
| La fatalité des Valar | Auteur: Lehonora | Vue: 1813 |
| [Publiée le: 2006-08-27] [Mise à Jour: 2008-06-04] | ||
| G | Général/Action-Aventure/Romance | Commentaires: 39 |
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Description: Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible? | ||
| Crédits: Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination. |
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Faillite des Valar[3480 mots] |
Publié le: 2007-08-09 | |
| Taille du Texte: (+) : (-) | ||
La faillite des Valar
Cela faisait déjà plus de dix minutes que Léhonora se tenait assise contre le mur du cachot, son père en face. Pas un mot, rien n’avait été échangé et pourtant, par un simple regard, ils comprirent qu’ils avaient beaucoup à se dire. Aragorn l’observa. Il avait comprit bien des choses depuis son arrivée, notamment celles qui confirmaient son amour envers le Seigneur des Ténèbres.
- Ecoutes bien ces paroles car je ne les redirai pas. Dans la Salle du Trône, au moment où… il te serrait contre lui, j’ai vu tout l’amour qu’il te portait et sache que, malgré le fait que je sois abattu que tu ais fais ce choix, je sais que tu es heureuse avec lui.
La jeune fille se leva et s’approcha de lui avec une certaine prudence. Jamais elle n’aurait pensé entendre cela de sa part. Perdra-t-elle à jamais son amour pour son choix ? Elle s’agenouilla en face de lui et détacha les liens qui le maintenaient au mur. Aragorn prit sa tête entre ses mains et essuya les larmes qui commencèrent à couler.
- J’ai une faveur à te demander. Acceptes-tu d’assister à mon mariage ?
Le Capitaine des Rôdeurs dû admettre qu’il était surprit par cette demande. Il ne s’était pas attendu à cela, surtout en se souvenant la manière dont elle lui avait parlé à son arrivée. Il l’embrassa sur la joue et répondit :
- Oui, j’accepte.
Léhonora eu du mal à cacher ses larmes. Elle avait tant espéré cette réponse mais maintenant, le problème se posait au niveau de son fiancé et elle ne doutait pas qu’il serait mécontent et son père le savait.
Soudain, la porte du cachot s’ouvrit pour laisser entrer le Seigneur d’Angmar. Malgré le fait qu’il n’aimait guère ce rapprochement entre le père et la fille, il ne dit rien. Léhonora l’avait fait demander, il n’obéissait qu’aux ordres. Aragorn comprit qu’il n’était pas là pour rien et il jugea bon de couper court à la conversation. Il embrassa sa fille sur le front et elle se releva en sortant avec le Seigneur d’Angmar. Ils remontèrent vers le palais et Léhonora demanda :
- Où se trouve Sauron ? Je ne l’ai pas vu ce matin ?
- Le futur époux d’Aredhel et sa fille sont en chemin, il est parti à leur rencontre. Pourquoi souhaitez-vous le voir ainsi ? Quelque chose ne va pas ?
La Princesse sourit. Si, tout allait bien mais il fallait avancer le mariage. Se retrouver devant l’autel avec une grossesse voyante n’était jamais très digne. Elle le fit comprendre au Roi Sorcier qui, aussi étonnant que cela puisse paraître, la félicita pour cet événement et il fut en accord avec elle. Léhonora cacha son étonnement, cette fois, il n’était plus question de mensonge, elle avouera la vérité à son amant.
- Venez ! Ils ont déjà pénétré dans la ville.
Le Seigneur d’Angmar l’accompagna jusqu’à la Salle du trône où la porte s’ouvrit. Sauron apparu, suivit par Darianë tenant sa fille Idril dans les bras, elle semblait bien fatiguée mais il était vrai que le voyage a dû être long. Après eux, vint Gryoth. La Princesse sourit en la voyant. Elles s’étreignirent mais la servante eut un mouvement de recule. Aredhel venait d’arriver et elle lui lançait un étrange regard. Comment Léhonora allait-elle faire pour éviter une tension ? Elle ne pourra pas longtemps supporter cela, elle devra mettre les choses au clair et elle leur parlera.
Aredhel fut plus qu’heureuse de revoir l’homme qu’elle aimait ainsi que sa fille. Idril se réveilla brusquement en voyant sa mère et elle sauta dans ses bras.
- As-tu été sage avec ton père ? Tu l’as écouté j’espère.
La petite fille fit un large sourire en hochant la tête mais Darianë ne semblait pas de cet avis. Le Seigneur des Ténèbres affirma qu’ils seront logés tout les trois ensemble et il ordonna à un serviteur de leur montrer la chambre qu’ils partageront désormais.
Il se tourna vers Gryoth et dit :
- Peux-tu nous laisser seuls ?
La jeune fille n’allait tout de même pas refuser. Une mauvaise réponse méritait la mort. Puis, le Seigneur Sauron ordonna aux gardes de quitter la salle. Lorsqu’ils furent enfin seuls, Sauron embrassa avec passion la jeune fille. Léhonora ne se lassera jamais de ses baisers, ils étaient si intenses, si puissants qu’elle en était en manque par moment.
- Je t’ai manqué ? Je ne suis pas parti longtemps pourtant.
Léhonora plongea son regard gris dans les yeux noir ébène de son amant.
- Le temps le plus court me paraît le plus long surtout si tu ne me préviens pas lorsque tu décides de partir.
Sauron l’embrassa de nouveau en lui promettant de ne plus faire cela. Puis, Léhonora devint plus sérieuse en informant qu’elle avait une chose importante à lui dire. En voyant son air qui avait changé, il s’inquiéta.
- Qu’as-tu ? Tu es souffrance ? Mourante ? Qu’est-ce qui se passe ?
Léhonora se mit à rire de ses questions sous son incompréhension.
- Je ne suis ni souffrante ni mourante, cela te rassure-t-il ?
- Parle, au nom de Morgoth.
La jeune fille se rapprocha de lui et lui murmura à l’oreille, tel un secret qui ne devrait pas être partagé.
- Je suis enceinte.
Le Seigneur des Ténèbres ne réagit pas immédiatement et ne trouva rien d’autre à dire que :
- De moi ? Enfin… je veux dire…
Léhonora était ravie de son effet, elle avait réussi à déstabiliser le Seigneur Noir. Heureusement qu’ils étaient seuls, il n’aurait pas apprécié être dans cette situation publiquement. La jeune fille resta silencieuse, attendant qu’il dise ce qu’il en pense.
- Je vais être père. Je vais être père. Tu en es sûr ? Depuis combien de temps le sais-tu ? Tu as des nausées ? Des malaises ?
Ah non, pas cela. Léhonora savait d’avance qu’elle ne supportera pas longtemps s’il doit sans cesse s’inquiéter pour elle. Elle n’était pas en porcelaine mais elle comprenait son inquiétude. Sa première grossesse s’était mal passée et il craignait que la seconde soit pareille. Elle l’embrassa sur la joue en lui confirmant qu’elle allait très bien mais qu’il fallait avancer le mariage, sinon, sa grossesse se verra et elle ne voulait pas de cela. Porter une robe de mariée avec le ventre rond portait malheur, alors elle voulait se marier pendant que son ventre était encore plat.
- De plus, je ne pense pas que mon père approuverait.
Le regard de Sauron changea brusquement et Léhonora lui demanda à ce que son père assiste au mariage.
- Je te le demande comme une faveur. Accepte !
Le Seigneur des Ténèbres comprit que la présence d’Aragorn comptait beaucoup pour elle et il ne trouva pas le moyen de le lui refuser. Léhonora blottit sa tête contre son torse.
- Je t’aime, dit-elle dans un murmure en Parler Noir.
La date du mariage fut avancée, l’union se fera dans moins d’une semaine et l’effervescence régnait dans la ville. Jamais Léhonora n’avait été plus heureuse, elle n’avait pas revu son père car elle voulait éviter tout conflit avec son futur époux. En privé, Sauron était totalement différent, il était devenu « l’esclave dévoué » à Léhonora qui n’aima guère cela. Elle ne cessait de répéter qu’elle et le bébé étaient en pleine forme, le Guérisseur l’affirmait lui aussi mais rien n’y faisait, le Seigneur des Ténèbres veillait personnellement de son bien-être.
Le matin, il l’a priait de rester au lit, qu’elle devait se reposer et qu’il s’occupait de tout, et elle n’en doutait pas car une fois, en sortant discrètement de la chambre tôt le matin, il avait ordonné la torture d’un homme car il prétendait ne pas trouver de roses rouges et blanches. Les marchands se faisaient rares ou les fleurs n’étaient de bonne qualité. Souillé par son propre sang, cet homme lui avait demandé grâce et qu’il ne le décevra plus.
- Trouve-moi ces roses, c’est ta dernière chance. Quand on cherche, on trouve.
L’homme s’était incliné bien bas puis s’était retiré.
Mais la journée était bien pire. Sauron ne souhaitait pas qu’elle aide, jugeant que cela la fatiguera et malgré ses soupires, il n’y avait rien à faire. Pourtant, sentant qu’elle finira par craquer à un moment ou à un autre, il décida qu’une petite sortie s’imposait. Il savait pertinemment que ne rien faire la rendra folle. Il la laissa donc partir en chevauchée avec Gryoth et Aredhel qui semblaient toujours si bien s’entendre.
Léhonora chevauchait au milieu d’elles, pour plus de sécurité à leur égard. Elle ne savait pas comment gérer cette crise entre les deux filles. Gryoth restait fidèle à Léhonora mais Aredhel la jugeait dangereuse. Encore ce rêve étrange, cependant, la Princesse refuser de croire en cela. Toutes les deux veillaient sur elle, chacune d’elle avec sa propre méthode et c’était cela qui avait créé cette tension. Le Seigneur des Ténèbres avait dit :
« - Laissez-les faire. Elles finiront bien par se calmer.
- Oui, quand l’une des deux aura achevé l’autre. »
Mais comme d’habitude, cela se soldait par un tendre baiser à une phrase voulant dire :
« - Tu es trop dramatique. »
Léhonora fut tirée de ses pensées par une nouvelle dispute. Elle stoppa Silmanarë et s’écria :
- Cela suffit vous deux. J’en ai plus qu’assez de vous entendre vous quereller à longueur de journée. Je rentre au palais, quant à vous, je ne veux plus vous voir tant que vous n’aurez pas trouvé de solution adéquate, comprit ?
Sur ce, elle les laissa seules, faisant demi tour. S’énerver n’était pas bon pour elle et le bébé mais elles avaient été trop loin cette fois. Comment se comporteront-elles à son mariage ? Elles vont aussi s’insulter ? Quand Sauron la vit revenir seule et dans une colère noire, il comprit ce qui s’était passé.
- La prochaine fois, rappel-moi de ne jamais les emmener ensemble, lâcha-t-elle sur un ton froid.
Elle ramena son étalon dans l’écurie où elle congédia l’écuyer, elle voulait s’occuper elle-même de sa monture, cela la détendait. Elle avait hâte du jour où son union avec le Seigneur des Ténèbres sera enfin officielle. Même sans mariage, elle aurait pu être heureuse mais elle serait traitée comme une catin et elle n’admettait pas cela, et son futur époux non plus.
Quand elle eut fini, elle alla dans sa chambre. Elle se sentait épuisée et elle admettait que Sauron avait raison, l’agitation autour d’elle la fatiguait. Elle avait besoin d’une bonne nuit de sommeil. En ouvrant la porte de sa chambre, elle ne prit pas même le temps de se changer qu’elle s’effondra sur le lit et s’endormit. La fenêtre était restée ouverte et son sommeil fut troublé par un vent froid qui faisait frissonner sa peau.
Le Seigneur des Ténèbres étaient satisfait de ce qu’il avait fait, il ne manquait plus le consentement de sa bien-aimée. Il observa le bien qui appartiendra à Léhonora avant de le remettre dans le coffret en métal qu’il remit au Sorcier d’Angmar. Sauron quitta la Montagne du Destin et retourna à Minas Tirith avant que la Princesse ne s’aperçoive de sa trop longue absence. Il monta une Créature Ailée et il arriva bien vite dans la cour du palais. Depuis quelque temps déjà, il avait prévu cela même en ignorant si cela fonctionnera. Sa confiance et son amour envers la jeune fille l’avaient poussé à agir ainsi. Cet acte le rendra plus fort, cet acte les rendra plus puissants.
En entrant dans la chambre, il s’empressa de fermer la fenêtre de peur qu’elle prenne froid. Il lui ôta ses bottes, sa cape et son épée qu’il posa délicatement dans un coin de la chambre. Il s’installa près d’elle en lui caressant les cheveux. Elle avait tellement changé depuis leur première rencontre où, malgré toute la force qu’elle avait su faire preuve, elle lui était soumise, effrayée par son simple regard. Aujourd’hui, elle partageait ses nuits, son cœur. Elle était devenue froide, autoritaire, sa chevelure s’était assombrit bien que l’éclat du Soleil les éclaircissait par moment, ses yeux ne quittaient plus ce gris pénétrant, un gris d’un acier froid.
Le monde aussi avait changé, il n’y avait plus de saison. Le vent froid, hivernal parcourait la Terre du Milieu sans distinction entre les différentes terres et les climats qui leur étaient propres autrefois. L’herbe des prairies jaunissait, les arbres perdaient leurs feuilles vertes et lorsqu’elles repoussaient, elles étaient de la couleur du feu et parfois brunes. Les animaux disparaissaient petit à petit, se cachant dans les montagnes. Sauron embrassa sa bien-aimée et se coucha à ses cotés en la serrant contre lui.
Léhonora se trouvait seule dans sa chambre en compagnie d’Aredhel, ce jour tant attendu était enfin arrivé. Elle était en proie au stress, elle était nerveuse et cela fit rire sa cousine.
- Toi qui n’as pas eu peur de défier le Seigneur des Ténèbres, de trahir ainsi les tiens, tu as peur de t’engager dans un mariage.
La jeune fille ne rit pas à cet humour. En ce moment, elle avoua qu’elle préférait se retrouver face aux Elfes et aux Dùnedain. Aredhel la regarda et s’exclama :
- Tu es magnifique.
Léhonora rougit et la remercia d’être à ses cotés. Elle se regarda dans le miroir. Elle portait une longue robe blanche avec un décolleté en V où y étaient brodés des symboles en argent. Les manches étaient larges et pendantes. Sur la poitrine, le symbole de royauté de sa famille était représenté en argent. Sur chacune des épaules, une broche en forme d’étoile retenait une longue cape en velours noire. La chevelure de la Princesse était coiffée par un diadème en argent dont les fils s’entrelaçaient avec des mèches de ses cheveux. Son regard gris se rempli de larmes.
- Non, ne pleure pas, sinon, je vais aussi m’y mettre. De plus, tu feras peur à ton futur époux.
Les deux jeunes filles rirent et s’étreignirent. Léhonora respira un bon coup et sortit de la chambre où les attendait le Seigneur d’Angmar, le témoin de Sauron, qui les accompagnera jusqu’à la cour. Il s’inclina face à elle.
- Vous êtes resplendissante ma Dame.
La jeune fille inclina la tête en le remerciant. Puis, Léhonora et son escorte se dirigèrent vers la cour. En arrivant en haut de l’escalier menant au palais, la jeune fille vit le Seigneur des Ténèbres sur son étalon noir, à coté, se tenait Silmanarë. Sauron fut éblouit par sa beauté, il ne trouva pas de mot pour exprimer ce qu’il ressentait, mais Léhonora le comprit par son simple regard. Il portait une tunique sombre avec le symbole de l’Oeil sur la poitrine, brodé en or et sa cape rouge, retenu sur ses épaules par des broches en forme de flamme dorée, recouvrait tout l’arrière train de sa monture. Sa chevelure noir mi-long était détachée et ses yeux sombres firent chavirer la jeune fille qui monta Silmanarë.
Les futurs époux traversèrent Minas Tirith avec, à leur coté, Aredhel à la gauche de Léhonora, et le Seigneur d’Angmar à la droite de Sauron. Le cortège avança lentement dans la rue, aucun mot ne fut échangé hormis des regards étincelants et des sourires qui ne trompaient pas leur bonheur. Sur les Champs de Pelennor, se trouvait un autel orné de roses rouges et blanches. D’un coté, se tenait Aragorn, dont son regard était inexpressif, et Gryoth, le second témoin de Léhonora. De l’autre coté, se tenait un Nùménoréen Noir que Léhonora connaissait bien, il se nommait Azlov et était le second témoin de Sauron.
Quand les futurs époux prirent leur place, leur escorte se dissipa afin que chacun aille de son coté sauf le Seigneur d’Angmar qui se mit devant l’autel.
- Nous sommes réunis en ce jour afin d’unir le Seigneur Sauron de Mordor et Léhonora Laïa Elessar d’Arnor et de Gondor.
Les amants se regardèrent, en l’épousant, Léhonora lui permettait de prendre la couronne de Gondor et d’Arnor, ainsi qu’elle prendra celle du Mordor. Les trois royaumes réunis, rien de pourra leur résister.
- Seigneur Sauron de Mordor, acceptez-vous de prendre pour épouse la Princesse Léhonora Laïa Elessar ici présente, de l’aimer et de la chérir, de la protéger et de lui être fidèle jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
- Oui je le veux, répondit-il sans hésitation en fixant le regard gris de la Princesse qui ne le lâcha pas.
- Princesse Léhonora Laïa Elessar de Gondor et d’Arnor, acceptez-vous de prendre pour époux le Seigneur Sauron ici présent, de l’aimer et de le chérir, de lui obéir et de lui être fidèle jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
- Oui je le veux.
Leur regard était sans faille et le Roi Sorcier continua :
- Si quelqu’un est opposé à cette union qu’il parle maintenant ou se taise à jamais.
Léhonora tourna son regard vers son père, elle savait qu’il était capable d’intervenir et elle craignait qu’il le fasse. Elle vit ses yeux se remplir de larmes, mais pas celles de joie, et il baissa la tête. Aredhel et Alzov s’approchèrent avec les alliances en or. Lorsqu’elles furent remises, le Roi Sorcier déclara :
- Vous êtes dès cet instant unis et que Morgoth veille sur votre union.
Le Seigneur des Ténèbres embrassa Léhonora qui était désormais son épouse. Ils étaient enfin unis et même l’éternité ne pourra briser cet amour qui brûlait en eux. Cette fois, Léhonora se lâcha et pleura. Sauron descendit de son étalon et prit sa femme dans ses bras. Il l’embrassa d’un intense baiser. Il tiendra cette promesse de mariage, il l’a protégera au péril de sa propre vie, quant à Léhonora, elle eut un doute au sujet de l’obéissance.
- J’aime quand tu te rebelles, tu es si belle, Dame du Mordor.
Oh qu’elle aimait ce titre ! Depuis le temps qu’elle souhaitait pouvoir le porter de droit. Il était vrai que la colère de Léhonora avait pour effet de recevoir un baiser de Sauron. Dans ce cas, il falloir qu’elle le soit plus souvent. Le Seigneur des Ténèbres rit, puis son regard se porta sur Aragorn.
- Ramenez-le aux cachots ! ordonna-t-il.
Léhonora regarda son père se faire emmener par les hommes de Sauron.
Pendant que les festivités battaient leur plein dans la ville, Léhonora rejoignit discrètement les cachots afin de faire libérer son père. Son époux avait l’intention de le faire abattre, malgré ce lien brisé avec sa famille, elle n’était pas prête à voir son père mourir et elle n’avait pas ce courage de demander sa libération auprès de son époux. Elle entra dans le cachot. Elle remit Andùril à son père avant de dire :
- Je vais te faire sortir d’ici. Personne ne surveille et je sais par où te faire passer afin que tu puisses quitter la ville sans te faire repérer.
Aragorn ne dit rien et se contenta de la suivre. Elle la mena dans une petite salle du palais qui semblait abandonner. Elle repoussa un lourd tableau avec l’aide de son père et derrière se trouvait un tunnel. Léhonora confirma qu’il menait à l’extérieur de la ville, qu’il débouchait dans la forêt.
- Tu peux encore venir avec moi. Cesse cette folie et reviens.
La jeune fille secoua la tête, elle ne pouvait pas faire cela, elle ne le voulait pas. Aragorn comprit à contre cœur qu’il avait bel et bien perdu sa fille. Son regard se chargea de colère… non, de haine, et d’une voix froide, il lui dit :
- Sauron achèvera son règne plus tôt qu’il ne le pense. Prend garde à toi ! Mes hommes te tueront sans hésitation.
Léhonora, qui avait soutenu son regard, céda et demanda dans une voix qui trahissait son chagrin :
- Et toi ? Que feras-tu ?
Son père ne répondit pas et emprunta le tunnel. Mais sa fille s’écria, les larmes aux yeux :
- Ada, j’ai besoin de savoir. Réponds, je t’en pris.
Aragorn l’observa en silence et se rapprocha d’elle. Sans qu’elle puisse le prévoir, il la plaqua contre le mur, l’épée à sa gorge.
- Sache que je n’hésiterai pas à souiller Andùril de ton sang si tu m’y forces, alors ne me tentes pas Léhonora. Ne me tente pas, bien que l’envie me prenne en sachant que tu porteras les héritiers du Mal.
Il retira la lame et s’engouffra dans le tunnel sans un regard pour sa fille qui se laissa tomber au sol, ne maîtrisant plus ses sanglots. Les paroles étaient plus mortelles que les lames, si son père voulait la guerre, il l’aura.
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