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Le Seigneur des Anneaux



La fatalité des Valar   Auteur: Lehonora Vue: 1817
[Publiée le: 2006-08-27]    [Mise à Jour: 2008-06-04]
G Général/Action-Aventure/RomanceCommentaires: 39
Description:
Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible?
Crédits:
Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination.

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Commenter: Sans loi ni liberté

Sans loi ni liberté

[3382 mots]
Publié le: 2007-08-29Format imprimable  
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Salut, je remercie tous mes lecteurs, qu’ils laissent ou non des commentaires. Je remercie les nouveaux lecteurs (Hesunohana, mh2), que je revois sur plusieurs autres de mes fics. Je t’embrasse ma Calad qui a du courage pour me lire sur deux sites et me poster des commentaires sur les deux sites, lol. J’espère que tu arrives à me supporter, lol. J’embrasse aussi ma Delph et j’ai une pensée pour ma Lolo (je sais que tu me lis même si je n’ai pas de commentaires de ta part). Je vais m’arrêter là, lol. Bonne lecture et désolée si je ne réponds pas en privée aux commentaires mais j’ai des problèmes avec ce site qui tourne au ralentit très souvent.

 

Sans Loi sans Liberté. Que reste-t-il ?

 

 

 

    Léhonora dormait toujours. Cette première utilisation de ses pouvoirs l’avait épuisé mais elle parviendra à les maîtriser, Sauron avait confiance en elle. Cependant, il craignait de ne pas être là à chaque fois, qui pourra s’occuper d’elle ? Le Seigneur d’Angmar avait déjà accepté de la protéger, alors lui demander d’être son professeur en l’absence de son époux était impossible. Il pensa à Aredhel, elle sera ravie de pouvoir l’aider.

    Aredhel se dirigea avec peur vers le bureau de son Maître qui l’avait fait demander. Elle savait par le serviteur que cela concernait Léhonora. Avait-il appris la vérité ? Elle espérait que non car il risquerait d’entrer dans une colère noire. Ce secret faisait peur à la jeune fille ainsi qu’à la Dame du Mordor. Personne ne connaissait la vérité… sauf Gryoth. Aredhel ne faisait aucune confiance en cette fille et ne cessait de la surveiller de prés.

    La jeune Elfe arriva devant la porte de son Maître et frappa en attendant son consentement avant d’entrer. Aredhel attendit qu’il prenne la parole.

  - Je t’ai fais venir car j’ai une mission à te confier. Tu es celle qui connais la mieux Léhonora et, comme tu le sais déjà, elle détient désormais d’immenses pouvoirs. Elle ne les contrôle pas et elle a besoin de quelqu’un de confiance qui pourrait l’aider car je ne pourrais pas être tout le temps présent.

    Aredhel soupira de soulagement au fond d’elle et sourit :

  - Je serai ravie d’accomplir cette mission.

  - Je savais que tu accepterais.

    En réalité, d’un certain coté, elle n’avait pas le choix. Il ne fallait jamais rien refuser au Seigneur Sauron sinon la dette envers lui risquait d’être considérable. Mais Aredhel avait envie d’aider sa cousine et elle le fera.

  - Mais dis-moi, sais-tu où elle est ? Elle dormait encore lorsque je l’ai quitté et à mon retour, elle n’était plus là.

  - Elle est sortit mon Maître. Son étalon semblait agité et elle l’a emmené en forêt.

    Sauron tapa du poing sur la table, ce qui fit sursauter la jeune Elfe qui recula.

  - Je lui ai dis de ne pas sortir sans m’en avertir. Son père et les Dùnedain veulent sa mort, je ne peux pas me permettre de la laisser partir ainsi. Mon Second est-il avec elle ?

  - Oui mon Maître mais… m’autorisez-vous vous donner des informations à propos d’elle ?

    Il vit qu’elle était surprise par son geste brusque et la laissa parler.

  - Léhonora est une fille indépendante et dépendante de la liberté. Si vous tentez de l’enfermer, de sans cesse la faire suivre, de la surveiller, vous la perdrez. Laissez-lui son indépendance et sa liberté mon Maître.

    Aredhel avait parlé sur un ton franc et presque autoritaire envers son Maître. En effet, elle connaissait très bien Léhonora et c’était justement pour cela qu’elle avertit le Seigneur des Ténèbres sur la dépendance à la Liberté de la Dame du Mordor, mais acceptera-t-il ce fait ? A vrai dire, il n’en avait pas tellement le choix car Léhonora ne supportera pas l’enfermement, la surprotection, Sauron devait le savoir.

  - Tes paroles sont réelles et sincères. Je connais ce coté sauvage de Léhonora.

    Le Seigneur des Ténèbres se dirigea vers la fenêtre et reprit son discours en pensant à celle qu’il aimait.

  - Elle est comme une jument galopant dans la plaine, avide de liberté. Elle a le tempérament du loup avec son insolence. Mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour elle.

  - Elle est capable de se débrouiller seule. Elle sait se battre et avec la colère qu’elle possède envers son père, elle peut le vaincre s’il l’a défit.

    Sauron avoua qu’elle avait raison mais osera-t-elle tuer son père ? Non, elle ne le pourra pas mais Aragorn n’hésitera pas à abattre son arme sur elle.

    Silmanarë était rapide, il ne galopait pas, il volait. Le Seigneur d’Angmar eut le regret d’avouer que ce cheval Elfique surpassait son étalon noir, il était même sûr qu’il pouvait vaincre celui de son Maître. Pourtant, Léhonora lui confia qu’il n’avait jamais atteint cette vitesse et qu’elle avait craint de ne pas le contrôler. Silmanarë changeait-il comme elle changeait elle ? Son lien avec lui était fort, était-il possible que le pouvoir de l’Anneau lui donne des capacités qu’il n’avait pas eut jusqu’à maintenant ?

    Les deux cavaliers s’arrêtèrent près d’une rivière à la lisière de la forêt. Léhonora guetta les alentours, craignant que les Dùnedain se trouvent non loin. Elle était sûre que son père la faisait surveiller mais pourquoi il n’agissait pas ? Etait-il au courant du pouvoir que lui avait donné le Seigneur des Ténèbres ? Même si cela était vrai, il ne pourra rien faire contre elle car la Prophétie s’était brisée mais Sauron semblait encore soucieux par rapport à cela.

    Léhonora regarda vers le Nord et des larmes coulèrent sur ses joues. Pourquoi cette tristesse après tout ce qui s’était passé entre elle et sa famille ?

  - Ma Dame…

  - Laissez-moi seule.

    Bien que le Seigneur d’Angmar ne souhaitait s’éloigner d’elle, il obéit malgré tout. D’origine, elle n’avait pas voulu de sa compagnie alors, il accepta sa demande. Cependant, Léhonora le rappela :

  - J’ai quelque chose à vous demander.

  - Oui, demandez et je vous répondrai.

    La Dame du Mordor hésita, ayant peur de se trahir, mais respira un bout coup et se lança :

  - Si, entre deux êtres qui s’aiment d’un amour pur et sincère, l’un d’eux détient un secret qui le fait souffrir et qui se refuse de l’avouer, peut-on considérer cela comme de la trahison ? Si ce secret est fait pour se protéger, protéger une personne et tenter d’oublier.

    En disant cela, elle eut des larmes aux yeux et il s’en rendit compte. Il prit alors conscience d’une chose, elle voulait se confier à lui alors qu’ils ne s’étaient montrés que haine entre eux.

  - Cela dépends de ce secret mais si c’est pour oublier un quelconque passé, il vaut mieux le libérer. Cela fera souffrir encore plus s’il reste au fond de soit. Si c’est pour protéger quelqu’un ou soi-même, je pense qu’il est légitime s’il ne comporte pas un danger mortel.

    Léhonora baissa la tête. Ce secret ne pouvait pas être révélé et il était dangereux, les paroles du Second de son époux ne l’avait pas vraiment réconforté car il disait de faire le contraire de ce qu’elle voulait, c’est-à-dire, tout avouer.

  - Ma Dame, cette personne avec ce lourd secret, serait-elle vous ?

    Léhonora releva la tête et n’osa pas répondre, de peur qu’il la trahisse.

  - Je… je ne peux rien dire. Maintenant laissez-moi.

    Mais le Roi Sorcier ne fut pas dupe. Elle détenait un secret, elle cachait quelque chose à son Maître, pourtant, il n’en informera pas le Seigneur des Ténèbres.

    Léhonora, malgré son amour envers Sauron, se sentait seule, sans rien ni personne depuis sa rupture avec sa famille et son mariage qui a fini de briser le peu de lien qui lui restait. Pouvait-elle regretter son choix ? Non, elle en était heureuse car elle a défié le Seigneur des Ténèbres, hait tandis que lui a voulu la briser, l’humilier, la soumettre. Mais tout cela s’était retourné contre eux dans un sentiment mutuel qui refusait de se montrer. Elle ne s’était pas soumise.

    Léhonora s’agenouilla devant la rivière et regarda son reflet. Elle était encore partagée mais elle devait faire face à la réalité, aucune discutions n’était désormais possible et les siens n’hésiteront pas à monter les armes contre elle et Sauron. Elle savait qu’une rébellion était en marche et elle craignait pour la vie de son époux et celle de son futur enfant. Son père n’hésitera pas un seul instant à éliminer les héritiers du Seigneur des Ténèbres.

    La Dame du Mordor ferma les yeux en laissant couler quelques larmes mais lorsqu’elle les rouvrit, elle vit dans l’eau, un regard de haine et non de chagrin. Elle planta des ongles dans le sol afin de pouvoir retenir sa colère mais en sentant le pouvoir de l’Anneau se manifester, la barrière qui s’était dressée se brisa. Le ciel se chargea de lourds nuages noir tandis qu’un vent violent se leva. Léhonora hurla toute sa haine et son chagrin qui se transformèrent en un puissant orage. Les chevaux prirent peur et se cabrèrent avant de s’enfuir.

    Une voix résonna dans sa tête, celle de son époux tentant de l’apaiser mais en vain, elle avait besoin d’évacuer ce qu’elle avait au fond d’elle. Elle se mit à trembler sous la pluie frappante et l’épuisement qui lui fit lâcher le contrôle sur ce qu’elle faisait. Elle laissa la tempête se déchaîner tandis qu’elle perdait lentement connaissance.

    Inquiet des proportions que prenaient les événements, le Seigneur d’Angmar avait tenté de s’approcher de la jeune fille mais il avait été repoussé, comme si le vent formait un bouclier autour d’elle. Le sol trembla sous le grondement du tonnerre et des éclairs frappèrent la terre. Léhonora eut le souffle coupé et ne parvenait plus à respirer. Elle lâcha un hurlement lorsqu’il sentit une forte douleur dans son ventre. Elle crut que le pouvoir de l’Anneau tentait de lui arracher ce qu’elle avait au fond d’elle. Il ne puisait plus sa force en Léhonora car elle était trop épuisée, alors, il prenait celle de son enfant.

  - Non, pas lui. Non, s’écria-t-elle.

    Léhonora sentit son pendentif chauffer mais elle ne s’en soucia pas. La tempête sembla se calmer et la Dame du Mordor se laissa se glisser au sol avant que des bras la serrèrent contre un corps qu’elle connaissait que trop bien.

    A Imladris, Aragorn avait sentit la soudaine faiblesse de sa fille mais plus encore, il avait sentit sa colère et son chagrin. Il ne parvenait pas à haïr sa fille pour son choix mais leur séparation avait été assez brutale. Léhonora était son sang, elle était tout pour lui et il ne supportait pas l’idée que cet homme puisse la posséder. Il gardait à l’esprit l’idée qu’elle restait avec lui par crainte pourtant, au fond de lui, il connaissait la vérité, pourquoi il refusait de l’admettre ? Il ne l’abandonnera pas. Il l’arrachera à lui avant le combat final.

    Un bruit venant derrière lui le fit se retourner. Une jeune Elfe aux cheveux roux sortit de l’abri des arbres. Ses yeux bleu nuit traversèrent le regard d’Aragorn.

  - Vous savez que jamais vous ne pourrez la séparer de lui. Acceptez-le Seigneur Aragorn. Elle l’aime et elle a choisi son chemin.

  - Vos paroles sont sages Lessien mais je ne laisserai pas ma fille entre les mains de ce tyran. Jamais elle ne pourrait aimer un homme comme lui.

    Lessien soupira. Comment lui faire ouvrir les yeux sur la vérité ?

  - Votre réaction est légitime mais comprenez que vous n’y changerez rien. Si les Valar n’ont pas agit c’est qu’il devait en être ainsi.

    Aragorn s’approcha de la jeune Elfe.

  - Je défierai les Valar s’il le faut mais je récupérerai ma fille.

    La jeune Elfe se tut. Elle le connaissait assez pour savoir qu’il était téméraire et qu’il n’abandonnera jamais. Pourtant, avant de repartir vers ses appartements où elle s’occupait du fils de Léhonora, elle dit :

  - La vérité fait mal, très mal mais elle est nécessaire pour se libérer des blessures. Vous vous mentez à vous-même et vous risquez de sombrer dans la folie. Léhonora est votre force mais elle est aussi votre faiblesse, elle le sait et aussi Sauron. Tout comme elle l’est pour lui.

  - Dis-moi Lessien, toi qui semble avoir réponse à tout, que reste-t-il s’il n’y ni loi ni liberté ? Sauron n’a aucune limite.

    Lessien ne répondit pas et Aragorn la laissa partir . Il ne devait pas se laisser emporter par ses sentiments envers sa fille, sinon, Sauron s’en servira contre lui et ses alliés. Il menait un combat intérieur, devait-il écouter le père qu’il était ou le guerrier ?

    Le Seigneur des Ténèbres se tenait près de son épouse. Son sommeil était agité et la fièvre s’était emparée d’elle. Cela faisait deux jours qu’elle avait sombré dans l’inconscience et Sauron avait craint pour la vie de l’enfant. Ce qui s’était passé aurait pu lui coûter la vie et Sauron savait qu’elle n’aurait pas supporté la perte d’un second enfant. Il l’embrassa sur la joue ce qui eut pour effet de la réveiller dans un sourire. Depuis quelques heures déjà elle tentait de se réveiller convenablement mais en vain. Sa tête était lourde et Sauron avait insisté pour qu’elle reste allongée.

    Léhonora se redressa et regarda son époux dans les yeux.

  - Je suis désolée.

    Sauron fut surpris de ses paroles. Elle n’avait rien à se reprocher. Voyant qu’il ne comprenait pas, elle ajouta :

  - De ne pas avoir su me contrôler. J’aurai pu mais j’ai préféré laisser ma colère m’envahir. C’est de ma faute ce qui est arrivé.

    Le Seigneur des Ténèbres secoua la tête. Il refusait à ce qu’elle se sente coupable, le seul fautif était lui. Il lui avait donné un trop grand pouvoir, il aurait dû attendre la naissance de l’enfant. Léhonora lui sourit afin de lui prouver qu’elle allait bien et que rien n’était de sa faute. Elle se pencha vers lui en l’embrassant tendrement mais elle sentit quelque chose de bizarre, comme si quelque chose lui avait été enlevé. En effet, lorsque son regard se porta sur sa main, elle s’aperçu que l’Anneau n’était plus à son doigt.

  - Mais… pourquoi ?

  - Son pouvoir est trop grand pour que tu puisses le supporter pendant ta grossesse. Je préfère te le rendre plus tard, être sûr que tu ne crains plus rien.

    Léhonora baissa la tête, honteuse d’avoir montrer sa faiblesse, honteuse de faire voir au Seigneur des Ténèbres qu’elle n’était pas capable de prendre soin d’elle-même et du bébé, et de posséder un immense pouvoir. Elle était la Dame du Mordor, la Reine des Ténèbres et son époux devait l’éloigner du pouvoir qui lui était destiné. Si elle n’était pas capable de s’occuper correctement d’elle, de se laisser aller vers la colère et de laisser ce pouvoir prendre possession d’elle, comment fera-t-elle pour être une bonne mère ? Elle commençait à douter du titre qu’elle avait depuis son mariage.

    Le Seigneur des Ténèbres remarqua son angoisse et son questionnement même si elle n’avait rien dit. Il sentait lorsqu’elle n’allait pas bien, ses doutes et il était de son devoir de la réconforter, de la soutenir. Qui aurait pu croire qu’il était capable de cela ? Personne en réalité, hormis Léhonora et le Seigneur d’Angmar, ainsi que les deux cousines de sa bien-aimée.

  - Prends-moi dans tes bras, demanda-t-elle.

    Sauron ne se fit pas prier et la laisser aller contre lui.

    Léhonora reprenait peu à peu ses forces mais ses migraines allaient et venaient sans cesse, ne donnant aucun moment de répit à la Dame du Mordor. Pourtant, rien n’indiquait que cela était grave, cependant, ces sauts d’humeur devenaient de plus en plus fréquents. «  Des humeurs de femmes enceintes » répétait Sauron pour tenter de se convaincre que cela était normal. Son épouse lui confirmait qu’il disait vrai car cela lui était aussi arrivé lors de sa première grossesse, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter.

    Un jour où le Soleil parvenait à percer le ciel couvert par des nuages gris, Léhonora se leva enfin afin de se dégourdir les jambes. Trop feignante pour se changer, elle sortit en robe de nuit avec un long châle rouge sur les épaules. Les dalles fraîches du palais lui firent du bien mais cela eut pour effet de geler ses pauvres pieds. Le vent parcourant le couloir fit soulever sa magnifique chevelure qui s’emmêla, cependant, elle sourit en lui faisant face. Elle aimait sentir cette force contre elle, comme si elle ne faisait qu’un avec la nature.

    Léhonora fut soudain tirée de ses pensées par des voix qui montaient dans la bibliothèque. Les reconnaissant, elle se dit que cela faisait longtemps qu’elle ne les avait pas entendu se quereller, pourtant, au lieu d’intervenir tout de suite, elle préféra entrer discrètement dans la grande salle et de se mettre derrière les étagères.

  - Arrête de faire celle qui la connaît mieux. J’ai grandi avec elle et je peux t’assurer qu’elle n’en prendra pas, répliqua Aredhel, elle est végétarienne et elle n’aime pas le lait.

  - Je le sais mais…

  - Alors pourquoi insister ? Même le Seigneur des Ténèbres ne pourra pas la forcer. J’avoue que cela lui donnera des forces mais je refuse de lui donner quelque chose qu’elle ne mangera pas.

    Gryoth tenta tant bien que mal à garder son calme, ainsi que son adversaire, mais Léhonora savait que cela allait de nouveau déraper. Elle en avait assez de tout cela, de ces disputes du soir au matin. Jamais elles n’avaient pensé à faire une trêve, aucune des deux ne voulait écouter l’autre, jugeant que cela la rendrait inférieure. Léhonora voulu réfléchir à une solution mais sa migraine l’empêcha de réfléchir et elle s’interposa de façon assez brutale.

  - Cela suffit. J’en plus qu’assez de cette situation. Peu importe qui est la cousine la plus proche, l’amie la plus proche car mon amitié envers vous est égale mais là, je n’hésiterai pas à vous réserver une sentence digne de ce nom. Je ne veux plus que vous m’approchiez tant que cela n’aura pas cessé.

    Léhonora ne leur laissa pas le temps de répondre qu’elle quitta la salle en claquant la porte, pourtant, cela ne l’empêcha pas d’entendre les insultes qu’elles se lancèrent de nouveau en s’accusant mutuellement pour le comportement qu’avait eut Léhonora. Elle soupira un bout coup et demanda à aller chercher le Seigneur d’Angmar.

    Aredhel et Gryoth se seraient arrachées les cheveux si le Roi Sorcier  n’était pas entré à temps dans la bibliothèque. Dès lors, les deux jeunes filles se turent et s’inclinèrent face à lui non sans se lancer quelques regards de colère.

  - Je viens de la part de la Dame du Mordor. Etant désespérée de voir cette situation et épuisée pour pouvoir intervenir, elle a prit une décision radicale. Elle désire votre départ de Minas Tirith et d’y revenir que lorsque vous vous serez calmées.

    Les deux jeunes filles furent stupéfaites et refusèrent de croire ce qu’elles venaient d’entendre. Voulait-elle leur faire peur ? Elle ne pouvait pas faire cela.

  - Nous allons aller la voir et…

  - Elle veut que vous quittiez Minas Tirith immédiatement et de revenir que lorsqu’elle en jugera le bon moment. Vous avez dix minutes pour préparer vos affaires et me rejoindre à la cours. Je vous emmènerai aux portes de la ville.

    Aredhel refusait de croire cela, elle avait une fille ici, elle ne pouvait pas la laisser, sa cousine le savait. Quant à Gryoth, ayant fait allégeance à la Dame du Mordor, devoir s’éloigner d’elle la contraignait à devoir faillir à ses paroles. Léhonora voulait les faire souffrir autant qu’elle souffrait. Elle souffrait d’être loin de son père, de sa famille et de voir ses deux amies se quereller sans cesse, elle voulait les éloigner de ce qu’elles aimaient. Les deux jeunes filles se regardèrent, comprenant qu’elles venaient de provoquer la colère de la Dame du Mordor.

 


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