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Le Seigneur des Anneaux



La fatalité des Valar   Auteur: Lehonora Vue: 1827
[Publiée le: 2006-08-27]    [Mise à Jour: 2008-06-04]
G Général/Action-Aventure/RomanceCommentaires: 39
Description:
Le Seigneur des Ténèbres a vaincu les Peuples Libres et a retrouvé sa pleine puissance. Il a fait de Léhonora, l'unique fille d'Aragorn, sa captive. Elle se battra mais cela sera-t-il suffisant en sachant qu'elle a déjà tout perdu? Cependant, le sang des Nùmenorrèens qui coule dans ses veines la fera paraître aussi sauvage et froide que son ennemi afin de se protéger de lui. Et si cela se retournait contre elle à un point où tout retour est impossible?
Crédits:
Les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.R.R. Tolkien et de ses oeuvres, sauf le nom de l'épée "Shannara" qui appartient à Terry Brooks. Seules les personnages de Léhonora alias Eldariel,Gryoth,Zakara et Sirakù qui sont de mon imagination.

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Commenter: Un poignar dans l'âme

Un poignar dans l'âme

[3099 mots]
Publié le: 2006-08-27Format imprimable  
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Un poignard dans l’âme

 

 

 

    Léhonora se sentait perdue, désemparée, totalement invulnérable face à la puissance de Sauron. Elle lui appartenait dès que son premier regard s’était posé sur elle. La seule chose qui lui permit de garder un semblant d’espoir était son amitié avec Gryoth. Léhonora dormait mal la nuit, des cauchemars et des migraines la réveillaient sans cesse. L’Anneau de Barahir, toujours à son doigt, la rassurait car elle sentait la présence de son père. Contrairement à ce qu’elle a pu croire, elle avait une légère liberté. Elle avait le droit de parcourir les terres du Mordor, mais avec certaines limites.

    Un jour, Léhonora et Gryoth quittèrent la tour. Deux semaines après l’arrivée des Princes, aucune idée d’évasion n’était venue alors elles s’occupèrent à espionner Sauron. Et aujourd’hui, ayant repérées des activités près du lac derrière les immenses collines rocheuses, elles décidèrent d’y jeter un œil.

  _ Tu n’es pas obligée de me suivre Gryoth.

  _ Je connais ce pays mieux que toi.

    Elles gravirent les collines assez péniblement avant d’arriver au sommet. Elles s’accroupirent entre les rochers et, d’après ce qu’elles voyaient, Sauron faisait construire un château près du lac.

  _ Ce sont des esclaves. Il a réduit mes amis et les hommes de mon père en esclave.

    Gryoth s’aperçut qu’elle était bouleversée par ce qui se passait, il suffisait de voir ses yeux briller de larmes.

  _ Ada, murmura-t-elle.

    Léhonora venait de voir son père. Il aidait un homme affaiblit à se relever, mais un des hommes de Sauron qui surveillait le chantier s’avança, un fouet à la main. Il le claqua à terre.

  _ Reprenez le travail.

    Mais Aragorn ne l’entendit pas de cette oreille, se releva et se tourna face à lui. Léhonora eut des frissons lorsqu’elle vit ses habits déchirés et tachés de sang.

  _ Je ne permettrai à personne de brutaliser mes hommes.

    Le gardien leva son fouet mais Aragorn le stoppa net en lui attrapant le bras. Malheureusement, deux autres hommes de Sauron intervinrent. Ils le prirent par derrière et le jetèrent en arrière. Aragorn resta à terre en se tenant les côtes droites. Là, Léhonora comprit qu’il était blessé et que cela ne datait pas de maintenant. L’homme au fouet s’approcha de lui. Cette fois, la jeune fille agit sans que Gryoth n’ait pu intervenir pour l’en empêcher. Lèhonora dévala la colline et fut reconnu par ses amis et les hommes de son père et d’Eomer. Ils prirent peu pour sa vie si elle intervenait. Halbarad, étant le plus proche, put la retenir mais son envie de protéger son père fut le plus fort et réussit à se dégager de son emprise. L’homme leva le fouet, prêt à frapper, quand Léhonora se mit entre lui et son père.

  _ NON, cria-t-elle.

    Mais trop tard. Le fouet frappa avec violence. Léhonora lâcha un cri de douleur en sentant sa peau se déchirer. Une grande brûlure se répandit en elle, et elle tomba à genoux.

  _ Petite peste.

    Gryoth s’empressa d’accourir près d’elle mais l’homme au fouet la repoussa vivement et Léhonora répliqua.

  _ Je vous défends de la toucher. Elle est sous ma protection.

    Elle tenta de cacher sa douleur mais sa voix la trahie. Les hommes du Mordor ricanèrent.

  _ Et toi ? Qui t’as sous sa protection ?

  _ Moi.

    Un lourd silence tomba. Sauron était là, monté sur son étalon noir. Il regarda Léhonora d’un œil mauvais, puis se tourna vers ses hommes.

  _ Ramenez-le aux cachots !

    Léhonora voulu se relever pour les arrêter mais la voix de son père la stoppa.

  _ Non, ça suffit.

    Et il se laissa emmener avec cette blessure qui le torturait depuis des jours. Léhonora sut qu’il était en colère contre elle. Jamais elle n’aurait dû se trouver là. Sauron s’approcha d’elle.

  _ Dommage, cette robe t’allait à merveille.

  _ Dommage, je commençais à l’apprécier, dit-elle sur un ton et un sourire ironique.

    Sauron descendit de son cheval. Il la prit par le bras.

  _ Dans ce cas, pourquoi ne pas t’en débarrasser tout de suite.

    Et il la jeta sur ses hommes.

 

    Aragorn était dans sa cellule. Il avait enlevé son restant de chemise et vidé son peu d’eau pour appliquer sa chemise mouillée sur sa blessure afin d’éviter l’inflammation. Il pensa à sa fille et se rendit compte qu’elle était prête à mourir lui. Elle devait vivre, sa vie était plus précieuse que la sienne. Si Aragorn venait à disparaître, sa fille pourra toujours sauver la lignée royale et elle était la seule à pouvoir approcher Sauron afin de le nuire dans ses projets, mais si Léhonora venait à mourir, l’espoir de faire renaître la puissance d’antan à leur sang moura avec elle.

    Aragorn fut soudain tiré de ses pensées par des bruits dans les couloirs des cachots. La grande porte en fer s’ouvrit et il reconnut l’homme qui avait frappé sa fille.

  _ Mon Maître Sauron vous envoie de la compagnie.

    Aragorn, debout au milieu de la pièce, le regarda droit dans les yeux. L’homme fit un signe en arrière et deux autres arrivèrent en tenant Léhonora. Elle tenait à peine sur ses jambes, si ils la lâchaient, elle s’écroulerait. Une haine inexprimable traversa le corps d’Aragorn en voyant l’état de sa fille. Elle était rouge de larmes, sa robe était à moitié déchirée. On pouvait voir ses jambes et ses bras presque nus tant la robe était en lambeaux.

    Ils la jetèrent dans la cellule et Aragorn l’attrapa avant qu’elle ne touche avec force le sol et ne se blesse. Les trois hommes s’empressèrent de claquer la porte et les pas s’éloignèrent. Léhonora se débattait avec fureur dans les bras de son père mais il la tenait avec fermeté. Il sentait sa peur et son désespoir. Elle fonda en larmes et tenta de se dégager.

  _ Calme-toi !

    Pourtant, cela ne l’arrêta pas et Aragorn dû attraper ses poignets pour éviter de recevoir des coups. Il ne la lâcha pas et la serra contre lui. Il sentait ses tremblements. Il lui parla d’une voix calme et apaisante. Il lui rappela la belle vallée de Fondcombe, le chant des oiseaux, la musique mélodieuse de la cascade et le bruit de l’herbe sous la brise du vent. Léhonora se calma petit à petit et osa enfin lever les yeux vers lui.

  _ Plus jamais je reverrai le doux refuge d’Imladris, ni la beauté de la Lorien. Je suis condamnée à vivre ici et à mourir ici.

  _ Ne dis pas ça.

    Ils s’assirent sur la couche de paille mais Léhonora s’appuya trop sur la blessure d’Aragorn qui se crispa et tenta de ne pas l’inquiéter.

  _ Il te faut un bandage.

    Elle se leva sous son regard étonné et elle le bas de sa robe, avec ce qui restait. Elle regarda le tissu et pensa que cela suffira. Et, bien sûr, son père refit son interrogatoire.

  _ Il t’a battu ? T’a-t-il touché ? Je veux le savoir Léhonora.

  _ Je vais bien.

    Aragorn  avait eu vent de son défit par les princes. Il était fier d’elle. Quand elle eut fini de le bander, il insista pour soigner ses plaies dues au fouet. Elles n’étaient pas particulièrement profondes, mais il y avait risque d’infection. Léhonora lui expliqua le pourquoi de sa présence sur le chantier ainsi que ce qu’elle avait fait précédemment.

  _ Ai-je raison de faire confiance à Gryoth ?

  _ Oui, à sa façon dont elle a réagis pour t’aider, elle t’est loyale et reconnaissante.

    Puis, elle lui raconta ses nuits sans sommeil. Ses mauvais rêves qui l’empoisonnaient. Aragorn ne sut comment l’aider mais leur discussion dut s’arrêter là car, de nouveau, des pas retentir. Léhonora se leva d’un bond.

  _ Ils viennent me chercher. Ne les laisse pas m’emmener, papa…

  _ Léhonora écoute-moi. Quoiqu’il se passe, promet-moi de ne pas laisser la haine t’envahir.

  _ Quoi ?

  _ Tu as peur, je le sais mais contrôle-toi. La peur mène à la douleur, la douleur mène à la haine, la haine mène à la destruction. Promet-moi Lèhonora. J’ai besoin de ta promesse.

  _ Je te le promets.

    La porte s’ouvrit brusquement et trois hommes entrèrent. Les mêmes qu’avant.

  _ Le temps s’est écoulé. Attrapez-la !

    Mais Aragorn se mit devant elle pour la protéger.

  _ Jamais vous ne l’aurez.

    A ce moment, Léhonora ne sut dire ce qui s’était passé. Deux des hommes s’étaient jetés sur Aragorn, armes à la main. Elle voulu intervenir mais un coup la frappa à la tête et elle perdit connaissance.

 

    A son réveil, elle eut une affreuse migraine. Gryoth se trouvait assise sur le lit, un verre à la main.

  _ Bois. Cela te fera du bien.

    Léhonora accepta et trouva que la boisson avait un drôle de goût, quand soudain :

  _ Papa, s’écria-t-elle.

    Elle se leva mais Gryoth la retenue, lui faisant comprendre que Sauron ne souhaitait pas qu’elle sorte. Mais Léhonora s’en moquait.

  _ Eldariel, avec tout le respect que je te dois, je t’en prie, n’attire pas une nouvelle fois la colère de Sauron.

    Elle dut admettre qu’elle avait raison. Elle se rassit sur le lit et se mit à réfléchir sur ce qui s’était passé après l’arrivée des hommes mais elle avait un trou noir. Tout ce qu’elle avait put se souvenir était… les poignards qu’ils avaient eus entre les mains. Et soudain, quelqu’un frappa à la porte. Gryoth alla ouvrir. C’était Sauron. Il s’avança dans la chambre tout en restant éloigné de la fille de son ennemi qui lui faisait face.

  _ Princesse Léhonora…

  _ Qu’avez-vous fais de mon père ?

    Il eut un sourire malsain.

  _ Il recevra ce qu’il mérite.

  _ Vous n’êtes qu’une créature au cœur de pierre.

    Sauron s’approcha d’elle. Il mit sa main dans sa chevelure.

  _ Peut être, mais toi, tu es une fleur sauvage. La plus belle qui puisse exister sur cette terre. La plus douce.

    Léhonora faillit s’abonner à ses caresses mais elle revint vite à la réalité.

  _ Enlevez votre main !

  _ Tu apprendras à m’aimer.

    Il enleva sa main et se dirigea vers la porte. Il l’ouvrit mais se retourna.

  _ Je souhaite ta compagnie au dîner. Sois présente.

    Et il sortit. Léhonora ignorait la décision à prendre, son coté rebelle voulait surgir mais elle se devait de le contenir. Si son insolence créait de telles situations, elle préféra ne pas savoir le résultat des deux cumulés.

  _ Je n’irai pas, finit-elle par dire.

    Elle se tourna vers Gryoth.

  _ Tu n’as pas le choix. Il t’y forcera.

  _ Oh non ! Il ne me connaît pas. Il ne sait pas de quoi je suis capable.

    Soudain, Gryoth l’attrapa par le bras. La princesse fut surprise par sa réaction.

  _ Tu joues avec le feu Eldariel. Ne l’enflamme pas plus qu’il ne l’est déjà.

  _ Je n’ai pas peur du feu. Si tu ne te bats pas avec moi, ne te mets pas sur mon chemin.

    Léhonora savait qu’elle était innocente mais le simple fait que Gryoth soit une fille de Numenoréen Noir la mettait sur ses gardes. Après tout, Sauron aurait pu lui donner le rôle d’une victime afin de mieux la surveiller. Une tension se créa antre elles. Gryoth possédait une double face que Léhonora risquait de bientôt découvrir.

    Léhonora finit par se radoucir, elle avait promit à son père de se contrôler. Les deux jeunes filles commencèrent à laisser tomber leur masque de colère.

  _ J’irai à ce dîner à la seule condition que tu m’accompagnes.

  _ Je ne peux pas.

  _ Si tu en as le droit. Ton père était avant tout un Dùnadan, tu es ma cousine.

    Peu importe la réaction de Sauron, elles iraient ensemble ou pas du tout. Gryoth, ne sachant parler que la Langue Commune et un peu le Parler Noir, demanda à Léhonora de lui apprendre la langue des Elfes qu’elle accepta avec honneur. Elles se rendirent compte que le temps avait passé quand un serviteur les informa que le dîner sera prêt au bout d’une demi-heure. Léhonora ouvrit l’armoire pour en sortir deux robes mais son amie l’arrêta.

  _ Je préfère celle que je porte.

    Elle n’insista pas et repensa à la signification qu’avaient les couleurs et dit à haute voix :

  _ Le rouge et le noir pour la passion, le blanc pour la paix, les alliances et le deuil, le jaune pour la trahison, le bleu pour l’élévation et le vert pour la nature, la liberté et l’espérance.

  _ Quoi ?

  _ Les Elfes portent une grande importance pour les couleurs. Elles signifient de nombreuses choses.

    Gryoth pensa qu’ils avaient raison car Sauron utilisait le rouge pour la passion du pouvoir.

  _ Est-ce mal d’aimer le rouge ?

    Léhonora lui murmura à l’oreille.

  _ Si c’est la passion de l’amour, je n’y vois aucun mal.

    Les deux jeunes filles rirent de bon cœur, cela leur fit du bien mais le serviteur, qui était revenu, les interrompit. Léhonora fila dans la salle de bain se changer et ils partirent vers la Salle Noire. Les tables avaient été installées en « U » où Sauron se trouvait au milieu. Il alla les accueillir mais en ignorant Gryoth.

  _ Je suis honoré de ta présence.

  _ Pas autant que moi.

    Elle fut assise à droite de Sauron et à coté de son amie. Trois Nazgùls se trouvaient là, ainsi que des princes d’Harad, des chefs Corsaires et des Nùmenoréens Noirs, sa propre parenté. Léhonora en eut la nausée. Elle n’aima pas l’ambiance qui y régnait. Puis, les plats furent apportés. Cette fois, Léhonora préféra mourir de faim plutôt que d’avaler cette nourriture.

  _ Tu t’y habitueras.

    Sauron avait un sourire déplaisant et la servit. Léhonora crut qu’elle allait s’évanouir lorsqu’il mit la viande à moitié crue dans son assiette.

  _ Tu ne manges pas ?

  _ Je n’ai pas faim, merci. Et sachez que je suis végétarienne.

    Sauron prit du pain qu’il lui donna. Mais, elle se leva et ils se firent face.

  _ J’ignorais que tu n’aimais pas la viande. Tes combats nous prouvent le contraire.

    Léhonora leva sa main pour le frapper mais l’arrêta en lui attrapant le poignet.

  _ Rebelle et insolente. J’aime cela.

    Et sans qu’elle puisse le prévoir, Sauron l’embrassa avec fougue. Mais elle n’avait pas dit son dernier mot. De sa main libre, elle frappa de plein fouet la joue de Sauron. Il leva son regard rougeoyant sur Léhonora. Ses yeux gris orage laissaient échapper la tempête qui tourbillonnait en elle.

  _ Un jour tu seras mienne et peu importe le temps qu’il faudra. Assis-toi !

    Léhonora enleva, d’un geste brusque, son bras de l’emprise de Sauron et se rassit.

    Cette nuit-là, Lèhonora s’agita dans son sommeil. Elle ne dévoilait pas sa peur car elle la refoulait au fond d’elle. Cette peur se transforma en cauchemars plus terrifiants les uns que les autres. Elle se redressa d’un bond et essuya la sueur qui coulait sur son visage. Léhonora se leva du lit et se dirigea sur le balcon. Là, quelque chose attira son regard. Sauron sortit de la grotte des cachots suivit par deux Nazgùls entourant un homme.

  _ Papa, s’écria-t-elle.

    Mais soudain, elle recula brutalement lorsqu’une Créature Ailée montée par le Roi Sorcier surgit. Le Seigneur des Nazgùls la regarda et partit vers le petit groupe.

  « _ Il recevra ce qu’il mérite. »

    C’étaient les paroles prononcées par Sauron. Elle sortit à toute allure de sa chambre. Elle courue aussi vite qu’elle le put dans les couloirs et faillit trébucher dans l’escalier. Elle traversa la Salle Noire à grande allure mais arrivée à la porte, elle ne put sortir. Elle était verrouillée.

  _ NON. NON, cria-t-elle en tentant de l’ouvrir en vain.

    Elle la tira, la poussa, mais rien n’y fit.

  _ Oh Elbereth, beria adar nim. Beriael.

    Elle s’appuya contre la porte et essaya de se calmer. Des Orcs, l’ayant suivis, ricanèrent, apparemment, ils devaient savoir ce que projetait Sauron. A contre cœur, elle retourna dans sa chambre. Elle observa la plaine dans l’espoir de les voir réapparaître. Elle resta ainsi durant des heures jusqu’au moment où Gryoth entra dans la chambre.

  _ Qu’y a-t-il ?

    Mais elle ne répondit pas. Gryoth vit des larmes couler sur son visage et comprit quand elle baissa la tête à la vue de Sauron et des Nazgùls. Elle alla s’asseoir sur le lit et attendit. Gryoth resta silencieuse. Léhonora imagina le pire tout en essayant de ne pas le croire. Elle n’entendit pas la porte s’ouvrit mais elle le vit s’avancer. Léhonora se leva et lui fit face.

  _ Où l’avez-vous emmené ?

    Sauron ricana.

  _ Où l’avez-vous emmené ?

    Il leva son bras et laissa prendre de sa main l’Evenstar, le pendentif offert à Aragorn par la femme qu’il a toujours aimé, Arwen, une Princesse Elfe. Léhonora eut comme un coup au cœur et tenta de dominer la peur qui grandissait en elle.

  _ Ton père est mort en voulant te protéger.

    Léhonora essaya de cacher ses larmes et répliqua en espérant que les dires de Sauron étaient un leurre.

  _ Vous mentez.

  _ S’il te faut le voir de tes propres yeux pour en être convaincu, je n’y ai pas d’objection. Son amour pour toi était si puissant qu’il a donné sa vie pour sauver la tienne.

    Et il lui jeta le collier qu’elle rattrapa. Léhonora fit tout son possible pour se retenir face à lui. Sauron eut un nouveau sourire et partit. Quand la porte se ferma dans un bruit sourd, Léhonora tomba à genoux en hurlant toute sa douleur et sa haine. Elle hurlait à s’en briser la voix. Gryoth s’approcha d’elle mais elle fut repoussée avec violence.

  _ Laisse-moi ! Va-t’en !

    Et elle se mit à briser tout ce qui se trouvait à sa portée. Vases, livres, les plateaux de fruits. Sa rage était telle que Gryoth quitta la chambre et elle entendit du couloir des paroles avec une haine si immense dans la voix qu’elle prit peur.

  _ Dès l’instant où tu as posé les yeux sur moi, je t’ai maudit. Je ne connaîtrais nul repos avant d’avoir assouvit ma vengeance et celle de mes ancêtres.

 


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