
| La fatalité des Valar | Auteur: Lehonora | Vue: 1816 |
| [Publiée le: 2006-08-27] [Mise à Jour: 2008-06-04] | ||
| G | Général/Action-Aventure/Romance | Commentaires: 39 |
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Description: Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible? | ||
| Crédits: Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination. |
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La Prédiction des Ténèbres[2529 mots] |
Publié le: 2006-12-05 | |
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La Prédiction des Ténèbres
Léhonora fut enfermée dans sa chambre en compagnie de Gryoth et de Zakara qui avait été un peu brutale avec les gardes Elfes. La jeune fille les avait suivit sans résistance ni réplique pour son grand-père. Son regard avait été froid, ce qui avait contraint les hommes à demeurer à leur place, de plus Léhonora n’aurait pas accepté qu’ils la défendent. Elle avait avoué la vérité, aussi dure soit-elle pour eux, mais elle s’était refusée de mentir malgré le risque.
Elle s’était assise sur le lit, un peu nauséeuse. Elle devrait rester calme dans l’état qu’elle était mais le fait que les siens voulaient la séparer de son monde natal et de celui qu’elle aimait, elle se rendait haineuse envers eux. Comment en était-elle arrivée à ce stade ? A ce point où elle protégeait son Ennemi et trahissait les siens ?
Elle posa sa main sur son ventre en souriant mais le souvenir de la violence de son amant la hantait toujours. Cependant, elle ne pouvait pas s’empêcher de repenser à sa peau, à son corps puissant et à la douceur de ses mains quand il la caressait. Oui, malgré sa violence, elle l’aimait.
Peu de temps après, son père vint la voir et Léhonora congédia son amie.
- Je comprends ce que tu as dû endurer…
- Non, tu ne sais rien. Où étais-tu quand il me frappait ? Où étais-tu quand m’a forcé à partager sa chambre ? Où étais-tu quand il a tenté de me violer ? Tu m’as lâchement abandonné.
Son père la regarda avec tristesse. Pourquoi, après tout ce mal, son cœur s’était-il ouvert à lui ? Mentait-elle afin de cacher sa douleur ? Non, jamais Léhonora ne pourrait faire un tel mensonge.
- Crois-le ou non, je n’ai jamais voulu t’abandonner.
Le regard de sa fille était noyé par les larmes qu’elle tentait de retenir. Ce fut pour cela qu’il avait voulu lui parler, avec lui, elle se confierait mieux que devant les autres.
- Les Valar m’ont donné une chance de fuir et d’unir les peuples. Crois-moi, si j’avais pu, je serais revenu.
Cette fois, la jeune fille ne tint plus et ses larmes coulèrent sur ses joues. Son père la prit dans ses bras où elle se serra contre lui.
- Je suis navrée papa. Mais- elle s’écarta de lui- mes paroles sont véridiques. J’aime Sauron et il me rend cet amour.
- Léhonora…
- Laisse-moi finir, s’il te plait. J’ai lutté, je l’ai défié et j’ai dû en payer le prix, parfois très lourd. Je… je me suis soumise plus d’une fois et notre amour est né de là. Il s’est fait plus protecteur envers moi jusqu’à renvoyer le Seigneur d’Angmar du Mordor afin qu’il ne me fasse aucun mal. Il ne m’aime guère et j’avoue que cela est réciproque. Je l’aime et tu ne peux rien y changer.
Son père se recula. Il avait sentit quelque chose d’étrange en elle. Il l’observa un moment et comprit. Son regard avait changé, désormais, il gardait son gris orage et virait au noir quand elle se mettait en colère, comme cela il s’était produit il y avait peu de temps, dans la salle. Léhonora sut qu’elle venait de perdre leur confiance.
Aragorn baissa son regard avant de le relever gravement sur sa fille. Malgré son amour pour elle, il acceptait sans problème la décision du Seigneur Elrond.
- Quoi que tu fasses, où que tu ailles, les Gardes te surveilleront jours et nuits. Je suis navré d’en arriver là mais nous ne pouvons pas te laisser partir en sachant ce que tu portes en toi.
Léhonora repensa soudain à son rêve. Ce rêve qu’elle craignait et dont son amant ignorait.
- Tu vas le tuer ?
Son père la regarda sans comprendre. Parlait-elle de Sauron ou de son enfant ? Voyant son incompréhension, elle ajouta :
- J’ai fais un rêve dans lequel tu me disais que tu ne pouvais pas me laisser continuer. Et… des êtres cadavériques ont tenté de me lacérer pour détruire mon enfant mais à ce moment-là j’ignorais que j’étais enceinte. Vous allez me prendre mon enfant et le tuer.
- Léhonora arrête je t’en pris. Jamais, tu entends, jamais je ne prendrai la vie de cet enfant même en sachant que Sauron est son père. Je ne laisserai personne lui faire du mal ni à toi.
La jeune fille hocha la tête et son père quitta la chambre après l’avoir embrassé sur le front. Quand Gryoth revint, elle respecta le silence de son amie.
Les journées passèrent dans la tension, autour de murmures concernant Léhonora, des critiques qu’elle ne supportait pas. Ses amis l’évitaient, comme s’ils avaient peur d’elle, ce qu’elle comprenait et sa famille ne cessait de la faire surveiller. Seul Meneldil semblait encore vouloir rester à ses cotés, quand elle n’avait pas ses sautes d’humeur qui l’effrayaient.
- Pourquoi restes-tu avec moi ? Tout le monde m’évite.
Il mit son bras par-dessus son épaule, comme il faisait d’habitude.
- Tu es ma petite cousine, ma préférée.
- Tu n’as pas trop le choix. Je suis ta seule petite cousine, enfin, à notre connaissance.
Non, Meneldil ne la craignait pas. Il n’en avait aucune raison. Cela n’était pas comme s’il s’agissait du Seigneur des Ténèbres en personne, pourtant, la plupart la considérait déjà comme la Reine des Ténèbres. Bien que ce titre ne déplaisait pas à la jeune fille, le fait qu’il s’agissait d’une haute critique, la mettait hors d’elle. Elle ne voulait pas le porter en tant que souffre douleur mais en tant que… non, elle ne le pouvait pas.
Elle regarda la cité entourée de ses deux amis mais avec les regards pesant des Gardiens Elfes. Si elle le pouvait, elle les aurait noyé dans leur sang, cela risquerait de la condamner à la peine de mort, sauf si elle parvenait à s’échapper mais personne ne l’aidera. Elle était seule dans ce monde qui avait été le sien, maintenant, elle se sentait en danger parmi son peuple. Elle devait quitter ces lieux mais en étant enceinte, cela n’était pas prudent.
Elle entendit des pas se rapprocher et elle se retourna pour voir son grand-père. Un mur s’était formé entre elle et sa famille, se contentent de rester dans l’ombre. Elle ne fit rien et attendit qu’il engage la conversation. Ils se fixèrent durant un moment, jusqu’à ce que l’un des deux cède mais leur volonté était forte. Gryoth et Meneldil regardèrent ce duel sans intervenir, se demandant si Léhonora serait capable de le provoquer en duel singulier.
Le Seigneur Elrond vit ce changement en elle, cette flamme de haine mais il sut que la fille qu’il connaissait existait toujours, enfuit au plus profond d’elle-même. Sauron ne l’avait pas totalement soumit. Le Seigneur des Elfes était conscient que, afin de la garder, leur confiance devait demeurer intacte mais cela faisait déjà des semaines qu’ils tentaient, en vain, de la raisonner. Ils devaient se rendre à l’évidence, Léhonora n’était plus des leurs.
- Que veux-tu ? demanda-t-elle froidement.
Meneldil crut, durant un instant, voir une onde de crainte chez le Seigneur des Elfes, même lui, recula légèrement.
- Que comptes-tu faire une fois que cet enfant sera né ? Reconsidère notre offre.
- Ce que je ferai ne te regarde en rien et sache que jamais, je n’abandonnerai mon enfant. Je refuse de fuir son père car je n’ai rien à craindre de lui.
La proposition de quitter ses terres était toujours d’actualité et Léhonora refusait cette offre qu’elle considérait comme lâche. Elle leur avait proposé un traité de paix mais ils se répugnaient à s’abaisser face à lui.
- La nuit va bientôt tomber. Tu ferais mieux de retourner dans ta chambre.
La jeune fille était captive de sa propre famille. Quelle ironie ! Mais elle devait admettre que cela pouvait être pire. Elle voulait crier sa colère et son amour pour Sauron, mais serait-elle écoutée ? Elle avait encore de la chance de ne pas être enfermé dans les prisons mais dans ce cas, sachant que Sauron avait le moyen de savoir ce que faisaient ses ennemis, il l’aurait fait sortir, refusant l’idée qu’elle soit mise entre quatre murs. Que faisait-il en ce moment ? Elle savait par Meneldil qu’il se trouvait en Gondor, que le royaume était entièrement sous son contrôle ainsi que les terres au alentour et que le Rohan était veillé par le Roi Sorcier. Le Seigneur des Ténèbres contrôlait tout le Sud de la Terre du Milieu et une partie du Nord car il craignait l’idée de s’aventurer sur les royaumes des Elfes mais son pouvoir grandissait et un jour viendra où ils tomberont aussi.
En arrivant dans le couloir, ses malaises dus à sa grossesse revinrent. Elle s’appuya contre le mur, le souffle court. Elle avait l’impression qu’elle brûlait de l’intérieur. Ne pouvant plus tenir debout, elle se laissa tomber à genoux.
- Eldariel ! Que t’arrive-t-il ? s’inquiéta son amie.
Dans une respiration saccadée, elle répondit :
- Ce n’est pas grave. Cela va passer.
Mais elle se trompait. Ignorant les appels des Gardes, Gryoth emprunta le chemin qu’avait prit le Seigneur Elrond qui se retourna en l’entendant crier.
Bien loin de là, le Seigneur des Ténèbres se tenait sur les remparts de Minas Tirith, regardant vers le Nord. Ses pensées étaient sans cesse tournées sur Léhonora. Son absence le torturait, tout comme le mal qu’il lui avait fait subir. Il sentait sa douleur et se demandait si elle allait bien ainsi que l’enfant. Il n’avait aucune nouvelle et ce qu’il avait apprit il y avait peu de temps l’inquiétait. Si cela était vrai, elle courait un danger de rester parmi les siens. Il avait envoyé un de ses hommes sur place afin de la voir et de la prévenir. Il regarda le livre ancien qu’il tenait entre ses mains et refusait de croire ce qu’il était écrit.
Il soupira et retourna au palais en passant devant l’arbre mort. En entrant dans la Salle du Trône, un serviteur vint le voir.
- Seigneur, le Dùnadan demande votre présence. C’est sa seule condition afin de répondre à nos questions concernant la Princesse Léhonora.
Il y avait quelques jours, ses hommes avaient ramené un Rôdeur, un espion, et il avait refusé de le tuer. Il venait d’Imladris et Sauron voulait des nouvelles de sa bien-aimée. Il suivit son serviteur jusqu’aux prisons et entra seul dans la cellule du Dùnadan.
- Tu voulais me voir ?
L’homme sourit. Il savait que son Ennemi serait prêt à tout pour savoir ce que devenait Léhonora.
- Je sais ce que tu veux, déclara le Dùnadan, et sache qu’elle est bien mieux sans toi. Elle s’est jouée de toi, elle t’a trompé. Contrairement à ce que tu peux penser, elle sait jouer avec ses victimes, tout comme toi.
- Tais-toi ! s’écria Sauron.
Il mentait, il le savait. Jamais Léhonora n’aurait pu lui faire cela. Rien qu’à la façon dont ils faisaient l’amour, il savait qu’elle était sincère. Une fille de son rang ne s’abaisserait pas à devenir une catin, surtout elle, elle avait trop de caractère pour faire cela.
- Crois-tu qu’elle t’ai dis la vérité ? Qu’elle était vierge avant de partager ton lit ? C’est faux. Tu n’es rien pour elle…
Mais il n’eut pas le temps d’en rajouter qu’il sentit la froideur de la lame de Sauron lui transpercer le torse. Il en avait assez de ses mensonges. Les Dùnedain voulaient lui faire croire qu’il avait été dupé mais son amour pour elle refusait d’admettre cela.
Il retira l’épée et sortit en le laissant agoniser. Il regarda son serviteur.
- Tuez-le ! ordonna-t-il froidement.
Quand Léhonora se réveilla, il faisait nuit. Depuis combien de temps elle était restée inconsciente ? Quelques heures ? Elle avait terriblement mal à la tête, son cœur battait la chamade, elle ne parvint pas à se calmer. Elle eut soudain très chaud et voulu se lever afin d’ouvrir la fenêtre mais un bras la maintint couché. Malgré son regard trouble, elle put distinguer son père. Il mit sa main sur son front. Elle était chaude.
- Sauron, murmura-t-elle, Sauron.
Durant le reste de la nuit, elle ne cessa d’appeler son amant en ignorant qu’il ressentait sa douleur. La fièvre tomba peu à peu et elle finit par s’endormir calmement vers le matin.
Son père accepta à ce qu’elle puisse se lever que tard dans la journée, sa grossesse l’épuisait, elle s’affaiblissait de jour en jour et cela l’inquiétait. Si cela continuait, tous craignaient qu’elle n’ait pas la force de mettre au monde son enfant qui risquait de mourir en emportant Léhonora si le pire devait arriver.
La jeune fille erra dans les couloirs, toujours avec ses Gardes, et était consciente des difficultés de sa grossesse. Elle souhaitait tant que Sauron soit là afin de la réconforter. Sa voix si douce, ses mains si tendres et sa peau contre elle lui faisaient oublier tous les soucis.
- Léhonora ! appela-t-on.
La jeune fille se retourna et vit son cousin Halbarad.
- Un serviteur de Sauron s’est fait capturer par mes hommes et il demande à te voir. Il dit avoir un message à te délivrer.
Léhonora le suivit jusqu’à la cellule du prisonnier. Elle le connaissait. Il s’agissait d’un homme d’Harad. Il souhaitait lui parler en privé et il y eut beaucoup d’hésitation de la part du Seigneur Elrond mais Aragorn finit par le convaincre d’accepter.
Une fois seuls, cela fut Léhonora qui engagea la conversation.
- Pourquoi avoir risqué votre vie pour me voir ? Est-ce Sauron qui vous envoyez ?
L’homme d’Harad hocha la tête. Comment lui annoncer ce que son Maître lui avait découvert ? Il commença par lui raconter la prise de Nùmenor par le Seigneur des Ténèbres, quand il avait monté les Hommes contre les Valar. Durant cette période, il n’avait cessé de séduire les filles des Rois et les Reines, afin de mieux faire tomber la Lignée des Rois, mais ce qu’il n’avait pas prévu, était qu’une Princesse fut totalement conquise par lui. Il ne s’en était pas plaint bien au contraire, il y voyait un avantage. Mais une prophétie vit le jour, Sauron s’en moqua et ne protégea pas la Princesse quand la prophétie se réalisa.
- Que lui est-il arrivée ?
L’homme hésita à continuer mais elle insista.
- Elle fut tuée par les siens pour ce qu’elle avait fait. Une mort atroce. Quand mon Maître a retrouvé cette prophétie, il s’est empressé de m’envoyer à vous afin de vous mettre en garde. Ne faite pas la même erreur que votre ancêtre.
- Cette prophétie… que dit-elle ?
- « Lorsque la Lune deviendra rouge, celle pour qui son cœur est partagé choisira les Ténèbres à la Lumière et trahira les siens dans leur propre sang avant de tomber sous leur épée. »
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