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A fleur de mots   Auteur: Aki-Chan Vue: 4562
[Publiée le: 2008-03-09]    [Mise à Jour: 2008-12-24]
AP Romance/Yaoi (HxH)/PoésieCommentaires: 50
Description:
[Uruha x Aoi / Uruha x Ruki / Aoi x Kai / Reita x Ruki / Saga x Shou ]
[AU] Allongé sur l'herbe dans un parc, il réfléchit à ce qu'il pourrait bien écrire sur cette page blanche quand soudain, Il apparait...

//!\\ Chapitre 1 réécrit !! //!\\
Crédits:
Les gazette ne m'appartiennent pas, seul Minami est à moi ^^ les guests non plus sont pas à moi...

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Commenter: Chapître 8

Chapître 8

[1638 mots]
Publié le: 2008-04-21Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

Auteur : Akira
Titre : à fleur de mots
Genre : AU, un peu moins triste que Dancer in the dark mais un peu dans la même veine quand même xD
Rating : [G] Je pense . . .
Groupe : The Gazette
Couple : Vous verrez bien mais ça change pas beaucoup de mes habitudes vous allez voir XD
Disclaimer : Ils sont à moi, ils habitent dans mon placard…
Mot de l’auteur : Merci à Yôko-chan pour la première phrase, sans elle j’aurais jamais trouvé comment commencer ce chapitre.
Chapitre : 8/?

POV…Aoi 

 

A fleur de mots

Chapitre 8

 

 

Le monde, c'est comme un podium. On marche, on marche en priant le ciel qu'un talon ne cède pas. Mais inévitablement, il arrive de tomber.

C’est ça la vie de mannequin, toujours être le plus beau, le plus grand, le plus fin  Toujours être celui sur qui les vêtements tombent le mieux, celui que tout le monde voudrait avoir mais qui, finalement, n’appartient à personne.

J’ai tout fait pour être le plus grand et devenir intouchable, oublier ce que j’avais vécu avant, oublier que j’avais été celui qu’on rejette pour devenir celui qu’on adule. Et j’ai réussi.

Être un homme beau et féminin n’est pas une chose facile dans ce monde de brute, je l’ai payé pendant trop longtemps. Mais maintenant, juste retour des choses, celui que l’on a maltraité devient celui qui éblouit le monde de sa beauté.  Car oui, je suis beau, on me le dit assez souvent pour que je le croie.

 

Et puis un jour, je l’ai rencontré, lui. Et alors le mot beauté a pris un autre sens que celui que je connaissais et côtoyais depuis si longtemps. Il a pris une teinte douce. Si je devais nous donner des couleurs je serais le rouge et il serait le rose.

Nous nous sommes rencontrés dans le parc. Comme d’habitude je marchais droit devant moi sans prêter attention à ce qui m’entourait et je ne l’ai pas vu arriver. Nous nous sommes rentrés dedans et il est tombé au sol. Je suis resté sans voix devant son visage enfantin lorsqu’il a levé les yeux vers moi.

Cette rencontre restera gravée à jamais dans ma mémoire comme l’une des plus belle chose de ma vie.

Si seulement tout avait pu continuer ainsi…

 

L’idylle aurait pu être éternelle. Elle aurait dû l’être. J’aurais dû tout faire pour qu’elle le soit. Seulement, le destin ne fait pas toujours ce que l’on veut.

 

Être mannequin ce n’est pas donné à tout le monde, on croit toujours que mis à part des régimes et des défilés nous ne faisons rien. C’est bien lourdement se tromper.

Des contrats à remplir, nous en avons tellement que nous n’avons pas assez de doigts pour les compter. Des défilés, au moins un par semaine. Sans oublier les séances photos qui sont ce qui nous prend le plus de temps.

Il arrive un moment où le travail devient tellement prenant qu’on ne pense à rien d’autre.

 

Et pourtant, rien ne me fera quitter ce métier. Il est ce qui constitue ma vie, plus peut-être même que lui. C’est grâce à lui que j’ai pu m’en sortir, à lui que je suis devenu ce que je suis.

 

Des remords, j’en ai eu oui. Le matin lorsque je devais partir avant qu’il ne soit réveillé et revenir après qu’il ne soit couché. De l’abandonner un peu plus jour après jour. Oui, j’ai eu mal, sûrement autant que lui.

 

Et puis un jour, je l’ai rencontré.  Le destin joue parfois des  tours étranges.

Ce matin-là, je me rendais dans le bureau de mon manageur. Encore une fois, en bon mannequin, j’avançais droit devant moi, fixant un point au loin sans me soucier du monde qui m’entourait. Et je l’ai croisé.

C’est étrange parfois comme les scénarios se répètent et ne se ressemblent pas…

Nous nous sommes bousculés et le choc fut tel que je me suis retrouvé assis par terre. J’ai levé vers la personne en face de moi un regard noir. Qui avait donc osé me faire tomber de mon podium, qui avait osé me faire tomber, moi, le prince parmi les princes dans cette agence ?

 

Il m’a regardé avec des yeux inquiets, il m’a demandé si ça allait et sa main s’est tendue pour attraper la mienne. De longues jambes, une taille fine, des bras musclés…et un sourire. Voilà à quoi on pouvait résumer l’homme que j’avais en face de moi.

Pour la première fois depuis longtemps je me suis senti rougir et j’ai balbutié, moi qui étais si sûr de moi quelques minutes avant. J’ai bafouillé des excuses, moi qui m’étais juré de ne me rabaisser devant personne.

Il m’a regardé simplement et m’a souri. Ce sourire si franc, si …si naturel qu’aucun mot ne serait assez digne pour le décrire.

Encore une fois, je me retrouvais devant une beauté si différente de la mienne, si naturelle et spontanée.

 

Atsuaki a la beauté des anges, Yutaka a la beauté de ces gens qui n’hésitent pas à tout donner pour les autres.

 

D’une voix douce il m’a proposé de partager un café. J’ai découvert qu’il était mannequin dans cette agence lui aussi, et je me suis rendu compte que nous avions déjà forcément dû nous croiser. Je m’en suis voulu de ne pas l’avoir remarqué avant….

De connaissance, nous sommes devenus amis, puis, de fil en aiguilles, nous sommes devenus proches. Jusqu'à finalement devenir amants. Pourtant, il n’a jamais rien su de moi à part mon nom. Peut-être n’ose-t-il pas me demander, peut-être qu’il ne veut pas trop en savoir non plus, se garder des surprises…

C’était il y a six mois.

 

Debout devant mon miroir, cela fait presque dix minutes que je fixe mon reflet, sûrement pour essayer d’y trouver quelques réponses à ma détresse.

Il est presque minuit et une fois encore, je reste alors que Atsuaki dort déjà. J’ai passé la soirée à faire un défilé, il s’est terminé vers 21h30. Pourquoi suis-je rentré aussi tard ? Parce que Yutaka était avec moi. Ce soir encore il m’a demandé de sa voix empreinte d’innocence pourquoi je ne pouvais pas rester, et moi, sans aucun remord je lui ai inventé une excuse pour ne pas lui dire que j’allais rejoindre mon petit ami avec qui je suis depuis presque deux ans.

 

Le plus lourd fardeau des êtres parfaits, c’est qu’ils sont à quelques millimètres du gouffre de l’erreur.

Le moindre faux pas peut les faire chavirer, et plus le temps passe, plus je sens ce moment arriver. Pourtant je ne peux pas faire machine arrière….

Ma main glisse sur mon torse nu et encore humide de l’eau de la douche que j’ai prise pour effacer son parfum et s’arrête sur mon cœur. Ce cœur qui bat, oui, mais plus pour la personne qu’il faudrait.

 

J’enfile un boxer et le t-shirt qui me sert pour dormir et me dirige vers la chambre ou encore une fois, mon petit ange m’attend, blotti dans les bras de morphée.

Je me glisse entre les draps froids et je sens son corps venir se coller au mien. Mon cœur enchaîne deux battements rapides, puis se calme. Mes bras entourent son corps si fragile. J’entendrais presque son coeur battre de là où je suis tant il me hurle son amour.

 

Je ne le comprends pas. Ne se rend-t-il pas compte que quelque chose a changé ? Peut-être ne veut-il pas s’en rendre compte, je sais à quel point on peut se rendre aveugle lorsqu’on le veut vraiment.

 

Le souvenir de notre dispute d’il y a quelques jours me revient en mémoire. Je ne me comprends même plus moi, ce n’est pas étonnant que je ne le comprenne plus lui.

De la jalousie, oui c’est ce que j’ai ressenti lorsque je l’ai vu embrasser cet homme que je ne connais pas. Et pourtant en un sens, je me disais que c’était normal qu’il fasse la même chose que moi…aller voir ailleurs lorsque l’on s’ennuie est quelque chose de naturel.

Et pourtant je lui en ai voulu, il n’appartient qu’à moi, seul moi peux le toucher.

Je l’ai fait pleurer, je le sais. Je lui ai donné une raison de plus pour se jeter dans les bras de cet autre avec qui il s’entend si bien. Et pourtant il est revenu.

Quelques mots ont suffi pour qu’il revienne ici.

 

Je fais semblant de dormir, laissant le silence de la nuit nous entourer de ses bras apaisants. Une heure passe, je vois défiler les minutes sur le réveil, et finalement, un bruit attire mon attention l’espace d’un instant.

Je fais comme si je n’entendais pas les sanglots, je fais semblant de dormir alors que je le sens s’échapper de mes bras et s’enfuir dans la salle de bain.

Je sais que peu à peu, il se rend compte de mon manège, tout comme je sais que cela le fait souffrir. J’ai lu dans ses yeux qu’il avait des doutes, mais j’y lis encore tant d’amour aussi.

 

Je joue l’ignorant alors que je sais. Je suis le savant le plus ignorant du monde.

Je crois que je le détruis…

 

Je ne sais pas si je dois le laisser partir ou le retenir, je ne sais pas si je dois le rejeter et aller avec Yutaka…

Je ne sais plus rien.

Je sais juste que je l’aime encore, cet ange blond, autant que je peux aimer Yutaka. Et c’est bien là le problème.

 

A présent seul dans notre grand lit vide, je fixe le plafond. Derrière mes yeux fermés, l’image des deux hommes que j’aime se superposent, se mélangent.

 

J’ai peur.

Peur que cette perfection qui m’entoure ne finisse par causer ma perte.

 

Je voudrais une réponse. Juste quelques mots pour m’aider à faire un choix.

 

Je suis horrible.


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