
| La fatalité des Valar | Auteur: Lehonora | Vue: 1822 |
| [Publiée le: 2006-08-27] [Mise à Jour: 2008-06-04] | ||
| G | Général/Action-Aventure/Romance | Commentaires: 39 |
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Description: Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible? | ||
| Crédits: Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination. |
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Est-ce un rêve...[3292 mots] |
Publié le: 2006-09-29 | |
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Est-ce un rêve…
Gryoth aida son amie à se remettre debout afin de l’amener sur le lit et de pouvoir soigner ses blessures. Cependant, la Princesse refusa et lui demanda de faire en sorte que trois chevaux soient près à partir. Elle savait par la servante que Sauron avait quitté le Mordor et cela lui donnait un avantage.
_ Eldariel, tes blessures doivent être soignées. Pense au bébé.
La jeune fille s’assit avec peine sur le lit et la supplia du regard.
_ Fais ce que je te dis. S’il te plait.
Gryoth connaissait son entêtement et savait d’avance que, quoi qu’elle fasse, elle ne l’écoutera pas.
Léhonora attendit quelques minutes après le départ de la servante avant de quitter la chambre, l’épée avec elle. Les hommes de Sauron ne s’attardèrent pas à son passage, se contentent de lui lancer un bref regard haineux. Apparemment, toute la tour semblait être au courant de ce qui s’était passé.
Elle se repéra bien vite et réussit tant bien que mal à descendre jusqu’aux cachots. La montée risque d’être plus pénible. Elle se devait de le libérer sinon le Seigneur des Ténèbres le tuera, elle ne pouvait plus négocier une quelconque sortie de son cousin.
Après avoir forcé un garde à lui ouvrir la porte, Léhonora pénétra dans le cachot.
_ Par les Valar, que t’as-t-il fait ? s’inquiéta Meneldil en voyant son état.
_ Plus tard pour les explications. Je te fais sortir d’ici.
Sans poser plus de questions, il l’aida à remonter. Intérieurement, il se promit de lui faire payer les souffrances qu’il lui a fait subir. Léhonora avait du mal à marcher et son ami l’aida du mieux qu’il pouvait.
A l’extérieur de la tour, Gryoth attendait avec trois chevaux.
_ C’est de la folie, dit-elle. Il te traquera jusqu’au bout.
La Princesse leva son regard, qui exprimait sa douleur, vers elle.
_ S’il m’aime, il le fera.
Ils passèrent par les montagnes afin d’éviter la porte et les gardes. Peu après, ils furent hors du Mordor.
Léhonora parla peu, cachant la douleur due aux blessures. Plusieurs fois, Meneldil voulu les voir pour essayer d’apaiser sa souffrance mais elle refusait. Sa tête lui tournait et elle avait souvent des nausées. Ils devaient s’arrêter souvent afin qu’elle puisse se reposer mais ils étaient encore beaucoup trop proche du Mordor pour faire de longs arrêts surtout que Meneldil sentait une présence autour d’eux, il ignorait ce que c’était mais se promit de le découvrir. Parfois, Meneldil prenait sa cousine avec lui sur son cheval afin qu’ils avancent plus vite mais c’était du repos et de soins qu’elle avait besoin.
Un soir, Léhonora se réveilla et vit son ami debout, l’épée à la main. Elle se leva avec peine sans déranger Gryoth qui dormait.
_ Que se passe-t-il ?
Il se tourna vers elle et la regarda gravement.
_ Retourna t’allonger…
Mais il fut interrompu par un bruit dans les broussailles. Le Dùnadan fit reculer sa cousine et fut prêt à attaquer… un chat.
_ Zakara, s’écria Léhonora réveillant ainsi Gryoth.
La chatte sauta dans les bras de sa maîtresse en miaulant. Un chat. C’était un chat qui les suivait et il n’avait même pas été capable de s’en apercevoir. Quelle honte pour un Dùnadan. Léhonora s’en rendit compte et sourit.
_ C’est peut être la chatte à Sauron mais je crois qu’elle est plus attachée à moi qu’à lui.
Les trois amis rirent mais la Princesse sentit ses jambes fléchir et Meneldil la rattrapa avant qu’elle ne tombe au sol. Il l’aida à s’asseoir tandis qu’elle portait ses bras autour de son ventre. Ses cotes avaient été froissées par la violence qu’avait fait preuve son amant. Son cousin comprit que cela risquait d’avoir de lourdes conséquences sur la grossesse surtout si elle refusait de se faire soigner.
Le Seigneur d’Angmar venait de s’apercevoir de la grandeur des pouvoirs de son Maître, beaucoup trop puissant. Il avait forcé la terre à trembler, elle s’était ouverte en formant un gouffre jusqu’au magma créé par le volcan. Il l’avait fait chauffé jusqu’à ce que même la roche ne supporte plus la chaleur et qu’elle finisse par fondre.
Une fois la colère passée, il se tourna vers son Second.
_ Où est-elle ? Retrouve-la moi !
_ Non, répondit simplement et avec calme le Roi Sorcier.
Le Seigneur des Ténèbres le regarda, surprit par ces paroles. C’était la première fois qu’il s’opposait à lui. Que lui prenait-il ?
_ Laissez-lui du temps. Après ce qui s’est passé, il est naturel qu’elle soit partie. Elle se protège en agissant ainsi.
_ En évadant son cousin en même temps ? C’est sûr, ironisa-t-il.
_ Cela lui a donné une occasion, certes, mais… les blessures que vous lui avez fais subir risque de la tuer.
Sauron eut un rire méprisant.
_ Pas avec les Dùnedain à ses cotés. Elle se risque rien.
_ Je ne parlais pas seulement d’elle mais de l’enfant qu’elle porte.
Le Seigneur des Ténèbres perdit son regard de colère pour faire place à celui de surprise et de regret soudain. Pourquoi elle ne lui avait rien dit ? Et comment cela pouvait-il être possible étant donné qu’elle prenait les Fleurs de Virginité ?
_ Vous ne lui avez pas laissé le temps de s’expliquer. Vous l’avez battu sans connaître les raisons de son comportement.
_ J’ai comme l’impression que tu la défends.
_ Et cela sera l’unique fois, assura-t-il, au début, son but était de ne pas vous donner d’héritier mais ensuite, cela fut par crainte d’avoir un enfant. Elle a à peine dix-sept ans, songez à cela.
Sur cela, il le laissa à ses réflexions.
Sauron dut admettre qu’il n’avait pensé qu’à lui et que jamais il ne s’était vraiment soucié de ce que ressentait Léhonora. Il ne s’intéressait qu’au plaisir qu’il prenait avec elle en refusant de voir l’amour qu’il lui portait et il l’a blessé car il n’acceptait pas le fait qu’il pouvait aimer. Mais à présent, il comprit qu’il l’aimait. Il aimait la fille de son ennemi mort, celle qui pouvait encore le détruire mais qui ne le faisait pas. Il connaissait l’amour pour la première fois de sa vie et il risquait de le perdre par son acte commit lâchement.
Les trois cavaliers avaient pénétré en Rohan après plusieurs jours de chevauchée. Ils avançaient avec hâte car Léhonora ne supportait plus ce voyage. Son cousin la prenait avec lui sur sa monture, elle n’avait plus la force de rester en selle. Sa grossesse et ses blessures l’affaiblissaient de plus en plus et la fièvre avait fait son apparition. Zakara demeurait discrète sur sa présence mais faisait sentir son inquiétude.
Un soir, aucun des deux compagnons de Léhonora ne trouva le sommeil tant le sien était agité. Son amie, qui n’avait jamais osé parler avec le Dùnadan, se décida enfin.
_ Vous pouvez faire quelque chose pour elle. Ne la laissez pas souffrir ainsi.
_ Je ne peux rien faire de plus que d’utiliser l’Athelas, je n’ai ni de bandes ni de matériels de soin.
Gryoth se leva soudainement.
_ Vous êtes un Dùnadan, non ? Et, il y a sûrement un raccourci pour gagner notre destination. Vous avez dit qu’il fallait trois jours minimum, cela veut dire que nous pouvons le faire…
_ Ecoutez-moi, s’écria-t-il brutalement, agacé par la jeune fille, cela n’est pas à vous de me dicter ma conduite. Si nous accélérons le pas, elle mourra, si nous empruntons l’autre chemin, ce seront les hommes de Sauron qui nous tomberons dessus.
_ Cela suffit, dit une voix faible et rauque.
Ils se tournèrent vers Léhonora qui s’était réveillée. Elle ne souhaitait pas de querelle entre ses deux amis.
_ Gryoth, Meneldil a raison. Il est mieux placé que toi pour décider de ce qui doit être fait. Tu ne connais pas les terres hors du Mordor. Tu dois te remettre à ses décisions.
La jeune fille les regarda gravement et se dirigea vers les arbres afin de s’isoler un peu. Pourquoi l’avait-elle fait venir si elle ne pouvait pas lui dire ce qu’elle pensait ?
Un bruit derrière elle la tira de ses pensées. C’était Léhonora.
_ Ton cousin t’a demandé de te reposer. Te ne l’écoute pas mais, moi, je devrais ?
Son amie s’assit à coté d’elle sur le tronc d’arbre mort. Ce qu’elle pouvait être têtue !
_ Tu n’as plus confiance en moi Eldariel ?
_ Quoi ? Ne dis pas de bêtise. Meneldil sait ce qu’il fait, il connaît ces terres et moi aussi. Ne crois pas que je n’ai pas confiance en toi, sinon je ne t’aurais pas emmené, dit-elle en souriant.
Gryoth sourit à son tour et elles retournèrent auprès du faible feu.
Dès l’aube, Meneldil décida de réveiller les deux filles. Ils devaient partir, il avait un mauvais pressentiment mais Léhonora ne parvint pas à se lever, ses forces l’avaient abandonné et la fièvre s’était emparée d’elle. Il l’a prit sur sa monture et lancèrent les chevaux au galop. Ils devaient arriver le plus vite sinon ils ne pourront plus rien faire. Sa grossesse empirait son état et Meneldil se promit de voir mourir Sauron de ses propres mains même s’il devait y laisser sa vie.
Bien loin de là, une terre noire s’agita et un Seigneur ténébreux fit sentir sa colère mêlée à du chagrin que seul le Sorcier d’Angmar ressentit. Une troupe les suivait à travers le Mordor, armée. Le Seigneur des Ténèbres s’apprêtait à rejoindre le Gondor afin de montrer sa puissance au monde des hommes ainsi, il pourra prouver à celle qu’il aimait son besoin, son envie d’être avec elle, il lui donnera, il fera tout pour la garder.
Tout était calme et silencieux, comme toutes les nuits. Certains guettaient dans les arbres, d’autres dans les buissons, les flèches prêtes à être encochées et les épées prêtes à égorger le moindre ennemi se présentant. Depuis déjà quelque jours, ils n’avaient repéré aucun signe de leur Ennemi mais il y avait peu, ils avaient repéré qu’il avait quitté ses terres pour le Gondor et leur méfiance s’était accrue au alentour de la cité. Ils discutèrent à voix basse quand soudain, ils entendirent des chevaux approcher au galop puis ralentir.
Un homme brun, menaçant, leur barra le passage en faisant signe à ses compagnons d’attaquer au moindre geste de sa part.
_ Arrêtez-vous ! ordonna-t-il aux cavaliers.
Les trois chevaux s’arrêtèrent dont l’un ne portait aucun cavalier. Le meneur fit signe à son compagnon de rester en arrière et il s’avança à la lumière de la Lune.
_ Meneldil, s’écria l’homme, je pensais ne jamais plus te revoir. Inconscient que tu es…
Mais il fut interrompu lorsqu’il vit la jeune fille. Halbarad la rattrapa avant qu’elle ne chute du cheval.
La lumière du soleil éblouissait ses yeux encore endormis, sa tête lui tournait mais moins qu’auparavant. Elle sentit des bandages autour d’elle et ne parvenait pas à se redresser. Elle se trouvait dans un lit confortable, bien chaud. Elle avait l’impression qu’il lui était familier. Une fois que ses yeux se furent habitués à la lumière du jour, elle put voir une chambre richement décorée, sculptée dans du bois de forêt. Oui, elle la connaissait. Meneldil l’avait mené à destination.
Elle tenta de se redresser mais ses blessures encore trop récentes et sa grossesse qui s’était avancée, la forcèrent à rester allongée.
_ Ne t’inquiète pas, ton grand-père pourra te laisser sortir dans quelques jours, dit une voix rassurante.
La femme Elfe à la chevelure noire s’avança vers le lit et s’y assit.
_ Maman, fit Léhonora d’une voix au bord des larmes.
N’ayant cure de la douleur que lui procuraient encore ses blessures, elle se jeta dans ses bras. Arwen demeura silencieuse, se contentant de la serrer dans ses bras et de la réconforter, elle-même au bord des larmes de revoir sa fille vivante.
Quand elle a apprit que Sauron avait vaincu les Peuples Libres, elle a tenu tête à son père qui voulait la faire quitter la Terre du Milieu. Elle a refusé, elle s’était battue longtemps afin qu’il accepte son choix. Elle avait tant prié pour que les Valar sauvent sa fille, elle ignorait si elle était toujours en vie ou morte dans un des cachots du Seigneur de Ténèbres, si elle était torturée ou… .Arwen chassa ses sombres pensées qui l’avaient habité depuis si longtemps.
Elle embrassa sa fille, les joues rougis par les larmes.
_ Meneldil et Gryoth, ils vont bien ?
Sa mère lui sourit.
_ Epuisés mais ils ont vite récupéré. Vous êtes tout les trois en sécurité maintenant.
Dans la journée, malgré les protestations du Seigneur Elrond, ses amis étaient venus la voir dès qu’ils avaient appris son réveil. Ses compagnons de voyage furent les premiers et Gryoth ne la quittait pas des yeux. Puis, il y eu les Hobbits Merry et Pippin qui furent très joyeux de la revoir. Plus tard, le Prince Legolas, Gimli et Eomer lui rendirent une petite visite. Et la jeune fille put s’apercevoir que le Nain avait gardé son humour mais elle sut que cela était pour cacher sa peine. Mais la visite qui lui fit le plus plaisir était celle d’Eowyn. Elle était souvent dans les Maisons de Guérison afin d’aider les Elfes à soigner ceux qui venaient se réfugier à Fondcombe et Léhonora lui promit de venir l’aider.
Tard dans la soirée, elle eut la surprise de voir Halbarad, le Prince Imrahil, le Prince Faramir ainsi que des Dùnedain. Léhonora eut du mal à retenir ses larmes, elle aurait tant souhaité voir son père. Il l’aurait prit dans ses bras, il l’aurait réconforté avec ses paroles, sa douce voix, mais il n’était pas là.
Voyant son regard dans le vide, noyé par les larmes, Halbarad en conclu qu’il était temps de la laisser. Elle devait se reposer, même Gryoth sortit.
_ Halbarad, appela la Princesse, reste un peu. S’il te plait !
Le Dùnadan ne refusa pas et s’assit près d’elle sur le lit.
_ On-t-il comprit que je ne souhaitais pas toute cette attention ?
_ Ils se sont tous inquiétés pour toi. Nous t’avons cru morte depuis qu’il avait reçu les pouvoirs qu’il avait réclamés.
_ Pourtant… Meneldil ne me l’a pas fait comprendre ainsi. Vous pensez tous que je vous ai trahis, pourtant, je suis revenue non ?
Halbarad sut de quoi elle parlait. La rumeur avait fait le tour de la Terre du Milieu.
_ Pour moi, quoique tu puisses décider, tu resteras ma petite cousine.
Puis il se leva.
_ Repose-toi !
Il l’embrassa sur le front et partit. Léhonora, après son départ, se leva pour se diriger vers le balcon. Elle regarda le jardin éclairé par la lumière de la Lune. Le vent était léger et frais. Elle respira avec calme et tranquillité mais, depuis son réveil, elle ne cessait de penser à Sauron.
Le lendemain, Léhonora ne supportait plus de rester enfermée dans sa chambre et fini par se lever. Sa mère voulu l’en empêcher mais cela fut vain. Cependant, elle ne put pas se débarrasser de Gryoth qui rit.
_ Ne crois pas que tu vas te débarrasser de moi aussi facilement.
Son amie lui sourit, elle aurait beaucoup aimé voir son cousin mais Gryoth lui confirma qu’il était partit avec des éclaireurs. Ensuite, elle lui fit part de ce qu’elle avait fait durant son sommeil.
Elle avait visité Imladris avec sa mère et Meneldil. Elle avait fait connaissance de ses deux oncles Elladan et Elrohir.
_ Et un homme bizarre est passé en coup de vent. Il était blanc…
_ Gandalf, le Magicien Blanc. Il est vrai que cela m’a étonné de ne pas le voir mais il doit être quelque part dans la nature.
Les deux jeunes filles sortirent dans le jardin. Léhonora avait besoin de prendre un peu l’air frais. Ce jardin lui avait manqué mais il n’était plus le même. Les oiseaux ne chantaient plus comme avant, leur chant était triste et moins fréquents, seul le bruit de la cascade semblait demeurer intacte et apaisant.
Elles s’installèrent dans l’herbe fraîche au bord de l’eau. Jamais Léhonora n’aurait cru pouvoir revoir un jour Imladris mais son cœur n’était vraiment soulagé. Elle avait fui le Mordor, l’homme qu’elle aimait et cachait son enfant. Le reverra-t-elle ? Elle n’avait pas la réponse à cette question mais elle espérait que oui.
Soudain, elles entendirent un miaulement de chat pas loin.
_ Zakara, il y a longtemps que je ne t’ai pas vu ma belle. Je remercie Sauron pour son remède contre l’allergie.
La chatte noire s’approcha de Léhonora qui la prit dans ses bras où elle se mit à ronronner. Son pelage était soyeux et brillant et ses yeux rouge comme le feu mais la jeune fille s’y était habituée.
_ Ton grand-père ne souhaitait pas qu’elle entre dans ta chambre, même ta mère n’a pas pu le faire changer d’avis. Tu as de la chance d’avoir une mère comme elle.
_ Elle doit bien t’apprécier si elle t’a fait visiter la ville.
Gryoth sourit.
_ Elle est très gentille. Et très belle. Mais, le Seigneur Elrond ne m’aime pas vraiment. Il se méfie de moi.
Mais son amie la rassura. En ces temps de guerre, il était normal qu’il se méfie d’une inconnue. Il paraît que même Meneldil avait prit la défense de la jeune fille, ce qui fit rire Léhonora, avec les querelles qu’ils avaient eu, cela l’étonnait.
_ Cela lui passera. Donne-lui du temps.
Un silence se fit. Puis Gryoth risqua une question qui lui brûlait les lèvres.
_ Regrettes-tu d’être partie ?
Léhonora fixa l’eau. Le regrettait-elle ? Elle l’ignorait. Etre loin de Sauron lui faisait mal, si elle l’avait pu, jamais elle ne serait partit.
_ Oui, finit-elle par répondre.
Son amie ne parut pas étonnée.
_ Léhonora, appela-t-on.
Les deux jeunes filles se retournèrent et vit Arwen.
_ Viens avec moi. Quelqu’un veut te voir.
Elle la regarda, étonnée. Elle avait pourtant l’impression d’avoir vu toute la ville défiler dans sa chambre. Qui manquait à l’appel ? Peut-être que Gandalf était de retour.
Toutes les trois retournèrent dans les couloirs jusqu’à arriver devant une porte. Arwen s’arrêta en s’adressant à Gryoth.
_ Léhonora doit m’accompagner seule. Attend-la ici !
_ Oui, Dame Arwen.
Et elle s’assit sur un petit banc de pierre blanc pas très loin, après avoir prit Zakara avec elle.
_ Qui veut me voir maman ? Gandalf serait-il revenu ?
Arwen secoua la tête, le regard embrumé de larmes.
_ Non. Il s’agit d’une personne qui t’est chère à ton cœur.
La jeune fille fut de plus en plus étonnée. L’Elfe ouvrit la porte et un homme se trouvait dans la salle. Il avait une profonde cicatrice au visage. Il se leva de sa chaise pour s’approcher mais Léhonora l’arrêta, le souffle court. Comment cela pouvait être possible ? Les larmes coulèrent soudain sans retenu sur ses joues. La vérité fut dure à admettre après tout ce temps qui s’était écoulé et, sous le choc, une terrible nausée la prit. Elle empêcha l’homme de s’approcher et s’enfuit à travers les couloirs pour finir à genoux dans le jardin avec un affreux mal de cœur. Est-ce un rêve ce qu’elle vivait ?
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