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| Homo Machinery | Auteur: Aki-Chan | Vue: 417 |
| [Publiée le: 2009-06-02] [Mise à Jour: 2009-08-15] | ||
| AP Signaler | Cyberpunk/Science-Fiction/Yaoi (HxH) | Commentaires: 4 |
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Description: [UA / Science fiction / Couple à venir...] Dans un monde ou Technologie de pointe rime avec religion, dans un monde ou l'on croit tout pouvoir toujours décider, il arrive toujours quelque chose qui échappe à notre contrôle... | ||
| Crédits: Les gazette s'appartiennent mais le reste de l'histoire vient de mon cerveaux a moi ! Merci à Kika pour son aide au scénario non négligeable malgré tout.... |
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Chapitre 3[3775 mots] |
Publié le: 2009-08-15 | |
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Homo-Machinery
- Chapitre 3 -
Un assistant. Jamais avant ce jour il n’avait imaginé partager son savoir avec autre chose qu’un calepin ou un ordinateur. Mais voila, il était là, et il devait l’accepter. Et de toute les façons, ce n’était pas comme si il avait particulièrement le choix.
Il mettrait du temps à s’y habituer mais il s’y ferait, comme il s’était fait aux remarques sur son travail, et comme il s’était habitué à la solitude.
Après tout, avoir de la compagnie ne devait pas avoir que des mauvais cotés, tout le monde n’était pas des espions et n’avaient pas de mauvaises intentions envers lui. Sa paranoïa le suppliait de se maintenir sur ses gardes, mais son cœur lui disait que la confiance était un des plus beau cadeau de bienvenue qu’il pouvait faire à ce jeune homme qui, finalement, lui sauvait à la fois la vie et son rêve.
Il allait juste devoir réapprendre à être sociable, et peut être même pourrait-il s’en faire un ami. Il y avait si longtemps qu’il n’avait pas eu l’occasion de l’utiliser qu’il avait presque oublier l’existence de ce mot…Il était resté au fond de lui, comme une plainte sourde, un espoir qui n’éclatait jamais au grand jour.
Le scientifique leva les yeux de son travail et regarda son assistant occupé à vérifier une formule. Le visage fin, les longs cheveux attachés en une queue de cheval, l’air concentré.
Yasushiro sourit et prononça des mots qu’il n’aurait jamais pensé dire avant aujourd’hui :
« Suguru ? »
Le jeune homme releva la tête et ses yeux noirs croisèrent ceux du scientifique.
« Oui, professeur ?
- Soyons ami. »
Il le regarda lui sourire avec une expression étonnée. Il se sentit rougir et, sans attendre la réponse du jeune homme, se replongea dans son travail.
« Soyons amis, Yasushiro. »
Puis, chacun repris son occupation avec un sourire sur le visage.
*
Rien. Rien d’autre que le noir, profond et silencieux. L’inconscience à parfois cela de bon qu’elle occulte tout le reste, alors même que l’on sait que le réveil sera d’autant plus douloureux que la perte de conscience aura été profonde.
Il aurait voulu rester ainsi pour toujours, ne plus souffrir, ne plus penser à rien. C’était malheureusement sans compter la présence des pompiers, ces gens qui, quelques soient les époques, pensait que la vie valaient mieux que tout autre choses, quitte à vous abandonner à votre vie de légume, tant que vous ne mourriez pas pendant leur service.
Des voix lui parvinrent, en même temps que la pulsation de douleur qui provenait de quelque part – ou bien était-ce de partout ? – dans sa cage thoracique. Des questions inaudibles, ou plutôt incompréhensibles, lui parvinrent, auxquelles il ne pouvait faire plus que répondre par un hochement de tête approximatif.
Des phrases dénuées de sens voltigeaient au dessus de lui comme un essaim d’insecte dérangeant. Il voulait dormir, re-sombrer dans cet évanouissement salvateur.
« Accrochez vous monsieur, vous allez vous en sortir ! »
Mais qu’en avait il à faire, franchement ? Ses recherches n’aboutiraient à rien de toute façon. Il n’avait même pas la force d’essayer de comprendre ce qui avait bien pu se passer, tout avait été trop vite. En fait, il n’avait plus la force pour grand-chose, se laisser emporter par cette force qui l’attirait toujours plus profondément en lui-même était bien plus attrayante que toute les découvertes du monde. Au moins là, ce monde cauchemardesque n’existait pas.
Autour de lui, les pompiers s’activaient. Il perdait du sang, beaucoup trop pour que cela soit bénin. L’un d’eux s’arrêta un instant pour regarder le laboratoire encore fumant en se demandant ce qui avait pu provoquer cela. Puis, désinvolte, il haussa les épaules. Ce n’était pas à lui de se poser ces questions, des personnes plus compétente que lui finiraient bien par arriver. Non, lui il devait sauver ce scientifique, personne ne mourrait durant son service, il se l’était promis bien des années auparavant et avait toujours tenue cette promesse jusque ici, ce n’était pas maintenant qu’il allait la briser.
Il ordonna que l’on place le corps de l’homme sur une civière afin de l’embarquer dans le véhicule qui le transporterait jusqu’à l’hôpital le plus proche.
Il le regarda s’éloigner en soupirant. Il ne restait plus qu’à espérer qu’ils arrivent au module de teleportation assez rapidement. Il sortit de sa poche un petit appareil pas plus gros que son pouce et fit pivoter le capuchon jusqu’à ce que la couleur devienne rouge. Il prononça alors simplement :
« Blessé grave, soins intensif, arrivée dans quelques minutes. »
L’appareil clignota quelques secondes avant d’émettre une lumière bleu. Après quelques secondes, une voix robotique lui répondit :
« Message bien reçut, patient attendu sas B »
D’une pression infime sur l’unique bouton de l’objet, il fait relayer l’information à l’équipe qui avait pris en charge le blessé. Maintenant, il n’avait plus qu’à rentrer chez lui. Tout cela ne le regardait plus : il avait finit son service.
*
L’appartement était calme. La lumière tamisée laissait imaginer le genre de soirée qu’avait prévu l’habitant de l’endroit. Par la vitre panoramique, tout Neo-Tokyo apparaissait, éclairée des lumières de la nuit. Sur toute la surface du dôme, les étoiles factices brillaient plus que jamais. Le tout donnait cette impression de grandeur, d’être l’unique personne sur terre.
La table avait été dressée, une nappe lie-de-vin, un long napperon blanc, deux hautes flûtes à champagnes qui tentaient de rivaliser de beauté avec les deux chandelles holographique. Le couvert avait été mis, vaisselle de porcelaine et argenterie, du moins en apparence.
Dans la pénombre, une silhouette apparue. Ses long cheveux brun lui tombaient jusqu’en bas du dos. Un corps élancé qui lui donnait des allures de mannequin, habillé là dernière mode. Dans la vitre en face de lui se reflétait son visage à la peau si blanche qu’il en paraissait fantomatique. Les deux orbes noirs que formaient ses yeux n’étaient que deux puits sans fond, aucune sensation ni sentiment ne semblait jamais y naître. Etait-ce lui qui admirait la ville ou la ville qui faisait étalage de son plus beau joyaux, nul n’en savait rien.
Joyama Suguru s’écarta de la fenêtre et lança un regard approbateur à la table, il ne manquait rien. Ah ! si, son invité se faisait prier, évidemment...Tout autre que lui aurait déjà envoyé des messages de toute les manières possible afin de s’excuser, tout autre que lui serait arrivé avec deux heures d’avance rien que dans l’espoir de plaire un peu plus au maître des lieux.
Aucun autre que lui n’avait jamais pénétrer chez lui.
L’homme le plus riche du monde vit dans son propre reflet, son visage se fendre d’un sourire. L’homme le plus riche du monde ressentait aujourd’hui ce qui, pour lui, pouvait le plus ressembler à de l’amour.
L’horloge parlante accrochée au mur annonça qu’il était à présent dix neuf heures trente. Il avait une demi heure de retard. Rien d’anormal.
Enfin, la sonnerie de l’appartement retentit. Suguru se retint de courir ouvrir, réflexe bien inutile car un clone et deux robots c’était déjà empressé de le faire à sa place. Il resta donc là, à observer le monde qui s’étendait à ses pieds.
Il afficha un petit sourire énigmatique et attendit que son invité se soit fait introduire par ses serviteurs. Il entendit sa discussion gênée avec le clone.
« Il est en colère ?
- Non. Il n’est jamais en colère contre vous.
- Hé hé, il m’attend au salon ?
- Oui. Je vous…
- Non, non, inutile, je connais le chemin. »
Suguru imagina la réaction du clone. Celui ci devait arborer une expression perdue, étonnée qu’on l’empêche d’accomplir ce pour quoi on l’employait. Il l’imaginait planter à l’entrée à se demander quoi faire avant de finalement retourner dans la cuisine ou du travail l’attendait sûrement encore.
Le brun tendit l’oreille, et entendit les pas étouffés par la moquette synthétique qui recouvrait le sol s’approcher de lui. Il vit le reflet de son invité dans la vitre avant de sentir ses bras entourer sa taille. Il sentit un baiser déposé dans sa nuque et, sans se retourner, soupira :
« Tu es en retard.
- Je sais. »
Il savait que cette réponse l’énervait, mais cela ne l’empêchait pas de la lui donner à chaque fois qu’il la lui posait. Suguru aurait voulut lui demander pourquoi, mais à la réflexion, il préférait garder ce mystère là irrésolu. Il soupira et proposa à son ami de rejoindre la table ou le clone les attendait pour servir le repas.
Suguru croisa les mains sous son menton et plongea son regard dans celui noisette de son voisin d’en face. Il l’admira sans un mot pendant quelques instants. Il remarqua une fois de plus à quel point ils étaient différend. Les cheveux blond de son ami retombait sur son visage en des mèches éparses, donnant à son visage un petit coté enfantin. Il était habillé, non à la mode, mais avec goût. Ses yeux descendirent jusqu’à la table où ils se posèrent sur les mains parfaites qui pianotaient doucement sur la surface dure.
« Et cette opération alors ?
- Oh, très bien. Ça fait toujours bizarre de se faire opérer par un collègue…mais j’en suis très satisfait ! »
Le blond tendit la main vers lui et leurs doigts s’entrecroisèrent. Suguru remarqua alors à quelle point …il ne sentait aucune différence par rapport à avant. Ses mains étaient toujours les mêmes, en apparence au moins. Il sourit et déposa un tendre baiser sur le dos de la main de son compagnon. Les plats leurs furent sévit et les deux hommes commencèrent tranquillement à manger, tout en tenant une de ces longues discussions à bâton rompu. Finalement, après un silence plus long que les autres, Suguru finit par poser une question qui lui tenait à cœur.
« Tu…as réussit à le voir ?
- Oui, nous avons déjeuné ensemble ce midi.
- ça n’a pas l’air de te faire plaisir de l’avoir vu.
- Oh si, Taka est un ami formidable, il le serait même encore plus si il arrêtait d’être aussi fermé d’esprit.
- Il t’a parlé de ce qu’il faisait ? »
La question, prononcé d’un ton anodin tomba de manière si abrupte que le blond resta un moment sans rien dire.
« …Non, il ne m’en parle jamais vraiment tu sais…pourquoi me demandes tu ça ?
- Pour rien, un peu de curiosité…Tu sais Akira, Je pen… »
Mais avant qu’il n’ait pu terminer sa phrase, un signal sonore retentit dans toute la pièce. Une voix robotique s’éleva de la poche d’Akira :
« Communication en provenance de l’hôpital, communication en … »
Il lança un regard inquiet vers Suguru qui lui fit signe de décrocher. La communication dura un certain temps. Suguru observa son ami devenir de plus en plus nerveux, allant jusqu’à crier sur la pauvre hôtesse d’accueil de l’hôpital. Il ne parvint pas à savoir ce qui c’était passé mais c’était apparemment grave. Akira finit par raccrocher violement le téléphone et se tourna vers lui.
« Taka est au soin intensif…une explosion dans son labo. »
Suguru le regarda avec un air triste et lui lança :
« …et tu es encore là ? »
Akira le fixa un instant, sans comprendre, avant que son expression devienne chagrinée.
« Désolé Suguru…
- Ce n’est pas grave Aki, reviens en rentrant de l’hôpital ? »
Un léger sourire éclaira le visage de son ami, oui il viendrait. Evidement. Il fit le tour de la table et déposa un baiser sur les lèvres de Suguru avant de lui murmurer un pardon et de partir.
Et il se retrouva de nouveau seul. Un petit sourire étira ses lèvres en repensant à sa soirée. Il reviendrait. Il lui avait promis.
*
Il ne fallut à Akira que quelques minutes, et un ou deux excès de vitesse, pour arriver à l’hôpital. Les deux grandes portes coulissantes s’ouvrir devant lui et il se dirigea d’un pas décidé vers l’hôtesse d’accueille qui polissait ses ongles derrière la vitre. Il ne put se retenir de remarquer que, décidément, toutes les hôtesses et secrétaires se ressemblaient, il allait finir par croire qu’elles n’étaient qu’une série de clone de plus. Cela dit, on ne pouvait plus vraiment savoir de nos jours qui étaient de vrais humains de qui ne l’était pas.
Il toqua sur la vitre qui le séparait de la jeune femme et attendit qu’elle daigne jeter un œil vers lui. Celui-ci ne venant pas, il recommença, une fois, deux fois. Il s’éloigna de la cage de verre derrière laquelle l’hôtesse était à présent en train d’étaler un verni rose fluo sur ses ongles. Finalement, à bout de nerf, il s’énerva franchement et donna un grand coup de poing dans la vitre. Le vernis dérapa alors que la jeune femme sursautait, le flacon tomba et la femme leva des yeux furieux vers lui. La communication s’ouvrit et elle lança d’une voix d’hystérique :
« Quoi ?! Vous avez vu l’heure ? Les visites sont interdites après dix-neuf heures. »
Akira respira calmement avant de lui répondre.
« L’hôpital m’a appelé, mon meilleur ami viens d’être admis aux soins intensifs. Matsumoto Takanori.
- Vous n’avez pas entendu ce que je viens de vous dire ?
- Et vous, vous êtes décidément aussi conne que vous en avez l’air… »
Il allait continuer lorsqu’un médecin sortit d’un des bureaux, alerté par le bruit.
« Que se passe t’il ici ? Certaines personnes travaillent…oh, mais vous êtes Akira…Akira Suzuki !
- Professeur ! Quel plaisir de vous voir. »
L’homme qui venait d’arriver s’avérait en effet être le professeur de thèse du cybernéticiens. Ce dernier lança un regard réprobateur à la secrétaire, qui c’était remis à sa manucure.
« Qu’est ce que vous faire là mon garçon ?
- Mon meilleur ami, il est aux soins intensif.
- Venez avec moi, je devrais pouvoir vous faire entrer. »
Ils se dirigèrent vers les ascenseurs en discutant. Ils arrivèrent alors qu’un des médecins du service était dans le couloir. Celui-ci les interrogea sur leur présence.
« Ah, Matsumoto, oui, il vient de sortir du bloc.
- Il va bien ? Il est hors de danger ?
- Vous dire oui serait un mensonge…bon, venez, vous êtes un collègue. »
Il les emmena jusqu’à une cellule de maintient. Akira s’approcha de la vitre et vit.
Takanori, allongé au milieu d’un amas de fil, plus branché qu’un robot lors de sa conception. Le masque de respiration artificielle prenait la plus grande partie de son visage, tandis qu’un nombre incroyable de tuyau partaient de sa cage thoracique.
« On a fait ce qu’on a pu. Je ne sais pas ce qui est arrivé, ni sur quoi il travaillait mais il devait y avoir un produit hautement toxique car quelque chose attaque peu à peu la plupart de ses organes en passant par la peau. Sans parler de ses brûlures…
- Il a une chance ?
- Si on lui remplace ses organes, oui, sinon j’en doute. L’infection semble s’étendre, lentement mais sûrement, en particulier vers le cœur. Si on veut faire quelque chose, c’est vite. »
Akira resta sans voix. Son meilleur ami était là, étendu, à deux doigts de la mort…et il ne pouvait rien faire. Leur conversation lui revint en mémoire, ça ne datait que du midi même et cela lui paraissait déjà s’être passé il y a des années.
« Je…je peux lui parler ?
- Oui, mais je doute qu’il vous entende. Nous avons réussit à stabiliser son état pour le moment, il est hors de danger jusqu’à demain. Revenez demain oui, il sera sûrement réveillé. Vous envisagez quelque chose ?
- Peut être, mais je ne peux rien faire sans son accord…même si je pense que, si je n’ai plus le choix, je prendrais la décision à sa place, même s’il doit me détester après.
*
Etalé de tout son long et à moitié somnolant sur son canapé, les cheveux châtain en bataille, et un bol de pop corn à coté de lui. Voila comment était installé le meilleur agent des forces de police de Neo-Tokyo lorsqu’il reçut un appel de son supérieur par le visiophone. Ledit supérieur, un certain Shinji Amano, plus souvent surnommé Tora à cause de son caractère agressif qui rappelait l’animal du même nom [1], ne se gêna d’ailleurs pas pour se moquer ouvertement de l’attitude de l’un des hommes les plus respecté du service.
« Et bien alors Saga, on se laisse aller… »
En face de lui s’étalait sur toute la hauteur de son appartement le visage du commissaire adjoint. Les cheveux brun et les yeux marrons vert, il était la personne qu’il supportait le moins sur cette terre.
L’interpellé grommela, se redressa en passant une main dans ses cheveux et s’adressa à l’écran holographique avec toute la hargne de celui qu’on réveille.
« M’appelle pas comme ça, c’est Takashi pour toi, voir même Sakamoto-san.
- Oui, oui, on lui dira, et fait attention ou, meilleure élément ou pas, ça sera pareil quand tu recevras l’amande pour insubordination.
- Je sais, tu me veux quoi à cette heure là à part me faire chier ?
- Une enquête, Nao est déjà sur les lieux à ce que je sais, tu ferais mieux de te bouger le cul.
- Où ?
- Un labo sur la périphérie du dôme, tu trouveras toutes les indications sur les dossiers dans l’Ordi de la voiture qui devrait arriver pour te prendre d’ici…dix minutes. Au boulot, on compte sur vous le chef et toi. »
Et la communication fut coupée.
Le surnommé Saga soupira et se leva du canapé, il avait dix minutes pour reprendre figure humaine. Il était en permission aujourd’hui, l’enquête devait donc avoir quelque importance pour qu’on le rappelle ainsi à cette heure indue de la journée. Il se dirigea vers la salle de bain en ordonnant à la télévision holographique de s’éteindre, et fut si rapide à se rafraîchir le visage et à arranger les dégâts qu’avait fait sa sieste que la lumière avait à peine eu le temps de s’allumer qu’il était déjà dans la cuisine.
Il commanda un sandwich à son frigo, qui lui déposa quelques secondes plus tard sur le plan de travail. Il s’en saisit et, sans d’autre forme de procès, ouvrit l’emballage et mordit dedans. Il prit trois bouché, le déposa sur la table et sortit de la cuisine. Un petit robot ménagé sorti d’une des trappes et attrapa le pauvre casse croûte abandonné, qui finit sa vie dans la poubelle la plus proche.
La porte de l’appartement claqua et le système d’alarme se mit en route. Un ascenseur plus loin, Saga sortait de l’immeuble et entrait à l’arrière de la voiture sans chauffeur qui démarra une fois qu’il eut attaché sa ceinture.
« Takeshi Sakamoto, demande information disponible pour l’enquête à venir. »
Il n’eut pas à attendre longtemps après avoir lancé l’ordre à l’ordinateur central du véhicule, une plaque de plastique sortie bientôt d’une des fentes. Celle-ci contenait tout les références à entrer dans l’ordinateur afin d’obtenir les informations qu’il voulait.
Le trajet dura une bonne demi heure, durant laquelle il lut tout ce que contenait les bases de donnée à propos d’un certain Matsumoto Takanori, son labo, ses recherches, bref, la vie entière du sujet principal de la journée…ou plutôt soirée en l’occurrence.
Lorsque la voix sans vie de la voiture l’informa qu’il était arrivé, Saga avait retenue toutes les informations qui pourraient lui être utile en premier lieu. Il sortit et, après avoir claqué la porte, regarda autour de lui.
Le labo qui, si on en croyait les photos de dossier, aurait du être d’un blanc aussi immaculé que le reste de la ville, n’était plus qu’une masse sombre et informe, perchée en haut du toit d’un institut pharmacologique. La chaleur de l’explosion avait fait fondre les parties les moins résistantes, le reste n’était plus qu’un enchevêtrement de poutres fondues et de murs effondrés, somme toute bien peu accueillant. Si ses documents étaient exact, le généticien qui travaillait là avait été retrouvé vivant bien que grièvement blessé, il fallait espérer qu’il puisse l’interroger aussi vite que possible.
L’inspecteur soupira, se réjouir du malheur d’autrui n’était jamais bien cependant, il ressentait des frissons d’allégresse à la vue d’une enquête à venir.
Quelques voitures de pompier étaient encore présentes, occupées à éteindre les dernières étincelles de feu qui crépitait encore, ou à vérifier que plus rien ne risquait de s’écrouler. Saga inscrit dans un coin de sa tête qu’il devrait faire passé une demande de « non démolition », sinon, il ne doutait pas que le bâtiment ne serait plus là d’ici au lendemain.
Il s’avança et finit par trouver la personne qu’il cherchait : Naoyuki, son coéquipier. Celui ci était occupé à discuter avec un des pompiers présents.
Il s’approcha et salua de la tête l’homme en rouge qu’interrogeait son ami qui lui rendit son bonjour d’une manière qui lui sembla…énervé. L’entretien dura encore quelques minutes puis ils le regardèrent s’éloigner d’une démarche rapide, pour ne pas dire pressée.
« Bonsoir Nao.
- Bonsoir Saga, pas trop réveillé en sursaut ?
- Non, non, je me serais passé de la tête de Tora dès le réveil mais avec le temps on s’y fait. »
Nao soupira, ces deux là ne pourraient donc définitivement jamais s’entendre. Il secoua la tête, dépité par leur attitude d’adolescent, et commença à expliquer ce que lui avait dit le pompiers : bien peu de chose en vérité.
« Il ont sorti le corps et l’ont envoyer à l’hôpital ou il est toujours en soin intensif.
- On a une idée de ce qui c’est passé ?
- Et bien, une explosion de toute évidence, pour le reste, on ne sait pas grand-chose vu que, comme tu peux le remarquer, tout à brûler. Je crois que pour le moment, à par l’état des lieux, on ne peut pas faire grand-chose.
- On sait sur quoi il travaillait ?
- Et bien, rien qui explose, si j’en crois le peu de renseignement que l’on a, il travaillait pour une filiale de Bio-Teck, mais je n’ai pas trouvé beaucoup plus de renseignement pour l’instant.
- Les documents parlaient surtout de génétique… »
Leurs regards se croisèrent, tout deux soucieux.
« Tu ne crois pas plus que moi à la thèse de l’accident… » Lança Nao avant de tourner la tête vers le bâtiment en ruine.
« Et bien…pas vraiment vu les informations…
- …Hum, bon je vais envoyer les photos et le rapport aux chefs et je propose de retourner se coucher. On se retrouve demain au bureau ?
- Ouais. »
Les deux hommes échangèrent encore quelques mots et se séparèrent. Le lendemain arriverait bien assez vite, et, qui sait, amènerait peut être un peu plus de lumière sur ce qui leur paraissait déjà être une bien étrange histoire.
A suivre
[1] petit rappel : Tora ça veut dire Tigre en japonais !
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