ça. Sanae est fragile…elle aimait tant Tsubasa et c’est normal qu’elle ait des difficultés à faire son deuil. Mais à cause du cœur que vous portez c’est pire encore. Elle s’attache à vous, à votre personne. Je sais qu’elle passe son temps à vos côtés.  Elle se coupe de la réalité en restant avec vous ! Sanae ne peut comprendre que Tsubasa est définitivement parti si elle s’éternise auprès de son cœur. Pourquoi ne comprenez-vous pas ? Elle s’est coupée de nous, ses parents, et mon mari en est mort ! Tout ça c’est de votre faute. Disparaissez de nos vies…

 

Elle verse quelques larmes. Aurait-elle dit à son interlocuteur qu’il aurait mieux fait de mourir dans l’accident que ça n’aurait pas été différent. D’ailleurs c’est presque le sens profond de ses paroles. Toujours face à elle, la dépassant de deux bonnes têtes, Kojirô n’a pas bronché. Cela ne lui fait rien ?

Je me surprends à m’interroger sur ses sentiments, ne remarquant même pas que je me suis arrêtée pour mieux les entendre.

 

-Je suis navré pour votre époux. Pour le reste, je n’ai rien demandé.

 

La voix ne trahit rien. Comme s’il était imperméable. Il s’incline devant son accusatrice et s’en va rejoindre les siens. Ma mère se retourne vers moi. Je ne dis rien, faisant comme si je n’avais rien écouté. De toute façon c’est entre elle et Kojirô. Pour le moment tout du moins.

 

J’accompagne ma mère chez elle et la laisse seule. Seule, toute seule dans sa maison. Et je ne m’en veux même pas. Aucun remors.

Je rentre dans ma demeure. Et je suis moi aussi seule. Face au silence et à moi-même. Je ne peux y échapper et je commence à m’habituer. C’est ce que l’on appelle le deuil. Mais ce n’est qu’une forme d’oubli. Je monte machinalement vers ma chambre pour m’y endormir, bercée par des rêves inaccessibles et des cauchemars sans fond.

 

Mais le soleil ne me laisse pas le loisir de me perdre longtemps dans ces méandres et je me prépare. Je dois passer prendre ma mère en voiture pour aller chez le notaire. Puis, après l’avoir raccompagnée, je me rendrais chez les Hyuga.

Ma jupe est noire, tout comme ma veste, en fait c’est une tenue de tous les jours. Je prends exceptionnellement le temps de regarder ce miroir qui orne l’un des murs de la pièce. Mes joues sont toujours creusées et mes yeux n’en paraissent que plus grands, j’ai l’air plus frêle qu’une brindille d’herbe qui sort seulement de terre. Mes cheveux ont poussé. Je ne l’avais même pas remarqué. Ils frôlent ma poitrine à présent. Je décide de ne pas les attacher aujourd’hui. Peut-être que cela masquera un peu cette mine fatiguée qui me colle à la peau.

 

Dans la voiture ma mère ne dit mot. Souhaite-t-elle me punir ? C’est peine perdue. Le notaire n’a visiblement pas que ça à faire de nous voir dans son cabinet mais il n’a pas le choix. Et alors ? Pense-t-il vraiment que nous y prenons plaisir. Lui tout de noir vêtu qui pense à la commission dérisoire qui va lui être versée et en oublie même les condoléances de rigueur. Je ne le plains même pas. Son bureau est tapissé de diplômes. Crois-t-il que cela impressionne autant ?

 

L’Homme est un animal qui ne compte que sur les apparences pour garantir sa survie. C’est minable.

 

-En accord avec la volonté de feu Monsieur Nakazawa, je vous confirme que sa veuve, ici présente, vivra d’une rente versée par nos soins et que sa fille unique touche l’intégralité du compte bancaire et des différents fonds mis de côté.

 

Ainsi je suis la seule héritière. C’était prévisible, je suis fille unique, mais je pensais que ma mère aurait plus. Elle n’éprouve pas de surprise. Ou alors elle ne le montre pas. Mais je doute qu’elle soit si bonne actrice, de plus mon père n’aurait rien fait sans lui en parler auparavant. Elle savait donc.

Cela ne me laisse pas une fortune considérable mais un fond non négligeable pour l’avenir.

L’avenir…je ne pensais même plus à ce mot vide de sens. Aurai-je trouvé une raison de m’y accrocher à présent ? Non, pas vraiment, je ne le crois pas. Je ne m’agrippe pas à une idée ou une illusion comme j’avais pu le faire jusqu’à il y a encore si peu de temps. Non, je me contente de suivre le seul chemin de terre que j’ai trouvé lorsque la route s’est effondrée. Sanae Nakazawa s’est éloignée du ravin pour continuer sa vie… ou sa survie, devrais-je dire.

 

Je ramène ma mère chez elle. Si elle venait à en avoir besoin, elle sait où me trouver. Elle peut venir me voir. C’est ce que je lui ai dit. A ces mots incroyables elle a souri  faiblement. Ironie ? Peut-être…

 

Ma voiture s’arrête devant chez les Hyuga. Je descends lentement comme à mon habitude. A quoi beau se presser de toute façon ? La destinée nous rattrape en son temps de toute manière. Inutile de s’en faire.

 

 

Je peux mourir demain

 

 

A cette heure-ci il ne doit il y avoir que Kojirô dans la demeure. Et c’est effectivement le cas. Cependant quelque chose a changé. Il attend agenouillé près de la table basse. Son regard transpire la gravité, il ne s’aperçoit même pas de ma présence tant il semble préoccupé. Mais à quel sujet ? Il est possible que je le devine.

 

-Hyuga ?

 

Il relève la tête vers moi et fronce les sourcils pour montrer inconsciemment que quelque chose le dérange.

 

-Nakazawa…Assieds-toi.

 

C’est presque un ordre mais j’obtempère. Juste pour cette injonction-là, qu’il ne s’attende pas à mieux de ma part.

 

-Ecoute, j’ai réfléchi longuement et j’ai décidé que ça ne pouvait pas continuer. Pas comme ça. Tu dois continuer ta vie, pas t’occuper exclusivement de moi. Tu y passes tout ton temps, c’est insensé. Tu ne travailles pas, tu ne sors pas non plus à ce que je sache. Que feras-tu lorsque je n’aurai plus besoin de toi ? Tu n’auras rien !

 

Le ton est abrupt, volontairement blessant. Espère-t-il me faire sortir de mes gongs ?

 

-…Tu dois arrêter de t’occuper de moi, je me débrouillerai sans toi. Je me suis toujours débrouillé seul !

 

Essaye-t-il de me faire croire que c’est à cause de son ego que cette conversation a lieu ? Alors que je sais très bien que c’est à cause de ma mère et de ce qu’elle lui a dit. Mais moi aussi je peux avoir le ton cassant.

 

-Te débrouiller seul ? Laisse-moi rire, tu veux ! Tu ne peux manipuler seul les instruments qui vérifient le bon fonctionnement de ton cœur ! Il t’est impossible de refaire du sport sans que quelqu’un soit à tes côtés, et je suis la seule à être là.

 

Mes mots touchent juste mais il semble avoir quelque chose d’autre à dire. Ce qu’il pense depuis cet accident ? Ce qu’il n’a jamais osé dire ? Vais-je enfin l’entendre vider son sac ?

Il sert les poings comme pour se retenir d’exploser, pour ne pas laisser s’échapper tout ce qu’il a sur la conscience, ce qui le tourmente tant. Toutefois, il échoue.

 

-Mais tu ne devrais pas être là ! Pas toi, merde ! Tu étais sa fiancée ! Celle pour laquelle il a eu une pensée jusqu’à la fin, même lorsque l’avion a commencé sa chute. Comment peux-tu me dire que ta place est auprès de moi alors que j’ai volé le cœur de Tsubasa ? A chaque fois que je te vois, c’est lui qui se dessine en filigrane, lui qui est mort alors que moi j’ai survécu…Et ce, grâce à lui ! Comble du sort non ? Mon éternel rival qui m’offre la vie…

 

Il l’a dit ! Je le savais, je le pressentais, c’était tellement évident ! Cette gêne palpable, tellement même qu’elle en est douloureuse. Pour lui comme pour moi.

 

-Tu dois rentrer chez toi.

 

Cette vague qui monte en moi telle un raz-de-marée, est-ce possible tant d’énergie ?

 

-Rentrer ? Tu plaisantes ! Je vais rester auprès de toi jusqu’à ce que tu joues la prochaine coupe du monde, tu m’entends ! Car à part moi, personne ne s’occupera de toi ! Tu es un cheval blessé, tout le monde pense que tu es fini dans le football. Et ils n’ont peut-être pas tort mais tu m’as dit que tu y arriverais alors je vais vérifier. Tu gagneras la coupe pour ce cœur que tu as reçu de Tsubasa. Mais tu ne peux pas me demander de te laisser. C’est la seule chose qui me maintient en vie et tu veux me la prendre ? Jamais ! C’est tout ce que j’ai…tu es tout ce qui me reste.

 

Est-ce bien moi qui ai ainsi crié ? Qui ai hurlé cet hymne à la survie et à l’espérance ? Cette rage en moi …je la croyais éteinte et j’ai l’air tout aussi surprise que mon interlocuteur. Oui j’ai trouvé quelle était ma raison de vivre aujourd’hui : aider Kojirô à gagner la coupe du monde comme je l’aurais fait avec Tsubasa.

 

 

J'ai trouvé de l'or

 

 

 

L’effort que m’a coûté cette révélation me fait m’effondrer sur la table. Des sanglots font se déformer mon dos et je sens peu à peu sur mes joues les manches se ma veste s’humidifier. Mes larmes, sans doute. J’ai craqué. Et devant Kojirô, qui plus est.

Lorsque mon corps décide enfin de se calmer et que mes yeux m’offrent à nouveau leurs services, Hyuga s’est levé. Il me tend un mouchoir et s’assied près de moi. Il n’y a aucune gêne dans son regard, jute une interrogation. J’accepte en silence.

 

-Nakazawa…regarde-moi s’il te plait. Si tu restes auprès de moi, si tu voues des années entières de ta vie à ce but fixé qu’est la coupe du monde, tu pourras vraiment tenir le coup ?

Ne pas partir en cour de route parce que tu ne supporteras plus cette situation entre toi, moi et le cœur de Tsubasa ? Tu pourras ne pas me détester ?

 

Lui en vouloir, oui je l’ai fait. Mais aujourd’hui, tout ce que je veux c’est être là, avec lui. Parce qu’il est tout ce que j’ai. Alors tout naturellement j’acquiesce. Je scelle ainsi mon avenir pour les jours à venir. Il sera désormais lié à celui d’un futur tigre : Kojirô Hyuga.

 

Une dernière larme coule sur ma joue encore moite et pour me redonner la force de continuer, de tenir cette promesse, je trouve refuge dans les bras de l’ancien footballeur. D’abord étonné, il resserre sensiblement l’étreinte. Pendant de longues minutes j’entends battre le cœur de Tsubasa dans la poitrine de Kojirô. Mon aimé défunt est à la fois si proche et si loin. Je m’accroche à Kojirô comme à notre destin commun. Il n’y a plus que nous à présent. Nous et cet objectif de fou.

 

 

 

La maison est toujours aussi vide et grande. Trop grande et trop vide. Il y traîne encore le spectre de Tsubasa, son odeur … Ca me terrifie en réalité. Me surveille-t-il ? Réprouve-t-il ma conduite ? Que pense-t-il de mon engagement ?

 

 Tsubasa…Je veux avancer mon amour, je te rejoindrai  plus tard mais je t’en prie laisse-moi à présent ou je vais en mourir. Mourir de toi.

Pour toi nous allons gagner cette coupe du monde de football. Ce sport qui représentait tant pour toi, presque toute ta vie. Alors permets-moi de le faire. Et pour cela je dois avancer mais je ne peux le faire si où que j’aille ton ombre me poursuit. Tsubasa je t’aime et je t’aimerai toujours, tu le sais…

 

Je me demande s’il a compris. S’il a pu entendre ma prière. Je l’espère tellement.

 

Pas de message sur le répondeur. J’ai l’impression que c’est la première fois. La première fois depuis longtemps, où ma mère ne s’inquiète pas pour moi. Devrais-je m’inquiéter pour elle ? Non. Je suis bien trop fatiguée pour faire autre chose que me coucher. Très vite je m’endors pour faire d’étranges rêves.

 

La nuit porte conseil dit-on, je le sais. Il est possible que cette nuit m’ait apporté la solution. Une réponse de Tsubasa pour écarter son fantôme. Pour que je puisse continuer sans crainte, sans arrière-pensée et sans remord. Je suis certaine que c’est la seule chose à faire et pourtant ça me fait mal d’y penser. Cette décision est si dure à prendre. Je me demande presque où sont passées mes convictions d’hier que je croyais si fortes. Ce pourrait-il qu’elles aient disparues avec la souffrance morale que m’inflige la résolution à adopter ? Suis-je si faible ?

 

Plus que l’amour de ma vie, Tsubasa était aussi un exemple pour moi. Le symbole du courage. Je dois lui faire honneur et me montrer à la hauteur de tout ce qu’il a représenté pour moi, même si pour ça je dois l’effacer en partie. Mais pas de ma vie, non. Seulement de mon environnement.

 

C’est décidé, je dois me séparer de son dernier cadeau. Je vais vendre la maison. Vendre ce qui aurait du être notre vie future à tous les deux. Abandonner totalement ce rêve merveilleux mais agonisant. Je sens comme un goût salé sur mes lèvres : une larme ?

La dernière dans ce cas… la dernière que je verserai pour toi Tsubasa, pour nous…

 

Je me prépare pour sortir. Hyuga ne m’attend qu’en début d’après-midi et il est encore tôt. Sans un regard pour tous les objets envoûtés de la maison je me rends dans l’agence immobilière la plus proche. J’arrive peu après l’ouverture et l’on s’occupe tout de suite de mon cas. Visiblement la maison se vendra très facilement et à un très bon prix. Qu’importe en fait, je n’ai pas l’intention de reprendre une aussi grande maison par la suite. Un appartement devrait suffire, mais vite. L’agent immobilier m’accompagne jusqu’à mon domicile pour faire une évaluation plus poussée. Il en sort apparemment impressionné puisqu’il me propose de l’acheter pour l’agence. Cela m’évitera d’attendre un acheteur potentiel. J’accepte, que cette histoire finisse rapidement. Nous retournons à l’agence où je dois apposer mon sceau sur divers documents fixant ainsi le devenir de mon logement. Est-ce la chance ou la destinée, mais l’agence me présente un appartement de taille moyenne et dans mes moyens. Celui-ci se trouve juste à côté de chez les Hyuga. Tout est réglé.

 

 

Je finis ma journée comme toujours après avoir accompagné Hyuga dans ses activités tout l’après-midi. Je lui ai parlé de mon projet il a approuvé d’un haussement d’épaule. La plus-value que je récupère de la vente de la maison et l’héritage de mon père me permettront de m’occuper exclusivement de Kojirô, sans me préoccuper d’histoire d’argent. Je déménage dans une semaine.

 

Les cartons sont déjà dans la maison, il faut que je les remplisse à présent. Un à un je range les objets qui font ma vie et qui ont fait celle de mon fiancé. Certains ne reverront sans doute plus la lumière du jour. La moitié des cartons iront dans un local que j’ai loué. Même si je le souhaitais, je ne pourrai pas remplir mon appartement avec tout ce que contient la maison, il n’y a pas assez de place. Pareillement, je fais le tri dans les photos. De celles où nous étions tous les deux, je n’en garde qu’une. Nous sommes au parc, debout, Tsubasa a passé un bras sur ma hanche tandis que de l’autre il tient son ballon. C’est une photo qui dit tout sur notre couple. C’est la seule que je me permets de garder.

 

Les jours qui suivent ne me permettent pas de reprendre ce chantier qu’est devenu mon déménagement. Je suis trop occupée avec Kojirô. Il faut que je contrôle toutes ses activités et que je veille à ce que son cœur…celui de Tsubasa… ne se fatigue pas trop vite. De plus il doit se rendre régulièrement à l’hôpital pour des examens approfondis. Je me rends bien compte que cela ne l’enchante guère mais il ne proteste pas. Après tout, il a un but à atteindre. Nous avons tous deux un but à atteindre, ensemble.

 

Mme Hyuga s’est excusée de ne pouvoir aider à mon déménagement car elle travaille. La pauvre, elle se démène tant pour sa famille, et elle voudrait faire de même pour moi ?

Par contre les frères et la sœur de Kojirô se sont proposés afin de me « remercier  de m’occuper si bien de leur frère ». Du coup Kojirô viendra lui aussi.

 

La veille du grand jour ma mère est venue m’aider à boucler les derniers cartons. Elle m’a parue soulagée de me voir quitter cette maison. Elle souhaite tellement que je parvienne à « faire mon deuil », je ne peux pas lui en vouloir. Par contre elle n’a pu dissimuler une grimace lorsqu’elle a su que j’allais habiter à deux pas de chez les Hyuga.

 

-Ma chérie est-ce bien raisonnable de t’investir autant avec ce garçon ?

 

-Maman… je sais très bien ce que je fais. Et ne t’inquiète surtout pas, tout ira bien, de mieux en mieux même, je te le promets.

 

M’a-t-elle crue ? En tout cas, moi, cela m’a presque convaincue.

 

Il ne reste plus que des cartons dans la maison, le camion va passer les chercher d’un instant à l’autre. Sont marqués d’une croix ceux que je ne reverrai plus, les autres iront investir ma nouvelle adresse.

 

Sur place les jeunes Hyuga sont déjà là. Ma mère les salue. Même Kojirô. Je m’avance pour ouvrir la porte d’entrée et il me semble alors entendre ma mère s’excuser.

 

 

Fallait seulement qu'elle respire

 

 

Je souris. Oui, apparemment, tout ira de mieux en mieux. Le déménagement se fait dans la bonne humeur, les petits essayent d’arranger mon intérieur au mieux mais nous devons sans cesse repasser derrière eux. Je me surprends même à rire. A ma plus grande stupéfaction. C’est la première fois depuis l’accident. J’ai ri… cela n’a pas disparu …

 

Le soleil brille… La vie continue elle aussi.


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