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Le Seigneur des Anneaux



La fatalité des Valar   Auteur: Lehonora Vue: 1818
[Publiée le: 2006-08-27]    [Mise à Jour: 2008-06-04]
G Général/Action-Aventure/RomanceCommentaires: 39
Description:
Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible?
Crédits:
Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination.

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Commenter: Flammes noires

Flammes noires

[3543 mots]
Publié le: 2007-02-10Format imprimable  
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Les répliques en italique sont des répliques dans le Parler Noir (non précisé par moment car il sera souvent employé) ou dans le langage des Elfes (toujours précisé). Ceci est valable pour toute la fic, je le repréciserai par moment.

 

Flammes Noires

 

 

 

    Soumise, Léhonora était à genoux devant le Seigneur des Ténèbres, tête baissée. Elle attendait sa sentence, la peur au ventre. Son cœur battait si fort qu’elle cru qu’il allait lui déchirer la cage thoracique. Elle s’attendait à entendre le bruit sourd de son épée se dégager du fourreau avant de s’abattre sur elle ou à sentir sa main tomber sur elle comme un coup de poignard. Son amour pour lui l’avait contraint à revenir même en sachant qu’elle risquait la mort en faisant cela. Mais rien ne se produisit.

    Le Seigneur des Ténèbres observa celle qui l’avait trahit. Elle était en situation de soumission face à lui. Il ignorait que faire. Il avait tant espéré son retour cependant, il l’avait craint. Devant tous, il devait prendre une décision. Pouvait-il se rabaisser devant elle publiquement ? Personne ne lui était supérieur. Il était le Seigneur des Ténèbres. Tous crimes commis envers lui devaient être punis.

    Léhonora ne savait plus si elle devait prier Morgoth ou les Valar. Elle était abandonnée par tous. Elle entendit Sauron se baisser afin de se mettre à sa hauteur. Elle refusait de faire voir sa peur mais il la sentit. Il lui prit son menton pour lui relever la tête.

  - Regarde-moi ! dit-il d’un ton neutre.

    Léhonora hésita. Malgré la neutralité de sa voix, elle comprit qu’il y avait de la colère. Elle leva ses yeux gris vers lui, vers un regard d’un noir profond. Sa main était dure et elle sentit ses yeux se remplir de larmes. Elle était prête à le supplier, à lui hurler son amour, à s’abaisser totalement devant lui afin qu’il la garde auprès de lui. Ne pouvant plus soutenir son regard noir, elle baissa les yeux.

  - Je sais que je t’ai fais du mal. Je m’en rends compte un peu tard, je le reconnais. Pourras-tu me le pardonner ?

    Léhonora fronça les sourcils, surprise de ses paroles. Devait-elle le croire ? Etait-ce un leurre ? Voyant qu’elle était hésitante et qu’elle continuait à craindre la suite, il ajouta :

  - Je souhaite faire de toi mon épouse.

    Cette fois, elle releva son regard sur lui.

  - Veux-tu régner à mes cotés, être ma Reine pour l’éternité ?

    Léhonora sourit timidement, puis un léger rire sortit de sa bouche. Ses larmes coulèrent sur ses joues. Des larmes de joie et de tension qu’elle avait accumulé ses derniers jours. Et pour toute réponse, elle l’embrassa. Sauron glissa ses mains sur ses hanches et approfondit le baiser sous le regard de tous. Aredhel sourit, elle était heureuse pour sa cousine, très heureuse.

  - Oh tout doux mon beau, dit-elle quand Silmanarë tenta de se cabrer.

    Elle ignorait si cela était dû à la joie qu’il éprouvait pour sa cavalière ou de la peur ressentit face au pouvoir que dégageait le Seigneur des Ténèbres mais elle s’en moquait.

    Sauron se releva en tendant sa main à la Princesse qui accepta. En prononçant ces paroles, il faisait de Léhonora son égal et quiconque lui manquera de respect aura affaire à lui. Quand la jeune fille se fut relevée, il en avertit ses serviteurs qui s’inclinèrent bien bas face aux amants. Léhonora n’avait pas remarqué l’attroupement qui s’était formé depuis son arrivée. Apparemment, tous avaient été impatient de voir comment le Seigneur des Ténèbres allait l’accueillir et son choix surprit bien des personnes. A ce moment, elle fut soulagée de l’absence du Roi Sorcier car elle était convaincue qu’il se serait mit entre eux. Mais comment agira-t-il à cette nouvelle qui lui parviendra ?

    Léhonora sourit à sa cousine, ce qui l’obligea à ignorer les problèmes futurs. Sauron embrassa la main de sa bien-aimée et la pria de l’accompagner à l’intérieur du château. Elle lui sourit et le suivit. Léhonora s’avança au centre de la Salle du Trône quand le bruit sourd de la porte se fermant, la fit brusquement se retourner.

  - Laissez-nous seuls, ordonna-t-il à ses hommes.

    La jeune fille les regarda partir en ayant une peur soudaine. Pourquoi congédierait-il ses gardes ? Elle le regarda, l’interrogeant du regard. Il s’approcha d’elle qui recula involontairement, son instinct dictait ses gestes.

  - Tu n’as pas à me craindre. Je pensais que tu l’avais compris.

  - Mais ce jour-là, tu as fais de moi ta martyre. Comment retrouver cette confiance après cela ?

    Bien qu’elle voulait montrer sa colère, sa voix transmit du chagrin à ce souvenir douloureux. Pourtant, elle était revenue, en conséquence, elle sut que cette confiance n’avait jamais disparu. Elle l’aimait malgré la souffrance qu’elle a reçue.

   Le Seigneur des Ténèbres s’avança vivement vers elle en lui prenant la tête entre ses mains. Pour la première fois, Léhonora y lu du regret, du chagrin et même… un grand amour.

  - Je n’ai jamais voulu cela. Ma violence a été engendrée par ma surprise, je… j’ai ouvert les yeux sur un sentiment qui m’était jusqu’alors inconnu, interdit. Malgré ce que peuvent dire certains… je t’aime.

    C’était fait, il l’avait enfin avoué. Aussi loin qu’elle pouvait s’en souvenir, jamais Léhonora n’avait entendu cela. Ses paroles, il les avait condamné et à présent, elle comprit qu’il était sincère envers elle. Il l’aimait, il venait de conjuguer le verbe aimer. Léhonora sentit de nouvelles larmes couler sur ses joues. Sauron l’embrassa passionnément, il venait de retrouver le goût de ses lèvres sur les siennes. Durant son absence, il avait tenté de l’oublier mais à chaque fois qu’il avait prit une femme dans son lit pour se distraire, c’était le visage de Léhonora qui apparaissait, son regard brillant de désir, sa peau si douce. Désormais, il se jura de ne plus la laisser partir et plus aucune femme ne partagera sa couche. Léhonora était l’unique, la seule pouvant le faire faiblir, le provoquer et il l’aimait pour cela.

    Léhonora passa ses bras autour du cou de son amant et posa sa tête sur son épaule. Son bonheur ne trouvait pas de mot et Sauron comprit son silence qu’il respecta. Il la serra contre lui en caressant sa chevelure emmêlée et légèrement sale. La route a été longue depuis Imladris. Il desserra son étreinte et l’emmena à travers le palais. La jeune fille ne s’attarda pas à s’émerveiller car elle avait déjà eu l’occasion de voir le château.

    Le Seigneur des Ténèbres la mena à une spacieuse chambre en trois pièces dont les tons étaient bleu et blanc. Le petit salon avec bibliothèque, la chambre avec un immense miroir, une coiffeuse et un lit deux places, ainsi qu’une cheminée et une porte-fenêtre dont la vue portait sur la ville et le jardin. La dernière pièce était la salle de bain.

  - C’est la chambre destinée aux Princesses Royales. Il s’agit de la plus spacieuse et de la plus belle. Elle est à toi.

    Léhonora s’étonna qu’il lui fasse prendre une chambre à part de la sienne. Avait-il peur qu’elle refuse après ce qui s’était passé ? Craignait-il un refus de sa part ? Le Seigneur des Ténèbres affirma qu’il avait prit les appartements royaux en arrangeant le décor qui ne lui plaisait guère.

  - Il est peut-être préférable pour nous deux d’être séparés pour le moment. Je vair te laisser te changer, j’ai des affaires à m’occuper.

    Il l’embrassa une dernière fois et quitta la chambre.

    Léhonora connaissait cette chambre, elle l’avait occupé après la bataille sur les Champs du Pelennor et avant de partir pour la Porte Noire. Elle ouvrit sa garde de robes et eut la surprise de la voir remplit de robes magnifiques, des rouges aux dentelles dorées, en velours ou en toile léger. Elle vit aussi des vêtements d’hommes et elle sourit. Il avait retenu qu’elle préférait mettre ce genre d’habit lors des chevauchées ou au moment où elle s’entraînait aux armes. La jeune fille prit une longue serviette blanche et se dirigea vers la salle de bain.

    Elle somnola dans son bain. L’eau chaude lui faisait du bien, sa chevelure flottait mais elle ne l’avait pas encore nettoyé et cela risquait de lui prendre du temps. Depuis qu’elle avait quitté Imladris, elle n’avait pas prit le moindre bain, pas même un petit saut dans une rivière. Elle plongea la tête sous l’eau, si elle l’avait voulu, elle se serait noyée volontairement pour le mal qu’elle a fait à sa famille mais elle se redressa en pensant à son amant. Elle ne regrettait pas son retour, loin de là. Elle finit de se laver et se leva. L’eau coulait le long de son corps, sa chevelure était de nouveau propre. Elle s’apprêta à prendre la serviette quand elle sentit des mains glisser dans son dos. Un frisson la parcouru mais elle ne se retourna pas, se contentant de fermer les yeux.

    Sauron la sentit frémir contre lui tandis qu’il laissait ses mains courir sur elle. Elles remontèrent sur son corps en passant par son ventre, sa poitrine et s’arrêtèrent sur son cou. Sous son souffle chaud et ses baisers ardents, Léhonora se mordit la lèvre puis se retourna. Leur regard se croisa. La jeune fille passa ses mains sous sa chemise et l’enleva. Sauron prit ses lèvres dans les siennes en l’amenant vers le lit. Léhonora mit sa main dans le pantalon de son amant tandis qu’il continuait ses baisers. Le pantalon finit par être jeté à terre. Leurs désirs, si longtemps retenus, purent enfin se libérer.

    Léhonora dormait contre lui, souriante. Il la regarda en caressant sa peau nue. Elle bougea légèrement et se réveilla, le sourire aux lèvres. Sauron l’embrassa.

  - J’ai un cadeau pour toi.

    La jeune fille fut surprise par cela. En quel honneur elle avait le droit à un cadeau ? Pour quelle raison ? De plus, il devait l’avoir depuis pas mal de temps, il l’avait prévu. Etait-ce pour se faire pardonner ? Cette nuit valait tous les joyaux de la terre. Sauron se leva. Il enfila son pantalon.

  - Attends-moi ici. Je n’en ai pas pour longtemps.

    Et il sortit en laissant Léhonora intriguée.

    Elle resta allongée sur le lit, à regarder par la fenêtre. Le ciel était dégagé mais il semblait avoir des reflets gris. Le monde avait bien changé depuis le retour du Seigneur des Ténèbres. Léhonora se leva en accrochant le drap autour d’elle lorsque son amant revint. Il tenait un petit coffret en métal noir gravé de rune en Parler Noir. Il l’ouvrit et elle découvrit un pendentif en or représentant une flamme.

  - Il est magnifique.

    Sauron le sortit de son coffret et le mit au cou de son amante. Il lui allait si bien.

  - Désolé du retard mais… joyeux anniversaire.

    La jeune fille sourit, ne croyant pas ce qu’elle avait entendu. Ainsi, il avait pensé à son anniversaire ? En faisant le compte, il avait eu lieu la semaine dernière. Elle avait eu dix-huit ans le 1er Mai. Son sourire s’effaça en repensant que la naissance de son fils avait eu lieu un mois avant la date prévue. Si tout s’était passé normalement, elle serait toujours à Imladris en train de subir les foudres de sa famille en attendant la délivrance. Elle ne l’aurait pas supporté. Voyant sa tristesse soudaine, il crut que cela ne lui plaisait pas.

  - Qu’as-tu ?

    Elle secoua la tête.

  - Rien. Je pensais à ma famille qui m’a reniée, déshonorée, bafouée. A cause d’elle j’ai l’impression d’avoir perdu ma fierté et ma dignité. Mais –elle leva son regard vers lui– grâce à toi, je vais reprendre ce qu’elle m’a arraché.

  - Devant Morgoth, je jure que notre union te rendra ton honneur.

    Elle lui posa un baiser sur ses lèvres et lui murmura dans le Parler Noir :

  - Merci pour le cadeau.

    Sauron acheva de s’habiller et laissa son amante seule dans la chambre.

    Elle ouvrit sa garde de robes et s’empressa de s’habiller, elle souhaitait parler à sa cousine et savoir comment elle était traitée. De plus, il lui fallait réfléchir sur la manière d’annoncer la vérité à Sauron. L’acceptera-t-il ? Il fallait le tenter mais elle avait l’espoir. En lui parlant seule, elle était sûre de pouvoir arranger les choses. Elle coiffa ses longs cheveux qui retombaient avec grâce le long de son corps. Sa robe rouge et or était légèrement différente à celle qu’elle avait pu porter jusque là. Elle ne portait aucune rune ni symbole, elle était simple.

    Léhonora sortit de la chambre et eut la surprise de voir une servante devant sa porte. Elle s’était tellement habituée à la présence de Gryoth que cette femme l’avait un peu perturbé. Elle s’inclina bien bas comme si elle devait la craindre. Mais après le discours et l’aveu du Seigneur des Ténèbres, cela n’étonna pas la jeune fille. Elle se dirigea vers les écuries afin de voir si Silmanarë était bien traité. Il paraissait en pleine forme et son box se trouvait près de l’étalon noir de Sauron, un honneur hormis pour le cheval blanc qui semblait nerveux devant tant de pouvoir maléfique devant lui.

    Afin de le réconforter, Léhonora entra dans le box.

  - Tu n’as rien à craindre mon beau, rassura-t-elle dans la langue des Elfes.

    Pourtant, l’étalon blanc eut un grave hennissement et commença à se cabrer dans son box. Il devenait fou. D’après un serviteur qu’elle avait interpellé, il était ainsi depuis qu’il avait été installé et ne cessait de s’agiter. Léhonora devait quelque chose, mais quoi ? Silmanarë tapa violement des sabots et la jeune fille sortit afin d’éviter de prendre des coups. Elle le regarda chagriné. Même lui la rejetait, son fidèle ami. Cette fois, elle avait tout perdu, son lien qui pouvait encore l’unir aux siens venait de se rompre.

  - Léhonora, appela-t-on.

    La jeune fille se retourna et vit sa cousine. Elle n’avait pas encore parlé à Sauron mais Aredhel la rassura en informant qu’il fallait mieux s’y prendre lentement. La Princesse lui expliqua le problème de Silmanarë et lui exposa sa solution, l’unique solution.

    Les deux filles chevauchaient dans la plaine non loin de Minas Tirith. Elles s’éloignèrent de la ville en direction de la forêt. La journée était belle, belle pour un adieu. Léhonora descendit de son étalon et lui enleva son licol. Il s’ébroua avec joie et regarda sa maîtresse de ses yeux de nuit. La jeune fille le caressa en lui parlant dans le langage des Elfes avec tendresse, comme elle l’avait toujours fait.

  - Je suis désolée Silmanarë mais je n’ai pas le choix. Tu mérites d’avoir cette liberté et sache que tu seras toujours dans mon cœur. Cette vie que j’ai choisie n’est pas pour toi.

    L’étalon secoua son encolure et frotta le bras de Léhonora. Des larmes coulèrent sur ses joues, des larmes d’une grande tristesse de devoir quitter son compagnon.

  - Je t’aime, dit-elle en l’embrassant.

    Elle s’éloigna de lui en rejoignant sa cousine qui était restée à l’écart. Voyant qu’il ne bougeait pas, elle insista :

  - Va-t-en ! Va-t-en ! ordonna-t-elle.

    Mais Silmanarë continuait à la regarder, comme s’il la suppliait de le garder auprès d’elle. A contrecoeur, Léhonora ramassa une pierre et la jeta aux pieds de l’étalon. Il se cabra en hennissant et disparu dans la forêt. La jeune fille sentit une main sur son épaule et se retourna en pleurant dans les bras de sa cousine qui savait à quel point elle aimait Silmanarë.

    En la voyant ainsi, le Seigneur des Ténèbres comprit que quelque chose n’allait pas. Il n’aimait pas la voir souffrir. La tête baissée, elle avait seulement répondu :

  - Je lui ai donné sa liberté.

    Avant de continuer son chemin dans le couloir. Il n’avait pas eut besoin de nom pour savoir qu’elle parlait de Silmanarë, il avait eut vent de sa folie dans l’écurie. Sauron soupira et demanda à Aredhel de rester avec elle.

    Léhonora s’était arrêtée dans le couloir afin d’attendre sa cousine. Elle savait qu’elle avait prise la bonne décision. Elle n’avait pas le droit de l’obliger à basculer dans les Ténèbres avec elle. Après tout, il a toujours été libre et sauvage, elle lui rendait sa vie d’origine et il rejoindra sûrement Imladris, sa terre natale. A présent, elle devait parler d’autre chose, en fait, cela était aussi pour oublier sa peine.

  - Dis-moi, où tu as été installée ? demanda-t-elle.

    Aredhel haussa les épaules.

  - Dans une simple chambre qui me convient parfaitement, ne t’inquiète pas. Je suis bien traitée si c’est ce que tu veux savoir. Il a tout de suite su que j’avais du caractère et cela l’a forcé à avoir un peu de respect envers moi, dit-elle dans un sourire.

    La Princesse avait remarqué son sourire du coin des lèvres. Elle cachait quelque chose, et pas de déplaisant. Elle l’a prit par le bras en la faisant s’asseoir sur un banc à ses cotés et, en souriant, demanda :

  - Qu’as-tu fais ?

    Cette fois, sa cousine eut un éclatement de rire.

  - Pardonne-moi mais… il m’a défié en trouvant que j’étais insolente et je l’ai séduis jusqu’à l’extrême pour ensuite le laisser seul avec son désir ardent de me faire l’amour. Cela lui a beaucoup déplu mais le chantage consiste à garder mon respect contre son secret de sa défaite que je n’hésiterai pas à dévoiler.

  - Ce que j’aurais aimé voir cela.

    Léhonora imaginait sans peine la scène. Il a dû bien contenir sa colère mais il aurait très bien pu la tuer pour cela. Pourquoi a-t-il agit ainsi ? Le Seigneur des Ténèbres appréciait beaucoup les forts caractères, ceux qui osaient dire ce qu’ils pensaient à haute voix et le montraient sans peine. Aredhel étaient de ceux-là, leur défi s’était changé en respect, ainsi que Léhonora, dont la haine s’était transformée en amour. Mais il fallait aussi que ces personnes là soient de son coté, sinon, ils finissaient dans les cachots.

  - Tu as su le maîtriser. Tu lui as appris l’amour alors qu’il ignorait même l’existence du verbe aimer. Vous vous complétez l’un à l’autre. L’Ombre et la Lumière ne font désormais plus qu’un, avoua Aredhel.

  - J’aime ta franchise. Ce soir, je lui dévoilerai ton identité, décida enfin Léhonora.

    Bien qu’elle ne le montra pas, Aredhel craignait ce qui risquait de se passer mais elle avait confiance en sa cousine et son calme lui prouvait qu’elle savait ce qu’elle faisait.

    Il était bien tard, pourtant, Léhonora était éveillée, attendant le retour de son amant. Elle restait sur le balcon à regarder l’horizon, vers le Nord, ses racines où elle ne pourra plus retourner sans avoir ce mot dans la tête « Traite ». Sa vie venait de changer à jamais, elle était maître de son destin, enfin, c’était ce qu’elle croyait. La brise du vent était fraîche, la nuit était noire et elle commençait à avoir des frissons.

    Une pression sur ses épaules lui fit tourner la tête. Sauron venait de lui poser son châle. Ils se sourirent et il l’embrassa avant de la ramener dans la chambre. Allait-elle passer cette nuit seule ou avait-il l’intention de l’installer dans ses appartements ?

  - Je suis navré pour Silmanarë, déclara-t-il.

    Léhonora baissa la tête afin de ne pas montrer ses larmes.

  - C’était nécessaire. Il aurait souffert de rester parmi nous.

    La jeune fille s’approcha de lui, mal assurée. Sauron la prit dans ses bras, en se demandant ce qui pouvait bien la tracasser à ce point surtout qu’il avait une chose importante à lui dire et qui risquerait de la bouleverser encore plus.

  - J’ai… j’ai un aveu à te faire mais… j’ignore comment m’y prendre.

    Sauron l’embrassa sur les lèvres afin de la rassurer. Rien n’était jamais facile à dire. La preuve en était qu’elle n’avait jamais osé lui avouer l’existence des Fleurs de Virginité.

  - Aredhel est… elle est ma cousine maternelle. Elle est la fille de mon oncle Elrohir, fils du Seigneur Elrond de Fondcombe.

    Elle l’avait dit d’un seul trait et rapidement comme si elle refusait de lui dire cela. Un lourd silence s’installa et elle sentit son étreinte de desserrer. Elle n’avait pas levé ses yeux vers lui, craignant son regard.

  - J’ai moi aussi un aveu à te faire.

    Son ton froid venait de réapparaître. Avait-elle tout gâché ? Non, si ses sentiments envers elle étaient sincères, il devrait l’accepter. Pourtant :

  - Mon Second, le Seigneur d’Angmar est sur le chemin de Minas Tirith.

    Léhonora lâcha un cri de surprise et de peur. Sauron s’en moqua et quitta la chambre sans un regard.

 


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