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Dir en Grey

Ori no Naka
[Histoire Terminée]
Auteur: Aozora Vue: 729
[Publiée le: 2006-06-11]    [Mise à Jour: 2009-07-01]
13+  Signaler Yaoi (HxH)/Drame/Cross-over Commentaires : 11
Description:
Kyô rencontre une gaijin dans un bus, quelle ironie... et si Kaoru la rencontre à nouveau dans une rue de Tokyo, c'est le destin me direz-vous? Mais si cette simple femme, dont il n'est pas amoureux réussit à chambouler autant son univers, c'est simplement quelle a touché une partie de l'être de chacunes des personnes qu'il aime... ou qu'il hait!
Viol, corruption, chantage, jalousie, adultère, c'est dans ce monde que vous verrez tournoyer les Dir en grey et les Phantasmagoria, qui n'ont rien des anges...
Crédits:
Dir en grey et Phantamsagoria ne sont pas à moi... Par contre, Dai, Reika, Eiji et Atsue sont tous sorti de mon imagination ^_^...
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Commenter: Peut-être un minuscule espoir...?

Peut-être un minuscule espoir...?

[5099 mots]
Publié le: 2008-08-07Format imprimable  
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PARDON POUR LA LONGUE ATTENTE DE CE CHAPITRE! MÊME S’IL EST PLUTÔT COURT, PRENEZ LE TEMPS DE LA SAVOURER, CAR J’AI VRAIMENT EU DE LA DIFFICULTÉ À EN VENIR À BOUT. ENCORE PARDON POUR VOUS AVOIR FAIT ATTENDRE TOUT CE TEMPS!(En particulier Videll.)

 

En entrant dans l’appartement, Dai avait un mauvais pressentiment, qu’elle ne laissa pourtant nullement paraître. Le simple fait d’entrer de ce sublime logement lui donnait l’impression d’entrer dans l’antre du démon en personne. Seulement, voyant le visage heureux et épanouis de son compagnon, elle sut que quelque chose clochait, qu’il y avait pire que d’habitude à venir. Il l’invita poliment à s’installer sur le canapé après quoi il lui apporta une bière, s’en prenant une par la même occasion. N’ayant pas confiance en lui, elle refusa gentiment et se mit à fixer le téléviseur éteint devant elle. L’autre se contenta de prendre la bière et de la  remettre au frigo. Lorsqu’il lui dit qu’il devait téléphoner et qu’il ne serait pas long, elle eut comme un doute. D’habitude il ne téléphonait pas quand elle était là, préférant commencer par la défoncer pour ensuite piquer un somme tandis qu’elle retournait sagement chez elle. La deuxième option était quand il ne s’endormait pas et qu’il préférait recommencer, pour également s’endormir par la suite, tandis qu’elle retournait chez elle après un énorme laps de temps. Elle se dit pourtant qu’il devait seulement faire un téléphone d’affaire et qu’elle était arrivée plus rapidement que prévu. Elle retira sa veste, qu’elle avait gardé sur elle, et attendit bien sagement que son hôte revienne, afin de contenter celui-ci. Lorsqu’elle le vit arriver, elle se leva, prête à se diriger vers la chambre, comme à chaque fois, mais Kisaki lui dit de se rasseoir. Intriguée, elle s’assit, l’air perplexe, et attendit qu’il lui explique.

 

«Nous allons avoir une invitée de marque ce soir… dit-il tout simplement.

 

Devant l’expression interrogatrice de Dai, il ne put s’empêcher de sourire.

 

-Je ne sais pas si tu la connais… C’est une amie de Daisuke… Je ne sais pas si son nom te dis quelque chose… elle se nomme Keiko.

 

Dai fronça les sourcils. Keiko et Kisaki? Ça cachait quelque chose, elle le sentait. De plus, le fait que ce soit Keiko qui vienne ne lui inspirait rien de bon. Elle était sûre qu’il avait organisé quelque chose avec elle et que c’était la cause de ce sourire arrogant qu’il lui avait fait. Il savais qu’elles se connaissaient, elle en était sûre. Et cette chère pouffiasse lui ferait sûrement payer sa dernière humiliation, c’était certain. Tout à coup, il y eut comme un flash back dans son cerveau, son rêve lui revint en mémoire. L’homme qu’elle avait vu dans son rêve… Et elle se souvenait maintenant avoir vu Keiko également. Cette constatation la poussa à fuir le plus loin possible de ces deux énergumènes. Il y avait également le fait que son rêve lui revenait peu à peu en mémoire, ce qui l’effrayait davantage que les deux êtres en tant que tel.

Elle se leva lentement et le plus silencieusement, puisque le bassiste était retourné faire ses bricoles dans la cuisine, et se dirigea rapidement vers la porte. Seulement, à peine l’eut-elle ouverte qu’elle la referma, se rendant compte qu’elle avait laissé sa veste et son porte-feuille sur le canapé. Elle referma donc la porte sans un bruit et retourna chercher ses biens. Après avoir enfilé sa veste et mis son porte-feuille dans sa poche, elle se dirigea à nouveau vers la porte. Seulement cette fois, elle n’eut pas le temps de l’ouvrir. L’autre était arrivé tout aussi silencieusement que la manière dont la jeune femme s’apprêtait à quitter et avait pousser la porte de toutes ses forces. Il lui fit un sourire où se mêlait mépris et perversité et il la poussa vers le canapé pour qu’elle s’y installe à nouveau. Pour ne pas qu’elle reprenne l’envi de fuir ce qui l’attendait, il décida de rester avec elle et de simplement la tripoter. Cela dura une éternité pour elle, pour lui, ce n’était qu’un passe-temps des plus divertissants. Pourtant il n’aimait pas le manque de réaction de sa partenaire. Habituellement, soit elle essayait de le repousser, soit elle finissait par se laisser aller à force de douleur, quand ça arrivait, mais là elle ne faisait que fixer la porte, ce qui commençait à l’enrager. L’homme décida donc, après un moment, de la faire revenir à lui, de manière assez brutale. Il tira sa tête en arrière avec ces cheveux et mordit son artère assez fort pour l’entendre crier. Satisfait, il la força à le regarder dans les yeux, un sourire de satisfaction flottant sur ses lèvres.

 

« Peu m’importe ce qui te préoccupe ou te fait peur, en ce moment, ce devrait être moi! Â»

 

C’était justement, d’une certaine manière, ce qui l’inquiétait. Son regard commença à passer de la porte à Kisaki, puis de Kisaki à la porte. Cette dernière s’ouvrit soudainement, laissant passer la jeune Keiko, tout de noir vêtue. Elle avait l’air un peu pressée. Kisaki s’empressa de se lever pour l’accueillir et lui prendre son manteau, mais elle l’en empêcha.

 

« Je suis venue te porter ce que tu voulais… Je ne peux pas rester, désolée, dit-elle. Â»

Sur ce, elle posa ses lèvres sur celles du bassiste qui répondit à son baiser en lui enfonçant la langue dans la bouche et en lui empoignant une fesse. Ce fut elle qui mit fin au contact et, se détournant, lança un regard meurtrier à l’occidentale après quoi elle déposa un sac de papier sur la table de l’entrée et ressorti par où elle était entrée. La jeune femme assise sur le divan fixa ledit sac. Un mot le décrivait, inquiétant, tout comme le reste de la scène à ses yeux. Elle se leva pour aller prendre l’objet, tellement elle était obnubilé par celui-ci, oubliant Kisaki. Il était pourtant bien là et lui barra la route.

 

« Tu verras ce que c’est en temps et lieu, ma belle… Â»

 

Il lui mordit la lèvre au passage avant de lui désigner le canapé où elle avait passé quarante-cinq minutes à attendre. Il prit le sac et l’emmena dans sa chambre. Il retourna dans la cuisine et en ressortit quelques instants plus tard avec un verre d’eau qu’il tendit à la gaijin. Celle-ci le prit, le stress qu’elle se mettait elle-même commençant à la déshydrater. Elle en bu quelques gorgées et le déposa sur la table basse devant elle. Le castor en paru satisfait, car il s’installa sur le fauteuil en biais avec le canapé avec un sourire béant sur les lèvres et se mit à la regarder fixement. C’est ainsi qu’elle comprit, trop tard, qu’elle venait de se faire avoir. Elle se leva à nouveau pour quitter, ou tenta de le faire, mais le bassiste fut plus rapide qu’elle. Il l’intercepta alors qu’elle se mettait sur ses pieds et que s’en suivit une presque chute sur le divan, qui fut évitée par les bras de Kisaki. Il ramena Dai contre lui, alors que celle-ci sentait ses jambes lui peser, et il la tira dans la chambre, elle ayant de la difficulté à placer un pied devant l’autre. Il la laissa choire sur le lit avec un soin qui, jusqu’alors, avait été inexistant chez lui et inespéré de sa part. Elle tenta de se redresser alors que lui montait sur elle, mais Dai s’aperçut que toutes sensations s’étaient décuplées et que lorsqu’elle tentait de bouger, son corps comme celui de son agresseur pesait des tonnes. Elle abandonna donc et se laissa manier par le roux. L’effet de ce qu’il avait mis dans l’eau amplifiait grandement les sensations qu,elle avait lorsqu’il souleva son t-shirt, laissant ses doigts courir sur ses hanches. Elle gémissait au moindre contact. Le bassiste semblait apprécier ce changement involontaire d’attitude de la part de la canadienne.

C’est alors qu’il ressortit le sac.

La première chose qu’il en sortit fut de banales menottes en fer rouillé. Il menotta les poignets de la jeune femme après l’un des barreaux de la tête du lit. Le métal enserrait fermement les poignets de la dominée et frottait désagréablement sa peau. La seconde chose fut un scalpel.

Normalement, l’occidentale se serait débattue, mais la drogue avait embrouillé son esprit et elle ne réussit qu’à gémir une plainte lorsque Kisaki commença à promener la lame glacée sur le corps déjà couvert d’ecchymoses et qu’il l’entailla pour la première fois.

 

* * *

 

Kyo se réveilla au moment où le soleil passa sur ses yeux. Le silence accompagna son levé, seulement brisé par la respiration lente et neutre de l’autre blond profondément endormi. La vue du chanteur l’agaçait, il n’aurait pu dire pourquoi. Chaque fois qu’il l’entendait, le simple écho de son souffle, un seul son de la part de Riku suffisait à ce que le plus petit veuille le faire taire en enfonçant sa langue dans sa bouche. Ce qu’il fit, réveillant ainsi le dormeur par la même occasion. Ce dernier répondit à la sauvage attaque en rendant la pareille au chanteur de Dir en Grey. Lorsqu’ils mirent fin à l’échange, devant chacun reprendre leur souffle, Riku se mit à rire.

 

-Bonjour! S’exclama-t-il, quelque peu égaillé par son réveil.

 

Kyo répondit par un grognement. C’était devenu une habitude pour eux de se voir pour coucher ensemble, selon les humeurs du warumono. Riku acceptait sans broncher toutes ses sautes d’humeur, ses caprices et ses innovation, se sentant toujours coupable. Même lorsqu’il décidait, comme la première fois, qu’il voulait lui faire mal, le chanteur de Phantasmagoria le laissait faire, aussi docile qu’un chien obéissant. Cette docilité avait le don d’énerver le nain, mais le plus grand n’en changeait pas, ce qui l’énervait encore plus.

Pourtant, l’ironie voulait qu’il ne puisse se passer de lui, s’ennuyant à mourir lorsque le plus grand des deux n’était pas là.

 

* * *

 

Kaoru ne savait plus quoi faire. Depuis l’internement de sa sœur, il n’avait aucune gardienne pour sa fille et se refusait catégoriquement de la confier à une parfaite inconnue. Il ne pouvait pas l’abandonner elle, sa princesse, sa vie, mais le groupe était l’autre partie de sa vie dont il avait besoin et il n’avait aucune envie de le quitter. Pour le moment, les autres acceptaient qu’il ne vienne pas aux répétitions et aux rencontres, compte tenu des circonstances, mais viendrait le temps où il devrait faire quelque chose et prendre une décision.

Alors que toutes ces pensées lui trottaient dans la tête, on sonna à la porte. Soudainement ramené à la réalité, il alla ouvrir à Dai, Die et Kyo qui venaient s’improviser chez lui, pour lui montrer qu’ils le soutenaient. Ils entrèrent comme de vieux habitués dans un bar, saluant Kaoru et Reika au passage. Ils avaient décidé de venir lui préparer à dîner, à eux aussi par le fait même, et d’égayer un  peu sa soirée. Kyo, qui était plus doué en préparation de plats congelés, se dévoua une partie de la soirée à jouer avec la petite, l’enfant tenant le blond en très haute estime. Quant à eux, Die et Dai[1] se mirent aux fourneaux. Die bavardant plus avec le maître de la maison qu’il n’aidait la jeune femme. Étant plus habituée qu’eux à faire des pâtes, celle-ci leur préparait des spaghetti bolognaises. Elle prenait également part à la conversation, mais de manière plutôt distraite, se concentrant pour ne pas rater leur repas.

Tandis qu’ils discutaient, le roux sortit son paquet de cigarettes et en prit une distraitement, continuant la conversation. Il la mit ensuite dans sa bouche et l’alluma.

La cigarette prit feu.

Surpris, Die se leva d’un bond et l’éteignit rapidement, paniqué. Les deux autres, qui n’avaient rien manqué, ne purent se retenir longtemps et éclatèrent d’un rire sonore.

Dans l’autre pièce, Kyo avait seulement vu le guitariste se lever brusquement de son siège et entendu les éclats de rire que ça avait déclenché.

 

-Qu’est-ce qu’il y a? demanda-t-il en pénétrant dans la cuisine, Reika dans les bras.

 

Le leader et la jeune femme étaient trop hilares pour répondre, ce fut donc le roux qui se résigna à lui dire.

 

-J’ai allumé ma clope à l’envers… marmonna-t-il.

 

Le blond pouffa, le roux, quant à lui, rougit.

Kaoru et Dai finirent par arrêter des e moquer de lui, après un certain temps, et cette dernière, qui avait fini le repas, sortit des couverts pour servir les gens. Kaoru se leva pour aller l’aider. Il essuya un refus catégorique, la jeune occidentale ne voulant pas qu’il l’aide. Elle demanda à Die, mais celui-ci boudait et Kyo s’occupait de la petite.

 

-Je peux très bien me débrouiller toute seule, finit-elle par déclarer.

 

Tout aussi obstiné qu’elle, le brun insistait ardemment.

 

-Allez, tu as tout fait, dit celui-ci. Va t’asseoir et laisse-moi au moins faire ça!

 

-Certainement pas! S’entêta-t-elle.

 

Elle se détourna de lui et prit la louche qu’elle avait sortie pour servir ses pâtes. Les autres la regardaient en se demandant pourquoi ils tenaient tant que ça à les servir, tous les deux. Le plus vieux finit par abandonner et alla s’asseoir tandis que la jeune femme les servait l’un après l’autre.

Elle s’installa à son tour et dû faire réaliser aux hommes que tous les yeux étaient braqués sur elle.

 

-Ce n’est pas que je me sente observé, mais…

 

Ils se détournèrent d’un même mouvement, chose plutôt comique à voir pour Kathlyn, qui ricana après quoi elle leur souhaita la bonne appétit et commença à manger. Les autres suivirent, ne sachant plus trop comment réagir. Reika, elle, demanda à être assise entre Dai et Kyo pour, ainsi, pouvoir détailler la jeune femme.

 

-T’as des yeux bizarres… dit-elle naïvement.

 

L’interpellée lui fit un sourire amusé, tandis que le père de la petite lançait à celle-ci un regard remplis de reproches.

 

-Parce que, de là où je viens, les gens ont tous des yeux comme moi…

 

La petite médita un instant la réponse, après quoi elle revint à la charge.

 

-Alors, c’est nous qui avons les yeux bizarres pour toi? S’exclama-t-elle.

 

Attendrie, Dai posa une main sur la tête de la petite et lui sourit.

 

-Est-ce que tu trouves que tu as des yeux bizarres? Demanda l’adulte à l’enfant. Reika secoua la tête de gauche à droite. Alors moi non plus! Conclut la canadienne.

 

La fille du leader entreprit alors une conversation active avec la femme aux cheveux noires, ce qui donna une idée audit leader. Il se garda de la crier haut et fort, mais il saut sur la première occasion de lui en faire part.

Ce fut lorsque Die et Kyo se plantèrent sur la console de jeu de Kaoru et que Reika se mit à jouer avec ses poupées qu’il lui en parla.

 

-Dai, se lança-t-il, j’aurais quelque chose à te demander…

 

Lui qui s’attendait à tourner autour du pot une dizaine de minutes, il eut la surprise de se faire devancer.

 

-Si tu veux que je sois la nounou attitrée de Reika, aucun problème… en fait, je voulais te le proposer puisque j’ai quitté mon job de jour… Et si ce n’est pas ce que tu voulais dire, alors va s’y, je t’écoute.

 

Étonné, il ne su que dire durant quelques secondes, après quoi il lui sourit.

 

-Non… en fait, je voulais te demander de m’épouser, mais tu peux garder ma fille si tu veux…

 

Elle éclata de rire et lui donna un coup de poing amical dans les côtes. Pour se venger, il lui ébouriffa les cheveux, auquel coup elle riposta en tirant sur sa barbe. Il dû se mettre à la chatouiller pour qu’elle le lâche et ses cris d’agonie attirèrent l’attention des autres.

 

-Eh oh, cria le blond de l’autre côté de la pièce, il y a des enfants ici! Allez vous trouver une chambre!

 

Réalisant leur proximité et ce dont ils devaient avoir l’air, ils se lâchèrent, quelque peu refroidis par le dernier commentaire de Kyo. Dai alla pourtant s’asseoir à côté de lui, tandis que Kaoru allait se chercher une bière dans le frigo.

La soirée reprit tranquillement un cours normal.

 

* * *

 

Lorsqu’il était revenu chez lui la veille, après être allé chez Kaoru, Die avait trouvé sa porte ouverte ainsi que Keiko à l’intérieur.

Comme à chaque fois qu’elle lui faisait le coup, il n’avait pas été capable de lui refuser une nuit en sa compagnie, sans doute parce que lui aussi en avait envie. Et quand il se réveilla ce matin-là, il fut moins surpris que déçu de voir qu’elle n’était plus là. Il passa la journée à broyer du noir, jusqu’à l’arrivée d’un bassiste enjoué.

Le roux ne se souvenait pas qu’ils aient planifiés quoi que ce soit ensemble et il fut étonné lorsqu’il ouvrit la porte.

 

-Qu’est-ce que tu fais là? S’exclama-t-il.

 

Le brun fronça les sourcils.

 

-Euh… on avait prévu de se voir… tu te souviens?

 

Le souvenir vague d’une conversation téléphonique à propos d’une sortie lui revint effectivement en mémoire, mais il ne se souvenait pas qu’il s’agissait de ce jour-là.

 

-Désolé… je crois pas que je sois en état pour sortir aujourd’hui… dit le guitariste, peu motivé à l’idée de parcourir les magasins avec le jeune homme trop enjoué.

 

Comme de fait, la remarque ne sembla pas démonter ce dernier, bien au contraire. Voyant que son ami n’était pas dans son assiette, il se dit que le laisser seul à se morfondre était encore pire que de lui faire subir sa bonne humeur. Cela dit, il lui faudrait un idée merveilleuse pour remettre celui-ci d’aplomb, car les boutiques n’étaient pas quelque chose qu’il lui rendait le sourire.

Il réfléchit un moment, tandis que son ami le regardait en attendant de savoir si Toshiya partait ou essayait de s’imposer. Évidemment, la seconde option l’emporta.

 

-Viens avec moi! Dit tout simplement le brun. Avant que l’autre n’ait pu rétorquer quoi que ce soit, il enchaîna. Allez, je sais que c’est quelque chose qui va te changer les idées… viens avec moi!!

Son ton suppliant et ses yeux de chiot abandonné avaient toujours le don de le faire céder, ce qui arriva.

Ils partirent donc pour un lieu inconnu du guitariste, en fait, c’est ce qu’il croyait. Durant tout le trajet dans la voiture du bassiste, il tenta de faire cracher le morceau à ce dernier, sans succès. Ce ne fut que lorsqu’ils bifurquèrent dans une ruelle familière au roux qu’il devina. Cette ruelle était rempli de souvenirs de leurs déboires de célibataires, jusqu’à ce que Die ne rencontre Keiko et que Toshiya ne finisse par ne plus penser qu’à Shinya.

 

-Tu m’emmènes dans un bar de strip-tease? S’exclama-t-il, soudainement très enjoué.

 

Le brun lui sourit de toutes ses dents et gara son véhicule dans le parking du club de danseuses. Tout à coup moins renfermé sur lui-même, Die sortit de la voiture et se dirigea vers la porte du bar, suivit de son ami qui, lui, était amusé par cette conduite enfantine du son aîné.
Lorsqu’ils entrèrent, une jeune infirmière était en train de faire son show devant plusieurs salary man dans la quarantaine qui bavait devant la grâce de ses courbes. Lorsqu’elle le vit entrer, elle leur sourit gentiment, sûrement bien contente de voir qu’il n’y avait pas que de vieux dégoûtant pour admirer son corps de rêve. Ses déhanchements sur la musique lascive la rendait plutôt intrigante, elle avait déjà commencé à enlever son sarrau, dévoilant de jolis seins bombés et bronzés, faisant saliver encore plus le vieux assis devant la scène qui maintenait une main sur son pantalon, couvrant sans doute une érection douloureuse que son visage ne manquait pas de trahir.

Le guitariste se commanda un gin et une bière pour son ami, portant moins d’attention à la femme qu’il ne l’aurait fait auparavant. Lorsqu’elle se tourna vers le bassiste, la danseuse lui adressa un sourire en coin ce à quoi il répondit par un immense sourire et un geste de la main. Die ne comprenait pas pourquoi celui-ci était aussi amicale avec cette effeuilleuse. Se tournant vers elle pour la détailler, il remarqua qu’il la connaissait et que sûrement, Toshiya avait fait la même découverte.

 

-Ce ne serai pas Ami? Demanda Die en s’installant sur le siège à côté de Toshiya.

 

Celui-ci fit un mouvement de tête approbatif. Tous deux, lors de leur temps de débauche, s’étaient lié d’amitié avec la jeune femme et l’une de ses collègues. Toutes deux faisaient ce job car elle avait besoin d’argent pour nourrir leurs enfants, mais elles leur avaient dit qu’elle quitterait ce milieu dans le mois à venir. Pourtant, cela faisait déjà quatre ans qu’ils ne s’étaient pas vu et Ami était toujours là, ainsi que son amie Karin, sans doute.

Ami finit par quitter la scène, mais elle ne vint pas les voir, sans doute avait-elle une autre entrée à préparer. Ce fut ensuite le tour d’une grande femme élancée habillée en geisha. Elle était pieds nus, et sa démarche élégante donnais l’impression qu’elle flottait lorsqu’elle se déplaçait avec son long kimono entrouvert.

Ce fut ensuite le tour de la dominatrice, dont le rôle lui allait parfaitement bien, ses yeux sombres et indifférents parcourant l’assistance avec un air un peu hautain, intimidant la plupart des vieux pervers.

Pour la suivante, un rythme un peu plus sauvage se fit entendre, accueillant une jeune occidentale aux cheveux noirs détachés et à la poitrine opulente qui n’était vêtue que d’un ensemble deux pièces en léopard, qui ne couvrait que sa poitrine, ses côtés sur un côté seulement et son pubis, ainsi que d’escarpins si haut qu’elle se serait sûrement cassé la jambe si elle était tombée avec. Pourtant, elle avait l’air habituée de les porter et lorsqu’elle levait les jambes, se tenant après le poteau, tous les regards portaient à partir du bas pour monter jusqu’à ses petites fesses rondes.

Alors que Toshiya regardait distraitement, laissant à Die le plaisir d’admirer, puisque c’était lui qui en avait vraiment besoin ce dernier avait les poings crispés de chaque côté de son corps, son visage n’exprimait que colère. Il avait bien vu la jeune femme et savait parfaitement qui elle était.
Et il n’avait qu’une seule envie, aller la chercher, la tirer par les cheveux jusqu’à chez elle et l’engueuler solidement. Ce fut au moment où elle se tourna vers l’endroit où ils étaient assis et qu’elle se figea que le bassiste réalisé à son tour qui dansait devant eux depuis quelques minutes.

La voyant ainsi se figer, les clients se mirent à se plaindre, la ramenant ainsi sur terre. Beaucoup moins à l’aise, elle reprit ses mouvements, un peu plus maladroits et hésitants, et termina sa danse pour ensuite courir dans la loge, ne laissant pas le temps à ses amis de l’intercepter.

 

-Est-ce que c’est…? Demanda le plus jeune.

 

Le plus vieux soupira, comme il n’aimait pas ce qu’il allait dire.

 

-Ouais… c’est bien Dai…

 

* * *

 

Dans la loge, Dai fut interceptée par la grande geisha, surnommée Candy. Celle-ci était la seule fille qui n’avait aucun préjugé raciste envers elle, et donc la seule à lui parler un tant soit peu gentiment. Bien sûre, elle s’en foutait, elle n’avait pas besoin d’amie, elle les avait déjà.

 

-Pourquoi t’as figé? Demanda Candy, simplement curieuse.

 

La tête basse, l’occidentale alla s’installer devant son miroir. Par chance, c’était son dernier show de la journée, elle pourrait rentrer chez elle dans quelques instants, le temps de mettre une tenue plus décente et d’éviter le deux musiciens dans la salle, qui allaient, pour sûre, essayer de l’intercepter pour avoir une discussion avec eux. Elle allait devoir passer par derrière.

 

-Disons que j’ai vu certaines personnes dont j’aurais préféré qu’elles ignorent que j’ai cet emploie… répondit-elle à Candy qui s’impatientait.

 

Elle salua ensuite son amie et courut directement se changer. Les autres danseuses la regardèrent de manière méprisante quand elle passa à côté d’elles. Le patron entrait alors qu’elle sortait et eut tout juste le temps de lui remettre sa paie et de l’entendre le saluer avant qu’elle ne s’enferme dans un cabinet pour retirer ses morceaux de tissus et mettre de vrais vêtements, soit un bleu jean et un débardeur bourgogne avec un croisé sur la poitrine et un col en V. Elle prit sa veste, mis ses vieilles pompes et prit la porte arrière.

Alors qu’elle se permettait enfin de se détendre un peu, elle tourna au coin de la bâtisse pour voir que les deux hommes l’attendait audit coin justement, l’empêchant ainsi de filer devant comme derrière. Résignée, elle attendit que l’un d’eux parle.

Évidemment, ce fut Toshiya, Die ayant trop de difficulté à contrôler sa colère.

 

-Tu nous avais pas dit que tu faisais du ménage chez les gens durant le jour? Demanda-t-il calmement.

 

Elle soupira. Elle ne savait trop pourquoi, elle aurait préféré la tempête du roux que ce calme placide.

 

-C’était vrai à l’époque… se grattant la nuque, elle se racla la gorge avant de continuer. Disons que j’ai été virée car les avances du patron ne me faisaient aucun effet…

 

Son rire retentit, faux et amer. Le guitariste était tellement crispé qu’il avait l’air d’être sur le point d’imploser. La jeune femme espérait qu’il explose.

Cependant, ce fut Toshiya qui continua.

 

-Et tu ne pouvais pas nous en parler? Histoire qu’on t’aide à trouver un vrai job?

 

Elle voyait bien dans ses yeux que le bassiste était déçu et cela la blessait beaucoup plus que si son ami s’était mis à lui hurler des insanités par la tête. Elle baissa les yeux au sol et les garda fixés là un bon moment, n’ayant plus la force de supporter ce regard que le bassiste lui lançait. Elle se retenait fortement de fondre en larmes devant eux, ne voulant pas les attrister plus qu’ils ne l’étaient, trouvant que cela était inapproprié à la situation.

Puis soudain, contre toutes attentes, elle sentit un bras entourer ses épaules, mais pas de là où elle aurait pu s’y attendre. Die, qui quelques secondes plutôt, bouillait encore de rage au souvenir de sa bonne amie qui était descendue assez bas pour montrer son corps au premier pervers venu, avait maintenant un air compréhensif et la serrait dans ses bras d’une manière remplie d’amour et d’affection envers elle. Étreinte sûre et réconfortante pourtant tout ce qu’il y a de plus platonique. Seulement, cet élan eut pour effet de faire éclater son flot de larmes qu’elle tentait consciencieusement de refouler pendant cette minute de silence. Elle ne faisait pourtant aucun bruit, aucune plainte ou bien de pleur, seulement un torrent de perles liquides qui roulaient le long de ses joues chaudes.
Plus apaisant qu’il n’aurait jamais pu l’être, le Die déposa un baiser sur la joue de Kathlyn, tentant au passage d’écraser quelques larmes avec son pouce. Ce moment leur faisait partager un sentiment de fraternité que eux seuls pouvaient avoir en cet instant, chacun comptant sur l’autre, sachant que tous deux avaient besoin de l’autre, qu’ils ne voulaient que s’entraider mutuellement, être là pour l’autre, en prendre soin, que cette affection allait dans ce sens et uniquement dans celui-là, mais que ce lien unique était aussi fragile que les autres. Elle pleurant, la tête appuyée au creux de l’épaule de celui-ci, ce dernier lui flattant gentiment la tête en gardant son étreinte de l’autre, la couvrant comme s’il l’avait fait toute sa vie.

Toshiya, lui, les regardaient envieusement, ne voyant pas que le lien qui les unissait n’était pas celui qu’il pensait être. Curieusement, il sentait l’envie de retourner se jeter dans les bras de Shinya en cet instant, même s’il souffrait atrocement de ce qu’il lui avait fait. Pourtant, il ne s’en rendait compte qu’à présent, il avait lui-même accepté de subir ça, cette trahison qui n’en était pas une… De savoir que le batteur était sincèrement amoureux de lui, même après ses actes auprès de la jeune canadienne, donnait une bonne raison au bassiste de vouloir encore voir son visage, de dépendre encore de lui. Même s’il avait fait semblant d’aller bien, il souffrait de ne pas le voir et, à ce moment-là, voyant Die et Kathlyn enlacés ainsi, les seules images que lui avait en tête étaient celles et Shinya et lui, installés à proximité l’un de l’autre sur le divan, ne faisant rien, mais ensemble, toujours avec un contact corporel, qui semblait en dire plus long que leurs propres mots.

 

* * *

 

Il avait gardé les clés de l’appartement et n’hésita pas un instant avant d’introduire celles-ci dans la serrure pour déverrouiller la porte. L’endroit était paisible, les seules sons audibles étaient ceux du vent qui entrait par une fenêtre ouverte, ceux de la tuyauterie qui craquait ainsi qu’une respiration lente, signe qu’une personne dormait. Évidemment, le son provenait du salon, où la frêle silhouette de Shinya se dessinait sur la causeuse, son visage marqué par le quiétude qu’apporte le sommeil.

Sans hésiter, Toshiya s’approcha de lui et, après l’avoir contemplé longtemps, savourant chaque détail qu’il avait pourtant si bien mémorisé du visage androgyne de l’être aimé. Il déposa sa main sur sa joue et se pencha sur son visage, déposant ses lèvres sur les siennes.

Cela ne prit pas beaucoup de temps à faire réagir la belle au bois dormant qui ouvrit les yeux, surpris pas le contact. Lorsqu’il se rendit compte de qui lui donnait ce baiser princier, si respectueux et aimant, il leva les bras et les passa autour du cou du bassiste. Il avait tant rêvé que celui-ci lui pardonne. Le sentir là, entre ses bras, ses lèvres contre les siennes, leurs langues entrelacées, était une chose qu’il n’arrivait plus à espéré quelques heures auparavant.

Tout à coup inquiet à l’idée de le perdre à nouveau, il approfondi le baiser et resserra son étau, l’empêchant ainsi de s’éloigner. Ce geste eut pour effet d’inciter Toshiya à renforcer son étreinte, pour lui prouver qu’il était bien là et que, même après cet incident si blessant, il l’aimait et tenait beaucoup trop à lui pour rester séparé de lui indéfiniment.

 

OWARI

 

Commentaire de l’auteure : Fanh! ._. J’ai fini le chapitre 8! Après un an et quatre mois et six jours, j,ai enfin terminé le chapitre 8! Et ce n’est malheureusement pas le dernier! J’espère seulement que le neuvième sera moins long à écrire et publier…



[1] Vous n’êtes pas du tout mélangés, n’est-ce pas?


Commenter: Peut-être un minuscule espoir...?
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