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Special K
[Histoire Terminée] | Auteur: san | Vue: 159 |
| [Publiée le: 2008-10-25] [Mise à Jour: 2008-10-26] | ||
| 13+ | One-Shot | Commentaires: 15 |
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Description: Special K = surnom donné à la Kétamine. Fic composée d'un avant-propos qu'il est conseillé de lire avant et d'un OS. [AU] | ||
| Crédits: Les persos sont pas à moi, le titre a été utilisé par Placebo et une marque de céréales à la mords-moi-le-noeud mais c'est pas mes oignons o/ |
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| << ( Préc ) |
~Tout commence par du LSD, tout finit par de la kétamine~[2052 mots] |
Publié le: 2008-10-26 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
Chanson écoutée pendant la rédaction : White rabbit – Jefferson Airplane.
Le premier et le dernier paragraphe sont à leur bonne place, pour les autres c’est un espèce de bordel organisé, bon courage !
La soirée était déjà bien entamée, j’en étais au point où les bras et les jambes se séparent du reste du corps. Je marchais comme le mec continuellement bourré qu’on trouve toujours dans les villages éloignés de toute civilisation, ma tête explosait en une multitude de petites particules rouges qui s’incrustaient sur les murs, dansant en rythme sur du Jefferson Airplane, à la façon d’un serpent sortit d’un conte pour gamins. Oui, la soirée était bien entamée. J’avais, semble t-il, inhalé toutes substances passant à proximité, le LSD coulait à flot, c’était un samedi soir tout ce qu’il y a de plus normal.
Celui que j’avais compris être en réalité un homme renifla et sortit un mouchoir multicolore pour verser de l’éther dessus. Enfin, l’odeur était celle de l’éther, mais vu que j’avais les oreilles bouchées je n’avais plus vraiment un odorat digne de confiance. Après avoir longuement reniflé le tissu imbibé, il vacilla et se mit à rire doucement en me tendant le fruit de son déséquilibre, que je me fis un plaisir de saisir. Je me torchai le visage avec comme si ma vie en dépendait, ma colonne vertébrale partit faire un tour du côté des toilettes pendant que le reste de mon enveloppe corporelle se mettait à chanceler, flageoler, se redresser et se tasser.
La défonce à l’éther, quelle connerie.
-C’est quoi… Ton nom… ?
Il parlait de façon saccadé et grotesque, c’était le cliché type du junkie dépravé qui passe sa vie à se shooter et à boire. En fait, c’était mon portrait tout craché. Sauf que physiquement on avait rien à voir, lui grand et aux cheveux rouges, moi petit et blond. Les pupilles dilatées, il s’avachit sur un sofa pourri où se tripotait deux trois couples, tous entassés. Il me tendit la main pour que je m’assois à ses côtés, ce que je fis par nécessité : l’éther c’est décidément une grosse connerie.
-J’sais pas…
Ca c’était la réponse à la question qu’il m’avait posé deux minutes auparavant. Quel était mon nom ? En avais-je seulement un ? Pas beaucoup d’importance en cet instant puisque la mescaline que j’avais ingurgité il y a deux heures commençait soudainement à faire effet. Du LSD, de l’éther et de la mescaline, c’est le cocktail parfais pour un trip euphorique et hallucinant, du genre de ceux qui te pousse à te maudire quand les effets se sont dissipés. Pourquoi ? Parce que parfois tu te réveilles au milieu d’un océan de chair humaine, t’as l’impression de t’être fait baiser par tous les trous de ton corps et tu peux rien y faire parce que t’en a pas la certitude : ton cerveau est bousillé.
-J’vais t’appeler Kyô alors, me dit-il en fourrant sa langue pâteuse dans ma bouche qui était légèrement dans le même état que la sienne.
Il parlait au ralenti et sa voix se déformait à la façon d’un adolescent qui mût, mais je pense que c’était juste dans ma tête. J’étais défoncé après tout. Il se remit à m’embrasser avec un peu trop d’ardeur : nous tombâmes au sol en un fracas époustouflant de lourdeur et de gaucherie due à la drogue. Soudain la lumière se fit dans la gélatine qui me servait de cerveau en ce moment, oui la révélation sur cette singulière situation m’apparut inopinément : ce gars me violait ! Je ne lui avais pas donné mon accord après tout. Alors, en un geste d’héroïsme inespéré, je me mis a hurlé avec une voix suraiguë :
-AU VIOL ! QU’ON M’APPORTE UNE CHAUSSETTE !
Pourquoi une chaussette ? Je ne sais pas. Dans le feu de l’action, ça m’avais semblé être une bonne idée, mais j’étais défoncé -rappelons-le. Toujours est-il que personne ne m’apporta cette relique tant attendue, et que le mec nommé Die continuait à me baver sur le torse en faisant des bruits d’aspiration absolument ignobles.
Alors que je me levai pour me servir à boire, ou pour fuir l’espèce de Godzilla qui jouait des claquettes devant moi -je ne sais plus vraiment, je me heurtai à une grande allumette rouge qui faisait onduler son ardente flamme de gauche à droite. M’arrêtant pour la regarder sous tous les angles avec un air méfiant et ridicule, elle me dit :
-Hey mec, t’aurais pas un briquet ?
Je sursautai comme une bête sauvage : l’allumette avait parlé ! Pris d’un excès de terreur, je me souviens avoir hurlé avec une espèce de voix de furet. À ce moment là, les couleurs du plafond se mirent à fredonner la musique d’une pub qui passe souvent avant le journal télévisé de vingt heures, ma vue se brouilla de telle façon que je ne voyais plus la musique et l’allumette rouge se métamorphosa en une sorte d’hippie totalement défoncé, à l’œil glauquement pervers et aux lunettes rondes, du style Lennon mais en plus ringard avec ses cheveux rouges.
-Je…J’ai pas d’briquet, allumette…
Hein ? Quoi ? De quoi il me parlait lui, et qui était-il ? Je n’eus pas le temps de me poser plus de questions car une vague de couleurs jaunâtres se mit à voguer le long des parois de cette salle enfumée où s’entassaient des junkies à perte de vue, sur fond de rock psychédélique. L’homme aux cheveux rouges s’allongea sur moi et fit passer ses mains sous mon pendleton, avec une dextérité absolument phénoménale vu la quantité de brume qui devait demeurer dans son cerveau, due à l’éther. Je ne bougeais plus que les bras, mes doigts se déployaient et tentaient d’attraper la chenille d’Alice au Pays des Merveilles qui survolait la salle en fumant paisiblement son narguilé. Une sangsue courait le long de ma gorge et je mis un temps fou avant d’arrêter de crier, comprenant que c’était le mec aux cheveux rouges qui me léchait le cou et m’engluait de sa bave délicieusement parfumée au LSD. Je me laissai embarquer par lui dans une salle aux murs agressivement rouges. Vous savez le genre besodrome avec des miroirs sur les murs pour qu’on s’admirer en plein acte, sauf que là y’avait pas de miroirs et c’était pas un besodrome mais la chambre d’amis de ce studio pourri où j’avais échoué par l’opération du saint esprit.
-Moi… c’est Die…
Le lendemain, je m’éveillai dans une sorte de benne à ordures emplie de boites de conserves et de divers déchets qui me rentraient dans le dos de façon très désagréable. Bougeant la tête de gauche à droite, j’avisai une canette de bière à moitié pleine et la descendais avec rapidité et avidité : l’éther rend la bouche pâteuse, j’avais soif. Le regard méfiant, je sondai la rue où je me trouvais afin de m’assurer que personne ne viendrait troubler ma quiétude. Puis, soulagé, je sortais de mon nid primitif et m’étalai lamentablement sur le sol en grognant de mécontentement.
-Putain de communisme !
Oui, le communisme m’apparu en cet instant comme le responsable de cet incident. La mescaline s’était estompée, je cherchai alors dans ma poche ma petite boite en plastique qui ne me quitte jamais et en sortait un comprimé de Kétamine, appelé vulgairement Special K. Quelle ignoble nom pour ce portail terrifiant vers une autre réalité, parfois plus douce et agréable où l’on se sent flotter avec bonheur loin des soucis matériels, parfois traumatisante et désagréablement hallucinante. Je n’en prit que 20 milligrammes et me remit en marche, appréciant en solitaire cette bulle de non-communication avec le monde extérieur. Mon repas du jour serait la kéta, il faut dire que généralement je n’avalais pas grand chose d’autre que des substances illicites.
Alors, un miracle se produisit : l’éther sembla quitter mon corps et je réussis à repousser l’intrus qui trébucha à cause de ses jambes cotonneuses. À ce moment précis, je me souviens avoir posé le regard sur une petite table de nuit où était posée une coupe de fruit. Je me saisis d’un objet présent dans le pot et le pointai sur Die, affalé au sol et riant autant qu’il pouvait. Je ne savais pas si c’était un flingue ou une banane, mais –partant du principe que l’autre était au moins aussi shooté que moi- je n’y porta aucune attention.
-Haut les mains !, criai-je.
L’autre ne m’adressa même pas un regard, il fixait le plafond en gueulant :
-Une araignée ! Une putain d’araignée géante ! On va tous crever ! On va tous crever !
Les hallucinations étaient le train-train quotidien des junkies en soirée, aussi je me retournai pour vérifier ses dires et ne vit rien d’autre qu’un lapin qui faisait un strip-tease dans un environnement géométrique et coloré. Rassuré de savoir que je ne me ferai pas bouffer, je me remis à le menacer, avant que ma tête ne tourne beaucoup trop pour que je puisse penser convenablement. Le lit semblait m’appeler avec une voix de midinette parfaitement captivante, et je m’effondrai sur le matelas à eau qui se mit à onduler sous mon corps. Je me dit alors : « Ce mouvement m’indique que je dois remuer de gauche à droite ». Après ça, je n’ai aucune souvenance des évènements.
Avec beaucoup de chance, j’étais arrivé devant un bar et le mec que j’avais percuté en était le proprio. Il me jeta à moitié sur un divan et je me mis à m’extasier devant une tasse de café vide qui trônait encore sur la table. Mais, légèrement apeuré par sa physionomie étrange qui la faisait ressembler à un reptile menaçant, je rentrai ma tête dans mes épaules et lui donnai de maladroites pichenettes en faisant des bruitages s’avoisinant avec des roucoulements. Le patron, un mec de taille moyenne aux cheveux mi-longs et bruns, me fit sursauter en la retirant et en la remplaçant par un grand verre d’eau fraîche où flottaient trois glaçons.
-Vas-y, boit cul-sec et après casse-toi d’ici, va te coucher et éloigne-toi des bouteilles d’alcool. D’accord ?
Sans lui répondre, je reniflai avec suspicion le bord du verre en m’attendant à tous moment à ce qu’un monstre me saute au visage. Soupirant, le patron me demanda :
-Comment tu t’appelles ?
Traître question qu’on m’avait déjà trop posée en l’espace de douze heures, ou peut être plus qui sait ?
Je marchai lentement, très lentement, mes pieds s’enfonçaient dans le sol et la mollesse de mon corps se faisait très lourdement ressentir : j’avançai en flageolant des jambes et en titubant méchamment. Comme je rentrai dans un gars par inadvertance, celui-ci m’envoya son poing dans la figure, sans que je ne ressente la moindre douleur. Je tenta de prononcer quelque chose mais ma langue se mit à fondre et à se liquéfier, coulant sur mon menton en suivant l’exemple de mes bras qui se transformaient en huile d’olive.
-Hey toi, qu’est-ce que t’as bu pour marcher comme ça ?! Regarde où tu va, enfoiré !
À deux doigts de m’effondrer, je levai le bras gauche pour me retenir à cet inconnu mais, sans savoir pourquoi, c’est ma jambe droite qui se déplaça, précipitant ma chute. L’autre me rattrapa de justesse et me dit :
-Bon aller, j’vais t’servir un verre d’eau pour diluer tout ça, okay ?
-Je…
Merde, mon nom, quel était-il ? Je ne m’en souvenais toujours pas.
Et là, en une minute d’étrange lucidité, je me rendis compte que je n’avais plus d’identité depuis que je me droguais. Le LSD, l’éther et toutes ces substances se terminant en « ine » avaient remplacé mon prénom, mon nom, mon âge et ma profession, si tant est de croire que j’en avais une. Terrifié, je levai sur le patron un regard perdu et l’entendis me dire :
-Du calme mon gars, personne ne te fera du mal ici…
Oui, personne ne me ferait de mal pour la simple raison que je n’étais rien. Je ne suis rien.
FIN
Voilà le désastre x)
Alors, je sais : c’est incompréhensible. Mais disons que c’était le but xD Je publierai peut être la version dans l’ordre, mais je doute que ça vous aide à mieux comprendre puisque c’est quand même le bordel >.>
Merci de votre patience si vous avez lu jusqu’ici x)
San~
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