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Le Seigneur des Anneaux



La fatalité des Valar   Auteur: Lehonora Vue: 1812
[Publiée le: 2006-08-27]    [Mise à Jour: 2008-06-04]
G Général/Action-Aventure/RomanceCommentaires: 39
Description:
Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible?
Crédits:
Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination.

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Commenter: Sentiments à double sens

Sentiments à double sens

[3923 mots]
Publié le: 2006-08-31Format imprimable  
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Merci pour vos commentaires. Voici la suite en espérant qu’elle vous plaise autant. Merci à toi ma Gryoth de croire en moi et je te demande pardon pour tout ce que j’ai pu te dire, bien que je maintienne certaines choses. J’ai de la chance de t’avoir comme amie, une très bonne amie.

 

Sentiments à double sens

 

 

 

    Léhonora avait de plus en plus de mal à suivre le rythme de la troupe qui avançait rapidement. La fatigue l’envahissait au fil des jours mais cela ne la convaincue pas de se nourrir de viande, elle restait fidèle à ce qu’elle était vraiment. Jamais elle n’en avait touché et cela n’était pas maintenant qu’elle allait commencer.

    Elle somnolait souvent sur sa monture et de violents vertiges la prenaient. Le Seigneur des Ténèbres, lassé de son entêtement, l’ignora totalement jusqu’au moment au son second vint le voir.

  _ Elle ne tiendra pas longtemps à cette cadence. Etant donné vos ambitions, elle ne sera d’aucune utilité à moitié en vie.

    Sauron dû admettre qu’il avait raison et céda à contrecœur aux caprices de sa captive. La jeune fille ne cria pas victoire, loin de là, son calvaire ne faisait que de commencer.

    Comme d’habitude, à la nuit venue, elle fut installée dans la tente du Seigneur des Ténèbres. Elle refusait de dormir dans le lit de camp, prés de lui. Mais après avoir quitté la chaleur du feu, elle vacilla sous la fatigue accumulée. Elle sentit des bras la rattraper et la porter. Même en ayant conscience de l’identité de l’être qui osait mettre les mains sur elle, Léhonora s’agrippa à son cou et fut mise avec douceur sur le lit. Une main passa dans ses cheveux en lui caressant la joue. Personne ne pouvait savoir à quel point elle détestait cet homme.

    Léhonora se réveilla en pleine nuit en sursaut. Elle essuya la sueur qui coulait sur son visage tandis qu’elle tentait de reprendre son souffle. Un bruit tout près d’elle la fit sursauter et se tourna pour voir à la lumière d’une bougie et de la Lune, Sauron. Il s’était approché d’elle et l’observa sans rien dire. Elle replia ses jambes vers elle et posa sa tête sur ses genoux en pleurant. Elle en avait assez de cette situation, elle était totalement dépassée par les événements et doutait d’elle.

    Sauron s’assit sur le lit. Il voulu relever la tête de la jeune fille lorsqu’il vit sa main se lever, mais il fut bien plus rapide et l’attrapa par le poignet. Il plongea son regard dans ses yeux gris chargés de larmes et de haine, et l’embrassa. Léhonora voulu résister mais elle n’en eut pas le courage et répondit à son baisé ardent mais remplit de douceur. Puis, elle le gifla brusquement.

  _ Vous êtes méprisable ! lança-t-elle.

    Mais le Seigneur des Ténèbres s’en moqua, il sut qu’il s’agissait de paroles en l’air. Il avait sentit cette envie en elle, cela n’était plus qu’une question de temps. Léhonora savait que ses paroles ne l’atteignaient pas, pour lui, cela était un compliment.

 

    A l’aube, la jeune fille se réveilla en sentant le froid du matin pénétrer dans la tente. Elle se leva et mit sa cape sur elle avant de sortir. Certains hommes prenaient leur petit déjeuné tandis que d’autres veillaient sur le camp encore endormit.

    Léhonora sentit leur regard se poser sur elle. Elle tenta de les ignorer et s’installa près du feu en prenant un fruit. Elle ne se sentait pas rassurée entourée par tous ces hommes et, étant donné que ni Sauron ni le Roi Sorcier n’était présents, elle se retrouvait seule et sans défendre si une idée leur traversait l’esprit.

    Mais cette pensée fut vite oubliée lorsqu’elle vit le Seigneur des Ténèbres arriver sur son étalon noir en ordonnant de se préparer au départ. Léhonora regarda sa pomme en pensant à ce qui c’était passé cette nuit, elle avait répondu à son appel et cela l’effrayait.

    La jeune fille s’assit à l’écart, sous un arbre, en attendant. Puis, Sauron lui amena son cheval qu’elle monta sans un mot, sans un regard pour l’homme qu’elle haïssait.

  _ Tu es bien silencieuse.

    Léhonora lança son regard sur lui.

  _ J’ai des paroles de vipère. Votre Lieutenant me l’a affirmé lui-même, alors je me tais.

  _ Pourtant, tu viens de me répondre. Je vais te laisser en sa compagnie, de cette façon, je suis sûr de ne pas entendre le son de ta voix.

    La jeune fille baissa la tête en hurlant intérieurement. Elle ne supportait plus cette situation, plus elle voulait le haïr, plus elle hésitait à répliquer. Pourquoi ? Elle ne rejeta pas la présence du Seigneur d’Angmar car, quoi qu’elle fasse, il restera.

    La jeune fille chevauchait avec calme en admirant le paysage malgré les circonstances. La troupe avançait lentement, bientôt, ils seront de retour au Mordor, dans seulement quelques jours. Léhonora n’adressa la parole à personne mais cela ne l’empêcha pas de désobéir.

  _ Ce soir, tu prépareras le dîner.

    Léhonora se tourna vers Sauron.

  _ En quel honneur ? Si je n’en ai pas envie ?

    Le Seigneur des Ténèbres descendit de sa monture, attrapa les rênes de celle de la jeune fille et le stoppa.

  _ Descend !

  _ Pourquoi ?

    Mais son regard la força à obéir. Il s’avança et la gifla. La marque de sa main resta sur sa joue avec un filet de sang. Elle lui lança un noir regard qu’il ignora et remonta sur son étalon.

    La jeune fille resta à l’écart. Les hommes de Sauron la surveillaient de près, surtout le Sorcier d’Angmar. Elle fut rapprochée de Sauron sous son ordre. Elle avait son regard plongé au loin, elle semblait absente.

    Soudain, elle ressentit une forte douleur en bas du ventre et y plaqua sa main en lâchant un gémissement. Sauron se tourna vers elle. Elle était pâle et il sentit sa souffrance. Comprenant de quoi il s’agissait, il ordonna :

_ Nous passerons la nuit ici. Montez le camp !

    Léhonora le regarda, surprise. Elle mena son cheval à l’écart des autres et s’occupa de lui en pensant à Silmanarë, son étalon blanc d’origine elfique, immortel comme le voulait son sang.

    Elle se dirigea ensuite vers le feu de camp afin de se réchauffer un peu mais elle se sentit vite mal à l’aise avec tous ces regards posés sur elle. Sauron et le Roi Sorcier avaient de nouveau quitté le camp, et elle se retrouvait encore seule parmi ces hommes qu’elle n’aimait pas.

    Elle prit une pomme et se leva pour aller manger dans la tente qu’elle partageait, à contre cœur, avec le Seigneur des Ténèbres, mais un haradrim lui barra le passage.

  _ Où comptes-tu aller ma jolie ? demanda-t-il dans un large sourire.

  _ Qui vous a permis de me tutoyer et de m’appeler « ma jolie » ?

    Il ricana ainsi que ses compagnons derrière elle. Elle avait un mauvais pressentiment, un très mauvais. Elle recula mais il l’attrapa par le bras.

  _ Tu n’as pas l’intention de partir comme cela ?

    Léhonora tenta de se débattre mais l’emprise de l’homme lui faisait mal. Elle vit des étincelles de désir dans ses yeux. D’abord Sauron, ensuite ses hommes. La prenaient-ils pour une catin ? La jeune fille lui griffa la joue et cela eut pour conséquence une gifle qui la fit saigner des lèvres.

  _ Eh ! Nous aussi nous voulons nous amuser.

    L’haradrim se tourna vers un groupe de deux hommes et leur jeta la fille. Ils la rattrapèrent en lui arrachant sa robe en se moquant de la pudeur. Léhonora cria à s’en casser la voix mais cela ne semblait pas déranger les trois hommes qui profitaient de l’absence de leur Maître pour assouvir leur plaisir.

    Soudain, un des hommes hurla de douleur et du sang gicla de sa poitrine. Une épée lui traversa le corps et se retira en le laissant succomber au sol. De ses yeux de braise, Sauron fixa ses hommes avec un regard de haine. Ils lâchèrent la jeune fille qui s’effondra à terre le visage rougit par les larmes.

    Un lourd silence s’installa, puis :

  _ Exécutez-les ! ordonna froidement le Seigneur des Ténèbres.

    Il rengaina son arme et se tourna vers Léhonora. En la voyant à moitié dénudée, il ajouta :

  _ Ne les tuez pas tout de suite. Je veux qu’ils connaissent la douleur.

    Ses hommes s’inclinèrent et obéissent. Sauron prit la jeune fille qui se débattit au début mais qui finit par s’agripper à son cou.

    Il l’allongea sur son lit de camp sous sa tente. Il prit une serviette et lui essuya le sang qu’elle avait sur elle. Ensuite, il regarda son bras enflé et elle ne put s’empêcher de lâcher un gémissement de douleur quand il le prit.

  _ Un bandage bien serré et cela ira mieux.

    Léhonora était surprise de l’attention qu’il lui portait et se risqua à le demander :

  _ Pourquoi vous faites cela ?

    Il leva ses yeux vers elle sans une onde de colère.

  _ Tu inspires le respect.

    Léhonora eut un léger rire ironique. Il avait perdu la tête. Que cherchait-il à faire cette fois ? Etait-ce une autre stratégie afin de la mettre dans son lit ? Elle voulu décliner son aide mais elle était fatiguée et ne trouva pas la force de lutter et elle se laissa soigner.

    Le Seigneur des Ténèbres sortit de la tente et sa colère revint en voyant les hommes qui avaient osé s’en prendre à la jeune fille. Ils étaient ligotés et des marques de fouet étaient visibles. Il s’approcha d’eux et en attrapa un par la gorge. Une atroce douleur survint, une brûlure comme s’il avait été jeté dans un feu vif.

  _ Tu as bien admiré le spectacle quand la Princesse le subissait. T’amuses-tu toujours autant ?

    L’haradrim ne répondit pas sous la peur et la souffrance qui augmenta sous son silence.

  _Non, Mon Seigneur.

    Sauron le lâcha en le frappant brutalement.

  _ Tuez-les ! Je ne veux plus les voir face à moi.

    Et sans tenir compte des cris, les hommes les attrapèrent et les emmena à l’écart du camp afin d’être exécuté.

    Léhonora s’était profondément endormit au retour de Sauron. Il s’assit sur le lit en caressant sa longue chevelure et un frisson le parcouru lorsqu’il sentit sa peau froide malgré la couverture. Sans hésitation, il se mit torse nu et s’installa dans le lit, à ses cotés. Il serra la jeune fille contre lui afin de la réchauffer.

    L’adolescente se réveilla en sentant un corps chaud et un bras puissant la tenir. Elle eut un moment de panique lorsqu’elle comprit de qui il s’agissait mais elle ne bougea pas. Elle se sentait bien, en sécurité avec lui. Elle resserra son étreinte pour garder la chaleur et aperçu son anneau. Rassemblant son courage, elle tenta de le lui prendre mais une main l’arrêta dans son geste.

  _ Tu devrais savoir que je ne dors qu’à moitié.

    Et d’un geste souple et rapide, il se trouva à califourchon sur elle. Léhonora le soutint du regard tandis qu’il se penchait et l’embrassa. Elle répondit à son baisé mais il s’arrêta et elle dit froidement :

  _ Vous êtes détestable !

  _Merci du compliment, répondit-il dans un sourire.

    Il la regarda durant un moment. Leurs yeux se croisèrent et aucun des deux ne sembla vouloir céder face à l’autre. De toute sa longue vie, Sauron n’avait jamais vu quelqu’un lui tenir tête ainsi et il détestait cela mais il devait admettre que venant d’elle, il l’appréciait.

  _ Allez-vous en !

    Le Seigneur des Ténèbres exécuta son ordre après l’avoir embrassé de nouveau.

 

    Le Mordor était en vue et Léhonora était déprimée à l’idée d’être privée des rayons du Soleil. Un grondement de tonnerre retentit comme si le pays souhaitait la bienvenue à son Seigneur. La jeune fille s’approcha de Sauron afin de lui parler avant qu’ils n’arrivent à la tour.

  _ Vous devrez libérer Gryoth. Vous m’avez donné votre parole.

  _ Tu t’es tenue bien sage, cela veut dire que tu prépares un mauvais coup. Mais je ne renie jamais mes promesses. Elle sera libérée.

    Léhonora eu un soulagement mais elle ne cria pas victoire.

    Dès l’arrivée à la tour, elle s’empressa de rejoindre sa chambre, ou plutôt celle du Seigneur des Ténèbres, afin de prendre un bon bain. Elle commença à faire chauffer de l’eau quand une voix dit :

  _ Je t’ai déjà dis de me laisser faire ce genre de travail. Ce que tu peux être têtue quand tu t’y mets.

    Léhonora se retourna vivement et vit son amie à l’entrée de la salle de bain. Elles se prirent dans les bras.

  _ Il t’a enfin libéré. Je doutais de ses paroles.

  _ J’ai l’impression qu’il fera n’importe quoi pour toi.

    Après cet instant de retrouvaille, Gryoth s’occupa de l’eau tandis que la princesse prit les serviettes de bain.

    Quand tout fut prêt, Gryoth la laissa seule et s’occupa dans la chambre en attendant. Elle prit un livre dans la bibliothèque et s’installa sur le divan. Le livre racontait la montée en puissance de Morgoth avec l’aide de son lieutenant, Sauron. Mais elle le referma brusquement, se leva et s’inclina face à son Maître qui venait d’entrée.

  _ Relève-toi !

    Quoi ! C’était la première fois qu’il lui ordonnait un tel ordre mais elle obéit avec hésitation et prudence.

  _ Où se trouve la Princesse Léhonora ?

  _Dans la salle de bain, Mon Seigneur.

    Puis, il fit un signe en arrière et un serviteur entra en tenant une robe rouge et or, identique à celle que portait habituellement Léhonora, et la posa sur le lit.

  _ Voici un présent de ma part.

  _ Je le lui dirai, Mon Seigneur.

    Elle s’inclina et il ressortit.

    Léhonora se sentait bien dans le bain chaud, elle l’avait désiré depuis bien longtemps mais quelque chose l’empêchait de savourer cet instant. Plus elle voulait détester Sauron, moins elle trouvait le courage de lui résister. Elle a tout perdu, seul son père pouvait lui donner la force de lutter, mais il n’était plus là. Elle était seule.

    Ses sentiments étaient contradictoires, elle était attirée par Sauron mais elle refusait de l’admettre. Elle le haïssait malgré l’étrange sensation qu’elle ressentait à chaque fois qu’elle se tenait à ses cotés.

    Elle se leva, prit une serviette qu’elle attacha autour d’elle et sortit de la salle de bain. Elle regarda la robe étalée sur le lit et fut stupéfaite lorsque son amie lui affirma qu’il s’agissait d’un présent du Seigneur des Ténèbres.

  _ Il n’a pas l’air net, dit soudain Gryoth.

    La princesse la regarda et lâcha un rire.

  _ Pourquoi ?

  _ Il n’a jamais été si… gentil envers une personne. C’est la première fois que je le vois ainsi.

    Léhonora haussa les épaules.

  _ Pour moi, il sera toujours pareil.

    Sur ce, elle se sécha et enfila la robe. Gryoth prit une brosse afin de coiffer sa chevelure de Léhonora mais celle-ci refusa.

  _ Si tu tiens à ta vie, c’est la seule chose à ne pas faire.

    Elle n’insista pas et la laissa démêler ses cheveux. Peu après, elles sortirent de la chambre afin de faire un petit tour, histoire de prendre l’air.

    Léhonora raconta à son amie tout ce qui s’était passé durant le voyage et elle ressentit la douleur sur son visage lorsqu’il l’avait frappé. Il la battait mais il la protégeait, cela n’avait aucun sens, elle venait de s’en rendre compte. Pourquoi ce double comportement ?

  _ Je pense simplement qu’il a un faible pour toi mais qu’il refuse de le faire voir.

    Cette fois, Léhonora éclata de rire ce qui entraîna son amie avec elle.

  _ Quoi ? C’est peut-être vrai. Tu es d’une rare beauté, en plus d’un tempérament de feu. N’importe quels ennemis tomberaient sous ton charme.

    Elles se regardèrent et leur fou rire redoubla, les larmes aux yeux. Puis Léhonora reprit son sérieux.

  _ Tu délires. Lui ? Aimer ? Jamais. Il n’a pas de cœur, pas d’honneur, il n’a rien.

  _ Oui mais… ce n’est pas ton épée ? s’écria-t-elle soudain.

    Léhonora se retourna. Une salle avait sa porte d’ouverte, on aurait dit une salle d’entraînement. Les deux jeunes filles y pénétrèrent et effectivement, Sauron tenait Shannara en main. Le sang bouilla dans les veines de Léhonora. Comment osait-il la brandir ? En les voyant, il baissa l’arme.

  _ Légère et solide, elle permet un parfait maniement malgré sa longueur.

  _ Qui vous a permit de la brandir ?

    Sauron eut un léger rire.

  _ Je suis dans ma demeure. J’ai cru comprendre que tu es une excellente combattante.

    Les deux amies se regardèrent. Où voulait-il en venir ? Le Seigneur des Ténèbres lui lança son arme qu’elle rattrapa. Elle sentit la force de l’épée l’envahir et la peur s’enfuit pour faire place à la haine. Sauron dégaina son arme et attaqua. Léhonora était rapide et avait une bonne expérience. Le Seigneur des Ténèbres sut que son père lui-même l’avait formé mais il sentit qu’elle fatiguait. Cependant, elle continua à lutter, déterminée à ne pas le laisser gagner. Comprenant qu’elle ne pourra plus résister longtemps, elle fit une tactique que son père lui avait apprit pour désarmer l’adversaire et elle se retrouva avec l’épée du Seigneur des Ténèbres entre les mains après l’avoir mit à terre. Gryoth ne fit rien mais, intérieurement, elle hurlait de joie.

  _ Les rumeurs sont donc vraies.

  _ Pourquoi ne le seraient-elles pas ? demanda-t-elle froidement en lui tendis l’épée par la lame.

    Sauron prit son arme en la tirant brusquement et la jeune fille sentit la froideur de la lame trancher sa main. Elle cria de douleur et tomba sur lui étant donné qu’elle avait été tirée par l’arme. Elle empêcha ses larmes de couler mais cela fut vain. Il se redressa et passa sa main sur sa joue afin d’essuyer les larmes mais elle gagna lentement ses cheveux. Léhonora se laissa attirer vers lui et il l’embrassa. Gryoth détourna son regard, elle venait de voir sa pire crainte se réaliser. Mais la main blessée de la princesse se leva en se rabattant brutalement sur Sauron et se dégagea de son étreinte.

  _ Jamais je ne vous aimerai. Jamais, lâcha-t-elle.

    Et elle quitta la salle avec son amie. Léhonora demeura silencieuse, choquée pour ce qu’elle éprouvait envers son pire ennemi. Non, elle ne l’aimait, il avait tué son père. Elle s’arrêta et se laissa glisser contre le mur, la tête dans les mains. Gryoth s’agenouilla auprès d’elle.

  _ Il assassiné mon père… Oh je le hais.

    Elle laissa ses sanglots s’échapper et son amie tenta de la consoler comme elle le put.

 

    Ce soir-là, Léhonora se trouva seule dans la chambre, elle avait congédié Gryoth. Elle avait besoin d’être seule durant un moment. Elle avait eut dix-sept ans il y a peu de temps et sa vie était un enfer. Sur le balcon, elle regarda la plaine s’étendre à ses pieds, puis sa main qu’elle n’avait pas soignée. A quoi cela servira-t-il ? Sauron la punira pour son acte envers lui. Mais elle devait admettre que la blessure lui faisait atrocement mal.

    Elle respira un bout coup et se retourna… face au Seigneur des Ténèbres. Il baissa les yeux sur sa main.

  _ Elle s’infectera si elle n’est pas soignée.

    Il appela un serviteur et lui ordonna de lui apporter des bandages et de l’eau chaude. Puis, il s’approcha de la jeune fille qui recula.

  _ Je veux seulement voir ta blessure.

  _ Pourquoi vous laisserai-je faire ?

    Sauron se força à rester calme.

  _ Pour une fois, mets ton entêtement de coté.

    Léhonora fut surprise. Il n’était pas le seul à le dire. A croire qu’elle était insupportable pour tout le monde. Le serviteur revint avec tous ce que son Maître lui avait demandé et ressortit après s’être incliné.

  _ Viens ici !

    Avec le ton employé, elle comprit qu’il s’agissait d’un ordre et obéit. Il la fit s’asseoir sur le lit et nettoya sa blessure. Léhonora fut tentée d’enlever sa main sous la douleur mais elle ne fit rien, surprise de l’attitude de Sauron.

  _ Pourquoi vous faite cela ?

  _ J’ai déjà répondu à ta question auparavant. Ne me force pas à le redire.

    Léhonora se crispa lorsqu’il serra le bandage. Quand il eut fini, elle regarda le travail, il l’avait fait proprement et elle le vit partir dans la salle de bain. Pendant ce temps, elle s’allongea sur le lit, il était tard et voulu s’endormir mais un frappement à la porte la fit se lever pour ouvrir. C’était le Sorcier d’Angmar.

  _ Que voulez-vous ? Votre Maître est occupé pour le moment.

  _ Ce n’est pas lui que je suis venu voir. C’est toi. Je te surveille et si tu tentes de le séduire afin de mieux le détruire, sache que tu auras affaire à moi.

  _ Vous ne me faite pas peur.

    Le Roi Sorcier sentit la colère monter en lui et l’attrapa par la gorge, lui coupant le souffle. Léhonora eut du mal à respirer et tenta de se dégager mais en vain.

  _ Lâche-là ! ordonna une voix sévère.

    Sauron venait de sortir de la salle de bain, torse nu avec les cheveux mouillés.

  _ Lâche-là ! répéta-t-il.

    Le Nazgùl la lâcha et elle tomba à terre en se frottant la gorge. Le Seigneur des Ténèbres demanda à son Seconde de sortir et lui promit de reparler de cela plus tard. Il s’accroupit face à Léhonora qui avait du mal à reprendre son souffle. Il lui enleva la main qu’elle maintenait sur sa gorge. Elle était rouge, il était vrai que son Second avait une main de fer quand il tenait ses victimes.

    Sauron voulu approcher sa main mais Léhonora la jeta.

  _ Ne me touchez pas !

    Elle se leva et s’avança vers le lit pour s’y asseoir tandis que le Seigneur des Ténèbres lui apporta un verre d’eau qu’elle vida.

    Leur regard se croisa et il put voir tout le chagrin et la colère qu’elle portait en elle. Léhonora avait trop combattus ses sentiments et maintenant elle comprit qu’elle l’aimait. Elle avait tout perdu, sa famille, ses amis, il ne lui restait plus rien. Il était temps de refaire sa vie. Elle se pencha vers lui et posa ses lèvres sur les siennes. Sauron se redressa et l’allongea sur le lit avec douceur. Leur baisé devint plus fougueux mais quand il passa sa main sous la robe, il sentit une légère angoisse venant de Léhonora. Celle-ci étant encore vierge, il était normal pour elle d’avoir un tel sentiment et il le comprit.

  _ Je ne te ferai aucun mal. Je te le promets.

    Elle le regarda dans les yeux et sut que ses paroles étaient sincères. Sauron continua dans sa lancée mais la jeune fille se contracta.

  _ Ais confiance en moi, Léhonora.

  _ J’ai confiance.

    Et elle l’attira vers elle. Sauron se fit alors plus lent et avec une grande douceur. L’angoisse de Léhonora disparu et elle se laissa aller dans ses bras.

 


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