« Rêve ou réalité ?
That is the question ! »
Je m'appelle Maëlline. Prénom qui sonne d'ailleurs étrangement faux mais je m'en contente, ne pouvant faire autrement.
Je suis une fille des plus normales. Grande, mince, brune, yeux verts, percée
Bref, une fille comme il y en a partout dans la rue. Mais seulement deux choses me distinguent des autres. Ma vie et mon style.
J'ai dix-sept ans. Jusque là, rien de bien extraordinaire me direz-vous. Mais la suite est bien mieux que le début, comme toujours. Je vis chez avec ma mère et ma sur dans une ville nommée Chelles mais je surnomme cet endroit par "Trou du cul du monde". Même si nous ne sommes pas loin de la capitale, Paris, cela reste un trou du cul du monde. A la maison, pas de prises de tête, tout le monde s'entend à merveille, à part quelques petites choses mais jamais rien de grave. Je suis une fille adorable quand je le veux, surtout avec mes profs. Ils n'en peuvent vraiment plus de moi, je crois. En même temps, je suis toujours là mais je ne fais jamais rien en cours
sauf écrire et faire mes ongles d'une beauté naturelle. Oui je suis vantarde mais parce que ma raison est valable.
Il n'y a qu'une seule matière que je travaille. L'allemand. Et là, je vais de nouveau entendre le fameux cliché « Elle fait allemand parce qu'elle écoute ce "Boys Band", Tokio Hotel » mais je vais mettre les choses au clair. Oui j'écoute mais je pratiquais déjà l'allemand avant leur succès. C'est d'ailleurs une langue dans laquelle j'excelle. Allez savoir pourquoi, elle m'a tout de suite captivé?
Bref, je m'éloigne du sujet principal de cet écrit.
Toutes mes journées se suivent et se ressemblent sauf une seule qui restera, je crois, la meilleure de ma sombre existence.
Une journée de cours où je passerai encore mon temps à écrire. Et dès le matin, j'entends déjà ma sur pester après ma mère parce qu'elle n'a pas sa chemise
bref, ça me met de mauvaise humeur car elle m'a réveillé ! Je me lève, de toute façon, mon réveil allait sonner, et fais un petit tour au toilette. Après ceci, je m'enferme directement dans la salle de bain pour me prendre une douche. Rien de mieux pour se réveiller.
Après ce moment d'intimité, je m'enferme dans ma chambre, m'habillant avec une jupe du style « Gothic Lolita » et me maquillant, nen mettant quautour des yeux et surtout, allumant mon ordinateur fétiche à moitié perdu dans le bazar. Eh oui. Ma chambre est un immense champ de bataille dans lequel personne n'ose s'aventurer. Moi, à partir du moment où je retrouve mon armoire, mon ordinateur, mon maquillage, mon Ipod, mes écrits et mon portable, je peux vivre dedans sans aucun problème. Je sortis donc mon ordinateur des décombres et le posai sur la commode, la déblayant avant de tout ce qui était dessus.
Une fois allumé, je mettais ma musique, un peu d'allemand dès le matin ne fait jamais de mal
je branchais ma clé USB et ouvrait mon plus long texte et celui dont je suis la plus fière. Ce texte, je l'entretenais depuis une année déjà. Il venait d'atteindre les quatre-cents pages. Je l'avais nommé "Un certain 27 septembre". Et bien sûr, ce texte était sur mes idoles. Mais je ne me concentrais que sur un, Tom. Ne me demander pas pourquoi, en plus, ce n'est pas lui que je préfère. Une serpillère, non merci mais j'avoue qu'il est amusant avec ça sur la tête.
Bref, je continuais décrire jusqu'à ce que l'heure de mon départ pour le lycée sonne. Quand elle arriva, je fermai juste mon ordinateur sans l'éteindre et allai dans la salle de bain histoire de me faire mes couettes pour ne pas être gênée par mes cheveux longs. Après cela, je fourrais mes affaires de cours dans mon sac et mit mes New Rock avant de me dépêcher d'aller à l'arrêt de bus. Heureusement que c'était juste mercredi
mais le mercredi, le bus est toujours plein à craquer, allez comprendre pourquoi ! En général, les gens gardent leurs enfants, non ?
Arrivée après dix minutes, je quittais ce bus ou plutôt, cette horreur, et rejoignis mes amies qui attendaient près du portail
bah oui ! Qui serait pressé d'aller en cours ?!
Quand la sonnerie retentit, nous allâmes toutes en cours. Mathématiques ! Youpi ! C'est, en général, dans cette matière que je suis le plus inspirée.
Tout le monde était calme aujourd'hui. Je me demandais pourquoi et levai la tête pour regarder.
- Pourquoi personne ne parle aujourd'hui ? Demandai-je avec un air innocent.
- Peut-être parce que tes camarades sont sérieux et qu'ils font le contrôle que je vous ai dit de réviser la semaine dernière. Me rétorqua le prof.
- Quel contrôle ? On étudie quoi en ce moment ?
- Tu le fais vraiment exprès ?!
- Juré que non. Si je le faisais exprès, je n'aurais pas pris la peine de lever la tête et de vous parler mais bon... c'est sur quoi ?
- Les racines carrées.
-
Je manquai, hélas, de piquer un fou rire, ce qui n'était pas rare en son cours.
- Qui paye ? demanda de nouveau le prof.
- Oh, une réplique de Gad Elmaleh qui rappelle juste le non-intérêt à étudier les racines carrées ainsi que les maths tout court.
Je rebaissai la tête vers ma feuille qui fut arrachée et remplacée par un papier avec des signes dessus. Rouge de colère, je me levai de ma chaise et me mis à hurler après le prof. Les élèves tournèrent tous la tête vers moi.
- Vous me rendez IMMEDIATEMENT cette feuille !
- Sinon quoi ?
- Rendez-lui sa feuille, si elle ne veut pas faire le contrôle, c'est son problème non ? Ce nest pas votre avenir, juste le sien. Balança une de mes amies.
- Je ne lui rendrais pas. Je veux que tu fasses ce contrôle.
- Je vais faire votre putain de contrôle mais je ne veux pas que vous posiez un seul il sur ce qui est écrit !
Il gloussa dans sa barbe, ou plutôt dans son cou vu qu'il était large à souhait, et plaça la feuille sur son bureau. Pas d'autre solution, je me remis à ma place et fis ce que je savais sur ce contrôle. Je rendis mon contrôle et le prof fit sortir tout le monde, me gardant seule avec lui. Je poussai un long soupir et le regarda, ma feuille dans sa main sale.
- Super
je vais devoir changer de feuille
- Arrête tes remarques et écoute-moi. Ce n'est pas en écrivant des textes comme ça que tu vas réussir dans la vie.
- Ce n'est pas non plus en écoutant vos cours que je vais réussir dans la vie. Je veux être traductrice franco-allemand, je ne vois pas ce que les maths viendraient faire dans ce métier.
- Tout compte. Je ne te dis pas ça pour t'embêter mais il faut que tu sois sérieuse.
- S'il vous plaît, changez de disques. Tous les profs ne savent dire que ça ?!
- Si nous le disons, c'est que nous savons ce que tu vaux.
Je le regardai et lui arrachai ma feuille des mains avant de partir de la salle en claquant la porte. Mes amies étaient toutes déjà parties. Je n'allais pas en direction de la salle de cours et partais à l'opposé, pour aller me mettre dans les escaliers les plus calmes du lycée. Là, je me posai sur les marches et sortit mon Ipod ainsi que ma feuille. Je continuais d'écrire pendant toute l'heure jusqu'à ce que la sonnerie annonce la récréation.
Je rangeai mes affaires et sortais de l'enceinte, pour retrouver les filles qui devaient être dans le même coin que d'habitude.
- Une revenante ! Il t'a dit quoi le prof ?
- Toujours les mêmes conneries
c'était bien l'histoire ?
- A mourir d'ennui
t'as raison de ne pas être venue ! J'aurais dû t'attendre !
Toutes les cinq fumaient tranquillement tandis que je me mettais à leurs pieds, sur le sol pour écrire de nouveau.
- T'en as pas marre de faire toujours la même chose ?!
- Non. Et toi, t'en as pas marre de te détruire la vie en fumant cette merde ?
- Oh ça va. Me les brise pas.
- C'est toi qui commence à me chercher !
Je replongeais mon nez dans ma feuille mais ce fut le trou noir. Je décidai donc de tout reprendre et de tout relire. Mais je n'eus pas le temps car la sonnerie annonça l'heure de notre dernier cours de la journée. Enfin jallais pouvoir retrouver mon cher ordinateur qui me manquait horriblement
suis-je une Nolife ? Très certainement mais je nen suis pas peu fière vu ce que je fais.
Nous entrâmes dans le lycée et nous dirigeâmes vers le deuxième étage pour suivre notre cours de physique et chimie.
Même chose que pour tous les autres cours, je sortais directement mes textes et les relisaient à la recherche de fautes ou autres petites choses.
Je nen étais quà la vingtième page que la sonnerie nous annonça la fin de notre laborieuse journée de cours. Je rangeais les quelques affaires que javais sortie et sortais rapidement de la salle de cours. Je nattendais pas mes amies car elle ne prenait pas le même chemin que moi pour rentrer.
Devant larrêt de bus, jattendais tout en mettant mon Ipod sur mes oreilles. Le son me déstressait vraiment !
Quand le véhicule fut arrêté devant moi, je me pressais dentrer dedans et alla masseoir dans le fond pour ne pas être gênée par les autres, sauf la personne qui déciderait de se mettre à côté de moi. Je mempressais de sortir mon texte et continuait ma principale activité de la journée vu mon manque dinspiration du jour.
Cependant, mon portable me tira de mon occupation, mindiquant un appel de ma mère.
- Allô ?!
- Ma chérie, tu rentres dans combien de temps ?
- Comme tous les mercredis, maman
je suis là dans quinze minutes.
- Pas de problème.
- Je peux aller au cinéma cette après-midi ?
- On verra quand tu seras à la maison.
- Ok, à tout à lheure.
Je raccrochai et rangeai mon portable dans la poche de mon sac pour ne pas être de nouveau dérangée. Je reprenais ma lecture jusquà ce que jarrive près de chez moi. Là, je rangeai mes écrits dans mon sac et sortait du bus pour en reprendre un autre vu mon immense flemme de marcher.
Dedans, je repris encore et toujours mon activité, sentant les regards indiscrets que les gens portaient sur moi ou sur mon texte.
Quelquefois, je relevais les yeux pour leur lancer des regards quelque peu méchant
cest pas bien mais ça méclate !
Profitant de mon cours trajet, je ne faisais que relire à moitié, mon esprit divaguant. En même temps, avec RAMMSTEIN sur les oreilles, mon esprit ne pouvait que faire des siennes
Quand mon arrêt arriva, je me levai, les regards curieux me suivant, et descendais.
Fin prête à finir ma correction même sil ne fallait pas que je mange pendant je ne sais combien de temps, je le ferais, je repris en main cette histoire qui me prenait un temps fou et la relisait, crayon à la main gauche et feuille à la main droite.
Après quelques minutes de marches seulement, je prenais mes clés dans mon sac, sans lâcher des yeux mes feuilles sur lesquelles je semblais progresser.
Jouvrais et fermais le portail et en fis de même pour la porte de la maison. Jentendis du bruit par-dessus ma musique mais ne relevai pas, pensant que ce devait être des amis de ma mère venus à limproviste pour se faire payer un café ou autre
Moi, nétant pas de nature très sociable, je suis entrée dans la cuisine et nai pas prit la peine de relever la tête pour saluer. Je suis allée dans le placard placé sous lescalier et y ai enlevé mes chaussures et ai prit les petits chaussons « Mokona » que jaime tant. Une fois ce fait, je montai directement dans ma chambre, toujours le nez dans mon fameux texte.
Je déposai mon sac, ou plutôt le jetai dans un coin de mon bazar et me mit face à mo ordinateur pour mettre de la musique ainsi que me remettre à écrire car linspiration était là quand jétais dans le calme paisible de ma chambre
mais je ne fis pas long feu devant mon ordinateur car mon ventre me rappelait quil fallait aussi que je mange de temps à autre. Je remis mon Ipod sur les oreilles et redescendit les escaliers pour me diriger dans la cuisine pour me rassasier un peu.
Devant le frigidaire, jy restais bien cinq minutes avant de sortir avec une salade de tomates. Un peu marre de manger des tomates mais bon, lété est là, chouette ! Ironie, je hais lété
bref. Je sentis quelquun me taper sur la tête et me retournai pour trouver ma mère qui avait un sourire
comment dire
radieux ?! Je pense que cest le mot ! Je nen connais pas la raison et je men fiche un peu
beaucoup ! Je lui rendis un sourire mais lui montrai aussi que je nétais pas vraiment dhumeur à parler. Enfin, ça dépend de quoi.
Je refermai le frigo et allai prendre une fourchette et retournai dans ma chambre, remettant la musique pour misoler encore plus du monde extérieur.
Un peu plus tard, je redescendis dans la cuisine pour faire ma vaisselle mais un petit détail aussi fin quune poussière attira mon attention.
Je retournai dans le salon, toujours mon Ipod sur les oreilles et vit ma mère, entourée de quatre personnes. Quatre garçons. Quatre étoiles
Reconnaissant ces personnes mieux que quiconque, je fixai ma mère, ne sachant que faire ou que dire.
- Bon anniversaire ma puce !
Cétait donc ça, la raison de son sourire ! Sauf que mon anniversaire était passé depuis une semaine
Je tentais de reprendre mes esprits et essayais de parler un peu normalement.
- Ma
maman
ce
cétait il y a
- Une semaine ! Je sais mais comme je nai pas pu les faire venir plus tôt, une semaine de plus, une semaine de moins, le principal est le résultat. Tu es contente ?
Contente ?
Cerveau déconnecté ! Maëlline est momentanément hors service. Merci de laisser un message ou de rappeler plus tard.
Croyant à un canular ou un rêve, je me mis une baffe immense, laissant une marque bien rouge sur ma peau mais pas de réaction
toujours les Tokio Hotel qui étaient dans MON salon, avec MA mère, pour MON anniversaire ! Ça y est, je réalise. Et pour montrer que je réalise, quest-ce que je fais comme une débile digne de ce nom ? Je pleure ! Bien Maëlline ! Tavais déjà pas lair assez bête à te mettre une baffe, il faut que tu te mettes à pleurer ! Les filles
pitoyables ! Bref ! Je suis restée plantée dans cette pièce, en les regardant, ces quatre garçons que javais toujours vu dans lombre mais maintenant, ils me voyaient
mon Dieu que je me sens quiche !
Jeus un petit sourire niais et mavançai courageusement vers eux, leur tendant ma main pour leur dire bonjour. Sauf que
jai haïs ma mère à cet instant car elle ma poussé par derrière pour que je leur fasse la bise
pas dautre choix, sauf me mettre à même le sol pour éviter ça mais le ridicule ma déjà bien attaqué
même sil ne tue pas, il reste gravé dans les mémoires ! On va faire en sorte de ne pas trop le graver non plus
cest moi qui trinque quand même !
Une fois cette
torture ? Joie ? Ce plaisir ? Terminé, je me tournai vers ma mère, lui lançant un regard quelque peu haineux quelle reçut avec sourire.
- Euh
Je fais quoi ?!
- Quest-ce que tu veux faire ?
- Etre seule ? Menfermer dans un trou ? Revenir dix minutes en avant pour ne pas descendre ? Arrêter de me ridiculiser ? Que de choix magnifiques !
- Allez, emmène-les voir ta chambre. Quils voient ce que cest une vraie fan.
- Mais
mais cest pas une chambre ! Cest un bordel monstre !
- Tu as cinq minutes. Je vais les garder avec moi.
Je remerciais ma mère du fond du cur et montai dans ma chambre en loupant une marche, donc je métalais dans lescalier
jespérais une seule chose, quils naient pas vu !
Dans ma chambre, un peu stressée, je pris tout ce qui était à ma portée. Le linge, tout allait dans la salle de bain pour être lavé ! Les cahiers et livres de cours, tout allait sur les étagères prévues à cet effet ! Les livres et mangas, sur leurs étagères ! Le maquillage, dans la trousse, sur mon bureau. Je regardais ma chambre qui navait jamais été comme ça en si peu de temps. Jouvris la porte et tombai sur ma mère et eux juste derrière elle. Je rougis à une vitesse lumière !
- Je savais que tu pouvais le faire !
- Oui
enfin
- Eteins-moi cette musique de cinglé.
- Cest juste leur musique hein
leur
merde !
Je courrais devant mon ordinateur et éteignais le moindre son, me retournant en faisant un sourire gêné. Elle les fit tous entrer, Bill en premier mais je neus pas le temps de leur dire de baisser la tête quil se cogna dans la barrière de mon lit en hauteur
je me retins de rire, par sympathie mais le fou rire de son frère ne fit quempirer mon envie déclater. Je réussis par je ne sais quel miracle à ne pas rire et baissai la tête vers le sol. En général, je rigole un peu bruyamment quand quelquun se fait mal en ma présence
enfin
je sens que je vais méclater moi ! Allemand en force ! Un peu ironique
je sais que jaime cette langue mais de là à parler avec un groupe en allemand ! On va tenter.
- Tu es beaucoup timide ?
Je relevai la tête et vu que cétait Gustav qui venait de parler. Je lui fis un petit signe de tête pour dire oui. Magique ! Jai compris la première phrase ! Je fis un sourire mais jétais la seule à comprendre pourquoi
ridicule, troisième édition de la journée !
- Je me suis toujours posé une question
je peux te la poser ? demanda le guitariste avec une certaine curiosité palpable.
- Si tu veux. Pas sûre de répondre
- Bon, excuse-moi davance si ça te gêne mais
jai toujours voulu savoir ce quune fan pouvait avoir sur nous.
- Tu te poses vraiment des questions bizarres
tes sûr que tes mon frère ?
Pour toute réponse, le chanteur se prit une claque derrière la tête ce qui me fit rire. Je leur souris franchement, sans gêne et sans arrières pensées. Leurs paroles mavaient détendues comme si javais regardé le clip « An deiner Seite »
je sais pas pourquoi, mais je pleure toujours quand je vois le clip ou quand jentends la musique
bref !
Je voyais que Tom était impatient que je réponde. Je me mis donc à genoux au sol et ouvrais un tiroir entièrement rempli de choses sur eux.
- Je nai pas beaucoup de choses
mais jai encore deux tiroirs remplis de magazines qui parlent du groupe.
- Je peux regarder ? demanda-t-il en souriant.
- Bien sûr.
Je lui cédai ma place mais son frère vint aussi regarder.
- Désolé pour leurs futures questions débiles. Se plaignit le bassiste.
- Il ny a pas de mal. Je trouve ça
Mais aucun mot ne vint. Javais juste cette impression de déjà vu !
- Tu trouves ça ? Se renseigna le batteur.
- Je trouve ça amusant.
- Tu parles bien la langue !
- Je fais allemand depuis douze ans et ma mère est prof dallemand donc elle maide.
- Hey ! tas le MP3 ! sextasia landrogyne.
- Cest un cadeau danniversaire de ma meilleure amie.
- Il ny a pas que les remarques qui sont débiles
leur comportement suit de près
Je rigolai face aux remarques des deux musiciens, toujours cette impression de déjà vu.
Bill releva la tête et me regarda.
- Tu as des photos de nous ?
- Un peu
- Han ! on peut les voir, sil te plaît ?
- Bien sûr.
- Tu sais, tu peux leur dire non. Cest pas parce quils sont un peu célèbre que tu dois toujours leur dire oui. Fit remarquer le bassiste.
- Mais ça ne me gêne pas. Assurai-je.
- Tu vois, alors arrête, face de gorille ! elle est très gentille la petite Maëlline !
- Toi, la face de calamar, tu peux toujours parler !
Ils continuèrent à se chamailler pendant que je branchais mon disque dur externe à mon ordinateur. Jattendis en les observant, avec un petit sourire sur mes lèvres. Quand tout eut chargé, jouvris mon dossier un peu rempli et leur montra.
Tom se mit à ma place faisant geindre son frère. Il lui tira la langue et prit la souris en main pour voir le nombre de fichier que javais juste dans ce dossier.
- Tas plus de 9000 photos sur nous ?! Sexclama le chanteur.
- Oui mais jai aussi des vidéos des concerts ou autres
les clips, les reportages
- Mais ça doit te prendre un temps fou ?!
- Je ne fais que ça de mes soirées.
- Et ça, cest quoi ? me demanda le batteur, mon texte en main.
Je pris une teinte rosée et reprit les feuilles que je rangeai de suite.
- Cest
une occupation pendant mes cours
- Tu écrits quelque chose en allemand ?!
- Oui. Ça me permet de maméliorer comme ça.
- Tu écris sur quoi ? Demanda le guitariste en relevant la tête de lécran.
- Euh
vous
- Ah ouais ? Les gens écrivent sur nous ?
- On met nos rêves sur papier. Vous êtes les muses de beaucoup de personnes.
- Et tu lis souvent des choses sur nous ? Questionna le bassiste.
- Jen écris plus que jen lis.
- Et quest-ce que ça raconte ?
- Hum
rien de bien précis
mais
jai limpression que vous êtes comme je vous ai décris dans mon texte. Joviaux, enfantins, chamailleurs
moi qui pensais vous créer une personnalité toute autre que la réelle, je me retrouve devant quatre garçons à ce comportement que je transforme en mot
ça me fait tellement plaisir de voir ça
juste en face de moi
- Franchement, intervint Tom, je trouve ça tellement courageux de votre part tout ce que vous faîtes. Vous écrivez des textes y mettant certainement vos fantasmes et vos rêves
cest beau.
- Genre tu joues les philosophes !
Son frère éclata dun rire cristallin face à la remarque de Georg. Le dreadé, vexé, se remit à regarder les photos.
- Comment a-t-elle fait pour vous faire venir ici ?
- Qui ?
- Ma mère. Jai déjà essayé de contacter quelquun pour lanniversaire de ma meilleure amie mais je nai jamais réussi
- Cest très rare que nous acceptions mais on a fait une exception. Et comme nous sommes à Paris, ça nous faisait une occasion de faire, je lespère, une heureuse. Mexpliqua Bill.
- Heureuse ? rigolai-je. Si seulement il y avait des mots plus forts ! Cest un rêve qui se réalise.
- As-tu dautres rêves comme celui-ci ? Me questionna Tom.
- Oui. Réussir à faire ce que jaime. Comme vous. Vivre de ce que jaime, le plus longtemps possible.
- Et quest-ce que tu veux faire ?
- Je voudrais être traductrice franco-allemand mais
jai du mal à me concentrer sur mes études
- Parce que tu passes ton temps à écrire ?
- Oui
- Ton épreuve est bientôt, non ?
- Oui
- Et tu révises ?
- Non
avouais-je piteusement devant mes quatre idoles.
Tom se retourna vers moi et prit mes mains dans les siennes, me fixant avec sérieux.
- Je ne suis pas ici pour te faire de morale, mais jaimerai que tu fasses quelque chose pour moi. Tu veux ?
- Euh
- Dis-moi juste si tu veux bien.
- Oui.
- Parfait. Je voudrais que tu décroches ton examen et que tu sois heureuse plus tard car, même sans te connaître, je sais que tu es quelquun dexceptionnel qui a un grand potentiel. Au début de laprès-midi, tu étais toute timide et, après quelques paroles et débilités de notre part, tu as été tout de suite à laise donc tu peux te familiariser avec toutes les situations qui soffrent à toi. Tu es daccord avec moi ?
- Oui, répondis-je assez surprise de ce quil me disait.
- Fait ce que tu aimes. Cest la clé dans la vie. Si tu fais ce que tu aimes, tout passera vite et bien. Mais je ne te dis pas dabandonner tes textes, au contraire. Tu as les vacances pour ça, les week-ends. Et quand tu en as marre de réviser, prend un peu de bon temps et écrit.
Son ton était tellement doux que les larmes men étaient montées aux yeux sans que je ne puisse rien faire. Personne ne comprit pourquoi je pleurais mais, sans savoir la raison qui ma poussé à faire ça, je me suis jetée dans ses bras, le serrant pour me prouver quil était réel, que le vrai Tom Kaulitz me disait ça, à moi, une petite banlieusarde, fan dun boys band !
Je me desserrai de lui, quelque peu gênée par mon geste mais son sourire confiant me détendit directement.
- Je peux vous demander quelque chose, sil vous plaît ?
- Bien sûr ! me répondirent mes quatre étoiles.
- Ça fait un peu tâche mais
est-ce que vous pouvez me signer mon agenda, sil vous plaît ?
Tous sourirent et prirent mon agenda, comme je leur avais demandé et chacun me le signa, laissant un petit mot.
Quand il revint à moi, je jetai un rapide coup dil et le refermai en le serrant fort contre moi. Je leur fis un immense sourire, exprimant mon bonheur et chacun me serra dans leurs bras. Aux anges ! Jétais aux anges !
Le dernier à me prendre dans ses bras était Tom.
- Noublie pas dêtre heureuse ! Me glissa-t-il. »
Dun coup, sans que je sache comment ni pourquoi, je me relevai
me cognant la tête dans mon plafond !
- Je
je suis où ?! MAMAN !
Ma mère entra dans ma chambre et vint me voir. Jétais au milieu de mon lit, des larmes ayant fait couler mon maquillage. Je serrai mon agenda dans mes bras, comme quelques instants auparavant
enfin je pense !
- Ma puce, quest-ce que tu fais dans ton lit ? Et tu as rangé ta chambre ? Comme je suis fière.
- Mais
mais je lai fait quand ils
quand je
où sont-ils ?!
- Mais de qui tu parles ?
Elle ne semblait pas se rappeler.
- Ma puce, tu es rentrée du lycée et tu es allée te coucher. Personne nest venu. De qui tu parles ?
- Mais !
Je commençais à pleurer, ne voulant pas croire que tout ceci navait été que pure fiction ! Je voulais que tout soit vrai ! Je sentis mes affaires, elles navaient pas la même odeur que dhabitude ! Elles sentaient le parfum de Tom ! Je ne rêvais pas !
- Maman ! Ils étaient là ! Pour mon anniversaire ! Je suis redescendue et tu
tu étais avec eux dans le salon ! Rappelle-toi ! Mon haut sent son odeur ! Et ils
mais merde ! Ils étaient ici ! Dans notre maison ! Je le sais ! Je suis pas folle ! Maman !
- Ma chérie, ne ténerves pas, ce devait être un rêve.
- Un rêve ?! Je
- Tu avais lair si fatiguée. Tu veux manger un peu ?
Je la regardai, incompréhension totale. Jallumai ma petite lumière sous son regard inquiet et allait à chacune des pages où ils avaient signés.
Je ne suis pas folle ! Les signatures sont bien là ! Mais alors
pourquoi elle ne se souvient pas ?! me rappelant ma promesse, je descendis les escaliers et prit mon ordinateur, composant un mail à mon professeur de math, lui demandant de maider pour une révision complète
Me voilà de nouveau devant ce texte. Après bien des années ! Jai aujourdhui vingt-cinq ans et jai décroché tous mes diplômes avec mention « bien ». Ma mère est fière de moi et de ce que je deviens et jen suis ravie mais
au fond de moi, il y a toujours cette incompréhension !
Aujourdhui est un grand jour ! Mon premier emploi. Jai un travail mais pas un des moindres puisque je vais travailler dans un célèbre magazine. Et donc
aujourdhui, je vais faire mon premier entretien avec des allemands
et ils ont choisi mon groupe que jaimais tant et, grâce à qui, je suis ce que je suis aujourdhui.
Jespère quils me reconnaîtront mais je pense que je jouerai lignorance. Jai appris à vivre avec cette journée incomprise, jen vivrais dautre.
Quoi quil en soit, jai tenu ma promesse. Résoudrai-je un jour cette énigme ? Sont-ils ma clé ?
Rêve ou réalité ? That is the question !