
| La fatalité des Valar | Auteur: Lehonora | Vue: 1810 |
| [Publiée le: 2006-08-27] [Mise à Jour: 2008-06-04] | ||
| G | Général/Action-Aventure/Romance | Commentaires: 39 |
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Description: Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible? | ||
| Crédits: Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination. |
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La colère des Seigneurs de l'Ouest[5373 mots] |
Publié le: 2006-08-28 | |
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La colère des Seigneurs de l’Ouest
Ils avaient quitté le Mordor depuis une bonne semaine. Léhonora chevauchait aux cotés de Sauron par obligation, derrière suivaient deux Nazgùls avec une escorte d’Haradrim. Les Cavaliers Wargs servaient d’éclaireurs car les Dùnedain agissaient en secret et Sauron avait d’autres projets pour le moment que de les traquer mais leur laisser du répit était dangereux alors il laissait ses fidèles serviteurs s’en charger afin qu’ils ne se mettent en travers de son chemin.
Léhonora sentait leur présence, elle savait qu’ils les surveillaient mais elle ne souhaitait pas qu’ils interviennent. Elle devait suivre Sauron, elle voulait le voir face à la colère des Valar. Elle était restée silencieuse durant le début du voyage et personne ne s’en plaignait, bien au contraire.
Afin d’éviter de passer près des frontières de la Lorien, Sauron fit traverser le Gondor par l’Ouest en longeant les montagnes, ensuite, ils prendront le pays de Dùn.
La nuit tomba et Léhonora fut à nouveau attachée contre un arbre dans une tente, ce qu’elle détestait car elle ignorait ce qui se passait dehors. Deux haradrim étaient postés devant l’entrée et ils ne se laissèrent pas impressionner par les appels de la jeune fille qui virèrent à des insultes.
_ Je déteste quand on ne me répond pas, murmura-t-elle les dents serrées.
Elle tenta de défaire ses liens mais ils étaient bien serrés. Elle se détendit, ferma les yeux et visualisa la corde. Mais son petit tour fut interrompu par l’entrer d’un visiteur indésirable.
_ N’essaye même pas, tu n’y parviendras pas. Alors, mes hommes m’ont rapporté que tu les importunais. Tu t’étais tenue bien tranquille mais j’aurais dû me douter que cela ne durera pas. Passe une bonne nuit Princesse.
Et il ressortit.
_ Eh !...
Elle respira un bout coup et se promit de se calmer, elle ne devait pas attirer sa colère. Elle s’appuya à contrecœur contre l’arbre. Elle tenta de bien s’installer, en vain. Quand soudain, elle entendit un bruit derrière elle. Ne pouvant pas se retourner, elle resta tranquille, la peur au ventre en ignorant qui pouvait se trouver là. Elle essaya de contrôler sa respiration quand une voix la rassura.
_ N’es pas crainte ! C’est Meneldil.
Le jeune homme de vingt-trois ans s’avança et se mit face à elle. Elle ne put empêcher de lâcher quelques larmes en le voyant. La dernière fois qu’elle l’avait vu c’était lors de l’évasion et il était blessé.
_ Ta blessure ?
_ Elle n’était pas grave et avec nos occupations, je n’y pense pas. Et toi ? Tu vas bien ?
Elle hocha la tête, puis revint sur sa réponse.
_ Non. J’ai peur. Il veut m’utiliser pour que les Valar lui donne le pouvoir qu’il réclame.
_ Quel est ce pouvoir ?
_ Je ne sais pas… Meneldil, s’écria-t-elle soudain.
Le jeune homme se retourna et fit face au Seigneur des Ténèbres. Il tira son épée.
_ Je savais que les Dùnedain agiraient. Tu regretteras d’être venu. Attrapez-le !
Mais le Rôdeur n’avait pas dit son dernier mot et abattit avec froideur ceux qui tentèrent de l’arrêter.
_ Sauve-toi ! Tu ne pourras pas nous sortir tous les deux. Laisse-moi ici ! Je t’en prie, sauve-toi !
Son regard suppliant convaincu Meneldil. De plus, l’information donnée par Léhonora était importante et il se devait de la rapporter aux siens et aux alliés. Léhonora était parvenue à se détacher et, afin de laisser son ami le temps de s’enfuir, elle s’opposa à Sauron.
Le jeune Rôdeur parvint à se réfugier dans la forêt et pria pour que Léhonora n’ait pas d’ennui dû fait de l’avoir aidé.
Léhonora était au sol, face contre terre. De sa bouche jaillissait un filet de sang tachant sa robe rouge. Elle se redressa sans une seule plainte et cela amusa Sauron. Il la frappa une seconde fois du revers de la main et elle saigna que plus fort.
_ Sache que tes actes auront des conséquences.
_ Libérez Gryoth des cachots, et peut-être, je modifierai mon comportement.
_ Peut-être ?
Il l’attrapa par la gorge afin de l’obliger à le regarder.
_ Il faut en être convaincu, Princesse. Ton attitude me désespère.
Il la lâcha brutalement, la regarda une dernière fois et sortit de la tente avant qu’elle se soit rattachée.
Léhonora ne dormit pas de la nuit. Un des haradrim était posté dans la tente sur ordre du Seigneur des Ténèbres et l’autre restait à la sortit en compagnie d’un warg qui patrouillait autour. Elle demeura silencieuse et détourna sans cesse son regard de l’haradrim qui la fixait.
Malgré sa volonté de rester éveillée, la fatigue eu raison d’elle et finit par succomber au sommeil. Mais un souffle chaud l’en empêcha et elle reprit vite ses esprits. L’haradrim se trouvait près d’elle, trop près. Elle voulu crier mais qui ferait attention à ses appels ? Personne. Si, Sauron. Il avait déjà agit lorsque un de ses hommes l’avait frappé peu après l’évasion de ses amis.
L’haradrim s’approcha encore pourtant, aucun son ne sortit de la bouche de Léhonora. Cependant, elle n’aurait pas eut besoin de le faire car il fut brutalement tiré en arrière. Il resta à terre face à son maître coléreux.
_ Les règles étaient pourtant simples. Personne ne lève la main sur elle ni ne la touche. Apparemment, certains ont du mal à les appliquer.
Il tira son épée au fer noir garnit de runes en Parler Noir.
_ Seigneur, je ne voulais pas vous désobéir.
Mais ses paroles furent vaines. Léhonora ferma les yeux au moment où Sauron abattit son arme. Il ne l’avait pas tué, pourtant, il était déjà mort. Ses cris d’agonie étaient insupportables aux oreilles de la jeune fille. Sauron le laissa ainsi durant une dizaine de minutes, puis l’acheva sans pitié.
Sauron se tourna face à captive.
_ Je devrai te laisser en compagnie d’une bête à pattes. De cette façon, je serai assuré qu’aucun de mes hommes ne puissent t’importuner.
La jeune fille fronça les sourcils, craignant le pire pour le compagnon à pattes. Le Seigneur des Ténèbres eut un sourire ironique.
_ N’es crainte ! Il ne s’agit pas d’un warg, il est trop voyant. Non, celui-là est discret et très agile.
Il parla en Parler Noir. Léhonora ne comprit rien, puis elle vit un chat noir aux yeux rouges entrer dans la tente.
_ Je te présente Zakara. Elle sera ta compagne.
La jeune fille tenta tant bien que mal de résister à éternuer, mais cela ne dura pas longtemps et lâcha son éternuement.
_ Et bien ! Allergie au chat ? C’est bien dommage car elle demeurera auprès de toi jusqu’à ce que ma mission soit accomplie.
Léhonora parut désespérée. Comment tiendra-t-elle avec son allergie ? Un remède existait afin de l’atténuer mais Sauron semblait ne pas s’en soucier et elle éternua une seconde fois sous son regard amusé de sa faiblesse qu’elle essayait de cacher.
Léhonora ne fut pas mécontente de remonter à cheval, cela lui permettait d’échapper à cette chatte dont elle ne supportait pas la présence. Le Seigneur des Ténèbres vit sa colère et réussit à la convaincre.
_ Si tu préfères, j’ai un autre compagnon de choix pour toi. Tout aussi discret et agile, mais sa présence se fait moins sentir. Il s’appelle Sirakù, un serpent noir et rouge, très venimeux.
La jeune fille lui lança un mauvais regard qui l’amusa beaucoup. Bien sûr, elle refusa la compagnie de ce reptile, pourtant, cela lui expliqua les ombres furtives qu’elle voyait ou les bruits bizarres dont elle ignorait la source. A présent, elle sut qu’elle était surveillée par ce Sirakù.
Léhonora se sentit seule durant tout le voyage, sans Gryoth avec qui parler et se détendre, elle s’ennuyait malgré la situation délicate dans laquelle elle était. Plusieurs fois elle rejeta Zakara qui hérissait les poils et crachait mais Léhonora n’en avait pas peur. Le Seigneur des Ténèbres semblait ignorer cette querelle, il savait que la chatte ne l’attaquera pas, elle ne faisait que de la provoquer.
L’escorte pénétra en Arnor sans embûche ni l’intervention des Dùnedain qui restèrent à l’écart mais la suivait en silence. Elle ne traversa pas le royaume mais emprunta les routes pour les Montagnes Bleues. Le vent venant de la mer se fit sentir, il était la plupart de temps violent et froid surtout une fois pénétré dans les montagnes où il s’infiltrait facilement. Léhonora resserra sa cape sur elle mais cela n’empêcha pas sa robe de se soulever au rythme du vent. Sa chevelure resta détachée afin de protéger son visage du froid du Nord et se moquait bien des nœuds que cela pouvait créer.
Une fois sortit des montagnes, ils arrivèrent dans le Forlindon, là où la rencontre devait se faire. Léhonora craignait ce moment et ignorait quand il devait arriver, alors, elle attendit, comme tous les autres.
Le Seigneur des Ténèbres se trouvait sur la falaise dominant la mer. Léhonora, qui était appuyée contre un arbre, se leva et s’avança suivit des autres, curieux de savoir ce qui allait se passer.
Au couché du Soleil, un vent violent se leva et des nuages venant de l’Ouest s’avança sur le continent en formant un aigle géant, comme à Nùmenor. Léhonora recula mais se heurta à quelqu’un. Elle se retourna brusquement et vit le Roi Sorcier. Comment était-il arrivé jusqu’ici ? Il n’avait pas voyagé avec eux ?
_ Il est temps.
Il prit Léhonora par le bras et la força à avancer sur la falaise. La jeune fille n’osa pas résister. Un grondement de tonnerre retentit, la mer se déchaîna et le ciel sembla s’enflammer. L’aigle s’arrêta au dessus de la falaise et une voix dit :
_ Je suis Manwë, Seigneur du Vent. J’apporte un message de ma Reine. Libère l’Héritière de Nùmenor, abandonne tes pouvoirs qui seront enfermés à jamais et ta vie sera épargnée.
_ J’ai aussi un message. Donnez-moi les pouvoirs de mon Maître, Morgoth, et j’accepte de l’épargner.
Un tremblement de terre fit s’effondrer une partie de la falaise. Sauron attrapa la jeune fille par les cheveux et n’eut cure de ses cris qui le suppliaient de la relâcher. Il tira son épée et la mit à sa gorge. Peu importait sa mort, peu importait son sacrifice de s’unir au sang de Nùmenor et d’hériter ainsi des royaumes, il voulait les pouvoirs de Morgoth.
_ Relâche-la ! Où craint notre colère !
Mais le Seigneur des Ténèbres ne céda pas. La lame de l’épée fit couler le sang de Léhonora qui grimaça sous la douleur. Les éléments se déchaînèrent. Le niveau de la mer monta, inondant le rivage. Les éclairs déchirèrent le ciel sous un vent violent et glacial. La terre trembla sous leurs pieds. Sauron avait provoqué la colère des Valar et il ne la craignit pas. Il jeta la jeune fille devant elle qui n’osa pas se relever. Sauron leva son arme, prêt à frapper mais tout se stoppa. La mer se calma, le vent s’apaisa et les éclairs disparaissèrent. Léhonora comprit et s’écria :
_ Non ! Ne faites pas cela !
_ Ecarte-toi !
Léhonora, respectant trop les Valar, obéit et s’éloigna sans retenu de Sauron. La jeune fille fut surveillée par le Roi Sorcier, non loin de là.
Un petit nuage en forme d’aigle se détacha de l’aigle géant. Il portait un joyau sur sa poitrine, il étincelait de milles éclats. Sauron enleva son anneau qui s’éleva dans le ciel et fut rejoint par le joyau. Une fusion se créa. Une intense lumière aveuglante se forma et tout ceux se trouvant non loin détournèrent leur regard. Une fois la lumière évanouit, tous comprirent que l’union avait réussi et Sauron reprit son bien.
_ Prend garde à toi ! Notre colère ne fait que commencer.
_ Je ne vous crains pas, s’écria-t-il.
Les deux aigles repartirent à l’Ouest, la mer s’apaisa et le jour retrouva sa clarté naturelle, bien que la nuit fût proche. Sauron se retourna et fit face à ses troupes. Léhonora l’observa, il semblait plus puissant. Elle recula mais fut à nouveau empêcher par le Roi Sorcier.
Le Seigneur des Ténèbres fixa de son regard de braise la jeune fille qui entendit sa voix dans sa tête. Elle sentait une atroce souffrance, elle crut que le feu s’était emparé d’elle. Elle hurla sa douleur et voulu mourir. Elle tomba à terre. Puis, la torture s’arrêta. Des larmes de douleur coulèrent sur ses joues.
Sauron, toujours sur la falaise, leva les bras et la terre trembla. Des flammes s’échappèrent des fissures et Léhonora recula de justesse. Sauron s’avança vers la jeune fille en calmant les éléments et prit une fleur au passage qui mourut sous les yeux de la princesse. Il la lui tendit et, hésitante, elle la prit.
_ On lève le camp à l’aube. Désormais, plus personne ne pourra m’arrêter et que les Dùnedain me craignent.
Il regarda Léhonora, souriant, tandis qu’elle restait pétrifiée devant lui.
_ De retour au Mordor, je m’occuperai de toi, comme le veux ton rang, sans pour autant omettre le devoir le plus important, celui d’assurer la ligné en donnant des descendants.
Elle leva la fleur afin de la lui montrer.
_ Vous voyez cette fleur ? Je préfère devenir comme elle plutôt que de me soumettre.
Le Seigneur des Ténèbres ne répondit pas, se contentant de lui lancer un regard flamboyant. Elle crut qu’elle allait une fois de plus goûter à sa violence mais il ne fit rien et la laissa sur place afin d’aller donner des ordres. Léhonora se tourna à l’Ouest où le Soleil commençait à se coucher. Elle sentit des larmes lui monter aux yeux mais elle les retenue, cependant, le Seigneur d’Angmar n’en fut pas dupe.
La jeune fille resta un petit moment ainsi, à regarder la mer et l’éclat des premières étoiles dans sa beauté bleue. Sa robe et sa longue chevelure flottaient au rythme du vent, et elle ne cessait de faire tourner l’anneau familial. Elle crut sentir la chaleur des serpents et, en baissant les yeux, elle vit leurs yeux d’émeraude briller d’un éclat plus fort que le Soleil lui-même.
_ Etonnant, n’est-ce pas ?
Surprise, elle se retourna brusquement, face à Sauron.
_ J’ai remarqué depuis un moment qu’il s’illuminait en ma présence.
_ Qu’allez-vous faire de moi maintenant que vous avez obtenu ce que vous voulez ? demanda-t-elle dans une voix basse.
Il s’avança vers elle. Quelle question, elle savait pertinemment ce qu’il voulait. Quelle idiote ! Le Seigneur des Ténèbres ne répondit pas, sachant qu’elle était parfaitement consciente de ce qu’il attendait d’elle.
Au bout d’un bon moment de solitude, elle regagna sa tente à travers la nuit. A l’intérieur se trouvaient des fruits et du pain ainsi que de l’eau, mais la jeune fille n’avait pas faim. Elle s’assit par terre et, malgré sa cape, elle se mit à frissonner. Elle fini par s’allonger et s’endormir.
Sauron eut un sourire en la voyant. Il prit une couverture afin de la recouvrir et vit des perles de larmes couler sur ses joues. Il se pencha et les essuya en sentant son odeur. Il caressa ses cheveux et sa peau si douce. Soudain, le Seigneur d’Angmar pénétra dans la tente.
_ Mon Seigneur…
Mais il fut interrompu par son Maître qui lui indiqua de faire silence et se retourna vers Léhonora.
_ N’est-elle pas magnifique quand elle dort ?
Son serviteur lui donna raison afin de ne pas le contrarier et insista pour lui parler. Ils sortirent de la tente.
_ Des éclaireurs indiquent que les Dùnedain sont plus proches que nous l’avons cru. Ils sont déterminer à reprendre la fille.
_ Qui les commande ?
_ Un certain Halbarad, proche du sang royal. Il est tenace et ne cédera à aucune négociation.
Sauron resta un moment silencieux puis reprit la parole.
_ Ce Dùnadan m’a causé bien des ennuis lors de son emprisonnement. Dis-lui que la fille moura de mes propres mains s’il tente d’agir contre moi.
Le Nazgùl hocha la tête et exécuta l’ordre reçu. De plus, il savait que son Maître n’hésitera pas à lui faire face si les Dùnedain passaient outre sa menace, mais il protégeait trop la jeune fille, cependant, il n’osa rien lui dire, de peur de sa réaction. Comme l’avait prédit le Seigneur des Ténèbres, les Dùnedain restèrent à l’écart mais il su que cela sera l’unique répit.
Léhonora demeura bien silencieuse et ne se dressait plus contre son ennemi qui semblait se méfier de cette attitude. Que préparait-elle ? C’était la question qui hantait ses esprits. Elle obéissait à ses ordres sans révolte et sans attirer sa colère.
Un soir, la jeune fille, allongée sur le sol dans sa tente, fut réveillée par une querelle entre le Seigneur des Ténèbres et le Sorcier d’Angmar. Elle ne comprit pas ce qu’ils disaient car ils parlaient en Parler Noir. Puis, tout se calma et elle entendit des pas se rapprocher de la tente. Elle ferma les yeux, faisant semblant de dormir, car elle ne souhaitait pas se trouver face à Sauron lorsqu’il était en colère, déçu par ses serviteurs.
Sauron entra dans la tente et s’approcha de la jeune fille. Il s’assit à ses cotés en caressant sa chevelure.
_ Cesse de faire semblant. Tu ne dors pas, je le sais. Ta respiration s’est accélérée en ma présence.
A contrecœur, elle ouvrit les yeux mais ne le regarda pas et ne bougea pas. Un long moment de silence s’écoula durant lequel Sauron ne cessa de caresser ses cheveux. Léhonora ne tenta rien mais son obéissance qui durait depuis plusieurs jours risquait de lui faire comprendre qu’elle cédait à ses avances. A cette pensée, elle se redressa en rejetant sa main et, avec toute la tension accumulée depuis des mois, elle ne put empêcher des larmes de couler.
_ Laissez-moi partir !
Sauron ricana devant sa demande.
_ Tu es sous ma protection si tu restes à mes cotés, dans le cas contraire, je serai dans l’obligation de te tuer car tu te mettras en travers de mon chemin.
Il se leva.
_ Ton père a donné sa vie en échange de la tienne. Veux-tu que son sacrifice soit vain ? Il m’a supplié à genoux…
_ Vous mentez, s’écria-t-elle en se levant brusquement.
Elle savait que son père ne l’aurait jamais supplié, jamais. Il s’était sacrifié pour elle, certes, mais il ne l’a pas demandé comme un service, Sauron le lui avait imposé, cela avait été le prix à payer afin de sauver sa fille. Le Seigneur des Ténèbres sortit de la tente sous la surprise de Léhonora, c’était la deuxième fois qu’il ne réagissait pas à son comportement. Etait-ce un bon ou mauvais signe ? Elle ne savait pas quoi penser.
Elle voulu se rassoire mais l’arrivée d’un serviteur l’arrêta dans son geste. Il lui fit signe de le suivre et elle obéit. Il la mena vers une tente dans laquelle il l’invita à entrer. Sauron se trouvait là. Le serviteur repartit. Léhonora cru s’emporter lorsqu’elle vit un lit de camp. Comment osait-il y dormir alors qu’elle, fille de sang royal, dormait au sol ? Pourtant, elle ne dit rien.
_ Pourquoi m’avez-vous fais venir ici ?
Le Seigneur des Ténèbres l’observa un moment.
_ Je commence à être fatigué de ton insolence et je m’aperçois que j’aurai dû y remédier il y a bien longtemps déjà. Depuis bientôt cinq mois je me résigne à commettre ce crime, mais ma patience à des limites. Et ce soir, j’ai l’intention à ce que tu comprennes enfin qui est le Maître, toi ou moi. Et sache que je ne laisserai pas une fille de dix-sept ans, fût-elle de Nùmenor, me rabaisser. Ton sang ne me fait pas peur, pas plus que la colère des Seigneurs de l’Ouest. Les Dùnedain sont des Hommes du passé.
Léhonora prit peur sous son ton menaçant. Elle tenta de reculer vers la sortie mais il l’en empêcha en lui barrant le passage.
_ Ce soir, il n’y aura personne pour te protéger. Ce soir, tu me donneras un fils, l’héritier des Royaumes d’Arnor et de Gondor.
Mais la jeune fille, dictée par son instinct, voulue se précipiter vers la sortie mais Sauron fut plus rapide et l’attrapa par le bras en ignorant les cris de sa captive. Il la jeta sans ménage sur le lit en lui bloquant les bras.
_ Tu peux crier autant que tu le voudras, personne ne viendra à ton aide. Ce soir, tu m’appartiens.
_ Jamais, je préfère mourir.
Mais elle n’eut pas le temps de répliquer d’avantage, Sauron l’embrassa avec fougue en se pressant contre elle. Léhonora tenta de se dégager de son étreinte mais en vain, le Seigneur des Ténèbres la bloqua sous lui en l’empêchant d’agir. Son baisé était intense et violent.
Puis, elle sentit qu’il lui levait les bras et sentit une corde attacher ses poignets. Léhonora tira mais il avait bien serré les cordes qui lui brûlèrent la peau si elle tentait de tirer pour se dégager. Sauron arrêta son baisé et se redressa sur la jeune fille dont les larmes commencèrent à faire leur apparition. Le Seigneur des Ténèbres se mit torse nu et se pencha de nouveau sur elle.
_ Je vous en prie. Ne faites pas ça.
Sauron eut un sourire méprisant, suivit d’un rire ironique. Il n’eut cure de ses supplications et l’embrassa de nouveau. Il lui écarta les jambes afin de se mettre en elles et, de sa main gauche, remonta la robe de la jeune fille qui pleurait de douleur sous son baisé violent.
Quand soudain, Sauron sentit une douleur et se redressa. Il passa sa main sur ses lèvres afin d’essuyer le sang qui coulait. Il regarda Léhonora avec ses yeux de braise. Il leva sa main et la frappa violement. Il la leva une seconde fois et la rabattit avec autant de force sur elle. Elle garda sa tête sur le coté et sentit le sang couler de son nez et de sa bouche. Ses yeux, fermés, étaient rougis par les larmes.
Le Seigneur des Ténèbres la regarda pleurer et, son attitude le surprit lui-même, il se leva et sortit de la tente. Pourquoi ? Pourquoi était-il partit ? Léhonora aurait voulu qu’il en finisse maintenant mais il se répugnait à la prendre ainsi. Ne pouvant pas se détacher, elle tenta de se calmer mais ne réussit qu’à pleurer encore plus.
Elle ignora combien de temps elle resta ainsi. Et ce ne fut qu’à l’aube que le Sorcier d’Angmar entra pour la détacher. Qu’avait-elle fait pour mériter cela ? Elle l’ignorait. Dès qu’elle fut libre, elle s’empressa de sortir et tomba face à Sauron. La tête baissée, elle ne le regarda pas et en s’inclinant, elle dit :
_ Seigneur.
Sauron sourit de satisfaction.
_ Tu as enfin comprit, il t’en a fallu du temps.
Et il lui demanda de se préparer pour le départ et Léhonora s’exécuta. Elle se dirigea vers la petite rivière qui se jetait dans la mer et s’agenouilla en regardant son reflet dans l’eau. Elle essuya le sang sur son visage et bu quelques gorgées.
Des bruits de sabots la firent se retourner. Sauron se tenait sur son grand étalon noir et avait amené celui de la jeune fille, un cheval brun. Elle aurait préféré son étalon blanc, Silmanarë, mais étant un cheval elfique, elle ignorait comment il aurait réagit. De plus, il avait rejoint Fondcombe et était en sécurité.
Léhonora monta sur sa monture et entendit son ventre crier famine. Le Seigneur des Ténèbres s’en moqua et ordonna le départ.
Le voyage du retour fut extrêmement pénible pour la jeune fille, elle n’osait plus provoquer Sauron qui, il devait l’avouer, le regrettait un peu. Il aimait son insolence et son fort caractère, et s’était, en partie, grâce à cela qu’elle était « privilégiée » face à lui. Elle l’avait remarqué mais cela n’empêcha pas le fait de le craindre, si elle ne se tenait tranquille, il l’oubliait et elle était en paix. Cependant, cela ne l’empêcha pas de lui lancer des regards noirs.
Durant les poses, Zakara suivait la jeune fille partout où elle allait et cela avait tendance à l’énerver mais elle se contrôla et resta calme. La chatte demeurait discrète, elle se contentait de l’observer du haut d’un arbre ou cachée dans des buissons, ce qui avantageait Léhonora car, de cette façon, son allergie ne se déclarait pas si elle restait éloignée, mais elle faisait sentir sa présence que lorsque Léhonora s’écartait un peu trop du camp.
_ Sale bête ! Vas-tu me laisser en paix ? Tu mérites à ce que je te transforme en nourriture pour chien, lâcha Léhonora.
L’animal hérissa le dos et se rapprocha tandis que la jeune fille tenta toutes les ruses pour la faire partir. Puis, elle se mit à éternuer une fois, et une seconde fois.
_ Oh non ! Cela recommence.
Mais Zakara n’en avait cure et continua son approche provoquant une crise chez Léhonora. Soudain :
_ Zakara ! Cela suffit ! ordonna une voix sévère.
Sauron, ayant vu la scène, avait décidé de venir stopper cette querelle qui sévissait depuis trop longtemps à son goût. L’animal cessa en se reculant vers son Maître qui regarda sa captive en proie aux éternuements.
_ Viens avec moi !
Léhonora sembla hésiter, elle avait apprit à se méfier à le suivre quand il le demandait, mais cette fois, elle obéit et accepta de le suivre. Zakara voulu faire de même mais Sauron la stoppa et la renvoya.
Le Seigneur des Ténèbres la mena devant une tente où elle refusa d’entrer, elle se souvenait que trop bien de ce qui s’était passé la seule fois où elle s’était retrouvée seule avec lui dans une tente. Sauron le comprit et y pénétra seul avant de ressortir avec un verre contenant une étrange boisson.
_ Prend ceci. Cela atténuera ton allergie.
La jeune fille prit la boisson avec précaution en se demandant s’il ne s’agissait pas d’une ruse et que cette boisson était un somnifère. Elle hésita et souhaitait la lui jeter mais elle avait apprit à lui obéir et elle voulait tant que son allergie cesse qu’elle avala d’un coup sec la boisson dont elle reconnue le goût horrible.
Dans les jours qui suivirent, le Seigneur des Ténèbres utilisa ses pouvoirs afin de soumettre les hommes qui croisèrent son chemin. A contrecœur, Léhonora assista à la destruction de plusieurs villages, aux meurtres de femmes et d’enfants ainsi qu’à de nombreuses tortures. Elle voyait leur mari supplier Sauron de les épargner et il le fit qu’à la condition qu’ils le servent. La jeune fille se sentit impuissante, elle voulait agir mais que pouvait-elle faire hormis attirer sa colère sur elle ?
Sauron venait d’engloutir un village sous terre et ses habitants se trouvaient encerclés par les hommes du Seigneur des Ténèbres. Léhonora se tenait, encore une fois, au premier rang. Sauron descendit de sa monture et s’avança vers eux mais un villageois fut plus rapide.
_ Nous refusons de nous soumettre. Vos menaces et vos pouvoirs ne nous font pas peur. Les Dùnedain et les Valar nous protègent.
Le Seigneur des Ténèbres eut un rire ironique.
_ Où sont-ils ? Sont-ils venus à votre aide ? Non, vous êtes seuls.
Soudain, Léhonora se mit aux cotés du villageois le regard enflammé.
_ Non, ils ne sont pas seuls. Je suis fille de Dùnadan et je peux affirmer au nom des miens qu’ils ne sont pas seuls. Ils attendent le moment propice afin de vous faire échouer, tout comme moi.
Et sans qu’elle puisse s’y attendre, sa main la frappa de plein fouet et elle tomba à terre. Elle ne montra aucune douleur, aucune soumission. Sauron l’attrapa par les cheveux, elle ne put s’empêcher de lâcher un cri, et la força à le regarder dans les yeux.
_ Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de révolte de ta part. A vrai dire, cela m’a manqué.
Il lâcha sa chevelure pour lui prendre le bras. Dès lors, elle sentit une intense brûlure et gémit sous la douleur et tomba à genoux. Le sang coula entre les doigts de Sauron et des larmes coulèrent sur ses joues. Elle ne le supplia pas d’arrêter, elle ne voulait pas se montrer faible. La douleur se fit plus violente et se propagea dans le reste de son corps.
Sauron finit par la lâcher et montra la puissance de ses pouvoirs. Le ciel s’assombrit sous un grondement de tonnerre, un vent glacial se leva. Il fit frapper la foudre à plusieurs endroits. Les villageois, effrayés, s’inclinèrent.
_ Ils ont comprit où était leur intérêt, mais toi, tu joues à un jeu dangereux. Parfois tu montres ta facette de fille sage et obéissante, ou tu montres celle d’une fille insolente et rebelle. Tu choisis tes moments et tu décides d’adopter telle ou telle attitude avec moi.
_ Tout comme vous, répliqua-t-elle.
_ Oh non ! J’agis en fonction de toi.
Et il la frappa violement. Le Seigneur des Ténèbres, après avoir donné ses ordres concernant les villageois, scruta les alentours. Les Dùnedain s’étaient montrés calmes et il s’attendait à tout de leur part. Léhonora le prouvait pour une fille de Dùnadan, calme et posée pour ensuite se dévoiler. Sauron demeura prudent mais s’ils n’avaient pas agis jusqu’à maintenant, c’était que son message était bien passé. La vie de leur héritière était importante pour eux.
Léhonora regarda sa blessure qui continuait à saigner. Elle leva ses yeux vers le Seigneur des Ténèbres qui l’ignora. Il remonta sur son étalon et parla à un homme qui dirigera les opérations en son absence. Il s’avança vers la jeune fille.
_ Remonte à cheval ! Nous pouvons encore parcourir une longue distance avant la tombée de la nuit. Je n’ai pas envie de perdre mon temps avec toi.
La captive n’osa pas déchirer sa robe afin de bander son poignet, Sauron ne l’acceptera pas. Elle remonta sur son cheval sans répliquer.
Quand le soir arriva, elle fut mise dans la tente du Seigneur des Ténèbres mais elle était trop fatiguée pour se questionner. Elle prit une couverture et s’assit par terre en la resserrant contre elle. Il ne faisait jamais très chaud dans le Nord.
Elle ferma les yeux. Elle revit la belle vallée de Fondcombe, la mélodie de la cascade et le chant des oiseaux. Puis la Lorien avec ses arbres majestueux et le chant du vent dans les branches.
Soudain, un coup de vent la força à lever les yeux vers l’entrée de la tente.
_ Tu m’as l’air d’avoir bien froid.
_ J’ai l’habitude. J’ai voyagé durant toute ma vie, je sais faire face au climat.
Sauron eut un rire ironique.
_ C’est ce que je vois.
Il s’approcha d’elle mais la jeune fille ne broncha pas. Elle resta assise au sol, ses yeux gris orage levés vers lui. Il appela un serviteur qui arriva peu après avec un plateau de nourriture qui fut posé près d’elle.
_ Je suis végétarienne, lança-t-elle.
_ Tu mangeras ce que l’on te donne.
Mais, comme il s’en était douté, elle ne mangea pas. En réalité, cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle ne se nourrissait plus. Au début, le Seigneur des Ténèbres s’était préoccupé de sa nourriture mais depuis la rencontre avec les Valar, il s’en moquait. Cependant, la jeune fille commençait à en payer les conséquences et s’affaiblissait.
Sauron, bien qu’il tenait à la préserver auprès de lui, semblait ignorer ses légers malaises. Il ne voulait pas perdre son temps avec elle, il souhaitait être vite de retour au Mordor afin d’organiser l’assaut contre les derniers résistants du Gondor.
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